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GROUWELS : DEMISSION !!!

Nous sommes nombreux à avoir été profondément choqués par les propos tenus par la Ministre bruxelloise Grouwels la semaine passée, au moment du refus par la Nva de discuter la note d’Elio Di Rupo.

La Ministre Grouwels estimant que « Bruxelles n’avait pas besoin de plus d’autonomie » !

Ce n’est pas son premier coming out.  Cela fait longtemps, et à de multiples reprises, qu’elle s’affirme comme anti-Bruxelloise, ne ratant aucune grande occasion pour clamer  son opposition soit au refinancement soit à l’autonomie complète de la Région.

La Région bruxelloise, telle qu’elle existe aujourd’hui, est issue d’une négociation menée en 1988 par Dehaene et Moureaux.

Cette Institution ne pouvait fonctionner que sur base de la loyauté communautaire et régionale. Or, ce que fait Mme Grouwels, de façon continue depuis la Législature précédente, c’est évidemment un manque total de loyauté régionale.

Dans n’importe quel pays démocratique, elle aurait dû démissionner depuis longtemps.

Elle est devenue, de fait, le symbole du non fonctionnement de la Région bruxelloise qui n’est plus, finalement, qu’une machine à gaz qui ne produit plus rien.

Il serait particulièrement intéressant de faire une analyse, sur le long terme, des ordres du jour des Conseils des Ministres bruxellois pour pouvoir identifier la longue décrépitude de la Région qui n’est plus, en définitive, que le « tiroir caisse à subsides » de certaines communes.

L’Administration régionale est totalement démotivée puisque cela fait pas moins de trois fois que le cadre linguistique a été cassé, tout simplement parce qu’il ne respecte pas la Loi.  Celle-ci exige le comptage des dossiers selon la langue utilisée.

Or, sous la pression de gens comme Mme Grouwels, on impose un chiffre arbitrairement défini avec, comme conséquences, que le moindre recours annule le cadre linguistique et, dans la foulée, toutes les promotions que pourraient avoir les fonctionnaires régionaux.

Comment, dans ces conditions, exiger de ceux-ci la moindre motivation ?

Lorsqu’elle est devenue Ministre, dans la mesure où je la connaissais un peu, j’ai souhaité présenter à Mme Grouwels les Centres d’entreprises de Molenbeek.

Elle s’est gentiment prêtée à cette visite.

Au cours des échanges particulièrement cordiaux que nous avons eus, elle m’a précisé qu’elle ne se sentirait bien à Bruxelles que lorsque, dans les hôpitaux et dans les boutiques, on s’adresserait d’abord à elle en flamand !!!

Chacun sait qu’au niveau démographique, il reste, à  Bruxelles, moins de 10% de Néerlandophones.

Qu’à cela ne tienne, si on écoute les patrons flamands et  Bart De Wever, ils veulent la co-gestion de notre Région qui, en termes de ressources fiscales, est quasiment exsangue.

Ce qui manque, c’est du courage et de la franchise.

On pourrait sans difficulté, au niveau bruxellois, remplacer Mme Grouwels par un Ministre SP, les représentant de ce Parti n’ayant jamais pris des positions anti-Bruxelloises.

Mais on ne le fera pas, et Bruxelles continuera à s’enfoncer dans le marais de la non gestion, avec, comme conséquences, l’effondrement de toute une Région et une paupérisation accélérée de la population… ce que d’aucuns souhaitent manifestement.

Merry Hermanus
merry_hermanus@yahoo.com

Couper le noeud gordien – La dignité et la patience ne sont plus compatibles

Cela fait maintenant cent jours que les négociateurs tentent de dégager une solution permettant la mise en place d’un Gouvernement fédéral.

Je souhaite tout d’abord dire toute l’admiration que j’éprouve pour l’obstination, le courage et la ténacité des négociateurs francophones et, en particulier, pour Elio Di Rupo qui, contre vents et marées, veut encore croire qu’un accord est possible.

Pour ma part, j’ai la conviction, depuis longtemps, que cela n’a aucun sens.

Il y a sept ou huit ans, ayant rencontré un auteur et un producteur d’ARTE, j’avais proposé de réaliser un film sur la fin de la Belgique. Le scénario complet avait été écrit et le titre avait été trouvé « Que le dernier qui sorte éteigne la lumière ».

Le projet ne s’est pas fait, faute de financements.

La question que je pose est la suivante :   Pourquoi nous autres, Francophones, faisons-nous semblant de ne pas voir que la majorité du peuple flamand souhaite, sinon l’indépendance complète de la Flandre, du moins une autonomie à ce point large qu’elle en a les contours.

Il ne fait pas de doute que dans ces conditions, nous ne faisons pas jeu égal.

J’ai toujours été impressionné par le fait que, dans le règne animal, lorsqu’il y a combat, celui-ci se termine rarement par la mort du belligérant le plus faible. Chez les Loups, par exemple, le plus fort se contente d’uriner autour du plus faible !

Mais lorsque l’un des adversaires se trompe sur la nature de son opposant, on assiste alors à un drame.  Ainsi, lorsqu’un coq combat contre un dindon, le dindon, à bout de souffle, se couche, croyant que le coq, fier de sa victoire, va s’en aller. Mais le coq n’en fait rien ! Il tue le dindon en lui enfonçant ses ergots dans le cou !!!

C’est exactement ce qui se passe dans cette négociation, mais, malheureusement,  contrairement aux apparences, ce sont les Francophones qui jouent le rôle du dindon !

En effet,  comment, alors que depuis trois ans, tous les partis francophones affirment qu’ils ne sont demandeurs de rien, la négociation pourrait-elle se terminer favorablement pour eux ?

C’est évidemment tout à fait impossible !

Rester dans le marais où nous sommes revient inévitablement à négocier en situation d’infériorité.

La seule façon, vu la volonté flamande, volonté par ailleurs tout à fait respectable, d’obtenir sa quasi indépendance, de négocier, c’est de nous placer sur le même terrain, à savoir d’affirmer la volonté de constituer une entité Wallonie/Bruxelles disposant d’une aussi large autonomie que celle de la Flandre.

Or, pour Bruxelles, la maison brûle !!!

Il ne fait aucun doute que l’usine à gaz institutionnelle bruxelloise ne peut plus fonctionner.

Les accords Moureaux/Dehaene de 87/88 étaient basés sur la loyauté régionale. Celle-ci est évidemment impossible quand vous avez en face de vous, au niveau fédéral, un « partenaire » qui remet constamment en question votre existence même.

Nous sommes là dans le cas de figure du Hesbola et du Hamas avec qui Israël ne peut négocier puisque ces derniers rejettent l’existence même de l’Etat d’Israël.

MM. Picqué et Moureaux ont parfaitement compris cette situation dans la mesure où mieux que d’autres, ils savent que Bruxelles est exsangue et ne peut plus assumer les charges qu’implique la gouvernance de cette Région volontairement appauvrie.

Cela fait déjà longtemps que Moureaux a pris position dans la presse pour un confédéralisme affirmé, et que Picqué, dans une récente interview, a mis les points sur les i.

La dernière provocation de Dewever à propos de la collaboration est particulièrement odieuse parce que, de facto, il fait basculer la problématique institutionnelle dans le champ de l’affectif le plus douloureux.

Dewever ne veut pas d’accord dans le cadre de l’Etat belge.

C’est son droit, nous sommes en Démocratie.

Mais pourquoi, nous, Francophones, tentons-nous encore aujourd’hui, après tant d’humiliations et de rebuffades, de rester au sein d’une  Maison que la majorité des occupants veut quitter ?

Il y va finalement de notre dignité !

Quand on sait que le cadre de l’Administration régionale bruxelloise a déjà été cassé trois fois, et que les fonctionnaires de la Région n’ont plus aucune perspective de  carrière à cause de cela, on reste confondus devant l’inertie francophone.

Toutes les Administrations communales, à partir du deuxième grade de la hiérarchie supérieure, sont à 50/50 néerlandophone/francophone.

Cette surreprésentation est aujourd’hui insupportable.

Et il en va ainsi dans tous les domaines !

C’est pourquoi les masques doivent enfin tomber et les yeux doivent enfin s’ouvrir,  et il faut retrousser nos manches pour faire comprendre à nos interlocuteurs que nous ne négocions plus dans un cadre institutionnel obsolète qui ne peut être que dramatiquement défavorable pour les Francophones.

merry_hermanus@yahoo.com
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