Déchirements !

Arrivé, à 69 ans,  en bout de course d’une vie professionnelle marquée par de curieux zigzags du destin, il faut encore faire face à une ennuyeuse et délicate question, celle des mètres cubes d’archives qui se sont accumulées au fil des ans.

Comment les évaluer ?

Comment les évacuer ?

Que faut-il garder ?

Que faut-il détruire ?

Terrible dilemme, surtout pour le conservateur viscéral que je suis.

Toujours utile… on ne sait jamais, de conserver un certain nombre de précieux dossiers, certaines mémoires étant, on le sait, oublieuses.

Au fur et à mesure qu’on ouvre  certains vieux dossiers, qu’on consulte ceux-ci, des vies entières vous sautent au visage.

Des noms oubliés depuis des dizaines d’années resurgissent.

Des personnes apparaissent.

Des histoires se reconstruisent.

Le passé ressuscite,  remonte à la surface comme des bulles d’eau gazeuse.

Tant d’histoires !

Tant de démarches !

Tant de papiers !

Tant de dossiers !

Ces caisses, ces classements, ces dizaines de tiroirs, en définitive, contiennent ce que fût ma vie et, d’une certaine façon, avec ces classements, c’est ma vie que j’enterre.

Mais certains documents attirent la lumière tant ils sont significatifs d’une époque révolue, d’un monde disparu, qu’il m’est impossible de ne pas en faire profiter mes lecteurs.

C’est pourquoi je vous propose de prendre connaissance du texte du dernier discours budgétaire visant le budget 1996 que j’ai prononcé en ma qualité d’échevin des Finances de Jette, et, de façon plus poignante, du courrier que m’a adressé Jean-Louis Thys exactement un an avant sa mort. Les annotations en bas de page sont évidemment de sa main, et ce sont elles qui sont importantes.

Ces deux textes, qui en feront rêver certains… et cauchemarder d’autres, permettent de mesurer le gouffre qui s’est installé.
Budget Commune de Jette 1996

Lettre de Jean-Louis Thys 1998

Oui, un monde s’est effondré !
merry_hermanus@yahoo.com

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