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Pourquoi nous combattons…Retour vers l’exploitation brutale de l’homme par l’homme !

Je suis un lecteur assidu du « Nouvel Observateur » depuis sa création, c’est-à-dire, ça ne me rajeunit pas, 1964.

Je consacre en général mon dimanche matin à la lecture attentive des articles et, en particulier, des pages économiques.

Je découvre, dimanche passé, une longue interview de Jon Moynihan, consultant économique à la City de Londres.

La brutalité des affirmations de ce tenant du capitalisme pur et dur devrait en faire réfléchir plus d’un.

En voici le florilège :

  1. « Il est impossible de préserver des jobs bien payés pour les travailleurs occidentaux.  Au nom de quoi pourrait-on continuer à payer les 500 millions des salaires du monde développé dix fois plus chers que les 1,1 milliard des citoyens des zones urbaines du monde en développement… »

Ma réaction : Ce « sympathique » chercheur oublie tout simplement d’évoquer le statut social des travailleurs du monde occidental, statut social conquis après 120 ou 130 années de lutte !!! Pour lui, cela n’existe pas !

  1. « La baisse des salaires de nos travailleurs non qualifiés est inéluctable. Déjà, un Américain qui n’a pas le BAC  gagne moins, en termes réels, que son grand-père.  En 2025, le salaire occidental moyen aura peut-être été divisé par deux ».

Ma réaction : Qui osera, après de telles affirmations, regarder dans les yeux ses enfants ?  Si une telle affirmation devait être exacte, cela impliquerait l’échec total des politiques menées dans les pays développés.

  1. « Les emplois déplaçables vont tous migrer » !

Ma réaction : Bien entendu, ce champion de l’ultralibéralisme veut sans doute éviter aux émigrés de se noyer en tentant de franchir la Méditerranée,  comme viennent de le faire 120 d’entre eux la semaine passée.  Pour ce qui est des travailleurs occidentaux, apparemment, il s’en fout complètement.

  1. « La crise des Subprimes a encore aggravé les déficits financés à crédit » !

Ma réaction : Tiens, mais j’y pense, à aucun moment il n’évoque les responsabilités dans le déclenchement de la crise des Subprimes !! Cela, ça n’effleure pas son esprit.

S’agissant des salaires des grands patrons, il a la bonté de préciser « Attention, je n’ai rien contre le fait de bien gagner sa vie » !!!

  1. «  L’Etat ne peut plus se permettre de subventionner les classes moyennes… ».

Ma réaction : Bien entendu, il faut les laisser crever !!!

A aucun moment, il n’envisage une amélioration de la situation sociale de la classe ouvrière des pays émergents.  Pour lui, il faut diminuer notre train de vie de 10 à 15% et réformer notre modèle social, bien entendu, en sacrifiant les classes les plus défavorisées !

En fait, ce « brave homme » n’a rien inventé.

Le « Club de Rome » déjà, dans les années 60, évoquait la croissance Zéro, et pourtant, nous étions au cœur des Trente Glorieuses.

En 1936, déjà, les congés pays choquaient les gens riches, parce que, subitement, arrivait sur les plages le peuple en maillot de bain en laine tricotée ou en gilet de corps !!!  Il était, semble-t-il, insupportable à certaines classes privilégiées de voir le statut social des travailleurs s’améliorer !

Ceux-là n’avaient même pas l’intuition de regarder de l’autre côté de l’Atlantique où Roosevelt, qui n’était pas un dangereux communiste, depuis 1932, sortait les Etats-Unis de la crise en lançant une politique de grands travaux et de vigoureuses taxations, et créait un embryon de statut social.

C’est bien oublié aujourd’hui !!!

Mais lorsque Roosevelt est devenu Gouverneur de l’Etat de New-York, il n’a pas hésité à augmenter de 50 % certains impôts !!! Oui, vous avez bien lu : 50 % !!!

C’est à la lecture de cet article du « Nouvel Observateur » que je décode  l’interview qu’Yvan Mayeur a donnée au « Vif L’Express », précisant que « sa loyauté à Di Rupo Premier a des limites ».

Je ne peux évidemment qu’approuver pleinement les réactions d’Yvan Mayeur face à certaines mesures prises par ce Gouvernement qui visent d’abord la population la plus précarisée, et laissent entendre que celle-ci est composée uniquement de profiteurs et de fraudeurs !!!

C’est faire preuve d’une effroyable cécité que d’imaginer cela.

La réalité est évidemment toute autre, et le PS sera, à juste titre, sanctionné s’il poursuit dans cette voie.

Je n’ai jamais caché ma joie, au plan humain, de voir Di Rupo accéder à la fonction de Premier Ministre, mais je n’ai jamais caché non plus le fait que cette lourde charge le ligotait dans une situation où, au vu de la Coalition qui l’entoure, il ne peut que mener une politique de Droite.

Je ne dis pas de « Centre Droit », mais je dis bien de « Droite », et ce ne sont pas les «  coups de gueule en service commandé » de Laurette Onkelinx qui me feront changer d’avis.

Bien sûr, le socle essentiel de l’index est, pour l’instant, sauvegardé, mais, disons-le clairement, c’est tout ce qui reste des débris de l’architecture idéologique de la Gauche démocratique belge !

C’ est ce bastion emblématique qui reste notre dernière ligne de défense… C’est vraiment la dernière !!!

merry_hermanus@yahoo.com

GROUWELS : DEMISSION !!!

Nous sommes nombreux à avoir été profondément choqués par les propos tenus par la Ministre bruxelloise Grouwels la semaine passée, au moment du refus par la Nva de discuter la note d’Elio Di Rupo.

La Ministre Grouwels estimant que « Bruxelles n’avait pas besoin de plus d’autonomie » !

Ce n’est pas son premier coming out.  Cela fait longtemps, et à de multiples reprises, qu’elle s’affirme comme anti-Bruxelloise, ne ratant aucune grande occasion pour clamer  son opposition soit au refinancement soit à l’autonomie complète de la Région.

La Région bruxelloise, telle qu’elle existe aujourd’hui, est issue d’une négociation menée en 1988 par Dehaene et Moureaux.

Cette Institution ne pouvait fonctionner que sur base de la loyauté communautaire et régionale. Or, ce que fait Mme Grouwels, de façon continue depuis la Législature précédente, c’est évidemment un manque total de loyauté régionale.

Dans n’importe quel pays démocratique, elle aurait dû démissionner depuis longtemps.

Elle est devenue, de fait, le symbole du non fonctionnement de la Région bruxelloise qui n’est plus, finalement, qu’une machine à gaz qui ne produit plus rien.

Il serait particulièrement intéressant de faire une analyse, sur le long terme, des ordres du jour des Conseils des Ministres bruxellois pour pouvoir identifier la longue décrépitude de la Région qui n’est plus, en définitive, que le « tiroir caisse à subsides » de certaines communes.

L’Administration régionale est totalement démotivée puisque cela fait pas moins de trois fois que le cadre linguistique a été cassé, tout simplement parce qu’il ne respecte pas la Loi.  Celle-ci exige le comptage des dossiers selon la langue utilisée.

Or, sous la pression de gens comme Mme Grouwels, on impose un chiffre arbitrairement défini avec, comme conséquences, que le moindre recours annule le cadre linguistique et, dans la foulée, toutes les promotions que pourraient avoir les fonctionnaires régionaux.

Comment, dans ces conditions, exiger de ceux-ci la moindre motivation ?

Lorsqu’elle est devenue Ministre, dans la mesure où je la connaissais un peu, j’ai souhaité présenter à Mme Grouwels les Centres d’entreprises de Molenbeek.

Elle s’est gentiment prêtée à cette visite.

Au cours des échanges particulièrement cordiaux que nous avons eus, elle m’a précisé qu’elle ne se sentirait bien à Bruxelles que lorsque, dans les hôpitaux et dans les boutiques, on s’adresserait d’abord à elle en flamand !!!

Chacun sait qu’au niveau démographique, il reste, à  Bruxelles, moins de 10% de Néerlandophones.

Qu’à cela ne tienne, si on écoute les patrons flamands et  Bart De Wever, ils veulent la co-gestion de notre Région qui, en termes de ressources fiscales, est quasiment exsangue.

Ce qui manque, c’est du courage et de la franchise.

On pourrait sans difficulté, au niveau bruxellois, remplacer Mme Grouwels par un Ministre SP, les représentant de ce Parti n’ayant jamais pris des positions anti-Bruxelloises.

Mais on ne le fera pas, et Bruxelles continuera à s’enfoncer dans le marais de la non gestion, avec, comme conséquences, l’effondrement de toute une Région et une paupérisation accélérée de la population… ce que d’aucuns souhaitent manifestement.

Merry Hermanus
merry_hermanus@yahoo.com

La dernière solution… La Démocratie… Donner la parole aux citoyens !

Cela fait maintenant un an que les responsables politiques tentent de négocier un accord communautaire.

On est passé de formateur à explorateur… tous des « teurs », mais de solution, point.

Il est étonnant que ces politiques ne soient pas conscients du caractère à la limite du ridicule des démarches entreprises.

Ils devraient méditer le fait que, parfois, à force de vouloir durer, on ne sait plus pourquoi on dure !

Peut-être n’ont-ils pas compris, ou n’osent-ils pas comprendre, que l’un des interlocuteurs  a, pour seul et unique objectif de faire échouer tout compromis !!!

Je pense que les politiques de haut niveau ne perçoivent pas le caractère humiliant qu’il y a, pour nombre de citoyens, de se sentir exclus, et de ne pas pouvoir faire entendre leur voix.

Il y aurait un moyen bien connu et utilisé dans un nombre considérable de Nations démocratiques : c’est le Référendum.

En Belgique, cette technique est totalement diabolisée à cause de l’exemple de 1950 où, devant répondre à une question sur le retour de Léopold III, les Flamands, les Wallons et les Bruxellois ont donné des réponses divergentes.

Les Flamands étaient très majoritairement pour le retour du Roi.

Les Wallons et les Francophones y étaient opposés.

Depuis, le Référendum a été enterré.

La classe politique ne veut plus en entendre parler pour la simple et bonne raison que le Référendum fait apparaître de façon claire les divergences entre les trois Régions du pays.

Or, c’est bien là que se situe le problème.

La demande d’autonomie de certains partis politiques flamands est-elle, oui ou non, légitime ?

Personne ne peut le nier.

Il est parfaitement du droit de certains partis politiques flamands de tenter d’obtenir une autonomie plus large, pour ne pas dire une quasi indépendance.

Certains politiques francophones, tel Philippe Moureaux, ont déjà, il y a plus d’un an et demi, estimé que la seule solution était la confédération.

Il est curieux que, malgré les litres et les litres d’encre servant à décrire en long, en large et en travers la crise politique, on ne fasse pas plus référence à l’exemple québécois.

Au début des années 60, les indépendantistes de la « Belle Province » avaient choisi le terrorisme.

C’est ainsi qu’ils assassinèrent le Ministre du Travail canadien Laporte.

Le Mouvement a ensuite évolué vers une volonté d’indépendance obtenue par les voies démocratiques.

On se rappellera la visite de de Gaulle dans les  années 60, qui, du balcon d’un édifice public de Montréal, cria à une foule en délire « Vive le Québec… Vive le Québec libre » !!!

Les Anglais avaient été outrés.

Mais le monde politique canadien a reconnu que les Québécois avaient le droit de demander cette indépendance.

Depuis cette date, il y a eu, au Québec, au moins trois Référendums pour savoir si, oui ou non, le Québec serait indépendant.

Les indépendantistes ont chaque fois échoué, il est  vrai, la deuxième fois, de très peu.

Mais cela veut dire que la classe politique canadienne a considéré que ces demandes d’indépendance étaient légitimes.

On a accepté ces Référendums.

Pourquoi ne pas s’inspirer de cet exemple ?

Qui, aujourd’hui, peut affirmer qu’un tel Référendum en Flandre donnerait une majorité pour l’indépendance ou la quasi indépendance ?

Coupons le nœud gordien.

Cessons ces palabres sans fin qui sont humiliantes pour les citoyens adultes que nous sommes, et qui sont humiliantes, en particulier, pour les Wallons et les Francophones soumis à des provocations de plus en plus violentes.

La dernière en date étant la déclaration quasi insultante du Président de la VOKA.

Donner la parole au peuple par la voie du Référendum serait une preuve de vitalité de la Démocratie, et une preuve de la confiance qu’on peut… qu’on doit avoir dans le bon sens de nos concitoyens.

Merry Hermanus
merry_hermanus@yahoo.com


Tous aveugles !

N’êtes-vous pas impressionnés par le fait que depuis une vingtaine d’années, les grands évènements  qui bouleversent le monde interviennent alors que personne ne les avait prévus !

Sommes-nous dirigés par des tatoueurs aveugles ?

La Chute du Mur de Berlin prend tout le monde au dépourvu.  Un apparatchik Est-Allemand lit un communiqué de presse vers 22h30, et une demi-heure plus tard, le Mur, vieux de 28 ans,  s’effondre !

La Chute du Communisme, un régime en place depuis 1917 qui s’était voulu la deuxième Puissance mondiale, et était, depuis 1945, un Empire planétaire, s’effondre comme un château de cartes sans que les observateurs occidentaux n’aient vu venir quoi que ce soit.  Mitterrand, Bush senior, et les autres ne savent que faire !

Pourtant, depuis les années 1970, en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie, les coutures commençaient à craquer. Mais nos grands politiques géo-planétaires croyaient dur comme fer au caractère intemporel du Communisme soviétique et au caractère immuable d’un monde bipolaire.

Les attentats du 11 septembre 2001. Là aussi, tout le monde est pris au dépourvu. Personne ne s’y attendait !

Pour la première fois, (après Pearl Harbor),  les Etats-Unis sont attaqués sur leur sol et personne ne l’avait vu venir !!! Les Services secrets, les « grandes oreilles », tous sont pris en défaut.

La Crise financière de septembre 2008, où l’on voit la « bulle » de l’Immobilier exploser, et une série de banques, en cascade, menacées de faillite.

On a affirmé qu’un obscur professeur d’Economie belge, vivant comme un clochard en Bretagne, aurait annoncé la crise.  Il était bien le seul, et sa crédibilité était égale à zéro. Pourtant, c’est tout le système économique mondial qui se trouve menacé !

La Révolte des peuples du Moyen-Orient. Personne, ni dans les Ambassades, ni au niveau des services d’informations, n’avait prévu l’extraordinaire mouvement des peuples arabes qui, du Maroc à la Syrie, bouleversent tous les équilibres et tous les stéréotypes sur le monde arabe.

L’islamisme inquiétant se voit subitement remplacé par une volonté de Démocratie et d’Egalité sociale.

Mais personne n’avait rien vu venir !

Il est extraordinaire de constater que, dans une société où l’information se fait à la seconde, et où des milliers d’images nous arrivent chaque jour, les décideurs politiques se trouvent systématiquement aveugles devant l’évolution du monde, qu’il soit économique ou politique.

Sommes-nous gouvernés par des ilotes ou par des cyclistes qui, le nez sur le guidon, aperçoivent les dix mètres qui se trouvent devant eux, mais ne voient plus l’ensemble de la route ?

On a le sentiment d’un monde mené à l’aveugle, où l’émotion de l’immédiateté a remplacé la réflexion et la prévision.

Il suffit de lire la presse ou de regarder les journaux télévisés pour se rendre compte que l’Analyse a totalement disparu pour faire place à l’événementiel, au sensationnel, et, surtout, surtout, à l’émotion qui permet, croient les Maîtres de l’information, de créer un sentiment d’unanimisme et de cohésion.

Ce qui se passe, en réalité, qu’on le veuille ou non, c’est que le monde est aujourd’hui un village planétaire que Marc Luhan prévoyait dès les années 60, mais où les réponses aux questions restent étonnement régionales, marquées par les égoïsmes ou une cupidité suicidaire.

Le Marché, lui, ne se préoccupe pas de prévisions. Il se préoccupe de son profit, et ce, quelles qu’en soient les conséquences.

C’est à ce niveau que le rééquilibrage doit s’opérer et que les peuples, tous les peuples, doivent faire entendre leur voix sous peine d’aboutir à un effondrement de notre civilisation faite de Libertés économiques contrebalancées par la protection sociale et la sauvegarde de l’intérêt général.

merry_hermanus@yhaoo.com