Le coeur du système – Bientôt, tous pauvres !!!

Le matin, deux choses me sont absolument nécessaires : au moins deux cafés et des journaux.  Ce sont les béquilles  qui me permettent de commencer une journée dans les meilleures conditions, et ce sont ces petits plaisirs qui rendent l’aurore supportable.

Au milieu du fatras d’informations sur les pédophiles, les people, les curés et les accidents de chemin de fer, on trouve parfois un article qui touche à l’essentiel.

C’est le cas de celui publié par « Libération » le 16 septembre 2010, sous le titre « Le rôle des marchés n’ont pas été remis en cause »

Quatre économistes français se déclarant atterrés, ont lancé un appel pour dénoncer un système financier qui a conduite à la crise.

Voilà un article qui touche le « cœur du système », et qui démontre que la civilisation construite entre 1945 et 1985 va irrémédiablement à la faillite si on ne jugule pas le pouvoir financier, et ce, très vite et sans faiblesse.

Que constatent ces quatre économistes ?

  1. Malgré la crise de septembre 2008, « Personne n’a remis en cause le rôle primordial des marchés financiers dans l’économie ». Le G20 et le G8 ont jeté beaucoup de poudre aux yeux en lançant une lutte très médiatique contre les paradis fiscaux, mais se sont bien gardés de contrôler le vrai, le seul pouvoir, à savoir celui du monde de la Finance.
  2. « Personne n’a remis en cause la malhonnêteté  et l’irresponsabilité de certains acteurs de la Finance mal encadrés par les pouvoirs publics ». Je trouve qu’à ce niveau, les économistes sont trop tendres.  Le pouvoir de la Finance n’est pas « mal encadré par les pouvoirs publics », il ne l’est pas du tout ! J’ose renverser la problématique : Aujourd’hui, c’est clairement les pouvoirs publics qui sont contrôlés et soumis au pouvoir financier.
  3. « L’efficience des marchés financiers consiste à transposer aux produits financiers la doctrine (économique) habituelle des marches des biens ordinaires ». Il est clair que le poids des financiers sur l’Economie, la financiation de toute  une série de produits purement imaginaires ne reposant sur aucun bien matériel réel, a conduit la mise en place d’un système économique qui ne répond plus au prima absolu de la création de biens et de services, mais qui n’a comme objectif que la spéculation financière.  Comme l’expliquent très bien les économises signataires de l’appel, le marché financier fonctionne à l’inverse des marchés ordinaires, les spéculateurs se ruant sur les produits à la hausse. C’est l’inversion de la Loi de l’offre et de la demande, et la création de bulles spéculatives en cascade jusqu’à l’explosion finale.
  4. « Ce système a été voulu et organisé » par les Néolibéraux Thatcher et Reagan et imposé au monde dans la foulée de la faillite du système communiste ».
  5. « Les entreprises financent les actionnaires au lieu que ce soit le contraire ». Chacun sait que les Fonds de pensions et les spéculateurs de masse n’ont aucun projet industriel. Ils déplacent des masses monétaires considérables dans une logique pure de rendement. C’est ce rendement de l’actionnariat qui domine tout et qui conduit bien sûr à la mondialisation.
  6. « La pression sur les salaires qui est le corollaire de ce qu’on vient de développer ci-dessus conduit à une Economie de l’endettement des ménages». Aux Etats-Unis, l’endettement des ménages est colossal, ce qui a pour conséquence de juguler toute velléité de ruer dans les brancards.
  7. « L’explosion des dettes publiques… ne résulte nullement de dépenses sociales inconsidérées. Elle est la conséquence du sauvetage de la Finance mondiale par les Etats suite à la crise bancaire de septembre 2008 ». Les quatre économistes rappellent, et c’est essentiel, que le déficit moyen de la Zone Euro n’est que de 0,6 % du P.I.B en 2007, et qu’aujourd’hui, en 2010, il est de 7% !   Que s’est-il passé entre 2007 et 2010 ?  C’est très simple : les Etats ont dû apporter des paquets de milliards pour éviter la faillite des banques. Les Etats n’ont nullement augmenté les remboursements sociaux ; ils n’ont nullement augmenté les pensions ; ils n’ont nullement augmenté les salaires. Ils ont simplement « casqué » pour le monde financier.

Mais aujourd’hui, qui paye le prix ??? Précisément, les allocataires sociaux, et ceux qui vivent de leur travail. Le comble de tout, c’est que ceux qui ont créé cette crise mondiale, aujourd’hui, spéculent sur les dettes des Etats.

Il faut voir comme tremblent les hommes politiques lorsque les agences de notation (toutes américaines) modifient la cote de l’un ou l’autre des Etats du monde développé.

Posez-vous la question de savoir avec qui déjeunent les patrons de ces agences de notation ? Avec qui ils passent des week-ends et qui sont leurs amis ?

On impose à la Grèce une régression sociale digne des pires politiques du 19ème siècle.  La France et la Grande-Bretagne ont  pris le même chemin.

Une autre information confirme que les Politiques ne contrôlent plus rien, et que le monde développé est pris dans une spirale où seuls ceux qui payent sont les plus faibles.  Ainsi, en France, cette semaine, les ouvriers d’une Usine « CONTINENTAL » (Fabrique de pneus) ont accepté une diminution de salaire et l’abandon de jours de congé afin de sauvegarder leur emploi, tout en sachant que les ouvriers d’une usine du même Groupe, il y a quelques mois, avait fermé et s’était délocalisée.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est l’acquis des Trente Glorieuses.  C’est un système où cohabitent la liberté religieuse, la liberté politique, la liberté économique et une large protection sociale.

Le monde dans lequel nous sommes peut-être déjà est celui où les vrais décideurs n’apparaissent pas et où ils disposent de factotums que sont les Politiques, pauvres marionnettes tentant à toute force de faire croire qu’ils sont les décideurs.  Mais la vérité  c’est qu’Ils ne sortent pas de leur bac à sable !!!

Allez, une bonne nouvelle quand même : la presse nous apprend que le secteur du très grand luxe, en France, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 ou de 40 % !!!

merry_hermanus@yahoo.com
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