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Et si la crise institutionnelle était une chance pour Bruxelles?

Un bilan catastrophique

Rares sont ceux qui lisent les statistiques, qu’il s’agisse du baromètre social, de l’analyse de l’évolution des CPAS, ou des excellentes statistiques d’Actiris.

Et pourtant, la réalité de la situation de Bruxelles se trouve dans ces chiffres.

A quoi assiste-t-on depuis une petite dizaine d’années ?

– à une véritable explosion de la misère ;
– à une explosion de la natalité ;
– à une dégradation de l’environnement urbain ;
– à une mobilité de plus en plus catastrophique, coincée entre les élucubrations Ecolo et l’incapacité pour le Gouvernement régional de faire appliquer une série de mesures constamment bloquées par le Gouvernement fédéral (Bruxelles est la dernière capitale où des camions de tout tonnage peuvent circuler sur n’importe quelle voirie et à n’importe quelle heure…avec les conséquences qu’on devine) ;
– à un sous-financement structurel dramatique ;
– à 60% des emplois occupés par des navetteurs non contribuables à Bruxelles ;
– à la plus forte progression du chômage en Belgique ;
– à 33 % de chômeurs parmi les jeunes de 18 à 25 ans ;
– à un chômage de 23% pour les adultes (Bruxelles est pourtant la Région où se créent le plus d’emplois, mais ceux-ci ne bénéficient nullement aux Bruxellois. Rappelons qu’en 1973, Bruxelles générait 17% du P.I.B. belge, et qu’aujourd’hui, on en est à 7% ) !

Qui gouverne ?

Un gouvernement composé de 8 ministres : 3 représentants néerlandophones, 5 représentants de 3 partis francophones.

89 députés ! 19 Bourgmestres, 19 Collèges, 19 conseillers communaux, 19 Présidents de CPAS, 38 Sociétés de Logements… 40.000 demandes en instance !!!

Tout cela pour une ville de 1.100.000 habitants !

Parmi ces 89 députés, les deux-tiers sont Bourgmestres, Echevins ou conseillers communaux, ou siègent dans leur CPAS municipal.

Cela conduit à ce qu’il n’y ait aucune Tutelle sérieuse sur les communes, chacun se tenant par la barbichette.

Des parlementaires siègent, ayant obtenu 0,06% des voix des électeurs bruxellois !!!

L’un d’entre eux, dans ma commune, n’a même obtenu que 0,16 % dans son propre canton !

Sa personne m’importe peu, mais c’est le système qui permet ce genre d’aberration qu’il faut prendre en compte.

A Jette, sur 35 conseillers communaux, il y a 7 députés régionaux : un Francophone et six Néerlandophones.

Sur le total : un seul élu direct !

Sur les sept élus néerlandophones du Conseil communal de Jette, six sont parlementaires !

Un système qui permet de telles absurdités ne peut être considéré comme légitime, et ce d’autant plus que le sacro-saint principe « Un homme, une voix » est, de fait, violé !

Il a été abandonné pour sauver la communauté française de la faillite.

D’aucuns envisagent-ils encore de brader quel principe sacré de la Démocratie pour sauver Bruxelles de la faillite ?

Comment ne pas se rendre compte qu’il y a une terrible déconnexion entre ce type d’Institution et la population qui, au jour le jour, voit sa ville se dégrader… et périr !

Il est permis de se poser les questions suivantes :

– Quels sont les Bruxellois qui connaissent les compétences du Parlement et du Gouvernement bruxellois ?

– Quels sont les Bruxellois qui connaissent le nom des Ministres qui les dirigent ?

On discuterait, dans ces Instances (Parlement et Gouvernement bruxellois) du sexe des anges que ce serait la même chose…, avec les mêmes conséquences qu’à Constantinople en 1452 !

Le système mis en place par MM. Moureaux et Dehaene en 1988 ne pouvait fonctionner que sur base d’une véritable loyauté régionale et fédérale où chacun reconnaîtrait la légitimité de l’autre.

Or, nous savons que ce n’est pas le cas, et ce depuis longtemps.

Il suffit de se rappeler les déclarations de Mme Grouwels qui, elle au moins, a le mérite de la franchise…, c’est assez rare pour être souligné.

Le courage de reconnaître la réalité

La réalité, c’est :

– que le Gouvernement bruxellois tel qu’il existe est impuissant à régler les vrais problèmes de la Ville et de ses habitants ;

– que le Parlement bruxellois n’a, de fait, ni l’ancrage démocratique ni la légitimité démocratique du fait d’une pléthore d’élus dont certains le sont avec un nombre de voix ridiculement dérisoire.

Or, il ne faut pas avoir lu Tocqueville pour comprendre que lorsqu’une Institution politique fonctionne sans véritable ancrage populaire, elle est perçue comme inutile, et, au minimum, impuissante.

En un mot comme en cent, la machine gaz institutionnelle ne fonctionne plus !

Comme les Shadocks, certains pompent, pompent, pompent toujours, font semblant de pomper, et pompent … dans le vide.

N’est-il pas temps de reconnaître publiquement que la gestion de certaines communes pose un énorme problème ?

Que des montants gigantesques sont engloutis en pure perte ?

Comment croire que les fonctionnaires régionaux, bras armés du Gouvernement régional, qui ont vu leur cadre linguistique cassé trois fois, et ont été de ce fait privés, depuis douze ans, de toute promotion, sont encore motivés, et ont, ne fût-ce qu’un semblant de foi dans l’avenir de la Région ???

Le constat !

La crise institutionnelle mettant en cause l’existence même de la Belgique dure maintenant depuis 2007.

Ne devrait-elle pas conduire les leaders bruxellois à avoir le courage de mettre tout à plat, et à reconsidérer la totalité du système institutionnel bruxellois ?

Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, sont saisis d’angoisse face à la situation de Bruxelles.

Certains investisseurs internationaux qui auraient dû participer à des projets majeurs pour l’évolution de la Région ont fait savoir à leurs interlocuteurs bruxellois qu’ils suspendaient toute intervention avant que la clarté se fasse au niveau institutionnel. Une catastrophe !!!

Est-ce un hasard si j’ai constaté que neuf hauts fonctionnaires sur dix, de ma génération, lors de leur admission à la pension, ont quitté notre Région ?

Est-ce un hasard si les classes moyennes continuent à quitter Bruxelles pour la périphérie ?

Est-ce un hasard si la masse imposable continue à diminuer, limitant drastiquement les moyens des communes et de la Région ?

Tout cela, chacun le voit au jour le jour, mais peu osent aborder cette problématique à haute voix car ils savent qu’ils mettraient en danger le petit millier de personnes constituant la classe politique bruxelloise.

Les plus hauts responsables de Bruxelles, en privé, tiennent exactement le même langage que moi, et mieux encore car eux, ils sont mieux informés. Mais en public, c’est la langue de bois !

Le statut de Bruxelles pose question, depuis 1937, date à laquelle le Gouvernement a désigné le Baron Holvoet en qualité de Commissaire royal pour y réfléchir.

L’occupant allemand tranchant la question en instaurant le « Gross Brüssel », ce qui, pour les décennies qui ont suivi, a plombé toute chance réelle d’une rationalisation de la gestion bruxelloise.

Certains Bourgmestres, j’en suis témoin, font des efforts héroïques afin de maintenir leur commune à flot, et tenter d’apporter à leurs concitoyens l’environnement urbain et social auquel ils ont droit. Mais ils savent, de par leurs efforts eux-mêmes, que les limites sont atteintes.

La crise, une chance !

N’est-il pas temps de couper le nœud gordien ?

Oui ! Une part importante, si pas majoritaire, de la Flandre, refuse l’existence de Bruxelles !

Oui ! Tout ce qui se dit en Flandre sur la gestion de Bruxelles n’est pas totalement faux !

Oui ! Les Bruxellois sont des citoyens à part entière et ont, comme tous en Démocratie, le droit de se déterminer librement sur leur avenir.

Oui ! Telle que Bruxelles existe aujourd’hui, il n’est plus possible, dans ce schéma, d’assurer les besoins de la population, son avenir et son développement.

Qui aura le courage d’affirmer tout cela à haute voix ?

Qui aura le courage d’assumer un changement institutionnel profond et radical à Bruxelles ?

Celui-là se trouvera peut-être dans ce que de Gaulle appelait « le splendide isolement de la vérité ».

Mais il sera, je n’en doute pas un seul instant, le vrai défenseur de Bruxelles, de son avenir et de son développement.

Sans ces changements, Bruxelles, en tant que telle, disparaîtra !

merry_hermanus@yahoo.com
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Le silence des Socialistes

Notre village planétaire connaît une nouvelle crise financière qui frappe l’Europe de plein fouet.

La crise de septembre 2008 causée par les prédateurs bancaires n’a pu être évitée que parce que les Etats ont massivement alimenté les banques en milliards d’euros prêtés avec un intérêt dérisoire et, parfois, sans aucun intérêt.

Six mois plus tard, ces mêmes banques, responsables de la crise, retrouvaient des bénéfices plantureux et offraient à nouveau à leurs cadres dirigeants des primes représentant des milliers d’années de travail d’un salarié moyen.

Or, depuis quelques mois, on constate que ces mêmes banques spéculent contre les Etats qui les ont massivement aidées.

Les Agences de notation dont les dirigeants sont évidemment étroitement liés avec la Nomenklatura bancaire, affolent les marchés en réduisant la confiance qu’on peut avoir dans la solvabilité des Etats.

Qu’est-ce que cela démontre ?

Cela démontre que les politiques ont perdu le pouvoir !

OBAMA lui-même n’a pas été capable de faire passer sa Loi de régulation du monde bancaire.

La presse répercute  le fait que les grandes banques ne peuvent pas faire faillite parce qu’elles sont essentielles à l’activité économique du Monde. Mais cela veut également dire que ceux qui vivent de leur retraite ou de leur travail sont pieds et poings liés dans les mains des spéculateurs;

Après l’effondrement du bloc communiste, nous avons eu la démonstration que le monde de la Finance a non seulement réussi à détruire son adversaire, et il le méritait bien, le plus acharné, mais il a également réussi à substituer son pouvoir au pouvoir des politiques élus démocratiquement.

Nous assistons là à une démonstration éblouissante de tout ce que les Socialistes disent depuis le 19ème siècle.  Or, on n’entend pas les Socialistes !  Ils devraient dénoncer cette situation de façon récurrente et en faire un cheval de bataille, mais ils ne le font pas !

J’ai la terrible impression d’une totale impuissance des politiques à l’égard d’un pouvoir qui leur a totalement échappé.

N’en doutons pas, ceux qui exercent aujourd’hui ce pouvoir ont un seul but : faire un maximum d’argent en un minimum de temps.

Le nombre de milliardaires ne cesse d’augmenter, mais ces gens là n’ont aucun respect pour la situation sociale que vivent des millions de gens, ils n’ont aucun état d’âme lorsque beaucoup perdront leur emploi, et ils n’ont aucun état d’âme lorsqu’on décide de diminuer de 30% les salaires ou les pensions pour tenter d’obtenir des prêts permettant aux Etats de survivre.

Après la chute du Communisme, un historien avait écrit : « C’est la fin de l’Histoire ».

Avait-il raison ?

A-t-on assisté, au cours de ces dix dernières années, à la fin de la Social-démocratie et de tout ce qu’elle portait en elle de valeurs et de volonté de progrès ?

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