Les caprices du Docteur Leroy

Il y a, à Jette, un échevin de la Culture d’une générosité sans pareille.  Il s’agit du  Docteur Leroy.

Il a déjà œuvré comme Président du Foyer jettois où il a pu faire la preuve de sa vertu cardinale : le don de l’argent public. En effet, et la presse l’a révélé, l’ancien directeur-gérant du Foyer a reçu 50.000 € pour quitter ses fonctions et une somme rondelette aurait dû lui être versée à vie, tout cela sans que le Conseil d’administration de l’époque ne marque son accord, et en totale dérogation avec les règles de fonctionnement du Foyer jettois.

Dossier à suivre de près car  il n’a pas encore pu révéler tous ses aspects!

Certains d’entre vous ont peut-être déjà rencontré ce « généreux donateur de l’argent public ».  Il a la démarche assez lente que d’aucuns comparent à une reptation, la tête un peu penchée à droite (bien entendu !), et, surtout, il a la poignée de main la plus molle de la région bruxelloise.  Quand on lui serre la main, on a le sentiment de serrer un paquet, ou une « klot », comme on dit à Bruxelles, de Slime, vous savez, c’est cette pâte gluante avec laquelle jouaient les enfants il y a une dizaine d’années.

Une telle poignée de main, c’est un livre ouvert sur la personnalité de celui qui la possède.

Notre généreux Docteur Leroy, après avoir fait très fort au Foyer jettois,  agit maintenant en matière de culture.

Il a eu un caprice, une frivolité, un rien, un souffle : Il veut sa grande Pyramide du Louvre, son Beaubourg, son Musée des Arts Premiers.   A Jette, nous avons donc notre Malraux, notre Pompidou et son Beaubourg, notre Mitterrand et sa grande Bibliothèque, notre Jules II et sa chapelle Sixtine !

Allons, n’exagérons pas, nous n’avons qu’un Machiavel de sous-préfecture !

Quelle gloire pour Jette !!!

En effet, il a décidé de faire réaliser une fresque sur le pignon d’une maison de la Place Cardinal Mercier pour la modique somme de 105.000 € !

Il a décidé de payer un acompte de 3.000 euros en janvier de cette année, alors même que le budget n’était pas approuvé par la Tutelle !

Quelle générosité avec l’argent des Jettois !!!

Ceux-ci auront compris pourquoi il a fallu faire de notre commune, la commune la plus chère de Belgique en matière fiscale.

Mais quoi ? 105.000 € ,  quand ce n’est pas de sa poche, c’est une peccadille ! Deux fois rien !

On sait que deux autres fresques doivent encore être réalisées à Jette, et que  le montant total des dépenses « artistiques » du bon Docteur Leroy se chiffrera sans doute autour de 200.000 € !

Une paille !

Chose encore plus étonnante : le Docteur Leroy fait ces dépenses sans même que le propriétaire ait marqué son accord pour que son pignon soit ainsi décoré. L’argent est donc dépensé avant même qu’on sache s’il pourra l’être. Quelle hâte ! Quelle précipitation !

Que deviendraient les 3.000 € si le propriétaire refusait que son pignon serve de marqueur historique à la présence de M. Leroy au Collège ?

Soyez-en persuadés :

Les contribuables jettois seront enchantés de découvrir ce pignon et de savoir que c’est avec leur argent qu’il a été ainsi décoré !

Les familles en difficultés condamnées à payer 0,90 ou 0,45 € pendant quinze ans seront émerveillées par la qualité artistique des « œuvres » du Docteur Leroy.

Il est évident que, pour notre part, nous ne mettons nullement en cause cette qualité artistique, mais nous sommes des gens médiocres et terre à terre, et sans doute, selon le diagnostic du  Docteur Leroy, schizophrènes ou paranoïaques, ou mieux encore, les deux,  et nous pensons que les milliers de chômeurs jettois, que les 29 % des enfants jettois dont la famille n’a pas de revenu du travail, et que les milliers de personnes demandant de l’aide au CPAS méritent mieux que l’indifférence méprisante de Doyen et Leroy.

Leur slogan est : « Cachez cette misère que je ne saurai voir, nous sommes d’excellents gestionnaires, la preuve, regardez les splendides fresques qui vont égayer vos pignons » !!!

En regardant ces fresques :

_ Les minimexés auront, n’en doutons pas, un peu moins de difficulté à trouver un logement !

les chômeurs, éblouis par tant de beauté, se diront que, finalement, ne pas avoir de travail n’est pas essentiel devant une œuvre d’art payée avec les deniers publics ;

– les allocataires sociaux qui doivent vivre un mois avec 800 euros auront moins faim, nourris par l’art !

– les mères de famille n’ayant pas de place dans les crèches se diront que dans le fond, l’art est plus important que leurs misérables petites affaires ;

les enfants n’ayant pas de place dans une crèche seront ravis de passer leurs journées, assis par terre, devant les fresques.

les commerçants jettois qui subsistent dans les pires difficultés se diront que, dans le fond, mieux vaut l’art que le commerce ;

– les chômeurs ajouteront que s’il est vrai que la Bourse de l’Emploi a été un cuisant échec, et que si on dépense à Jette près de dix fois plus d’argent pour les fresques que pour l’emploi, ce n’est que justice face aux œuvres impérissables dont Leroy veut marquer sa présence au Collège.

Oui, ma bonne Dame, ces gens-là ont le sens des priorités et un mot d’ordre : « Que les gens qui ont des problèmes aillent se faire voir ailleurs », car il se pourrait qu’ils aient  l’idée saugrenue de voter Socialiste !

merry_hermanus@yahoo.com
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