La révolution conservatrice

De façon brutale, mais apparemment irrésistible, les Européens tournent le dos à la civilisation qu’ils avaient mis des siècles à bâtir au prix d’âpres luttes. La crise économique dans laquelle nous ont jetés les Banques permet à la Droite ultra libérale de réaliser ce que ni Thatcher ni Reagan n’avaient réussi, à savoir, s’attaquer aux pensions !

Les Gouvernements européens de gauche comme de droite prennent en extrême urgence des décisions de régression sociale d’une gravité catastrophique. Comme l’écrit Laurent Joffrin dans « LIBERATION », « On fait tourner à l’envers la roue du progrès social ». Après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre et l’Italie, c’est la France, gouvernée par une Droite « bling bling » qui remet en cause cet acquis fondamental qu’est l’âge de la retraite. On touche là au cœur même des conquêtes sociales.

En effet, aujourd’hui encore, l’égalité devant la santé et devant l’espérance de vie est loin d’être atteinte. Savez-vous qu’un ouvrier du bâtiment vit, en moyenne, sept ans de moins qu’un cadre ? Il est vrai que tout le monde s’en fout puisque la majorité des travailleurs du bâtiment sont d’origine étrangère !!!

Il faut savoir que l’augmentation de l’âge moyen qui est en constante augmentation dans nos pays peut très bien reculer. C’est un excellent marqueur du progrès social ou de sa régression. C’est ce qu’on a vu en Union Soviétique où l’âge moyen était relativement comparable à ce qu’il était en Europe occidentale, et qui, après la chute du Communisme, est tombé à 60 ans pour les hommes, soit un recul moyen de près de 17 ans !

Cette crise a été créée par la politique de casino et l’atroce rapacité des requins de la Banque. L’actionnariat des banques est intimement lié à celui des Assurances. Toute modification de la politique des pensions profitera aux assureurs et donc, aux banquiers. Le respect de l’âge de la retraite est un acquis fondamental. Qu’on se rappelle que dans l’Océan Pacifique, certaines tribus, pour se débarrasser des vieux, les faisaient grimper tout en haut d’un cocotier et secouaient celui-ci jusqu’à ce qu’ils tombent et se tuent ! Chez les Esquimaux, c’était l’abandon des plus âgés sur la Banquise jusqu’à ce que mort s’en suive. Est-ce notre avenir ? Les plus démunis devront-ils monter au cocotier ou se chercher un coin de banquise ? Que les socialistes, ou ceux qui s’affirment comme tels, dans l’Europe entière prennent parfaitement conscience que ce qui est en train de se passer, c’est une révolution conservatrice.

Ceux qui vivent de leur travail n’ont aucune responsabilité dans la crise, et si demain, les porte-voix des banquiers mettent en danger cet acquis fondamental qu’est l’âge de la retraite, nous serons en état de légitime défense. Ce sera donc à nous d’engager des moyens de lutte à la mesure des blessures qu’on inflige au monde du travail.

Merry HERMANUS : https://hermanusinfo.wordpress.com
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