L’assaut final contre la forteresse sociale

La situation financière en Europe démontre que le système bancaire a décidé d’en finir avec la société telle qu’elle a été construite en Europe après 1945.   L’Europe s’est construite sur une base essentiellement économique et financière.     Aujourd’hui, ce qu’on appelle pudiquement le « Marché » a décidé d’en finir.

Après l’effondrement bancaire de septembre 2008, les Etats ont donné des dizaines de milliards d’euros aux banques qui, six mois plus tard, dégageaient de nouveaux bénéfices.    Aujourd’hui, les Etats qui se sont endettés pour financer les banques sont attaqués par ce qu’on appelle pudiquement le « Marché » qui est, en réalité, constitué de groupes de banquiers qui ont décidé de nous faire changer de société.

Le remède qu’on impose à la Grèce donne l’exemple de ce qu’on tentera d’imposer à toute l’Europe dans les mois et les années qui viennent. Cela veut dire : privatisation à outrance. Cela veut dire : casser les services publics. Cela veut dire : limiter au maximum les protections sociales qu’on a mis si longtemps à construire.

L’autre grande constatation qu’on est contraint de faire, c’est la totale incapacité des hommes politiques et des gouvernants à réagir.  Il apparaît maintenant en pleine lumière que ce ne sont plus eux qui détiennent le vrai pouvoir, et que ce pouvoir est passé définitivement dans les mains de ceux qui gouvernent la Finance mondiale.

Un exemple en est emblématique : On impose, dans tous les domaines, des remèdes de cheval à la Grèce, SAUF dans le domaine des achats militaires.  La Grèce, en effet, a, proportionnellement, le budget militaire le plus élevé du Monde !  Or, dans ce cas, aucun effort ne lui est demandé. Pourquoi ?  Tout simplement parce que les grandes Firmes fabricantes d’armes  sont détenues par les mêmes intérêts financiers que ceux qui mettent les Etats en faillite.

On voit bien que ce qui est en jeu, c’est le rapport de force entre une Europe sociale démocrate et le Libéralisme sauvage.

Déjà, chez nous, on a privatisé toute une série de fleurons de notre Economie, et dans nos services publics, le nombre de contractuels dépasse, dans de nombreux cas, les 50 %. L’Europe qui se voulait un géant économique et un nain politique a donc parfaitement rendu les services qu’on attendait d’elle, à savoir permettre la transformation d’une société où la protection sociale était un absolu vers une société où l’individu se retrouvera, comme à la moitié du 19ème siècle, seul face au monstre à mille têtes qui dirige la Finance mondiale.

L’avenir fait peur,  pour reprendre une « brève de comptoir ».

Je dirai que, pour ma part, je préférais l’avenir d’avant !

merry_hermanus@yahoo.com

Share

Les commentaires sont fermés.