Kaboul ou Jette ? Certains, à la commune de Jette, sont à l’Intelligence et à la Démocratie, ce que les prisons afghanes sont aux Droits de l’Homme

Lors du changement de Majorité, le nouveau Collège a décidé de me priver de tout secrétariat.

J’avais le plaisir de pouvoir collaborer avec une employée communale et avec une directrice d’école retraitée qui agissait de façon tout à fait bénévole.

Il est donc particulièrement étonnant que la décision du Collège de décembre 2009 ait interdit à cette dernière de pénétrer dans les locaux communaux.

La nouvelle Majorité avait manifestement des craintes quant à l’intérêt que je pourrais porter à certains dossiers.

J’ai donc saisi le Conseil d’Etat qui a rejeté ma demande dans la mesure où il a affirmé que mes collaboratrices auraient dû être « parties intervenantes ».

Soit !

Ma collaboratrice bénévole, directrice retraitée, qui collaborait avec moi depuis 1978, a été toute entière absorbée par un épouvantable drame personnel qu’elle vient de vivre. Mais ces dernières semaines, néanmoins, elle a estimé devoir tenter de retravailler à mes côtés.

Respectueuse de la décision du Conseil d’Etat, elle ne s’est évidemment pas rendue seule à la commune.  Elle n’y a pénétré qu’à mes côtés, et j’étais aussi à ses côtés dans mon bureau.

Eh bien ! Cela n’a pas l’air de plaire !

En effet, elle a reçu un curieux courrier anonyme contenant uniquement la décision du Collège lui interdisant de pénétrer à la commune.

Je passe bien sûr sur le caractère particulièrement outrageant et révoltant d’une pareille interdiction.

Il va de soi que ma collaboratrice n’a jamais fait l’objet, au cours de sa longue carrière d’institutrice et de directrice, d’aucune sanction de quelque nature que ce soit.

Plus récemment encore, alors qu’elle avait été accueillie de façon particulièrement chaleureuse par le personnel de l’accueil de la commune, l’une de ces personnes aurait chuchoté qu’en réalité, elle ne pouvait pas laisser entrer ma collaboratrice bien que celle-ci m’accompagne.

A ceux qui pensent comme cela, il conviendrait peut-être de rappeler que la Loi communale prévoit que la direction de la commune est assurée collégialement, ce qui veut dire par tous les membres du Collège, et que chaque échevin peut évidemment se rendre dans son bureau avec qui il lui convient. La loi communale ne mentionne aucune restriction en cette matière.

D’autres faits étonnant sont apparus.

Tout d’abord, les portes du couloir donnant accès à mon bureau sont maintenant verrouillées électroniquement, ce qui veut dire qu’il faut disposer d’un badge pour pouvoir entrer ne fût-ce que dans le couloir qui mène à mon bureau , donc, impossible de recevoir des gens, sauf à aller les chercher au rez-de-chaussée, à monter avec eux, à disposer d’un badge, et à leur ouvrir les portes.

Ensuite, les pictogrammes menant à ce couloir ont été modifiés et on retrouve maintenant, à l’entrée de mon bureau, l’intitulé «Amendes administratives » !

Enfin, on a installé trois personnes, par ailleurs fort sympathiques, dont deux Messieurs garde-chiourmes bien involontaires, de part et d’autre de la porte d’entrée de mon bureau !

Décidément, il règne à Jette une très curieuse atmosphère.

Déjà, le 13 mars 2008, le secrétaire communal avait adressé une note à un haut fonctionnaire lui disant « Je participerai bien volontiers aux réunions organisées dans le bureau de l’échevin.  Je rappelle que j’ai accès à tous les locaux de l’Administration ».

Faut-il préciser que le secrétaire communal n’était nullement invité à ces réunions, mais par cette note, il s’arrogeait le droit de pénétrer à tout moment dans mon bureau et de l’occuper !

Curieuse conception de la Loi communale !

J’avais évidemment immédiatement saisi la Tutelle qui a réagi de la façon suivante « Il est évident que le secrétaire communal, même s’il a accès effectivement à tous les locaux de l’Administration, ne peut s’imposer à une réunion organisée dans votre bureau et à laquelle il n’a pas été convié. Il s’agit, en effet, d’un local qui vous a été attribué afin d’exercer au mieux votre mission, et cet espace vous est donc réservé. Il s’agit simplement d’une règle de fair-play et de savoir vivre et non pas une règle de droit ».

Il est quand même effarant d’avoir dû saisir la Tutelle afin que soit rappelé ce qui apparaît pour tous comme une évidence, mais ceci est  terriblement significatif de l’atmosphère qui règne dans notre « bonne » commune de Jette.

De fait, savez-vous, chers lecteurs, qu’il serait fait aux fonctionnaires interdiction de me parler et de répondre à mes questions ?

Savez-vous, chers lecteurs, que lorsque j’ose poser une question sur un dossier, il y a obligation d’en informer immédiatement le Bourgmestre ou son Cabinet ?

Ont-ils donc tant de choses à cacher ???

Nous savons déjà que Claude Goujard, conseiller communal, s’est vu imposer la signature d’un document où il aurait pris l’engagement de ne pas me rencontrer, de ne pas me parler et de n’avoir aucun contact téléphonique avec moi !

On se demande bien sûr si on rêve, si on vit sous une dictature brejnévienne, si on est dans le château de Kafka ou si Ubu Roi a pris le pouvoir dans le Nord-ouest de Jette, ce que je crains  !!!

Il règne dans notre « bonne » commune de Jette une atmosphère de fin de règne où le roi et ses courtisans ont perdu tout sens de la réalité et où la Démocratie se réduit comme peau de chagrin où celui qui ne pense pas comme la petite camarilla encore aujourd’hui gouvernante est taxé de « pervers » ou « d’esprit démoniaque ».

Certains, à Jette ne sont-ils pas, à l’intelligence et à la Démocratie ce que les prisons afghanes sont aux Droits de l’Homme ?

P.S. Pour ceux qui le souhaitent, je tiens des photos à leur disposition.

merry_hermanus@yahoo.com
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