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Appel Solennel à Elio Di Rupo !

Antisémitisme au PS de la Région Bruxelloise ?

Il y a quelques mois, j’ai diffusé sur mon blog un article où j’évoquais les difficultés qu’il y avait à être Juif et membre du PS de certaines sections de notre région.  Cet article a provoqué quelques émois.  Plusieurs milliers de personnes l’ont lu et quelques centaines ont réagi.  La « Libre Belgique » y a fait écho, en me reprochant de ne pas avoir cité les noms des personnes que mon propos illustrait.  Pour moi, c’était une évidence, je n’allais pas moi-même pratiquer une stigmatisation que par ailleurs je démontrais pour, bien sûr, la condamner.  Par respect pour ce quotidien, que j’apprécie et lis depuis longtemps, j’ai téléphoné au rédacteur en chef en lui précisant que j’étais prêt à communiquer à son rédacteur le nom des personnes concernées par ce problème d’antisémitisme.  Les choses en sont restées là.  Hier, correspondant avec un ami sur la situation de différentes sections de l’agglomération, celui-ci écrit textuellement : « je prends mes distance de cette section en raison du niveau d’antisémitisme qui s’y développe.  De surcroît, j’en ai marre de me faire traiter de Belge de service et en sus de flamoutche. »

N’est-ce pas effrayant ?  N’est-ce pas la confirmation de ce que j’écrivais ?  Si j’en crois mon interlocuteur, il est non seulement choqué par l’antisémitisme mais également par un racisme ambiant anti-belge et anti-flamand.  Incroyable que de telles attitudes puissent exister au sein d’une formation politique, le PS, dont l’ADN politique, philosophique et moral est l’antiracisme.  Après les déclarations immondes du député Ikazban à propos d’un journaliste qui serait « une ordure sioniste », sur sa proximité proclamée avec le Hamas, organisation terroriste classée comme tel par l’ONU, après la caricature antisémite illustrant une conférence du PAC (organisme culturel émanant du PS) à Molenbeek, après les « sinuosités » de Kir, député bourgmestre de Saint-Josse, sur le génocide arménien et les Kurdes… cela fait beaucoup.  Oui !  On peut en être certain, ce ne sont donc pas là des attitudes isolées. Déjà début 2013, un président de section démissionnant de ses fonctions évoqua publiquement  l’antisémitisme qui régnait dans sa section du PS.

Ne nous leurrons pas, il y a toujours eu un antisémitisme de gauche… on en trouve la preuve dans certains textes socialistes du XIXème, où les Juifs sont immanquablement des banquiers, des usuriers sans foi ni loi,  saignant sans le moindre remord le peuple travailleur.  Ainsi, deux de mes amis ont été pendant des années fleurir au cimetière d’Ixelles la tombe d’un Communard exilé en Belgique après la semaine sanglante de mai 1871, jusqu’à ce que je leur cite les écrits antisémites du personnage.  Est-il nécessaire de mentionner l’antisémitisme stalinien et le complot des blouses blanches… mais peut-on, à ce niveau, parler de « gauche » ?

L’antisémitisme auquel sont confrontées certaines sections du PS bruxellois est pour beaucoup un antisémitisme « d’importation » lié au conflit Israélo-Palestinien, mais ce que différents militants observent, c’est une sorte d’envahissement de la logorrhée antisémite dépassant largement l’opposition à Israël.  Pour tout dire, ce qu’on entend devient proprement insupportable !  Inacceptable… une raison de plus de quitter un PS bruxellois qui semble avoir réussi son grand « remplacement de population ».  Curieuse situation qui donne raison aux pires analystes fascistes.  Il est évident qu’officiellement tout cela n’existe pas !  Personne n’entend !  Personne ne voit !  Circulez y a rien à voir !  Tout cela ce sont des bobards, des mensonges, de la bile de gens amers… qui n’en sont plus… qui osent encore écrire alors que la seule chose qu’ils devraient faire serait plonger dans un silence… éternel !  Pourtant l’histoire est là avec son cortège d’horreurs ; les choses commencent toujours par petites touches, comme un tableau pointilliste… au départ on ne perçoit pas l’idée d’ensemble… une touche de bleu, quelques larmes de verts, du rouge ici ou là, une nuance de jaune, quelques traits de violet… puis après des semaines, parfois des mois de travail, l’œuvre apparaît, immense dans son atrocité… Nous en sommes là !  « L’œuvre » risque d’apparaître, abjecte, ignoble, grimaçante, renouant avec le pire de ce que l’humanité a pu produire !

Je lance un appel solennel à Elio Di Rupo, dont je ne doute pas un instant de l’attachement aux valeurs fondamentales de la philosophie des lumières, il est urgent qu’il mette les choses au point, que les sections, toutes les sections de la fédération soient mises en garde contre cet antisémitisme qui n’est même plus rampant mais galopant !  Pourquoi ne pas imaginer que tout membre du PS au moment de son affiliation ou de sa désignation en vue de participer à une élection s’engage par écrit dans un document reprenant l’ensemble des valeurs de la gauche, en ce compris le rejet catégorique de tout racisme à commencer par l’antisémitisme. Cet engagement ensuite publié sur le site web du PS permettra à chacun de se faire une opinion.
Il faut se hâter, il est plus que temps !  

Dialogue entre deux (vieux) enfants perdus du PS Bruxellois.

« La peur, oh ! Combien plus graves que les causes de la colère sont ses conséquences. »

Marc Aurèle

« Qui vit d’espoir meurt en chantant. » Proverbe italien

« L’espoir ne commence qu’au-delà du courage et du malheur. » André Malraux

Octave Cremet, Simonne Albrecht tous deux sont militants du PS bruxellois depuis près de quarante cinq ans… ce ne sont plus des perdreaux de l’année !

Simonne : « Dis moi Octave, on va quand même avoir une sérieuse difficulté lors des prochaines élections. Tu crois qu’il sera encore possible de voter socialiste à Bruxelles ? »

Octave : « Gros, gros, très gros problème, c’est ce que ne cesse de me dire un grand nombre de personnes.  Au niveau local, c’est souvent le désert de Gobi ; il y a peu, une élue me disait que sa section se limite à une vingtaine de personnes, le poids des élus maghrébins y est écrasant, elle qui est originaire du Congo ne s’y sent plus à l’aise, seul le communautarisme le plus étroit domine, il n’est jamais question des problèmes locaux alors qu’on assiste à une hyper taxation et à des cataclysmes commerciaux en pagaille. »

Simonne : « Oui, sans doute, mais il faut sortir de la cour de l’école primaire, c’est vrai cependant, on me dit que la même chose se passe dans de nombreuses sections même dans celles où il y a des ministres en exercice ou des échevins. Le mal est partout identique… communautarisme… népotisme… absence de vrais débats auquel s’ajoute une chose plus subtile, moins voyante mais oh !  combien essentielle… déterminante, la disparition totale d’une forme de culture politique, jusqu’au vocabulaire qui s’est évanoui… les mots, les mots sont des actes, quand les mots n’y sont plus… il ne reste plus rien ! Il y a deux ans une militante de toujours claquait la porte de sa section où elle était affiliée depuis trente ans car elle ne supportait plus les insultes qu’elle y entendait… elle a d’ailleurs interpellé Di Rupo à ce propos lors d’un congrès. »

Octave : « Il y a des exceptions, certaines sections fonctionnent fort bien, démocratiquement, il est vrai qu’elles sont aujourd’hui minoritaires dans la fédération, peut-être fonctionnent-elles bien car elles se sont « libérées » des ukases de la fédération !  Elles font leur « popote » interne sans se soucier du reste. Elles sont aussi peut-être trop importantes pour « qu’on » ose intervenir. Le nombre de désaffiliations ou de non renouvellement des cotisations est énorme. En 1975, la fédération du PS comptait 25.000 membres, aujourd’hui, elle en revendique « officiellement » 3.000 mais ces chiffres sont manifestement gonflés.  Les employés de la fédération ayant pris leur retraite ne cachent plus leur amertume… ni la vérité des chiffres. Le militantisme, cette école du terrain et de l’action politique, a disparu. Le seul grand moment, le seul qui compte, est celui de l’élaboration des listes électorales. On y voit surgir des gens venus de nulle part… des inconnus qui sur base d’un vote strictement communautaire acquis dans les mosquées ou ailleurs…  même chez les Loups-gris turcs, promettent… et obtiennent un nombre remarquable de voix. Le vote multiple fait des miracles, un patronyme suffit… hop mille voix ! Dès lors, à quoi bon militer ! La liste des élus régionaux et souvent communaux donne une parfaite image de cette dérive. Pour les dirigeants fédéraux, aucun problème, c’est excellent, ils pourront se faire élire, faire élire leur fille, leur fils, leur beau-fils… la masse des électeurs ne partagent sans doute pas nos valeurs… quoi ?  Quelle importance ? Les bataillons sont là… Ils régneront sur des élus  qui, pour certains,  ne partagent pas les valeurs fondatrices du socialisme démocratique, qui contestent l’égalité Homme/Femme, qui sont persuadés que la laïcité est une religion, qui exigent que le religieux puisse s’exprimer dans l’espace publique, qu’une séparation des activités scolaires basées sur le sexe soit installée, que le voile trouve sa place dans les administrations publiques, certains flirtent avec le plus ignoble des antisémitismes, soutiennent que les attentats terroristes sont organisés par les « sionistes » pour salir l’Islam etc… tout cela n’a aucune importance… ils votent massivement socialiste alors à quoi bon se poser d’ennuyantes questions qui remuent de « vieilles idées. »  C’est la politique de la crème sur le lait… la crème grasse surnage quelle que soit la qualité du lait… tout va bien ! Les listes électorales, c’est maintenant… la cooptation au sommet, aux places garanties… les filiations dynastiques, en dessous c’est la bousculade, la ruée du vote exclusivement communautaire, le jackpot électoral, chacun pour soi…  choix démocratique, option programmatique… mais de quoi vous parlez ? La démocratie, c’est pas ici ! Allez voir ailleurs ! C’est précisément ce que font une masse des électeurs traditionnels du PS !  C’est d’autant plus idiot qu’un bon nombre de belges issus de l’immigration sont les premières victimes de cette course à l’échalote, ils ne demanderaient pas mieux que de mettre leurs capacités au service d’une volonté constructive, positive… ils comprennent vite de quoi il retourne et prennent de salutaires distances laissant la place au pire !  Ce sont ceux qui précisément ont voulu sortir du ghetto, du communautarisme où les enferme la « pseudo gauche » des « idiots utiles »  prête à tous les abandons, à toutes les lâchetés pourvu qu’il y ait un rendement électoral suffisant… Ce sont les premières et les vraies victimes du communautarisme.

Simonne : « Tu crois qu’ils en sont là ? Peut-être ! D’autres électeurs disparaissent… et en masse, la petite classe moyenne qui a toujours fait confiance au PS n’y trouve plus sa place. Prenons le monde enseignant, plus une voix à espérer de ce côté-là ! Il faut entendre ce qu’on dit dans le monde syndical enseignant… terrible. Regarde les petits indépendants ! C’est vrai, il n’y en a plus et ceux qui subsistent sont d’origine étrangère et votent au plus offrant ou n’en ont rien à faire… on les comprend ! Eux, ils doivent bosser dur tous les jours.  Enfin, il y a les intellectuels, impossible d’y rencontrer aujourd’hui beaucoup d’électeurs favorables au PS, alors que pendant longtemps ce fut à Bruxelles un extraordinaire vivier de talents politiques »

Octave : « Le PS croyait disposer d’un électorat captif constitué des belges d’origine immigrée… pour lequel c’est vrai, et ce fut pour moi une fierté, il a marqué le plus d’empathie, mais retournement des choses, c’est lui qui est aujourd’hui prisonnier de cet électorat auquel il n’a pas su transmettre nos valeurs. Les dirigeants le savent bien… il ne faut pas désespérer Molenbeek, comme en France on ne pouvait pas dans les années cinquante désespérer Billancourt, fief imprenable… mais aujourd’hui… disparu, du Parti communiste… Rien n’est éternel, ni l’amour, ni les bastions du parti communiste, ni les citadelles réputées imprenables… encore solides du PS Wallon et Bruxellois. C’est pourquoi, tout devient possible, c’est Onkelinx qui déclare que le député Ikazban est « quelqu’un de bien » alors qu’il s’est dit proche du Hamas (organisation classée terroriste par l’ONU), qu’il a traité un journaliste « d’ordure sioniste », qu’il s’est fait embarquer par la police parce qu’il manifestait contre le contrôle par les forces de l’ordre de la commune dont il était l’échevin en exercice, d’une femme entièrement voilée, qu’il s’est lui-même fait photographier ridiculement voilé pour protester contre l’application des termes les plus élémentaires de la laïcité. C’est la fédération bruxelloise du PS qui ne bouge que mollement alors que le député Bourgmestre Kir refuse de voter la reconnaissance du génocide arménien. Di Rupo dut mettre tout son poids dans la balance, lorsqu’il compare les Kurdes, qui luttent à nos côtés, aux assassins terroristes de Daech. Impossible de lui reprocher quoi que ce soit… il contrôle entre 14 et 17.000 voix à Bruxelles ! Récemment, ce fut une divine surprise de voir dans la « Libre Belgique » Onkelinx exprimer clairement et fermement que si Kir n’adoptait pas les positions du parti, « il n’avait plus sa place parmi nous. » Un bref moment de bonheur… je n’ai pas boudé mon plaisir. Di Rupo excédé a-t-il tapé du poing sur la table ? Mon petit doigt me dit que oui ! Mais les exemples sont nombreux. Dans certaines sections, une curieuse ambiance d’insultes et de pressions s’est développée. Ceux qui essayent de résister sont hués… du jamais vu en quarante cinq ans ! Situation insupportable pour de nombreux affiliés de longue date qui s’éloignent sur la pointe des pieds ou en mettant les points sur les i comme Renaud Denuit, ancien président d’une section, qui a publié une lettre ouverte à Elio Di Rupo… à laquelle il n’a jamais reçu de réponse ! Le fond du problème, me disait l’un des plus importants mandataires du PS bruxellois au sujet de l’affaire Kir, est qu’ en réalité le PS n’est plus dirigé ! »

Simonne : « Oui, on le voit, c’est une accumulation de fiefs, de PEFFE « Petites Entreprises à Finalité Électorale » dont toute vision politique a disparu. Le fonctionnement de « la petite entreprise » se juge exclusivement à son résultat électoral, pas à ses réalisations de terrain, pas à sa volonté de changer le « monde. » Elles pourraient tout aussi bien s’appeler autrement, ce sont de petites machines à capter des voix… on les met dans le tube et ça sort des élus… ce que font ou disent ces élus n’a plus d’importance. D’où le fait qu’au parlement bruxellois, aussi pléthorique qu’inutile, dans le groupe parlementaire si cinq ou six élus sont vraiment actifs, ou simplement concernés, c’est beaucoup. Rudi Vervoort a essayé courageusement d’y mettre un peu d’ordre, il a été vite refroidi ! Pas touche à nos places !  Pas touche à notre précieux Jackpot !  Ce qui faisait le corpus, la doxa du Socialisme, son idéologie, ses idéaux… tout cela a disparu, envolé, dissout… pire, il est des mots qui sont devenus des insultes, tel la laïcité… plus question d’en parler, dans certaines sections, pas question de tenter de parler de l’égalité Homme/Femme, d’évoquer les drames causés par l’antisémitisme… ce serait de la provocation de crypto-fasciste, de la sauce de « laïcard crasseux. »

Octave : « De fait, le microcosme bruxellois n’est que le « nano reflet » du déclin de la social-démocratie en Europe. Ce n’est plus qu’une poule sans tête qui tourne en rond, zigzague affolée dans la basse-cour alors que sa tête pourrit déjà sur le fumier… Voilà la vérité. Voilà la conséquence de ceux qui n’ont pas voulu voir les terrifiants pépins du réel qui maintenant leur obstruent la gorge, les étouffent, les tuent… nous tuent… ils céderont la place à l’extrême droite dont zélés « idiots utiles », ils ont fait le lit ! Ils se sont préoccupés de toutes les minorités… « électorales » sauf des citoyens de leur pays ! Ceux-là, pas importants, pas tendance… pas « in »… pas assez électeurs ! On connait la formule, « le peuple a mal voté, changeons de peuple, …», eh bien, ils l’on fait, ils ont réussi ce truc impossible, incroyable… changer de peuple ! »

Simonne : « C’est vrai que l’Union européenne me fait furieusement penser à la république de Weimar, même origine multilatérale, les peuples n’ont en rien participé a la mise en place du monstrueux traité de Versailles, même refus de voir la réalité politique et économique, même direction aveugle aux souffrances des populations, même trahison de la social démocratie, à quoi s’ajoute pour l’Union européenne l’incapacité d’avoir su mettre en place des procédés démocratiques transparents, le mépris pour les résultats électoraux… on l’a vu avec le traité de Lisbonne. Et pourtant, l’Europe, c’était la grande, la belle idée après le cataclysme de 1940-45. Il est vrai que pendant longtemps au PS, les mandats européens étaient un prix de consolation où on envoyait ceux dont on voulait se débarrasser. C’est très (trop) bien payé et on n’entendait plus parler d’eux. Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui, un député comme Tarabella fait un travail fantastique… mais il est trop tard, le monstre populiste va tout emporter… et nos rêves disparaîtront remplacés par le cauchemar nationaliste, identitaire. »

Octave : « Oui ! mais l’Europe a sombré dans l’ultra-libéralisme. Depuis la révolution française, l’homme c’est d’abord un ensemble de droits universels, l’égalité des droits pour tous. C’est une modification fondamentale, l’homme n’est plus un sujet… il devient Acteur de son destin. Mais comme l’explique Wendy Brown, professeur à Berkeley, le libéralisme ultra a fait de l’individu exclusivement un sujet du Marché, il est réduit dans sa globalité à n’être plus qu’un jouet de ces forces obscures qui le réduisent à n’être plus qu’un « sujet économique », il n’est plus question de droits, il n’est plus question de liberté, d’égalité, de fraternité… c’est la « main invisible du marché » qui décide du destin des hommes… c’est le retour d’Adam Smith (1723 – 1790 ) et de « l’atomicité et de la fluidité » du marché. Un bond en arrière de près de trois cent ans ! Pas mal non ! La crise de 2008 a été exemplaire, les banques étaient « trop grosses » pour couler, c’est l’argent public qui les a refinancées. Maintenant sur base de formule « bail in » si une nouvelle crise devait se profiler, ces sont les épargnants qui payeront, la banque pourra ponctionner leurs avoirs… si avoirs il y a !  C’est Goldman Sachs… maître du monde !»

Simonne : « L’aveuglement, et il faut bien le reconnaître, la lâcheté électorale de la social-démocratie a ouvert la voix au populisme. J’en reviens à la république de Weimar, au parfum des années trente qui flotte aujourd’hui en Europe. Qu’on en juge, la Pologne et la Hongrie sont dirigées par des partis dont le ressort démocratique n’est pas l’essentiel… pour parler pudiquement. L’Autriche a failli élire un président d’extrême droite, la France se demande si Marine Lepen sera présidente, la droite classique plébiscite le plus réactionnaire des candidats… le catholicisme intégriste fait son grand retour depuis Vichy, l’Italie risque de tomber dans les mains du pire des populismes imbéciles, en Allemagne, pour la première fois Merkel aura en face d’elle un parti d’extrême droite dont le principal ressort est le racisme anti-immigré, en Hollande, l’extrême droite progresse sans arrêt, idem en Finlande, au Danemark l’extrême droite a déjà participé au gouvernement, en Grande-Bretagne, c’est le Brexit des populistes réactionnaires qui, contre toute attente a gagné… et enfin aux USA, l’impensable, c’est Trump qui l’emporte. Il est clair qu’on assiste dans le monde occidental à une forme d’insurrection des peuples par le vote… de droite, de la droite populiste… Les digues cèdent les unes après les autres. On s’en rend compte tout est possible et tu le sais, si le pire n’est jamais certain, il n’est jamais décevant ! Quand je te disais que nous étions à Weimar en 1930 ! Un Weimar mondialisé… donc pire ! Ce n’est pas le bruit des bottes que l’on entend mais les vociférations de ceux qui en définitive rejettent la démocratie, rejettent les avancées sociétales, mariage pour tous, IVG, la sécurité sociale… notre civilisation est en danger ! Nous sommes tous en danger ! Magnifique illustration de la formule de Marx sur la répétition de l’histoire qui de la tragédie passe à la comédie… mais il est des comédies sinistres. »

Octave : « au moment des discussions sur la constitution européenne Moureaux avait demandé à Merry Hermanus de débattre avec une gentille députée européenne du texte de ce fumeux projet de constitution. La salle des quatre vents à Molenbeek était comble. Hermanus fut applaudi à tout rompre lorsqu’il conclut son intervention qui visait à rejeter ce texte. Moureaux intervint en soutenant les thèses défendues par Hermanus… qui bien sûr, logiquement l’interpella : « mais Philippe pourquoi alors vas-tu voter ce texte comme le PS l’a décidé. » Le bourgmestre de Molenbeek fit une réponse stupéfiante : « j’attends que les ouvriers chinois se révoltent. » Ah ! bon… je suppose qu’à cela Hermanus n’y avait pas songé ! Tout était dit et le PS belge vota cette constitution qui fut, heureusement rejetée ailleurs ! En fait, c’est beaucoup plus simple, les socialistes européens n’avaient pas compris que le socialisme était soluble dans l’Europe et que l’Europe est soluble dans le populisme ! L’Europe n’a jamais été sociale, les socialistes ont négligé pendant des décennies ce monstre froid, aveugle, inconnu des peuples, qui semble le priver des droits chèrement acquis, comment ne pas comprendre le repli identitaire, le populisme le plus primaire. On l’a bien vu, le malheureux Hollande allait renégocier les traités, il en fut incapable… son avion, lors de son premier voyage en Allemagne fut frappé par la foudre et dût faire demi-tour, c’est sans doute après ce coup de semonce envoyé par le ciel qu’il a renoncé à imposer ce pourquoi il avait été élu ! »

Simonne : « L’Europe, Trump, bon tout ça c’est bien beau… mais qu’est-ce qu’on fait ici et maintenant… on part, on va planter des choux, collectionner les timbres, chasser les Pokémons… s’occuper des petits-enfants, succomber à la tentation de Venise, faire du tourisme coopératif… faut quand même se donner bonne conscience. »

Octave : « j’ai toujours connu la fédération bruxelloise fonctionnant sur base d’une majorité et d’une opposition. Cette dualité a progressivement disparu sous la présidence fédérale de Moureaux, il a dominé la fédération en s’alliant à Anderlecht; le seul opposant possible était Picqué, mais par tempérament, celui-ci est incapable d’affronter les conflits, donc il suffisait de le « nourrir », c’était d’autant plus facile qu’avec son exceptionnel charisme, il était tout désigné pour présider le gouvernement bruxellois pendant quinze ans… où, mis à part des plans, rien n’a été réalisé pour sauver cette ville de la paupérisation galopante, de la ghettoïsation des écoles et des logements sociaux. Une étude récente a démontré qu’au cours des vingt-trois dernières années le chômage a augmenté de 43 % à Bruxelles ! Après un tel fiasco, la seule chose à faire pour Picqué est de se couvrir la tête de cendres… geste dont il connait fort bien le sens et le rite ! Mais non ! Il pantoufle comme président du Parlement, sans doute pour faire bénéficier les députés de son expérience… Voilà. Une fin de carrière sur le velours et surtout dorée sur tranche ! Heureusement Rudi Vervoort est l’exact contraire, sans bruit, sans plan, sans discours ronflants et blagueurs, grande spécialité de Picqué, il essaye de sauver ce qui peut l’être. A cela, il convient d’ajouter que la présence permanente du PS au pouvoir ouvre les appétits… des désirs d’avenir, de carrières et limite donc les velléités de s’opposer ! Il y a longtemps qu’il n’y a plus au PS de Bruxelles de rebelles, il y a pléthore d’ employés de bureau, des membres de cabinets et ceux qui veulent y parvenir, des bataillons de socialistes bureaucrates prêts à toutes les bassesses à toutes les soumissions, à toutes les veuleries… prêts, selon la fameuse formule, à payer pour se vendre ! »

Simonne : « Octave, quel pessimisme ! Quelle vision en noir et blanc ! Tu jettes l’enfant avec l’eau du bain ! Que fais-tu de l’extraordinaire réaction de Magnette qui bloque le traité de la CETA et tient tête seul à tout l’establishment européen… et bancaire. »

Octave : « Tu as raison, c’était… c’est… une lueur d’espoir comme on n’en avait pas connue depuis fort longtemps. J’ai à nouveau espéré ! Ce n’est déjà pas si mal, d’autant plus que je suis persuadé que Magnette aura, très bientôt, à s’opposer à nouveau. Tu as tort de croire que je suis d’un pessimisme aussi absolu car, après tout… malgré tout, le PS reste le seul Parti défendant les fondements de nos protections sociales que tant veulent aujourd’hui jeter par-dessus bord… les banques et les compagnies d’assurances attendent depuis si longtemps la fin du système de pension par répartition… là, y a un paquet de fric à se faire… les pauvres ! Mais j’y pense, si on essayait de réunir tous ceux qui font les mêmes constats que nous, ceux qui ne supportent plus le communautarisme imposé comme seule réponse au défi de l’immigration, comme formule magique électorale, ceux qui sont écœurés par le népotisme cyniquement organisé dans toute la fédération, ceux qui pensent que les sections doivent fonctionner sans insulte, sans antisémitisme rampant ou déclaré. En outre, il reste des individualités de grande qualité… il suffit de les libérer comme certaines sections ont su le faire. Mine de rien Simonne, je pense que cela fait pas mal de monde ! Allons… peut-être encore un espoir ! Tu le sais Simonne, l’espoir c’est ce qui meurt en dernier… alors pourquoi pas ! »

 

Est-il encore possible d’être Juif et membre de certaines sections du PS dans la région de Bruxelles ?

« Il faut savoir nager en eau trouble mais ni point pêcher » . Montaigne.

« En politique, il n’est guère de crime que collectif. »  François Mauriac

« On ne peut pas dissocier la morale de la politique, sinon c’est la violence, la barbarie. »  Albert Camus

Quelle étrange, quelle indécente question !  Effarant qu’on puisse se la poser à notre époque alors que les horreurs indicibles provoquées par l’antisémitisme sont parfaitement connues !

Et pourtant !

D’abord une précision personnelle, pas inutile en l’occurrence.  Je ne suis pas Juif.  Mais j’ai pu observer qu’en général ceux qui faisaient courir le bruit de mon appartenance à cette communauté ne me voulaient pas du bien.  Ainsi, lors de la campagne électorale communale de 1981, un prêtre, très impliqué dans un parti politique, diffusant un journal local, fit courir le bruit que l’un de mes colistiers et moi étions des Juifs Hongrois !  Ne me demandez pas pourquoi Juif Hongrois, je ne l’ai jamais su !  Mais bon !  Un fantasme sans doute, ce curé n’en manquait pas, j’en ai quelques preuves, lorsque je le surpris dans le parc du château de La Hulpe en train de lutiner une conseillère communale bien-pensante, parfaite chaisière…éternelle jupe bleue, chemisier blanc, serre-tête en permanence, me voyant, elle se cacha derrière un arbre.  C’était idiot, j’étais heureux de voir que ce curé avait une bonne et saine sexualité… tout pour me réjouir !

Ensuite, je veux insister sur le fait qu’il ne faut pas généraliser.  Ce qui est malheureusement vrai dans certaines sections, ne l’est évidemment pas dans d’autres !

Maintenant les faits.

Lorsque je dirigeais les Centres d’Entreprises de Molenbeek, j’avais été impressionné par la réaction brutale de l’une de mes collaboratrices.  L’un des jeunes entrepreneurs ne pouvant plus payer son loyer, elle m’affirma, « cela ne m’étonne pas de ce Juif ! », je ne sais pas si ce type était Juif, je n’y avais jamais pensé mais, ce qui me choqua, fut le ton employé et l’incroyable mépris quasi physique que ma collaboratrice montra à cette occasion.  Elle n’était cependant pas membre du PS.  Mais aujourd’hui, je fais le lien entre cet antisémitisme dans quelques quartiers de Bruxelles et le climat qui s’est installé dans certaines sections du parti… et là ça se corse !

Premier exemple.

A Molenbeek, j’avais été chargé de gérer une société à vocation sociale.  Différents mandataires, socialistes et autres faisaient partie du conseil d’administration.  L’un d’entre eux était Juif.  Moi, je le savais.  Mais son nom à consonance Séfarade ne permettait pas à d’autres de la cibler.  Je fus stupéfait de voir qu’au cours d’une des réunions, ce mandataire a caché qu’il était Juif.  Et que pendant toute la période où il exerça ses mandats, il fit en telle sorte de camoufler sa judéité !  J’en déduisis que celle-ci, connue dans la section de Molenbeek en l’occurrence, aurait pu lui causer un certain tort !

Deuxième exemple.

Dans une section du Nord-Ouest de Bruxelles, le président élu à la tête de celle-ci fut, un mauvais jour, confronté à un curieux déballage.  Un membre de la section faisant courir le bruit que la femme de cet éphémère président était Juive, et « qu’il fallait donc se méfier de ce président »,  celui-ci crut devoir publiquement, lors d’une réunion de la section, affirmer que cette référence à sa femme était faite pour lui nuire !  Il n’avait pas tort.   Ah ! bon, donc d’après ce gentil membre, le fait d’avoir épousé une Juive lui porte préjudice au sein d’une section du PS !  Curieuse réaction… qui me fait penser au classement imposé par les lois de Nuremberg de 1935 où ceux qui avaient épousé des Juifs ou des Juives étaient considérés comme des « Mischling. »  En un mot comme en cent, si vous étiez marié à un Juif ou une Juive, vous n’étiez plus un citoyen comme un autre… N’est-ce pas là une atroce résurgence du plus ignoble des passés !

Troisième exemple.

Un malheureux garçon devient président d’une section du PS, celle-ci est à la dérive, les militants ont déserté en masse, il reste tout au plus une bonne vingtaine de membres.  Dans cette section farcie de médiocrité et de rancœur, une élection a lieu !  Quelqu’un est élu !  Même si les votants peuvent facilement tenir dans une cabine téléphonique !  Mais il y a un hic !  Son père serait Juif !  Aie !  Aie !  Aie !  Surtout ne pas le dire !  Cacher autant que possible, ce qui semble bien apparaître en certains lieux comme une humiliante tare !  Eh ! Oui ! Cela se passe comme cela dans certaines sections de la fédération bruxelloise du PS.  Ce parti qui depuis sa création s’est battu pour faire régner la philosophie des lumières.  Quand les lumières risquent de faire perdre des voix… pas de problème on les éteint !

Quatrième exemple.

Dans une importante section d’une commune tout aussi importante, un candidat s’est présenté aux élections.  Lui, peu de doute,  son nom le qualifie immédiatement, difficile de cacher sa filiation !  Pendant la campagne électorale, il sera obligé d’aller « s’expliquer », son origine aurait posé problème ; pas dans la section, il figurait en excellente position sur la liste… Mais il posait manifestement de très sérieux problèmes aux électeurs potentiels de cette liste, qui d’ailleurs a perdu pour la deuxième fois les élections !  J’apprends d’ailleurs aujourd’hui, sur le site internet de la RTBF que ce même élu, est amené à « s’expliquer » à nouveau à propos de certaines déclarations qu’il aurait faites à la presse étrangère, celles-ci n’étant pas copie conforme avec le politiquement correct que l’on peut attendre dans cette fédération de l’un de ses élus !

Cinquième exemple.

Il y a quatre ans, la composante culturelle de la section PS de Molenbeek avait organisé une conférence, l’annonce de celle-ci était faite par affiche.  Cette affiche était l’exacte copie des caricatures nazies du Juif !  Digne de l’exposition qui pendant la guerre a été organisée à Paris et à Bruxelles sur le thème « sachez reconnaître un Juif ».  Sur l’affiche, un Juif, nez crochu, mains pourvues d’ongles démesurément longs et crochus, longue barbe, tresses traditionnelles et kippa, tenant un globe terrestre entre ses mains ignobles.  Oui !  Oui ! Il a été possible de produire et de diffuser une telle affiche dans l’organe culturel du PS de Molenbeek !  Effroyable !  Mais c’est l’horrible, l’ignoble vérité !  Ne croyez vous pas que cela explique certains des derniers événements !
Ah ! j’oubliais… pas d’amalgame !

Sixième exemple.

Un mandataire municipal de Molenbeek et parlementaire régional, n’a-t-il pas traité un journaliste «  d’ordure sioniste » ? Le même n’a-t-il pas affirmé qu’il se sentait proche du Hamas dont il faut peut-être rappeler que cet organisme figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’ONU !  Ces déclarations ne lui ont causé aucun tort !  Il a été publiquement qualifié de « type bien » par la présidente de notre fédération.  Ce même parlementaire se fera d’ailleurs embarqué par la police car il participait avec véhémence à une manifestation devant le commissariat de sa commune où avait été amenée une femme entièrement voilée qui avait refusé le contrôle de police !  Étonnant pour quelqu’un qui à l’époque faisait partie de la majorité communale et donc assumait l’autorité sur les forces de police !  Éclairant non !

Septième exemple.

Celui-ci se passe non pas au PS mais au SP.  L’un des mandataires de cette formation politique qui se proclame de gauche participait à Anvers il y a quelques années à une manifestation dont l’un des slogans hurlés à pleine voix étaient « les juifs dans le gaz ! »    Sympathique hein !  Pas la moindre réaction des autorités politiques de sa formation politique où ce faiseur de voix, l’un des rares, dépasse grâce à une campagne électorale exclusivement communautariste, sa tête de liste !   Pas la moindre réaction au parlement Bruxellois !  Tout le monde s’en fout !   C’est le triomphe de l’islamo-gauchisme jusqu’à ses ultimes ignominies.

Vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup !

L’un doit « s’expliquer » pendant une campagne électorale parce qu’il est Juif, il doit « s’expliquer » sur ses déclarations à la presse sur la situation à Bruxelles alors qu’il n’a fait que décrire une terrible réalité, l’autre qui se dit proche du Hamas et traite un journaliste « d’ordure sioniste » est qualifié par la direction du parti de « type bien » !  Inquiétant non !

Comment s’étonner de l’attitude de ceux qui n’ont pas voulu manifester dimanche aux côtés de tels personnages.  Car n’en doutons pas, ceux-ci ne manquent pas de larmes de crocodile quand il s’agit de pleurer les victimes des attentats.  Le stock de larmes est plein… y en aura pour tout le monde… cela n’empêchera aucun de ces socialistes ayant troqué le rouge pour le brun d’aller demain solliciter des voix dans les mosquées où règnent l’antisémitisme et l’obscurantisme moyenâgeux le plus rétrograde.

Voyage en Israël et en Palestine.

Hier, j’ai regardé le reportage sur cette très belle initiative de Simone Susskind, parlementaire PS bruxelloise, qui a amené une quarantaine de jeunes de toutes origines en Israël et en Palestine.  Je fus très impressionné par la déclaration d’une jeune étudiante.  Au sortir du mémorial de Yad Vashem, le journaliste lui demande ses impressions sur ce qu’elle a vu.  Réponse de la jeune fille : « je suis très impressionnée, mais j’ai peur qu’en rentrant quand je vais dire ce que j’ai vu, on va me dire que j’ai été manipulée » !  Oui !  On en est là, la pression antisémite est à ce point forte que la réalité sera transfigurée en manipulation.

Responsabilités.

Qu’elle est lourde notre responsabilité !  Nous n’avons pas été capables de transmettre nos valeurs, nous avons choisi l’immédiateté des succès électoraux à un travail en profondeur.  Nous n’avons pas voulu voir ce qui se profilait, nous avons été témoins muets, concourant par des réglementations fondées sur de bons sentiments, complices de la ghettoïsation de nos écoles, de nos foyers sociaux, de nos quartiers !  Voilà la réalité que d’aucuns se refusent de voir car elle dérange leurs plans de carrière.  Et ce malgré le fait que l’horreur au sens propre du terme leur éclate à la figure.

Quelle trahison avons-nous commise à l’égard de ces milliers d’immigrés qui courageusement se sont intégrés, font des carrières exceptionnelles, ont sauté tous les obstacles mis par le racisme et la discrimination… et nous leur préférons le dernier des obscurantistes pourvu qu’il rapporte des voix !

J’attends plus !  J’attends mieux de mon vieux grand parti !  Je ne perds pas courage car je vois autour de moi, de plus en plus de membres et non des moindres, certains exerçant parfois de très importantes fonctions admettre que les terrifiants pépins du réel doivent être pris en compte.

Putain.. Il respire encore !

Un petit mot … pour une chose de peu d’importance.  Il y a deux mois, l’un des anciens présidents de ma section rencontrait le secrétaire fédéral de notre parti qui y tient le rôle envié de muet du sérail.  Mon nom fit irruption dans la conversation.  Mon ami, lui précisant que depuis octobre 2012, je n’exerçais plus aucune fonction, que je n’avais plus assisté à la moindre réunion comme je l’avais annoncé après la réception où j’avais annoncé mon retrait de la vie politique locale ;  le secrétaire fédéral eut alors cette curieuse réaction : « oui ! mais il écrit encore ! »  Je me permets de signaler à notre très soumis secrétaire fédéral que pour moi le temps qui passe, c’est le temps qui reste et qu’il ne se préoccupe pas trop… je finirai bien par mourir !

Dieudonné Président… Pourquoi pas !

Il y a déjà fort longtemps, ma section du PS a voulu me nommer « Président d’Honneur » dans nos statuts locaux.  Je ne sais pas si c’est toujours le cas.  J’avoue que cela m’a toujours semblé ridicule.  Sauf que maintenant, il me semble envisageable que Dieudonné me remplace dans cet immense honneur !

Hermanus, A M

Témoignage de Merry Hermanus lors de l’hommage rendu à Paul Halter le 29 avril 2013

Paul Halter, c’est d’abord une pudeur, une pudeur que beaucoup ont prise pour de la brutalité tant elle se voulait protectrice.

Paul ne se livre pas, il se veut tout d’un bloc, pas de fioritures, pas de falbalas, pas de dentelles, la vie ne lui  a pas permis d’en goûter les subtils plaisirs.  Il a vécu le temps des meurtres de masses, pas celui des bals mondains ; comme l’écrit Aragon, il a vécu un temps où «  On avait mis les morts à table ».

Chez Paul Halter, pas la moindre ostentation ; jamais il n’a capitalisé son immense malheur.  C’est ce qui explique qu’au sortir de la guerre, il a méprisé les offres qui lui furent faites de s’investir en politique, lui qui pourtant, dès sa jeunesse, avait baigné dans ce milieu.

Peut-être avait-il été trop déçu par la lâcheté de ceux qu’il croyait grands et qui se révélèrent,  en Juin 1940, n’être que des nains !

La cohérence de la vie de Paul est pourtant l’engagement. Très jeune, l’engagement politique, puis ce fut la plongée dans la résistance, plus tard la participation à l’aide au FLN de la Wilaya IV.

Son immense mérite est d’avoir réussi à vaincre deux des impitoyables ennemis de la vérité : l’oubli et l’indifférence.  Et ce  fut la création de la Fondation Auschwitz, l’organisation des voyages pédagogiques, et l’enregistrement des témoignages des survivants des décennies avant que Spielberg ne s’y attelle.

Il n’est pas inutile de rappeler que les voyages à Auschwitz furent lourdement critiqués par ceux qui, disposant de l’appui des médias, n’avaient pas eu l’idée de les entreprendre.  Ils y viendront mais avec bien du retard !

J’ai eu le privilège d’écrire, avec Paul Halter, sa biographie.  Pendant un an, nous avons travaillé à retrouver cette existence dont le cours a été tranché par la barbarie nazie.  Dans cet ouvrage, il manque l’émotion que Paul n’a pas voulu livrer, et je n’ai pas été capable de faire ce que suggère Jules Michet : « Faire parler les silences de l’Histoire. »

Pourtant, en l’écoutant,  me revenaient tout le temps en mémoire ces quelques lignes de Musset : «  Analysez la plaie et fourrez-y les doigts, il faudra de tout temps que l’incrédule y fouille, pour savoir si le Christ est mort sur la croix ».

Je fus le témoin d’une extraordinaire rencontre, les retrouvailles de Paul Halter et de Vidal Séphiha  détenu à Auschwitz en même temps que lui.  Ce jour- là, me faisant tout petit, écoutant effaré, je compris que ce que ne se pardonnent pas les survivants, c’est ce qu’ils ont subi et surtout ce qu’ils ont fait pour survivre…

Finies les légendes dorées sur la solidarité dans les camps, seuls m’apparaissaient des hommes nus, chairs sanglantes, crucifiés dans l’indicible horreur du camp,  ne tenant debout que grâce à la brutale rage de vivre, un jour de plus, une heure de plus,  dans un monde d’où toutes les valeurs avaient disparu, dans un monde où l’on avait tué l’homme dans l’homme.  Survivre, c’était trouver en soi les ressorts d’un égoïsme sacré et tragique qu’il sera impossible de se pardonner une fois la liberté retrouvée.

Paul Halter ne se pardonnera jamais d’avoir fourni à ses parents de « vrais-faux » passeports ne sachant pas que le fonctionnaire d’Ixelles qui en était l’auteur, tenait une comptabilité méticuleuse…et mortelle de ces documents.  Jamais, il ne pardonnera à l’homme qui dans un souffle, lors de son débarquement à Auschwitz lui appris la mort de ses parents dès l’arrivée de leur convoi.

Les récits que Paul Halter m’ont permis de voir Bruxelles sous un jour différent.

Je ne passe plus devant l’entrée du théâtre des galeries sans penser à Paul tentant de fuir la Gestapo et ne parvenant pas à recharger son arme.

Oui ! Paul Halter ne fut pas qu’un témoin, il fut un acteur de la folie de ces temps atroces.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’embaumer Paul Halter sous le flot de mots morts.  Il faut poursuivre son action et Dieu sait si elle est plus que jamais nécessaire à Bruxelles.

Nous vivons dans une région où un élu, voulant parler du génocide dans les classes terminales d’une école secondaire, entend, stupéfait, ces phrases odieuses : «  Oui, c’était terrible, mais c’était bien fait.  Hitler avait raison ! » .

Nous vivons dans une région où un député a traité un journaliste de « pourriture sioniste ».

Nous vivons dans une région dont un député participait il y a quelques mois à une manifestation à Anvers dont l’un des slogans était : «  Les juifs dans le gaz ».

Nous vivons dans une région où l’affiche annonçant un débat sur le sionisme reproduisait un dessin digne de l’exposition organisée par les Nazis en 1941 pour reconnaître « Le Juif ! ».

Je pourrais poursuivre cette triste liste.

Lourde, très lourde responsabilité qu’auront les politiques en Juin 2014 lors de la constitution des listes électorales car ils devront se libérer, mais en auront-ils la force, de ceux pour qui de toute évidence, l’antisémitisme d’importation est devenu un ciment communautaire.

Faire vivre la mémoire de Paul Halter, permettre qu’au-delà de la mort, son cœur continue de battre dans l’Histoire, c’est être fidèle à ses combats, non pas cette fidélité confite de bonnes paroles, mais cette fidélité active, vigilante, offensive, celle qui implique la lutte contre l’antisémitisme et tous les racismes.

C’est le seul, hommage à lui rendre, le seul qui ait un sens, celui de toute sa vie.

merry_hermanus@yahoo.com

Antisémitisme au PS bruxellois ? Hermanus a raison ! lu sur le blog de Pierre Verhas

Sur le blog Uranopole de Pierre Verhas , vous trouverez un nouvel article intitulé :

Antisémitisme au PS bruxellois ? Hermanus a raison !

Les responsables de l’incident de l’ULB : La laïcité agressive !

Mais oui, mais c’est bien sûr !!!  Elémentaire mon cher Watson !!!

Les vrais responsables de l’incident de l’UBL, c’est la laïcité agressive.

Ce matin, dans le « Soir », Olivier Mouton donne la parole à six « personnalités » qui, d’après Mouton, « tentent de bâtir des ponts entre l’Islam et la société belge… ».

Sans remettre en cause, cela va de soi, les immenses qualités intellectuelles de ces six  « personnalités », il faut d’abord constater, dans le titre de l’article lui-même, que ces « personnalités » semblent ne pas regretter l’incident mais bien les conséquences de celui-ci !!!

C’est une nuance qui n’aura pas échappé à nombre de lecteurs.

Donnant la parole à ces fameuses « personnalités », deux de celles-ci, loin de mettre en cause le sinistre personnage qui a saboté la conférence de Mme Fourest, estiment que la responsabilité doit se trouver ailleurs.  C’est ce qu’ils appellent « le rouleau compresseur de la laïcité agressive » !

Enorme non ?

Où a-t-on vu un rouleau compresseur de la laïcité agressive ?

Qu’est-ce qui se cache derrière ce vocable de « laïcité agressive » ?

C’est évidemment le faux nez trouvé pour justifier l’injustifiable.

Les mêmes « personnalités » ajoutent « Mais les Intégristes, où sont-ils ?  Chichah est athée ! ».

Curieux que ces « personnalités » ne se posent pas la question de savoir pourquoi cet athée, lorsque Hervé Hasquin lui donne la parole, s’enveloppe la tête d’un foulard et, comme seul argument, hurle pendant une dizaine de minutes « Burqa bla bla » !!!
La laïcité agressive ! Voilà bien un oxymore, et voilà bien une expression qui ne recouvre malheureusement aucune réalité.

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Sabotage à l’ULB : des extrémistes contre… par prochoix

Si la laïcité avait été un tout petit peu agressive, on n’en serait pas au niveau où on en est aujourd’hui.

Est-ce qu’à l’ULB, au cours de cette soirée, on avait organisé un apéritif saucisson vin rouge ?  Il s’agissait d’une conférence donnée par une journaliste française bien connue.

Si ce simple fait-là est considéré comme un acte de laïcité agressive, cela me fait penser à la fable du Loup et de l’Agneau.

A moins que, … se cache derrière le vocable laïcité agressive autre chose qui n’est en réalité qu’une attaque contre la franc-maçonnerie ?

Cela serait évidemment extrêmement intéressant et donnerait à ce débat une toute autre ampleur.

Les six « personnalités » mettent-elles en réalité en cause le rôle de la franc maçonnerie à l’ULB ?

Voient-elles, derrière l’organisation de cette « dangereuse conférence », une initiative occulte, pernicieuse et inquiétante de la franc-maçonnerie universelle ?

Alors là, on quitterait le champs de la laïcité agressive pour retrouver les affabulations de la presse fasciste d’avant-guerre, ou les diarrhées verbales d’un Céline…. La boucle serait bouclée et les choses seraient enfin claires.

On aurait ainsi à nouveau un fétide mélange d’antisémitisme et de rejet des valeurs des lumières !

Tout serait dit !

Moi, le reproche que, précisément, je fais à la laïcité, c’est sa mollesse et son incapacité à défendre les valeurs pour lesquelles il a fallu se battre pendant des siècles.

Bien au contraire, la laïcité est aujourd’hui à ce point faible, à ce point permissive, que, tout doucement, mais de façon certaine, elle permet à l’obscurantisme de gens comme Chichah, et malheureusement à beaucoup d’autres, d’imposer leur voix et leur vision du monde à nos sociétés occidentales, tétanisées et incapables de réagir avec la vigueur qui s’impose.

Ces six « personnalités » que le journaliste Mouton met en valeur dans le « Soir » ne construisent pas un pont entre l’Islam et la société belge, mais creusent, avec complicité ou stupidité… à chacun de choisir,  un gouffre dans lequel nos libertés et nos valeurs seront bientôt enterrées.

merry_hermanus@yahoo.com


Racisme à l’ULB : Démission du Professeur Brotchi !

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris, hier, par la presse, que le Professeur Brotchi avait décidé de quitter le Conseil de la Fondation de l’ULB pour protester contre la passivité des autorités universitaires face à la multiplication des incidents antisémites à l’ULB.

Dans son courrier, le Professeur Brotchi met ainsi en évidence la venue sur le campus de Dieudonné dont les déclarations antisémites sont légion, et de la simulation, par des artistes de rues, d’un point de contrôle israélien.

Le Professeur Brotchi cite aussi ce qui s’est passé au Cercle Solvay, et qui était proprement scandaleux puisqu’on y raillait le génocide !

Il est effarant de constater que c’est à l’ULB, à savoir le lieu même du libre examen, de la défense de la Liberté, et de la défense des Droits de l’Homme, que ce genre d’incident se produit.

Faut-il rappeler que Dieudonné, qui, donc, a été invité sur le campus, a organisé, à Paris, dans son Théâtre, une manifestation à laquelle il a invité le négationniste Faurisson qui, à cette occasion, s’est vu remettre un prix par un individu déguisé en détenu d’Auschwitz !!!

Vous voyez tout de suite le bon goût…et les allusions.

Il ne fait pas de doute  que nombreux sont ceux qui, grâce à l’anti-israélisme,     sont ravis de revêtir les habits de l’antisémitisme que leurs pères ou leurs grands-pères avaient mis au placard en 1944.

Qu’on soit opposé à la politique du Gouvernement d’extrême-droite dirigé par Netanyahou est évidemment plus que légitime.

Qu’on soit opposé à l’installation de colonies israéliennes dans les territoires occupés est aussi plus que légitime.

Qu’on condamne une politique que même le Gouvernement américain condamne n’est évidemment en rien critiquable.

Mais qu’au travers de ces critiques, parfaitement justifiées, de la politique israélienne, on en revienne, à l’ULB (le comble du comble !) au bon vieil antisémitisme, cela c’est évidemment une horreur, mais une horreur qui en dit long sur l’état d’esprit d’un certain nombre de nos concitoyens qui ont très rapidement basculé de l’anti-israélisme à l’antisémitisme le plus primaire.

Qui, aujourd’hui, peut encore ignorer jusqu’où cet antisémitisme a amené l’Europe entre 1933 et 1945 ?

Qui, aujourd’hui, après avoir vu ou entendu parler du film de Lanzman Shoah, peut encore ignorer les horreurs absolues où a conduit l’antisémitisme ?

J’ai eu le privilège d’inaugurer, dans les années 80, le bloc belge à Auschwitz.  A cette occasion, j’ai visité les lieux de la monstruosité humaine, guidé par Paul Halter, qui y avait été enfermé de 1943 à janvier 1945.

Il n’existe pas de mots pour décrire ce qui s’est passé dans ce lieu, et, malheureusement, dans beaucoup d’autres en Europe.

J’ai fait une seconde visite à Auschwitz quelques années plus tard, mais j’ai été totalement incapable de la refaire. J’ai attendu sur le parking le groupe de jeunes gens que j’accompagnais !

Qu’on soit obligés, soixante-six ans plus tard, de rappeler ces élémentsdémontre une forme de faillite morale de notre société occidentale !

Non ! Dans ce genre de domaine, on ne fait pas flèche de tout bois !  Il est des choses qui étaient inacceptables et qui le resteront jusqu’à la nuit des temps car elles touchent à l’essence même de l’individu, à savoir le simple respect de l’autre, le simple respect pour la dignité et la vie de l’autre !

Je mets en garde ceux qui, aujourd’hui, se vautrent dans l’antisémitisme.  Demain, ils en verront d’autres se vautrer dans l’anti-arabisme et, pourquoi pas, après-demain, se vautrer dans les plus ignobles propos racistes contre les Flamands ou contre les Wallons !!!

Le racisme n’a pas de limite !

Il faut le combattre à la racine.

Les Juifs aujourd’hui !

Les Arabes demain !

Après, les Wallons, les Flamands, et combien d’autres ?

La démission du Professeur Brotchi doit résonner comme un signal d’alarme afin que l’ULB redevienne ce qu’elle était dans les années 30, c’est-à-dire un foyer d’opposition à toutes les dictatures.

J’ai honte pour l’ULB !

J’ai honte pour nous !

Merry Hermanus
merry_hermanus@yahoo.com