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Pourquoi les Francophones ont-ils si peu de mémoire? Bart De Wever a eu des prédécesseurs !

Je soumets à mes lecteurs un document qui date de 1972.
La Belgique Régionalisée, Passage de l’Etat-Nation à l’Etat-Plurinational par Léo Tindemans

Il est rédigé par le Ministre Léo Tindemans qui deviendra, comme on le sait, Premier Ministre en avril 1974.

Ce qui extraordinaire dans ce document, c’est non seulement son contenu, mais c’est surtout son titre « La Belgique régionalisée, passage de l’Etat-Nation à l’Etat Plurinational .

Chose plus extraordinaire encore, ce document fait partie d’une collection gérée par le Professeur de Droit Constitutionnel Senelle, qui vient de disparaître, et qui est destiné à l’ensemble de nos Postes diplomatiques.

A la lecture de ce texte on ne peut plus clair quant à la vision que le CVP avait de l’avenir de la Belgique, on reste sidérés de l’autisme dont les Wallons et les Bruxellois ont fait preuve face à la mort annoncée de l’Etat « Nation » qui n’est évidemment autre que la Belgique.

Je rappelle également qu’au Congrès du CVP de 1977, Wilfried Martens, qui exercera la fonction de Premier Ministre pendant de longues années, avait également annoncé à la Tribune que la Belgique se « dissoudrait dans l’Europe » !

Lisez ce document car il permet de bien constater que les revendications de Bart De Wever et de la majorité des Flamands s’inscrivent dans un long cheminement, avec une constance particulièrement remarquable.

Ce qui l’est moins, par contre, c’est la cécité dont ont fait preuve les politiques Wallons et Bruxellois.

Mais ne dit-on pas « qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » ?

merry_hermanus@yahoo.com

CONGO : Un grand mensonge d’Etat !

Il y a un peu plus d’un mois, le Journal « Le Soir » faisait état du très grand intérêt dans le public pour le livre « Congo » de David Van Reybrouck, paru aux Editions « Actes Sud ».
Cet intérêt est pleinement justifié.

Il s’agit d’un livre hors du commun, à la fois par le parti pris historiographique, et la qualité de l’écriture.

Je ne puis que chaleureusement en conseiller la lecture.
Il m’apparaît qu’il y a cependant autre chose !

Le Congo est le grand mensonge de l’Histoire de Belgique !

S’il est vrai que Mme Morelli, historienne de l’ULB, a, dans un livre passionnant, dénoncé les mythes de l’Histoire de Belgique, le Congo ne fut malheureusement pas un mythe, mais une atroce réalité qu’on a, jusqu’à il y a quelques années, caché sous un énorme mensonge.

Les gens de ma génération se rappelleront que lorsque nous achetions un cahier chez le papetier, il nous était livré avec un buvard sur lequel figurait, dans un camaïeu rouge foncé, l’image d’un « bon sauvage », quand même muni d’un bouclier et d’une lance, avec, au-dessus de lui, un personnage souverain et protecteur couvert d’un large casque colonial.

Ce n’est que très récemment que s’est répandue, dans l’opinion publique belge, la vérité sur ce que fut l’atroce exploitation du peuple congolais par l’Etat indépendant du Congo dont le propriétaire unique était Léopold II, par ailleurs et très accessoirement, Roi des Belges.

On l’a oublié, mais Léopold II avait connu une jeunesse princière difficile.  L’opinion, très réduite à cette époque, le considère peu apte à monter sur le trône et à exercer le rôle de Roi constitutionnel.

Pourtant, dès cette époque, Léopold II semblait meurtri par le confetti géographique sur lequel il allait régner.

Il a envisagé différentes colonies possibles en Asie, en Amérique du Sud et, bien sûr, en Afrique.  Il a même, on le sait, étudié la possibilité d’envahir les Pays-Bas !

Mais c’est finalement sur l’Afrique qu’il jettera son dévolu, bien entendu, sous couvert d’une œuvre civilisatrice de christianisation et de lutte contre l’esclavage.

C’est cette fable-là qu’on nous a servie pendant des décennies et des décennies, avec une impudeur extrême, car, en réalité,  la vérité sur les souffrances imposées aux populations congolaises a été connue très rapidement, mais totalement occultée en Belgique.

Mutilated children of the Congo Free State (c. 1905) – Credit: Mark Twain (Copyright : Public Domain)
http://ow.ly/eUyQW

Les Missions protestantes suédoises et américaines ont dénoncé tout de suite les atrocités commises,  le travail forcé, les mains coupées, la chicote, les prises d’otages et le massacre de villages entiers.

Il faut savoir que toutes ces opérations se sont faites grâce à un encadrement belge.

Les noms sont connus depuis toujours !

Les tortionnaires sont identifiés !

 
Dans la mesure où les Gouvernements belges, de 1884 à 1914, ont été totalement aux mains du Parti Catholique, et que la politisation des emplois publics jouait à fond, les officiers belges catalogués Libéraux n’avaient la possibilité, pour faire carrière, que de s’engager sous la bannière Jaune et Or de l’Etat indépendant du Congo.

Le fait que Casement et Morel, tous deux sujets britanniques, dès les années 1890, dénoncèrent ces crimes de masses n’a rien changé.

Des Commissions d’enquêtes ont été envoyées.

Mais en Belgique, c’était le black-out absolu.

Malgré le fait qu’à Paris, certains journaux politiques comme « L’Assiette au Beurre » n’hésitaient pas à représenter Léopold II ensanglanté par des mains coupées réparties tout autour de lui. En Belgique, il restait le Roi, apportant le progrès et la paix aux « sauvages » du Congo.

Et c’est là que réside le grand mensonge.

Des générations et des générations de petits Belges ont été gavés par « l’œuvre civilisatrice » de Léopold II.

Le 30 juin 1960, lors du discours de l’Indépendance du Congo, le Roi  Baudouin sert à son auditoire un discours amidonné, ripoliné, où il reparle de « l’œuvre civilisatrice » de son aïeul.

On peut comprendre tous ceux qui ont connu la vérité dans leur chair, et la violente réaction d’un Lumumba.

A la fin des années 60 encore, le Professeur Stengers, par ailleurs excellent historien, vendait la même salade que le Roi Baudouin, et soulignait que la réaction des églises anglo-saxonnes et suédoises était, en fait, une manipulation des  Britanniques jaloux du fait que Léopold II avait emporté, à la Conférence de Berlin, la plus belle part du gâteau !

Le livre de Barbara Emerson, qui paraît dans les années 70, est très clair sur les horreurs de l’exploitation systématique organisée par Léopold II.

Mais ce livre n’a eu que très peu d’écho en  Belgique.

Cette thèse du Roi généreux, vecteur et artisan de la civilisation continue à être défendue tous azimuts.

Depuis, une multitude de livres ont paru,  comme, par exemple, « Les fantômes du Roi Léopold II », Collection Texto.

Mais il s’est encore trouvé des historiens pour nier les faits pourtant évidents !

A l’école, on nous affirmait également que le Congo avait été « offert » par Léopold II à la Belgique en 1908, ce qui est  évidemment totalement faux, puisqu’il a été vendu !!!

Les historiens affirment que lorsque Léopold II est monté sur le Trône, en 1865, sa fortune pouvait être évaluée à 5 millions de Francs Or.

A son décès, elle était évaluée à … 15 milliards de Francs Or !!! Auxquels il faut ajouter 8 milliards que le Roi a utilisés pour un certain nombre de travaux en Belgique.

Cet argent-là pue le sang et la sueur des esclaves congolais du Roi Léopold II dont le seul mobile était l’argent du caoutchouc.

Cet argent-là explique sans doute une partie du chaos que connaît aujourd’hui ce malheureux pays, car s’il est vrai que la Belgique, lorsqu’elle a poursuivi la colonisation, n’a pas pratiqué les mêmes méthodes, elle a, dans son rêve, cru pouvoir coloniser le Congo… en oubliant les Congolais !!!

Le premier prêtre a été ordonné en 1917 !

Le premier Universitaire, Thomas Kanza, est sorti de l’UCL en 1957 !

Ce gouffre n’a jamais été comblé !

Si vous vous baladez à Bruxelles, empruntez, à l’arrière du Palais Royal, la rue de Brederode, et vous y verrez, sur la droite, avant d’arriver à la rue de Namur, un curieux bâtiment dont l’architecture rappelle un chalet suisse.

C’était là que siégeait l’Administration de l’Etat indépendant du Congo, propriété du Roi Léopold II.

C’est là qu’est venu s’inscrire Joseph Conrad qui a piloté un bateau remontant le fleuve Congo, expérience horrible qui le conduira à écrire « Au Cœur des Ténèbres ».

118 ans plus tard, ces ténèbres commencent à peine à se lever, et la Belgique commence à apercevoir les horreurs qu’on lui avait  cachées.

merry_hermanus@yahoo.com

 

Le coeur du système – Bientôt, tous pauvres !!!

Le matin, deux choses me sont absolument nécessaires : au moins deux cafés et des journaux.  Ce sont les béquilles  qui me permettent de commencer une journée dans les meilleures conditions, et ce sont ces petits plaisirs qui rendent l’aurore supportable.

Au milieu du fatras d’informations sur les pédophiles, les people, les curés et les accidents de chemin de fer, on trouve parfois un article qui touche à l’essentiel.

C’est le cas de celui publié par « Libération » le 16 septembre 2010, sous le titre « Le rôle des marchés n’ont pas été remis en cause »

Quatre économistes français se déclarant atterrés, ont lancé un appel pour dénoncer un système financier qui a conduite à la crise.

Voilà un article qui touche le « cœur du système », et qui démontre que la civilisation construite entre 1945 et 1985 va irrémédiablement à la faillite si on ne jugule pas le pouvoir financier, et ce, très vite et sans faiblesse.

Que constatent ces quatre économistes ?

  1. Malgré la crise de septembre 2008, « Personne n’a remis en cause le rôle primordial des marchés financiers dans l’économie ». Le G20 et le G8 ont jeté beaucoup de poudre aux yeux en lançant une lutte très médiatique contre les paradis fiscaux, mais se sont bien gardés de contrôler le vrai, le seul pouvoir, à savoir celui du monde de la Finance.
  2. « Personne n’a remis en cause la malhonnêteté  et l’irresponsabilité de certains acteurs de la Finance mal encadrés par les pouvoirs publics ». Je trouve qu’à ce niveau, les économistes sont trop tendres.  Le pouvoir de la Finance n’est pas « mal encadré par les pouvoirs publics », il ne l’est pas du tout ! J’ose renverser la problématique : Aujourd’hui, c’est clairement les pouvoirs publics qui sont contrôlés et soumis au pouvoir financier.
  3. « L’efficience des marchés financiers consiste à transposer aux produits financiers la doctrine (économique) habituelle des marches des biens ordinaires ». Il est clair que le poids des financiers sur l’Economie, la financiation de toute  une série de produits purement imaginaires ne reposant sur aucun bien matériel réel, a conduit la mise en place d’un système économique qui ne répond plus au prima absolu de la création de biens et de services, mais qui n’a comme objectif que la spéculation financière.  Comme l’expliquent très bien les économises signataires de l’appel, le marché financier fonctionne à l’inverse des marchés ordinaires, les spéculateurs se ruant sur les produits à la hausse. C’est l’inversion de la Loi de l’offre et de la demande, et la création de bulles spéculatives en cascade jusqu’à l’explosion finale.
  4. « Ce système a été voulu et organisé » par les Néolibéraux Thatcher et Reagan et imposé au monde dans la foulée de la faillite du système communiste ».
  5. « Les entreprises financent les actionnaires au lieu que ce soit le contraire ». Chacun sait que les Fonds de pensions et les spéculateurs de masse n’ont aucun projet industriel. Ils déplacent des masses monétaires considérables dans une logique pure de rendement. C’est ce rendement de l’actionnariat qui domine tout et qui conduit bien sûr à la mondialisation.
  6. « La pression sur les salaires qui est le corollaire de ce qu’on vient de développer ci-dessus conduit à une Economie de l’endettement des ménages». Aux Etats-Unis, l’endettement des ménages est colossal, ce qui a pour conséquence de juguler toute velléité de ruer dans les brancards.
  7. « L’explosion des dettes publiques… ne résulte nullement de dépenses sociales inconsidérées. Elle est la conséquence du sauvetage de la Finance mondiale par les Etats suite à la crise bancaire de septembre 2008 ». Les quatre économistes rappellent, et c’est essentiel, que le déficit moyen de la Zone Euro n’est que de 0,6 % du P.I.B en 2007, et qu’aujourd’hui, en 2010, il est de 7% !   Que s’est-il passé entre 2007 et 2010 ?  C’est très simple : les Etats ont dû apporter des paquets de milliards pour éviter la faillite des banques. Les Etats n’ont nullement augmenté les remboursements sociaux ; ils n’ont nullement augmenté les pensions ; ils n’ont nullement augmenté les salaires. Ils ont simplement « casqué » pour le monde financier.

Mais aujourd’hui, qui paye le prix ??? Précisément, les allocataires sociaux, et ceux qui vivent de leur travail. Le comble de tout, c’est que ceux qui ont créé cette crise mondiale, aujourd’hui, spéculent sur les dettes des Etats.

Il faut voir comme tremblent les hommes politiques lorsque les agences de notation (toutes américaines) modifient la cote de l’un ou l’autre des Etats du monde développé.

Posez-vous la question de savoir avec qui déjeunent les patrons de ces agences de notation ? Avec qui ils passent des week-ends et qui sont leurs amis ?

On impose à la Grèce une régression sociale digne des pires politiques du 19ème siècle.  La France et la Grande-Bretagne ont  pris le même chemin.

Une autre information confirme que les Politiques ne contrôlent plus rien, et que le monde développé est pris dans une spirale où seuls ceux qui payent sont les plus faibles.  Ainsi, en France, cette semaine, les ouvriers d’une Usine « CONTINENTAL » (Fabrique de pneus) ont accepté une diminution de salaire et l’abandon de jours de congé afin de sauvegarder leur emploi, tout en sachant que les ouvriers d’une usine du même Groupe, il y a quelques mois, avait fermé et s’était délocalisée.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est l’acquis des Trente Glorieuses.  C’est un système où cohabitent la liberté religieuse, la liberté politique, la liberté économique et une large protection sociale.

Le monde dans lequel nous sommes peut-être déjà est celui où les vrais décideurs n’apparaissent pas et où ils disposent de factotums que sont les Politiques, pauvres marionnettes tentant à toute force de faire croire qu’ils sont les décideurs.  Mais la vérité  c’est qu’Ils ne sortent pas de leur bac à sable !!!

Allez, une bonne nouvelle quand même : la presse nous apprend que le secteur du très grand luxe, en France, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 ou de 40 % !!!

merry_hermanus@yahoo.com
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