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Monsieur Lutgen… Merci pour ce moment… de sincérité.

  « Presque toujours en politique, le résultat est le contraire de la prévision. » François-René de  Chateaubriand

Avant tout un peu de modestie.

Les observateurs francophones de la vie politique belge sont souvent très attentifs aux débats politiques en France, il s’en suit souvent déceptions et frustrations.  On s’attend à entendre ou à lire nos mandataires publics du de Gaulle, du Mitterrand, du Jaurès, du Clémenceau, du Mirabeau et on a droit à du Lutgen, du Milquet, du Jeholet, du Michel, du Magnette ou du Flahaut !  On espère des débats comme ceux de la première constituante de 1791 et on doit se contenter des discussions sur « le cours de rien », on espère Badinter sur la peine de mort ou Simone Veil sur l’interruption de grossesse et on a les auditions ubuesque sur le Kazakhgate ou sur Mayeur…

On a le choix entre un Feydeau ou le « Mariage de Mademoiselle Beulemans », impossible de quitter Clochemerle ou l’ambiance enfumée, l’odeur surette de bière, la cendre de cendriers sales du café du commerce.  Il n’y a pas d’illusions à avoir, nous sommes tels que Trotsky nous décrivait «  un peuple de pantouflards », l’héroïsme, le lyrisme politique très peu pour nous !  Et encore Trotsky était aimable comparé à Charles Baudelaire qui éructait  « On me demande une épitaphe pour la Belgique morte.  En vain, je creuse, je rue, je piaffe, je ne trouve qu’un mot : enfin ! »  Bart De Wever doit regretter de ne pas l’avoir écrit.

Moi , j’adore cette formule de l’écrivain britannique Patrick Mac Guinness quand il note  « Ici en Belgique, même les moines trappistes doivent choisir la langue dans laquelle se taire. »  Contrairement à ce que beaucoup de belges supposent, nous n’avons pas inventé le surréalisme mais il est indubitable que nous en sommes les champions du monde, nous le pratiquons jusqu’aux abysses d’absurdités.  C’est un horrible truisme, je m’y soumets honteux mais il est tellement vrai que nous avons les politiques que nous méritons !

En un mot comme en cent, nous baignons voluptueusement dans un océan de médiocrité, celle-ci parfois joviale nous fait rire, parfois brutale nous courbons le dos, parfois rapace nous nous indignons… un bref moment… on oublie et tout recommence !

J’en reviens à Trotsky, pour lequel je n’ai pas plus d’estime que pour son vainqueur, mais il dit vrai quand il écrit  « à l’exception d’une mince couche de politiciens professionnels, les nations, les peuples, les classes ne vivent pas de politique. »  Il savait de quoi il parlait, pas de doute.  Mais soyons de bon compte, n’est-il pas vrai que l’on peut vivre très heureux sans héros.
Avons-nous besoin de verbeux atrabilaires tel Mélenchon réanimant un langage politique ayant démontré son impuissance, tonnant des verbes creux, conduisant de sympathiques et naïfs militants vers de décevants « matins qui chantent », sans voix, évanouis depuis 1945 !

Lorsque j’enseignais, j’avais pour habitude de dire à mes étudiants qu’il était plus facile de mourir en deux secondes sur une barricade que de construire, de maintenir, de compléter, de défendre notre système de sécurité sociale pendant cinquante ans !  Le romantisme révolutionnaire fait encore et toujours les mêmes dégâts.

Du bon usage de la médiocrité.

« En politique, la distance est à peu près nulle entre l’homme le plus instruit et le plus inculte. »   Léon Werth

Donc, si un certain niveau de médiocrité est courant dans notre monde politique, il faut admettre que le plancher est aujourd’hui non seulement atteint mais largement dépassé. N’est-il pas exact comme l’écrit André Maurois qu’en « politique, la médiocrité l’emporte souvent sur le génie, parce que celle-là se plie aux événements tandis que celle-ci prétend les créer. »

Depuis des lustres, nous sommes, particulièrement à Bruxelles, gouvernés par des ministres de carnavals… il est vrai pittoresques mais mis à part le nez rouge, le large et trop long pantalon à carreaux, les chaussures hors taille, ces clowns ne nous font plus rire tant la situation de beaucoup de nos concitoyens est dramatique, tant le désespoir envahit les cœurs et les esprits… et il en faut des tonnes de désespoir pour faire du PTB le premier parti de Wallonie… selon d’opportuns sondages bien sûr.

Ne l’oublions pas, sans la désespérance allemande de 1919 pas de nazisme, sans l’immense misère russe pas d’Octobre 17.  Si les civilisations sont mortelles, la démocratie qui n’est après tout qu’un système parmi d’autres, est un bien particulièrement fragile et toujours contesté.

Alain Badiou, philosophe français médiatique et admiré par d’aucuns ne défend-il pas le maoïsme ?  Ne met-il pas en cause la démocratie ?  Lui écrit et parle à visage découvert, mais combien ne pensent-ils pas comme lui, espérant qui « l’homme fort » qui « la dictature du prolétariat » ?

Aucune de nos liberté n’est définitivement acquise, aucune de nos protections sociales, si chèrement payées, ne sont définitives.  A l’évidence, c’est cela qui est aujourd’hui en cause dans toute l’Europe et dans le monde, c’est ce basculement global qui est à nos portes.

Alors oui, des politiques médiocres sont supportables, et le plus médiocre d’entre eux est préférable à un Bonaparte aux petits pieds… qu’il s’appelle Degrelle ou autrement.

Cependant, j’éprouve parfois une angoisse compassionnelle lorsque j’entends Charles Michel s’exprimer, curieuse élocution, trop pincée, épouvantablement scolaire, on la devine péniblement acquise dans un groupe de théâtre amateur de province, c’est en permanence la scène décrite admirablement par Molière de la leçon d’orthographe dans « Le bourgeois gentilhomme »… et je me dis, le langage structurant la pensée, si j’en crois Claude Hagège, que les concepts que notre premier ministre tente d’exprimer, ressortent du même niveau.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement de la Belgique est dirigé par le lauréat… d’un concours d’éloquence… scolaire !  Qui peut croire que ceux qui aujourd’hui nous dirigent peuvent faire face à de tels enjeux, ceux pour qui « il n’y a pas de principes, que des événements, pas de loi que des circonstances » ceux-là ne peuvent à l’évidence y répondre !

Un État atomisé… un État pillé.

« Le courage de changer ce qu’il est possible de changer, la force de supporter ce qu’il est impossible de changer et surtout l’intelligence pour discerner l’un de l’autre. »
Saint François d’Assisse

Il y a tant de ministres, tant de députés, tant d’assemblées législatives en Belgique que l’on pourrait en faire un jeu de société plus complexe que le jeu d’échec, plus fascinant que le jeu de Go, plus vicelard que le pire des jeux vidéo… je propose une commercialisation et un brevet mondial… le succès est assuré !

Qui doute encore que ces atomes d’états, ces particules de pouvoirs, ces ions de fonctions n’ont plus que pour unique utilité que de nourrir, de fournir un emploi à ceux qui les occupent !  Il y aurait un doctorat de sociologie fascinant à réaliser sur le niveau de formation et sur les emplois occupés par les multiples mandataires avant qu’ils n’occupent les fonctions politiques qui leurs ont été dévolues. J’ai pu constater, tout au long de mon trop long parcours, qu’il y avait deux types de mandataires politiques, ceux qui avaient un vrai métier, une formation solide, une base solide « de repli » et ceux, aujourd’hui l’immense majorité, qui mis à part la politique n’ont rien, ceux pour qui la politique est tout car à côté, c’est le vide.

L’émission « Striptease » de loin la meilleure émission jamais réalisée par la RTBf avait ainsi réalisé l’interview d’un étonnant  Échevin PSC de la ville de Bruxelles qui avec une franchise et une naïveté désarmante expliquait à l’antenne que sans la politique, il n’était rien… une scène éducative à revoir car elle explique tout de la situation que nous vivons aujourd’hui.

Qui s’étonnera alors que le premier objectif d’un élu est de se faire réélire…
« des objectifs… des projets… mais de quoi parlez-vous ?  D’abord ma réélection… le reste ne compte pas car si je ne suis pas réélu… c’est le vide ! »  Que l’on est loin du député Pierre Le Grève qui abandonnant  (la loi de 1848 l’y obligeait ) l’enseignement pour occuper son mandat en 1965 siégeant pour  l’UGS, n’étant pas réélu, vendit des aspirateurs en porte à porte.

L’héroïsme politique n’est plus d’époque.  Cela ne peut plus arriver, il y a toujours dans l’énorme vestiaire à mandats de quoi habiller le plus nul des candidats… les sinécures ne manquent plus depuis l’atomisation des institutions… le but est atteint… les citoyens… le pays… le chômage… l’emploi… l’enseignement…. la santé… Oh ! ça c’est une autre histoire !

Ainsi  le PS, quasi toujours dominant depuis l’érection de la Région ne fut pas capable de faire face aux enjeux de l’avenir.  Picqué, Ministre-Président pendant quinze ans assista,  cynique rigolard, « connaissant le prix de tout mais la valeur de rien », à l’effroyable paupérisation de notre région, à son étouffement par des plans de mobilité reptilien dont le but n’est rien d’autre que de tuer la ville en empêchant ceux qui y vivent et y travaillent de circuler.  Que cela fut incompatible avec l’avenir économique et social, ne fut en rien important, l’essentiel était de faire risette à ceux qui s’habillent comme des personnages du feuilleton « La Petite maison dans la prairie » et veulent transformer cette ville en réserve d’Indiens pauvres mais Attention… roulant à vélo… c’est plus chic en trottinette chromée !

Pourquoi avoir voulu gouverner à Bruxelles et en Wallonie bloc contre bloc ?

« En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »
Georges 
Clémenceau

J’ai encore dans les oreilles les rires gras de certains barons (et marquises) socialistes heureux du bon tour qu’ils avaient joué au MR en constituant en dix jours des majorités excluant les libéraux en Région wallonne, bruxelloise ainsi qu’à la communauté française.  Ah ! que c’était comique, le MR se retrouvait à poil (sic) jamais il n’oserait s’allier à la sulfureuse NVA.

Aucun de ses stratèges de sous-préfectures n’envisageaient l’alliance avec le diable flamingant possible… et pourtant c’est ce qui fut.  Certains au PS pensaient qu’exclure le MR des exécutifs régionaux c’était Octobre 17, la prise du Palais d’Hiver, la nationalisation des moyens de production, enfin la dictature du prolétariat,  on allait mener de vrais politiques de gauche, je rigole bien sûr !

Onkelinx n’avait-elle pas dit que l’alliance au fédéral présidé par Elio di Rupo était « contre nature »… inceste politique qu’elle pratiqua néanmoins impunément pendant pas moins de cinq ans… sourire aux lèvres… peut-être qu’aujourd’hui, elle aussi a « le cœur qui saigne ! »  Petit prix à payer et que le PS a payé le cœur léger.  Words… Words… Words  aurait dit le vieux Will Shakespeare !  Mais bon sang, nous sommes en Belgique, les élections ne ressemblent pas au coup de canon du croiseur Aurora dans le port de Cronstadt.

Qui croit vraiment que dans des gouvernements de coalitions comme nous les connaissons en Belgique depuis 1914, il soit possible de mener la politique de Thatcher ou de Chavez si sont exclus soit les socialistes soit les libéraux.   Non, lors de la constitution des majorités, ce qui est en jeu, c’est fort peu de choix idéologiques mais beaucoup le nombre de mandats qui vont être dévolus à chacune des formations présentes à la table du banquet… là est la sinistre réalité… on n’aime pas partager… voilà la seule, l’unique vérité !

Le résultat de cette combinazione fut la formation du gouvernement le plus à droite de notre histoire depuis 1944.  La culpabilité est pour le moins partagée… et qui paye les résultats… lecteur, si tu es encore là…  tu connais la réponse !

J’ai visionné il y a peu le feuilleton télévisé danois « Borgen ».  Je fus impressionné par les similitudes de situations politiques dans le vertueux Danemark et ce qui se passe chez nous.  Même tambouille nauséabonde, même tripatouillage, même goût pour la trahison… mais en définitive n’est-ce pas là aussi le prix à payer à la démocratie.  J’y mets cependant un énorme bémol car ce qui se dessine aujourd’hui c’est un basculement sociétal, une immersion dans un monde incontrôlable tant au plan démographique qu’au plan économique.  Les enjeux sont devenus à ce point globaux que nos magouilles d’arrière-salle de bistrots crasseux sont devenues criminelles.  Qui ose encore prétendre avoir la certitude que ses enfants auront une vie meilleure que celle qu’il a eue ?  Qui ose soutenir que demain la laïcité continuera à protéger nos libertés essentielles ?

Nous sommes confrontés à la fois à une guerre de civilisation, à une guerre économique, à l’impuissance des politiques face au véritable pouvoir celui de la finance internationale… alors vraiment face à ces chocs telluriques, le fait d’exclure les libéraux des gouvernements régionaux était-ce si intelligent ?  Depuis longtemps, je soutiens le contraire pensant qu’il peut y avoir des gens compétents partout et que les exclusives ne servent à rien… mais toujours les tenants de la lutte des places l’ont emporté.

Le cas Lutgen ou la médiocrité agissante.

« Il y a beau temps que je ne dis jamais ce que je crois et que je ne crois jamais ce que je dis, et s’il m’échappe parfois quelque vérité, je l’enfouis dans tant de mensonges qu’il m’est difficile de la retrouver. »
Machiavel

Déposer une citation de Machiavel sous un texte traitant de Lutgen… j’avoue que j’ai hésité… entre le rustique bastognard et le subtil florentin, ce n’est pas un gouffre qui les sépare mais la fosse des Philippines soit plus de mille trois cent kilomètres de profondeur… un record mondial… En un sens Lutgen est aussi un champion mondial étant à la politique ce qu’un Apéricube est à une roue d’Emmenthal, lui aussi comme quelques solides et inépuisables crétins que j’ai connus en politique municipale croit comme le coq qu’en chantant sur le fumier, c’est lui qui fait le soleil se lever !

J’ai cependant maintenu la référence à Machiavel car il y est question du mensonge… et là aussi Lutgen est un éminent praticien, d’ailleurs sur ce point ne convient-il pas de remarquer qu’à ce niveau de mensonges on rejoint la vérité et qu’une telle hypocrisie c’est de la franchise.  Je crois avoir remarqué dans le regard de Monsieur Lutgen dont la voix est ferme, l’élocution simple, virile, mais le regard, oui… le regard me dit autre chose, par moment les yeux donnent l’impression de chercher quelque chose, il songe, un ange passe dans ce regard, oh ! c’est très rapide, vif, fraction de seconde, légère buée se dissipant tout de suite, mouvement quasi imperceptible… ça y est… j’y suis, c’est le bref moment où Monsieur Lutgen songe à la Vérité, cette minute inouïe que les toreros appellent « el momento de la verdad » il passe si vite, impossible pour Lutgen de la retenir… blanche colombe ne se posant jamais dans le discours du Président du CDh.  Encore une question, Benoit Lutgen a-t-il lu Georges Orwell lorsqu’il écrit : « Le langage politique a pour but de faire paraître vrai le mensonge et respectable le meurtre. »  J’aimerai pouvoir répondre par l’affirmative… mais j’ai comme un léger doute !

Lisant l’interview de Paul Magnette dans « Le Soir » de ce week-end, je me suis demandé si lui avait lu Jules Vallès, j’en suis quasiment certain vu son éducation et sa formation car c’est lui qui écrit « la politique sépare tant de mains qui se croyaient jointes », j’y songeais lorsque Magnette soulignait qu’il avait « presque » construit une relation d’amitié avec Lutgen !  En sa qualité de professeur de Sciences politiques, il connait mieux que personne l’adage de la politique britannique pendant tout le XIXème siècle : « pas d’amis permanents, pas d’ennemis permanents. »

Très récemment, le bourgmestre de Bastogne a joué son va-tout, il a déclaré dans la « Libre Belgique » que le PS était communiste… j’avoue que j’en ai eu  le souffle coupé… qui peut, fut-ce une seconde, croire une telle stupidité … c’est dire le niveau du bonhomme, c’est aussi le signe d’un désarroi total face à l’échec de son opération de la dernière chance… Qui songerait encore « à sauver le soldat Lutgen » personne, surtout pas son nouvel et triomphant allié MR !  Osons la question !  Lutgen est-il bête à ce point ?  A qui fera-t-il croire que le PS est subitement devenu infréquentable ?  Et que là est la raison du changement d’alliance « stratégique ».

Le futur gouvernement fédéral.

« Dans la politique, on arrive à tout avec rien, sans faire preuve comme dans les autres professions d’aucun talent. »
Jules et Edmond de  Goncourt

Quoi que l’on en pense, toute cette opération, qu’elle soit ou non celle de la dernière chance pour le CDh, est révélatrice d’une vision autrement plus importante.  En effet, Lutgen concocte son coup d’état avec Chastel et quelques autres mais ne songe nullement à Bruxelles ou à la Communauté française…
Est-il à ce point nul en géographie ?  Connait-il aussi mal nos institutions ?
Je n’ose l’exclure, cependant je pense plutôt que pour lui Bruxelles et la Communauté française ne comptent plus, il se place dans la perspective de 2019, c’est-à-dire de la reconduction du gouvernement Charles Michel où le CDh viendrait en Petit Poucet manger au râtelier, ne laissant plus le MR seul face à l’ogre flamand.  Là, est le véritable objectif de cette opération qui n’a abouti que pour un tiers grâce au refus courageux du Président de Défi.

Lutgen croyait, mini de Gaulle, que l’intendance suivrait et que Maingain viendrait à la bauge pour y bâfrer !  Il est toujours dangereux de croire que les autres agissent comme soi !  Il croyait que tous étaient comme Victor Hugo le souligne « des hommes dont on ne peut se servir qu’à condition de les satisfaire »  Quel choc ce dut être pour Lutgen et Chastel de constater que d’autres se situaient et mettaient leur fonction à un autre niveau.  Il est vrai qu’il peut se rassurer en songeant que les « crimes politiques vieillissent comme le reste… et parfois plus vite ».  Moi,  cependant je connais des politiques amnésiques … qui n’oublient rien… avec ceux-là Lutgen pourra se faire du soucis.

La Démocratie chrétienne rêve ou réalité ?

 « Les centristes sont des gens de droite un peu plus hypocrites. »
François Mitterrand

J’ai eu l’occasion de fréquenter des démocrates-chrétiens, gens de qualité mais …sans électeurs… ennuyeux en démocratie. Voilà ce qui fut de toujours leur seul vrai problème.  Le MOC c’était parfait mais il n’y eut jamais de courroie de transmission électorale, ce n’étaient que des mots sur du sable.  Les mythes sont intéressants seulement quand on peut en faire quelque chose.  La réalité, la dure, l’effroyable réalité est que le PSC et son avatar le CDh ne fut jamais qu’une formation politique réactionnaire, conservatrice, héritière du Parti catholique d’avant-guerre.

J’ai eu le privilège de connaître et de voir agir Califice, il fut l’un des rares de son espèce, comme le dit Audiard, il y a des poissons volants mais qui ne constituent pas la majorité du genre… la dernière prise de position de Maystadt ne me fera certes pas changer d’avis.  Le seul groupe structuré et influent au sein du PSC fut de tout temps le CEPIC et ses différents bourgeons… Gérard Deprez l’avait parfaitement compris, lorsque tirant les conclusions, il s’extirpait du marais pour rejoindre le MR.

On comprend ainsi mieux l’angoisse de Lutgen, que lui reste-t-il, rien ou si peu de chose, risquant ainsi de devenir celui qui éteindrait pour la dernière fois la lumière des bureaux de la rue des Deux Eglises (cela ne s’invente pas !), il a brutalement viré sa cuti se découvrant un goût pour la vertu, étonnant boyscout préférant manger sa parole qu’assumer ses actes.  Pour tenter d’exister, soumis au « dur désir de durer », ne sachant d’ailleurs plus pourquoi il dure, il jette par-dessus bord les francophones de Wallonie et de Bruxelles, choisissant le mensonge et le calcul politique, il se retrouve pieds et poings liés aux mains de la NVA et de De Wever, seul vrai maître du jeu, ayant réussi l’exploit de voir exploser le potentiel front francophone sans avoir dû lever le petit doigt…
Oui Lutgen est vraiment un fin tacticien !

Les intérêts francophones disparaissent ainsi, dissous dans des intrigues de couloirs.  Lutgen aura accompli le rêve du député Van Rompuy (le frère du thuriféraire de Saint Thomas) qui déclarait fin des années septante dans une interview à la RTBf que la Flandre n’avait que faire de l’indépendance, elle n’aurait qu’à coloniser la Wallonie… Van Rompuy, bouille rubiconde de moine ripailleur faisant commerce d’indulgences, il y a trente ans l’avait rêvé… Lutgen l’a réalisé !  Un succès !  Oui vraiment !  pour la Flandre… il n’y a pas de doute.

Et en outre, Maxime Prévot confirme et signe l’aveu… Oui le CDh gouvernera en 2019 avec la NVa…. Quand je vous disais qu’à ce niveau d’hypocrisie c’est de la franchise !  Ce Prévot a de toute évidence la langue trop près du cerveau, il a tenté de rétropédaler, sourcils ombrageux, yeux ronds, bouche ouverte, interloqué, stupéfait qu’ainsi brutalement… la vérité se soit échappée de son cerveau reptilien… il la croyait enfouie sous un amas suffisant de mensonges comme on le lui avait appris à l’école… il n’a pas pu la retenir…. « Diable de Vérité…. Elle doit être de gauche la Salope ! »

 Le PS…Une haine inquiétante.

« La politique est faite pour une part de la  fabulation d’une certaine image et d’autre part de l’art de faire croire en la réalité de cette image. »
Hannah Arendt

Ah ! les réseaux sociaux, merveille et horreur à la fois, comme pour tout le meilleur et le pire, je suppose qu’on disait la même chose de l’imprimerie au XVème siècle, plus d’une fois les oreilles du vieux Gutenberg ont dû siffler !

Néanmoins, je suis souvent impressionné par le degré de haine qui sourd de certains messages sur Facebook, comme le disait Emmanuel Valls la semaine passée sur France Inter, il y a des mots qui appellent le sang, qui appellent le meurtre… j’évoque à peine ceux qui se cachent derrière un anonymat protecteur, ceux-là sont dans la filiation de ceux qui envoyaient des lettres anonymes à la Gestapo, déchets humains, inqualifiables crapules, dans leur cas la formule qui veut que la haine soit le courage des pleutres est parfaitement justifiée.
Non, je songe à ceux très nombreux pour qui même la peine de mort serait trop douce pour certains membres du PS, une dame l’a écrit en toutes lettres  !
Qu’ aurait-elle souhaité pour Mayeur, Peraïta et quelques autres l’éviscération, la roue, l’estrapade, l’écorchage, l’ébouillantement… du grand spectacle sans nul doute.

D’autres accusent le PS d’avoir trahi ses idéaux, d’être devenu réformiste etc…c’est parfaitement exact mais c’est vrai depuis Août 1914 lorsque Emile Vandervelde entre dans le gouvernement de Broqueville.  Depuis 192O, le choix réel ne fut plus qu’entre un socialisme de caserne qu’impliquait l’adhésion à la IIème internationale et un socialisme du mensonge, des promesses non tenues.  Rien de neuf sous le soleil.  La charte de Quaregnon dont il est beaucoup question fut un moment dans l’histoire du POB, quel gouvernement s’y est un jour référé ?  Pas un !  Juste un rappel pour chauffer un congrès, pour frémir au rappel des grands anciens.  Non !  Jamais le PS n’a voulu renverser la table, jamais après 14, il ne fut un parti révolutionnaire.  Alors qu’est-ce qui a changé ?

Pourquoi ce qui passait hier ne passe plus ?  C’est assez simple, c’est l’image !  Dans une société prospère, dans une société où la progression de tous est perceptible, les gens se fichent de ce que gagne Monsieur ou Madame le député.  J’adore ce dessin de « L’Assiette au beurre » où l’on voit deux enfants en guenilles face à la vitrine d’un restaurant où sont attablés bâfrant des hommes rougeauds, ventres énormes, gilets ouverts, serviettes autour du cou.

Assiette au Beurre - Les Résignés

Les Résignés : « Amène-toi Mélie, tu vas en choper une indigestion. »

La légende du dessin est explicite, l’un des enfants dit à l’autre « amène-toi Mélie, tu vas attraper une indigestion ».  C’est bien là l’image de notre société, les élus en trop grand nombre mangent alors que l’on refuse à des gens un scanner pour des raisons budgétaires et qu’on fait la chasse aux plus pauvres… « avec le cœur qui saigne » mais la chasse à courre se poursuit.  L’image toujours l’image.

Quelle image donne du PS la trinité formée d’Onkelinx, de son avocat de mari et du fils de celui-ci député… au saut du berceau ?   Ce trio-là attend encore son Daumier.  Quelle image donne toutes ces filles de… et ces fils de… lancés dans une échevelée course aux places, pressés de remplacer papa ou maman, tonton ou tatie ?  On est loin de la  défense de la sécurité sociale, dont tous comprennent qu’elle est le grand enjeux de demain, qu’il faudra encore se serrer la ceinture tandis que cette classe politique non seulement inutilement pléthorique se reproduit entre elle tout en démontrant sa parfaite incapacité à résoudre les problèmes… ça ne passe plus !  Et puis il y a aussi l’hypocrisie, apparemment une chose fort bien répartie dans le monde politique.  Ici une anecdote personnelle, un soir je dînais chez un industriel des plus fortunés accompagné d’un ministre socialiste et de sa femme qui deviendra députée, ministre, présidente d’assemblée etc…, à la fin du repas, elle frôle le pull du maître de maison, elle sursaute comme si elle avait été brûlée au troisième degré en s’exclamant « mais c’est du cachemire ! »  Moi, je savais que cette « parfaite militante de base » qui s’offusquait qu’on porte du coûteux cachemire possédait une maison à Saint-Paul de Vence et quelques immeubles en Belgique !  Non !  ça ne passe plus…cette hypocrisie-là est insupportable.

L'Assiette au Beurre - Le Repas du Député

Curieux comme toutes ces tricheries apparaissent clairement, comme les citoyens les perçoivent, les difficultés de la vie auxquelles ils doivent faire face agissent comme un révélateur chimique, une image apparaît… ce n’est plus celle qu’espéraient donner d’eux ces élus, qui ne sont à Bruxelles que de médiocres gagnants d’un concours de circonstances.  Mais cela mérite une bonne raclée électorale mais ni la mort, ni la torture que nous promettent les réseaux sociaux.

La seule vraie question qui a un intérêt est de savoir si le PS peut se réformer de l’intérieur ?  J’avoue que j’éprouve à ce sujet de solides doutes.  Les enjeux sont énormes, mais les habitudes prises sont telles que je pense que les élus adoubés lors de congrès composés d’obligés et de personnels de cabinet ne sont plus capables de voir autre chose que leur intérêt direct… à très court terme.  Comme le disait Sigmund Freud  » quand on a une tête en forme de marteau on voit tous les problèmes en forme de clous « .  La seule hypothèse qui tienne la route est le retrait du pouvoir partout, l’opposition permettant le dégraissage, le délestage de tous « les alimentaires » et ensuite repartir de l’avant.  Dans le cas contraire, le PS disparaîtra… dans l’ignominie et l’opprobre générale sorte de disparition à la Guy Mollet, élu pour arrêter le guerre d’Algérie qu’il s’empressa de poursuivre et d’intensifier… Oui, parfois même en politique les tromperies se payent.

Et Bruxelles !

« La seule règle en politique, c’est qu’il n’y a pas de règle. »    Tony Blair

L’avenir est sombre, très sombre.  Des institutions à la libanaise, mille-feuille inextricable, multiplicité des élus… leur nombre étant directement proportionnel à leur incapacité de résoudre les problèmes qu’au contraire, par leur seule présence, ils accroissent comme le fait l’ineffable Smet, ministre avec 0,46% des voix et qui est censé s’occuper de la mobilité… les tunnels s’effondrent, ils ne sont pas entretenus… mais bon, on fera trois pistes cyclables avenue du port !  « z’étes pas contents…ces Bruxellois quels râleurs ! ».

Il faut le reconnaître, au cours de ces dernières semaines Maingain a donné de la politique une image différente, il est celui qui a dit Non !  Je remarque d’ailleurs qu’il est sans ambiguïté sur la laïcité, c’est l’un des seuls… pourquoi ne pas le dire même si l’on est socialiste… seule la vérité fait avancer les choses !  Il a refusé de « jouer » avec l’institution chargée de l’enseignement, de la santé ainsi que d’une foule de compétences que Lutgen et ses nouveaux alliés voulaient réduire à une Communauté réduite aux caquets !  Là aussi, il a dit non !

Il faut couper le nœud Gordien, la seule façon de le faire est d’en appeler aux citoyens.  Curieux quand même qu’on ne donne jamais la parole aux habitants de cette ville.  Un référendum pour savoir comment nous voulons être dirigés et par qui, si nous voulons conserver cette masse d’élus, cette masse de communes, de CPAS, d’institutions de toutes sortes génératrices de plantureux mandats.

Pourquoi ne nous inspirons  nous pas des exemples Québécois, Ecossais ou Catalan, dans ces régions les politiques ont osé poser la question existentielle au peuple, et il a répondu par… la négative… jusqu’ici !  Chez nous, on ne veut surtout pas permettre de donner la parole aux citoyens, il doit s’exprimer au travers de partis, d’élections si complexes qu’il faudrait être lauréat du prix Fields  pour y comprendre quelque chose.

Pourquoi !  Parce que le citoyen fait peur !  Certains affirment souvent qu’ à force de s’asseoir sur le couvercle de la casserole celle-ci pourrait un jour exploser !
Il ne se passera rien de tel à Bruxelles, cette ville-région est en coma dépassé, un nombre considérable des habitants ont depuis longtemps votés avec leur pieds…ceux qui avaient, les plus jeunes et les plus fortunés, la possibilité de fuir les rives de la Senne sont partis.  Il suffit d’examiner le solde migratoire entre Bruxelles et les Brabant flamand et wallon… tout à fait éclairant !  La semaine passée Pascal De Wit dans « Le Soir » expliquait que Bruxelles n’exerçait plus aucune attraction pour les Wallons, par contre un nombre important de Bruxellois quittaient la région pour devenir Wallons ou Flamands.  Comment ne pas les comprendre.   Bruxelles reste, ce qu’un ministre FDF appelait élégamment dès 1989 une très efficace « pompe à pauvre ».  L’avenir se dessine clairement, Bruxelles sera une ville totalement duale composée d’une part de la population la plus pauvre de Belgique… trop vieux ou trop pauvres pour partir et de l’autre, de fonctionnaires internationaux qui habiteront les beaux quartiers du sud de la capitale… voici le superbe résultat de près de trente ans de fonctionnement de la région Bruxelles !

Allez vivement les élections de 2019 qu’on rigole encore… tant que c’est possible !

Profession Socialiste ou … des conséquences de l’Esprit de Parti.

« La politique, c’est l’art de neutraliser les passions et de les transformer en intérêts. »  Albert Hirschman

Il y a quelques mois j’ai visionné un documentaire sur la disparition annoncée du PS français, le titre « Profession socialiste » annonçait la thèse de ce film, à savoir que le PS français générait en son sein des vocations de politiques, fonctionnaires du parti, collaborateurs parlementaires de toutes sortes mais en fait des femmes et des hommes coupés des réalités de terrain, des spécialistes de l’appareil n’ayant aucune connaissance de la réalité vécue par les citoyens.

En Belgique, la situation n’est pas totalement comparable, mais sur certains points, elle recoupe parfaitement ce «  mal français ».  Ainsi, il y a deux ans, un attaché de cabinet réagissait à l’un de mes blogs où je fustigeais la mise en place systématique à Bruxelles de dynasties politiques.  Je pris quelques renseignements sur ce  jeune homme, je m’aperçus qu’après quelques tentatives universitaires avortées, il avait travaillé au groupe parlementaire du PS à la chambre puis était passé dans différents cabinets ministériels… oui !
Dans son cas, « socialiste » était bien sa profession… et ce cas est loin d’être isolé !

Voir les hommes tomber !

« Tout commence en mystique et tout finit en politique. »
Charles Péguy

J’ai une chance énorme, il n’y a jamais eu en moi la moindre haine, ni la moindre envie !  Cela tient sans doute à mon éducation, à notre histoire familiale, aux valeurs transmises par mes merveilleux parents, nul ne peut mesurer les conséquences sur le long terme du bonheur d’une enfance heureuse… elle irradie toute une vie… et quelle vie !  Ce n’est pas pour rien que Georges Simenon a écrit « il ne connaît pas son bonheur celui qui n’a rien à reprocher à sa mère. »

J’en ai connu des malheureux envieux de tout, haïssant tout ce qui ne leur ressemblait pas… un classique dans le monde politique ou dans celui des hauts fonctionnaires avides de promotions… de voitures et de chauffeurs, Nirvana absolu !  C’est aussi pourquoi je ne me réjouis jamais de voir quelqu’un affronter le malheur, glisser sur le toboggan du déshonneur, se débattre dans d’inextricables difficultés judiciaires, que celui-ci me soit proche ou éloigné, qu’il soit politiquement en accord avec moi ou que ce soit un adversaire.  Le malheur des autres m’attriste.  Contrairement à la splendide formule de Jules Renard pour qui il ne suffisait pas d’être heureux… encore fallait-il que les autres fussent malheureux !

Dans le cas d’Yvan Mayeur, cette peine est d’autant plus douloureuse que je connais l’homme depuis fort longtemps !  Mais les malheurs de Mme Milquet ou de Mr De Decker ne me réjouissent pas plus !  La justice, si tant est qu’elle existe, passera, fera le tri !  Le plus utile à mon petit niveau est d’essayer de comprendre… oui, toujours essayer de comprendre !  D’analyser comment le PS en est arrivé à ce point… les systèmes expliquent les hommes et non le contraire !

La fin de la Sociale démocratie… la fin d’un système.

« Ni réalisme pur ni moralisme absolu. »
Raymond Aron

Le péché originel du socialisme démocratique est le décalage permanent entre les actes et le discours.  Oui !  Il faut l’avouer nous vivons sur un mensonge permanent… On explique qu’on va renverser la table mais depuis près d’un siècle, on ne fait que changer les couverts de place, varier les convives, modifier les parts de chacun, améliorer les plats, la teneur en graisse ou en sucre… mais renverser la table !  Jamais !

Seuls les socialistes allemands ont rejeté dès 1959 au congrès de Bad Godesberg les oripeaux élimés, sanglants du marxisme « scientifique » qui régnait à la frontière de l’Est, se libérant ainsi d’une phraséologie qui aujourd’hui encore empoisonne les partis socialistes de l’Europe du Sud.

En 1920, la minorité de la SFIO refusait, au congrès de Tours, de rejoindre la IIIème internationale, de se soumettre aux vingt et une conditions fixées par Lénine pour adhérer à  l’internationale communiste; il y en avait une vingt deuxième, secrète, qui visait l’appartenance à la franc-maçonnerie, que le leader bolchevik considérait comme incompatible avec le communisme tel qu’il le concevait !  Un communiste bulgare, Dimitrov qui fut le premier patron du Komintern, considérait alors que les socialistes étaient des bossus qui ne se redresseraient jamais !

Aujourd’hui, ce décalage entre les faits, les actes et le discours est devenu insupportable tant il confine à l’hypocrisie pure et simple.   J’ai toujours éprouvé une sorte de honte, un malaise quasi physique lorsqu’à la fin des congrès du PS on chantait l’internationale, certains le poing levé… véritable imposture dans la mesure où le chœur était composé de gens pour qui le terme même de révolution était une incongruité… pour ne pas évoquer la pratique !

Pendant quelques années, j’avais à mes côtés dans les congrès un jeune carriériste qui lorsqu’il ânonnait l’internationale se balançait curieusement d’avant en arrière, dans un rythme proche de l’hospitalisme, je me suis souvent demandé si ce n’était pas là l’expression d’une incontrôlable manifestation schizophrénique.  Ce devait être le cas, car quelques années plus tard, ce valeureux chanteur, ce socialiste pur et dur tentait de mettre au point dans l’ombre propice d’une compagnie d’assurance la pension par capitalisation qu’il essayât de faire adopter au moment où le PS privatisait la CGER !

Pour moi l’internationale est et restera le chant des vaincus de la Commune…
qui ne le connaissaient pas !  Avec Charles Péguy, je pense que « le socialisme est d’abord une affaire de vaincus. » Qu’il est et reste une volonté « d’affranchir la conscience en la libérant des servitudes économiques » comme l’explique Riquier.  Mais voir certains, ou certaines, chanter la bouche en cœur, le poing levé, l’Internationale est une parfaite infamie longtemps cachée qui aujourd’hui apparaît en plein jour… comme une saloperie de secret de famille enfin dévoilée par un notaire gêné aux yeux d’héritiers ébahis.
Voilà l’une des choses qu’on ne nous pardonnera plus !

La pieuvre communautaire.

« Les faits ont l’inconvénient d’être. »
Georges Clémenceau

A ce péché originel d’autres s’y sont ajoutés.  Ainsi, on a vu au cours de ces trente dernières années le PS, fer de lance de la laïcité, de l’école publique, se soumettre petit à petit à des exigences religieuses étouffantes, anxiogènes, destructrices de nos valeurs, envahissant tout au nom d’un communautarisme qui de fait n’est qu’un retour vers l’obscurantisme.  Pendant plus d’un siècle les socialistes ont accusé les partis se réclamant du christianisme d’aller chercher des voix dans les églises, de demander aux curés d’indiquer à leurs ouailles comment « bien voter. »

Et aujourd’hui, nombre d’élus socialistes vont dans les mosquées quémander la bonne parole d’un iman arabophone, totalement étranger à notre culture, à nos valeurs… et dans certains cas, malheureusement, bien décidé à les combattre…
à les détruire !  Cette honte absolue se pratique sans la moindre vergogne pour les plus méprisables raisons électorales… des voix… des voix à tout prix… pour quoi ?  Pour qui… mais pour faire élire ma fille, mon fils, sa copine, mon beau-fils ou ma belle-fille… c’est à pleurer… ou à hurler de rage.

Pour les mêmes raisons le PS accepte dans ses rangs des gens qui se revendiquent publiquement d’une identité de pensée avec le Hamas, que la charte de cette organisation précise que son but est de détruire Israël, que cette organisation soit classée par l’ONU sur la liste des organisations terroristes…
peu importe !  Il ne faut pas faire éternuer Molenbeek… Bruxelles toute entière pourrait s’enrhumer et… le PS être réduit à son électorat de base… drame absolu car cet électorat a disparu, envolé cet électorat-là était attaché aux valeurs fondatrices du PS !

On accepte dans nos rangs des gens dont on ne sait plus si ils sont des élus représentant des électeurs belges ou s’ils ne sont pas les représentants d’une inquiétante puissance étrangère… pas de problème, ces gens font des voix…
ils ont donc leur place… ils sont élus… ils exercent des mandats…

Question : Au profit de qui ?  Comment les dirigeants du PS bruxellois n’ont-ils pas encore compris ce que chacun sait, ce que chacun voit parfaitement !
Cela non plus on ne nous le pardonnera plus !   Et on aura raison !

La systématisation de la parthénogénèse.

 « Corée du Nord ou Bruxelles… une dynastie reste une dynastie. »

Je viens d’évoquer les filles et fils de… Cela a existé de tout temps, qu’on se souvienne des Janson… Spaak… Nothomb… Dehousse et tant d’autres.  Lors des dernières élections ce fut la ruée des familles sur les listes électorales… on aurait dit une affluence de clients en période de solde.  La presse identifia huit filles de… ou fils de… mais en fait ils n’étaient pas moins de dix car il fallait y ajouter les petits copains ou copines, les enfants du premier lit portant un autre nom etc… l’épouvante !  Certains n’ayant même pas terminé leur cursus universitaire se voyaient en charge de mandat considérable. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nous ne sommes pas loin à Bruxelles de Pyongyang… en tout cas les règles de succession sont les mêmes !

Je fus effaré d’entendre Moureaux me dire que seule sa fille Catherine serait susceptible de lui succéder !  Hallucinant !  Lors des dernières élections ces fils, filles, beaux-fils ou belles-filles furent élus grâce au socle électoral maghrébin qu’un chercheur de la KUL qualifie durement de bétail électoral.
Cette expression me choque mais l’image a le mérite de la clarté.
Conséquence… exode… disparition des militants… exit le débat démocratique.  Les listes électorales étant composées par un comité des « sages »… à qui il suffira de dire « merci papa »… « merci belle-maman » un sympathique dîner de famille suffira à composer la liste des élus !

Les sections du parti socialiste.

« Le corps est dans le monde social mais le social est dans le corps. »
Pierre Bourdieu

Ce ne sont plus que les faibles lumières d’étoiles mortes.  Depuis longtemps, celles-ci ont cessé d’être des pépinières de militants.  Alors qu’André Cools au congrès de 1978 voulait que les sections fussent ouvertes à tous… aujourd’hui elles sont fermées, squelettiques, à l’une ou l’autre exception, elles ont cessé de fonctionner… elles ont cessé d’exister en tant que telle, en tant que pépinière de militants, en tant centre de débats démocratiques. !

En tout cas partout les… ex-socialistes sont plus nombreux, de loin plus nombreux que ceux que l’on déclare encore affiliés… sur papier… et qui depuis longtemps ne le sont plus, immense cohorte de ceux qui ont voté avec leurs pieds. Dans une commune de cinquante mille habitants… 12 électeurs « socialistes » votent pour un président qui est élu grâce à huit voix !
Et tout est à l’avenant !

Hyper institutionnalisation.

« L’intelligence est le seul outil qui permet à l’homme de mesurer l’étendue de son malheur. »
Pierre Desproges

A Bruxelles, impossible aux citoyens d’adhérer ou même de comprendre l’immense machine à gaz institutionnelle, création d’un artiste fou,
bric-à-brac digne de la maison du facteur Cheval !  Multiplicité des mandats…quatre-vingt-neuf députés pour un million cent mille habitants… en Wallonie septante-cinq pour trois million et en Flandre, toujours cent-vingt-quatre pour plus de six millions d’habitants.

Ajoutez à cela les communes, les CPAS, les Organismes Publics, les mille et un bidules… tous générateurs de mandats… donc de fric.  Là, est la vérité de ce que nous subissons ! Là est la source des scandales qui aujourd’hui font surface tels des Titanic que l’on croyait engloutis.

Comment s’étonner dans ces conditions que nous soyons dotés de ministre de carnavals tout juste aptes à faire de l’animation un jour d’inauguration de supermarché !  La région de Bruxelles me fait penser à Byzance en 1453, des dirigeants ridicules débattant du sexe des anges, huit mille défenseurs sur les créneaux face à des centaines de milliers de Turcs… à la différence qu’à Bruxelles les Turcs, pas tous antipathiques, sont déjà à l’intérieur !

Les scandales… l’absence de contrôle… le partage politique permanent.

« Je fais confiance mais je vérifie toujours. »
Ronald Reagan lors d’un entretien avec Gorbatchev
Voilà le décor où éclatent les scandales, cadre lui-même générateur de scandales… scandale institutionnel en soi !  Je l’ai déjà écrit, les scandales sont un signe de bonne santé de nos institutions… en dictature pas de scandale.
Pour ceux qui en doute, qu’ils demandent aux journalistes turcs s’il est possible d’évoquer dans la presse l’une ou l’autre turpitude des hommes au pouvoir !

A Bruxelles, j’ai plus que la conviction, j’ai la certitude que des situations telles que celle du Samusocial existent dans bien d’autres institutions… bien entendu l’opinion avec raison s’est émue d’autant plus qu’il s’agit dans le cas du Samusocial de l’argent destiné aux plus pauvres.  Mais j’affirme, je maintiens que tous ceux qui ont travaillé ou travaillent encore dans les institutions bruxelloises sont témoins de dérives du même type… ou pire.  Pourquoi ?  Parce qu’il n’y a plus de réel contrôle et que tout le monde dépend de tout le monde, chacun tient l’autre par la barbichette.  Un proverbe espagnol dit que quand un grand arbre tombe chacun se fait bûcheron… autrement dit chacun veut sa part de fagots.

L’opinion publique ignore cette mécanique mortifère qui à Bruxelles exige que si le patron d’une administration est francophone son adjoint sera flamand selon la sacro-sainte croix de Saint André mais attention… ce n’est qu’un début…
si ce patron est étiqueté socialiste, il sera flanqué pour chaque rôle linguistique d’un adjoint doté d’un autre dossard… vous voyez la cascade et bien sûr tous sont dotés de traitements considérables qu’aujourd’hui on semble découvrir.
Mais le pire est que cet adjoint linguistique ou « politique », toujours surpayé, n’a parfois qu’un rapport très éloigné avec la fonction qu’il devrait exercer…
et dans la mesure où s’agissant de créatures politiquement protégées… elles sont intouchables.

J’ai vécu le cas, dans un organisme public de première importance, d’un vice-président catalogué CVP qui était manifestement devenu fou, on pouvait, certains jours, le voir au coin d’une rue très fréquentée du haut de la ville, proche de son bureau, tenir seul des discours incohérents !  Son attitude dans le fonctionnement de l’institution était tout aussi « particulière »… que croyez-vous qu’il advint ?  Le président de l’institution tenta de s’en séparer mais halte-là mon gaillard… le CVP défend ses ouailles… le dingue parti mais avec une somme rondelette (à l’époque plus de dix millions de Francs belges)…et… il poursuivit ailleurs sa carrière de haut fonctionnaire.

Voilà un exemple, il y en a des dizaines et des dizaines… tous générés par le mille feuilles institutionnel bruxellois ainsi que par la volonté de chaque parti au pouvoir… au moins cinq mandats chaque fois… de nommer des gens car de fait… nommer voilà le vrai, l’unique pouvoir qui en vaut la peine. Mais ce sont là des scandales dont jamais on ne parlera, le contribuable casque voilà tout !

Les fantômes de cabinet.

« Les grandes catastrophes s’annoncent à petits pas. »
Éric Vuillard 

En 1973, j’étais conseiller au cabinet du premier ministre Leburton.
Un personnage qui fera par la suite une prestigieuse carrière politique y était aussi… en théorie car en pratique il était au siège du parti.
Quand se constituaient les cabinets, le PS comme tous les partis, exigeait que soit mis à sa disposition un quota de membres du cabinet qui en réalité œuvreraient pour le parti sans avoir le moindre rapport avec le ministre qui les avait nommés.

Certains ministres rechignaient, protestaient mais ils étaient rares… et surtout leur protestation portait sur le fait qu’on leur enlevait de précieux collaborateurs.  Gérard Deprez, dénoncé par un ancien ministre PSC, fut inculpé pour ce type de pratique.  Mais heureusement pour lui, il ne fut jamais jugé.
Ce qui semble être reproché par la justice à Mme Milquet s’apparente à ce type de procédé.  Lorsque Gérard Deprez fut inculpé, la peur s’installa dans certains cabinets socialistes, je me souviens qu’une ministre donna comme consigne aux fantômes de cabinet, à qui maintenant on avait réservé des bureaux… qu’ils n’occupaient pas… de laisser traîner une veste à un porte-manteau et d’abandonner… un trognon de pomme… un reste de sandwich sur le bureau…marrant non !

Lutgen considère que le PS est au pouvoir depuis trop longtemps !

 Un tel niveau d’hypocrisie…c’est de la franchise. »
Michel Audiard

De 1973 jusqu’en 1995,  j’ai participé dans les majorités ou l’opposition aux commissions chargées de négocier les nominations, tâche délicate, ingrate mais passionnante dans la mesure où elle permet de voir apparaître certaines vérités solidement cachées… J’en ai même vu qui étaient prêts à payer pour se vendre et au moins deux qui ont prostitué leur compagne pour approcher celui qui pourrait asseoir leur carrière… La vérité des hommes n’est pas toujours belle à voir !  Je suis donc particulièrement bien placé pour savoir avec quel brio, quel maestria, quelle science le PSC a « occupé l’Etat », a placé ses « pions » partout où il lui était permis de la faire.

Je fus fortement impressionné lorsque je vis mon homologue PSC, magistrat de son état, déployer un immense tableau où se dessinait la carrière de ceux que le PSC avait nommés et souhaitait promouvoir jusqu’au sommet… des hommes sûrs sans aucun doute ! Cette formation a depuis la libération progressivement perdu ses électeurs surtout après la conversion du parti libéral qui abandonnant ses options laïques s’ouvrit largement à de nouveaux électeurs attachés aux valeurs chrétiennes.

Le déclin du PSC fut lent mais constant, il devint donc le parasite du CVP, entrant dans les gouvernements dans les fourgons du tonitruant parti frère flamand.  Puis après la régionalisation, les choses devenant plus difficiles, le PS dominant en Wallonie, la tique PSC s’arracha d’un CVP affaibli, exsangue, sauta sur le PS, y planta ses crocs de sangsue, s’y accrocha contre vents et marées, tint bon même pendant les cinq cents jours de crise et ainsi pu se « nourrir » sur le PS.

Aujourd’hui, la multiplicité des scandales empêcherait le CDH de poursuivre sa collaboration avec le PS… curieux car des scandales il y en avait déjà eus beaucoup lorsque la crise des cinq cent jours démontra « l’inébranlable » fidélité du CDH à l’égard du PS, je songe notamment à la saga carolorégienne.  J’ai toujours été fasciné par le langage corporel, le jeu des yeux… fixes, fuyants… mobiles… les mouvements de la tête, des épaules (voyez Sarkozy) les mains, les gestes des bras, les poings serrés ou les mains molles que l’on devine poisseuses, les pieds animés de la danse de Saint Gui, les jambes croisées ou non… les corps nous parlent autant que les voix… et eux ne mentent pas !

Je fus donc particulièrement attentif à la gestuelle de Benoit Lutgen annonçant son coup de poker.  J’observai une étonnante immobilité des traits du visage, une fixité du regard, une rapidité du langage, la façon remarquable dont les mots s’égrenaient, le corps ne parlait pas, une autorité  surjouée, dénotait une sorte d’inquiétude, de crainte, l’ombre d’une peur embuait tout le discours, les mots s’additionnaient vifs, découpés un à un, alourdis par un ton plus sourd pour ceux qui devaient marquer l’auditeur. La pauvreté de l’argumentation était-elle liée à la misère chaotique d’un parcours universitaire par trop fragmenté ?  Croyait-il que ce qu’il affirmait était la vérité parce qu’il le pensait ?

Ce président de parti cultive manifestement une forme de ruralité de la pensée, bétonnant son discours d’une sorte de franchise paysanne bourrue, brut de décoffrage donc…supposé sincère, honnête,  ne se rendant pas compte qu’il confond ainsi le discours politique avec l’ouverture de la foire agricole de Libramont !  Ce machiavel bucolique n’est cependant pas pire que la triste multitude des stratèges suburbains peuplant le cheptel politique bruxellois.

L’esprit de parti ou qui a le vrai pouvoir ?

« Les échelles vermoulues ne mènent à aucun paradis. »
Arthur Koestler

Souvent lorsque je discutais avec des amis libéraux ceux-ci me précisaient combien ils enviaient la discipline régnant au PS,  se plaignant sans cesse de l’individualisme des mandataires libéraux et de l’impossibilité de faire régner l’ordre et la discipline.  Or, c’est précisément cette organisation pyramidale qui a tué le PS.  Qui détient le vrai pouvoir ?

Non !   Ce n’est pas Di Rupo, loin de là, il ne dispose de fait que d’un pouvoir tout relatif… celui de nommer les ministres.  C’était, j’insiste, c’était un vrai pouvoir, cela ne l’est plus. La régionalisation a changé la donne.  Il a toujours fallu calibrer, peser à la balance de pharmacien la représentation des fédérations au sein des gouvernements, gérer la lutte incessante de la fédération liégeoise contre les fédérations hennuyères, régler les conflits entre les fédérations du Hainaut, contenter les uns sans mécontenter les autres !
Spitaels était un orfèvre… jusqu’à se nommer lui-même à l’Elysette !

En conséquence, ce pouvoir considérable jusque dans les années septante de nommer les ministres s’est effrité, morcelé… Di Rupo me fait songer aujourd’hui à Gulliver se réveillant ligoté par d’innombrables fils noués par les revendicatifs lilliputiens des fédérations. Voilà les vrais patrons, les présidents de fédérations régnant sans partage sur un peuple d’attachés de cabinet et autres obligés…
là s’exerce la rigoureuse discipline de ceux qui comptent et des autres…

J’ai toujours été étonné de cette volonté de caporalisme dans le PS, c’est souvent un socialisme qui tient de la sacristie et de la caserne.  Je songe souvent à Edmond Picard, juriste, créateur des Pandectes, et qui fut sénateur socialiste.  Evoquer Picard est délicat car il fut aussi l’un des théoriciens de l’antisémitisme, raison pour laquelle l’avocat Graindorge brisa, avec raison, son buste au palais de Justice.  Néanmoins, il m’intéresse car il quitta le POB de façon à la fois originale et superbement intelligente.

Etant invité à faire une conférence à la maison du peuple de Bruxelles, il monta à la tribune et se mit à réciter la fable de La fontaine « Le loup et le chien ».
On connait le thème, le chien gras bien nourri méprise le loup hâve, côtes saillantes, pelage terne, couvert de cicatrices… quand, répondant au chien, le loup remarque une trace sur le cou du chien… et celui-ci est bien obligé d’avouer que c’est la trace du collier.  Ayant terminé la récitation de la fable, Edmond Picard, sans un mot de plus, descendit de la tribune, traversa la superbe salle Horta et quitta pour toujours le POB !

Voilà un exemple qui me paraît admirable.  J’ai quelques difficultés à exprimer, tant ce fut intense, l’immense sentiment de liberté je ressentis lorsque je décidai après une ultime dispute sur la laïcité avec Moureaux  de ne plus m’investir au sein de la fédération qui n’était plus qu’une chambre d’enregistrement des désirs du « Chef ».  J’éprouvai alors une extraordinaire impression de légèreté…
je quittai définitivement mes semelles de plombs, libéré du joug,  je m’enivrai du vent frais et revigorant de la liberté… j’avais quitté l’esprit de parti… j’allais pouvoir penser librement… agir de même… mieux vaut tard que jamais !

Y a-t-il une ou des alternatives à la sociale démocratie ?

« Cette moitié optimiste de l’humanité qu’on appelle la gauche parce qu’elle croit au progrès social. »   Arthur Koestler

La sociale démocratie ne s’effondre pas seulement en Belgique francophone mais dans toute l’Europe.   La cause fondamentale ne réside pas dans l’éclatement des scandales divers et multiples, la preuve en est le SPA flamand qui est devenu un tout petit parti dont les pudeurs de père la vertu me font rire !   On voit éclore ici et là différentes formations contestataires que ce soit Podemos en Espagne, les Insoumis en France ou encore Cinque Stelle en Italie.  Là où ces formations arrivent au pouvoir on constate de curieuses orientations, ainsi Cinque Stelle gèrant la ville de Rome, il n’a pas fallu six mois  pour qu’éclatent différents scandales et surtout l’incompétence des élus de ce parti, la gestion des villes de Madrid et Barcelone par des élues de Podémos semble aussi poser quelques solides problèmes.

Et en Belgique, s’ébroue le PTB, formation se référant au Maoïsme  (le fait-elle encore ?) qui se veut l’alternative de gauche à un PS KO debout.  Concernant le PTB, j’adore la formule diffusée par Michel Gheude sur les réseaux sociaux, « voter PTB c’est comme quitter le catholicisme pour rejoindre l’église de scientologie »… magnifique d’intelligence et de concision !

En France, il y a Mélenchon, là c’est du solide… des références culturelles, du bagout et du dégoût en pagaille.  Lui, il se prend pour Victor Hugo, Bolivar, Jaurès, le tout passé au mixer de Chavez, Castro et quelques autres.  Il croit faire revivre la Commune de Paris mais il ne fait que déverser des mots, des flots de mots, encore des mots prononcés avec une permanente mauvaise humeur d’atrabiliaire… pas de doute pour moi Mélenchon souffre du foie !  Mais qu’y a-t-il mises à part des formules de batteurs d’estrades, où sont les axes permettant de venir en aide réellement à cette France qui ploie sous le chômage ?

J’en veux  beaucoup à Mélenchon car il vend de l’illusion, il trompe des millions de gens qui sincèrement pensent pouvoir « changer la vie » alors qu’en fait, son action fera le jeu de la droite car à cause de lui, qui s’estime le seul dans la vérité, aucune union de la gauche ne sera possible… et sans cette union aucune chance d’arriver au pouvoir… sauf bien sûr si grâce à l’Union bolivarienne… !  Je rigole bien sûr ! Non ! Ce marchand de rêve ne conduira qu’au cauchemar, le joueur de flûte guidera sa horde d’électeurs sympathiques, confiants mais naïfs au désastre, à la désillusion ou… au vote Front National ! On peut citer Jaurès et comprendre que la mondialisation cela existe, on peut citer Victor Hugo et comprendre les interconnexions des sociétés du XXIème siècle, qu’on le veuille ou non, nous dépendons tous les uns des autres… et ce à l’échelle mondiale…l’effet papillon est maintenant permanent, total.

Alors quoi !  Le désespoir ?

« L’essence de la politique, c’est l’espoir. »  Arthur Koestler

Bien sûr que non !  L’histoire ne s’arrête jamais !  Et le désir de liberté et d’égalité ne disparaîtra jamais du cœur des hommes.  A notre tout petit niveau du PS belge, il est indispensable que le PS aille dans l’opposition et vite… c’est cette culture du pouvoir qui nous a plombés car elle est antinomique de ce qu’est un parti socialiste digne de ce nom.  Il convient d’en finir avec cette lente décomposition de l’Etat belge.  Je l’ai déjà écrit, la Belgique n’a jamais été une Nation mais elle fut un état… aujourd’hui elle ne l’est plus !  Quelle institution fonctionne encore normalement ?

On peut douter de tout quand publiquement sur l’antenne de la chaîne de télévision publique le Président de la Cour de Cassation affirme que l’Etat, l’Etat belge est un état voyou ! La Justice est au cœur de l’Etat de droit, elle est chargée d’en assurer jour après jour la légitimité… et son plus haut représentant estime que l’Etat est un Etat voyou.  Une telle déclaration aurait dû provoquer un séisme ou une révocation… quelques articles… quelques tribunes… puis on est passé à autre chose.  Non !

Il faut en finir et négocier une fois pour toute une ultime réforme de l’état.  Cette réforme devrait impliquer une solide simplification des institutions bruxelloises qui telles qu’elles sont ne génèrent que des mandats et de gigantesques dépenses publiques.  Les communes bruxelloises doivent être totalement repensées car aujourd’hui c’est en permanence l’absence de tout contrôle réel et la prime à la mauvaise gestion.  C’est dans ce contexte que le PS doit se reconstruire, se faire l’instrument d’un volontarisme institutionnel courageux, qu’il doit avoir l’audace de supprimer cette foule de mandats inutiles et surpayés… ce n’est qu’à ce prix qu’il a une petite… une toute petite chance de se régénérer.

Pour conclure, pour ne pas laisser le monopole des citations de Victor Hugo à Mélenchon,  je dirai, concernant le PS bruxellois, « l’homme est par terre mais l’idée est debout ! »

Un génocidaire belge, Léopold II ?

« Nul ne peut barrer la route de la Vérité. »  Alexandre Soljenitsyne.

Le meilleur et le pire.

Il y a quelques jours, réagissant à je ne sais plus quelle information, je me risquai à poster un commentaire mettant en cause les agissements de Léopold II au Congo.  Quatre internautes me prirent à partie m’accusant, qui de répandre des fariboles pêchées à Kinshasa, qui de prendre pour argent comptant la propagande anglo-saxonne de l’époque.  Un cinquième intervenant courageusement dissimulé sous le nom d’un prestigieux cinéaste espagnol eut tout de suite recours à la pire des vulgarités et à l’insulte poujadiste…un classique !

Chacun le sait les réseaux sociaux sont comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.  Au côté de la merveille technologique qui consiste à unir les gens, gicle le vomi des impuissants essayant de palier la médiocrité de leur vie par l’insulte anonyme sur Facebook…médiocre consolation de ratés!  Je proposai néanmoins à mes contempteurs de leur fournir une bibliographie afin qu’ils se forgent leur jugement, aucun ne me communiqua une adresse électronique, l’un d’entre eux me précisa que même si je lui fournissais un tombereau d’information, il n’en croirait pas un mot !

« Le mythe est un mensonge de la mémoire. »  Richard Dindo  

Incorrigible optimiste, toujours accroché au principe de perfectibilité des hommes,  je me résous à rédiger cet article et à communiquer quand même sur ce sujet qui me passionne depuis toujours.

J’ai commencé ma scolarité primaire en 1950; lorsque nous achetions un cahier, celui-ci nous était fourni avec un buvard sur lequel était dessiné, étonnant camaïeu,  un personnage portant un large casque colonial se prolongeant sur la nuque, l’allure protectrice, dominant un noir en pagne arborant une lance et un bouclier de peau.  L’histoire de la colonisation n’était alors qu’une suite d’images saint-sulpiciennes, le bon et valeureux roi Léopold luttant avec acharnement contre l’esclavagisme apportant la sécurité, la santé, l’éducation… en un mot la civilisation.  Douze ans plus tard, à l’ULB le professeur Stengers, pour qui j’ai le plus grand respect, m’enseigna l’histoire du Congo.  Nous étions loin du buvard de l’école primaire… cependant les critiques concernant les méthodes utilisées par les représentants de Léopold II étaient balayées d’un revers de la main, dans la mesure où notre professeur considérait que ce n’était que l’expression de la jalousie des anglo-saxons.  Thèse qui sera d’ailleurs évoquée par l’un des intervenants sur internet… preuve qu’il n’est pas facile à la vérité de remplacer le mensonge !   Au départ du cours de Jean Stengers, j’ai poursuivi mes recherches et lu quantités d’ouvrages sur la colonisation du Congo par Léopold II et ensuite par la Belgique.  Au fil des ans, les faits prirent une autre dimension, une autre histoire se dégageant de la gangue amidonnée par la légende civilisatrice et… très catholique, la vérité apparaissait avec son effroyable cortège d’horreurs.  On avait menti à des générations de belges !  Là est aussi l’insupportable scandale.

« Léopold II fut un patriote au-dessus de tout soupçon… Mais quelques fussent ses bonnes intentions,  jamais il ne comprit que la fin ne justifie pas les moyens. »  Barbara Emerson

Léopold II, alors même qu’il n’avait pas encore accédé au trône, évoquait souvent sa volonté colonisatrice.  Il a envisagé de nombreuses hypothèses, qu’il s’agisse de l’achat de la Crète, des îles Féroé, d’une parcelle en Chine, des nouvelles Hébrides, des îles Fidji, de territoires en Argentine.  A noter que la classe politique belge a toujours été opposée à l’aventure coloniale.  Ainsi Frère Orban, leader libéral n’hésitait pas à proclamer à la chambre : « nous n’avons pas besoin de colonie, nous avons la France »  faisant référence implicitement au nombre de travailleurs belges qui y travaillaient.

Après la découverte, au mitant du XIXème siècle,  par Speke et Burton de l’immense lac qu’ils baptisèrent Victoria, les milieux scientifiques européens s’enthousiasmèrent pour l’exploration de l’Afrique centrale qui restait pour une large part, une tache blanche sur les Atlas.  La réussite de l’extraordinaire opération de recherche du pasteur Livingstone par Stanley fut un coup de tonnerre médiatique, d’autant plus que l’expédition avait été financée par Gordon, patron de presse américain.  L’Afrique centrale devenait une proie pour les explorateurs…et les colonisateurs.  Léopold II engagea Stanley, finança une nouvelle expédition dont le but, il fut atteint, visait à relier Zanzibar à l’océan Atlantique, traversant ainsi de part en part tout le continent africain.  Parallèlement, Léopold II organisait au Palais Royal de Bruxelles une réunion à caractère pseudo-scientifique dont le but était d’asseoir sa légitimité en qualité de spécialiste de l’Afrique centrale.  Cette conférence fut un coûteux échec mais qui se révéla prometteur lorsque les grandes puissances organisèrent la conférence de Berlin fin 1884 début 1885 afin de répartir leur influence en Afrique centrale où l’Angleterre, la France et l’Allemagne se disputaient de vastes domaines.  Ce fut la grande réussite de Léopold II.  Il se vit attribuer un immense territoire, septante-huit fois plus vaste que le médiocre royaume où il n’était qu’un souverain constitutionnel.  Le gouvernement belge, toujours opposé à l’aventure coloniale, étonné mais passif, accepta que le roi devint le chef de l’Etat Indépendant du Congo !  Léopold II mit sur pied une administration dont le siège était rue de Bréderode à l’arrière de son palais, le bâtiment existe toujours, curieux chalet suisse collé à la résidence royale ; il  recruta, en majorité des officiers et sous-officiers libéraux qui n’ayant aucune chance de carrière en Belgique du fait des gouvernements homogènes catholiques, tentaient la chance en Afrique.

« La vérité, l’âpre vérité ! » Danton

Qu’espérait Léopold II ?  D’abord faire du profit grâce au commerce de l’ivoire qui au début de la colonisation était la grande source de revenu.  La lutte contre l’esclavagisme ne fut jamais qu’un pâle mensonge tout juste bon à faire frémir le bon peuple grâce à la presse à sensation.  Très vite, les affaires périclitent, l’ivoire n’est plus rentable, boules de billard, touches de pianos et prothèses dentaires ne constituent pas un marché suffisant, le roi est au bord de la faillite.  Il sollicite un prêt auprès du gouvernement belge, qui, en traînant les pieds, lui accorde.  Ce prêt le roi ne le remboursera jamais !  Quelques années plus tard ; tout change grâce à l’explosion des besoins de caoutchouc.  Or, au Congo, pour le malheur de son peuple, le caoutchouc pousse naturellement en abondance.  C’est à ce moment que commence les atrocités liées au travail forcé. Il ne peut donc y avoir aucun doute que ce soient la cupidité, la rapacité du roi en quête de fortune qui conduisirent aux horreurs que les peuples du Congo allaient subir.   A cette époque, en Afrique centrale, peu de témoins… néanmoins quelques missionnaires anglo-saxons, suédois s’alarment des pratiques féroces des agents du roi Léopold II.  Des représentants du gouvernement anglais Morel et Casement établissent des rapports à l’intention de leur gouvernement.  Les américains envoient une mission d’étude.  A Paris, l’hebdomadaire « l’Assiette au Beurre »,  le « Charlie hebdo » de l’époque caricaturent Léopold II devant des paniers de mains coupées.  De fait, les soldats de la Force publique, pour une cartouche tirée devait présenter à leur officier deux mains coupés… prodigieux sens de l’économie !  L’origine des conflits était toujours le travail forcé et les quantités toujours plus importantes de caoutchouc qu’il fallait récolter.  Les populations indigènes n’ayant aucune conscience de la notion de travail, il est évident que seule la force la plus brutale pouvait obtenir des résultats. On ne compte plus les villages brûlés, les populations prises en otage, les massacres à la mitrailleuse des indigènes révoltés.  Aujourd’hui tous ces faits sont dûment documentés et répertoriés, pour s’en convaincre, il suffit de lire les protocoles d’importation d’armes et de munitions transitant par Anvers pour aboutir au Congo.

« Quand la légende devient la vérité, imprimez la légende. » ( ? )

Le roi amassa une fortune colossale. Ses avoirs étaient estimés au début de son règne à cinq millions de franc or, lorsqu’il vendit le Congo à la Belgique en 1908, les chercheurs estiment que sa fortune s’élevait à 14 milliards alors même qu’il en avait dépensés 8 pour différents projets urbanistiques et autres en Belgique.  Ainsi, il devint l’un des hommes les plus riches du monde.  Il ne fait cependant pas de doute, que la vente du Congo à la Belgique fait suite à l’énorme campagne de presse dénonçant l’incroyable brutalité des agents du roi en vue de récolter le caoutchouc.  Dans la mesure où il n’avait pas remboursé le premier prêt obtenu de l’état belge, il est permis d’affirmer que Léopold II a donc vendu deux fois le Congo à notre pays.   Léopold II fit détruire systématiquement les archives de l’Etat indépendant du Congo et camoufla sa fortune notamment grâce à une fondation créée en Allemagne, ce ne fut que quatorze ans après sa mort qu’on parvint à voir clair dans ses avoirs.

« La vérité vous rendra libre. » L’Évangile

Le titre de cet article se termine par un point d’interrogation.  La question est donc posée, les horreurs dont les employés de l’Etat indépendant du Congo se sont rendus coupables font-elles de lui, principal bénéficiaire, un génocidaire ?  D’abord, j’insiste sur le fait qu’il est des mots dont l’usage doit être parcimonieux car à force de les utiliser pour tout on leur soustrait leur valeur, leur force.  Le mot génocide n’a été créé qu’en 1944 pour qualifier le massacre industriellement planifié des Juifs par les nazis.  Dès lors, je pense que le terme de génocide ne peut être employé que pour définir : 1. Le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915.  2. Le massacre des Juifs par les nazis.   3. Le massacre des communistes en Indonésie au moment du coup d’état de Suharto.  4.  Le massacre de la population cambodgienne par les Khmers rouges.  5.  Le massacre des Tutsis en 1994 au Rwanda.  Je veux quand même préciser que l’empire Allemand avait commencé en massacrant systématiquement la tribu des Hereros et celle de Namas tout au début du siècle !  Intéressant de savoir que le coupable, le général Von Trotha avait comme adjoint un officier du nom de Goering, père de celui qui fut le « dauphin » d’Hitler.

J’estime donc au regard de la définition du génocide que Léopold II fut responsable de crimes de masse mais pas d’un génocide d’un point de vue purement sémantique… ceci dit, cela ne change rien pour les victimes qui selon les chercheurs se chiffrent autour de dix millions entre 1885 et 1909 !

Voilà donc ce qui pour moi est le secret le mieux gardé, le grand mensonge de l’histoire de Belgique.  Et c’est ce mensonge qui doit blesser tous les démocrates, tous ceux qui veulent que l’histoire soit avant tout la recherche de la vérité.  Mais attention, il n’y a chez moi pas l’ombre d’une quelconque volonté de repentance ou d’expression d’un pardon rétrospectif.  Non !  Seule la vérité compte !  Et je ne vois pas en quoi, le belge moyen aurait une responsabilité dans ces abjections.  Bien entendu, je conçois qu’il n’est pas toujours facile de voir s’envoler les confortables écailles qui masquent à nos yeux les vérités atroces de l’histoire, surtout quand elle est la nôtre… le mensonge est souvent tellement plus beau que la vérité.

Je laisse la conclusion à Primo Levi quand il écrit : « Les monstres existent mais ils sont trop peu nombreux pour être dangereux… plus dangereux sont les fonctionnaires prêts à croire et à agir sans poser de question. »

 

Bibliographie :

« Léopold II, le royaume et l’Empire. »  Barbara Emerson.  Document Duculot.  1980
« Les fantômes du roi Léopold. »  Adam Hochschild.  Belfond.  1998n
« Crime in Congo » Arthur Conan Doyle.  1902
« Congo »  Eric Vuillard.  Actes Sud.  2012
« Stanley, dark genius of African exploration » Pimlico. 2004
« Zoo humains.»  Nicolas Bancel.  2002
« Congo une histoire. »  Davide Reybroek.  Actes sud.  2012
« Le bureau des reptiles. »  Marcel-Sylvain Godefroid
« The King incorporated. »  Londres.  1953
« Au cœur des ténèbres »  Joseph Conrad.  1899
« Le rêve du Celte. »  Gallimard.  2011
« Aux avants postes du progrès. »  Joseph Conrad. 1899

Enfin, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, les ouvrages de Barbara Emerson et de Adam Hochschild reprennent une très abondante bibliographie.

De l’utilité des scandales en démocratie ou « Vive les scandales ! »

Depuis quelques mois, la presse qui était très mobilisée par les dossiers du Kazakhagte, mêlant politiques, policiers, justice, magistrats, est passée à autre chose, le dossiers des intercommunales Publifin, leur infinie générosité à l’égard d’un quarteron d’élus de tous bords, bénéficiant d’un pactole qu’ils fussent présents ou non lors des réunions.  Cela permet sur les réseaux sociaux de voir réapparaître le vieux, le sempiternel slogan du « tous pourris ».  Certains même se risquant à évoquer un changement de régime… bien sûr… un régime fort, l’un de ces régimes où les scandales n’existent pas !  Pourtant, un tout petit peu de mémoire permet une autre vision, d’apporter quelques nuances… seulement un peu de mémoire… un soupçon de connaissance historique… oh deux fois rien…voyez plutôt.

Dans l’Italie de Mussolini, après l’assassinat du socialiste Matteotti, plus un seul scandale, la presse aux ordres se tait, elle obéit… tout est uniforme, on assassine en silence !  Tout est parfait sous les ordres du caricatural du Duce ! Les films d’actualité de la « Luce » nous montrent Mussolini à moto, coupant les foins, le torse moulé dans un débardeur, à cheval… mais pas de scandale jamais !

Dans l’Allemagne nazie, il n’y a qu’un ennemi, qu’un scandale l’autre… le Juif, là est le grand scandale, sa seule existence est une horreur,  il ne peut y en avoir d’autre… tout y est parfait, les trains arrivent à l’heure, les postiers sont polis, les policiers sévères, les trottoirs impeccables. Les films de la « Wochenschau » strictement contrôlés par Goebbels ne diffusent que des images de merveilleuses jeunes filles blondes, de solides gaillards la mâchoire contractée, culottes de cuir, le regard vers l’horizon… et aussi sans doute… vers la frontière polonaise. L’écrivain britannique Philip Kerr dans sa « Trilogie berlinoise » explique fort bien comment des affaires criminelles où étaient impliqués les pontes du régime passaient à la trappe.

En Union soviétique et dans les pays satellites, aucun scandale ; la presse ne mentionnait même pas, cela lui était interdit, les faits divers.  Ainsi le monstre de Rostov put pendant des années massacrer des jeunes gens, comme l’explique fort bien Tom Rob Smith dans son roman « Enfant 44 ».  Les seuls scandales des dictatures communistes sont ceux voulus, organisés, construits par le pouvoir, celui des supposés « ingénieurs saboteurs », celui des espions de toutes sortes, des médecins juifs du « complot des blouses blanches », plus récemment dans la Pologne communiste, la liquidation du patron de la TV devenu indocile où une perquisition permit, évidemment, de trouver à son domicile des milliers de cassettes pornographiques… toujours efficace d’ajouter des affaires de sexe pour démolir un type.  Le brave peuple, dont on suppose, bien à tort, qu’il ne connait rien au sexe, ne pourra qu’être heurté !  Comme on le sait aujourd’hui, en URSS, même le bulletin météo faisait l’objet d’une analyse, d’un contrôle politique !

A CUBA.

Pas de scandale, sauf lorsque Castro veut se débarrasser du général Ochoa, devenu encombrant… tiens lui aussi… car il était informé des transactions de l’île paradisiaque avec quelques grands narco trafiquants. Le général sera fusillé et on n’en parlera plus.  Plus un palmier ne frémira sous les tropiques… tout sera parfait, calme et volupté, sous Castro et sa famille.

COREE DU NORD.

Pays au fonctionnement impeccable.  Oh ! de temps en temps, le méchant voisin de Corée du Sud fait état de l’une ou l’autre exécution ou d’une famine qui tue des dizaines de milliers de gens… mais c’est sans doute là les fruits vénéneux de la propagande impérialisto-sioniste !

Scandale et démocratie… tant qu’on en veut… n’en jeter plus !  Rien de nouveau sous le soleil !

L’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette n’a éclaté que parce que des libelles édités à Londres ou à Amsterdam dénonçaient cette sombre manipulation.  Libelles que d’ailleurs la cour de France essayait de racheter avant leur diffusion… exactement comme le fait une élue de la région parisienne qui achète la totalité des exemplaires du « Canard Enchaîné » lorsque ce trop curieux volatile s’intéresse à ses turpitudes

La IIIème République grandit de scandale en scandale.

Sous le Président Grévy, il y eut l’affaire Pranzini, assassin guillotiné dont le président Grévy avait fait tanner la peau du dos pour en faire un sous-main.  Le gendre de ce même Grévy, Wilson vendait les légions d’honneur.  Grévy démissionnera. Il y eut aussi le mystérieux assassinat du peintre Steinheil et de sa mère… la femme du peintre, qui sera surnommée la Pompe funèbre,  étant elle épargnée, c’était l’ex maîtresse du président Felix Faure qui selon le mot de Clémenceau avait voulu être César et était mort «Pompée»… histoire connue, les assassins ne seront jamais identifiés.  Plus tard, ce fut la célébrissime affaire de Panama, réunissant ceux que l’on appelait les « chéquards ».  Barrès, célébrissime écrivain nationaliste ultra conservateur écrira « Leur figure » dressant l’inventaire de tous ceux qui avaient bénéficié des largesses de la compagnie du canal de Panama.  Puis ce fut en 1913, l’affaire Caillaux/ Calmette.  Calmette, patron du figaro attaque Caillaux, ministre ayant instauré l’impôt sur les revenus, la femme de Caillaux assassine Calmette !  Elle sera acquittée !

Dans l’entre deux guerre, les scandales se succèdent à vive allure.  D’abord la banquière Marthe Hanau, escroc de haut vol,  mais surtout l’affaire Stavisky qui secoue tout ce qui compte en politique dans la troisième république, que ce soit la police avec l’ignoble Bonny que l’on retrouvera au service de la Gestapo ou le Conseiller Prince qui finira « suicidé » sur les voies d’un chemin de fer.  Quand à Stavisky, retrouvé dans un chalet des Alpes, il sera lui aussi opportunément « suicidé » de deux balles tirées par derrière comme l’écrira le « Canard Enchainé. »  La république vacillera, les fascistes essaieront de la renverser le 6 février 1934 mais échoueront.  Le « Tous pourris » n’avait pas suffi.  La démocratie s’était maintenue à travers tout !

En Belgique.

Sous Léopold II, un gigantesque scandale financier secoue tout l’establishment catholique, c’est l’affaire Langrand-Dumonceau. C’est tout un réseau de banques et d’assurances qui fait faillite et ruine des milliers de rentiers.

L’entre deux guerres voit le scandale de la « Flotte rouge » où se trouvent mêlés Anseele et un ensemble de socialistes flamands liés à ce réseau de coopératives.  C’est aussi la fameuse « cagnotte » de Van Zeeland qui ministre, mais fonctionnaire de la Banque nationale, impose à toute la fonction publique de sévères restrictions de salaires mais crée une cagnotte à la Banque nationale pour s’exonérer de cette diminution de ses rémunérations.  Malgré le slogan du « Tous pourris » lancé par Degrelle et son fameux coup de balai, en Belgique aussi la démocratie tiendra le coup et survivra !  En 1939, il ne restait à Degrelle que deux députés sur 21 élus !

Après guerre.

La France fut secouée en permanence par une série de scandales.  D’abord l’affaire des fuites où des ministres dont Mitterrand sont accusés, à tort, de donner des informations militaires à l’ennemi.  Avant cela, il y eut l’affaire des piastres, vaste escroquerie sur les taux de change. Puis l’affaire du faux attentat de l’observatoire dont on sait aujourd’hui que ce fut un piège tendu à Mitterrand organisé par Alexandre Melnik du cabinet de Michel Debré, premier ministre.  Plus comique l’affaire des ballets roses où est mouillé Letroquer, Président socialiste de l’Assemblée nationale qui avait eu le tort de s’opposer au retour de de Gaulle.  L’affaire Ben Barka où de vrais flics enlèvent cet opposant marocain membre de la Tricontinentale pour le compte des services secrets marocains…qui l’assassineront.  Le mystérieux assassinat du ministre de Broglie, négociateur des accords d’Evian.  Le « suicide » du ministre du travail Robert Boulin dont on vient de rouvrir le dossier, suicide dans dix centimètres d’eau, le nez cassé et diverses ecchymoses… bizarre, bizarre et plus qu’étrange ! La célébrissime affaire Markovic, garde du corps d’Alain Delon, où on a essayé d’impliquer Madame Pompidou.  Les extraordinaires « » où un escroc italien de génie avec l’aide du Comte de Villegas de Jette a réussi a faire dépenser des milliards à Giscard d’Estaing pour une simple photocopieuse.  Tout le monde se souvient de Giscard et des diamants de Bokassa qui firent le succès de Thierry Le Luron et la mort politique de celui qui se voulait l’homme le plus intelligent de France.

Sous Mitterrand se fut un festival, à commencer par l’affaire URBA qui visait à financer le PS sur base d’appels d’offres truqués.  Le dossier Pechiney qui conduisit le chef de cabinet de Bérégovoy en prison. Il y eut aussi le terrifiant sang contaminé.  Le prêt de ce même Bérégovoy que lui fit Patrice Pelat, ami de résistance de Mitterrand mais homme d’affaire trouble qui fit une opportune crise cardiaque avant de devoir répondre à la justice.  Quant à Bérégovoy, il se suicida !  Le dossier Elf avec Dumas, Devier-Joncour, Loïc Lefloc Prigent, énorme machine a financer les partis politiques au départ de potentats africains.  Comment ne pas évoquer Mazarine qui fut pendant quasi quatorze ans logée aux frais de l’état.

Avec Chirac, c’est l’explosion, un jet continu de scandales, la cassette Méry, les emplois fictifs de la mairie de Paris, pour lesquels Juppé sera condamné, les faux électeurs de Tiberi, l’emploi fictif de sa femme, les appels d’offres truqués des lycées des hauts de Seine, la fuite sous les tropiques de Schuller qui en savait trop, la construction des prisons manipulée par Bédier, l’immobilier avec Longuet et Léotard.

Sous Sarkozy, impossible, ça se bouscule trop : Mme Bettencourt, financement de campagne par Kadafi, Bygmalion, corruption supposée de magistrat, les multiples affaires reprochées aux étonnants époux Balkany et tant d’autres.  Impossible de les citer toutes.

Sous Hollande, affaire du compte Suisse de Cahuzac, les mensonges devant l’Assemblée nationale.  Démission d’un secrétaire d’état aux anciens combattants ayant confondu ses affaires commerciales et ses mandats.  Démission du secrétaire d’état à la coopération qui depuis quatre ans faisait… un blocage psychologique et ne payait pas ses impôts.

Et beaucoup d’autres… dont peut-être le plus blanc que blanc, propre sur lui François Fillon !

Et en Belgique.

L’assassinat de Julien Lahaut dont on ne connaîtra l’auteur que des décennies plus tard mais jamais le ou les commanditaires.  Le supposé milliard de Mobutu qui aurait été versé à Leburton mais dont jamais personne n’a vu le premier centime.   Le procès de ce même ex premier ministre Leburton et de son homologue chrétien  Hallet concernant les financements octroyés par les mutuelles qu’ils dirigeaient. Seul Leburton sera condamné !   Les étonnants crédits parallèles visant la construction du port de Zeebrugge.  Le dossier du financement du PRL, dossier du centre Paul Hymans, jamais jugé !  La démission du bourgmestre d’Uccle Jacques Van Offelen soupçonné de corruption.  Les affaires INUSOP et Agusta Dassault concernant le financement des campagnes électorales du PS.  L’affaire des KS, liée  à la reconversion des mines du Limbourg où étaient impliqués différents ministres ou députés CVP.
Comment ne pas évoquer les tueries dites du Brabant Wallon, entre 28 et 31 morts… selon les comptages… dont on n’a jamais arrêté les coupables.  Était-ce des gendarmes dévoyés ?  Y-a-t-il eu une tentative de déstabilisation politique afin d’empêcher la mise en place du fédéralisme ?  Saura-t-on un jour la vérité ?Plus terrible, l’affaire Julie et Melissa où apparaît dans toute son horreur les insuffisances, pour rester prudent, de la gendarmerie et de la justice.  Puis ce fut l’assassinat d’André Cools dont, comme pour Lahaut, on ne connut jamais le ou les commanditaires… et pourtant ils existent, j’en suis convaincu !  L’affaire des hormones avec l’assassinat d’un vétérinaire qui tentait de faire appliquer la réglementation suivie par l’affaire de la Dioxine qui fit chuter Dehaene et amena Ecolo au pouvoir !  Les dégâts du fameux escroc Van Rossem qui fut élu député et qui était, j’en ai été témoin, parfaitement introduit dans la « bonne société flamande »,   Il y eut aussi l’escroquerie Lernout et Hauspie qui ruina des milliers d’épargnants flamands mais qui avait l’aval du monde politique de Flandres, en particulier du CVP,  que la « la Libre Belgique » qualifia de plus grand escroquerie du siècle ! Comment ne pas évoquer le scandale de la Société générale qui ébranla le gouvernement jusqu’à la démission du premier Ministre et l’implication du sommet de la hiérarchie judiciaire.  La décennie consacrée aux dossiers du PS de Charleroi qui se transforma en chasse à l’homme dont Van Cauwenberghe fut le gibier…qui finalement ridiculisa le chasseur.

Pour la Grande Bretagne et USA  

Je me contenterai de rappeler le dossier Profumo, ministre de la défense qui partageait sa maîtresse Christine Keeler avec l’attaché naval de l’ambassade soviétique.  Le « suicide » de Maxwell, magnat de médias, qui avait volé le fonds de pension de ses ouvriers et employés. 

Le dossier de Cohn, l’adjoint de Mac Carthy qui voulait que son petit ami échappe au service militaire, cette affaire mit fin à la période de chasse aux sorcières des années cinquante. L’assassinat de Kennedy qui reste toujours mystérieux. La liaison du jeune et fringant président avec une maîtresse qu’il partageait avec Gianacana, l’un des patrons de la mafia. Bien sûr, le célébrissime Watergate où de fil en aiguille la justice remonta jusqu’à Nixon qui démissionna avant d’être révoqué.  Sous Reagan, l’Irangate où le colonel de Marines Oliver North commerçait avec l’Iran sous embargo pour financer les contras du Nicaragua.  Reagan s’en sortit grâce au sacrifice de North qui assuma tout.  Sous Clinton, il y eut une multitude de dossiers financiers mais surtout l’affaire Moniqua Lewinski au cours de laquelle le procureur spécial Star dépensa un milliard de dollars pour tenter d’avoir la tête, à défaut d’autre chose, de Clinton !  La gigantesque affaire de Subprimes, dont les agences de notations et les banquiers ne répondront jamais…sauf dans la minuscule Islande.

En Israël.

Un premier ministre Ehud Olmert est en prison, il n’est pas rare que des ministres démissionnent et soient condamnés dans des dossiers financiers ou des affaires de mœurs, tel Weizman fils du premier président d’Israël.  En ce moment la justice examine différentes relations du premier ministre.  

Qu’est-ce que cela signifie au plan du fonctionnement des démocraties ?

D’abord, je constate qu’il y a des pays où jamais aucun scandale n’éclate.  L’Arabie saoudite par exemple, la Syrie de Bachar, la Tunisie de Ben Ali, la Lybie de Kadafi, la Grèce des généraux, le Chili de Pinochet, l’Argentine de Videla… en un mot comme pour le nazisme, le communisme, là où il n’y a pas de démocratie, il n’y a pas de scandale.  Le scandale est inhérent à la démocratie comme les accidents de la route le sont à la circulation routière.  J’ose dire qu’il est, les chrétiens apprécieront, consubstantiel, c’est-à-dire, inséparable de la démocratie.  Le scandale est le verso de la démocratie… il est inévitable qu’une pièce ait deux faces !

Le « tous pourris » est non seulement faux mais dangereux car il fait le lit des régimes autoritaires où tout est caché, il conduit au mensonge généralisé d’une dictature qui lave plus blanc que blanc.  On le voit fort bien en Russie où si un journaliste a encore des velléités de vérités qui pourrait chatouiller les puissants, il est assassiné.  Dans les dictatures la formule de Léo Ferré est toujours d’application :  « la vérité c’est pas ici ! »

Napoléon ne s’y était pas trompé, sous la révolution était né une multitude de journaux, il les supprima pour n’en laisser subsister que quelques uns, qu’il contrôlait parfaitement !  Emile de Girardin inventant vers 1830 la presse à bon marché transforma la masse populaire en opinion publique… l’information, aussi imparfaite fût-elle,  remplaçait les rumeurs invérifiables, un contrôle pouvait s’initier, il ne fera que grandir.

Ce n’est donc pas un hasard si Trump s’en prend si violemment à la presse qu’il veut à toute force décrédibiliser.  Il sait que c’est de cette presse que pourrait venir ses plus sérieux ennuis donc elle ment… et il invente cette étonnante notion des faits alternatifs.  Il veut casser le thermomètre !  Les scandales sont effectivement le thermomètre de la démocratie.  Ils y jouent un rôle fondamental de correcteur, au départ de ceux-ci la démocratie évolue, se corrige, s’amende, progresse mais progresse dans la liberté… le mensonge ne permet aucun progrès !  Le mensonge, c’est Orwell et le meilleur des mondes, c’est « la ferme des animaux » et finalement le basculement comme l’explique Koestler dans « Le zéro et l’infini. »  D’où l’absolue nécessité de conserver une presse libre ou les journalistes ne sont pas pour leur plus grand nombre, comme en Belgique des infra salariés, où un élégant clignement d’yeux d’un présentateur de TV ne remplacera jamais une analyse de fond d’un dossier !  En ce sens oui !  Une démocratie est en danger si sa presse se réduit à une peau de chagrin et que ses journalistes sont privés de l’élémentaire liberté offerte par un statut social respectable.

Le véritable scandale est celui qui n’éclate jamais !

Celui qui reste bien caché, que l’on occulte avec attention, là est le scandale !  N’êtes vous pas étonné du nombre de commissions parlementaires mises en place mais dont on sait peu de chose et… le citoyen lambda ne sait rien !  Ainsi la commission sur les attentats de Bruxelles et Zaventem !  Voilà pourtant une situation extraordinaire !  Mais où sont les articles de presse sur le suivi de cette commission qui est censée se poursuivre ?  Une seule commission parlementaire eut un grand retentissement, ce fut celle consacrée à l’horreur de l’affaire Julie et Mélissa.  Pourquoi ?  Parce qu’elle était filmée.  Aux USA, elles le sont toutes depuis les années cinquante.  Ici, on a crié au populisme, au poujadisme !  Pourquoi parce que les citoyens qui suivaient les débats jusqu’au milieu de la nuit découvraient en direct le fonctionnement des institutions, de la Justice, de la Police, de la gendarmerie dont ce sera d’ailleurs le chant du cygne… elle disparaîtra !  C’était scandaleux oui !  Et alors ! C’est grâce à cela qu’on peut amender nos institutions, les faire progresser vers plus de transparence, vers plus de respect pour les citoyens.  La démocratie n’en est pas une si elle ne respecte pas la célèbre formule anglaise des « Checks and balances », c’est-à-dire des pouvoirs et de leur contrôle !  Toutes nos commissions parlementaires devraient être filmées et diffusées, là est le prix d’une démocratie vivante où les élus n’ont pas peur de leurs électeurs !  Parce qu’en vérité c’est de cela qu’il s’agit quand certains hurlent, craignent le populisme !

Alors oui !  Je n’hésite pas à dire, vive les scandales, leur dénonciation est le seul marqueur de la démocratie !  Ne l’oublions jamais !  Ils ne sont pas le signe d’une quelconque déliquescence de nos institutions, bien au contraire, ils sont la preuve de leur vitalité et de leur force.  N’ayons pas peur des scandales !  N’ayons pas peur de ce qu’ils disent de nous !  Les hommes sont perfectibles, les institutions aussi !

Mais de qui donc Emir Kir est-il le député ?

« Et quand il eut dépassé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. »  Nosferatu

Pendant longtemps Emir Kir fut pour moi l’exemple d’une intégration réussie.  Tant dans sa vie publique que dans sa vie privée, tout me conduisait à penser qu’il était un magnifique exemple à suivre, qu’il représentait l’avenir de notre région, qu’il avait réussi la difficile synthèse entre le respect, le souvenir, la mémoire de ses racines et la volonté de s’insérer dans la société belge où ses parents avaient décidé de vivre.

Très vite, il fut la cible de ceux, nombreux, folliculaires en mal de notoriété, concurrents envieux de sa popularité,  de la rigueur avec laquelle il examinait les dossiers.  Je le soutins avec vigueur, me faisant quelques ennemis de plus… mais passé un certain nombre on ne compte plus… et d’ailleurs n’y a-t-il pas ce magnifique proverbe italien qui souligne que c’est le nombre de vos adversaires qui fait la juste mesure de votre valeur… alors à quoi bon se priver.  Je soutenais donc qu’il était odieux d’interroger constamment Kir sur le génocide arménien, le rendant quasiment responsable des horreurs commises par le gouvernement « Jeune turc » en 1915.  Je déclarais que Kir était belge, qu’il devait être traité comme tel et non comme un ressortissant turc.  Je l’aidais aussi dans sa réflexion, lorsque Onkelinx faisait la danse des sept voiles pour tenter de le faire déménager à Schaerbeek… et d’engranger les voix turques… promesse lui était faite d’être bourgmestre de Schaerbeek tant que Onkelinx serait vice-premier ministre.  Prudent, il ne tomba pas dans le piège et essaya d’être le premier à Saint-Josse plutôt que d’occuper le glissant strapontin qu’on lui dépliait dans la commune d’à côté.  J’en étais ravi.  On le sait,  j’ai de l’admiration pour Guy Cudell qui fut un vrai original de la politique, un innovateur, un découvreur ayant une vision de l’avenir de cette petite, très petite commune, la plus pauvre de Belgique.  Je fus heureux de voir Kir lui succéder, et ainsi être le premier bourgmestre issu de l’immigration diriger l’une des 19 communes, il pourrait ainsi être emblématique d’une intégration pleinement réussie… un exemple à suivre.

Peu après les dernières élections communales, il m’invita à déjeuner en compagnie d’un ami commun.  Je perçus une étonnante métamorphose, d’abord dans le ton, plus que ferme, les phrases péremptoires  s’enchaînaient tels des coups de sabre… pas de réplique possible… mais bon, l’autorité est tellement rare dans le monde politique qui préfère la médiocrité hypocrite à l’affirmation des convictions… cela changeait.

Survint alors l’inacceptable, nous évoquions les prochaines élections législatives, il déclara « toutes les élections doivent être communautaires, Fadila Laanan et Rachid Madrane n’ont rien compris, sans campagne communautaire pas de victoire possible. »  J’étais stupéfait, éberlué, quel changement, quelle transformation, plus question d’intégration, plus question même d’en parler !  Je n’avais plus le même homme devant moi, celui qui était devenu bourgmestre de Saint-Josse était exclusivement le représentant de la communauté turque.  Aucune tête ne doit plus dépasser, tout le monde dans le rang, le capital électoral, ce sont les immigrés turcs… et plus rien d’autre ne doit compter.  Je me retirai sur la pointe des pieds, observai de loin, constatant quand même que parmi ses échevins une individualité remarquable se détachait.  Mais des bruits sinistres me revenaient sur d’autres personnes de l’entourage de Kir, dont un échevin ne saurait ni écrire, ni lire le français !  Il paraîtrait qu’il apprend avec application.

Vint alors le pénible débat sur la reconnaissance officielle par la Belgique du génocide arménien.  Il ne s’agissait plus d’une position personnelle mais de la reconnaissance légale, officielle du premier génocide de cet horrible XXème siècle.  Qui peut, aujourd’hui, mettre en doute l’immensité du crime commis par le gouvernement « jeune turc » à l’égard de la communauté arménienne ?
Seules les instances officielles turques s’y refusent avec une obstination dont le grotesque s’ajoute à un négationnisme immonde.

On sait ce qui se passa au CDH où le président Lutgen n’hésita pas un instant à exclure la parlementaire voilée qui refusait de reconnaître cet acte de mémoire et de respect.  Kir tourna autour du pot, diffusa des communiqués de presse caraméliques, circonvolutions reptiliennes ne parvenant pas à cacher sa position négationniste.   Le courage dont avait fait preuve le CDH obligea le PS à mettre Kir au pied du mur.  Finalement, à un cheveu de l’inévitable, après de longs débats où Di Rupo mit tout son poids dans la balance, il vota tout en publiant un communiqué dont la casuistique rend jaloux les experts les plus pointus du Vatican.  Pour moi, la messe était dite depuis le triste déjeuner où Kir fit devant moi son « coming out » communautaire.

Et depuis quelques jours, la cerise sur le gâteau !  Il compare les Kurdes à Daech, aux pires islamistes, faisant semblant d’oublier que les Kurdes se battent depuis une éternité pour obtenir une reconnaissance nationale.  Ils furent les oubliés du traité de Sèvres qui en 1920 redessina les frontières du Moyen-Orient sans tenir le moindre compte de la réalité des peuples.  Sans doute a-t-il approuvé que pendant près de quatre ans l’armée turque a bombardé les Kurdes qui combattaient Daech, à l’époque, ils étaient à  peu près les seuls !

Comment ne pas se rappeler la façon dont furent organisés en Belgique les meetings électoraux pendant la campagne électorale de Turquie.  Plus de 10.000 personnes  lors de la venue d’Erdogan.  Mais aujourd’hui de quoi parle-t-on ?  Il ne s’agit pas d’un homme d’Etat lambda mais de quelqu’un qui installe une dictature aux portes de l’Europe .  Milliers d’arrestations, journalistes, écrivains, magistrats, militaires, enseignants aucune catégorie n’échappe à la prison.  La laïcité qui avait construit la Turquie moderne n’est plus qu’une ombre sans contenu, ne reste que la multitude des portraits de Mustapha Kemal, mais il ne reste rien d’autre alors que la Turquie pouvait être fière des pas de géants accomplis dans la modernité… n’oublions pas que les femmes turques ont voté avant les femmes belges !

Avec tristesse, je ne peux que constater l’alignement de Kir sur les positions les plus aberrantes d’Erdogan… plus question d’intégration… changement de rôle… le gentil garçon à la mise toujours soignée a endossé l’uniforme du porte voix d’un potentat liberticide qui estime qu’à Bruxelles non plus les Kurdes n’ont pas le droit d’exister !  Il y a de quoi avoir peur si l’ambiance à Saint-Josse est de même nature !

Que fera le PS ?  Rien !  Kir contrôle entre 14.000 et 17.000 voix, là est la terrible réalité du communautarisme triomphant. Le PS à Bruxelles est donc coincé entre une majorité d’électeurs d’origine maghrébine dont beaucoup souffrent de l’insidieuse pénétration des sectes fanatiques auxquels des élus islamo-gauchistes  aussi stupides que crédules font les yeux doux et un élu, bourgmestre de Saint-Josse, qui contrôle pour le compte d’un gouvernement étranger une bonne partie de la communauté turque de Bruxelles.  On en est là !  Il n’y a aucun doute que cela pose la question de la double nationalité.  Entre l’attachement à ses origines, à sa culture et l’inféodation au gouvernement d’un pays étranger, il existe une marge considérable.   Mais chut… chut… voilà des sujets qu’il n’est pas permis d’aborder… interdit d’en parler d’y faire allusion.  Qu’un élu du SP, vice Président du parlement bruxellois fasse récemment une hallucinante déclaration de soumission dans des termes moyenâgeux au roi du Maroc est emblématique.

Ceux qui peuvent encore se payer l’immense luxe de « penser »… « les derniers sioux qui refusent de marcher en file Indienne »… ceux qui ont cette incroyable audace, ont sans conteste le droit de se poser la question de savoir « de qui Kir et quelques autres sont-ils les élus ? »  Quant à Kir, pour moi pas de doute… « il a dépassé le pont… et les fantômes viennent à sa rencontre. »

Catherine Moureaux ou l’Hommage du Vice à la Vertu !

« Il est avec le ciel des accommodements. »
Molière 

Catherine Moureaux, la fille de son papa… là aucun reproche à lui faire, comme dit la chanson… « on choisit pas sa famille… » diffuse sur les réseaux sociaux une « Carte blanche » en précisant que cette diffusion se fait « à la demande générale »… a-t-elle examiné qui soutient son étonnante prise de position ?  Non, pas la peine, elle vise une population bien déterminée… et basta ! Résultat électoral oblige ! Son axe d’attaque, les tenants de la laïcité « dévoyée », ceux qui en refusant le port du voile lors des accompagnements de voyages scolaires commettent, je cite « une grave violence symbolique », ceux qui organisent une « discrimination institutionnalisée », ceux qui refusent les « accommodements raisonnables », ceux qui menacent les parents et les enfants par « une application étroite du principe de neutralité », ceux pour qui la laïcité est « un mur d’intolérance isolant une minorité. »  Minorité… à Molenbeek… vraiment ?   Bien bonne, elle annonce qu’elle a fait « le choix d’inscrire ses enfants dans l’école publique. »

La Loi… Pas pour moi !

Aïe !  Aïe !  Aïe !  C’est là où cela se corse.  J’apprends que Catherine Moureaux voudrait à toute force que l’un de ses enfants soit immédiatement accepté dans une école de la Ville de Bruxelles.  Tiens, tiens, mais pourquoi son enfant devrait-il quitter Molenbeek ?  Pourquoi exige-t-elle que la réglementation scolaire soit violée ?  En qualité de parlementaire, elle doit savoir que les changements d’école doivent répondre à des critères très précis.  Elle n’a aucun lien avec la Ville de Bruxelles.  Mais non ! la réglementation… pas pour elle !  Née, élevée, instruite, cette enfant de la bonne et bien nantie bourgeoisie doit être obéie… s’agit de s’exécuter, d’obtempérer… et plus vite que cela… réglementation ou pas !  Pensez donc, fille d’un papa Ministre de nombreuses fois, qui plus est Ministre d’état, d’une maman Ministre, députée, échevine, Présidente du parlement bruxellois… alors pourquoi pas un « accommodement » avec la réglementation ?  Bon sang ne peut mentir !

Au cours de l’une de ses démarches, elle aurait précisé « impossible de continuer une scolarité à Molenbeek, c’est un ghetto. »  Je n’y étais pas !  Je le sers comme on me l’a vendu.  Mais les démarches pour changer d’école et de commune sont avérées.  Pas le moindre doute !  Alors, les mamans portant le voile qu’elle défend avec tant de conviction, l’ambiance de Molenbeek… bon pour les autres… pour elle pas question !  Quelle tristesse de voir se pratiquer une telle hypocrisie.  Elle me fait penser à ces curés qui disent la messe mais ne croient plus en Dieu !

Une laïcité… très électorale !

Marrant de voir que Catherine Moureaux cache son abandon de la laïcité derrière Caroline Fourest dont je viens de lire le dernier ouvrage… ce n’est manifestement pas le cas de Catherine Moureaux car l’auteure écrit sur la couverture de son livre « La laïcité n’est pas un glaive mais un bouclier »  donc l’auteure est aux antipodes de la position de Catherine Moureaux pour qui ceux qui défendent les principes de la laïcité « dressent un mur d’intolérance isolant une minorité. »

J’ai déjà souligné l’étonnante méconnaissance que manifeste cette députée à l’égard de nos institutions de leur fonctionnement et de leur histoire… étonnant de la part de quelqu’un qui a dû subir pas mal de leçons d’histoire à la maison données par papa himself.  Elle nous dit que la Belgique repose sur « un gros, un énorme accommodement raisonnable. »  Non !  Madame Moureaux, en Belgique les défenseurs de la laïcité ont par deux fois perdu les batailles qu’en France la République gagnait contre l’obscurantisme en 1905.  En 1879, un gouvernement libéral ose créer un Ministère de l’instruction publique, ce qui ne sera acquis qu’à une voix de majorité.  Jusque là l’enseignement était exclusivement au mains de l’église.  Les libéraux perdent ensuite les élections, se succéderont alors des gouvernements homogènes catholiques et ce jusqu’en 1914.  Le gouvernement dit des gauches dirigé par Achille Van Acker essaye de relancer le combat, il est à nouveau battu et doit conclure le pacte scolaire très dommageable pour la neutralité de l’enseignement et pour  la défense de la laïcité.  De là à soutenir que la Belgique vit grâce à « un gros, un énorme accommodement raisonnable » il y a une sérieuse marge.  Les mots utilisés sont toujours essentiels… ici ce qui compte, le marqueur, c’est le mot « accommodement », ce qui veut dire que puisque le Belgique repose sur « un gros, un énorme accommodement » d’autres, beaucoup d’autres peuvent suivre…dans les cantines scolaires, dans les piscines publiques, dans les administrations, dans les abattoirs, dans les lieux de culte… la liste, dans l’esprit de ceux sur les voix de qui compte Catherine Moureaux est, n’en doutons pas, particulièrement élastique.

« Une grave violence symbolique. »

Mais c’est bien sûr… ce sont ces ignobles laïcs intolérants qui commettent en interdisant le voile lors des accompagnements scolaires  une « grave violence symbolique. »  Bien voyons !  Mais Catherine Moureaux ne songent-elles pas à d’autres violences, pas du tout symboliques celle-là, en Septembre 2001 à New-York, à Madrid, à Londres, à Paris et enfin à Bruxelles !  Voilà des violences qui n’avaient rigoureusement rien de symboliques.  Ah ! j’oubliais, ces violences là sont justifiées car nos pays furent colonisateurs, et n’ont pas accueilli comme il fallait les populations immigrées.  En un mot, c’est de notre faute, pas la peine d’ergoter. En cela, elle suit à la lettre les leçons de Tariq Ramadan, aux conférences desquelles elle assiste au premier rang avec papa.  Le fait que dans la salle où elle se trouve on vend le Protocole des Sages de Sion et d’autres livres antisémites ne la dérange semble-t-il nullement !   Sans doute que pour elle, les violences… pas du tout symboliques subies par les femmes à Cologne lors du réveillon sont dues au fait que celles-ci ne portaient pas le voile, que l’une ou l’autre partie de leur corps, un bras, un mollet, un cou, était visible alors pourquoi ne pas outrager ou violer ces femelles impudiques !  « Accommodements, vous avez dit accommodements ! »

Je vais vous dire moi, Mme Catherine Moureaux, députée de Bruxelles, ce qu’est une violence symbolique.  Lors d’un conseil communal se déroulant pendant le Ramadan, sur proposition de l’échevine Turine, le conseil communal de Molenbeek est interrompu pour que ceux qui le souhaitent puissent participer à la rupture du jeûne… et donc ceux, les mécréants, qui n’ont pas participé à ce moment de religiosité conviviale, ont attendu une bonne heure assis à leur pupitre que la fête soit terminée… Oui ! cher lecteur, on en est là à Bruxelles au XXIème siècle.  Voilà une « grave violence » à l’égard de nos institutions, de la laïcité et… de la liberté.  Et là, on n’a pas entendu Catherine Moureaux, c’était normal… un petit accommodement parmi beaucoup d’autres… à venir, soyons en sûr !

« Pauvre petite fille riche. »

Catherine Moureaux diffuse son texte accompagné d’une photo.  Je vous invite à aller sur le site de Mme Moureaux et d’examiner ce document avec attention.  Il est évident qu’il ne me viendrait pas à l’idée de faire la moindre remarque sur le physique de la députée de Bruxelles, chacun le sien, et chacun doit vivre avec ce que la génétique lui a donné.  Ce qui importe ici, c’est le regard.  Je ne peux m’empêcher de songer à cette belle formule de Pierre Assouline « son regard la trahissait quand son verbe faisait encore illusion. »  Oui !  C’est bien cela !  On le voit cette jeune femme n’est pas à l’aise avec le public de Molenbeek, c’est comme pour l’école de son enfant.  Issue d’un milieu favorisé, très favorisé, elle est, on le voit sur « une terre de mission », comme disaient les chrétiens… du temps… des colonies.  Tout le problème est de savoir où cesse le vrai visage, et où commence la grimace !  Catherine Moureaux est médecin, j’espère qu’elle ne bloque pas l’un de ces précieux numéros INAMI dont tant de jeunes qui eux veulent pratiquer leur merveilleux métier de médecin ont cruellement besoin.

Et le PS dans tout ça !

La dernière phrase de cette carte blanche est lourde de conséquence.  Mais le sens politique de Catherine Moureaux n’est sans doute pas assez aiguisé pour en saisir les conséquences.  Se rendait-elle compte qu’elle divise profondément le PS quand elle considère que ceux qui défendent la laïcité élèvent un « mur d’intolérance. »  Nous étions nombreux au PS à soutenir une laïcité qui ne soit pas poreuse aux accommodements mortifères, aux petits abandons, aux grandes lâchetés rémunérées électoralement.  Combien nombreux sont ceux qui se sont éloignés sans bruit, sur la pointe des pieds… Ne voit-elle pas ?  N’entend-elle pas les portes qui se ferment parfois sur 40 ans de militantisme.  Ce que Catherine Moureaux et quelques autres sont en train de construire, c’est un avenir qui trahit ses promesses… et comme toujours les premières victimes de cette trahison ce sont ceux qu’elle prétend défendre.  Ne sait-elle pas qu’en Juin 2015 des mères maghrébines ont manifesté à Montpellier pour que les écoles cessent d’être des ghettos et que reviennent des enfants de toutes origines !  Ces femmes voilées là, car la plupart l’étaient, ne cadrent pas avec l’avenir électoral de Catherine Moureaux.  Donc, on n’en parlera pas !  Comme dans le procès Dreyfus… oh ! zut ! un Juif… la question ne sera pas posée !

Non ! Monsieur Jack Lang la laïcité n’est pas le faux nez du racisme !

« Les munichois de 1938 furent les collabos de 1940. »   

Ce matin huit heures vingt, invité de Patrick Cohen au journal de France inter Jack Lang… son phrasé si particulier… on l’entend… forcément la radio… mais on voit quand même les curieux mouvements de sa bouche,  de ses lèvres découvrant… recouvrant une éblouissante denture, curieux mélange… componction épiscopale… préciosité germanopratine.  Vient l’inévitable question sur le burkini.  La réponse de Jack Lang me fait bondir, me choque.  Rejetant, condamnant les arrêtés municipaux interdisant le port des burkinis, ce qui est son droit le plus strict, il croit devoir ajouter : « pour certains la laïcité est une façon de cacher leur aversion pour la communauté maghrébine. »  Le malheureux ex-ministre de la culture de François Mitterrand vient, je suppose, j’ose espérer de bonne foi, de rejoindre les arguments de l’un des Imans de Nice qui estimait que les attentats en France étaient la conséquence de la laïcité qui « empêchait l’Islam de s’épanouir en France. »  Voilà donc qu’un ancien ministre de la République française se range aux arguments des pires obscurantismes… Je lui fais grâce de ne pas mettre en cause sa présidence de l’Institut du Monde Arabe, présidence qui lui a été confiée par François Hollande dont aujourd’hui il dit tant de mal !  Je ne souhaite pas me complaire dans la médiocre thématique des sinécures lui permettant de ne pas disparaître totalement du champ politique.  La réaction de Jack Lang sur la laïcité me semble, elle, fondamentale parce que emblématique de l’attitude de tous ceux qui à gauche sont en train de vouer les valeurs essentielles de la démocratie aux gémonies.

La laïcité n’est plus nécessaire à une certaine gauche. 

Ainsi la laïcité permettrait aux racistes de se camoufler, de se draper dans l’une de nos valeurs essentielles pour mieux bétonner leur ignoble racisme.  Quelle erreur, quel effet miroir !  Car en fait, ce sont ceux qui abandonnent nos valeurs qui camouflent leur lâcheté… leur besoin d’électeurs sous le couvert d’une soi-disant liberté de porter ou non des vêtements…  qui, de fait, identifient la personne qui les porte… qui donc la stigmatisent… curieuse perversité, étonnant rot de ceux, qui vomissant la laïcité, n’hésite plus à s’aligner sur les discours moyenâgeux qui, il y a quelques années, n’auraient suscité chez eux qu’un bref clignement des cils.  Car la réalité est toute autre !  Le vêtement nous dit toujours quelque chose sur celui ou celle qui le porte.  On a tous vu ces images des plages égyptiennes où dans les années cinquante des jeunes filles se baladaient en bikini, ou même ces rues de Kaboul dans les années soixante où une jeunesse désinvolte goûtait à pleines dents la vie qui s’ouvrait à elle, on a tous entendu le discours de Nasser rigolard expliquant devant le congrès de son parti qu’un barbu lui avait demandé que les femmes se voilent… le Raïs répondant sous les applaudissements et les rires… que ce barbu n’avait qu’à se voiler lui-même ! »  Que tout cela est loin !  Pourquoi les gens comme Lang font-ils semblant de ne pas voir que ce qui a changé c’est l’énorme pression sociale qui s’exerce sur celles qui refusent de se voiler, sur celles qui demain refuseront de porter le burkini…

Une efficace police des mœurs.

Oui ! Une police des mœurs exerce son insidieuse tyrannie dans la communauté musulmane de Belgique et d’ailleurs !  Oui ! Dans certains quartiers de Bruxelles, une femme ne peut se déplacer non voilée ou en jupe courte sans se faire ignoblement insultée… Un film témoin a d’ailleurs démontré ces faits dans l’un des quartiers ghettoïsés de Bruxelles. Ayant travaillé de 1999 à 2013 à Molenbeek, j’ai été directement témoin du rôle de cette police islamique des mœurs.  L’une de mes collaboratrices non voilée sortit un jour de l’entreprise se baladant en tenant sa collègue par le bras… après quelques instants, un homme lui tapa gentiment sur l’épaule, sans agressivité, sans la moindre violence, avec une voix douce, lui fit remarquer que cela ne se faisait pas de marcher en tenant une autre femme par le bras, la pudeur l’interdisait, le Coran prohibait ce genre de comportement.  Cette même collègue a une fille fréquentant un institut catholique à Molenbeek, elle non plus n’était pas voilée… au bout d’un an, elle adopta le hidjab de façon à éviter de se faire mal voir des petites filles modèles, ses condisciples, qui elles portaient le voile… La bourgmestre de Molenbeek vient de constater que de plus en plus de petites filles de cinq ou six ans portent le voile… Posez-vous la question pourquoi ?  Organisant, il y a déjà une dizaine d’année une fête populaire « poulets frites », je fus stupéfait de m’entendre réclamer qu’il serait nécessaire d’acheter des poulets occis selon le rituel religieux… je m’y refusai et observai que des musulmans étaient présents… les élections approchaient mais un bon nombre ne mangea pas !  Voilà la vérité de tous les jours dans nos rues, dans nos villes, voilà comment pour éviter… la vraie stigmatisation… de plus en plus de musulmanes sont contraintes de s’aligner sur les diktats les plus obscurantistes. Or, l’immense majorité des musulmans n’en ont nulle envie, pour l’immense majorité, l’Islam est une culture riche d’un immense patrimoine historique et scientifique avant d’être une religion !  Ce sont eux que trahissent des gens comme Jack Lang et tous ceux qui capitulent devant les exigences des extrémistes religieux.  Je n’hésite pas à écrire que ce lâche abandon, que cette veulerie à but électoral est un crime commis à l’égard des musulmans croyants ou non, oui, il en existe et beaucoup, qui n’ont qu’un désir, celui qu’on leur fiche la paix !

Le corps des femmes… le diable incarné !

Symptomatique symbole que ce débat tourne autour du corps des femmes !  Toutes les religions du livre semblent haïr, redouter, trembler devant ces corps que… presque, tous les hommes désirent tant… qui sont la vie elle-même.  Qu’il suffise de lire la plupart des pères de l’Eglise, de rappeler qu’il fallut débattre au XVème siècle lors d’un concile pour savoir si les femmes avaient ou non une âme !  Qu’il suffise de lire le raffinement de détails avec lesquels sont réglées les ablutions féminines après les règles dans la religion Israélite, exigences de bains rituels… de purifications… impureté supposée des femmes, qu’il suffise, c’est le pire… de relire les écrits de Luther, fondateur du protestantisme en 1517 ; ce qu’il dit des femmes est d’une ignominie à vomir… à se poser la question de savoir, si ce gros moine perturbé qui jetait son encrier sur les murs croyant y voir le diable, avait eu une mère… enfin les obscurantistes de l’Islam sont dans la même veine… la honte, la peur des femmes.  Mais pourquoi ?  Le sujet a été étudié par un historien français, Jean Delumeau qui a écrit « La peur en occident » et qui classe « La Femme » parmi les sources de peur !  Livre passionnant et éclairant que je conseille à tous !  De fait, les religions du livre craignent plus que tout les femmes parce que celle-ci sont l’incarnation des choses les plus belles de la vie, la procréation et l’amour alors que ces religions sont fondées sur le goût, sur l’espoir de la mort car c’est dans la mort que se réalisera la supposée, la tant promise vie éternelle.  Eh ! Bien oui… la laïcité, c’est aussi cette victoire sur la stigmatisation de la moitié de l’humanité, les femmes… qui ne sont ni les monstrueuses harpies de Luther, ni les tentatrices de l’Islam ou de l’Eglise catholique.  Admettre que des femmes doivent se couvrir pour être pieuses, soumises… peut être respectées, c’est accepter que celles-ci ne soient pas l’égal de l’homme !  Avec le burkini, avec le voile, voilà ce qui est en question.  La laïcité, c’est d’abord le droit d’exercer la religion de son choix, sans la moindre entrave mais ce ne fut et ce ne sera jamais le droit de l’imposer aux autres, de transformer une société de paix religieuse, la nôtre, en champ clos de luttes cléricales… pour cela l’Europe a déjà donné beaucoup de larmes et de sang !  Pas question de recommencer !  Si notre société apparaît impie, ignoble au sens propre du terme, il en existe… malheureusement beaucoup d’autres où la loi religieuse s’applique dans toute son horreur… libre à chacun de rejoindre ces cieux qu’ils pensent bénis !  Personne ne les retient !

Non Monsieur Jack Lang la laïcité, elle, n’a besoin d’aucun lifting.

Nombreux sont ceux maintenant à gauche de présenter la laïcité comme ringarde, dépassée, poussiéreuse, ces défenseurs ne seraient plus que des « laïcards » ou comme le laissait entendre ce matin Jack Lang des racistes !  Ben voyons, mais c’est bien sûr !  Il faut admettre les exigences religieuses qui jour après jour s’additionnent, se cumulent transformant notre société, limitant la liberté des femmes, ignorant les vertus de la démocratie si durement gagnées.  Pour ceux-là c’est Munich tous les jours dans l’espoir de se maintenir au pouvoir, de faire de vastes moissons électorales.  Ils jettent par-dessus bord ce qui a fait la chair et le sang de notre art de vivre… de notre civilisation !  Il y a quelques mois un malheureux « alimentaire » gravitant dans un cabinet ministériel, n’ayant jamais travaillé ailleurs que dans l’appareil du PS, exerçant donc la profession de socialiste, tentant de répondre à mes arguments de façon simpliste, l’égalité Homme/Femme pas la peine de la défendre, elle n’existe pas partout en Belgique, la laïcité, pas de sens de la défendre, elle est totalement dépassée.  Eh bien non !  Qu’il s’agisse de Jack Lang ou d’un minable grabataire d’un cabinet ministériel, c’est non !  Qu’ils sachent ceux-là qu’ils trouveront sur leur chemin, des femmes et des hommes pour qui les mots ont un sens, au-delà des échéances électorales, qui jamais ne transigeront sur nos libertés, sur les libertés !