Bruxelles : Menace de révision du revenu cadastral. Enorme catastrophe en vue ?

Ce matin, à la lecture du journal « Le Soir », il apparaît que l’Association de la  Ville et des Communes ne « considère plus comme un tabou » une révision du revenu cadastral à Bruxelles !

Si ce devait être le cas, ce serait, pour les propriétaires et la classe moyenne bruxelloise, une raison de plus de quitter une Ville-Région devenue ingérable.

En effet, la dernière révision cadastrale a eu lieu en 1974, mais, à partir de cette date, le revenu cadastral a été indexé.

Depuis cette date, les différentes communes ont augmenté, certaines de façon considérable, les centimes additionnels.

Ainsi, Jette n’a pas hésité, en 2011, à augmenter, d’un  coup, de 10% les centimes additionnels, faisant de cette commune la commune la plus chère de Belgique.

Depuis, d’autres communes ont évidemment suivi.

S’il devait y avoir une révision du revenu cadastral, il y aurait évidemment un effet cumulatif entre, d’une part, le pourcentage de la révision imposée à tous, et, d’autre part, les centimes additionnels déjà gigantesques.

L’effet serait, on s’en doute, totalement catastrophique.

Il n’est pas rare, aujourd’hui, que pour un appartement de 90 m2 , à Jette, on paye un peu plus de 1.200 euros de cadastre !

C’est évidemment totalement insupportable pour une certaine catégorie de la classe moyenne.

On peut penser que l’Union de la Ville et des Communes voit les choses de haut.

Mais pourquoi ne s’attelle-t-elle donc pas à un examen beaucoup plus approfondi d’un problème beaucoup plus délicat à Bruxelles, à savoir l’absence réelle d’une Tutelle digne de ce nom.

Il n’est évidemment pas du tout question de mettre en cause la qualité des fonctionnaires régionaux, mais dans un Parlement régional où l’immense majorité des élus est, soit conseiller communal, soit conseiller du CPAS, soit Président du CPAS, soit échevin, soit Bourgmestre, tous les problèmes de Tutelle se règlent soit par combinazione, soit par de « petits arrangements entre amis ».

Et ce, d’autant plus que la majorité politique est composée de pas moins de six formations politiques.

Il serait intéressant de faire une étude sur le nombre de budgets communaux qui ne sont, en réalité, pas approuvés, mais pour lesquels on laisse les délais être dépassés pour obtenir ainsi une approbation automatique qui « ne mouille pas la Région ».

Quatorze communes sont sous plan d’accompagnement et ont, en leur sein, un Inspecteur régional, mais qui, en réalité, n’a pas de vrai pouvoir.

J’ai, à la disposition des lecteurs attentifs, des dizaines d’exemples d’Inspecteurs régionaux s’opposant à telle ou telle manifestation pour des raisons budgétaires, mais découvrant, avec un étonnement désabusé, les affiches de ces mêmes manifestations d’ores et déjà dans les rues de la commune, puisque tout s’est arrangé au-dessus de leur tête.

Quand les inspecteurs régionaux siègent aux comités d’accompagnement, ils sont cornaqués par un membre d’un cabinet ministériel qui a évidemment tout le pouvoir !

Et contrairement à ce qui est écrit, ce matin, toujours dans « Le Soir », dans l’Edito d’Eric Deffet, certaines communes jettent réellement l’argent par les fenêtres, et organisent des manifestations festives dans le cadre de la philosophie bien connue « Panem et Circenses ».

Ainsi, dans une commune qui m’est chère, et qui est sous plan d’accompagnement, un échevin n’a pas hésité à se faire le doux plaisir d’installer une fresque qui a coûté aux contribuables jettois pas moins de 106.000 euros !

Je pourrais multiplier à l’infini les exemples de ce type.

J’ai, pour ma part, l’intime conviction que s’il n’y a pas de véritable reprise en main de la gestion des communes bruxelloises, d’où je rappelle que le financement n’ est assuré, dans la Sixième Réforme de l’Etat, que pour un temps strictement déterminé, ce seront les autorités flamandes qui prendront les dispositions qu’on devine au niveau bruxellois.

On connaît le plan de Bart de Wever. Il est, maintenant, très clair.

L’ennui est qu’aujourd’hui, de nombreuses communes bruxelloises donnent pleinement raison à ses critiques !!!

Tout le problème sera donc de savoir si, dans l’année qui vient, la petite  classe politique bruxelloise aura le courage de prendre les mesures qui s’imposent d’urgence  si on ne veut pas, après 2014, que ce soit le plan de Bart de Wever qui s’applique dans une Région bruxelloise composée de communes totalement exsangues.

 merry_hermanus@yahoo.com

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