L’Enfer de la médiocrité

C’est la fin ! Fin de la Belgique ? Peut-être ! Fin de la campagne certainement.

On y a touché le fond de la médiocrité, les candidats ont, comme jamais, été instrumentalisés par les médias.

On leur a fait tout faire.  Je les ai vus pousser un caddy dans un supermarché, souffler un bon coup dans un sifflet de chef de gare, se raser devant la caméra, se déshabiller pour montrer combien ils étaient sexy…

Curieusement, aucun ne se percevait humilié d’un tel étalage.  Demain, on leur demandera de montrer la partie la plus charnue de leur anatomie. Sûr !  Certains  le feront !

J’ai tenté d’écouter quelques débats où les candidats répondent aux auditeurs.  Eh bien, même aux questions les plus stupides, aux affirmations parfois agressives ou scandaleuses, les politiques répondent toujours avec le sourire, jamais ils ne se fâchent, c’est tout juste s’ils ne commencent pas chaque réponse par un rituel :  » l’auditeur a raison, mais.. . »

La règle du jeu médiatique est claire, il faut toujours sourire, montrer un visage avenant comme on disait au siècle passé, ne jamais se mettre en colère, apparaître lisse, tellement proche des gens, tellement sympathique !

Avons-nous besoin de gens sympathiques ou de gens efficaces qui parlent vrai et juste ?

A la télévision, il est passionnant d’observer le rictus qui enveloppe le visage de certains journalistes lorsqu’ils interrogent les politiques.  Eux doivent avoir l’air agressif, la bouche se tord, les lèvres se pincent, les yeux se font assassins.  Ah ! On va voir ce qu’on va voir ! Il y a de la chair à média comme il y a de la chair à canon.  Celle-là on va la triturer, la malaxer.  Après tout, de quoi s’agit-il ? d’une pauvre marionnette qui siffle quand on lui dit de siffler, qui pousse le caddy quand on lui dit de pousser, qui se rase quand on lui dit de se raser, qui montre son torse quand on lui dit que c’est bon pour son image, tout ça face caméra bien sûr, face caméra sinon rien ! Sinon le néant !

J’ai connu une époque où des hommes se mettaient en colère face caméra.  Tiens ! L’un d’entre eux s’appelait André Cools.  Ah ! oui , je me souviens, on lui a mis deux balles dans le crâne.  Sans doute n’était-il plus de son époque.

Moi, je pense que ce qui compte, ce n’est pas de siffler, de pousser le caddy, de se raser ou de se foutre à poil, je pense que ce qui compte ce sont les idées, les programmes.   On est à la veille d’un changement de société, de l’éclatement du pays, de l’écroulement de notre système de protection sociale.  Mais ce qui compte c’est d’expliquer si on dort à poil ou non, si on porte un slip ou un boxer, à quel rythme on fait l’amour.  Quel crétinisme ! Quel abêtissement du « débat politique ».  Toute les généralisations sont stupides.  Certains politiques ne se sont pas totalement engagés, pieds et poings liés, sur le sentier fangeux de la « peoplelisation ».  Mais nombreux sont ceux, dans tous les partis, qui défendent, avec les pires moyens, leur petite personne en abandonnant toute référence aux idées, aux programmes.

Je n’ai aucun doute quant au fait qu’un jour le réveil sera brutal.  Les média fabriqueront un jour un « monstre » qui les dépassera tous, celui-là mettra la démocratie dans sa poche.  Une extrême droite qui aux Pays-bas passe de 9 à 22 députés devrait nous faire réfléchir.

La légitimité des politiques c’est la légitimité de la démocratie !

Le respect que les politiques ont pour eux-mêmes est exactement proportionnel au respect qu’ils ont pour la démocratie.

Je suis inquiet, très inquiet.

merry_hermanus@yahoo.com
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