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Allocution à l’occasion de la réédition et de la traduction en néerlandais de la biographie de Paul Halter.

« L’ombre est toujours accusatrice où dorment des morts fabuleux. »

                                                                                         Louis Aragon

Je souhaite tout d’abord remercier et féliciter la Fondation Auschwitz pour avoir voulu marquer le cinquième anniversaire du décès de Paul Halter par la réédition et la traduction en néerlandais de la biographie que j’ai eu le privilège d’écrire avec lui.

Le récit de cette vie mouvementée, brisée par les horreurs du nazisme ne fut pas chose aisée car, ceux qui l’ont côtoyé le savent, cet homme avait une grande pudeur, jamais il n’étalait ses sentiments, ses pensées profondes.  En ce sens, si ce livre retrace le parcours extraordinaire de ce résistant exemplaire, il est un échec dans la mesure où il ne permet pas de dégager sa vérité intime, les émotions ressenties par celui qui, à vingt ans, a été confronté à l’indicible, à un inimaginable enfer dont Aragon écrivait déjà en Septembre 1943 « Auschwitz ! Auschwitz !  Ô syllabes sanglantes !  Ici l’on vit, ici l’on meurt à petit feu.  On appelle cela l’extermination lente.  Une part de nos cœurs y périt peu à peu…»
Les poètes ont toujours raison, à Auschwitz ce sont  des peuples qu’on assassinait mais c’est une civilisation qui y est morte.  Il survécut à ce lieu « où l’épouvante bat la mort à tous les coups. »

Au cours de cette année de travail, une seule fois, je vis se dévoiler, par hasard, un pan de la réalité de l’horreur concentrationnaire.  Alors que nous travaillions, on sonna à la porte.  C’était Vidal Sephia, professeur de Ladino à la Sorbonne, qui, de passage à Bruxelles, rendait visite à celui qui avait été son compagnon à Auschwitz.  Il se passa une chose extraordinaire.  J’eus l’impression que le temps s’était arrêté.  Les deux ex-déportés se sont mis à converser oubliant tout ce qui les entourait.  Sephia fut ce qu’on appelait dans le jargon des camps « un muselman » c’est-à-dire l’un de ceux qui, au bout du rouleau, ont tout perdu, abandonné toute dignité, spectres dont seule la minute de la mort est la dernière espérance, l’ultime délivrance.  Paul rappela à son visiteur que celui-ci ramassa, pour l’engloutir aussitôt, une pelure de pomme de terre boueuse sur laquelle Paul Halter avait marché.

Le langage de ces deux survivants avait subitement abandonné les formules courtoises de la bienséance, Paul évoquant le fait qu’il déclarait à qui voulait l’entendre « vous allez tous crever mais moi je vais m’en sortir. »  L’image d’Épinal de la solidarité volait en éclat.  Face à l’inimaginable, ce fut le plus souvent le chacun pour soi.  Ce qui n’empêcha pas des actes de soutien, d’abnégation bien réels.  Mais au cours de cette conversation Paul Halter ne laissa que peu de place au doute sur l’égoïsme sacré dont ceux qui ont survécu ont dû faire preuve… peut-être ce furent là des choses que jamais ils ne se pardonnèrent, supportant cela leur vie durant, dernière ignominie dont les nazis les accablèrent.

biographie de Paul Halter

Paul Halter, Numéro 151 610, « D’un Camp à l’Autre »

Comme Paul, jusqu’à la fin de sa vie, ne se pardonna pas d’avoir obtenu pour ses parents de vrais-faux papiers qu’un zélé fonctionnaire ixellois établissait mais en gardant une liste des documents, ce qui permit aux Allemands d’arrêter sans difficulté les porteurs de ces cartes d’identité.
Comme il ne pardonnera pas aux déportés communistes qui eux, avaient su  s’organiser dans le camps, de ne protéger que les leurs.

La vie et la mort des détenus dépendant du poste de travail qui leur était attribué.  Paul se débrouilla seul… il ne l’oubliera pas !  Son engagement  militant très jeune dans le mouvement socialiste l’avait doté d’une conscience politique, que beaucoup lui enviaient, j’entendis d’ailleurs Vidal Sephia déclarer que c’est ce qui fit la différence entre Paul Halter et une masse d’autres déportés.

S’étant libéré d’Auschwitz, rapatrié par l’armée russe en Belgique, il refusa les offres de mandats qu’on lui fit, se rappelant la lâcheté dont certains grands noms du monde politique belge avaient fait preuve lors de l’occupation.  Il avait compris que les apparences ne comptent pas, que seuls valent les actes, le courage de s’opposer.  Il en avait trop vus qui n’étaient que des âmes de lapin dans une peau de tambour.

Par contre, il s’engagea dans l’aide au FLN, toujours l’action,  en lutte pour l’indépendance de l’Algérie.  Il transporta des armes et différents matériels mais renonça à ce combat lorsqu’après une réunion clandestine avec des responsables de la wylahia 4 dans sa maison de la chaussée de Gand, il prit conscience des facteurs religieux qui animaient une frange importante du FLN.

Paul était de ceux qui ont voulu croire en « la mémoire des larmes » et ce fut son magnifique combat contre l’oubli, la mise sur pied de la Fondation Auschwitz dont le travail est exceptionnel.  Il fut le premier à organiser des voyages d’études à Auschwitz, lieu sinistre entre tous.  Il fut attaqué par des figures de proue de la communauté juive qui trouvaient scandaleux que certains de ces voyages se déroulent lors des fêtes de Pâques.  Aujourd’hui, ceux qui hier le critiquaient effectuent les mêmes visites au camp d’Auschwitz.

Le combat plus que jamais actuel doit continuer.

                                                                  « Ce n’est plus le temps de se taire
                                                            Quand le ciel change ou va changer »

Louis Aragon

Comme je l’ai dit, à l’occasion de mon intervention d’hommage à Paul Halter à l’hôtel de ville de Bruxelles, commémorer ne doit pas être embaumer.  Certaines commémorations me font penser à un arbre mort qui tenterait de retenir ses feuilles.  Non !  Etre fidèle à Paul Halter, c’est ne pas accepter ce qui, sous nos yeux, est en train d’engloutir tout ce pourquoi il s’est battu tout au long de son existence.   L’antisémitisme a pignon sur rue dans certains pays d’Europe.
En Hongrie, en Pologne, en Tchéquie des groupement antisémites manifestent ouvertement.  Le gouvernement polonais a promulgué une étrange loi mémorielle niant un aspect essentiel du génocide des Juifs.
En Autriche, l’extrême droite est au pouvoir.
En Allemagne près de cent députés d’extrême droite siègent, pour la première fois depuis 1945, au Bundestag dont certains se réclament d’Adolf Hitler.
En France, le front national a obtenu près de 40 % des voix à la récente élection présidentielle. Il y a quelques semaines en Italie, l’extrême droite a remporté d’importants succès.  Voilà pour le triste panorama.

Qui osera encore nier que l’antisémitisme est bel et bien de retour et en force.

Que cet antisémitisme soit, pour employer un vocable à la monde, de souche, ou qu’il soit d’importation, cela reste la même ignominie.  Lorsque en 2012, Mohammed Mehra tire une balle dans la tête de trois enfants de moins de 10 ans en les traînant par les cheveux et en se filmant fièrement, geste digne du génocide par balle qu’on ne pensait plus jamais revoir. Il tue des enfants Juifs, parce que Juifs.  Quand l’assassin du musée Juif de Bruxelles entre et tue, c’est pour tuer des Juifs, parce que Juifs.  Quand l’assassin de l’Hyper Casher demande avant de tuer « t’es Juif toi ? » tire et tue quatre fois, ceux qu’ils tuent sont des Juifs, ils meurent assassinés parce que Juifs.

Je ne prends que fort rarement le taxi à Bruxelles, deux fois, je suis tombé sur des chauffeurs qui m’expliquaient en vociférant que c’étaient les Juifs, le Mossad, les Illumati et les Francs-Maçons qui étaient à la base de tous les attentats, que ce n’était que de la propagande sioniste.  L’un des deux me tint ce que je n’ose appeler ce raisonnement vingt-quatre heures avant les attentats de Bruxelles.

Rappelez-vous la « charmante » caricature du PAC de Molenbeek, c’était deux ans avant la découverte du fait que la commune où résidait Paul Halter était une pépinière de terroristes ; il s’agissait d’annoncer une conférence « culturelle », c’était un copier-coller des affiches nazies montrant le Juif au long nez busqué,  doigts crochus, kippa sur le haut d’un crâne sale à moitié dégarni, papillotes voletantes autour d’un visage émacié, parsemé de verrues, enserrant un globe terrestre.  Le député-échevin Ikazban traitant un journaliste de « crapule sioniste » et dans la foulée se déclarait proche du Hamas, organisation classée terroriste par l’ONU.  Ce même député signant, avec quelques autres dont Catherine Moureaux, une pétition pour obtenir la libération d’un personnage qui se révélera être l’un des organisateurs des attentats de Paris et de Bruxelles.

En Octobre 2017, j’eus une altercation lors d’une promenade au bois du Laerbeek avec un type qui téléphonant bruyamment éructait « …ce type il faut s’en méfier c’est un demi-Juif ».  Voilà où nous en sommes.
Et il y a, malheureusement tant et tant d’exemples.

Comme en 2014, nous sommes à la veille d’élections, les listes électorales se concoctent dans les arrières cuisines des partis.  C’est la course aux voix, c’est l’instant des petits accommodements qui font les grandes lâchetés.  Après les dernières élections, j’avais été invité à déjeuner par un Bourgmestre fraîchement élu qui m’expliqua doctement et fermement que tout devait être communautaire, d’après lui, ceux qui ne faisaient pas de communautarisme n’avaient rien compris.  Comme je le fis avec Moureaux en 2004, après son interdiction de mettre dans notre programme le refus du voile, l’égalité Homme/femme, l’interdiction des horaires de piscine réservés aux seules femmes, je rompis tout contact personnel avec ce personnage.  Ces gens-là  n’ont pas compris que le communautarisme est la cause du racisme et non sa solution !  Pire encore, si c’est possible, se trouvera à nouveau sur les listes électorales à Bruxelles ce député bruxellois qui a participé à une manifestation à Anvers dont l’un des slogans était « Hamas ! tous les Juifs dans le gaz. »  Oui, Mesdames Messieurs, il est donc possible à Bruxelles, au cœur de l’Europe, 74 ans après la libération d’Auschwitz que quelqu’un ayant participé à une manifestation où cet ignoble slogan était hurlé, soit élu député régional et figure à nouveau sur les listes électorales.  Je ne puis pas affirmer que ce député criait ces ignominies, mais le Journal « Joods Actueel » d’Anvers a publié un article sur cette manifestation où seule la photo de ce député apparaît, on le voit hurlant !  Ça c’est sûr !  L’article et les photos existent et ce député n’a pas attaqué le journal en diffamation.

Faut-il encore rappeler que lors des dernières élections communales à Schaerbeek, il y avait un candidat juif sur une liste, il fut quasiment contraint de faire la tournée des associations et de certaines écoles pour se justifier !  Oui !  On en est là !  A Bruxelles, 74 ans après la destruction de l’immonde usine de mort d’Auschwitz.

Vous aurez compris que, pour moi, l’écriture, avec Paul Halter, de cette biographie n’était pas un point final mais un passage de relais.  Il nous a transmis la lourde tâche d’être d’un parti… d’un seul parti… celui de la vie à jamais contre le parti de la mort !

Commémorons, certes, mais là où nous sommes, avec les armes, les moyens qui sont les nôtres, battons-nous contre cet ennemi de l’Humanité… l’antisémitisme.

Hermanus A M, 23 Mars 2018.  Fondation Auschwitz.
Revoir le témoignage de Paul Halter

Un génocidaire belge, Léopold II ?

« Nul ne peut barrer la route de la Vérité. »  Alexandre Soljenitsyne.

Le meilleur et le pire.

Il y a quelques jours, réagissant à je ne sais plus quelle information, je me risquai à poster un commentaire mettant en cause les agissements de Léopold II au Congo.  Quatre internautes me prirent à partie m’accusant, qui de répandre des fariboles pêchées à Kinshasa, qui de prendre pour argent comptant la propagande anglo-saxonne de l’époque.  Un cinquième intervenant courageusement dissimulé sous le nom d’un prestigieux cinéaste espagnol eut tout de suite recours à la pire des vulgarités et à l’insulte poujadiste…un classique !

Chacun le sait les réseaux sociaux sont comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.  Au côté de la merveille technologique qui consiste à unir les gens, gicle le vomi des impuissants essayant de palier la médiocrité de leur vie par l’insulte anonyme sur Facebook…médiocre consolation de ratés!  Je proposai néanmoins à mes contempteurs de leur fournir une bibliographie afin qu’ils se forgent leur jugement, aucun ne me communiqua une adresse électronique, l’un d’entre eux me précisa que même si je lui fournissais un tombereau d’information, il n’en croirait pas un mot !

« Le mythe est un mensonge de la mémoire. »  Richard Dindo  

Incorrigible optimiste, toujours accroché au principe de perfectibilité des hommes,  je me résous à rédiger cet article et à communiquer quand même sur ce sujet qui me passionne depuis toujours.

J’ai commencé ma scolarité primaire en 1950; lorsque nous achetions un cahier, celui-ci nous était fourni avec un buvard sur lequel était dessiné, étonnant camaïeu,  un personnage portant un large casque colonial se prolongeant sur la nuque, l’allure protectrice, dominant un noir en pagne arborant une lance et un bouclier de peau.  L’histoire de la colonisation n’était alors qu’une suite d’images saint-sulpiciennes, le bon et valeureux roi Léopold luttant avec acharnement contre l’esclavagisme apportant la sécurité, la santé, l’éducation… en un mot la civilisation.  Douze ans plus tard, à l’ULB le professeur Stengers, pour qui j’ai le plus grand respect, m’enseigna l’histoire du Congo.  Nous étions loin du buvard de l’école primaire… cependant les critiques concernant les méthodes utilisées par les représentants de Léopold II étaient balayées d’un revers de la main, dans la mesure où notre professeur considérait que ce n’était que l’expression de la jalousie des anglo-saxons.  Thèse qui sera d’ailleurs évoquée par l’un des intervenants sur internet… preuve qu’il n’est pas facile à la vérité de remplacer le mensonge !   Au départ du cours de Jean Stengers, j’ai poursuivi mes recherches et lu quantités d’ouvrages sur la colonisation du Congo par Léopold II et ensuite par la Belgique.  Au fil des ans, les faits prirent une autre dimension, une autre histoire se dégageant de la gangue amidonnée par la légende civilisatrice et… très catholique, la vérité apparaissait avec son effroyable cortège d’horreurs.  On avait menti à des générations de belges !  Là est aussi l’insupportable scandale.

« Léopold II fut un patriote au-dessus de tout soupçon… Mais quelques fussent ses bonnes intentions,  jamais il ne comprit que la fin ne justifie pas les moyens. »  Barbara Emerson

Léopold II, alors même qu’il n’avait pas encore accédé au trône, évoquait souvent sa volonté colonisatrice.  Il a envisagé de nombreuses hypothèses, qu’il s’agisse de l’achat de la Crète, des îles Féroé, d’une parcelle en Chine, des nouvelles Hébrides, des îles Fidji, de territoires en Argentine.  A noter que la classe politique belge a toujours été opposée à l’aventure coloniale.  Ainsi Frère Orban, leader libéral n’hésitait pas à proclamer à la chambre : « nous n’avons pas besoin de colonie, nous avons la France »  faisant référence implicitement au nombre de travailleurs belges qui y travaillaient.

Après la découverte, au mitant du XIXème siècle,  par Speke et Burton de l’immense lac qu’ils baptisèrent Victoria, les milieux scientifiques européens s’enthousiasmèrent pour l’exploration de l’Afrique centrale qui restait pour une large part, une tache blanche sur les Atlas.  La réussite de l’extraordinaire opération de recherche du pasteur Livingstone par Stanley fut un coup de tonnerre médiatique, d’autant plus que l’expédition avait été financée par Gordon, patron de presse américain.  L’Afrique centrale devenait une proie pour les explorateurs…et les colonisateurs.  Léopold II engagea Stanley, finança une nouvelle expédition dont le but, il fut atteint, visait à relier Zanzibar à l’océan Atlantique, traversant ainsi de part en part tout le continent africain.  Parallèlement, Léopold II organisait au Palais Royal de Bruxelles une réunion à caractère pseudo-scientifique dont le but était d’asseoir sa légitimité en qualité de spécialiste de l’Afrique centrale.  Cette conférence fut un coûteux échec mais qui se révéla prometteur lorsque les grandes puissances organisèrent la conférence de Berlin fin 1884 début 1885 afin de répartir leur influence en Afrique centrale où l’Angleterre, la France et l’Allemagne se disputaient de vastes domaines.  Ce fut la grande réussite de Léopold II.  Il se vit attribuer un immense territoire, septante-huit fois plus vaste que le médiocre royaume où il n’était qu’un souverain constitutionnel.  Le gouvernement belge, toujours opposé à l’aventure coloniale, étonné mais passif, accepta que le roi devint le chef de l’Etat Indépendant du Congo !  Léopold II mit sur pied une administration dont le siège était rue de Bréderode à l’arrière de son palais, le bâtiment existe toujours, curieux chalet suisse collé à la résidence royale ; il  recruta, en majorité des officiers et sous-officiers libéraux qui n’ayant aucune chance de carrière en Belgique du fait des gouvernements homogènes catholiques, tentaient la chance en Afrique.

« La vérité, l’âpre vérité ! » Danton

Qu’espérait Léopold II ?  D’abord faire du profit grâce au commerce de l’ivoire qui au début de la colonisation était la grande source de revenu.  La lutte contre l’esclavagisme ne fut jamais qu’un pâle mensonge tout juste bon à faire frémir le bon peuple grâce à la presse à sensation.  Très vite, les affaires périclitent, l’ivoire n’est plus rentable, boules de billard, touches de pianos et prothèses dentaires ne constituent pas un marché suffisant, le roi est au bord de la faillite.  Il sollicite un prêt auprès du gouvernement belge, qui, en traînant les pieds, lui accorde.  Ce prêt le roi ne le remboursera jamais !  Quelques années plus tard ; tout change grâce à l’explosion des besoins de caoutchouc.  Or, au Congo, pour le malheur de son peuple, le caoutchouc pousse naturellement en abondance.  C’est à ce moment que commence les atrocités liées au travail forcé. Il ne peut donc y avoir aucun doute que ce soient la cupidité, la rapacité du roi en quête de fortune qui conduisirent aux horreurs que les peuples du Congo allaient subir.   A cette époque, en Afrique centrale, peu de témoins… néanmoins quelques missionnaires anglo-saxons, suédois s’alarment des pratiques féroces des agents du roi Léopold II.  Des représentants du gouvernement anglais Morel et Casement établissent des rapports à l’intention de leur gouvernement.  Les américains envoient une mission d’étude.  A Paris, l’hebdomadaire « l’Assiette au Beurre »,  le « Charlie hebdo » de l’époque caricaturent Léopold II devant des paniers de mains coupées.  De fait, les soldats de la Force publique, pour une cartouche tirée devait présenter à leur officier deux mains coupés… prodigieux sens de l’économie !  L’origine des conflits était toujours le travail forcé et les quantités toujours plus importantes de caoutchouc qu’il fallait récolter.  Les populations indigènes n’ayant aucune conscience de la notion de travail, il est évident que seule la force la plus brutale pouvait obtenir des résultats. On ne compte plus les villages brûlés, les populations prises en otage, les massacres à la mitrailleuse des indigènes révoltés.  Aujourd’hui tous ces faits sont dûment documentés et répertoriés, pour s’en convaincre, il suffit de lire les protocoles d’importation d’armes et de munitions transitant par Anvers pour aboutir au Congo.

« Quand la légende devient la vérité, imprimez la légende. » ( ? )

Le roi amassa une fortune colossale. Ses avoirs étaient estimés au début de son règne à cinq millions de franc or, lorsqu’il vendit le Congo à la Belgique en 1908, les chercheurs estiment que sa fortune s’élevait à 14 milliards alors même qu’il en avait dépensés 8 pour différents projets urbanistiques et autres en Belgique.  Ainsi, il devint l’un des hommes les plus riches du monde.  Il ne fait cependant pas de doute, que la vente du Congo à la Belgique fait suite à l’énorme campagne de presse dénonçant l’incroyable brutalité des agents du roi en vue de récolter le caoutchouc.  Dans la mesure où il n’avait pas remboursé le premier prêt obtenu de l’état belge, il est permis d’affirmer que Léopold II a donc vendu deux fois le Congo à notre pays.   Léopold II fit détruire systématiquement les archives de l’Etat indépendant du Congo et camoufla sa fortune notamment grâce à une fondation créée en Allemagne, ce ne fut que quatorze ans après sa mort qu’on parvint à voir clair dans ses avoirs.

« La vérité vous rendra libre. » L’Évangile

Le titre de cet article se termine par un point d’interrogation.  La question est donc posée, les horreurs dont les employés de l’Etat indépendant du Congo se sont rendus coupables font-elles de lui, principal bénéficiaire, un génocidaire ?  D’abord, j’insiste sur le fait qu’il est des mots dont l’usage doit être parcimonieux car à force de les utiliser pour tout on leur soustrait leur valeur, leur force.  Le mot génocide n’a été créé qu’en 1944 pour qualifier le massacre industriellement planifié des Juifs par les nazis.  Dès lors, je pense que le terme de génocide ne peut être employé que pour définir : 1. Le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915.  2. Le massacre des Juifs par les nazis.   3. Le massacre des communistes en Indonésie au moment du coup d’état de Suharto.  4.  Le massacre de la population cambodgienne par les Khmers rouges.  5.  Le massacre des Tutsis en 1994 au Rwanda.  Je veux quand même préciser que l’empire Allemand avait commencé en massacrant systématiquement la tribu des Hereros et celle de Namas tout au début du siècle !  Intéressant de savoir que le coupable, le général Von Trotha avait comme adjoint un officier du nom de Goering, père de celui qui fut le « dauphin » d’Hitler.

J’estime donc au regard de la définition du génocide que Léopold II fut responsable de crimes de masse mais pas d’un génocide d’un point de vue purement sémantique… ceci dit, cela ne change rien pour les victimes qui selon les chercheurs se chiffrent autour de dix millions entre 1885 et 1909 !

Voilà donc ce qui pour moi est le secret le mieux gardé, le grand mensonge de l’histoire de Belgique.  Et c’est ce mensonge qui doit blesser tous les démocrates, tous ceux qui veulent que l’histoire soit avant tout la recherche de la vérité.  Mais attention, il n’y a chez moi pas l’ombre d’une quelconque volonté de repentance ou d’expression d’un pardon rétrospectif.  Non !  Seule la vérité compte !  Et je ne vois pas en quoi, le belge moyen aurait une responsabilité dans ces abjections.  Bien entendu, je conçois qu’il n’est pas toujours facile de voir s’envoler les confortables écailles qui masquent à nos yeux les vérités atroces de l’histoire, surtout quand elle est la nôtre… le mensonge est souvent tellement plus beau que la vérité.

Je laisse la conclusion à Primo Levi quand il écrit : « Les monstres existent mais ils sont trop peu nombreux pour être dangereux… plus dangereux sont les fonctionnaires prêts à croire et à agir sans poser de question. »

 

Bibliographie :

« Léopold II, le royaume et l’Empire. »  Barbara Emerson.  Document Duculot.  1980
« Les fantômes du roi Léopold. »  Adam Hochschild.  Belfond.  1998n
« Crime in Congo » Arthur Conan Doyle.  1902
« Congo »  Eric Vuillard.  Actes Sud.  2012
« Stanley, dark genius of African exploration » Pimlico. 2004
« Zoo humains.»  Nicolas Bancel.  2002
« Congo une histoire. »  Davide Reybroek.  Actes sud.  2012
« Le bureau des reptiles. »  Marcel-Sylvain Godefroid
« The King incorporated. »  Londres.  1953
« Au cœur des ténèbres »  Joseph Conrad.  1899
« Le rêve du Celte. »  Gallimard.  2011
« Aux avants postes du progrès. »  Joseph Conrad. 1899

Enfin, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, les ouvrages de Barbara Emerson et de Adam Hochschild reprennent une très abondante bibliographie.

Le PS de la Région de Bruxelles est-il devenu le Parti de Dieudonné? (Caricature antisémite annonçant une conférence du PS de Molenbeek sur le Sionisme).

Dans le pire de mes cauchemars,  je n’aurais pas cru une telle chose possible !

La presse diffuse une caricature censée illustrer un débat organisé par le PS de Molenbeek sur le sionisme.  Ce dessin est l’exact décalque de ceux qui paraissaient dans la presse d’avant-guerre et surtout de ceux diffusés par les Nazis pendant le conflit mondial, dont bien entendu, selon Hitler, les Juifs étaient responsables !!!

C’est le Juif tel que les antisémites le voyaient, c’est le Juif du film de Veit Harlan « le Juif Süss », film de propagande financé par Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler,  c’est le Juif de l’exposition de 1942 à Paris et à Bruxelles où il s’agissait de reconnaître « le Juif », c’est le Juif de cet autre film financé par Goebbels où les Juifs sont comparés à des rats qui détruisent et envahissent tout !

Face à une telle dérive, à une telle horreur, il faut prendre du recul et tenter de comprendre pourquoi une telle chose a été possible au sein du PS bruxellois.

Moureaux à Molenbeek, mais aussi dans toute la région, a montré aux populations issues de l’immigration que le PS était leur défenseur naturel, qu’elles prenaient tout naturellement la place du prolétariat, des classes les plus fragilisées, les plus demanderesses socialement.  Ce message est magnifiquement passé, c’est une réussite exceptionnelle, malheureusement doublée d’un terrible échec.

Nous avons été incapables de transmettre nos valeurs.   Celles-ci sont restées étrangères  à une grande partie des populations émigrées.  Or, est-il honteux d’affirmer que le socle des valeurs qui structurent ces communautés ne sont pas les mêmes que celles qui ont structuré pendant des décennies et des décennies « le peuple de gauche » bruxellois.  La religion y tient un rôle essentiel, le culturel et le religieux y sont intimement liés d’où une distance de plus en plus grande avec le socle des valeurs socialistes.  Non !  Le socialisme bruxellois n’est pas le Baasisme de Nasser, de Sadam Hussein ou de Bachar el Hassad, trois régimes qui se revendiquaient du «socialisme». 

Nos valeurs sont celles du siècle des lumières, de liberté, d’égalité et de fraternité et…de l’antiracisme.  Il est vrai qu’en mars 2004, défendant ces valeurs au sein du PS, je me suis fait traiter de « laïcard » !!! Déjà !!!   Ce défaut de la transmission de nos valeurs est un terrible handicap, cette caricature montre que l’on va le payer cash.

A cela s’ajoute le phénomène généralisé, commun à différents partis,  de la disparition des militants.  En 1971, notre fédération comptait près de 30.000 membres en ordre de cotisation, aujourd’hui y en a-t-il  encore 4.000 ?

A Schaerbeek, l’une des communes les plus peuplées de la région, il y a, en tout et pour tout, 79 membres en ordre de cotisation.  Mais s’il n’y a plus de militants, il y a des électeurs dont la grande majorité est issue du monde immigré.  Enorme satisfaction pour le PS, mais là où le bât blesse, c’est que les indispensables relais, les porteurs de valeurs, les formateurs de cadres,  les éclaireurs de conscience qu’étaient les militants ont disparu.  Les petits soldats ont disparu, ne restent que les aspirants maréchaux !

 Au PS de Bruxelles,  on est soit électeurs soit élus !  C’est tout !

Il existe une superstructure qui dirige, régente, gouverne, mais où sont passés les militants ?

S’il est vrai que c’est aussi le cas dans d’autres formations, c’est plus grave au PS qui a toujours été un parti de militants.

Une symbolique est celle des femmes d’origine immigrée.  Depuis longtemps,  j’observe qu’il n’est pas bon, au PS de Bruxelles,  d’être d’origine maghrébine et femme.  De remarquables parlementaires ont été évincées, d’autres ont dû se battre de façon acharnée car on ne voulait pas d’elles sur les listes, trop libres, trop indépendantes.  Pourquoi ?  Simplement parce que cela ne plaisait pas à la composante la plus réactionnaire de la communauté, malheureusement celle sur laquelle le PS s’est appuyé.

L’une de ces femmes a osé, il y a quelques années dans « Le Soir » donner une interview où elle expliquait son combat pour « sa » liberté, ses choix.  Elle s’est fait agonir d’injures de toutes sortes, tout le monde lui est tombé dessus.

Ces femmes parfaitement intégrées, libres, détachées de tout obscurantisme, gênaient dans le paysage, heurtaient les relais communautaires les plus rétrogrades.

Conséquence, ce PS sans militants, mais blindé en électeurs, est aujourd’hui prisonnier de ceux-ci !

Toutes les généralisations sont absurdes et, souvent, porteuses de non-sens.  Il est heureux que les communautés immigrées aient aussi été la source d’où  certaines personnalités de très grande qualité ont pu émerger et tiennent leur place parmi nous. Mais j’observe que, là aussi, ceux qui, issus de l’immigration et qui se réclament de la laïcité, ou qui revendiquent la séparation de la religion et de la politique, sont systématiquement minorisés, comme si, d’une certaine façon, on avait honte d’eux.

Arrêtons de nous mentir, sans eux, le PS bruxellois n’existe plus électoralement.  Et donc la question qui est posée, c’est fondamental, est de savoir quelles valeurs nous allons porter demain.

Cette réalité nous explose au visage quand on découvre cette immonde caricature qui était censée illustrer la conférence de Moureaux et de Goldstein.  Avec un immense regret, il faut bien constater que ce n’est qu’un élément parmi d’autres.

Est-il exact qu’un parlementaire PS a récemment insulté un journaliste de « crapule sioniste ? »

Est-il exact, comme « Le Soir » le révélait que des élèves de rhétorique de Schaerbeek considéraient qu’Hitler avait bien agi en assassinant des millions de juifs ?

Dans un tel contexte, les pires,  pour exporter en Belgique le conflit Israélo-Palestinien, font flèche de tout bois.  Savent-ils ceux-là,  que 6 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été assassinés, leur seul crime : être Juif.  Non !  Ils n’étaient pas des « crapules sionistes. »   

Peuvent-ils imaginer ce que fut ce sommet de l’horreur de mères Juives, nues, serrant dans leurs bras leurs enfants dans l’hébétude d’une chambre à gaz où, poussés les uns contre les autres, ne sachant que trop bien ce qui arrivait, luttaient face à une mort trop longue à venir, dans les cris, les odeurs de vomi et d’excréments.  C’est cette fin-là qui a été imposée à des millions de gens car ils étaient Juifs ! Au-delà des mots, c’est cette atroce réalité-là dont il faut se rappeler.

Savent-ils, ceux-là, que c’est en utilisant les mêmes, oui, exactement les mêmes caricatures que les régimes fascistes durant la guerre ont tenté de répandre l’antisémitisme au sein de la population des pays occupés ?  Ils n’y ont pas réussi !  C’est un immense honneur pour notre pays que d’avoir pu trouver en son sein des milliers de familles, surtout d’ailleurs catholiques, pour sauver des familles et des enfants juifs.  C’est un  immense honneur  que ce soit dans notre pays, et seulement dans notre pays,  qu’un convoi vers Auschwitz a été attaqué par la résistance !

Mais je ne doute pas que pour l’auteur de cet immonde dessin, ce proche de Dieudonné, et pour ceux qui ont songé à utiliser cette horreur, tout cela n’était « qu’un détail de l’histoire » comme l’a si aimablement affirmé Jean-Marie Lepen.

Mesure-t-on bien au sein des instances dirigeantes du PS bruxellois l’immense écart qui s’installe entre nos valeurs fondatrices, le discours et la pratique de certains ?

Est-il vrai que le conflit Israélo-Palestinien permet à d’aucuns de ressortir du placard où leur père les y avaient prudemment remisés en 1945,  les oripeaux de l’antisémitisme ?  Oui ! Le député Destexhe a parfaitement raison « toutes les limites ont été dépassées. »

Est-ce être une « ordure sioniste » que de condamner la politique scandaleuse du gouvernement Israélien ?

Est-ce être une « ordure sioniste » que de dénoncer l’occupation des territoires de Cisjordanie, la colonisation ?   Mais faut-il pour autant stigmatiser « le Juif » ?  Je dirai mieux, le supposé « Juif » tel que l’antisémite le voit ou veut le montrer.  Il faut être particulièrement inculte pour encore oser, en 2013, caricaturer le « Juif » comme on le faisait pendant la guerre.

D’où tient-on qu’être Juif c’est appartenir à une race ?  Savent-ils ces ignares qu’il y a eu des juifs chinois ?  Quelle chance qu’il n’y en ait plus !  Que n’aurait-on dit ?

N’ont-ils donc pas appris qu’être juif,  c’est d’abord une culture, pour certains une religion, des valeurs, et surtout une histoire, une immense, une douloureuse et terrible histoire.

De plus,  en revenir aux pires pratiques des plus sombres heures de l’humanité ne résoudra en rien le problème Palestinien.

Me vient une question, une simple question à ceux, stupides ou ignobles, qui ont voulu utiliser cette caricature : Acceptez-vous l’existence de l’Etat d’Israël, je parle de l’Etat d’Israël dans ses frontières de 1948 ?  Ou bien vous alignez-vous sur les propos du « sympathique » dirigeant iranien qui envisage froidement la destruction de ce pays ?

Qu’il serait éclairant d’entendre les réponses de certains à cette simple question.

Récemment, lors d’une manifestation à Anvers, le slogan était « Les juifs dans le gaz. »  En tête de cette manifestation un parlementaire bruxellois, socialiste…flamand… Ouf !

Quant au PS bruxellois, s’il ne prend pas clairement position, sans langue de bois, sans la moindre nuance pour contrer une fois pour toutes  ce genre de dérive raciste, il deviendra impossible d’en être membre, il deviendra pour ceux qui, comme moi, encore nombreux, restent attachés aux valeurs de la gauche, infréquentable.

Oui !  Il y a des électeurs indésirables !  Oui ! L’électoralisme doit s’effacer quand l’essentiel est en danger !  S’il ne le fait pas,  le PS gagnera certes encore de nombreuses élections  mais il aura perdu son âme !

merry_hermanus@yahoo.com

 

Un autre crime de Georges Bush, Ou la Victoire d’Hitler !

La presse a longuement parlé de la parution des mémoires de Georges Bush.

Un fait tout particulier a retenu mon attention.

En effet, on découvre, en lisant ses mémoires, que Georges Bush a officiellement autorisé la torture !

Je pense qu’on n’a pas tiré toutes les conclusions de la gravité de cet aveu.

Pendant le deuxième conflit mondial, les forces d’occupation de l’Allemagne Nazie ont systématiquement recouru à la torture.

De même d’ailleurs que l’armée japonaise.

Pour la première fois dans l’histoire mondiale, ces faits, ces comportements et le génocide des Juifs ont fait l’objet d’un jugement et de condamnations.

Il ne faut évidemment pas être naïf.

L’armée française, que ce soit à Madagascar en 1946, pendant la première guerre d’Indochine, ou, surtout, pendant la guerre d’Algérie, a pratiqué systématiquement la torture.

Mais au sein même de l’armée et de l’administration, des voix se sont élevées pour condamner ces pratiques.

Je pense notamment au Secrétaire général de la Préfecture de Police d’Alger, M. Teitgen, qui a démissionné avec fracas, ou encore au Général Paris de la Bolardière qui a été démis de ses fonctions car il dénonçait la torture.

Jamais, les Présidents de la République française, que ce soit Vincent Auriol, René Coty sous la 4ème République, ou de Gaulle sous la 5ème République, n’ont donné un ordre permettant à l’Armée d’appliquer officiellement la torture.

Il est d’ailleurs équitable de rappeler que la torture (la Question) avait été supprimée sous l’ancien Régime par Louis XVI.

L’attitude de Georges Bush est donc une extraordinaire régression des droits de l’Homme.

En effet, qu’une des plus grandes Démocraties du monde ait, à sa tête, un dirigeant qui, officiellement, permet le recours à la torture, est, de fait, un retour à la barbarie.

La torture n’est pas un concept, elle est une horreur en soi, qu’il s’agisse de l’électricité, de la noyade ou de tout autre procédé.

Il faut relire, pour s’en convaincre, le livre de René Alleg : « La Question » qui savait de quoi il parlait puisqu’il avait été torturé par les Paras d’Alger.

La force des Démocraties, leur raison d’être, c’est précisément qu’elles ne recourent pas à de telles méthodes.

Si elles le font, elles se mettent au même niveau que les terroristes qu’elles sont supposées combattre.

Dans un monde extraordinairement instable, où les valeurs des droits de l’homme sont de plus en plus remises en question, ce crime de Georges Bush peut, si on n’y prend pas garde, avoir des conséquences gigantesques, et ouvrir la voie vers un retour à la barbarie.

Le 3 janvier 1945, Jean Cocteau écrivait, avec une extraordinaire prémonition « Hitler reste le vainqueur de cette époque, même s’il est vaincu. Il a donné ses méthodes. C’est par là qu’il fallait le vaincre d’abord ».

En 1957, Hubert Beuve Méry écrivait, dans le « Monde » à propos de la torture en Algérie « Serons-nous les vaincus d’Hitler ? ».

Georges Bush est le responsable de cette terrible défaite-là.

merry_hermanus@yahoo.com
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