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Dialogue entre deux (vieux) enfants perdus du PS Bruxellois.

« La peur, oh ! Combien plus graves que les causes de la colère sont ses conséquences. »

Marc Aurèle

« Qui vit d’espoir meurt en chantant. » Proverbe italien

« L’espoir ne commence qu’au-delà du courage et du malheur. » André Malraux

Octave Cremet, Simonne Albrecht tous deux sont militants du PS bruxellois depuis près de quarante cinq ans… ce ne sont plus des perdreaux de l’année !

Simonne : « Dis moi Octave, on va quand même avoir une sérieuse difficulté lors des prochaines élections. Tu crois qu’il sera encore possible de voter socialiste à Bruxelles ? »

Octave : « Gros, gros, très gros problème, c’est ce que ne cesse de me dire un grand nombre de personnes.  Au niveau local, c’est souvent le désert de Gobi ; il y a peu, une élue me disait que sa section se limite à une vingtaine de personnes, le poids des élus maghrébins y est écrasant, elle qui est originaire du Congo ne s’y sent plus à l’aise, seul le communautarisme le plus étroit domine, il n’est jamais question des problèmes locaux alors qu’on assiste à une hyper taxation et à des cataclysmes commerciaux en pagaille. »

Simonne : « Oui, sans doute, mais il faut sortir de la cour de l’école primaire, c’est vrai cependant, on me dit que la même chose se passe dans de nombreuses sections même dans celles où il y a des ministres en exercice ou des échevins. Le mal est partout identique… communautarisme… népotisme… absence de vrais débats auquel s’ajoute une chose plus subtile, moins voyante mais oh !  combien essentielle… déterminante, la disparition totale d’une forme de culture politique, jusqu’au vocabulaire qui s’est évanoui… les mots, les mots sont des actes, quand les mots n’y sont plus… il ne reste plus rien ! Il y a deux ans une militante de toujours claquait la porte de sa section où elle était affiliée depuis trente ans car elle ne supportait plus les insultes qu’elle y entendait… elle a d’ailleurs interpellé Di Rupo à ce propos lors d’un congrès. »

Octave : « Il y a des exceptions, certaines sections fonctionnent fort bien, démocratiquement, il est vrai qu’elles sont aujourd’hui minoritaires dans la fédération, peut-être fonctionnent-elles bien car elles se sont « libérées » des ukases de la fédération !  Elles font leur « popote » interne sans se soucier du reste. Elles sont aussi peut-être trop importantes pour « qu’on » ose intervenir. Le nombre de désaffiliations ou de non renouvellement des cotisations est énorme. En 1975, la fédération du PS comptait 25.000 membres, aujourd’hui, elle en revendique « officiellement » 3.000 mais ces chiffres sont manifestement gonflés.  Les employés de la fédération ayant pris leur retraite ne cachent plus leur amertume… ni la vérité des chiffres. Le militantisme, cette école du terrain et de l’action politique, a disparu. Le seul grand moment, le seul qui compte, est celui de l’élaboration des listes électorales. On y voit surgir des gens venus de nulle part… des inconnus qui sur base d’un vote strictement communautaire acquis dans les mosquées ou ailleurs…  même chez les Loups-gris turcs, promettent… et obtiennent un nombre remarquable de voix. Le vote multiple fait des miracles, un patronyme suffit… hop mille voix ! Dès lors, à quoi bon militer ! La liste des élus régionaux et souvent communaux donne une parfaite image de cette dérive. Pour les dirigeants fédéraux, aucun problème, c’est excellent, ils pourront se faire élire, faire élire leur fille, leur fils, leur beau-fils… la masse des électeurs ne partagent sans doute pas nos valeurs… quoi ?  Quelle importance ? Les bataillons sont là… Ils régneront sur des élus  qui, pour certains,  ne partagent pas les valeurs fondatrices du socialisme démocratique, qui contestent l’égalité Homme/Femme, qui sont persuadés que la laïcité est une religion, qui exigent que le religieux puisse s’exprimer dans l’espace publique, qu’une séparation des activités scolaires basées sur le sexe soit installée, que le voile trouve sa place dans les administrations publiques, certains flirtent avec le plus ignoble des antisémitismes, soutiennent que les attentats terroristes sont organisés par les « sionistes » pour salir l’Islam etc… tout cela n’a aucune importance… ils votent massivement socialiste alors à quoi bon se poser d’ennuyantes questions qui remuent de « vieilles idées. »  C’est la politique de la crème sur le lait… la crème grasse surnage quelle que soit la qualité du lait… tout va bien ! Les listes électorales, c’est maintenant… la cooptation au sommet, aux places garanties… les filiations dynastiques, en dessous c’est la bousculade, la ruée du vote exclusivement communautaire, le jackpot électoral, chacun pour soi…  choix démocratique, option programmatique… mais de quoi vous parlez ? La démocratie, c’est pas ici ! Allez voir ailleurs ! C’est précisément ce que font une masse des électeurs traditionnels du PS !  C’est d’autant plus idiot qu’un bon nombre de belges issus de l’immigration sont les premières victimes de cette course à l’échalote, ils ne demanderaient pas mieux que de mettre leurs capacités au service d’une volonté constructive, positive… ils comprennent vite de quoi il retourne et prennent de salutaires distances laissant la place au pire !  Ce sont ceux qui précisément ont voulu sortir du ghetto, du communautarisme où les enferme la « pseudo gauche » des « idiots utiles »  prête à tous les abandons, à toutes les lâchetés pourvu qu’il y ait un rendement électoral suffisant… Ce sont les premières et les vraies victimes du communautarisme.

Simonne : « Tu crois qu’ils en sont là ? Peut-être ! D’autres électeurs disparaissent… et en masse, la petite classe moyenne qui a toujours fait confiance au PS n’y trouve plus sa place. Prenons le monde enseignant, plus une voix à espérer de ce côté-là ! Il faut entendre ce qu’on dit dans le monde syndical enseignant… terrible. Regarde les petits indépendants ! C’est vrai, il n’y en a plus et ceux qui subsistent sont d’origine étrangère et votent au plus offrant ou n’en ont rien à faire… on les comprend ! Eux, ils doivent bosser dur tous les jours.  Enfin, il y a les intellectuels, impossible d’y rencontrer aujourd’hui beaucoup d’électeurs favorables au PS, alors que pendant longtemps ce fut à Bruxelles un extraordinaire vivier de talents politiques »

Octave : « Le PS croyait disposer d’un électorat captif constitué des belges d’origine immigrée… pour lequel c’est vrai, et ce fut pour moi une fierté, il a marqué le plus d’empathie, mais retournement des choses, c’est lui qui est aujourd’hui prisonnier de cet électorat auquel il n’a pas su transmettre nos valeurs. Les dirigeants le savent bien… il ne faut pas désespérer Molenbeek, comme en France on ne pouvait pas dans les années cinquante désespérer Billancourt, fief imprenable… mais aujourd’hui… disparu, du Parti communiste… Rien n’est éternel, ni l’amour, ni les bastions du parti communiste, ni les citadelles réputées imprenables… encore solides du PS Wallon et Bruxellois. C’est pourquoi, tout devient possible, c’est Onkelinx qui déclare que le député Ikazban est « quelqu’un de bien » alors qu’il s’est dit proche du Hamas (organisation classée terroriste par l’ONU), qu’il a traité un journaliste « d’ordure sioniste », qu’il s’est fait embarquer par la police parce qu’il manifestait contre le contrôle par les forces de l’ordre de la commune dont il était l’échevin en exercice, d’une femme entièrement voilée, qu’il s’est lui-même fait photographier ridiculement voilé pour protester contre l’application des termes les plus élémentaires de la laïcité. C’est la fédération bruxelloise du PS qui ne bouge que mollement alors que le député Bourgmestre Kir refuse de voter la reconnaissance du génocide arménien. Di Rupo dut mettre tout son poids dans la balance, lorsqu’il compare les Kurdes, qui luttent à nos côtés, aux assassins terroristes de Daech. Impossible de lui reprocher quoi que ce soit… il contrôle entre 14 et 17.000 voix à Bruxelles ! Récemment, ce fut une divine surprise de voir dans la « Libre Belgique » Onkelinx exprimer clairement et fermement que si Kir n’adoptait pas les positions du parti, « il n’avait plus sa place parmi nous. » Un bref moment de bonheur… je n’ai pas boudé mon plaisir. Di Rupo excédé a-t-il tapé du poing sur la table ? Mon petit doigt me dit que oui ! Mais les exemples sont nombreux. Dans certaines sections, une curieuse ambiance d’insultes et de pressions s’est développée. Ceux qui essayent de résister sont hués… du jamais vu en quarante cinq ans ! Situation insupportable pour de nombreux affiliés de longue date qui s’éloignent sur la pointe des pieds ou en mettant les points sur les i comme Renaud Denuit, ancien président d’une section, qui a publié une lettre ouverte à Elio Di Rupo… à laquelle il n’a jamais reçu de réponse ! Le fond du problème, me disait l’un des plus importants mandataires du PS bruxellois au sujet de l’affaire Kir, est qu’ en réalité le PS n’est plus dirigé ! »

Simonne : « Oui, on le voit, c’est une accumulation de fiefs, de PEFFE « Petites Entreprises à Finalité Électorale » dont toute vision politique a disparu. Le fonctionnement de « la petite entreprise » se juge exclusivement à son résultat électoral, pas à ses réalisations de terrain, pas à sa volonté de changer le « monde. » Elles pourraient tout aussi bien s’appeler autrement, ce sont de petites machines à capter des voix… on les met dans le tube et ça sort des élus… ce que font ou disent ces élus n’a plus d’importance. D’où le fait qu’au parlement bruxellois, aussi pléthorique qu’inutile, dans le groupe parlementaire si cinq ou six élus sont vraiment actifs, ou simplement concernés, c’est beaucoup. Rudi Vervoort a essayé courageusement d’y mettre un peu d’ordre, il a été vite refroidi ! Pas touche à nos places !  Pas touche à notre précieux Jackpot !  Ce qui faisait le corpus, la doxa du Socialisme, son idéologie, ses idéaux… tout cela a disparu, envolé, dissout… pire, il est des mots qui sont devenus des insultes, tel la laïcité… plus question d’en parler, dans certaines sections, pas question de tenter de parler de l’égalité Homme/Femme, d’évoquer les drames causés par l’antisémitisme… ce serait de la provocation de crypto-fasciste, de la sauce de « laïcard crasseux. »

Octave : « De fait, le microcosme bruxellois n’est que le « nano reflet » du déclin de la social-démocratie en Europe. Ce n’est plus qu’une poule sans tête qui tourne en rond, zigzague affolée dans la basse-cour alors que sa tête pourrit déjà sur le fumier… Voilà la vérité. Voilà la conséquence de ceux qui n’ont pas voulu voir les terrifiants pépins du réel qui maintenant leur obstruent la gorge, les étouffent, les tuent… nous tuent… ils céderont la place à l’extrême droite dont zélés « idiots utiles », ils ont fait le lit ! Ils se sont préoccupés de toutes les minorités… « électorales » sauf des citoyens de leur pays ! Ceux-là, pas importants, pas tendance… pas « in »… pas assez électeurs ! On connait la formule, « le peuple a mal voté, changeons de peuple, …», eh bien, ils l’on fait, ils ont réussi ce truc impossible, incroyable… changer de peuple ! »

Simonne : « C’est vrai que l’Union européenne me fait furieusement penser à la république de Weimar, même origine multilatérale, les peuples n’ont en rien participé a la mise en place du monstrueux traité de Versailles, même refus de voir la réalité politique et économique, même direction aveugle aux souffrances des populations, même trahison de la social démocratie, à quoi s’ajoute pour l’Union européenne l’incapacité d’avoir su mettre en place des procédés démocratiques transparents, le mépris pour les résultats électoraux… on l’a vu avec le traité de Lisbonne. Et pourtant, l’Europe, c’était la grande, la belle idée après le cataclysme de 1940-45. Il est vrai que pendant longtemps au PS, les mandats européens étaient un prix de consolation où on envoyait ceux dont on voulait se débarrasser. C’est très (trop) bien payé et on n’entendait plus parler d’eux. Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui, un député comme Tarabella fait un travail fantastique… mais il est trop tard, le monstre populiste va tout emporter… et nos rêves disparaîtront remplacés par le cauchemar nationaliste, identitaire. »

Octave : « Oui ! mais l’Europe a sombré dans l’ultra-libéralisme. Depuis la révolution française, l’homme c’est d’abord un ensemble de droits universels, l’égalité des droits pour tous. C’est une modification fondamentale, l’homme n’est plus un sujet… il devient Acteur de son destin. Mais comme l’explique Wendy Brown, professeur à Berkeley, le libéralisme ultra a fait de l’individu exclusivement un sujet du Marché, il est réduit dans sa globalité à n’être plus qu’un jouet de ces forces obscures qui le réduisent à n’être plus qu’un « sujet économique », il n’est plus question de droits, il n’est plus question de liberté, d’égalité, de fraternité… c’est la « main invisible du marché » qui décide du destin des hommes… c’est le retour d’Adam Smith (1723 – 1790 ) et de « l’atomicité et de la fluidité » du marché. Un bond en arrière de près de trois cent ans ! Pas mal non ! La crise de 2008 a été exemplaire, les banques étaient « trop grosses » pour couler, c’est l’argent public qui les a refinancées. Maintenant sur base de formule « bail in » si une nouvelle crise devait se profiler, ces sont les épargnants qui payeront, la banque pourra ponctionner leurs avoirs… si avoirs il y a !  C’est Goldman Sachs… maître du monde !»

Simonne : « L’aveuglement, et il faut bien le reconnaître, la lâcheté électorale de la social-démocratie a ouvert la voix au populisme. J’en reviens à la république de Weimar, au parfum des années trente qui flotte aujourd’hui en Europe. Qu’on en juge, la Pologne et la Hongrie sont dirigées par des partis dont le ressort démocratique n’est pas l’essentiel… pour parler pudiquement. L’Autriche a failli élire un président d’extrême droite, la France se demande si Marine Lepen sera présidente, la droite classique plébiscite le plus réactionnaire des candidats… le catholicisme intégriste fait son grand retour depuis Vichy, l’Italie risque de tomber dans les mains du pire des populismes imbéciles, en Allemagne, pour la première fois Merkel aura en face d’elle un parti d’extrême droite dont le principal ressort est le racisme anti-immigré, en Hollande, l’extrême droite progresse sans arrêt, idem en Finlande, au Danemark l’extrême droite a déjà participé au gouvernement, en Grande-Bretagne, c’est le Brexit des populistes réactionnaires qui, contre toute attente a gagné… et enfin aux USA, l’impensable, c’est Trump qui l’emporte. Il est clair qu’on assiste dans le monde occidental à une forme d’insurrection des peuples par le vote… de droite, de la droite populiste… Les digues cèdent les unes après les autres. On s’en rend compte tout est possible et tu le sais, si le pire n’est jamais certain, il n’est jamais décevant ! Quand je te disais que nous étions à Weimar en 1930 ! Un Weimar mondialisé… donc pire ! Ce n’est pas le bruit des bottes que l’on entend mais les vociférations de ceux qui en définitive rejettent la démocratie, rejettent les avancées sociétales, mariage pour tous, IVG, la sécurité sociale… notre civilisation est en danger ! Nous sommes tous en danger ! Magnifique illustration de la formule de Marx sur la répétition de l’histoire qui de la tragédie passe à la comédie… mais il est des comédies sinistres. »

Octave : « au moment des discussions sur la constitution européenne Moureaux avait demandé à Merry Hermanus de débattre avec une gentille députée européenne du texte de ce fumeux projet de constitution. La salle des quatre vents à Molenbeek était comble. Hermanus fut applaudi à tout rompre lorsqu’il conclut son intervention qui visait à rejeter ce texte. Moureaux intervint en soutenant les thèses défendues par Hermanus… qui bien sûr, logiquement l’interpella : « mais Philippe pourquoi alors vas-tu voter ce texte comme le PS l’a décidé. » Le bourgmestre de Molenbeek fit une réponse stupéfiante : « j’attends que les ouvriers chinois se révoltent. » Ah ! bon… je suppose qu’à cela Hermanus n’y avait pas songé ! Tout était dit et le PS belge vota cette constitution qui fut, heureusement rejetée ailleurs ! En fait, c’est beaucoup plus simple, les socialistes européens n’avaient pas compris que le socialisme était soluble dans l’Europe et que l’Europe est soluble dans le populisme ! L’Europe n’a jamais été sociale, les socialistes ont négligé pendant des décennies ce monstre froid, aveugle, inconnu des peuples, qui semble le priver des droits chèrement acquis, comment ne pas comprendre le repli identitaire, le populisme le plus primaire. On l’a bien vu, le malheureux Hollande allait renégocier les traités, il en fut incapable… son avion, lors de son premier voyage en Allemagne fut frappé par la foudre et dût faire demi-tour, c’est sans doute après ce coup de semonce envoyé par le ciel qu’il a renoncé à imposer ce pourquoi il avait été élu ! »

Simonne : « L’Europe, Trump, bon tout ça c’est bien beau… mais qu’est-ce qu’on fait ici et maintenant… on part, on va planter des choux, collectionner les timbres, chasser les Pokémons… s’occuper des petits-enfants, succomber à la tentation de Venise, faire du tourisme coopératif… faut quand même se donner bonne conscience. »

Octave : « j’ai toujours connu la fédération bruxelloise fonctionnant sur base d’une majorité et d’une opposition. Cette dualité a progressivement disparu sous la présidence fédérale de Moureaux, il a dominé la fédération en s’alliant à Anderlecht; le seul opposant possible était Picqué, mais par tempérament, celui-ci est incapable d’affronter les conflits, donc il suffisait de le « nourrir », c’était d’autant plus facile qu’avec son exceptionnel charisme, il était tout désigné pour présider le gouvernement bruxellois pendant quinze ans… où, mis à part des plans, rien n’a été réalisé pour sauver cette ville de la paupérisation galopante, de la ghettoïsation des écoles et des logements sociaux. Une étude récente a démontré qu’au cours des vingt-trois dernières années le chômage a augmenté de 43 % à Bruxelles ! Après un tel fiasco, la seule chose à faire pour Picqué est de se couvrir la tête de cendres… geste dont il connait fort bien le sens et le rite ! Mais non ! Il pantoufle comme président du Parlement, sans doute pour faire bénéficier les députés de son expérience… Voilà. Une fin de carrière sur le velours et surtout dorée sur tranche ! Heureusement Rudi Vervoort est l’exact contraire, sans bruit, sans plan, sans discours ronflants et blagueurs, grande spécialité de Picqué, il essaye de sauver ce qui peut l’être. A cela, il convient d’ajouter que la présence permanente du PS au pouvoir ouvre les appétits… des désirs d’avenir, de carrières et limite donc les velléités de s’opposer ! Il y a longtemps qu’il n’y a plus au PS de Bruxelles de rebelles, il y a pléthore d’ employés de bureau, des membres de cabinets et ceux qui veulent y parvenir, des bataillons de socialistes bureaucrates prêts à toutes les bassesses à toutes les soumissions, à toutes les veuleries… prêts, selon la fameuse formule, à payer pour se vendre ! »

Simonne : « Octave, quel pessimisme ! Quelle vision en noir et blanc ! Tu jettes l’enfant avec l’eau du bain ! Que fais-tu de l’extraordinaire réaction de Magnette qui bloque le traité de la CETA et tient tête seul à tout l’establishment européen… et bancaire. »

Octave : « Tu as raison, c’était… c’est… une lueur d’espoir comme on n’en avait pas connue depuis fort longtemps. J’ai à nouveau espéré ! Ce n’est déjà pas si mal, d’autant plus que je suis persuadé que Magnette aura, très bientôt, à s’opposer à nouveau. Tu as tort de croire que je suis d’un pessimisme aussi absolu car, après tout… malgré tout, le PS reste le seul Parti défendant les fondements de nos protections sociales que tant veulent aujourd’hui jeter par-dessus bord… les banques et les compagnies d’assurances attendent depuis si longtemps la fin du système de pension par répartition… là, y a un paquet de fric à se faire… les pauvres ! Mais j’y pense, si on essayait de réunir tous ceux qui font les mêmes constats que nous, ceux qui ne supportent plus le communautarisme imposé comme seule réponse au défi de l’immigration, comme formule magique électorale, ceux qui sont écœurés par le népotisme cyniquement organisé dans toute la fédération, ceux qui pensent que les sections doivent fonctionner sans insulte, sans antisémitisme rampant ou déclaré. En outre, il reste des individualités de grande qualité… il suffit de les libérer comme certaines sections ont su le faire. Mine de rien Simonne, je pense que cela fait pas mal de monde ! Allons… peut-être encore un espoir ! Tu le sais Simonne, l’espoir c’est ce qui meurt en dernier… alors pourquoi pas ! »

 

Est-il encore possible d’être Juif et membre de certaines sections du PS dans la région de Bruxelles ?

« Il faut savoir nager en eau trouble mais ni point pêcher » . Montaigne.

« En politique, il n’est guère de crime que collectif. »  François Mauriac

« On ne peut pas dissocier la morale de la politique, sinon c’est la violence, la barbarie. »  Albert Camus

Quelle étrange, quelle indécente question !  Effarant qu’on puisse se la poser à notre époque alors que les horreurs indicibles provoquées par l’antisémitisme sont parfaitement connues !

Et pourtant !

D’abord une précision personnelle, pas inutile en l’occurrence.  Je ne suis pas Juif.  Mais j’ai pu observer qu’en général ceux qui faisaient courir le bruit de mon appartenance à cette communauté ne me voulaient pas du bien.  Ainsi, lors de la campagne électorale communale de 1981, un prêtre, très impliqué dans un parti politique, diffusant un journal local, fit courir le bruit que l’un de mes colistiers et moi étions des Juifs Hongrois !  Ne me demandez pas pourquoi Juif Hongrois, je ne l’ai jamais su !  Mais bon !  Un fantasme sans doute, ce curé n’en manquait pas, j’en ai quelques preuves, lorsque je le surpris dans le parc du château de La Hulpe en train de lutiner une conseillère communale bien-pensante, parfaite chaisière…éternelle jupe bleue, chemisier blanc, serre-tête en permanence, me voyant, elle se cacha derrière un arbre.  C’était idiot, j’étais heureux de voir que ce curé avait une bonne et saine sexualité… tout pour me réjouir !

Ensuite, je veux insister sur le fait qu’il ne faut pas généraliser.  Ce qui est malheureusement vrai dans certaines sections, ne l’est évidemment pas dans d’autres !

Maintenant les faits.

Lorsque je dirigeais les Centres d’Entreprises de Molenbeek, j’avais été impressionné par la réaction brutale de l’une de mes collaboratrices.  L’un des jeunes entrepreneurs ne pouvant plus payer son loyer, elle m’affirma, « cela ne m’étonne pas de ce Juif ! », je ne sais pas si ce type était Juif, je n’y avais jamais pensé mais, ce qui me choqua, fut le ton employé et l’incroyable mépris quasi physique que ma collaboratrice montra à cette occasion.  Elle n’était cependant pas membre du PS.  Mais aujourd’hui, je fais le lien entre cet antisémitisme dans quelques quartiers de Bruxelles et le climat qui s’est installé dans certaines sections du parti… et là ça se corse !

Premier exemple.

A Molenbeek, j’avais été chargé de gérer une société à vocation sociale.  Différents mandataires, socialistes et autres faisaient partie du conseil d’administration.  L’un d’entre eux était Juif.  Moi, je le savais.  Mais son nom à consonance Séfarade ne permettait pas à d’autres de la cibler.  Je fus stupéfait de voir qu’au cours d’une des réunions, ce mandataire a caché qu’il était Juif.  Et que pendant toute la période où il exerça ses mandats, il fit en telle sorte de camoufler sa judéité !  J’en déduisis que celle-ci, connue dans la section de Molenbeek en l’occurrence, aurait pu lui causer un certain tort !

Deuxième exemple.

Dans une section du Nord-Ouest de Bruxelles, le président élu à la tête de celle-ci fut, un mauvais jour, confronté à un curieux déballage.  Un membre de la section faisant courir le bruit que la femme de cet éphémère président était Juive, et « qu’il fallait donc se méfier de ce président »,  celui-ci crut devoir publiquement, lors d’une réunion de la section, affirmer que cette référence à sa femme était faite pour lui nuire !  Il n’avait pas tort.   Ah ! bon, donc d’après ce gentil membre, le fait d’avoir épousé une Juive lui porte préjudice au sein d’une section du PS !  Curieuse réaction… qui me fait penser au classement imposé par les lois de Nuremberg de 1935 où ceux qui avaient épousé des Juifs ou des Juives étaient considérés comme des « Mischling. »  En un mot comme en cent, si vous étiez marié à un Juif ou une Juive, vous n’étiez plus un citoyen comme un autre… N’est-ce pas là une atroce résurgence du plus ignoble des passés !

Troisième exemple.

Un malheureux garçon devient président d’une section du PS, celle-ci est à la dérive, les militants ont déserté en masse, il reste tout au plus une bonne vingtaine de membres.  Dans cette section farcie de médiocrité et de rancœur, une élection a lieu !  Quelqu’un est élu !  Même si les votants peuvent facilement tenir dans une cabine téléphonique !  Mais il y a un hic !  Son père serait Juif !  Aie !  Aie !  Aie !  Surtout ne pas le dire !  Cacher autant que possible, ce qui semble bien apparaître en certains lieux comme une humiliante tare !  Eh ! Oui ! Cela se passe comme cela dans certaines sections de la fédération bruxelloise du PS.  Ce parti qui depuis sa création s’est battu pour faire régner la philosophie des lumières.  Quand les lumières risquent de faire perdre des voix… pas de problème on les éteint !

Quatrième exemple.

Dans une importante section d’une commune tout aussi importante, un candidat s’est présenté aux élections.  Lui, peu de doute,  son nom le qualifie immédiatement, difficile de cacher sa filiation !  Pendant la campagne électorale, il sera obligé d’aller « s’expliquer », son origine aurait posé problème ; pas dans la section, il figurait en excellente position sur la liste… Mais il posait manifestement de très sérieux problèmes aux électeurs potentiels de cette liste, qui d’ailleurs a perdu pour la deuxième fois les élections !  J’apprends d’ailleurs aujourd’hui, sur le site internet de la RTBF que ce même élu, est amené à « s’expliquer » à nouveau à propos de certaines déclarations qu’il aurait faites à la presse étrangère, celles-ci n’étant pas copie conforme avec le politiquement correct que l’on peut attendre dans cette fédération de l’un de ses élus !

Cinquième exemple.

Il y a quatre ans, la composante culturelle de la section PS de Molenbeek avait organisé une conférence, l’annonce de celle-ci était faite par affiche.  Cette affiche était l’exacte copie des caricatures nazies du Juif !  Digne de l’exposition qui pendant la guerre a été organisée à Paris et à Bruxelles sur le thème « sachez reconnaître un Juif ».  Sur l’affiche, un Juif, nez crochu, mains pourvues d’ongles démesurément longs et crochus, longue barbe, tresses traditionnelles et kippa, tenant un globe terrestre entre ses mains ignobles.  Oui !  Oui ! Il a été possible de produire et de diffuser une telle affiche dans l’organe culturel du PS de Molenbeek !  Effroyable !  Mais c’est l’horrible, l’ignoble vérité !  Ne croyez vous pas que cela explique certains des derniers événements !
Ah ! j’oubliais… pas d’amalgame !

Sixième exemple.

Un mandataire municipal de Molenbeek et parlementaire régional, n’a-t-il pas traité un journaliste «  d’ordure sioniste » ? Le même n’a-t-il pas affirmé qu’il se sentait proche du Hamas dont il faut peut-être rappeler que cet organisme figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’ONU !  Ces déclarations ne lui ont causé aucun tort !  Il a été publiquement qualifié de « type bien » par la présidente de notre fédération.  Ce même parlementaire se fera d’ailleurs embarqué par la police car il participait avec véhémence à une manifestation devant le commissariat de sa commune où avait été amenée une femme entièrement voilée qui avait refusé le contrôle de police !  Étonnant pour quelqu’un qui à l’époque faisait partie de la majorité communale et donc assumait l’autorité sur les forces de police !  Éclairant non !

Septième exemple.

Celui-ci se passe non pas au PS mais au SP.  L’un des mandataires de cette formation politique qui se proclame de gauche participait à Anvers il y a quelques années à une manifestation dont l’un des slogans hurlés à pleine voix étaient « les juifs dans le gaz ! »    Sympathique hein !  Pas la moindre réaction des autorités politiques de sa formation politique où ce faiseur de voix, l’un des rares, dépasse grâce à une campagne électorale exclusivement communautariste, sa tête de liste !   Pas la moindre réaction au parlement Bruxellois !  Tout le monde s’en fout !   C’est le triomphe de l’islamo-gauchisme jusqu’à ses ultimes ignominies.

Vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup !

L’un doit « s’expliquer » pendant une campagne électorale parce qu’il est Juif, il doit « s’expliquer » sur ses déclarations à la presse sur la situation à Bruxelles alors qu’il n’a fait que décrire une terrible réalité, l’autre qui se dit proche du Hamas et traite un journaliste « d’ordure sioniste » est qualifié par la direction du parti de « type bien » !  Inquiétant non !

Comment s’étonner de l’attitude de ceux qui n’ont pas voulu manifester dimanche aux côtés de tels personnages.  Car n’en doutons pas, ceux-ci ne manquent pas de larmes de crocodile quand il s’agit de pleurer les victimes des attentats.  Le stock de larmes est plein… y en aura pour tout le monde… cela n’empêchera aucun de ces socialistes ayant troqué le rouge pour le brun d’aller demain solliciter des voix dans les mosquées où règnent l’antisémitisme et l’obscurantisme moyenâgeux le plus rétrograde.

Voyage en Israël et en Palestine.

Hier, j’ai regardé le reportage sur cette très belle initiative de Simone Susskind, parlementaire PS bruxelloise, qui a amené une quarantaine de jeunes de toutes origines en Israël et en Palestine.  Je fus très impressionné par la déclaration d’une jeune étudiante.  Au sortir du mémorial de Yad Vashem, le journaliste lui demande ses impressions sur ce qu’elle a vu.  Réponse de la jeune fille : « je suis très impressionnée, mais j’ai peur qu’en rentrant quand je vais dire ce que j’ai vu, on va me dire que j’ai été manipulée » !  Oui !  On en est là, la pression antisémite est à ce point forte que la réalité sera transfigurée en manipulation.

Responsabilités.

Qu’elle est lourde notre responsabilité !  Nous n’avons pas été capables de transmettre nos valeurs, nous avons choisi l’immédiateté des succès électoraux à un travail en profondeur.  Nous n’avons pas voulu voir ce qui se profilait, nous avons été témoins muets, concourant par des réglementations fondées sur de bons sentiments, complices de la ghettoïsation de nos écoles, de nos foyers sociaux, de nos quartiers !  Voilà la réalité que d’aucuns se refusent de voir car elle dérange leurs plans de carrière.  Et ce malgré le fait que l’horreur au sens propre du terme leur éclate à la figure.

Quelle trahison avons-nous commise à l’égard de ces milliers d’immigrés qui courageusement se sont intégrés, font des carrières exceptionnelles, ont sauté tous les obstacles mis par le racisme et la discrimination… et nous leur préférons le dernier des obscurantistes pourvu qu’il rapporte des voix !

J’attends plus !  J’attends mieux de mon vieux grand parti !  Je ne perds pas courage car je vois autour de moi, de plus en plus de membres et non des moindres, certains exerçant parfois de très importantes fonctions admettre que les terrifiants pépins du réel doivent être pris en compte.

Putain.. Il respire encore !

Un petit mot … pour une chose de peu d’importance.  Il y a deux mois, l’un des anciens présidents de ma section rencontrait le secrétaire fédéral de notre parti qui y tient le rôle envié de muet du sérail.  Mon nom fit irruption dans la conversation.  Mon ami, lui précisant que depuis octobre 2012, je n’exerçais plus aucune fonction, que je n’avais plus assisté à la moindre réunion comme je l’avais annoncé après la réception où j’avais annoncé mon retrait de la vie politique locale ;  le secrétaire fédéral eut alors cette curieuse réaction : « oui ! mais il écrit encore ! »  Je me permets de signaler à notre très soumis secrétaire fédéral que pour moi le temps qui passe, c’est le temps qui reste et qu’il ne se préoccupe pas trop… je finirai bien par mourir !

Dieudonné Président… Pourquoi pas !

Il y a déjà fort longtemps, ma section du PS a voulu me nommer « Président d’Honneur » dans nos statuts locaux.  Je ne sais pas si c’est toujours le cas.  J’avoue que cela m’a toujours semblé ridicule.  Sauf que maintenant, il me semble envisageable que Dieudonné me remplace dans cet immense honneur !

Hermanus, A M

Lettre ouverte à Joseph AMISI qui retourne au MR après l’avoir quitté il y a six ans !

Voilà un peu plus de six ans, tu avais quitté le MR pour rejoindre le PS.

Aujourd’hui, tu y retournes.

Soit !

Ta situation était, disais-tu, devenue impossible tant ce Parti était composé de racistes, d’égoïstes, et de conservateurs de Droite !

Je te laisse bien évidemment la responsabilité de tes propos que, pour ma part, je ne partage pas.

Tu ajoutais que tu ne comprenais pas pourquoi tu étais resté si longtemps avec « ces gens », alors que ton Parti « naturel » était le PS où tu avais été si bien accueilli, et où tu te sentais si bien.

 Et là, mon cher Joseph, c’est vrai.

 Tu te souviens qu’à cette époque, ton ASBL connaissait d’énormes difficultés, et qu’à titre personnel, Cyrille, Clara, Mireille et moi t’avons apporté une aide substantielle pour t’éviter une totale déconfiture.  Nous ne regrettons pas notre générosité.

Ce fut malheureusement en vain !

Ton ralliement à la Majorité Arlequin du Pinocchio en chef te permettra peut-être de trouver « un arrangement » ou une « combinazione » quelconque avec la commune pour tenter d’éponger ton importante dette provoquée par le non justificatif des subsides que tu avais obtenus.

Mais, à Jette, tout s’arrange quand on est du côté de Doyen-Pinocchio.

Certains, mêmes, ne payent pas leurs taxes !

Alors, toi, un justificatif de subsides… une peccadille !!!

Peut-être y aura-t-il  aussi un « arrangement » pour couvrir ta très importante dette à l’égard de la COCOF qui, elle aussi, t’avait subsidié.

Mais tout cela ne serait rien si le prix à payer pour ton retour vers les restes du MR de Jette ne t’avait pas conduit à salir le PS, évoquant, et c’est un comble par rapport à tes nouveaux « amis », un manque de transparence et de démocratie !!!

Tu as eu ton heure de gloire !

Les caméras étaient là !

Youppie !  On pourra dire du mal du PS de Jette !

Mais  te rends-tu compte, mon cher Joseph, que tu as été utilisé ?

Que cette déclaration était sans doute le prix à payer pour ton retour au MR, celui de la toute petite parcelle d’utilité que tu as pour ces gens que tu traitais, hier encore, de racistes et d’égoïstes ?

Ta présence au PS a été, sur bien des plans, étonnante, et nous avons fait preuve, à ton égard, d’une compréhension Himalayesque.

En six ans, tu as dû, en étant très généreux, participer à 5 ou 6 réunions de notre Comité, et, peut-être, à un de nos séminaires de travail.

Tu avais, comme tous nos élus, signé un engagement, celui de reverser au Parti 20 % du montant net de tes mandats.

Tu n’as jamais versé le moindre centime d’euro !!!

Il était d’ailleurs temps que tu partes, puisque le Président de la Fédération du PS allait te poursuivre pour non exécution de tes engagements, et tu avais compris… que, dans ces conditions, tu ne pourrais en aucun cas figurer sur la liste PS !!!

Tu le sais, nous avons accepté, pour toi, le cumul de tes mandats, et ce, pour des raisons sociales que tu connais mieux que nous.

Pourtant, depuis des années, tu es inatteignable, disparaissant tant au plan professionnel que politique.

Depuis 2008, tu n’es venu qu’une seule fois au Comité… pour hurler contre le Président car il tentait de te faire verser les montants que tu t’étais engagé à ristourner au PS local et fédéral.

Depuis, plus la moindre nouvelle !!!  Et ce, malgré les multiples démarches que Mireille et moi avons faites pour t’aider à trouver un nouvel emploi.

Tu te souviendras combien nous avons été discrets et compréhensifs lorsque tu as été brièvement interpellé suite au conflit qui t’a opposé à ton associé dans l’ouverture d’un bar-restaurant à Koekelberg.

C’est aussi sans doute le moment de te dire, ou plutôt de te répéter, l’étonnement de Clara, Présidente du CPAS, quant à certains de tes votes et attitudes lors de l’examen de dossiers sociaux du CPAS.  Mais, malgré cela, et toujours afin de t’aider, elle t’a permis, pendant maintenant plus de cinq ans, de la remplacer pendant les périodes de congés, ce qui te donnait le bénéfice d’une rémunération complète.

Tu vois, mon cher Joseph, tout cela, nous ne le regrettons pas.

J’ai commencé à militer aux Jeunes Gardes Socialistes de Jette à 16 ans.  Cela fait donc, accroche toi, … 52 ans que je suis actif au plan politique.

C’est long !
Très long !
Sans doute trop long !!!

Pendant tout ce temps, j’en ai vu passer des visages.

 J’en ai vu des ambitions, justifiées ou non.

 J’en ai vu des départs.

J’en ai vu des retours.

J’en ai vu des allers retours.

L’une des choses qui m’a toujours le plus passionné dans l’activité politique, c’est l’Humain. C’est aussi l’observation des gens et, surtout, l’amour que je leur porte.  C’est l’un de mes moteurs essentiels.

Pour moi, ce qui compte, et ce qui est primordial,  ce sont d’abord les individus et l’aide qu’on peut leur apporter.

Tu comprendras donc que c’est par respect que je n’aborde pas, dans cette lettre, d’autres problèmes et d’autres difficultés qui t’ont fait souffrir pendant ces six dernières années.

Alors, mon cher Joseph, tu le vois, je peux sans difficulté, à la lumière de ce trop long parcours, relativiser tes pathétiques déclarations d’hier.

Non, finalement,  tu n’as pas eu ton heure de gloire… Tu n’as eu que trois minutes !!!   Comme l’avait dit Andy Warhol, chacun y a droit… et c’est très bien ainsi.

Une réflexion plus politique cependant :

–      Qu’il doit être difficile, aux restes du MR, de composer une liste de 35 candidats pour devoir accueillir ton retour avec flonflons, trompettes et caméras !

–      Qu’il doit être difficile de dégoter, dans l’état où sont les restes du MR, 35 victimes électorales !

Tu as parlé de valeurs !!!

Quelles sont donc celles qu’ils véhiculent, tes anciens … et nouveaux amis ?

Celles dont tu as parlé hier, le racisme et l’égoïsme ?

Ou celles du PS, l’aide au plus démunis, le respect des communautés et le soutien aux services publics ?

Mon cher Joseph, je le regrette, mais je ne peux pas te souhaiter bonne chance.

Tu dois, en bon supplétif, en Harki, servir, et surtout te mettre au service de ceux qui t’utiliseront.

Mais au plan  humain, au plan personnel, ayant rarement rencontré quelqu’un assailli, comme toi, de tant de difficultés sur tant de plans différents, je formule les souhaits les plus vifs pour qu’enfin, tu parviennes à t’en sortir…

Tu le sais bien, si tu frappes un jour à ma porte, pas au plan politique bien sûr, mais au plan humain, comme l’Auvergnat de Georges Brassens, je l’ouvrirai car je l’ai toujours ouverte aux victimes.

HERMANUS, A.M.

merry_hermanus@yahoo.com

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Je te l’avais dit Elio… Fallait pas y aller !

Il y a un mois,  je m’étais permis de te l’écrire, il ne fallait pas y aller ELIO !

Et tu y as été…

On a été heureux pour toi, fiers pour nous, Francophones et Socialistes.

On avait tous admiré ton courage, ton intelligence, ta finesse et détermination.

Il fallait essayer de s’en sortir et tu l’as fait.

Tu as donné du temps à notre pays.  Mais combien de temps ?

Il saute aux yeux de tous que ce gouvernement est celui de la carpe et du lapin ou plutôt celui du boa et du poulet.

Je crains,tu ne m’en voudras pas, que tu ne tiennes le rôle tragique de la volaille!

Comment gouverner avec des gens qui ne voient l’avenir qu’en termes de destruction du tissu social si difficilement sauvegardé depuis des décennies?

ELIO ! Bon sang…les pensions de survie !  Comment a-t-on pu imaginer s’attaquer à cela !

Crois-tu vraiment que c’était ce qu’il fallait réformer en priorité dans notre pays ?

Le VLD, et en particulier le cerveau de De Croo, Van Quickenborne, a décidé de nous piéger d’entrée de jeu.

Il faut payer tout de suite ton entrée au 16 Rue de la Loi.

Le prix, ce sera la rupture de la gauche avec sa base, ce sera pire qu’une faute, ce sera une perte de confiance et pour longtemps.

Si ces mesures passent, le fossé qui se creusera entre nous et la population sera devenu infranchissable car c’est un gouvernement dirigé par un Premier ministre de gauche qui aura détricoté notre système de pensions.

Fallait-il que ce soit toi qui fasse cela ?

Te connaissant, je sais que tu ne peux pas être  d’accord, je sais que ces mesures te révulsent.

Évidemment, certains autour de toi, étourdis de se trouver au 16 Rue de la Loi trouveront tous les arguments du monde pour te faire passer sous les fourches caudines de ceux qui prennent leurs ordres à la Fédération des Entreprises.

Oui ! Ils sont maintenant trop nombreux au PS ceux qui siègent dans des gouvernements sans discontinuer depuis 1988.  Jamais dans l’histoire, le PS n’a été depuis si longtemps au pouvoir.  Ceux-là ne peuvent plus se projeter ailleurs que sous les ors surannés de notre petit royaume.

Pourtant, l’opposition est l’occasion de nous retrouver dans ce que nous avons d’essentiel, de retrouver nos valeurs, de nous retrouver face a nous-mêmes comme André Cools nous le rappelait souvent.

Ce ne sont pas ceux qui ne se meuvent plus que sous les lambris de chêne qui peuvent encore comprendre la situation dans laquelle vit une immense partie de la population .

Ils ne peuvent plus percevoir l’horreur d’une paupérisation galopante.

Ce n’est pas en écoutant d’une oreille distraite ce qu’on leur dit aux permanences sociales qu’ils peuvent comprendre ce que c’est de vivre avec 900 euros, quand on doit payer un loyer de 700 euros!!

Or, ce sont ces gens là que nous représentons et pas quelques bobos des quartiers branchés.

J’ai été impressionné par le vocabulaire, le maintien, l’attitude, les regards du patron des patrons lors des débats télévisés.

Il y a chez lui une forme de refus du dialogue, en un mot une attitude qui tranche avec tout notre passé, avec toute notre pratique sociale et politique ou le dialogue et le compromis ont été l’axe central de notre démocratie.

Il est clair que ce sont des gens comme cela qui exigent le passage en force de la réforme des pensions.

Comme toujours en Belgique, avec 30 ans de retard, c’est le tatchérisme qui voit le jour.

À ce propos, il n’est pas inutile de rappeler que devenant ministre pour la première fois, Tatcher à fait supprimer le verre de lait qui était offert depuis la guerre dans les écoles aux enfants.

Significatif ! Non !

Crois-tu vraiment ELIO que tu dois devenir le greffier de cette politique là ?

Que répondrons nous à ceux qui affirment que ce gouvernement n’existe que pour tenter d’endiguer le flot indépendantiste flamand et donner une chance aux petits partis que sont devenus le VLD, Le CDnV et le SP de reprendre quelques couleurs ?

Tu ne peux pas n’avoir pas compris que pour ce faire, ces partis doivent faire plier le PS. Ils sont condamnés à faire la démonstration qu’ils sont assez forts pour nous imposer la destruction du tissus social.  Les Wallons et les Bruxellois te disent aujourd’hui qu’ils ne sont pas d’accord.

Tu ne peux pas donner raison a ceux qui disent que ce gouvernement est composés de 6 partis de droite dont l’un s’appelle le PS !

Dans les années 50, Sartre évoquant le parti socialiste parlait de ce  » grand cadavre à la renverse. « . Je ne vois pas notre avenir comme cela.

ELIO, ne leur donne pas raison.

Prends tes jambes à ton cou, ferme la porte du 16 et jette la clé, rejoins les travailleurs qui s’opposent à l’enfer social qu’on nous prépare.

Je sais que tu en meurs d’envie !

merry_hermanus@yahoo.com

Un après-midi ordinaire en Wallonie. La langue, un bien inappréciable !

Le superbe Musée de la Photographie de Charleroi organisant une exposition sur les photos de la Commune de Paris, j’ai souhaité y aller en compagnie de l’aînée de mes petites-filles, passionnée de photographie.

Arrivé à Charleroi vers 13 heures, je m’arrêtai dans un petit bistrot italien des plus sympathiques et des plus populaires.

Au moment où je m’installais, j’y rencontrais un visage connu. Première bonne surprise.

J’observais les autres tables et je percevais une extraordinaire sympathie.  Les autres convives étaient détendus et souriants. C’était, pour la plupart, des ouvriers prenant rapidement leur repas de midi.

Mais ce qui m’impressionnait le plus, c’est combien je me sentais proche de ces gens.

Arrivé au Musée de la Photographie, parmi les autres visiteurs, je rencontrais, là également, un autre visage connu, un ancien fonctionnaire de la Communauté française.  J’entamais alors la conversation avec lui et la  caissière.

Ce qui était marquant, c’est à quel point je percevais une sorte de bien-être à me trouver au sein de cette Wallonie dont, à Bruxelles, nous sommes à la fois si proches et si éloignés.

J’ai toujours eu ce sentiment, même lorsque, devant me rendre à Liège pour des auditions judiciaires (et ce n’était pas forcément des moments agréables), j’étais ému de constater le sourire des gens et la sympathie qui émanait  de leur regard.

Oui, pour moi, il ne fait pas de doute qu’il y a, en Wallonie, une atmosphère de convivialité qu’on ne met pas suffisamment en évidence.

Je me pose souvent aujourd’hui la question de savoir quelle peut être, pour un Bruxellois francophone, la notion de Patrie.

Je parcours chaque jour trois journaux belges, je lis aussi attentivement la presse française, et je ne rate que très rarement le journal télévisé de France2.  La politique française m’a toujours passionné.

Quelle est donc la patrie d’un Belge ?  C’est là une question beaucoup plus importante que l’on ne pense.  Il ne suffit pas d’être citoyen européen.

J’en déduis que ma vraie patrie, la seule qui compte et qui se trouve dans mes tripes, c’est ma langue !  Cette magnifique langue française qui structure, en bien ou en mal, chacun jugera, ma pensée et l’expression souvent très maladroite de celle-ci.

Comment ne pas percevoir que cette langue est en danger à Bruxelles, mais aussi dans le monde, face à la colonisation économique et linguistique de l’américain.

Il peut paraître ridicule de se trouver des racines dans Montaigne, Voltaire ou Hugo.  Et pourtant ! N’est-ce pas là notre seule et vraie patrie ? Celle de l’humanisme, des lumières et du combat pour la justice, la démocratie et l’égalité sociale !

La langue, formidable lien entre les Wallons et l’immense majorité des Bruxelloise qu’est le français, n’est pas suffisamment mise en avant.

C’est pourquoi je crois que la Fédération Wallonie/Bruxelles, récemment mise sur pied, ne doit pas seulement être un changement d’appellation, mais doit aller beaucoup plus loin pour resserrer ce lien fondamental qui plonge ses racines dans notre langue maternelle.

Y a-t-il de plus beau nom, d’expression plus profonde, plus chargée de sens et d’émotion que la langue maternelle ?

merry_hermanus@yahoo.com