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Yvan Mayeur, Samusocial… des tonnes de mensonges… de larges, d’épaisses couches d’hypocrisie.


« 
Généralement les individus qui ont excité mon dégoût en ce monde étaient des gens florissant de bonne renommée. »
Léon Bloy

 

Mayeur dans la lessiveuse, elle tourne, elle tourne, elle n’est pas prête à passer en mode essorage !  Il est extraordinaire d’entendre la classe politique s’exprimer sur la tempête du moment.  C’est un festival à celui qui sera le plus transparent…tous fantassins exemplaires de la guerre contre les ponctions d’argent public.

Les uns utilisant moultes circonvolutions ne comprenant même pas que leurs déclarations suintent la peur de voir apparaître une législation plus sérieusement restrictive et contraignante en matière de mandats.  Ceux-là, naïfs boy-scouts, en politique pour «  servir » mais « toujours prêts » à se servir, ayant fait carrière de beau-fils idéal, font semblant de ne pas comprendre ce qu’il se passe !

C’est le festival des Saints innocents lors des débats en TV ou radio, ce  sont de pures moments de music-hall pour ceux qui connaissent les règles du sérail ; quelle riche idée d’avoir invité Madame Milquet, inculpée pour avoir engagé à son cabinet des collaborateurs qui auraient été chargés de sa campagne électorale (le conditionnel s’impose au regard du respect du principe de la présomption d’innocence, Mme Milquet n’ayant pas encore été jugée…
le sera-t-elle un jour ? des exemples antérieurs permettent d’en douter )…
au moins y avait-il sur le plateau quelqu’un qui savait de quoi il retourne quant au bon usage des emplois publics.

J’ai fait, à une autre époque il est vrai, partie de ce système, j’en ai été l’instrument et l’objet mais la situation, telle qu’elle existe maintenant ne peut que révulser.  Cela exige une mise à plat et des actions urgentes.

Pourquoi ce genre de scandale à Bruxelles.

« Le défaut de tous les parvenus, c’est de trop estimer la classe à laquelle ils sont arrivés. »
Stendhal

Dès qu’une affaire éclate, c’est le déferlement poujadiste… inévitable, il y a toujours des tricoteuses pour crier à mort sous les montants sanguinolents des guillotines… aujourd’hui médiatiques… les rasoirs sont encore et à jamais impatients de tondre les « coupables »… aucun mal à les imaginer les tondues de cet épouvantable scandale… crâne mal dégrossi, larges plaques de cheveux épars, baladés sur la plate-forme d’un camion, nues jusqu’à la ceinture, le front garni d’une grossière inscription PS au goudron, la même sur la poitrine, leurs seins ballottant à chaque chaos de la route… à chaque gifle assénée par les chevaliers blancs hurlant de rire, découvrant ainsi les dents jaunes de la jalousie et des vies ratées… soudain… divine surprise… vengées, enfin triomphants, animés d’une légitime, d’une juste et sainte colère… faut qu’elles payent !
Le camion passera rue Haute devant le CPAS… le peuple pourra jeter des fruits, des légumes pourris, cracher sa haine de ceux que hier encore, il flattait !

Un grand classique de l’histoire… spectacle dont certains, j’en suis certain, rêve !
C’est dans de tels moments « d’émotion publique » qu’on se réjouit de vivre dans un état de droit.  Et pourtant, pourquoi les politiques ne reconnaissent-ils pas une fois pour toutes que c’est comme cela que fonctionne le système, c’est sur ce genre de prébendes qu’il est centré, qu’il est basé, qu’il fonctionne, qu’il se perpétue.

Aujourd’hui, on liquide Mayeur, fort bien, mais demain à qui le tour ? Non, Yvan Mayeur n’est pas un cas isolé, un individu que les circonstances ont fait disjoncter, non !  Yvan Mayeur est le produit du système politique bruxellois.

Bruxelles, Ville-région hyper institutionnalisée est un énorme mille feuilles d’une invraisemblable complexité.  Les élèves en droit public sont à plaindre !

Chacune des tranches de l’énorme gâteau… tiens… tiens  comme c’est curieux, le mot gâteau est judicieux,… génère des mandats et encore des mandats.  C’est ce que les communes et la région produisent de mieux !  Chaque fonction petite ou grande donne un fruit juteux ou moins juteux… mais il y a toujours quelque chose à presser, à en tirer.  Au pléthorique et inutile parlement bruxellois, il y a le Président, des vice-Présidents, des Présidents de commission, des chefs de groupes etc.  Et puis rebelote avec la COCOF, avec la COCON, avec la COCOM… chaque Président, vice-Présidents, chef de groupe et tutti quanti… tous perçoivent un petit quelque chose de plus alors même qu’ils sont parlementaires.  Il y a quatre-vingt-neuf députés, huit ministres, il faut donc partager, répartir, tous veulent une part, doivent être servis… sinon pas de majorité, chacun se tient par la barbichette.
Répartition façon puzzle !

Toutes ces fonctions impliquent des sous en plus, soit vraiment beaucoup soit une petite pincée… on ne rigole pas avec le fric !  Rien pour rien. On se paye sur la bête.  Dans « Le Soir » le président du parlement nous expliquait doctement comment il allait imposer le non-cumul, tiens donc… ce même non-cumul qui devait entrer en vigueur en 2022, pourquoi pas à la saint Glin-glin.  Mais il ne dit pas un mot des « petits » à-côtés de sa prestigieuse fonction, il n’évoque pas l’énorme, j’insiste l’énorme chèque, qu’il recevra au moment où il quittera ses fonctions. Il ne cite pas les avantages honteux qui lui seront octroyés après son départ du perchoir en matière de personnel et autres.  Un tel niveau d’hypocrisie, c’est de la franchise… du très grand art !

Bien sûr, tout cela est absolument légal.  Mais en l’occurrence qu’est-ce que cela veut dire « légal ». En fait, ce sont des cadeaux que les parlementaires se sont fait à eux-mêmes, ces jolis cadeaux que tous les présidents avant Picqué ont aussi perçus, résultent de textes votés par les parlementaires, faisant donc partie de la réglementation applicable aux parlementaires bruxellois… et ainsi chacun selon ses fonctions et qualités s’abreuvera en toute légalité à cette inépuisable, généreuse corne d’abondance dont le citoyen ne sait rien… mais qu’il paye… et que Picqué n’évoque pas dans son interview…

Pourquoi le ferait-il ?   Ah ! Oui mais j’y pense jusqu’ici le cumul lui aussi était légal !  Ah ! Mais bon sang n’a-t-on pas récemment évoqué concernant Mayeur et le Samusocial, l’aspect MORAL.  Alors là… c’est bien connu, l’emmerdant avec la morale c’est que c’est toujours la morale des autres, ce n’est pas moi qui le dit c’est Léo ferré !

Pourquoi donc le Parlement bruxellois ne publierait-il pas le tableau des montants attribués à toutes les fonctions internes, n’indiquerait-il pas les avantages de toutes natures, j’insiste de toutes natures, attribués à tous ceux qui en son sein exercent différentes fonctions ou portent différents titres.  Bien sûr, ces textes existent, ce qu’il faut c’est leur donner une vraie publicité… vous en connaissez beaucoup vous des gens qui lisent au petit déjeuner, entre le café et les tartines, le Moniteur belge tous les jours… essayez pour voir comme c’est facile et lisible !

Et les communes.

« On ne leur demande pas d’autre talent que de plumer la poule sans la faire crier. »
Stendhal

Comment cela se passe-t-il dans les communes ?  Là, c’est génial, après chaque élection on assiste à une étonnante, surréaliste foire aux bénéfices ecclésiastiques.  En général, il y a ceux qui savent et ceux qui ignorent tout, autrement dit ceux qui se nourriront du pactole et ceux qui occuperont l’emploi si fréquent de cocu municipal.

Quand un parti politique détient depuis longtemps le pouvoir, l’un de ses séides se spécialise, il connait la liste des mandats attribués au conseillers communaux, il sait comment ils sont répartis et surtout… surtout… il en connait la rétribution… là est l’essentiel.

Donc, tout l’art consiste à rouler son partenaire et à conserver pour le parti majoritaire les mandats les plus rémunérateurs, à répartir les autres, les mandats gratuits ou ceux qui ne rapportent que des clopinettes.  Ainsi, si dans une institution vous êtes nommés Président ou vice-Président, génial, c’est le Jackpot, si vous êtes dans le bureau c’est encore bien, si vous êtes au conseil d’administration, il y a encore un petit intérêt mais si vous êtes à l’assemblée générale, il ne vous restera que vos yeux pour pleurer.  Et c’est toujours ce même schéma.

Les mandats les plus courus sont ceux concernant les sociétés d’énergie…
ça on ne les lâche jamais et en général, ils sont dévolus au bourgmestre qui dispose déjà de la rémunération la plus élevée de la commune, jusqu’à preuve du contraire les bourgmestres bruxellois ne sont pas des infra-salariés.

Je pourrais donner une série d’exemples concrets, citer les institutions mais je ne veux pas ici stigmatiser, je veux mettre en évidence qu’au-delà du cas d’Yvan Mayeur, qui est particulièrement horrible, s’il est avéré, car il s’agit de l’extrême pauvreté,  c’est le fonctionnement de nos institutions qui est en cause…

la situation dans laquelle se trouve Mayeur n’en est que le produit… des cas comme le sien sont, j’en suis intimement convaincu, légions, car les contrôles ont disparu !  Et ce n’est certes pas la désignation des commissaires chargés par la Région d’enquêter sur le Samusocial qui me fera changer d’avis, s’agissant notamment de l’un d’entre eux, c’est à hurler de rire ! Ou de pleurer à chaudes larmes.

Les contrôles, la tutelle sur les communes.

« Il y a des politiciens, qui si leurs électeurs étaient cannibales, leur promettraient des missionnaires à dîner. »
Henry Mencken 

En principe les communes bruxelloises comme toutes le communes du pays sont soumises à une tutelle et ce… accrochez-vous bien depuis… 1836 !  C’est dans ce service du ministère de l’Intérieur que j’ai commencé ma carrière, j’y exerçais la tutelle sur cinq communes bruxelloises.  La mise en place de la région a tout bouleversé.  En principe, la tutelle existe toujours, d’excellents fonctionnaires bruxellois exercent avec compétence cette fonction… problème… leurs avis comptent pour du beurre.

Cela tient à la composition du parlement régional, on y trouve en majorité, des conseillers communaux, des administrateurs de CPAS, des échevins et des bourgmestres.  Or, c’est en définitive ce Parlement qui devrait exercer via l’exécutif cette tutelle, ce contrôle final.

Vous aurez compris que ce contrôle a disparu, tout se négocie, tout s’équilibre opposition et majorité.  C’est en permanence « passe-moi le beurre, je te passe le sel. »  L’Exécutif comportant huit ministres de cinq partis différents, parfois jusqu’à six, impossible d’agir avec autorité sur la moindre commune.

La nouvelle répartition du fonds des communes en a été la parfaite démonstration, l’augmentation des dotations a en fait été une prime à la mauvaise gestion, l’une des communes recevant près de 100% en plus de sa dotation précédente.  Mais tous peuvent dormir tranquilles… personnes ne s’intéressent aux chiffres et surtout en tire des conclusions sur la gestion des communes.

Le pire est que maintenant la plupart des communes sont, du fait des aides complémentaires accordées, soumises à un plan d’accompagnement… des comités se réunissent où le fonctionnaire régional qui a fait sérieusement le boulot est cornaqué par un membre du cabinet qui, perinde ac cadaver, est là pour appliquer un arrangement politique concocté dans un couloir ou un coin sombre du Parlement régional !

Donc, pas de doute, il n’y a plus de contrôle sur la gestion, c’est le train fou dans le brouillard… tant qu’on peut percevoir l’impôt, qu’on peut saigner les rares bruxellois encore contribuables… allons-y ! C’est sans doute aussi la raison qui a conduit à la faramineuse augmentation des mandats communaux lors de la législature 2000-2006.  Ceux-ci ont connu une croissance à ce point importante qu’elle conduit certains élus, n’ayant pas d’autres carrières ou une carrière qu’ils jugent, souvent à raison, médiocre à ne plus pouvoir « se passer » de leurs mandats !

Contrôle sur les mandats communaux.

« Le désir de faire de la politique est habituellement le signe d’une sorte de désordre de la personnalité et ce sont ceux qui ambitionnent le plus ardemment le pouvoir qui devraient en être tenu soigneusement à l’écart. »
Arthur Koestler

Simple… aucun. Tout est matière à mandats. Conseils de Police… on touche comme au conseil communal ! Donc, c’est un petit plus… une petite gratification.  Pourquoi pas affirment ceux qui soutiennent que si n on ne paye pas, les élus ne viendront pas siéger.  Je passe en vitesse sur les frais de représentations et les remboursements de frais de GSM… curieux imbroglio avec ou… sans déclaration fiscale. Non ! En réalité, les usines municipales à mandats, en l’absence de tout contrôle réel se sont affolées, tout devient possible !

Bruxelles ville n’est pas une exception… ce n’est que le symptôme de l’épidémie.  Car, s’il est dangereux de s’aventurer sur la notion de moralité des mandats, il me semble autorisé d’évoquer leur utilité !  J’ai siégé pendant deux mois au conseil d’administration d’une importante société d’énergie; j’ai tout de suite compris que je n’aurais rien à y dire, rien à y faire sinon à toucher un « sympathique, un confortable » jeton de présence !  J’ai cédé mon mandat à un colistier qui siégea six ans… sans dire un mot !

On m’objectera que tout est contrôlé car il y a… bien sûr des contrôleurs aux comptes (mandat souvent gratuit)  de fait dans la plupart des cas, ces contrôleurs ne sont pas en situation de contrôler quoi que ce soit… j’ai vécu personnellement un cas… un seul où le « contrôleur » à qui on affirmait qu’il « n’avait qu’à signer » a refusé d’obtempérer. Il y a par commune des centaines de mandats, à Anderlecht par exemple cent-quatre-vingts huit… qui les contrôle ?

Cela devrait être les conseils communaux… les points qui y sont consacrés lors des conseils sont, croyez-moi, purement formels… une litanie vite récitée sans soulever le moindre intérêt, quant à l’examen de leur utilité pour la commune… vous pouvez toujours rêver !

Un cadastre et un audit des mandats communaux.

« Les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir et les rebuffades que le mérité résigné reçoit d’hommes indignes. »
Shakespeare

En principe ce cadastre devait être fourni depuis 2006 ! L’a-t-il été ?
Je pense qu’il existe pour certaines communes dont au moins une en a fait de la publicité en informant les citoyens des rémunérations qui y sont attachées.
Mais où est le contrôle réel… simple, il n’existe pas ! Ni sur les rémunérations,
ni surtout sur l’intérêt pour la commune d’occuper ce mandat. D’ailleurs dans certaines d’entre elles, le véritable gestionnaire, fait vite comprendre aux mandataires communaux que ce qu’on rémunère… c’est leur silence… ce sont des muets du sérail parfois, des eunuques politiques, on l’a vu récemment en Wallonie, fort bien payés.

J’y songe, qui contrôle réellement les comptes des fabriques d’églises ou de cathédrales, gestion dont sont chargés les marguilliers, nom magnifique fleurant bon l’ancien régime, qui contrôle la façon dont y sont exécutés et suivis les appels d’offres…

Comment les moyens générés par les ASBL constitués dans les paroisses au départ des locaux des églises ou des cathédrales sont-ils utilisés, au profit de qui ! Evidemment, je me garde de toute affirmation, j’évoque seulement un contrôle réel ! Voilà un magnifique champ d’études et d’investigations…
mais, je sais… je rêve… j’évoque… j’illusionne… je fantasme !  Voyons ! Voyons !  Les fabriques d’église !  

Cela peut-il se perpétuer ?  Evidemment, tout le milieu politique bruxellois espère et soutient que oui… qu’il ne faut surtout rien changer, on ne fauche pas l’herbe  où l’on engraisse les veaux.  Ceux-là feraient bien de méditer ce qui s’est passé dans les pays de l’Est au moment de la chute du communisme, étonnamment l’une des choses que l’on reprochait aux apparatchiks, c’est qu’ils se baladaient à l’arrière de voitures dont les vitres étaient garnies de rideaux de manière à cacher la présence de l’occupant… ajoutant qu’en Allemagne de l’Est, les chefs du parti disposaient de voitures et chauffeurs mais le citoyen lambda devait attendre douze ans pour obtenir une Trabant !

Peut-être faudra-t-il sortir de force nos élus « des eaux glacées des intérêts égoïstes » pour paraphraser Karl Marx !  Un barbu dont ils n’ont que vaguement entendu parler.

Une solution, une seule… immédiate… casser le système.

« La première impression fait beaucoup avec les imbéciles, et il faut toujours traiter un ministre comme un imbécile, il n’a pas le temps de penser. »
Stendhal

D’abord, imposer le principe d’un seul mandat rémunéré pour les membres du collège communal… c’est déjà bien trop cher payé !
Ensuite, exiger le cadastre de tous les mandats communaux en ce compris les montants exacts… et complets, avantages en nature compris.  Exiger que la région charge des fonctionnaires régionaux dotés de vrais pouvoirs d’établir un audit complet de ces mandats commune par commune et d’analyser le rôle réel dévolu aux mandataires siégeant dans ces instances.  Sont-ils payés pour se taire ou pour contrôler, agir, stimuler.

Les résultats de ces audits devant impérativement être rendus public avant les élections communales d’Octobre 2018.

Permanence au pouvoir… arrogance du pouvoir.

« Le goût du pouvoir et de dominer autrui ne serait-il que le signe d’une absence d’estime de soi. »
Jean-Paul Kauffmann

Il est indispensable de limiter le nombre de mandats successifs à deux au maximum. En effet, la présence parfois pendant des décennies d’un bourgmestre à la direction d’un exécutif communal entraîne inévitablement des dérives monarchiques, différents abus… tout est permis, là où il n’y a pas de vrai contrôle, les mauvaises habitudes s’installent, les nominations « étonnantes » se multiplient, des examens d’admission sont organisés dans des conditions carnavalesques etc…

Deux classes de citoyens se constituent, les copains du bourgmestre pour qui tout est permis… et les autres citoyens transparents taillables et corvéables à merci… vous êtes un cafetier, vous êtes dans la bonne catégorie,  pas de problème votre terrasse s’étendra de façon exponentielle, vous êtes légumier, vous êtes dans la mauvaise catégorie, votre étalage sera mesurée une fois par mois par un dévoué agent communal qui verbalisera le moindre dépassement…

Dérisoire direz-vous et pourtant, ce sont ces petites injustices-là qui ruinent la démocratie… et il y en a des centaines tous les jours !  Un agent chargé de verbaliser les véhicules en stationnement illégal n’avait-il pas, dans une commune de la région,  reçu un petit carnet où figuraient les plaques d’immatriculation des véhicules des membres d’un collège afin que ceux-ci évitent toute sanction ? Ce serait énorme… parierez-vous sur le fait qu’il s’agit d’une légende urbaine ? Imagineriez-vous que le fonctionnaire en question en ait gardé la trace ?

Ces bourgmestres « permanents » éprouvent le sentiment que la commune leur appartient, que la chose publique est devenue leur propriété personnelle.  Ainsi à quelques jours des élections communales de 2012, Moureaux déclarait lors d’une petite réunion « je déteste ces périodes électorales où je dois me vendre, être gentil avec tout le monde, tendre la main, remercier… c’est MOI que tous ces gens devraient remercier car j’accepte de m’occuper d’eux. »  On connaît la suite.

Mais il n’est pas le seul, loin de là… un autre bourgmestre déclarait il y a quelques années devant le conseil communal : « ceux qui ne m’aiment pas, n’aiment pas notre commune ! »  Il ne se rendait même pas compte de l’énormité qu’il prononçait, il est vrai que dans son cas, ses limites intellectuelles sont particulièrement étroites.  Mais qui a dit que pour exercer un mandat il faut disposer d’une intelligence minimale ?  Personne !

Bien souvent ces gens-là sont sur un piédestal vide et ils le savent… ce qui les rend encore plus féroces pour s’y maintenir et ne pas retomber dans une relative médiocrité sociale et professionnelle… les mandats… ils n’ont bien souvent que ça pour exister ! Ceux-là sont frappés par ce que j’appelle le syndrome du coq… vous savez… le coq qui tous les matins chante sur le fumier et croit que c’est lui qui fait lever le soleil.

D’où la nécessaire limitation à deux mandats électifs quel que soit le niveau de pouvoir, législatif ou communal,
la professionnalisation doit être bannie !   

Notre région,  nos communes, énormes machines à produire des mandats doivent  être d’urgence profondément réformées.  Rudi Vervoort l’avait pressenti lorsqu’il a envisagé fort timidement de réduire le nombre d’élus au parlement régional et le nombre d’échevins… « on » lui a vite fait comprendre qu’il n’en était pas question.

Il faut une nuit du 4 Août, immédiate définitive sinon, tôt ou tard se lèveront ceux pour qui la démocratie n’est qu’un mot creux.  Réformer nos institutions communales et législatives est devenu une urgence démocratique.

Bruxelles est une région encerclée, assiégée, volontairement appauvrie, asphyxiée, engluée par des institutions aussi absurdes qu’inefficaces, aussi coûteuses qu’inutiles .  Ce ne peut plus être cette classe politique pléthorique, ce parlement inutile, cet exécutif impuissant, cette multitude de communes, ces CPAS, ce nombre gigantesque d’institutions, qui en l’état peuvent apporter des solutions.  Il reste très peu de temps, il est moins cinq… déjà j’entends les couteaux qu’on aiguise…

Lettre ouverte à Joseph AMISI qui retourne au MR après l’avoir quitté il y a six ans !

Voilà un peu plus de six ans, tu avais quitté le MR pour rejoindre le PS.

Aujourd’hui, tu y retournes.

Soit !

Ta situation était, disais-tu, devenue impossible tant ce Parti était composé de racistes, d’égoïstes, et de conservateurs de Droite !

Je te laisse bien évidemment la responsabilité de tes propos que, pour ma part, je ne partage pas.

Tu ajoutais que tu ne comprenais pas pourquoi tu étais resté si longtemps avec « ces gens », alors que ton Parti « naturel » était le PS où tu avais été si bien accueilli, et où tu te sentais si bien.

 Et là, mon cher Joseph, c’est vrai.

 Tu te souviens qu’à cette époque, ton ASBL connaissait d’énormes difficultés, et qu’à titre personnel, Cyrille, Clara, Mireille et moi t’avons apporté une aide substantielle pour t’éviter une totale déconfiture.  Nous ne regrettons pas notre générosité.

Ce fut malheureusement en vain !

Ton ralliement à la Majorité Arlequin du Pinocchio en chef te permettra peut-être de trouver « un arrangement » ou une « combinazione » quelconque avec la commune pour tenter d’éponger ton importante dette provoquée par le non justificatif des subsides que tu avais obtenus.

Mais, à Jette, tout s’arrange quand on est du côté de Doyen-Pinocchio.

Certains, mêmes, ne payent pas leurs taxes !

Alors, toi, un justificatif de subsides… une peccadille !!!

Peut-être y aura-t-il  aussi un « arrangement » pour couvrir ta très importante dette à l’égard de la COCOF qui, elle aussi, t’avait subsidié.

Mais tout cela ne serait rien si le prix à payer pour ton retour vers les restes du MR de Jette ne t’avait pas conduit à salir le PS, évoquant, et c’est un comble par rapport à tes nouveaux « amis », un manque de transparence et de démocratie !!!

Tu as eu ton heure de gloire !

Les caméras étaient là !

Youppie !  On pourra dire du mal du PS de Jette !

Mais  te rends-tu compte, mon cher Joseph, que tu as été utilisé ?

Que cette déclaration était sans doute le prix à payer pour ton retour au MR, celui de la toute petite parcelle d’utilité que tu as pour ces gens que tu traitais, hier encore, de racistes et d’égoïstes ?

Ta présence au PS a été, sur bien des plans, étonnante, et nous avons fait preuve, à ton égard, d’une compréhension Himalayesque.

En six ans, tu as dû, en étant très généreux, participer à 5 ou 6 réunions de notre Comité, et, peut-être, à un de nos séminaires de travail.

Tu avais, comme tous nos élus, signé un engagement, celui de reverser au Parti 20 % du montant net de tes mandats.

Tu n’as jamais versé le moindre centime d’euro !!!

Il était d’ailleurs temps que tu partes, puisque le Président de la Fédération du PS allait te poursuivre pour non exécution de tes engagements, et tu avais compris… que, dans ces conditions, tu ne pourrais en aucun cas figurer sur la liste PS !!!

Tu le sais, nous avons accepté, pour toi, le cumul de tes mandats, et ce, pour des raisons sociales que tu connais mieux que nous.

Pourtant, depuis des années, tu es inatteignable, disparaissant tant au plan professionnel que politique.

Depuis 2008, tu n’es venu qu’une seule fois au Comité… pour hurler contre le Président car il tentait de te faire verser les montants que tu t’étais engagé à ristourner au PS local et fédéral.

Depuis, plus la moindre nouvelle !!!  Et ce, malgré les multiples démarches que Mireille et moi avons faites pour t’aider à trouver un nouvel emploi.

Tu te souviendras combien nous avons été discrets et compréhensifs lorsque tu as été brièvement interpellé suite au conflit qui t’a opposé à ton associé dans l’ouverture d’un bar-restaurant à Koekelberg.

C’est aussi sans doute le moment de te dire, ou plutôt de te répéter, l’étonnement de Clara, Présidente du CPAS, quant à certains de tes votes et attitudes lors de l’examen de dossiers sociaux du CPAS.  Mais, malgré cela, et toujours afin de t’aider, elle t’a permis, pendant maintenant plus de cinq ans, de la remplacer pendant les périodes de congés, ce qui te donnait le bénéfice d’une rémunération complète.

Tu vois, mon cher Joseph, tout cela, nous ne le regrettons pas.

J’ai commencé à militer aux Jeunes Gardes Socialistes de Jette à 16 ans.  Cela fait donc, accroche toi, … 52 ans que je suis actif au plan politique.

C’est long !
Très long !
Sans doute trop long !!!

Pendant tout ce temps, j’en ai vu passer des visages.

 J’en ai vu des ambitions, justifiées ou non.

 J’en ai vu des départs.

J’en ai vu des retours.

J’en ai vu des allers retours.

L’une des choses qui m’a toujours le plus passionné dans l’activité politique, c’est l’Humain. C’est aussi l’observation des gens et, surtout, l’amour que je leur porte.  C’est l’un de mes moteurs essentiels.

Pour moi, ce qui compte, et ce qui est primordial,  ce sont d’abord les individus et l’aide qu’on peut leur apporter.

Tu comprendras donc que c’est par respect que je n’aborde pas, dans cette lettre, d’autres problèmes et d’autres difficultés qui t’ont fait souffrir pendant ces six dernières années.

Alors, mon cher Joseph, tu le vois, je peux sans difficulté, à la lumière de ce trop long parcours, relativiser tes pathétiques déclarations d’hier.

Non, finalement,  tu n’as pas eu ton heure de gloire… Tu n’as eu que trois minutes !!!   Comme l’avait dit Andy Warhol, chacun y a droit… et c’est très bien ainsi.

Une réflexion plus politique cependant :

–      Qu’il doit être difficile, aux restes du MR, de composer une liste de 35 candidats pour devoir accueillir ton retour avec flonflons, trompettes et caméras !

–      Qu’il doit être difficile de dégoter, dans l’état où sont les restes du MR, 35 victimes électorales !

Tu as parlé de valeurs !!!

Quelles sont donc celles qu’ils véhiculent, tes anciens … et nouveaux amis ?

Celles dont tu as parlé hier, le racisme et l’égoïsme ?

Ou celles du PS, l’aide au plus démunis, le respect des communautés et le soutien aux services publics ?

Mon cher Joseph, je le regrette, mais je ne peux pas te souhaiter bonne chance.

Tu dois, en bon supplétif, en Harki, servir, et surtout te mettre au service de ceux qui t’utiliseront.

Mais au plan  humain, au plan personnel, ayant rarement rencontré quelqu’un assailli, comme toi, de tant de difficultés sur tant de plans différents, je formule les souhaits les plus vifs pour qu’enfin, tu parviennes à t’en sortir…

Tu le sais bien, si tu frappes un jour à ma porte, pas au plan politique bien sûr, mais au plan humain, comme l’Auvergnat de Georges Brassens, je l’ouvrirai car je l’ai toujours ouverte aux victimes.

HERMANUS, A.M.

merry_hermanus@yahoo.com

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