TOBY TAILLEUR – RUE HAUTE.

 

Immanquablement mes pas me ramènent rue Haute, rue Blaes, place du Vieux Marché, rue de l’Économie.  Ces quelques rues m’aimantent, il faut absolument que de temps en temps, j’y retourne, le plus souvent pour parcourir les étals du Vieux Marché, mais aussi parfois pour le simple plaisir de flâner devant les vitrines, de regarder les gens, de me remémorer ce quartier tel qu’il était dans mon enfance.  En septante ans, il a changé de nombreuse fois.  La rue Haute s’est paupérisée, le Cinéma Rialto où mon grand-père s’endormait devant Ivanhoé, a disparu…dernière séance avant transformation…aucun Eddy Mitchell pour en faire une chanson…c’est devenu une grande surface vendant de l’électro-ménager et maintenant un antiquaire branché spécialisé dans l’Art déco.  Le magasin de jouets « le Peigne d’or » où mon cousin volait des modèles réduits,  est devenu une épicerie maghrébine, le marchand d’accordéons de la rue Blaes…mystérieuses touches d’ivoire, soufflets noirs d’encre, carrosseries d’écailles colorées, chromées, éclatantes, tout brillait, luisait, me fascinait, il vend de nos jours du papier peint…on pourrait poursuivre sans fin cette litanie du temps passé, quelques bistrots font semblant d’entretenir la flamme de l’authenticité sans vraiment y parvenir ; la rue de l’Économie devient tous les dimanches un repaire de bobos qui ignorent qu’aux étages des immeubles si « typiques » habitent de vrais clochards incapables de payer l’eau et l’électricité, car dans ce quartier règne encore une vrai misère, parfois bien dissimulée mais bien réelle.  Ma famille a été très présente en ces lieux, je l’ai déjà écrit de multiples fois, je n’y reviens pas.  Cependant, ce qui me touche le plus, c’est d’y retrouver des gens qui ont connu mon grand-père, ou d’autres membres de la famille.  Ainsi, il y a une quinzaine d’années, rue Haute presque face au CPAS, se trouvait un petit magasin de vêtements à l’enseigne de « Chez Toby  tailleur. »  Lorsque je passai devant la pauvre vitrine où trônaient quelques costumes de coupe plus que médiocre habillant des mannequins hors-d ’âge, la patronne se trouvant sur le pas de la porte, comme j’aime les gens, j’entamai la conversation, et miracle, elle souvenait fort bien de ma famille, j’entrai continuant la conversation avec le mari.  Ils exploitaient ce commerce depuis l’après-guerre, c’étaient maintenant deux vieux Juifs, témoins de la décrépitude de leur quartier, du changement brutal de population, les Espagnols des années soixante avaient prudemment laissé la place à des maghrébins avec qui les contacts étaient plus difficiles.  Ils se souvenaient fort bien des trois ou quatre magasins de chemises, tailleurs etc. que l’une des branches de ma famille tenait de la fin des années quarante aux années septante.  Après cette prise de contact, chaque fois que je me promenais rue Haute, je m’arrêtais et saluais le vieux et sympathique couple.  Ils m’émouvaient, remuaient en moi une fibre « tribale » jamais éteinte.  Lors d’une dernière balade…plus de magasin…façade barricadée, porte et vitrine arrachées, l’immeuble allait sans doute être rénové, un tas de gravats s’étalant à même le trottoir sur lequel flottait une planche de bois, je pouvais encore y lire en lettres rouge délavé sur un fond gris qui avait été blanc « Chez Toby tailleur ».  Dernier témoin d’un inévitable naufrage…dérisoire cadavre d’une époque révolue.  Pas le genre de planche pouvant se transformer en planche de salut, point de salut à la mortelle morsure du temps…c’était fini…ils ne se souviendraient plus de mon grand-père…la boutique n’existait plus, pas plus qu’eux, acteurs d’un temps, d’une époque, dont plus personne n’a la moindre idée !      

Appel contre le nouvel antisémitisme

« CONTRE LE NOUVEL ANTISÉMITISME »
Dans un livre à paraître mercredi chez Albin Michel, quinze intellectuels prennent la plume pour dénoncer le poison qui ronge la société française. Cet ouvrage, préfacé par la philosophe Elisabeth de Fontenay, est écrit avec l’énergie de la colère. Cette colère prend la forme aujourd’hui d’un manifeste que « le Parisien Dimanche » a décidé de publier. Elle grandit depuis la mort de Sarah Halimi, parisienne de 65 ans morte après avoir été rouée de coups et défenestrée le 4 avril 2017. La justice a mis plus de dix mois à reconnaître la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Le 23 mars dernier, moins d’un an plus tard, dans le même arrondissement, au cœur de la capitale, l’assassinat de Mireille Knoll, 85 ans, ravivait l’émotion et l’indignation nées de l’affaire Halimi. L’enquête est en cours. Hier soir, XXX signataires avaient répondu à l’appel rédigé par Philippe Val, l’ancien directeur de « Charlie Hebdo ». Parmi eux trois anciens Premiers ministres, des élus de tous bords, des représentants des différentes religions, des intellectuels, des artistes…
Par

L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre.

Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que « la France sans les Juifs, ce n’est plus la France », il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés — et certains torturés — parce que Juifs, par des islamistes radicaux. Pourtant, la dénonciation de l’« islamophobie » — qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre — dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France — c’est-à-dire environ 50 000 personnes — ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ?

Parce que la radicalisation islamiste — et l’antisémitisme qu’il véhicule — est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne…

Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société.

Parce que la bassesse électorale calcule que le « vote musulman » est dix fois supérieur au « vote juif ».

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXI e siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France.

En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France.

Texte publié par « Le Parisien » ce matin

 

T

Appel contre le nouvel antisémitisme.

Charles Aznavour

Françoise Hardy

Pierre Arditi

Gérard Depardieu

Elisabeth Badinter

Michel Drucker

Sibyle Veil

Eric-Emmanuel Schmitt

Marceline Loridan-Ivens

Elisabeth de Fontenay

Nicolas Sarkozy

Pascal Bruckner

Laure Adler

Bertrand Delanoë

Manuel Valls

Michel Jonasz

Xavier Niel

Jean-Pierre Raffarin

Pierre Lescure

Francis Esménard

Renaud

M gr Joseph Doré

Grand rabbin Haïm Korsia

Imam Hassen Chalgoumi

Philippe Val

Carla Bruni

Boualem Sansal

Imam Aliou Cassama

Annette Wieviorka

Gérard Darmon

Antoine Compagnon

Mufti Mohamed ali Kacim

Bernard Cazeneuve

Bernard-Henri Lévy

Zabou Breitman

Waleed al-Husseini

Yann Moix

Xavier de Gaulle

Joann Sfar

Julia Kristeva

François Berléand

Olivier Guez

Jeannette Bougrab

Marc-Olivier Fogiel

Luc Ferry

Laurent Wauquiez

Dominique Schnapper

Daniel Mesguich

Laurent Bouvet

Pierre-André Taguieff

Jacques Vendroux

Georges Bensoussan

Christian Estrosi

François Pinault

Brice Couturier

Imam Bouna Diahkaby

Eric Ciotti

Jean Glavany

Maurice Lévy

Jean-Claude Casanova

Jean-Robert Pitte

Jean-Luc Hees

Alain Finkielkraut

Père Patrick Desbois

Aurore Bergé

François Heilbronn

Eliette Abécassis

Bernard de La Villardière

Juliette Méadel

Daniel Leconte

Jean Birnbaum

Richard Malka

Richard Ducousset

Aldo Naouri

Guillaume Dervieux

Maurice Barthélemy

Ilana Cicurel

Michel Gad Wolkowicz

Olivier Rolin

Dominique Perben

Christine Jordis

David Khayat

Alexandre Devecchio

Gilles Clavreul

Monette Vacquin

Meyer Habib

Jean-Paul Scarpitta

Chantal Delsol

Vadim Sher

Françoise Bernard

Frédéric Encel

Christiane Rancé

Noémie Halioua

Jean-Pierre Winter

Jean-Paul Brighelli

Marc-Alain Ouaknin

Stephane Barsacq

Pascal Fioretto

Olivier Orban

Stéphane Simon

Laurent Munnich

Fabrice d’Almeida

Olivia Grégoire

Elise Fagjeles

Brigitte-Fanny Cohen

Christine Orban

Alexandra Lagnel-Lavastine

Yaël Mellul

PASCAL SMET AVOUE CE MATIN !

Nous sommes nombreux à avoir cru que l’adage d’Audiard s’appliquait parfaitement à ce personnage ridicule et burlesque…vous savez le type qui voulait construire pour 25 millions d’ euros une piscine ouverte sur le canal à Molenbeek, “ Les cons cela osent tout et c’est même à cela qu’on les reconnaît”.
Eh! Bien on se trompait, dans “Le Soir” de ce matin, avec la sérénité du type qui peut tout se permettre,il explique benoîtement que 50% des utilisateurs du tunnel Léopold II sont des habitants du Nord Ouest de Bruxelles et il souligne, ceux-la devront prendre le vélo ou les transports en commun ! Autrement dit, laisser la place aux navetteurs venus des Flandres. Les habitants de Bruxelles, ces galeux, ces “prostitués” pour reprendre le délicat qualificatif du ministricule. ( contractaction de ministre et ridicule ) n’auront qu’a se démerder et mettre en application le célèbre article 22 “chacun se démerde comme il peut !” L’aveu de ce personnage cataclysmique, élu avec 0,46 % des voix émises à Bruxelles, éclaire toute sa politique, mélange de boboïsme stupide et de realisations des intérêts flamands et ce au détriment des Bruxellois…dont il se fout royalement. Quel invraisemblable mépris !
Je note d’ailleurs que le journaliste, sans doute abasourdi, n’a pas relancé et n’a pas réagi à l’énormité de l’aveu ! Ah, j’oubliais, dans les derniers sondages électoraux au plan communal le SP auquel appartient Smet obtient 0 intention de votes…c’est à dire que les réponses positives sont à ce point réduites qu’elles ne peuvent plus être comptabilisées. La seule vrai question est de savoir QUAND METTRA-T-ON FIN A UN SYSTÈME INSTITUTIONNEL, A CET INCROYABLE MILLE FEUILLES DE COMMUNES, DE CPAS, DE PSEUDO-PARLEMENTS, ÉPOUVANTABLE MACHINE A GAZ QUI DÉTRUIT BRUXELLES ET RUINE LES BRUXELLOIS.

Jacques CHESSEX  « Un Juif pour l’exemple »  Poche  2009

Admirable petit livre qui par malheur, au moment où en Europe on tue à nouveau des Juifs parce qu’ils sont Juifs, retrouve une effroyable actualité. Il s’agit d’un évènement authentique qui s’est produit en 1942 au cœur du si  paisible, si bucolique pays vaudois.  Un pasteur protestant tout acquis au nazisme réussit à embrigader un pâle crétin qui a cru devenir le gauleiter de son patelin lorsque Hitler aurait envahi la Suisse…en 1942 tout semblait en effet possible.  Ce dernier décide de tuer un Juif pour l’exemple et ce à quelques jours de l’anniversaire du führer, qui, il n’en doute pas, sera ravi.  Ce très petit groupe de nazis vaudois est d’ailleurs en rapport avec l’ambassade d’Allemagne qui les soutient.  Ils choisissent pour victime un marchand de bestiaux né en Suisse, habitant Berne, vieille famille juive installée depuis longtemps.  Après le meurtre, ils découpent la victime en morceaux et immergent les restes dans le lac de Neufchâtel.  Rapidement découvert, ils seront condamnés, en ce compris le pasteur à l’origine de tout. En 1964, ayant purgé sa peine, l’auteur Jacques Chessex le rencontre par hasard dans un café, il découvre un personnage toujours aussi haineux, ignoble, ne regrettant rien.  Ce très court texte, est très important.  Car le contraste entre la foire aux bestiaux, le calme de cette campagne qui en avril se remet de la dureté de l’hiver, les fleurs qui éclosent, l’herbe qui verdit les prairies…et l’horreur absolue du meurtre et ensuite du dépeçage, du tronçonnage de la victime, est terrifiant, comme l’est tout autant l’indifférence des assassins à l’égard de leur victime…ces gens-là, déjà parfaits nazis tuaient avec l’indifférence totale, celle de la paix des consciences !  L’horreur absolue au moment même où les fours de la  machine de mort d’Auschwitz commençaient à ronfler.

                                                                    19 Avril 2018   

Gang des Vieux en Colère ! Ce 16 avril 2018, Place de la Liberté à 15h00

Il y a peu, émergeant d’un sommeil réparateur, une pensée me vint : « la retraite c’est agréable mais ça ne dure pas… voilà l’ennui. »

Pensée égoïste, car la vérité est pour beaucoup bien différente. La retraite est souvent un calvaire. Notre combat est celui des valeurs… des valeurs et de la transmission. C’est pour nos successeurs, les futures générations, nos enfants que nous sommes ici présents. Car la retraite qui, pour beaucoup, n’est que le couloir de la mort, est aussi un enfer avant le trépas, elle a souvent un horrible compagnon, du genre de celui qui ne fait pas crédit, j’ai nommé la misère.

Une pauvreté qui, le plus souvent, s’ajoute à la découverte inattendue d’un corps, le sien, qui décide, passé un certain cap, de ne plus vous servir, de faire des siennes, regimbe, grince, plie, s’enflamme, se gonfle ici ou là d’une saloperie de tumeur ou se racrapote. On découvre alors les joies de l’hôpital, les médecins, les médicaments aux goûts et aux noms barbares… tout ça coûte énormément d’argent… chose fort rare lors de la pension. Pas d’exception, nous sommes tous et toutes atteints d’une maladie mortelle, la vieillesse !

Au cœur de la résistance à l’occupant nazi, des femmes et des hommes de toutes tendances, des libéraux, des catholiques, des socialistes, des communistes ont voulu changer le monde, changer la vie… peut-être pas faire chanter tous les lendemains mais au moins rendre ceux-ci moins difficiles. Ainsi fut mis sur pied notre système de sécurité sociale. L’un de ses piliers essentiels est la pension.

Ces pères fondateurs ont voulu, sortant de l’épreuve où le monde a failli basculer dans l’horreur nazie, installer une solidarité entre les actifs et les retraités, c’est le système par répartition, celui que l’actuel gouvernement essaye à grands renforts de coups de haches de démanteler. Oh ! bien sûr, ils ne l’avouent pas comme cela, leurs vérités sont construites d’immenses mensonges. Ils essayent de nous faire croire que l’eau ne mouille pas, et que les amputations successives du système construit patiemment au fil des ans, ne détruiront pas la solidarité inhérente au système actuel.

L’enjeu est en réalité bien plus vaste, bien plus global. En réalité, ces gens-là veulent nous faire basculer dans une autre société, une société d’où la solidarité aura disparu et où pour citer un vieil emmerdeur barbu « nous nagerons alors dans les eaux glacées du calcul égoïste » On nous dit que la sécurité sociale, les pensions coûtent trop cher aujourd’hui et seront impayables demain ! Vieux truc politique… foutre la trouille aux petits épargnants… la rente est en danger disait-on déjà au XIXème siècle à la veille des bouleversements révolutionnaires de 1830, 1848 et 1871.

Il y a deux ans, un économiste profita de sa médiatisation, cette fausse monnaie de la gloire, pour se fendre d’un article où il expliqua le plus calmement du monde, avec la sérénité des bourreaux se croyant au service du bien et de l’ordre, qu’il ne fallait plus rembourser les opérations et prothèses de la hanche ou du col du fémur pour les patient au-delà de 80 ans… trop cher pour la Sécu ! Ceux qui pouvaient payer, pas de problème, on opère, on rafistole, on remet sur pied…
les pauvres plus la peine… coût excessif ! Voilà comment résonnent ces salauds ordinaires pour qui ne comptent que le fric, celui que l’on gagne, qu’on gagnera…ou qu’on n’a pas ! Au moins ce salaud-là avait la franchise d’affirmer ses conceptions, il n’avançait pas masqué comme le font nos actuels dirigeants.

Il y a 35 ans, je participais a des discussions concernant la privatisation de la CGER. Au fil des discussions certains, même à gauche, avaient déjà envisagé le passage au système de pension par capitalisation. Une banque-assurance, qui se voulait proche du PS avait déjà tout calculé, tout préparé pour être parmi les premiers à rafler la mise, à empocher le pactole. Heureusement, la raison, la volonté de maintenir la solidarité était apparue pour ce qu’elle est toujours, essentielle à notre système social, politique et civilisationnel. Car, il ne fait pas de doute que c’est vers une autre civilisation qu’on veut nous entraîner.

On veut faire de nos enfants des consommateurs lambda, des esclaves d’Uber, moderne ça… non ? Mais sans droit, sans moyen… sauf ceux qu’ils seront capables de se payer… les autres à la poubelle sociale. Pas question de comptabiliser les périodes de chômage… Faut être mobile… s’adapter… ou crever oui crever car comment vivre avec 800 ou 1000 euros si vous avez un loyer à payer… non ? Impossible il ne reste que le cimetière… et au plus vite.

Heureusement que nos gouvernants n’ont pas eu de formation d’ethnographe, sinon ils encourageraient les plantations de cocotiers pour y faire grimper les plus vieux alors que d’autres, les actifs, secoueraient vigoureusement le tronc pour faire tomber le retraité… plaff… un bruit mou, juteux de pastèque qui éclate et… plus de retraite à payer… plus un sou! Un miracle. Ou bien, la technique esquimaux, l’abandon sur la banquise de celle ou de celui qui n’est plus capable de chasser le phoque.

L’abandon, ça on connait déjà, pas sur la banquise mais dans des homes bien crapoteux, sentant la javel et le café de cantine, où des vieillards hallucinés attendent dans une totale solitude une mort trop longue à venir. Il faut d’ailleurs savoir que, déjà aujourd’hui, avant les changements mortifères qu’on nous prépare, un infime pourcentage des retraités peuvent encore payer le prix exigé par les CPAS pour avoir le droit de résider dans leurs homes. Dans l’un de ceux-ci que je connais bien, les gestionnaires hésitaient dernièrement à donner une aide à une vielle femme veuve récemment. L’un d’entre eux eut cette formule digne d’une réplique de Dickens : « Madame, soyez contente que l’on ne tienne pas compte du fait que votre alliance est en or et qu’on pourrait exiger que vous la vendiez ! » Moi, quand j’entends des horreurs pareilles, j’ai envie de tuer !

Quand j’aperçois Bacquelaine, l’ineffable ministre de la destruction des pensions, au profil de filochard sournois, je songe toujours à cette formule de Baudelaire : « c’est toujours chose intéressante que ce reflet de la joie du riche au fond de l’œil du pauvre. » Curieux que ces gouvernants-là aient oublié que les vieillards sont des femmes et des hommes de mémoires dont le cœur se brise mais ne vieillit jamais.

A Bacquelaine et ses semblables je dirai paraphrasant Corneille : « Ministre si mon visage/ a quelques traits un peu vieux/souvenez-vous qu’à mon âge, vous ne vaudrez guère mieux ! » Mais à tous ceux-là, se voulant réformateurs mais n’étant que des fossoyeurs qu’ils sachent que le droit de vivre, de vivre dignement ne se mendie pas… il se prend !
Hermanus Merry 16 Avril 2018

Discours Gang des vieux. Place de la Liberté, 16 avril 2018. 15 Heures. Il y a peu, émergeant d’un sommeil réparateur, une pensée me vint : « la retraite c’est agréable mais ça ne dure pas…voilà l’ennui. » Pensée égoïste, car la vérité est pour beaucoup bien différente. La retraite est souvent un calvaire. Notre combat est celui des valeurs…des valeurs et de la transmission. C’est pour nos successeurs, les futures générations, nos enfants que nous sommes ici présents. Car la retraite qui, pour beaucoup ,n’est que le couloir de la mort, est aussi un enfer avant le trépas, elle a souvent un horrible compagnon, du genre de celui qui ne fait pas crédit, j’ai nommé la misère. Une pauvreté qui, le plus souvent, s’ajoute à la découverte inattendue d’un corps, le sien, qui décide, passé un certain cap, de ne plus vous servir, de faire des siennes, regimbe, grince, plie, s’enflamme, se gonfle ici ou là d’une saloperie de tumeur ou se racrapote. On découvre alors les joies de l’hôpital, les médecins, les médicaments aux goûts et aux noms barbares…tout ça coûte énormément d’argent…chose fort rare lors de la pension. Pas d’exception, nous sommes tous et toutes atteints d’une maladie mortelle, la vieillesse ! Au cœur de la résistance à l’occupant nazi, des femmes et des hommes de toutes tendances, des libéraux, des catholiques, des socialistes, des communistes ont voulu changer le monde, changer la vie…peut-être pas faire chanter tous les lendemains mais au moins rendre ceux-ci moins difficiles. Ainsi fut mis sur pied notre système de sécurité sociale. L’un de ses piliers essentiels est la pension. Ces pères fondateurs ont voulu, sortant de l’épreuve où le monde a failli basculer dans l’horreur nazie, installer une solidarité entre les actifs et les retraités, c’est le système par répartition, celui que l’actuel gouvernement essaye à grands renforts de coups de haches de démanteler. Oh ! bien sûr, ils ne l’avouent pas comme cela, leurs vérités sont construites d’immenses mensonges. Ils essayent de nous faire croire que l’eau ne mouille pas, et que les amputations successives du système construit patiemment au fil des ans, ne détruiront pas la solidarité inhérente au système actuel. L’enjeu est en réalité bien plus vaste, bien plus global. En réalité, ces gens-là veulent nous faire basculer dans une autre société, une société d’où la solidarité aura disparu et où pour citer un vieil emmerdeur barbu « nous nagerons alors dans les eaux glacées du calcul égoïste » On nous dit que la sécurité sociale, les pensions coûtent trop cher aujourd’hui et seront impayables demain ! Vieux truc politique…foutre la trouille aux petits épargnants…la rente est en danger disait-on déjà au XIXème siècle à la veille des bouleversements révolutionnaires de 1830, 1848 et 1871. Il y a deux ans, un économiste profita de sa médiatisation, cette fausse monnaie de la gloire, pour se fendre d’un article où il expliqua le plus calmement du monde, avec la sérénité des bourreaux se croyant au service du bien et de l’ordre, qu’il ne fallait plus rembourser les opérations et prothèses de la hanche ou du col du fémur pour les patient au-delà de 80 ans…trop cher pour la Sécu ! Ceux qui pouvaient payer, pas de problème, on opère, on rafistole, on remet sur pied…les pauvres plus la peine…coût excessif ! Voilà comment résonnent ces salauds ordinaires pour qui ne comptent que le fric, celui que l’on gagne, qu’on gagnera…ou qu’on n’a pas ! Au moins ce salaud-là avait la franchise d’affirmer ses conceptions, il n’avançait pas masqué comme le font nos actuels dirigeants. Il y a 35 ans, je participais a des discussions concernant la privatisation de la CGER. Au fil des discussions certains, même à gauche, avaient déjà envisagé le passage au système de pension par capitalisation. Une banque-assurance, qui se voulait proche du PS avait déjà tout calculé, tout préparé pour être parmi les premiers à rafler la mise, à empocher le pactole. Heureusement, la raison, la volonté de maintenir la solidarité était apparue pour ce qu’elle est toujours, essentielle à notre système social, politique et civilisationnel. Car, il ne fait pas de doute que c’est vers une autre civilisation qu’on veut nous entraîner. On veut faire de nos enfants des consommateurs lambda, des esclaves d’Uber, moderne ça…non ? Mais sans droits, sans moyens…sauf ceux qu’ils seront capables de se payer…les autres à la poubelle sociale. Pas question de comptabiliser les périodes de chômage…Faut être mobile…s’adapter…ou crever oui crever car comment vivre avec 800 ou 1000 euros si vous avez un loyer à payer…non ! impossible il ne reste que le cimetière…et au plus vite. Heureusement que nos gouvernants n’ont pas eu de formation d’ethnographe, sinon ils encourageraient les plantations de cocotiers pour y faire grimper les plus vieux alors que d’autres, les actifs, secoueraient vigoureusement le tronc pour faire tomber le retraité…plaf…un bruit mou, juteux de pastèque qui éclate et… plus de retraite à payer…plus un sou! Un miracle. Ou bien, la technique esquimaux, l’abandon sur la banquise de celle ou de celui qui n’est plus capable de chasser le phoque. L’abandon, ça on connait déjà, pas sur la banquise mais dans des homes bien crapoteux, sentant la javel et le café de cantine, où des vieillards hallucinés attendent dans une totale solitude une mort trop longue à venir. Il faut d’ailleurs savoir que, déjà aujourd’hui, avant les changements mortifères qu’on nous prépare, un infime pourcentage des retraites peuvent encore payer le prix exigé par les CPAS pour avoir le droit de résider dans leurs homes. Dans l’un de ceux-ci que je connais bien, les gestionnaires hésitaient dernièrement à donner une aide à une vielle femme veuve récemment. L’un d’entre eux eut cette formule digne d’une réplique de Dickens : « Madame, soyez contente que l’on ne tienne pas compte du fait que votre alliance est en or et qu’on pourrait exiger que vous la vendiez ! » Moi, quand j’entends des horreurs pareilles, j’ai envie de tuer ! Quand j’aperçois Bacquelaine, l’ineffable ministre de la destruction des pensions, au profil de filochard sournois, je songe toujours à cette formule de Baudelaire : « c’est toujours chose intéressante que ce reflet de la joie du riche au fond de l’œil du pauvre. » Curieux que ces gouvernants-là aient oublié que les vieillards sont des femmes et des hommes de mémoires dont le cœur se brise mais ne vieillit jamais A Bacquelaine et ses semblables je dirai paraphrasant Corneille : « Ministre si mon visage/ a quelques traits un peu vieux/souvenez-vous qu’à mon âge, vous ne vaudrez guère mieux ! » Mais à tous ceux-là, se voulant réformateurs mais n’étant que des fossoyeurs qu’ils sachent que le droit de vivre, de vivre dignement ne se mendie pas…il se prend ! Hermanus Merry 16 Avril 2018