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Un génocidaire belge, Léopold II ?

« Nul ne peut barrer la route de la Vérité. »  Alexandre Soljenitsyne.

Le meilleur et le pire.

Il y a quelques jours, réagissant à je ne sais plus quelle information, je me risquai à poster un commentaire mettant en cause les agissements de Léopold II au Congo.  Quatre internautes me prirent à partie m’accusant, qui de répandre des fariboles pêchées à Kinshasa, qui de prendre pour argent comptant la propagande anglo-saxonne de l’époque.  Un cinquième intervenant courageusement dissimulé sous le nom d’un prestigieux cinéaste espagnol eut tout de suite recours à la pire des vulgarités et à l’insulte poujadiste…un classique !

Chacun le sait les réseaux sociaux sont comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.  Au côté de la merveille technologique qui consiste à unir les gens, gicle le vomi des impuissants essayant de palier la médiocrité de leur vie par l’insulte anonyme sur Facebook…médiocre consolation de ratés!  Je proposai néanmoins à mes contempteurs de leur fournir une bibliographie afin qu’ils se forgent leur jugement, aucun ne me communiqua une adresse électronique, l’un d’entre eux me précisa que même si je lui fournissais un tombereau d’information, il n’en croirait pas un mot !

« Le mythe est un mensonge de la mémoire. »  Richard Dindo  

Incorrigible optimiste, toujours accroché au principe de perfectibilité des hommes,  je me résous à rédiger cet article et à communiquer quand même sur ce sujet qui me passionne depuis toujours.

J’ai commencé ma scolarité primaire en 1950; lorsque nous achetions un cahier, celui-ci nous était fourni avec un buvard sur lequel était dessiné, étonnant camaïeu,  un personnage portant un large casque colonial se prolongeant sur la nuque, l’allure protectrice, dominant un noir en pagne arborant une lance et un bouclier de peau.  L’histoire de la colonisation n’était alors qu’une suite d’images saint-sulpiciennes, le bon et valeureux roi Léopold luttant avec acharnement contre l’esclavagisme apportant la sécurité, la santé, l’éducation… en un mot la civilisation.  Douze ans plus tard, à l’ULB le professeur Stengers, pour qui j’ai le plus grand respect, m’enseigna l’histoire du Congo.  Nous étions loin du buvard de l’école primaire… cependant les critiques concernant les méthodes utilisées par les représentants de Léopold II étaient balayées d’un revers de la main, dans la mesure où notre professeur considérait que ce n’était que l’expression de la jalousie des anglo-saxons.  Thèse qui sera d’ailleurs évoquée par l’un des intervenants sur internet… preuve qu’il n’est pas facile à la vérité de remplacer le mensonge !   Au départ du cours de Jean Stengers, j’ai poursuivi mes recherches et lu quantités d’ouvrages sur la colonisation du Congo par Léopold II et ensuite par la Belgique.  Au fil des ans, les faits prirent une autre dimension, une autre histoire se dégageant de la gangue amidonnée par la légende civilisatrice et… très catholique, la vérité apparaissait avec son effroyable cortège d’horreurs.  On avait menti à des générations de belges !  Là est aussi l’insupportable scandale.

« Léopold II fut un patriote au-dessus de tout soupçon… Mais quelques fussent ses bonnes intentions,  jamais il ne comprit que la fin ne justifie pas les moyens. »  Barbara Emerson

Léopold II, alors même qu’il n’avait pas encore accédé au trône, évoquait souvent sa volonté colonisatrice.  Il a envisagé de nombreuses hypothèses, qu’il s’agisse de l’achat de la Crète, des îles Féroé, d’une parcelle en Chine, des nouvelles Hébrides, des îles Fidji, de territoires en Argentine.  A noter que la classe politique belge a toujours été opposée à l’aventure coloniale.  Ainsi Frère Orban, leader libéral n’hésitait pas à proclamer à la chambre : « nous n’avons pas besoin de colonie, nous avons la France »  faisant référence implicitement au nombre de travailleurs belges qui y travaillaient.

Après la découverte, au mitant du XIXème siècle,  par Speke et Burton de l’immense lac qu’ils baptisèrent Victoria, les milieux scientifiques européens s’enthousiasmèrent pour l’exploration de l’Afrique centrale qui restait pour une large part, une tache blanche sur les Atlas.  La réussite de l’extraordinaire opération de recherche du pasteur Livingstone par Stanley fut un coup de tonnerre médiatique, d’autant plus que l’expédition avait été financée par Gordon, patron de presse américain.  L’Afrique centrale devenait une proie pour les explorateurs…et les colonisateurs.  Léopold II engagea Stanley, finança une nouvelle expédition dont le but, il fut atteint, visait à relier Zanzibar à l’océan Atlantique, traversant ainsi de part en part tout le continent africain.  Parallèlement, Léopold II organisait au Palais Royal de Bruxelles une réunion à caractère pseudo-scientifique dont le but était d’asseoir sa légitimité en qualité de spécialiste de l’Afrique centrale.  Cette conférence fut un coûteux échec mais qui se révéla prometteur lorsque les grandes puissances organisèrent la conférence de Berlin fin 1884 début 1885 afin de répartir leur influence en Afrique centrale où l’Angleterre, la France et l’Allemagne se disputaient de vastes domaines.  Ce fut la grande réussite de Léopold II.  Il se vit attribuer un immense territoire, septante-huit fois plus vaste que le médiocre royaume où il n’était qu’un souverain constitutionnel.  Le gouvernement belge, toujours opposé à l’aventure coloniale, étonné mais passif, accepta que le roi devint le chef de l’Etat Indépendant du Congo !  Léopold II mit sur pied une administration dont le siège était rue de Bréderode à l’arrière de son palais, le bâtiment existe toujours, curieux chalet suisse collé à la résidence royale ; il  recruta, en majorité des officiers et sous-officiers libéraux qui n’ayant aucune chance de carrière en Belgique du fait des gouvernements homogènes catholiques, tentaient la chance en Afrique.

« La vérité, l’âpre vérité ! » Danton

Qu’espérait Léopold II ?  D’abord faire du profit grâce au commerce de l’ivoire qui au début de la colonisation était la grande source de revenu.  La lutte contre l’esclavagisme ne fut jamais qu’un pâle mensonge tout juste bon à faire frémir le bon peuple grâce à la presse à sensation.  Très vite, les affaires périclitent, l’ivoire n’est plus rentable, boules de billard, touches de pianos et prothèses dentaires ne constituent pas un marché suffisant, le roi est au bord de la faillite.  Il sollicite un prêt auprès du gouvernement belge, qui, en traînant les pieds, lui accorde.  Ce prêt le roi ne le remboursera jamais !  Quelques années plus tard ; tout change grâce à l’explosion des besoins de caoutchouc.  Or, au Congo, pour le malheur de son peuple, le caoutchouc pousse naturellement en abondance.  C’est à ce moment que commence les atrocités liées au travail forcé. Il ne peut donc y avoir aucun doute que ce soient la cupidité, la rapacité du roi en quête de fortune qui conduisirent aux horreurs que les peuples du Congo allaient subir.   A cette époque, en Afrique centrale, peu de témoins… néanmoins quelques missionnaires anglo-saxons, suédois s’alarment des pratiques féroces des agents du roi Léopold II.  Des représentants du gouvernement anglais Morel et Casement établissent des rapports à l’intention de leur gouvernement.  Les américains envoient une mission d’étude.  A Paris, l’hebdomadaire « l’Assiette au Beurre »,  le « Charlie hebdo » de l’époque caricaturent Léopold II devant des paniers de mains coupées.  De fait, les soldats de la Force publique, pour une cartouche tirée devait présenter à leur officier deux mains coupés… prodigieux sens de l’économie !  L’origine des conflits était toujours le travail forcé et les quantités toujours plus importantes de caoutchouc qu’il fallait récolter.  Les populations indigènes n’ayant aucune conscience de la notion de travail, il est évident que seule la force la plus brutale pouvait obtenir des résultats. On ne compte plus les villages brûlés, les populations prises en otage, les massacres à la mitrailleuse des indigènes révoltés.  Aujourd’hui tous ces faits sont dûment documentés et répertoriés, pour s’en convaincre, il suffit de lire les protocoles d’importation d’armes et de munitions transitant par Anvers pour aboutir au Congo.

« Quand la légende devient la vérité, imprimez la légende. » ( ? )

Le roi amassa une fortune colossale. Ses avoirs étaient estimés au début de son règne à cinq millions de franc or, lorsqu’il vendit le Congo à la Belgique en 1908, les chercheurs estiment que sa fortune s’élevait à 14 milliards alors même qu’il en avait dépensés 8 pour différents projets urbanistiques et autres en Belgique.  Ainsi, il devint l’un des hommes les plus riches du monde.  Il ne fait cependant pas de doute, que la vente du Congo à la Belgique fait suite à l’énorme campagne de presse dénonçant l’incroyable brutalité des agents du roi en vue de récolter le caoutchouc.  Dans la mesure où il n’avait pas remboursé le premier prêt obtenu de l’état belge, il est permis d’affirmer que Léopold II a donc vendu deux fois le Congo à notre pays.   Léopold II fit détruire systématiquement les archives de l’Etat indépendant du Congo et camoufla sa fortune notamment grâce à une fondation créée en Allemagne, ce ne fut que quatorze ans après sa mort qu’on parvint à voir clair dans ses avoirs.

« La vérité vous rendra libre. » L’Évangile

Le titre de cet article se termine par un point d’interrogation.  La question est donc posée, les horreurs dont les employés de l’Etat indépendant du Congo se sont rendus coupables font-elles de lui, principal bénéficiaire, un génocidaire ?  D’abord, j’insiste sur le fait qu’il est des mots dont l’usage doit être parcimonieux car à force de les utiliser pour tout on leur soustrait leur valeur, leur force.  Le mot génocide n’a été créé qu’en 1944 pour qualifier le massacre industriellement planifié des Juifs par les nazis.  Dès lors, je pense que le terme de génocide ne peut être employé que pour définir : 1. Le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915.  2. Le massacre des Juifs par les nazis.   3. Le massacre des communistes en Indonésie au moment du coup d’état de Suharto.  4.  Le massacre de la population cambodgienne par les Khmers rouges.  5.  Le massacre des Tutsis en 1994 au Rwanda.  Je veux quand même préciser que l’empire Allemand avait commencé en massacrant systématiquement la tribu des Hereros et celle de Namas tout au début du siècle !  Intéressant de savoir que le coupable, le général Von Trotha avait comme adjoint un officier du nom de Goering, père de celui qui fut le « dauphin » d’Hitler.

J’estime donc au regard de la définition du génocide que Léopold II fut responsable de crimes de masse mais pas d’un génocide d’un point de vue purement sémantique… ceci dit, cela ne change rien pour les victimes qui selon les chercheurs se chiffrent autour de dix millions entre 1885 et 1909 !

Voilà donc ce qui pour moi est le secret le mieux gardé, le grand mensonge de l’histoire de Belgique.  Et c’est ce mensonge qui doit blesser tous les démocrates, tous ceux qui veulent que l’histoire soit avant tout la recherche de la vérité.  Mais attention, il n’y a chez moi pas l’ombre d’une quelconque volonté de repentance ou d’expression d’un pardon rétrospectif.  Non !  Seule la vérité compte !  Et je ne vois pas en quoi, le belge moyen aurait une responsabilité dans ces abjections.  Bien entendu, je conçois qu’il n’est pas toujours facile de voir s’envoler les confortables écailles qui masquent à nos yeux les vérités atroces de l’histoire, surtout quand elle est la nôtre… le mensonge est souvent tellement plus beau que la vérité.

Je laisse la conclusion à Primo Levi quand il écrit : « Les monstres existent mais ils sont trop peu nombreux pour être dangereux… plus dangereux sont les fonctionnaires prêts à croire et à agir sans poser de question. »

 

Bibliographie :

« Léopold II, le royaume et l’Empire. »  Barbara Emerson.  Document Duculot.  1980
« Les fantômes du roi Léopold. »  Adam Hochschild.  Belfond.  1998n
« Crime in Congo » Arthur Conan Doyle.  1902
« Congo »  Eric Vuillard.  Actes Sud.  2012
« Stanley, dark genius of African exploration » Pimlico. 2004
« Zoo humains.»  Nicolas Bancel.  2002
« Congo une histoire. »  Davide Reybroek.  Actes sud.  2012
« Le bureau des reptiles. »  Marcel-Sylvain Godefroid
« The King incorporated. »  Londres.  1953
« Au cœur des ténèbres »  Joseph Conrad.  1899
« Le rêve du Celte. »  Gallimard.  2011
« Aux avants postes du progrès. »  Joseph Conrad. 1899

Enfin, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, les ouvrages de Barbara Emerson et de Adam Hochschild reprennent une très abondante bibliographie.

De l’utilité des scandales en démocratie ou « Vive les scandales ! »

Depuis quelques mois, la presse qui était très mobilisée par les dossiers du Kazakhagte, mêlant politiques, policiers, justice, magistrats, est passée à autre chose, le dossiers des intercommunales Publifin, leur infinie générosité à l’égard d’un quarteron d’élus de tous bords, bénéficiant d’un pactole qu’ils fussent présents ou non lors des réunions.  Cela permet sur les réseaux sociaux de voir réapparaître le vieux, le sempiternel slogan du « tous pourris ».  Certains même se risquant à évoquer un changement de régime… bien sûr… un régime fort, l’un de ces régimes où les scandales n’existent pas !  Pourtant, un tout petit peu de mémoire permet une autre vision, d’apporter quelques nuances… seulement un peu de mémoire… un soupçon de connaissance historique… oh deux fois rien…voyez plutôt.

Dans l’Italie de Mussolini, après l’assassinat du socialiste Matteotti, plus un seul scandale, la presse aux ordres se tait, elle obéit… tout est uniforme, on assassine en silence !  Tout est parfait sous les ordres du caricatural du Duce ! Les films d’actualité de la « Luce » nous montrent Mussolini à moto, coupant les foins, le torse moulé dans un débardeur, à cheval… mais pas de scandale jamais !

Dans l’Allemagne nazie, il n’y a qu’un ennemi, qu’un scandale l’autre… le Juif, là est le grand scandale, sa seule existence est une horreur,  il ne peut y en avoir d’autre… tout y est parfait, les trains arrivent à l’heure, les postiers sont polis, les policiers sévères, les trottoirs impeccables. Les films de la « Wochenschau » strictement contrôlés par Goebbels ne diffusent que des images de merveilleuses jeunes filles blondes, de solides gaillards la mâchoire contractée, culottes de cuir, le regard vers l’horizon… et aussi sans doute… vers la frontière polonaise. L’écrivain britannique Philip Kerr dans sa « Trilogie berlinoise » explique fort bien comment des affaires criminelles où étaient impliqués les pontes du régime passaient à la trappe.

En Union soviétique et dans les pays satellites, aucun scandale ; la presse ne mentionnait même pas, cela lui était interdit, les faits divers.  Ainsi le monstre de Rostov put pendant des années massacrer des jeunes gens, comme l’explique fort bien Tom Rob Smith dans son roman « Enfant 44 ».  Les seuls scandales des dictatures communistes sont ceux voulus, organisés, construits par le pouvoir, celui des supposés « ingénieurs saboteurs », celui des espions de toutes sortes, des médecins juifs du « complot des blouses blanches », plus récemment dans la Pologne communiste, la liquidation du patron de la TV devenu indocile où une perquisition permit, évidemment, de trouver à son domicile des milliers de cassettes pornographiques… toujours efficace d’ajouter des affaires de sexe pour démolir un type.  Le brave peuple, dont on suppose, bien à tort, qu’il ne connait rien au sexe, ne pourra qu’être heurté !  Comme on le sait aujourd’hui, en URSS, même le bulletin météo faisait l’objet d’une analyse, d’un contrôle politique !

A CUBA.

Pas de scandale, sauf lorsque Castro veut se débarrasser du général Ochoa, devenu encombrant… tiens lui aussi… car il était informé des transactions de l’île paradisiaque avec quelques grands narco trafiquants. Le général sera fusillé et on n’en parlera plus.  Plus un palmier ne frémira sous les tropiques… tout sera parfait, calme et volupté, sous Castro et sa famille.

COREE DU NORD.

Pays au fonctionnement impeccable.  Oh ! de temps en temps, le méchant voisin de Corée du Sud fait état de l’une ou l’autre exécution ou d’une famine qui tue des dizaines de milliers de gens… mais c’est sans doute là les fruits vénéneux de la propagande impérialisto-sioniste !

Scandale et démocratie… tant qu’on en veut… n’en jeter plus !  Rien de nouveau sous le soleil !

L’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette n’a éclaté que parce que des libelles édités à Londres ou à Amsterdam dénonçaient cette sombre manipulation.  Libelles que d’ailleurs la cour de France essayait de racheter avant leur diffusion… exactement comme le fait une élue de la région parisienne qui achète la totalité des exemplaires du « Canard Enchaîné » lorsque ce trop curieux volatile s’intéresse à ses turpitudes

La IIIème République grandit de scandale en scandale.

Sous le Président Grévy, il y eut l’affaire Pranzini, assassin guillotiné dont le président Grévy avait fait tanner la peau du dos pour en faire un sous-main.  Le gendre de ce même Grévy, Wilson vendait les légions d’honneur.  Grévy démissionnera. Il y eut aussi le mystérieux assassinat du peintre Steinheil et de sa mère… la femme du peintre, qui sera surnommée la Pompe funèbre,  étant elle épargnée, c’était l’ex maîtresse du président Felix Faure qui selon le mot de Clémenceau avait voulu être César et était mort «Pompée»… histoire connue, les assassins ne seront jamais identifiés.  Plus tard, ce fut la célébrissime affaire de Panama, réunissant ceux que l’on appelait les « chéquards ».  Barrès, célébrissime écrivain nationaliste ultra conservateur écrira « Leur figure » dressant l’inventaire de tous ceux qui avaient bénéficié des largesses de la compagnie du canal de Panama.  Puis ce fut en 1913, l’affaire Caillaux/ Calmette.  Calmette, patron du figaro attaque Caillaux, ministre ayant instauré l’impôt sur les revenus, la femme de Caillaux assassine Calmette !  Elle sera acquittée !

Dans l’entre deux guerre, les scandales se succèdent à vive allure.  D’abord la banquière Marthe Hanau, escroc de haut vol,  mais surtout l’affaire Stavisky qui secoue tout ce qui compte en politique dans la troisième république, que ce soit la police avec l’ignoble Bonny que l’on retrouvera au service de la Gestapo ou le Conseiller Prince qui finira « suicidé » sur les voies d’un chemin de fer.  Quand à Stavisky, retrouvé dans un chalet des Alpes, il sera lui aussi opportunément « suicidé » de deux balles tirées par derrière comme l’écrira le « Canard Enchainé. »  La république vacillera, les fascistes essaieront de la renverser le 6 février 1934 mais échoueront.  Le « Tous pourris » n’avait pas suffi.  La démocratie s’était maintenue à travers tout !

En Belgique.

Sous Léopold II, un gigantesque scandale financier secoue tout l’establishment catholique, c’est l’affaire Langrand-Dumonceau. C’est tout un réseau de banques et d’assurances qui fait faillite et ruine des milliers de rentiers.

L’entre deux guerres voit le scandale de la « Flotte rouge » où se trouvent mêlés Anseele et un ensemble de socialistes flamands liés à ce réseau de coopératives.  C’est aussi la fameuse « cagnotte » de Van Zeeland qui ministre, mais fonctionnaire de la Banque nationale, impose à toute la fonction publique de sévères restrictions de salaires mais crée une cagnotte à la Banque nationale pour s’exonérer de cette diminution de ses rémunérations.  Malgré le slogan du « Tous pourris » lancé par Degrelle et son fameux coup de balai, en Belgique aussi la démocratie tiendra le coup et survivra !  En 1939, il ne restait à Degrelle que deux députés sur 21 élus !

Après guerre.

La France fut secouée en permanence par une série de scandales.  D’abord l’affaire des fuites où des ministres dont Mitterrand sont accusés, à tort, de donner des informations militaires à l’ennemi.  Avant cela, il y eut l’affaire des piastres, vaste escroquerie sur les taux de change. Puis l’affaire du faux attentat de l’observatoire dont on sait aujourd’hui que ce fut un piège tendu à Mitterrand organisé par Alexandre Melnik du cabinet de Michel Debré, premier ministre.  Plus comique l’affaire des ballets roses où est mouillé Letroquer, Président socialiste de l’Assemblée nationale qui avait eu le tort de s’opposer au retour de de Gaulle.  L’affaire Ben Barka où de vrais flics enlèvent cet opposant marocain membre de la Tricontinentale pour le compte des services secrets marocains…qui l’assassineront.  Le mystérieux assassinat du ministre de Broglie, négociateur des accords d’Evian.  Le « suicide » du ministre du travail Robert Boulin dont on vient de rouvrir le dossier, suicide dans dix centimètres d’eau, le nez cassé et diverses ecchymoses… bizarre, bizarre et plus qu’étrange ! La célébrissime affaire Markovic, garde du corps d’Alain Delon, où on a essayé d’impliquer Madame Pompidou.  Les extraordinaires « » où un escroc italien de génie avec l’aide du Comte de Villegas de Jette a réussi a faire dépenser des milliards à Giscard d’Estaing pour une simple photocopieuse.  Tout le monde se souvient de Giscard et des diamants de Bokassa qui firent le succès de Thierry Le Luron et la mort politique de celui qui se voulait l’homme le plus intelligent de France.

Sous Mitterrand se fut un festival, à commencer par l’affaire URBA qui visait à financer le PS sur base d’appels d’offres truqués.  Le dossier Pechiney qui conduisit le chef de cabinet de Bérégovoy en prison. Il y eut aussi le terrifiant sang contaminé.  Le prêt de ce même Bérégovoy que lui fit Patrice Pelat, ami de résistance de Mitterrand mais homme d’affaire trouble qui fit une opportune crise cardiaque avant de devoir répondre à la justice.  Quant à Bérégovoy, il se suicida !  Le dossier Elf avec Dumas, Devier-Joncour, Loïc Lefloc Prigent, énorme machine a financer les partis politiques au départ de potentats africains.  Comment ne pas évoquer Mazarine qui fut pendant quasi quatorze ans logée aux frais de l’état.

Avec Chirac, c’est l’explosion, un jet continu de scandales, la cassette Méry, les emplois fictifs de la mairie de Paris, pour lesquels Juppé sera condamné, les faux électeurs de Tiberi, l’emploi fictif de sa femme, les appels d’offres truqués des lycées des hauts de Seine, la fuite sous les tropiques de Schuller qui en savait trop, la construction des prisons manipulée par Bédier, l’immobilier avec Longuet et Léotard.

Sous Sarkozy, impossible, ça se bouscule trop : Mme Bettencourt, financement de campagne par Kadafi, Bygmalion, corruption supposée de magistrat, les multiples affaires reprochées aux étonnants époux Balkany et tant d’autres.  Impossible de les citer toutes.

Sous Hollande, affaire du compte Suisse de Cahuzac, les mensonges devant l’Assemblée nationale.  Démission d’un secrétaire d’état aux anciens combattants ayant confondu ses affaires commerciales et ses mandats.  Démission du secrétaire d’état à la coopération qui depuis quatre ans faisait… un blocage psychologique et ne payait pas ses impôts.

Et beaucoup d’autres… dont peut-être le plus blanc que blanc, propre sur lui François Fillon !

Et en Belgique.

L’assassinat de Julien Lahaut dont on ne connaîtra l’auteur que des décennies plus tard mais jamais le ou les commanditaires.  Le supposé milliard de Mobutu qui aurait été versé à Leburton mais dont jamais personne n’a vu le premier centime.   Le procès de ce même ex premier ministre Leburton et de son homologue chrétien  Hallet concernant les financements octroyés par les mutuelles qu’ils dirigeaient. Seul Leburton sera condamné !   Les étonnants crédits parallèles visant la construction du port de Zeebrugge.  Le dossier du financement du PRL, dossier du centre Paul Hymans, jamais jugé !  La démission du bourgmestre d’Uccle Jacques Van Offelen soupçonné de corruption.  Les affaires INUSOP et Agusta Dassault concernant le financement des campagnes électorales du PS.  L’affaire des KS, liée  à la reconversion des mines du Limbourg où étaient impliqués différents ministres ou députés CVP.
Comment ne pas évoquer les tueries dites du Brabant Wallon, entre 28 et 31 morts… selon les comptages… dont on n’a jamais arrêté les coupables.  Était-ce des gendarmes dévoyés ?  Y-a-t-il eu une tentative de déstabilisation politique afin d’empêcher la mise en place du fédéralisme ?  Saura-t-on un jour la vérité ?Plus terrible, l’affaire Julie et Melissa où apparaît dans toute son horreur les insuffisances, pour rester prudent, de la gendarmerie et de la justice.  Puis ce fut l’assassinat d’André Cools dont, comme pour Lahaut, on ne connut jamais le ou les commanditaires… et pourtant ils existent, j’en suis convaincu !  L’affaire des hormones avec l’assassinat d’un vétérinaire qui tentait de faire appliquer la réglementation suivie par l’affaire de la Dioxine qui fit chuter Dehaene et amena Ecolo au pouvoir !  Les dégâts du fameux escroc Van Rossem qui fut élu député et qui était, j’en ai été témoin, parfaitement introduit dans la « bonne société flamande »,   Il y eut aussi l’escroquerie Lernout et Hauspie qui ruina des milliers d’épargnants flamands mais qui avait l’aval du monde politique de Flandres, en particulier du CVP,  que la « la Libre Belgique » qualifia de plus grand escroquerie du siècle ! Comment ne pas évoquer le scandale de la Société générale qui ébranla le gouvernement jusqu’à la démission du premier Ministre et l’implication du sommet de la hiérarchie judiciaire.  La décennie consacrée aux dossiers du PS de Charleroi qui se transforma en chasse à l’homme dont Van Cauwenberghe fut le gibier…qui finalement ridiculisa le chasseur.

Pour la Grande Bretagne et USA  

Je me contenterai de rappeler le dossier Profumo, ministre de la défense qui partageait sa maîtresse Christine Keeler avec l’attaché naval de l’ambassade soviétique.  Le « suicide » de Maxwell, magnat de médias, qui avait volé le fonds de pension de ses ouvriers et employés. 

Le dossier de Cohn, l’adjoint de Mac Carthy qui voulait que son petit ami échappe au service militaire, cette affaire mit fin à la période de chasse aux sorcières des années cinquante. L’assassinat de Kennedy qui reste toujours mystérieux. La liaison du jeune et fringant président avec une maîtresse qu’il partageait avec Gianacana, l’un des patrons de la mafia. Bien sûr, le célébrissime Watergate où de fil en aiguille la justice remonta jusqu’à Nixon qui démissionna avant d’être révoqué.  Sous Reagan, l’Irangate où le colonel de Marines Oliver North commerçait avec l’Iran sous embargo pour financer les contras du Nicaragua.  Reagan s’en sortit grâce au sacrifice de North qui assuma tout.  Sous Clinton, il y eut une multitude de dossiers financiers mais surtout l’affaire Moniqua Lewinski au cours de laquelle le procureur spécial Star dépensa un milliard de dollars pour tenter d’avoir la tête, à défaut d’autre chose, de Clinton !  La gigantesque affaire de Subprimes, dont les agences de notations et les banquiers ne répondront jamais…sauf dans la minuscule Islande.

En Israël.

Un premier ministre Ehud Olmert est en prison, il n’est pas rare que des ministres démissionnent et soient condamnés dans des dossiers financiers ou des affaires de mœurs, tel Weizman fils du premier président d’Israël.  En ce moment la justice examine différentes relations du premier ministre.  

Qu’est-ce que cela signifie au plan du fonctionnement des démocraties ?

D’abord, je constate qu’il y a des pays où jamais aucun scandale n’éclate.  L’Arabie saoudite par exemple, la Syrie de Bachar, la Tunisie de Ben Ali, la Lybie de Kadafi, la Grèce des généraux, le Chili de Pinochet, l’Argentine de Videla… en un mot comme pour le nazisme, le communisme, là où il n’y a pas de démocratie, il n’y a pas de scandale.  Le scandale est inhérent à la démocratie comme les accidents de la route le sont à la circulation routière.  J’ose dire qu’il est, les chrétiens apprécieront, consubstantiel, c’est-à-dire, inséparable de la démocratie.  Le scandale est le verso de la démocratie… il est inévitable qu’une pièce ait deux faces !

Le « tous pourris » est non seulement faux mais dangereux car il fait le lit des régimes autoritaires où tout est caché, il conduit au mensonge généralisé d’une dictature qui lave plus blanc que blanc.  On le voit fort bien en Russie où si un journaliste a encore des velléités de vérités qui pourrait chatouiller les puissants, il est assassiné.  Dans les dictatures la formule de Léo Ferré est toujours d’application :  « la vérité c’est pas ici ! »

Napoléon ne s’y était pas trompé, sous la révolution était né une multitude de journaux, il les supprima pour n’en laisser subsister que quelques uns, qu’il contrôlait parfaitement !  Emile de Girardin inventant vers 1830 la presse à bon marché transforma la masse populaire en opinion publique… l’information, aussi imparfaite fût-elle,  remplaçait les rumeurs invérifiables, un contrôle pouvait s’initier, il ne fera que grandir.

Ce n’est donc pas un hasard si Trump s’en prend si violemment à la presse qu’il veut à toute force décrédibiliser.  Il sait que c’est de cette presse que pourrait venir ses plus sérieux ennuis donc elle ment… et il invente cette étonnante notion des faits alternatifs.  Il veut casser le thermomètre !  Les scandales sont effectivement le thermomètre de la démocratie.  Ils y jouent un rôle fondamental de correcteur, au départ de ceux-ci la démocratie évolue, se corrige, s’amende, progresse mais progresse dans la liberté… le mensonge ne permet aucun progrès !  Le mensonge, c’est Orwell et le meilleur des mondes, c’est « la ferme des animaux » et finalement le basculement comme l’explique Koestler dans « Le zéro et l’infini. »  D’où l’absolue nécessité de conserver une presse libre ou les journalistes ne sont pas pour leur plus grand nombre, comme en Belgique des infra salariés, où un élégant clignement d’yeux d’un présentateur de TV ne remplacera jamais une analyse de fond d’un dossier !  En ce sens oui !  Une démocratie est en danger si sa presse se réduit à une peau de chagrin et que ses journalistes sont privés de l’élémentaire liberté offerte par un statut social respectable.

Le véritable scandale est celui qui n’éclate jamais !

Celui qui reste bien caché, que l’on occulte avec attention, là est le scandale !  N’êtes vous pas étonné du nombre de commissions parlementaires mises en place mais dont on sait peu de chose et… le citoyen lambda ne sait rien !  Ainsi la commission sur les attentats de Bruxelles et Zaventem !  Voilà pourtant une situation extraordinaire !  Mais où sont les articles de presse sur le suivi de cette commission qui est censée se poursuivre ?  Une seule commission parlementaire eut un grand retentissement, ce fut celle consacrée à l’horreur de l’affaire Julie et Mélissa.  Pourquoi ?  Parce qu’elle était filmée.  Aux USA, elles le sont toutes depuis les années cinquante.  Ici, on a crié au populisme, au poujadisme !  Pourquoi parce que les citoyens qui suivaient les débats jusqu’au milieu de la nuit découvraient en direct le fonctionnement des institutions, de la Justice, de la Police, de la gendarmerie dont ce sera d’ailleurs le chant du cygne… elle disparaîtra !  C’était scandaleux oui !  Et alors ! C’est grâce à cela qu’on peut amender nos institutions, les faire progresser vers plus de transparence, vers plus de respect pour les citoyens.  La démocratie n’en est pas une si elle ne respecte pas la célèbre formule anglaise des « Checks and balances », c’est-à-dire des pouvoirs et de leur contrôle !  Toutes nos commissions parlementaires devraient être filmées et diffusées, là est le prix d’une démocratie vivante où les élus n’ont pas peur de leurs électeurs !  Parce qu’en vérité c’est de cela qu’il s’agit quand certains hurlent, craignent le populisme !

Alors oui !  Je n’hésite pas à dire, vive les scandales, leur dénonciation est le seul marqueur de la démocratie !  Ne l’oublions jamais !  Ils ne sont pas le signe d’une quelconque déliquescence de nos institutions, bien au contraire, ils sont la preuve de leur vitalité et de leur force.  N’ayons pas peur des scandales !  N’ayons pas peur de ce qu’ils disent de nous !  Les hommes sont perfectibles, les institutions aussi !

Mais de qui donc Emir Kir est-il le député ?

« Et quand il eut dépassé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. »  Nosferatu

Pendant longtemps Emir Kir fut pour moi l’exemple d’une intégration réussie.  Tant dans sa vie publique que dans sa vie privée, tout me conduisait à penser qu’il était un magnifique exemple à suivre, qu’il représentait l’avenir de notre région, qu’il avait réussi la difficile synthèse entre le respect, le souvenir, la mémoire de ses racines et la volonté de s’insérer dans la société belge où ses parents avaient décidé de vivre.

Très vite, il fut la cible de ceux, nombreux, folliculaires en mal de notoriété, concurrents envieux de sa popularité,  de la rigueur avec laquelle il examinait les dossiers.  Je le soutins avec vigueur, me faisant quelques ennemis de plus… mais passé un certain nombre on ne compte plus… et d’ailleurs n’y a-t-il pas ce magnifique proverbe italien qui souligne que c’est le nombre de vos adversaires qui fait la juste mesure de votre valeur… alors à quoi bon se priver.  Je soutenais donc qu’il était odieux d’interroger constamment Kir sur le génocide arménien, le rendant quasiment responsable des horreurs commises par le gouvernement « Jeune turc » en 1915.  Je déclarais que Kir était belge, qu’il devait être traité comme tel et non comme un ressortissant turc.  Je l’aidais aussi dans sa réflexion, lorsque Onkelinx faisait la danse des sept voiles pour tenter de le faire déménager à Schaerbeek… et d’engranger les voix turques… promesse lui était faite d’être bourgmestre de Schaerbeek tant que Onkelinx serait vice-premier ministre.  Prudent, il ne tomba pas dans le piège et essaya d’être le premier à Saint-Josse plutôt que d’occuper le glissant strapontin qu’on lui dépliait dans la commune d’à côté.  J’en étais ravi.  On le sait,  j’ai de l’admiration pour Guy Cudell qui fut un vrai original de la politique, un innovateur, un découvreur ayant une vision de l’avenir de cette petite, très petite commune, la plus pauvre de Belgique.  Je fus heureux de voir Kir lui succéder, et ainsi être le premier bourgmestre issu de l’immigration diriger l’une des 19 communes, il pourrait ainsi être emblématique d’une intégration pleinement réussie… un exemple à suivre.

Peu après les dernières élections communales, il m’invita à déjeuner en compagnie d’un ami commun.  Je perçus une étonnante métamorphose, d’abord dans le ton, plus que ferme, les phrases péremptoires  s’enchaînaient tels des coups de sabre… pas de réplique possible… mais bon, l’autorité est tellement rare dans le monde politique qui préfère la médiocrité hypocrite à l’affirmation des convictions… cela changeait.

Survint alors l’inacceptable, nous évoquions les prochaines élections législatives, il déclara « toutes les élections doivent être communautaires, Fadila Laanan et Rachid Madrane n’ont rien compris, sans campagne communautaire pas de victoire possible. »  J’étais stupéfait, éberlué, quel changement, quelle transformation, plus question d’intégration, plus question même d’en parler !  Je n’avais plus le même homme devant moi, celui qui était devenu bourgmestre de Saint-Josse était exclusivement le représentant de la communauté turque.  Aucune tête ne doit plus dépasser, tout le monde dans le rang, le capital électoral, ce sont les immigrés turcs… et plus rien d’autre ne doit compter.  Je me retirai sur la pointe des pieds, observai de loin, constatant quand même que parmi ses échevins une individualité remarquable se détachait.  Mais des bruits sinistres me revenaient sur d’autres personnes de l’entourage de Kir, dont un échevin ne saurait ni écrire, ni lire le français !  Il paraîtrait qu’il apprend avec application.

Vint alors le pénible débat sur la reconnaissance officielle par la Belgique du génocide arménien.  Il ne s’agissait plus d’une position personnelle mais de la reconnaissance légale, officielle du premier génocide de cet horrible XXème siècle.  Qui peut, aujourd’hui, mettre en doute l’immensité du crime commis par le gouvernement « jeune turc » à l’égard de la communauté arménienne ?
Seules les instances officielles turques s’y refusent avec une obstination dont le grotesque s’ajoute à un négationnisme immonde.

On sait ce qui se passa au CDH où le président Lutgen n’hésita pas un instant à exclure la parlementaire voilée qui refusait de reconnaître cet acte de mémoire et de respect.  Kir tourna autour du pot, diffusa des communiqués de presse caraméliques, circonvolutions reptiliennes ne parvenant pas à cacher sa position négationniste.   Le courage dont avait fait preuve le CDH obligea le PS à mettre Kir au pied du mur.  Finalement, à un cheveu de l’inévitable, après de longs débats où Di Rupo mit tout son poids dans la balance, il vota tout en publiant un communiqué dont la casuistique rend jaloux les experts les plus pointus du Vatican.  Pour moi, la messe était dite depuis le triste déjeuner où Kir fit devant moi son « coming out » communautaire.

Et depuis quelques jours, la cerise sur le gâteau !  Il compare les Kurdes à Daech, aux pires islamistes, faisant semblant d’oublier que les Kurdes se battent depuis une éternité pour obtenir une reconnaissance nationale.  Ils furent les oubliés du traité de Sèvres qui en 1920 redessina les frontières du Moyen-Orient sans tenir le moindre compte de la réalité des peuples.  Sans doute a-t-il approuvé que pendant près de quatre ans l’armée turque a bombardé les Kurdes qui combattaient Daech, à l’époque, ils étaient à  peu près les seuls !

Comment ne pas se rappeler la façon dont furent organisés en Belgique les meetings électoraux pendant la campagne électorale de Turquie.  Plus de 10.000 personnes  lors de la venue d’Erdogan.  Mais aujourd’hui de quoi parle-t-on ?  Il ne s’agit pas d’un homme d’Etat lambda mais de quelqu’un qui installe une dictature aux portes de l’Europe .  Milliers d’arrestations, journalistes, écrivains, magistrats, militaires, enseignants aucune catégorie n’échappe à la prison.  La laïcité qui avait construit la Turquie moderne n’est plus qu’une ombre sans contenu, ne reste que la multitude des portraits de Mustapha Kemal, mais il ne reste rien d’autre alors que la Turquie pouvait être fière des pas de géants accomplis dans la modernité… n’oublions pas que les femmes turques ont voté avant les femmes belges !

Avec tristesse, je ne peux que constater l’alignement de Kir sur les positions les plus aberrantes d’Erdogan… plus question d’intégration… changement de rôle… le gentil garçon à la mise toujours soignée a endossé l’uniforme du porte voix d’un potentat liberticide qui estime qu’à Bruxelles non plus les Kurdes n’ont pas le droit d’exister !  Il y a de quoi avoir peur si l’ambiance à Saint-Josse est de même nature !

Que fera le PS ?  Rien !  Kir contrôle entre 14.000 et 17.000 voix, là est la terrible réalité du communautarisme triomphant. Le PS à Bruxelles est donc coincé entre une majorité d’électeurs d’origine maghrébine dont beaucoup souffrent de l’insidieuse pénétration des sectes fanatiques auxquels des élus islamo-gauchistes  aussi stupides que crédules font les yeux doux et un élu, bourgmestre de Saint-Josse, qui contrôle pour le compte d’un gouvernement étranger une bonne partie de la communauté turque de Bruxelles.  On en est là !  Il n’y a aucun doute que cela pose la question de la double nationalité.  Entre l’attachement à ses origines, à sa culture et l’inféodation au gouvernement d’un pays étranger, il existe une marge considérable.   Mais chut… chut… voilà des sujets qu’il n’est pas permis d’aborder… interdit d’en parler d’y faire allusion.  Qu’un élu du SP, vice Président du parlement bruxellois fasse récemment une hallucinante déclaration de soumission dans des termes moyenâgeux au roi du Maroc est emblématique.

Ceux qui peuvent encore se payer l’immense luxe de « penser »… « les derniers sioux qui refusent de marcher en file Indienne »… ceux qui ont cette incroyable audace, ont sans conteste le droit de se poser la question de savoir « de qui Kir et quelques autres sont-ils les élus ? »  Quant à Kir, pour moi pas de doute… « il a dépassé le pont… et les fantômes viennent à sa rencontre. »

Catherine Moureaux ou l’Hommage du Vice à la Vertu !

« Il est avec le ciel des accommodements. »
Molière 

Catherine Moureaux, la fille de son papa… là aucun reproche à lui faire, comme dit la chanson… « on choisit pas sa famille… » diffuse sur les réseaux sociaux une « Carte blanche » en précisant que cette diffusion se fait « à la demande générale »… a-t-elle examiné qui soutient son étonnante prise de position ?  Non, pas la peine, elle vise une population bien déterminée… et basta ! Résultat électoral oblige ! Son axe d’attaque, les tenants de la laïcité « dévoyée », ceux qui en refusant le port du voile lors des accompagnements de voyages scolaires commettent, je cite « une grave violence symbolique », ceux qui organisent une « discrimination institutionnalisée », ceux qui refusent les « accommodements raisonnables », ceux qui menacent les parents et les enfants par « une application étroite du principe de neutralité », ceux pour qui la laïcité est « un mur d’intolérance isolant une minorité. »  Minorité… à Molenbeek… vraiment ?   Bien bonne, elle annonce qu’elle a fait « le choix d’inscrire ses enfants dans l’école publique. »

La Loi… Pas pour moi !

Aïe !  Aïe !  Aïe !  C’est là où cela se corse.  J’apprends que Catherine Moureaux voudrait à toute force que l’un de ses enfants soit immédiatement accepté dans une école de la Ville de Bruxelles.  Tiens, tiens, mais pourquoi son enfant devrait-il quitter Molenbeek ?  Pourquoi exige-t-elle que la réglementation scolaire soit violée ?  En qualité de parlementaire, elle doit savoir que les changements d’école doivent répondre à des critères très précis.  Elle n’a aucun lien avec la Ville de Bruxelles.  Mais non ! la réglementation… pas pour elle !  Née, élevée, instruite, cette enfant de la bonne et bien nantie bourgeoisie doit être obéie… s’agit de s’exécuter, d’obtempérer… et plus vite que cela… réglementation ou pas !  Pensez donc, fille d’un papa Ministre de nombreuses fois, qui plus est Ministre d’état, d’une maman Ministre, députée, échevine, Présidente du parlement bruxellois… alors pourquoi pas un « accommodement » avec la réglementation ?  Bon sang ne peut mentir !

Au cours de l’une de ses démarches, elle aurait précisé « impossible de continuer une scolarité à Molenbeek, c’est un ghetto. »  Je n’y étais pas !  Je le sers comme on me l’a vendu.  Mais les démarches pour changer d’école et de commune sont avérées.  Pas le moindre doute !  Alors, les mamans portant le voile qu’elle défend avec tant de conviction, l’ambiance de Molenbeek… bon pour les autres… pour elle pas question !  Quelle tristesse de voir se pratiquer une telle hypocrisie.  Elle me fait penser à ces curés qui disent la messe mais ne croient plus en Dieu !

Une laïcité… très électorale !

Marrant de voir que Catherine Moureaux cache son abandon de la laïcité derrière Caroline Fourest dont je viens de lire le dernier ouvrage… ce n’est manifestement pas le cas de Catherine Moureaux car l’auteure écrit sur la couverture de son livre « La laïcité n’est pas un glaive mais un bouclier »  donc l’auteure est aux antipodes de la position de Catherine Moureaux pour qui ceux qui défendent les principes de la laïcité « dressent un mur d’intolérance isolant une minorité. »

J’ai déjà souligné l’étonnante méconnaissance que manifeste cette députée à l’égard de nos institutions de leur fonctionnement et de leur histoire… étonnant de la part de quelqu’un qui a dû subir pas mal de leçons d’histoire à la maison données par papa himself.  Elle nous dit que la Belgique repose sur « un gros, un énorme accommodement raisonnable. »  Non !  Madame Moureaux, en Belgique les défenseurs de la laïcité ont par deux fois perdu les batailles qu’en France la République gagnait contre l’obscurantisme en 1905.  En 1879, un gouvernement libéral ose créer un Ministère de l’instruction publique, ce qui ne sera acquis qu’à une voix de majorité.  Jusque là l’enseignement était exclusivement au mains de l’église.  Les libéraux perdent ensuite les élections, se succéderont alors des gouvernements homogènes catholiques et ce jusqu’en 1914.  Le gouvernement dit des gauches dirigé par Achille Van Acker essaye de relancer le combat, il est à nouveau battu et doit conclure le pacte scolaire très dommageable pour la neutralité de l’enseignement et pour  la défense de la laïcité.  De là à soutenir que la Belgique vit grâce à « un gros, un énorme accommodement raisonnable » il y a une sérieuse marge.  Les mots utilisés sont toujours essentiels… ici ce qui compte, le marqueur, c’est le mot « accommodement », ce qui veut dire que puisque le Belgique repose sur « un gros, un énorme accommodement » d’autres, beaucoup d’autres peuvent suivre…dans les cantines scolaires, dans les piscines publiques, dans les administrations, dans les abattoirs, dans les lieux de culte… la liste, dans l’esprit de ceux sur les voix de qui compte Catherine Moureaux est, n’en doutons pas, particulièrement élastique.

« Une grave violence symbolique. »

Mais c’est bien sûr… ce sont ces ignobles laïcs intolérants qui commettent en interdisant le voile lors des accompagnements scolaires  une « grave violence symbolique. »  Bien voyons !  Mais Catherine Moureaux ne songent-elles pas à d’autres violences, pas du tout symboliques celle-là, en Septembre 2001 à New-York, à Madrid, à Londres, à Paris et enfin à Bruxelles !  Voilà des violences qui n’avaient rigoureusement rien de symboliques.  Ah ! j’oubliais, ces violences là sont justifiées car nos pays furent colonisateurs, et n’ont pas accueilli comme il fallait les populations immigrées.  En un mot, c’est de notre faute, pas la peine d’ergoter. En cela, elle suit à la lettre les leçons de Tariq Ramadan, aux conférences desquelles elle assiste au premier rang avec papa.  Le fait que dans la salle où elle se trouve on vend le Protocole des Sages de Sion et d’autres livres antisémites ne la dérange semble-t-il nullement !   Sans doute que pour elle, les violences… pas du tout symboliques subies par les femmes à Cologne lors du réveillon sont dues au fait que celles-ci ne portaient pas le voile, que l’une ou l’autre partie de leur corps, un bras, un mollet, un cou, était visible alors pourquoi ne pas outrager ou violer ces femelles impudiques !  « Accommodements, vous avez dit accommodements ! »

Je vais vous dire moi, Mme Catherine Moureaux, députée de Bruxelles, ce qu’est une violence symbolique.  Lors d’un conseil communal se déroulant pendant le Ramadan, sur proposition de l’échevine Turine, le conseil communal de Molenbeek est interrompu pour que ceux qui le souhaitent puissent participer à la rupture du jeûne… et donc ceux, les mécréants, qui n’ont pas participé à ce moment de religiosité conviviale, ont attendu une bonne heure assis à leur pupitre que la fête soit terminée… Oui ! cher lecteur, on en est là à Bruxelles au XXIème siècle.  Voilà une « grave violence » à l’égard de nos institutions, de la laïcité et… de la liberté.  Et là, on n’a pas entendu Catherine Moureaux, c’était normal… un petit accommodement parmi beaucoup d’autres… à venir, soyons en sûr !

« Pauvre petite fille riche. »

Catherine Moureaux diffuse son texte accompagné d’une photo.  Je vous invite à aller sur le site de Mme Moureaux et d’examiner ce document avec attention.  Il est évident qu’il ne me viendrait pas à l’idée de faire la moindre remarque sur le physique de la députée de Bruxelles, chacun le sien, et chacun doit vivre avec ce que la génétique lui a donné.  Ce qui importe ici, c’est le regard.  Je ne peux m’empêcher de songer à cette belle formule de Pierre Assouline « son regard la trahissait quand son verbe faisait encore illusion. »  Oui !  C’est bien cela !  On le voit cette jeune femme n’est pas à l’aise avec le public de Molenbeek, c’est comme pour l’école de son enfant.  Issue d’un milieu favorisé, très favorisé, elle est, on le voit sur « une terre de mission », comme disaient les chrétiens… du temps… des colonies.  Tout le problème est de savoir où cesse le vrai visage, et où commence la grimace !  Catherine Moureaux est médecin, j’espère qu’elle ne bloque pas l’un de ces précieux numéros INAMI dont tant de jeunes qui eux veulent pratiquer leur merveilleux métier de médecin ont cruellement besoin.

Et le PS dans tout ça !

La dernière phrase de cette carte blanche est lourde de conséquence.  Mais le sens politique de Catherine Moureaux n’est sans doute pas assez aiguisé pour en saisir les conséquences.  Se rendait-elle compte qu’elle divise profondément le PS quand elle considère que ceux qui défendent la laïcité élèvent un « mur d’intolérance. »  Nous étions nombreux au PS à soutenir une laïcité qui ne soit pas poreuse aux accommodements mortifères, aux petits abandons, aux grandes lâchetés rémunérées électoralement.  Combien nombreux sont ceux qui se sont éloignés sans bruit, sur la pointe des pieds… Ne voit-elle pas ?  N’entend-elle pas les portes qui se ferment parfois sur 40 ans de militantisme.  Ce que Catherine Moureaux et quelques autres sont en train de construire, c’est un avenir qui trahit ses promesses… et comme toujours les premières victimes de cette trahison ce sont ceux qu’elle prétend défendre.  Ne sait-elle pas qu’en Juin 2015 des mères maghrébines ont manifesté à Montpellier pour que les écoles cessent d’être des ghettos et que reviennent des enfants de toutes origines !  Ces femmes voilées là, car la plupart l’étaient, ne cadrent pas avec l’avenir électoral de Catherine Moureaux.  Donc, on n’en parlera pas !  Comme dans le procès Dreyfus… oh ! zut ! un Juif… la question ne sera pas posée !

Non ! Monsieur Jack Lang la laïcité n’est pas le faux nez du racisme !

« Les munichois de 1938 furent les collabos de 1940. »   

Ce matin huit heures vingt, invité de Patrick Cohen au journal de France inter Jack Lang… son phrasé si particulier… on l’entend… forcément la radio… mais on voit quand même les curieux mouvements de sa bouche,  de ses lèvres découvrant… recouvrant une éblouissante denture, curieux mélange… componction épiscopale… préciosité germanopratine.  Vient l’inévitable question sur le burkini.  La réponse de Jack Lang me fait bondir, me choque.  Rejetant, condamnant les arrêtés municipaux interdisant le port des burkinis, ce qui est son droit le plus strict, il croit devoir ajouter : « pour certains la laïcité est une façon de cacher leur aversion pour la communauté maghrébine. »  Le malheureux ex-ministre de la culture de François Mitterrand vient, je suppose, j’ose espérer de bonne foi, de rejoindre les arguments de l’un des Imans de Nice qui estimait que les attentats en France étaient la conséquence de la laïcité qui « empêchait l’Islam de s’épanouir en France. »  Voilà donc qu’un ancien ministre de la République française se range aux arguments des pires obscurantismes… Je lui fais grâce de ne pas mettre en cause sa présidence de l’Institut du Monde Arabe, présidence qui lui a été confiée par François Hollande dont aujourd’hui il dit tant de mal !  Je ne souhaite pas me complaire dans la médiocre thématique des sinécures lui permettant de ne pas disparaître totalement du champ politique.  La réaction de Jack Lang sur la laïcité me semble, elle, fondamentale parce que emblématique de l’attitude de tous ceux qui à gauche sont en train de vouer les valeurs essentielles de la démocratie aux gémonies.

La laïcité n’est plus nécessaire à une certaine gauche. 

Ainsi la laïcité permettrait aux racistes de se camoufler, de se draper dans l’une de nos valeurs essentielles pour mieux bétonner leur ignoble racisme.  Quelle erreur, quel effet miroir !  Car en fait, ce sont ceux qui abandonnent nos valeurs qui camouflent leur lâcheté… leur besoin d’électeurs sous le couvert d’une soi-disant liberté de porter ou non des vêtements…  qui, de fait, identifient la personne qui les porte… qui donc la stigmatisent… curieuse perversité, étonnant rot de ceux, qui vomissant la laïcité, n’hésite plus à s’aligner sur les discours moyenâgeux qui, il y a quelques années, n’auraient suscité chez eux qu’un bref clignement des cils.  Car la réalité est toute autre !  Le vêtement nous dit toujours quelque chose sur celui ou celle qui le porte.  On a tous vu ces images des plages égyptiennes où dans les années cinquante des jeunes filles se baladaient en bikini, ou même ces rues de Kaboul dans les années soixante où une jeunesse désinvolte goûtait à pleines dents la vie qui s’ouvrait à elle, on a tous entendu le discours de Nasser rigolard expliquant devant le congrès de son parti qu’un barbu lui avait demandé que les femmes se voilent… le Raïs répondant sous les applaudissements et les rires… que ce barbu n’avait qu’à se voiler lui-même ! »  Que tout cela est loin !  Pourquoi les gens comme Lang font-ils semblant de ne pas voir que ce qui a changé c’est l’énorme pression sociale qui s’exerce sur celles qui refusent de se voiler, sur celles qui demain refuseront de porter le burkini…

Une efficace police des mœurs.

Oui ! Une police des mœurs exerce son insidieuse tyrannie dans la communauté musulmane de Belgique et d’ailleurs !  Oui ! Dans certains quartiers de Bruxelles, une femme ne peut se déplacer non voilée ou en jupe courte sans se faire ignoblement insultée… Un film témoin a d’ailleurs démontré ces faits dans l’un des quartiers ghettoïsés de Bruxelles. Ayant travaillé de 1999 à 2013 à Molenbeek, j’ai été directement témoin du rôle de cette police islamique des mœurs.  L’une de mes collaboratrices non voilée sortit un jour de l’entreprise se baladant en tenant sa collègue par le bras… après quelques instants, un homme lui tapa gentiment sur l’épaule, sans agressivité, sans la moindre violence, avec une voix douce, lui fit remarquer que cela ne se faisait pas de marcher en tenant une autre femme par le bras, la pudeur l’interdisait, le Coran prohibait ce genre de comportement.  Cette même collègue a une fille fréquentant un institut catholique à Molenbeek, elle non plus n’était pas voilée… au bout d’un an, elle adopta le hidjab de façon à éviter de se faire mal voir des petites filles modèles, ses condisciples, qui elles portaient le voile… La bourgmestre de Molenbeek vient de constater que de plus en plus de petites filles de cinq ou six ans portent le voile… Posez-vous la question pourquoi ?  Organisant, il y a déjà une dizaine d’année une fête populaire « poulets frites », je fus stupéfait de m’entendre réclamer qu’il serait nécessaire d’acheter des poulets occis selon le rituel religieux… je m’y refusai et observai que des musulmans étaient présents… les élections approchaient mais un bon nombre ne mangea pas !  Voilà la vérité de tous les jours dans nos rues, dans nos villes, voilà comment pour éviter… la vraie stigmatisation… de plus en plus de musulmanes sont contraintes de s’aligner sur les diktats les plus obscurantistes. Or, l’immense majorité des musulmans n’en ont nulle envie, pour l’immense majorité, l’Islam est une culture riche d’un immense patrimoine historique et scientifique avant d’être une religion !  Ce sont eux que trahissent des gens comme Jack Lang et tous ceux qui capitulent devant les exigences des extrémistes religieux.  Je n’hésite pas à écrire que ce lâche abandon, que cette veulerie à but électoral est un crime commis à l’égard des musulmans croyants ou non, oui, il en existe et beaucoup, qui n’ont qu’un désir, celui qu’on leur fiche la paix !

Le corps des femmes… le diable incarné !

Symptomatique symbole que ce débat tourne autour du corps des femmes !  Toutes les religions du livre semblent haïr, redouter, trembler devant ces corps que… presque, tous les hommes désirent tant… qui sont la vie elle-même.  Qu’il suffise de lire la plupart des pères de l’Eglise, de rappeler qu’il fallut débattre au XVème siècle lors d’un concile pour savoir si les femmes avaient ou non une âme !  Qu’il suffise de lire le raffinement de détails avec lesquels sont réglées les ablutions féminines après les règles dans la religion Israélite, exigences de bains rituels… de purifications… impureté supposée des femmes, qu’il suffise, c’est le pire… de relire les écrits de Luther, fondateur du protestantisme en 1517 ; ce qu’il dit des femmes est d’une ignominie à vomir… à se poser la question de savoir, si ce gros moine perturbé qui jetait son encrier sur les murs croyant y voir le diable, avait eu une mère… enfin les obscurantistes de l’Islam sont dans la même veine… la honte, la peur des femmes.  Mais pourquoi ?  Le sujet a été étudié par un historien français, Jean Delumeau qui a écrit « La peur en occident » et qui classe « La Femme » parmi les sources de peur !  Livre passionnant et éclairant que je conseille à tous !  De fait, les religions du livre craignent plus que tout les femmes parce que celle-ci sont l’incarnation des choses les plus belles de la vie, la procréation et l’amour alors que ces religions sont fondées sur le goût, sur l’espoir de la mort car c’est dans la mort que se réalisera la supposée, la tant promise vie éternelle.  Eh ! Bien oui… la laïcité, c’est aussi cette victoire sur la stigmatisation de la moitié de l’humanité, les femmes… qui ne sont ni les monstrueuses harpies de Luther, ni les tentatrices de l’Islam ou de l’Eglise catholique.  Admettre que des femmes doivent se couvrir pour être pieuses, soumises… peut être respectées, c’est accepter que celles-ci ne soient pas l’égal de l’homme !  Avec le burkini, avec le voile, voilà ce qui est en question.  La laïcité, c’est d’abord le droit d’exercer la religion de son choix, sans la moindre entrave mais ce ne fut et ce ne sera jamais le droit de l’imposer aux autres, de transformer une société de paix religieuse, la nôtre, en champ clos de luttes cléricales… pour cela l’Europe a déjà donné beaucoup de larmes et de sang !  Pas question de recommencer !  Si notre société apparaît impie, ignoble au sens propre du terme, il en existe… malheureusement beaucoup d’autres où la loi religieuse s’applique dans toute son horreur… libre à chacun de rejoindre ces cieux qu’ils pensent bénis !  Personne ne les retient !

Non Monsieur Jack Lang la laïcité, elle, n’a besoin d’aucun lifting.

Nombreux sont ceux maintenant à gauche de présenter la laïcité comme ringarde, dépassée, poussiéreuse, ces défenseurs ne seraient plus que des « laïcards » ou comme le laissait entendre ce matin Jack Lang des racistes !  Ben voyons, mais c’est bien sûr !  Il faut admettre les exigences religieuses qui jour après jour s’additionnent, se cumulent transformant notre société, limitant la liberté des femmes, ignorant les vertus de la démocratie si durement gagnées.  Pour ceux-là c’est Munich tous les jours dans l’espoir de se maintenir au pouvoir, de faire de vastes moissons électorales.  Ils jettent par-dessus bord ce qui a fait la chair et le sang de notre art de vivre… de notre civilisation !  Il y a quelques mois un malheureux « alimentaire » gravitant dans un cabinet ministériel, n’ayant jamais travaillé ailleurs que dans l’appareil du PS, exerçant donc la profession de socialiste, tentant de répondre à mes arguments de façon simpliste, l’égalité Homme/Femme pas la peine de la défendre, elle n’existe pas partout en Belgique, la laïcité, pas de sens de la défendre, elle est totalement dépassée.  Eh bien non !  Qu’il s’agisse de Jack Lang ou d’un minable grabataire d’un cabinet ministériel, c’est non !  Qu’ils sachent ceux-là qu’ils trouveront sur leur chemin, des femmes et des hommes pour qui les mots ont un sens, au-delà des échéances électorales, qui jamais ne transigeront sur nos libertés, sur les libertés !

 

Le Symbole et le Piège

Une précision personnelle d’abord.  Celui qui rédige ces lignes est athée, non pas un de ces athées d’ostentation ou de circonstance mais quelqu’un qui a pu juger lors de moments où l’essentiel était en jeu que sa conviction restait forte, qu’aucune velléité de recours à des valeurs de transcendance n’affaiblissait sa lucidité.  Que l’on ne s’y méprenne pas ! Mon athéisme ne m’empêche pas d’éprouver une vraie émotion lorsque je découvre dans un appartement une petite croix ; le désir de croyance en un au-delà m’a toujours semblé être une réponse à l’inéluctable mort, néant que l’esprit de l’homme se refuse d’admettre… on peut le comprendre.

Le Symbole.

Le drame qui s’est déroulé hier dans la banlieue de Rouen est extraordinairement symbolique.  L’égorgement d’un prêtre au pied de son autel, au cours de la messe matinale, dans une église où ne se trouvent que cinq fidèles, voilà qui nous ébranle, qui touche en nous des fibres lointaines mais tellement présentes de  notre civilisation judéo-chrétienne.  L’assassinat du prêtre, pas de n’importe quel prêtre, un homme de quatre-vingt-six ans, au visage émacié, tête de moineau déplumée émergeant d’une chasuble dont sans doute le poids lui est lourd à porter.  Non !   Ils n’ont pas assassiné un jeune curé à poitrail de rugbyman, à cou de taureau ; c’est à un inoffensif vieillard qu’ils se sont attaqués, qu’ils ont égorgé pendant la messe, au pied de son autel, sacrifice quasi biblique !  La symbolique est immense, lourde, elle touche à l’essentiel, elle parle à nos cœurs de croyants… ou d’athées !  Parmi le monceau d’images dont  les télévisions nous abreuvent, il en est une qui donne un sens tout particulier à ce meurtre.  Cette commune a un maire communiste, cet homme s’est exprimé… entre ses sanglots, il n’a pu articuler que deux phrases… un maire communiste qui ne retient plus ses larmes face à l’ignoble assassinat du prêtre de sa commune.  Y-a-t-il un spectre plus large de la société française, du maire communiste… au curé !  Quel symbole de notre société… de notre civilisation.  Oui !  Voilà bien la preuve que ce n’est pas seulement ce vieux curé que les monstres ont égorgé mais c’est aussi notre civilisation !  Peut-on imaginer crime plus rituel ?  La victime, le lieu, le mode d’assassinat, le moment !  Tous les ingrédients de la symbolique sont présents, nous parlent, nous renvoient à l’histoire, aux pires moments des guerres de religions.  Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que certaines régions d’Allemagne ont vu leur population réduite de moitié lors de la Guerre de Trente Ans, pour ne pas évoquer les horreurs du 24 Août 1572 lors de la Saint Barthélemy… n’en doutons pas, voilà où nous renvoient les monstres se réclamant de l’Islam radical.  Je ne peux pas ne pas évoquer non plus l’assassinat systématique des communautés chrétiennes du Moyen Orient qui jour après jour subissent des persécutions sous prétexte qu’elles seraient les derniers représentants des croisés honnis alors que ces ignares ne savent pas qu’elles sont les derniers témoins des âges du Christ !  Nous devons le reconnaître ces meurtres des chrétiens d’orient n’ont guère ému en Occident, c’était loin, cela ne nous touchait pas directement… comme toujours la lâcheté, notre lâcheté se paye, nous la payons, nous la payerons encore longtemps !

Le Piège.

En France, les chiffres varient selon les sources, mais on évoque généralement que cinq millions de musulmans vivent sur le territoire national, sur soixante- six millions d’habitants, à Bruxelles quarante pourcent de la population serait musulmane, les démographes affirment que dans dix ou quinze ans la ville sera à majorité musulmane.  De fait, les islamistes appliquent à front renversé la stratégie du FLN en 1958, au moment où il a lancé sa campagne de bombes dans Alger notamment au Milk Bar et sur la corniche d’Alger, tuant un maximum de jeunes gens dans les lieux où ceux-ci se rassemblaient, l’objectif proclamé était « créer un fleuve de sang entre la communauté musulmane et les Pieds noirs de façon à rendre toute cohabitation impossible ».  Il y avait à l’époque en Algérie un million de Français et neuf millions et demi d’Algériens.  On connaît la suite !  Il fallut choisir entre le cercueil et la valise.  C’est exactement le même but que recherchent les islamistes et leurs thuriféraires.  Convaincre un maximum de musulmans que les pays d’Europe qui les ont accueillis ne sont que des terres où l’Islam est pourchassé, discriminé, insulté, jour après jour !  La preuve par « Charlie Hebdo ».   En un mot, des pays où le vivre ensemble est impossible ! Des pays où l’Islam n’a pas sa place comme religion, parmi les autres.  C’est ce même fleuve de sang qu’ils tentent d’alimenter crime après crime.  On entend, surtout en France, de plus en plus souvent des propositions visant à créer des camps de rétention, quelle pudeur pour appeler ce qui ne seraient que des camps de concentrations, voir à arrêter « préventivement » toute personne suspectée de radicalisation !  Voilà le piège, basculer dans de telles pratiques conduirait immanquablement à l’isolement des communautés musulmanes d’Europe, à les couper des communautés nationales… à faire ce que les Islamistes veulent… de crimes en meurtres, certains n’hésiteraient plus à s’en prendre au hasard à des musulmans.  Pour reprendre l’analogie de la guerre d’Algérie, les desperados de l’OAS ordonnaient de tuer un jour tous les facteurs algériens, le lendemain, tous les bouchers, le surlendemain tous les épiciers… ce fut une suite de meurtres ignobles, sans le moindre sens !  Sinon de terroriser la population musulmane.  Non !  Nous ne devons abdiquer aucune de nos libertés, nous devons rester, envers et contre tout, des états de droit.  L’arsenal judiciaire existe, il doit être appliqué avec la plus extrême rigueur, sans la moindre faiblesse.  Mais abdiquer nos libertés serait faire le jeu des terroristes… Ne tombons pas dans ce piège.

Comment s’en sortir.

La première des clés est entre les mains des musulmans.  Il faut qu’ils s’expriment avec force, sans ambiguïté, sans atermoiement, sans la moindre nuance pour condamner ces crimes atroces qui, qu’ils le veuillent ou non, que cela les choque ou non, sont commis au nom de LEUR religion !

Ensuite, il faut détruire de la façon la plus urgente les théories du complot qui font florès au sein de la communauté musulmane.  Une fois ce sont les Illuminati, une autre les Francs-maçons, une troisième les Américains, ou encore… mais c’est bien sûr le Mossad ou les Israéliens… ceux-là ils sont partout… c’est  bien connu depuis les années 40, ceux-là ils sont responsables de tout !  Leurs doigts crochus, si parfaitement dessinés récemment sur une affiche du PAC de Molenbeek Saint-Jean, enserrent le globe terrestre !  Cher lecteur, vous croyez que j’exagère…détrompez-vous, ce genre de théorie est extrêmement fréquente parmi les musulmans Belges ou Français !  C’est ce genre de justification qui est mise en avant pour expliquer l’inexplicable que ne peuvent comprendre ni admettre en toute bonne foi une masse de nos compatriotes de religion musulmane.  Dès lors, pourquoi ne pas trouver un refuge confortable de l’esprit grâce à l’une des multiples théories du complot.  Les média, les politiques ont l’impérieux devoir de combattre partout ce genre d’ineptie.  Il est vrai que cela n’est pas simple quand on voit Philippe Moureaux, l’ancien bourgmestre de Molenbeek, vice-président du PS s’afficher au premier rang en compagnie de sa malheureuse fille lors d’une conférence de Tarek Ramadan, dont les ambiguïtés sont connues de longue date, et que pire encore, à quelques mètres de celui qui fut longtemps professeur de critique historique, se vend « Le protocole des sages de Sion » faux antisémite qui nourrit les pires horreurs.  Apparemment, cela ne l’a en rien gêné !  En Septembre, il descendra encore d’un cran le toboggan du déshonneur en s’affichant comme conférencier aux côtés de ce même Tarek Ramadan, vous savez celui-là même qui au cours d’un débat avec Sarkozy se refusait à condamner la lapidation des femmes adultères, tout juste acceptait-il un moratoire !  Le brave cœur !
Ce soir-là, j’ai aimé Sarkozy…c’est dire !

L’autre clé est aux mains des politiques.  Il est impératif, urgent de mettre fin aux votes multiples (faculté de voter pour plusieurs candidats sur une même liste),
de les limiter à trois au maximum.  Tout le monde sait à Bruxelles que le vote multiple conduit à des campagnes électorales exclusivement communautaires, au prix de concessions dramatiques sur nos valeurs essentielles. C’est cette aberration qui a conduit le parlement bruxellois à être ce qu’il est, où la représentation est totalement déséquilibrée.  Pour le PS bruxellois, c’est vital s’il veut encore représenter l’ensemble de la population de notre région.  Il faut cesser de tergiverser sur la laïcité, sur l’extension du hallal, sur le voile, sur les horaires distincts dans les piscines.  De petits reculs, en petites lâchetés, c’est notre civilisation qu’on trahit !  Le résultat, nous venons tous de le voir en Belgique, en France, en Allemagne.  Je le crie aux responsables politiques en charge de notre avenir… écoutez ce qui monte dans la population, n’ayez plus comme seule ligne d’horizon votre réélection.  L’horreur n’est pas à nos portes, elle est dans nos maisons, elle est sur nos boulevards, elle est dans nos métros, elle est dans nos aéroports… elle est dans nos églises.  Si vous ne réagissez pas l’Histoire retiendra vos noms à côté de ceux qui ont trahi leurs devoirs essentiels !  L’infamie dans l’Histoire pour une réélection, le choix devrait être facile.

Et puis, il y a l’essentiel !  L’avenir !  Notre avenir, celui de nos enfants. L’enseignement communal !  Tout le monde le sait, dans certains quartiers les enseignants sont confrontés à d’inextricables difficultés ayant face à eux des enfants dont les parents ne parlent pas Français, qui ne regardent pas la TV en Français, qui sont dans des classes surpeuplées et dont les démographes, qu’apparemment personne ne lit, nous annoncent que ce sera encore bien pire dans les années qui viennent… Est-il faux de dire qu’aujourd’hui dans nos écoles, où il est impossible de transmettre nos valeurs… on fabrique non seulement des chômeurs mais aussi des enfants perdus qui pourraient se laisser tenter par les pires des solutions !  Ce n’est que grâce à un enseignement de nos valeurs et à des formations débouchant sur de vrais emplois que des solutions pourront être dégagées à long terme.  N’êtes-vous pas impressionnés par le fait que la plupart de ces terroristes entrent dans l’horreur en sortant du banditisme petit ou grand ? L’une de mes amies, directrice d’école retraitée, a l’un de ses anciens élèves dans une de nos prisons !  Toute cette problématique dépasse de loin Bruxelles, la Belgique, il n’en reste pas moins que le monde entier a compris et a écrit que Molenbeek a été le laboratoire du terrorisme européen.

Ne serait-ce pas un horizon magnifique pour le PS bruxellois et Wallon de construire avec tous les belges un autre rêve… de prendre les mesures pour sortir de la spirale de la discrimination conduisant dans certains cas vers le terrorisme et la haine de nos valeurs.  Mener la guerre contre la terreur ce n’est pas seulement mettre des soldats, des policiers sur nos trottoirs mais aussi et d’abord de modifier les mécanismes électoraux pervers,  de ne plus transiger sur nos valeurs, de prendre enfin sérieusement en main l’éducation des enfants de ces familles qui, c’est un fait avéré, seront à Bruxelles majoritaires dans dix ou quinze ans.

Lettre Ouverte à Brahim Datoussaid qui a quitté le PS pour le parti « ISLAM ».

Brahim, cela fait maintenant de longues années que nous nous connaissons. Il doit y avoir quinze ou vingt ans, tu as quitté une première fois le PS suite à l’une de mes remarques, un peu rude je l’avoue, sur le poids de certaines religions dans la vie publique. Tu as rejoint le SP, puis tu as, selon certaines rumeurs été voir ailleurs si l’herbe était plus verte.

Enfin, tu es revenu au bercail socialiste, tu as joué un rôle considérable par ta capacité de mobilisation d’une foule de gens dont, je t’avoue, nous nous sommes toujours demandés où tu allais les pêcher ? Il n’en reste pas moins que ton travail fut considérable. Distribuer un tract en 45’ dans toutes les boîtes aux lettres d’une commune de cinquante mille habitants fut une sorte de record. Nous l’avons réussi grâce à toi, et pas qu’une fois !

Cette activité débordante m’a conduit à éprouver le sentiment d’avoir une dette à ton égard, sentiment partagé par Mireille, mon épouse, tu sais celle à qui tu as dit récemment, en riant, que tes « nouveaux » amis ne l’obligeraient pas à porter la Burqa ! C’est à cause de ton travail exceptionnel lors des communales que nous t’avons soutenu, rien de plus, rien de moins !

La façon dont le PS de Jette, ou plutôt les rares débris qui en reste, s’est conduit à ton égard,  a été sans conteste odieuse; qu’un mandataire manifestement lourdement aviné te suggère d’aller voter au Maroc plutôt qu’à Bruxelles, que tu doives appeler la police pour pouvoir participer à un vote interne, fut absolument scandaleux. Pour ma part depuis Octobre 2012, je me garde bien de formuler quelque remarque que ce soit sur le pitoyable naufrage de la section du PS de Jette. C’est la responsabilité des autorités de la fédération.
Mais ton passage au parti « Islam » est à mes yeux beaucoup plus qu’un simple changement de choix politique, ceux-ci sont de plus en plus nombreux; faire son « marché » pour tenter d’être élu démontre une absence totale de conviction politique, malheureusement de plus en plus répandue parmi ceux pour qui une élection n’est que l’ascenseur social, une sorte de Jackpot, dénué de toute charge idéologique. Mais je le répète, choisir le parti « Islam » c’est bien autre chose !

D’abord, cela implique que malgré ta présence dans nos rangs et dans ceux du SP, tu n’as à aucun moment épousé nos valeurs. Nous en assumons une responsabilité. Nous n’avons pas été capables de te faire adopter notre foi en la démocratie, dans le progrès … dans l’avenir, notre profond attachement à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, notre conviction que l’égalité homme/femme est un principe fondamental inviolable et enfin que religion et politique sont des choses qui doivent rester totalement séparées. Ton passage dans un parti qui publiquement réclamait en 2012 l’application de la Sharia en Belgique démontre que nous avons, malgré ta longue présence dans des partis de gauche, totalement échoué à te faire comprendre et partager les principes fondamentaux que je viens d’énumérer.

Tu as donc rejoint des dévots de l’ordre électoral pour qui les paroles de l’Internationale devraient être modifiées et devenir les suivantes : « C’est la lutte finale, la foi musulmane sera le genre humain».  Tu espères peut-être faire évoluer tes nouveaux amis politiques, tu sembles ignorer qu’à la fin ce sont toujours les plus durs qui imposent leur foi aux plus modérés ! Regarde les jeunes filles qui se voilent pour ne pas se faire insulter ou critiquer … je peux te citer quelques exemples emblématiques !
Il y a plus grave, beaucoup plus grave.

En rejoignant cette formation, tu fais un tort considérable à la communauté musulmane de Bruxelles. Ton nouveau parti, aux yeux de nombreuses personnes, démontre que cette communauté ne s’intégrera jamais, qu’elle n’en a nullement la volonté et pour reprendre les termes mêmes des candidats de ton parti, veut créer un Kalifat en Belgique et en Europe. Tu n’as donc nullement songé à ces milliers de musulmans qui vivent et pratiquent leur foi, dans le respect des institutions démocratiques de notre pays, qui, luttant contre la discrimination, le racisme, ont travaillé dur pour s’imposer, trouver leur voie, étudier et occuper leur juste place dans notre société.

Non ! Tu ne trahis pas le Parti socialiste, quelle importance, l’histoire nous prouve qu’il s’est toujours très bien trahi lui-même ! Non ! C’est bien pire, tu trahis tous ceux qui partagent ta foi musulmane et qui, eux, veulent vivre avec nous, comme nous, tout en pratiquant leur foi dans la sphère privé, comme le font les Juifs, les catholiques, les protestants, les bouddhistes … Oui Brahim, ce sont eux que tu rejettes dans un ghetto, mot lourd de sens, ce sont eux que tu blesses, ce sont eux que tu empêches de progresser, pire que tu fais régresser.
Ce que prône ton nouveau parti, n’est même pas le multiculturalisme qui est déjà une forme d’apartheid, ce serait déjà énorme, mais bien plus grave, un basculement pur et simple vers un état islamique dont personne ne veut ni l’immense majorité des musulmans vivant en Belgique ni bien sûr tous les autres habitants de notre pays.

Quel mauvais service tu rends à ta communauté ! Tu la replonges dans la gangue dont une majorité, malgré le racisme et la discrimination, avait réussi à s’extraire. En outre, je me pose une question … tes nouveaux amis qui vivent en Belgique, peut-être y sont nés, comment acceptent-ils d’habiter dans un pays qu’ils méprisent, sans se mépriser eux-mêmes ? Pourtant, il ne manque pas de pays où leurs vœux les plus chers sont rencontrés où la sharia s’applique tous les jours, où les femmes sont lapidées, où les homosexuels sont assassinés ! Pourquoi n’y vont- ils pas ? Je suis persuadé que l’actuel ministre de l’intérieur, tel qu’on connait ses opinions, insisterait pour prendre en charge leurs frais de voyage de retour.

Vois-tu Brahim, nous avons déjà débattu de ces questions et tu savais fort bien que Mireille et moi sommes :
– Partisans d’une laïcité respectueuse de la foi de chacun
– Partisans d’une séparation totale de la religion et de la politique
– Partisans d’une totale égalité Femme/Homme, exigeante et intégrale
– Partisans d’une totale liberté d’expression
– Partisans du respect de l’orientation sexuelle de chacune et chacun
– Opposés aux horaires différents selon le sexe dans les piscines
– Opposés à ce que toutes les nourritures servies dans les écoles publiques répondent aux exigences religieuses
– Opposés au port du voile dans les services publics
– Opposés à tous les « petits accommodements » qui de fait conduisent à un basculement de notre civilisation, un retour à des principes d’un autre temps !

Tous les éléments cités ci-dessus faisaient consensus général dans le PS d’il y a quinze ou vingt ans, et ceux qui aujourd’hui, les lisent la bouche en cul de poule, hésitant, fébriles, calculant l’impact électoral de leur respect, estimant qu’ici ou là des aménagements sont possibles, ne sont motivés, crois-moi, que par des raisons exclusivement électorales ! Ceux là, pour être élus ou pour faire élire leur rejeton dynastique, trouveraient que se mettre un os dans le nez, serait acceptable pour un agent d’un service public, si une telle pratique était exigée par une quelconque religion, religion pratiquée bien sûr par un nombre suffisamment important d’électeurs …Voilà la clé, l’unique clé !

Eh Bien vois-tu ! Nous sommes quelques-uns à la refuser, nous estimons que les valeurs que nous défendons ne se découpent pas en rondelles de saucisson. On ne transige pas avec la liberté d’être et de penser.

Voilà ! J’espère qu’ainsi les choses seront claires pour toi en ce qui nous concerne … et que jamais, en aucune occasion tu ne feras référence à nous qui, comme tu as pu le lire sommes totalement, fermement, irrévocablement opposés à ta nouvelle orientation politique … mais je me pose une question, est-ce bien une nouvelle orientation ? A toi d’y répondre … avec ta conscience !