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Le gouvernement bruxellois se voile et fait la promotion du communautarisme

                         Le gouvernement bruxellois se voile

                                                         et

                          fait la promotion du communautarisme.

Il y a peu la Cour Constitutionnelle prenait un arrêt permettant aux établissements d’enseignement supérieur d’interdire tous signes d’appartenances religieuses.  Or, l’accord politique constitutif de l’actuel gouvernement régional bruxellois prévoit précisément le contraire.  A la demande d’Ecolo, cet accord entend que les signes ostentatoires de reconnaissance religieuse seront autorisés dans l’enseignement supérieur.

Pour sortir du bal des faux-culs.

Tout d’abord, un mot de sémantique.  Les textes parlent pudiquement… hypocritement de « signes convictionnels », chacun aura cependant compris qu’il ne s’agit que d’une seule chose, le voile islamique.  En effet, on rencontre dans les hautes écoles bruxelloises peu de moines bouddhistes, crâne rasé en robe safran et sandales nus pieds, de même les Juifs portant Kippa se sont évaporés au fil des insultes et menaces dont ils sont sans cesse l’objet, enfin les chrétiens portant une croix visible l’ont depuis longtemps prudemment remisée sous leur camisole de corps.  Donc, toute l’affaire ne porte que sur le voile et rien que le voile

Faire plier la ville de Bruxelles.

L’interdiction du port du voile a été décrétée à la ville de Bruxelles, conformément aux textes légaux en la matière et en accord, plus important encore, avec les arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.  Il n’empêche quelques élèves ont porté plainte contre la ville de Bruxelles.  Le tribunal de première instance s’est tourné vers la Cour Constitutionnelle afin de poser une question préjudicielle sur le sujet.  Le 4 juin, cette haute juridiction rendait un arrêt concluant à la possibilité pour la ville de Bruxelles d’interdire le voile dans les Hautes Ecoles.  Or, la position de la ville de Bruxelles s’oppose directement à l’accord de gouvernement régional qui explicitement prévoit l’autorisation du port de tous les signes convictionnels, donc du voile.  Il faut donc être attentif à ce que cette problématique cache une sourde, de plus en plus évidente, opposition entre le gouvernement régional qui favorise le communautarisme et la ville de Bruxelles dont le bourgmestre Philippe Close est non seulement vice-Président de la fédération bruxelloise du PS mais est aussi vice-président du PS fédéral.  Depuis longtemps, à la Ville, que ce soit sous les mayorats de Thielemans, de Mayeur et maintenant de Close, la laïcité a été défendue, et ce malgré l’accumulation des problèmes liés à un communautarisme de plus en plus envahissant, de plus en plus impératif, de plus en plus intolérant, de plus en plus tentaculaire qu’il s’agisse des écoles, des hôpitaux et des services publics en général.  Il n’est pas un enseignant, un chef d’école, un préfet qui ne soit pas journellement confronté à d’inextricables conflits, exigences diverses dont la source est toujours la volonté d’identification religieuse de certains élèves.  Quand devant le tribunal, les avocats de la Ville plaidèrent qu’on en arriverait à ce que des élèves exigent des salles et des périodes de prières dans les établissements d’enseignement, ils étaient bien en-dessous de la situation vécue sur le terrain par les enseignants.

Un chef de groupe hautement concerné.

Le chef du groupe PS au parlement bruxellois, Mr.  Jamal Ikazban déposa, dès le 10 juin, une interpellation dont le but est de s’opposer, comme l’a décrété la Cour Constitutionnelle, à la possibilité pour les établissements d’enseignement d’interdire le port de signes d’appartenance religieuse.  Il faut en effet noter que la Haute Juridiction laissait le choix, soit tout interdire, ce qu’avait fait la Ville de Bruxelles, soit tout autoriser.  Mais il ne fait de doute pour personne, que « tout » autoriser n’a qu’un seul sens, un seul objet… autoriser le voile islamique.

En voici le texte :

Suite à l’arrêt de la Cour Constitutionnelle sur le port de signes convictionnels à la Haute Ecole Francisco Ferrer, j’ai déposé dès le 11 juin une interpellation au ministre en charge de l’enseignement à la commission communautaire française. Je considère qu’un règlement interdisant le port de signes convictionnels dans l’enseignement supérieur constitue un obstacle inacceptable à l’accès aux études de certaines femmes, et donc un frein à leur émancipation, ainsi qu’à leur indépendance financière.  Il empêche même une véritable intégration sur le marché de l’emploi.  A ce titre, je rappelle que l’Accord de politique générale de la Cocof prône « un enseignement public de qualité et émancipateur pour toutes et tous ». En précisant que « le Gouvernement lèvera l’interdiction du port de signes convictionnels par les étudiants dans l’enseignement supérieur et de promotion sociale».

J’avais déjà interrogé le gouvernement sur le même sujet en septembre dernier à propos de l’application de cet accord.  Aujourd’hui, afin d’éviter toute ambiguïté, je souhaite clarifier la mesure inscrite dans l’accord de politique générale que je viens d’évoquer. 

Mes questions sont simples : 

– Je souhaite une confirmation de mon interprétation au sujet de cet arrêt de la Cour Constitutionnelle qui, à mon sens, ne change absolument rien à l’accord de politique générale de la Cocof.

– Je demande également la mise en œuvre immédiate de la levée de l’interdiction des signes convictionnels dans l’enseignement supérieur et de promotion sociale. 

Je publierai mon intervention et la réponse que le Ministre Rudi Vervoort me donnera ce vendredi au Parlement. 

Jamal IKAZBAN

Député

Chef de groupe PS

Parlement Francophone Bruxellois

 

Qui est Mr. Jamal Ikazban ? 

Il ne me paraît pas inutile de rappeler qui est Mr. Jamal Ikazban.

Il fut échevin-député de Molenbeek, aujourd’hui il est député, ayant été contraint de choisir à la suite des dispositions sur le cumul des mandants.

Sa notoriété a dépassé les limites municipales pour des faits qu’il convient de rappeler, cela permet de situer la personnalité de celui à qui le PS a confié la fonction de chef de groupe au parlement bruxellois.

Un passé éclairant.

Il a insulté un journaliste en le traitant « d’ordure sioniste », il s’en est excusé !

Il a déclaré qu’il se sentait proche du Hamas.  Pour rappel, le Hamas est une organisation classée par l’ONU sur la liste des organisations terroristes.

Il a été l’objet d’une arrestation administrative à Molenbeek car il protestait violemment contre la police locale, il était échevin, qui appliquait le règlement communal en contrôlant l’identité d’une femme entièrement voilée, type Arabie saoudite.

Plus récemment, il a diffusé sur son compte Facebook des photos où on le voit faire le signe de ralliement des Frères musulmans, organisation dont le crédo inclut le Djihad et dont il n’est pas nécessaire d’expliquer les buts, chacun les connait.  A noter qu’interviewé à la télévision, Mme Onkelink, Présidente à l’époque de la fédération socialiste de Bruxelles, déclara que « Mr. Ikazban est un homme bien » dont acte !

Quand il publia ses photos faisant le signe de ralliement des Frères musulmans, il fut convié à se présenter devant une « commission ad hoc » de la fédération bruxelloise du PS, inconnue des statuts ; « on » lui tapota sur les doigts en lui demandant poliment de ne plus recommencer. (Voir sur mon Blog l’article que j’ai consacré à Mr. Ikazban)

Il est donc particulièrement intéressant de lire dans le rapport de la sûreté de l’état que la presse vient de mentionner ces jours-ci que les Frères musulmans sont surveillés et qu’ils font de l’entrisme dans les partis politiques notamment en faveur du voile. (Pages 10 et 11) Apparemment, ils ont parfaitement réussi au PS et à Écolo !  

Voilà donc la personnalité actuellement chef de groupe du PS… significatif non !

Ce qui m’impressionne dans l’interpellation qu’il a déposée, c’est d’abord le ton.  Le ton est comminatoire, Tribunal de Première instance de Bruxelles, Cour Constitutionnelle… rien ne compte face aux exigences communautaires figurant dans la déclaration gouvernementale.  L’Etat de droit… connait pas !  On n’attend pas la décision du Tribunal de Première instance… tout… tout de suite.

Mr. Jamal Ikazban écrit, exige : « la mise en œuvre immédiate de la levée de l’interdiction des signes convictionnels. »   L’arrêt du Tribunal de Première instance qui avait posé la question préjudicielle, on s’en tape !  « Immédiate » on ne discute pas, on n’attend pas l’avis d’un quelconque tribunal… Aucune importance, l’accord politique supplante la norme de droit, une première… et basta.  On peut d’ailleurs se demander à quoi servirait encore au Tribunal de décider quoi que ce soit, puisque l’accord politique régional s’impose, selon le gouvernement bruxellois, à toute décision judiciaire.  Mais la Ville de Bruxelles va-t-elle plier ?  Intéressante question !

Mr. Ikazban fait du port du voile un marqueur de l’émancipation féminine ! 

On rirait de bon cœur face à une telle affirmation, s’il ne s’agissait pas d’une chose aussi fondamentale que la liberté des femmes et des jeunes filles.  Oser affirmer que ce voile est un instrument de l’émancipation des femmes est sans doute la position des Frères musulmans, c’est la thèse mille fois répétée de Mr. Tariq Ramadan et les obscurantistes en tout genre, mais dans la réalité, et la Cour Européenne des Droits de l’Homme l’a souligné, le voile est un instrument d’asservissement des femmes.

Il ne fait aucun doute que la pression sociale qui s’exerce dans certains quartiers conduit des jeunes filles à porter le voile.  J’ai pu le constater moi-même lorsque je dirigeais les Centres d’entreprises de Molenbeek. La fille d’une des employées, alors qu’elle-même ne portait pas le voile, constata que sa fille ne pouvait faire autrement que de s’aligner sur les autres élèves, ceci afin d’éviter la stigmatisation, et les insultes.

La police de la vertu existe bel et bien à Bruxelles.  Deux des employés du Centre d’entreprises sortant ensemble de notre immeuble se tenaient par le bras, comme le font parfois certaines femmes en se baladant.  Je vis un personnage barbu s’approcher d’elles, leur taper sur l’épaule, en leur disant : « Ici les femmes ne se tiennent pas par le bras ».

Lors d’une réunion avec les chefs d’entreprises de Molenbeek que je réunissais périodiquement, tous se plaignaient de la petite délinquance, de l’incapacité de la police d’y mettre fin.  L’un des présents, costume cravate, distingué, propre sur lui, pas du tout barbu, prit la parole pour affirmer le plus sérieusement du monde que la charia devrait s’appliquer à Molenbeek, qu’il suffirait de casser les bras des délinquants afin qu’ils ne recommencent plus !  Cela se passait entre 2010 et 2014.  Je suis persuadé que c’est pire aujourd’hui.  La pression sociale est aujourd’hui de plus en plus forte, celles qui résistent vivent l’enfer, soyez en certain.  Tous ceux qui œuvrent dans les services sociaux à Bruxelles le savent pertinemment.  Mais qui ose le dire ?  Qui ose encore s’opposer au politiquement correct communautariste si bien représenté dans les collèges scabinaux et au parlement bruxellois ?

Le voile…promotion médiatique garantie.

J’ai toujours été impressionné par le fait que lorsqu’il est question du voile, il se trouve toujours l’un ou l’autre média qui dégote une très jolie jeune fille, dents éblouissantes, peu mate dont on devine le grain splendide, des yeux admirables dont la forme en amande est soulignée par un léger maquillage ; toujours souriante, elle explique que le voile c’est son choix, que personne, non, vraiment personne ne lui a imposé. Notez que le voile qu’elle porte n’est jamais celui des femmes que l’on rencontre dans les rues, sur les marchés, le sien ne gonfle pas les joues, il n’oppresse pas le menton, il ne cache que les cheveux sur le haut du crâne, il est coloré, bigarré, en un mot très joli… vous ne penseriez pas, vous aussi face à ce visage merveilleux, à ce sourire d’une tendresse qui chamboule le cœur, nimbé de paroles aimables prononcées avec la sérénité que donne la foi, une foi évidente, apaisée faite d’amour et de paix, à des années lumières des barbus hirsutes, menaçants,  une foi qui s’impose à toutes… que oui bien sûr dans ces conditions, voilà un voile bien innocent… émancipateur dirait Mr. Ikazban.  Le journaliste confronté à cette très jolie fille, ressent à n’en pas douter, le frisson de celui qui enfin découvre la vérité profonde sur le voile, qui enfin peut river leur clou à tous ces « sales laïcards » passéistes qui n’ont rien compris à cette problématique, qui oppressent toutes ces jeunes filles, qui selon Mr. Ikazban les empêche de s’éduquer, leur bloque le marché de l’emploi.

Celui qui a rédigé le texte de Mr. Ikazban a-t-il bien mesuré les conséquences de ses écrits ?  Pas sûr !

Curieux que celui qui a rédigé le texte de l’interpellation de Mr. Ikazban n’ait pas réfléchi à la portée de ce qu’il exprime dans son interpellation.

En effet, Mr. Ikazban écrit que l’interdiction du port du voile, empêche les jeunes filles d’accéder à l’éducation. Il écrit qu’il s’agit : « d’un obstacle inacceptable à l’accès aux études. »   Obstacle !  Vraiment ! N’a-t-il pas réfléchi au fait que cela implique que celles, en réalité ceux, qui considèrent que c’est un obstacle inacceptable, n’envisagent donc pas un instant que ces mêmes jeunes filles puissent faire des études sans être voilées.  Cela veut dire que tout leur avenir professionnel, académique, tient au fait d’être ou de ne pas être voilée !  Effarant, retour au moyen âge où le religieux dominait toute l’existence des femmes et des hommes.  Vision incroyablement totalitaire.  Donc pas de voile, conséquence pas d’études… Des études sans le voile… Mr. Ikazban ne l’envisage pas un instant ! Voilà ce que veut dire ce texte scandaleux, j’écrirai presque délictueux au plan des droits humains inaliénables.  Faire renoncer à leurs études les jeunes filles qui ne pourraient pas se voiler, voilà ce qui est purement et simplement inacceptable, faire passer le fait religieux ou supposé tel avant toute chose !  Et voilà ce que le gouvernement bruxellois et surtout le PS acceptent alors que ses valeurs fondatrices impliquent formellement le contraire, et ce depuis 1885 !

Quel barrage reste-t-il face à l’obscurantisme si même un gouvernement ne tient pas compte de la décision que pourrait prendre une instance judiciaire.  L’Etat de Droit n’est pas un aléa, il s’impose à tous, il est le ciment du pacte social rousseauiste, le violer, ne pas le respecter, c’est remettre en cause la démocratie elle-même au profit du religieux.  C’est dramatique et j’ajoute, s’agissant des jeunes filles qu’on livre aux mains des pire obscurantistes… criminel.

Ce que pense Mr. Ikazban et le double langage de certains politiques.

J’estime cependant que Mr. Ikazban a tout à fait le droit de penser qu’une femme non voilée n’a pas la possibilité de faire des études.  Il peut aussi penser que la terre est plate, que c’est le soleil qui tourne autour de notre planète, que l’eau de javel soigne le Coronavirus, que le monde a 5 mille ans, que le paradis l’attend où l’on prépare pour lui d’indicibles délices.  De toute évidence, il a assisté aux conférences de Mr. Tariq Ramadan.  C’est parfaitement son droit.  Notre constitution prévoit la liberté de penser… ce n’est pas le cas partout dans le monde… en particulier là où les femmes ont l’obligation de se voiler… et où elles luttent au péril de leur vie pour ne plus subir cet asservissement ignoble !  Evidemment, il me paraît honteux qu’il ait figuré sur une liste du PS, qu’il en soit le chef de groupe.

Mais ce qui me choque beaucoup plus profondément, ce qui me blesse, c’est le double langage de certains élus PS ou écolos qui au sein de cénacles philosophiques se présentent comme les valeureux défenseurs de la philosophie des lumières, défendent l’égalité Homme/Femme et dans leurs pratiques politiques appuient, pour d’immondes raisons électorales, le pire obscurantisme.  Cela est totalement inadmissible.  Appartenir à ceux qui sont censés défendre le libre-examen et diffuser et soutenir des tracts électoraux communautaristes farcis de propositions impliquant des allers simples pour le haut moyen âge, voilà qui est indigne, ignoble, d’une hypocrisie abjecte.

La toujours plus petite tache d’huile.

La réalité électorale domine la pensée et les actes, oubliés les grands principes, oubliée la défense de la laïcité.  Dans les faits, ces élus ceux dont je viens d’évoquer l’hypocrisie, à chaque élection, moins nombreux, me font penser à une petite tache d’huile flottant sur une grande mare. L’électorat étant ce qu’il est à Bruxelles, les élus constituant la tache d’huile ont besoin de la masse d’eau qui les supporte pour être élus, pour surnager.  Pas question donc de la faire bouillir avec des idées de laïcité, d’égalité Homme/Femme et autres vieilleries du même type… si l’eau s’évapore, la tache d’huile disparaîtra comme l’eau, ils le savent… ceux qui constituent la masse d’eau sont aujourd’hui bien conscients de leur poids démographique et… surtout électoral.  Aux dernières élections, selon un sondage, sorti des urnes, 42% des électeurs bruxellois s’affirmaient musulmans. (Source « LeVif »)

Une fois de plus le saut quantitatif produit un saut qualitatif. Dès lors, plus question de refuser le communautarisme, non ! Les digues ont cédé, on est passé à l’étape suivante, on n’est pas descendu de quelques marches d’escalier, on a d’un coup dévalé toute la volée.  Il faut maintenant imposer le communautarisme, Mr. Ikazban et ses semblables l’exigent ! Ce que vient de faire le gouvernement bruxellois, voilà l’effrayante étape qui vient d’être franchie à Bruxelles.  Il faut en être conscient.  Emir Kir a été exclu du PS, mais c’est lui qui a gagné, lui qui me disait en octobre 2012 que tout devait être communautarisé à Bruxelles.

Des valeurs universelles !  Mais de quoi parlez-vous ?

Le PS s’est créé en 1885 sur base d’une série de revendications et de valeurs.  Certaines directement issues de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.  Le seul vrai problème est donc de savoir s’il existe ou non des valeurs universelles, à savoir, qui s’imposent à tous, dont tous peuvent bénéficier, qui sont opposables à tous, qui appartiennent à tous, quelque soit le pays ou le continent.  Je ne parle pas ici de civilisation, je parle de valeurs dont toute l’humanité peut se prévaloir.  Ma réponse est évidemment positive, et parmi celles-ci l’égalité Homme/Femme, la liberté des femmes, sont un socle intangible sous quelque latitude que ce soit.  Or, ce sont précisément celles-là qui sont remises en cause à Bruxelles par les communautaristes qui veulent imposer en Belgique leur vision totalitaire et religieuse du monde.  Il est hallucinant que le PS s’en fasse le complice, pour des raisons électorales.

PS et Écolo, la course au communautarisme… dans les bras des barbus.

Faut-il s’étonner que les résultats électoraux du PS aient entamé depuis longtemps une glissade vers les abysses que rien ne semble pouvoir arrêter !  D’autant plus qu’il se trouve maintenant concurrencé par Ecolo qui en matière de communautarisme n’a rien à envier au PS.  Lors des dernières élections, ce fut la course à l’échalote entre Ecolo et PS à qui serait le plus communautariste.  Tous furent atteints, tous y succombèrent… Laaouej soutenant subitement l’égorgement rituel, Madrane qui pourtant avait, il y a quinze ans, fait de fortes déclarations sur la laïcité.  Seule Fadila Laanan résista à ces méphitiques sirènes.  Les sondages démontrent qu’Écolo grignote le PS… il a donc compris comment flotter sur le marigot électoral ! Écolo a aussi des huiles à faire surnager !

Des doigts cassés, des zones érogènes et un collant.

J’ai été pendant près de 25 ans échevin de l’instruction publique.  Au début des années 80 il s’est produit un fait gravissime qui me vient en mémoire.  Une toute jeune fille, fréquentant l’une de nos écoles, sortant de la maison, mettait le voile pour se rendre à l’école, quelques dizaines de mètres plus loin, le retirait.  Son père l’observait de la fenêtre, il la rappela à la maison, se saisit d’un marteau et lui cassa les doigts d’une main.  Il est évident que le bourgmestre de l’époque et moi-même prîmes toutes les dispositions qu’un tel acte exigeait à la fois sur le plan pénal et administratif.

A la même époque, les directeurs d’école se plaignirent qu’une professeure de religion islamique refusait de serrer la main à ses collègues.  Je la convoquais et lui demandais les raisons de ce refus.  Elle m’expliqua que la main contient cinq zones érogènes, en conséquence, elle ne pouvait donner la main qu’à son père et à ses frères, il lui était interdit par l’Islam de serrer la main d’un autre homme.  J’insistais, précisant que cette attitude rendait les relations fort difficiles.  Elle persista, je la licenciai sur le champ.

Un père se présenta un jour à mon bureau pour me dire que sa fille âgée de dix ou douze ans ne pouvait plus participer au cours de gymnastique, qui en primaire se donne souvent en commun garçons et filles.  Avec l’aide d’un professeur de religion islamique une solution fut trouvée.  Elle participerait mais avec des collants.

C’était, il y a près de 30 ans.  Je pense qu’aujourd’hui les choses se passeraient très différemment.  J’ai souvent des conversations avec d’anciens préfets, des enseignants.  Certains médecins me font part du nombre considérable d’incidents qui se passe dans les établissements de soin… encore et toujours à cause d’une vision totalitaire du fait religieux.

Une merveilleuse doctoresse que j’ai récemment rencontrée à l’Institut Bordet m’a signalé qu’elle était l’objet d’une plainte car elle avait refusé à un mari d’assister à l’examen qu’elle devait procéder sur son épouse. Il s’était obstiné, elle avait maintenu son refus conforme à l’éthique et au protocole en la matière, résultat une plainte contre une femme exceptionnelle dont l’existences est centrée sur les soins qu’elle essaye de dispenser à ses patients, c’est monstrueux. Tous ceux-là ne savent plus comment répondre aux exigences de nature communautaire.  C’est dans cette mesure que la décision du gouvernement bruxellois est catastrophique !  Car il n’y a pas à en douter, cette décision n’est rien d’autre qu’un encouragement aux exigences communautaires.

Les vannes sont ouvertes – Pour le moment on ne voit que la trompe de l’éléphant… le corps suit.

Le communiqué de presse du Ministre Président ouvre toutes les vannes lorsqu’il écrit que dès la rentrée de septembre tous les signes d’appartenances religieuses seront autorisés, que toutes les interdictions disparaîtront.  Je souligne une nouvelle fois que le Tribunal de Bruxelles ne s’est pas encore prononcé… apparemment aucune importance !  La brèche à peine ouverte, le 28 juin, la commune de Molenbeek vient de décréter que le voile sera autorisé dans tous les services de la municipalité.  Bien sûr, ce n’est pas exprimé comme cela, il n’y a pas moins de 5 lignes de texte décrivant les discriminations que la commune entend combattre.  Belle hypocrisie, car seul le voile islamique est la cause de ce salmigondis bureaucratique.

L’avenir de Bruxelles – les Capitulations de l’Empire Turc ou les Concessions dans la Chine des années 1900.  Le séparatisme en mouvement.

J’ai eu le « privilège » de participer à de très confidentielles discussions avec certains politiques flamands, il y était question de l’avenir de Bruxelles.  Je fus stupéfait d’entendre mes homologues flamands évoquer une solution qu’ils appelaient en « taches de léopard », cela voulait dire que certains quartiers de Bruxelles intéressaient les néerlandophones, d’autres leur étaient totalement indifférents, et pouvaient être gérés comme les bruxellois l’entendaient.  Je ne serai pas étonné que cette solution réapparaisse dans le cadre d’une discussion institutionnelle générale.

Mais indépendamment des revendications supposées de nos compatriotes flamands, ce qui se met tout doucement en place, c’est une ghettoïsation affirmée de Bruxelles.  Le voile sera partout dans l’administration communale de Molenbeek alors que ce ne sera pas le cas à Uccle ou dans les « Woluwé ».  Je pense au système dit des « Capitulations » qui existait sous l’empire turc.  Certains quartiers, dévolus aux chrétiens bénéficiaient contre payement d’une large autonomie de gestion, de religion et aussi de toutes une série de privilèges.  Ces Capitulations devenaient ainsi des enclaves chrétiennes au sein même de l’empire turc.  Je songe aussi au système dit des « Concessions » que l’empire chinois en pleine décadence dut concéder aux puissances occidentales.  Certains quartiers, au sein même des grandes villes chinoises, bénéficiaient aussi d’une large autonomie, avec force de police autonome etc.

Croyez-vous que ce soit par hasard si lors d’une de ses dernières allocutions le Président Macron ait utilisé le terme de « séparatisme » plutôt que celui de communautarisme.  Car oui, ce que nous vivons en particulier, à Bruxelles est une forme de séparatisme, de rupture du vivre ensemble, de négation de l’appartenance à la communauté nationale.  Celle-ci est clairement, après avoir être abondamment honnie, aujourd’hui niée au profit exclusif d’une appartenance religieuse dans son acception la plus obscurantiste.  C’est à Bruxelles que l’égorgement rituel est encore admis, il est interdit en Wallonie et en Flandre.  Le parcours d’intégration n’a été organisé que du bout des lèvres, chacun sait qu’à Bruxelles ce n’est qu’une vaste rigolade.  Je crois que c’est ce à quoi nous conduisent les reniements successifs, les abandons de liens sociaux, les innombrables petites lâchetés.  Le PS Wallon ne cache plus son opposition à ces politiques favorisant le communautarisme, là aussi s’annonce peut-être une forme de séparatisme lourde de conséquence.

La décision du gouvernement bruxellois est pire qu’une faute, c’est un crime !

Pourtant l’exemple français permettait de comprendre que quand le pouvoir démocratique tient bon, il peut gagner face à l’obscurantisme.  Il y a une quinzaine d’années (2004) une série de jeunes filles se présentèrent voilées dans leur lycée.  Le proviseur leur interdit l’entrée.  Ruée des caméras, logorrhées déchaînées des bien pensants, soutient de certaines associations musulmanes.  Le gouvernement français prit une loi de façon à soutenir les chefs d’établissement.  Le voile étant ainsi rigoureusement interdit… et aujourd’hui, il reste interdit, sans que cela ne pose de vrai problème.  N’en déplaise à Mr. Ikazban, des dizaines de milliers de jeunes filles de confession musulmane font en France des études et souvent d’excellents parcours académiques.

Le message à la communauté musulmane… une catastrophe.

C’est aux dizaines de milliers de musulmans, qui cherchent à s’en sortir, qui luttent chaque jour en butte aux discriminations malheureusement bien réelles, que cette décision fait le plus de tort.  C’est un signal visant à leur attacher au pied un boulet leur rappelant qu’ils font partie d’une communauté et d’une seule, celle de l’Islam qui s’impose à tout autre et qu’en corollaire, ils ne seront jamais comme leurs compatriotes belges, ils seront et resteront différents, ils ne s’intégreront jamais.  C’est donc conforter les pires thèses racistes.  C’est les isoler, les stigmatiser alors même qu’une masse considérable d’entre eux font de brillantes études, occupent des postes à responsabilités qu’ils ont eu plus de mal que d’autres à atteindre.  Prendre une telle disposition, c’est donner raison aux Zemmour de tout acabit qui rêve de renvoyer les musulmans dans leur pays d’origine… on sait ce que cela veut dire.

Être élu… oui… mais par le Ghetto !

Cette décision est non seulement monstrueuse, elle est stupide.  Elle fait plaisir a ceux qui se font élire par les ghettos, oui, voilà la vérité, isoler, contrôler, flatter les barbus des ghettos car c’est ainsi qu’on se constitue un « cheptel électoral ».  Je n’emploierais pas un terme à ce point injurieux, si ce n’était pas celui utilisé par un chercheur musulman de la KUL.  Dans son étude, il explique que la communauté musulmane est le « bétail à voix » de certains partis.  J’ai honte à le dire mais c’est absolument exact.  Là est la vérité, la seule vérité.  Si le ghetto explose, la masse électorale compacte disparaît, elle se disperse façon puzzle comme aurait dit Audiard, pas facile dans ces conditions d’obtenir qu’elle vote de façon disciplinée, ordonnée pour les candidats qui auront été chercher leurs voix dans les mosquées.

Donc, il ne faut pas se tromper, le but de cette ignoble décision n’est pas de permettre aux jeunes filles de suivre des études en gardant leur voile mais bien de permettre de garder sous la main, à la pogne diraient des truands, des électeurs dociles, concentrés pour tout dire soumis, tenus, liés par les ukases religieux… et qui voteront « bien. »  Voilà la seule, l’unique vérité, l’horrible vérité !

Combien resteraient-ils d’élus PS sans les voix des ghettos ?  5 à 10 % pas plus !  Où sont partis les autres électeurs ?  Où sont-ils ?  Pourquoi sont-ils partis ?  Plutôt que de répondre à ces questions pourtant existentielles le gouvernement autorise le voile !  Il conforte son électorat de base, rien d’autre !

Qui sort du Ghetto ?

Je l’ai vérifié des dizaines de fois moi-même.  Ceux qui ont été élevé dans la foi musulmane, qui réussissent dans leur projet professionnel quittent sans délai les ghettos bruxellois, cela ne veut absolument pas dire qu’ils renient leur foi musulmane, ils la conservent, la chérissent mais en dehors des pressions des obscurantistes.  Pourquoi un musulman ne pourrait pas suivre les préceptes de sa foi sans s’enfermer dans un obscurantisme d’un autre âge.  Ils sont des milliers à le faire, dont certains sont très proches de moi.  J’ai atteint l’âge où l’on fréquente souvent les hôpitaux, j’y suis souvent confronté à des médecins ou des infirmières qui selon leur apparence, permet de supposer qu’ils appartiennent à la communauté musulmane.  Chaque fois, je suis heureux de les voir occuper de telles fonctions, et c’est avec confiance que je leur confie ma santé, ma vie.  Ce sont à ces merveilleux gens-là, pour qui j’éprouve la plus grande admiration, que la décision du gouvernement bruxellois adresse le pire des signaux.

Un Munich de la laïcité.

Comment ne pas comprendre qu’après cette concession effarante, il y en aura d’autres.  Toute les viandes servies dans les écoles bruxelloises sont déjà halal, comme me l’a signalé la firme que fournissait les repas dans ma commune, de façon à n’avoir aucune difficulté.  Les piscines seront accessibles seulement en fonction de la séparation des sexes, c’est d’ailleurs le cas dans de nombreuses piscines bruxelloises.  Des lieux de prières seront officiellement installés dans les grandes entreprises, qu’il s’agisse de la STIB ou de la Propreté publique.  Les femmes se verront exclurent de certains emplois.  Mille et un interdits seront exigés, imposés.  Personne ne peut en douter, et personne d’ailleurs n’en doute… mais faut bien être élu par quelqu’un… alors, s’il ne reste qu’eux, pourquoi pas eux !

Je terminerai par deux citations de Churchill qui s’y connaissait, et à qui nous devons de ne pas être devenu nazi !

« Un fanatique est quelqu’un qui ne veut pas changer d’avis et qui ne veut pas changer de sujet. »

« Un conciliateur, c’est quelqu’un qui nourrit le crocodile en espérant qu’il sera mangé le dernier. »

C’est deux formules s’adaptent parfaitement aux décisions que vient de prendre le gouvernement bruxellois !  Le dernier élu PS n’éteindra pas la lumière en sortant, il n’en aura pas le temps… le crocodile l’aura mangé !

 

 

 

 

Appel Solennel à Elio Di Rupo !

Antisémitisme au PS de la Région Bruxelloise ?

Il y a quelques mois, j’ai diffusé sur mon blog un article où j’évoquais les difficultés qu’il y avait à être Juif et membre du PS de certaines sections de notre région.  Cet article a provoqué quelques émois.  Plusieurs milliers de personnes l’ont lu et quelques centaines ont réagi.  La « Libre Belgique » y a fait écho, en me reprochant de ne pas avoir cité les noms des personnes que mon propos illustrait.  Pour moi, c’était une évidence, je n’allais pas moi-même pratiquer une stigmatisation que par ailleurs je démontrais pour, bien sûr, la condamner.  Par respect pour ce quotidien, que j’apprécie et lis depuis longtemps, j’ai téléphoné au rédacteur en chef en lui précisant que j’étais prêt à communiquer à son rédacteur le nom des personnes concernées par ce problème d’antisémitisme.  Les choses en sont restées là.  Hier, correspondant avec un ami sur la situation de différentes sections de l’agglomération, celui-ci écrit textuellement : « je prends mes distance de cette section en raison du niveau d’antisémitisme qui s’y développe.  De surcroît, j’en ai marre de me faire traiter de Belge de service et en sus de flamoutche. »

N’est-ce pas effrayant ?  N’est-ce pas la confirmation de ce que j’écrivais ?  Si j’en crois mon interlocuteur, il est non seulement choqué par l’antisémitisme mais également par un racisme ambiant anti-belge et anti-flamand.  Incroyable que de telles attitudes puissent exister au sein d’une formation politique, le PS, dont l’ADN politique, philosophique et moral est l’antiracisme.  Après les déclarations immondes du député Ikazban à propos d’un journaliste qui serait « une ordure sioniste », sur sa proximité proclamée avec le Hamas, organisation terroriste classée comme tel par l’ONU, après la caricature antisémite illustrant une conférence du PAC (organisme culturel émanant du PS) à Molenbeek, après les « sinuosités » de Kir, député bourgmestre de Saint-Josse, sur le génocide arménien et les Kurdes… cela fait beaucoup.  Oui !  On peut en être certain, ce ne sont donc pas là des attitudes isolées. Déjà début 2013, un président de section démissionnant de ses fonctions évoqua publiquement  l’antisémitisme qui régnait dans sa section du PS.

Ne nous leurrons pas, il y a toujours eu un antisémitisme de gauche… on en trouve la preuve dans certains textes socialistes du XIXème, où les Juifs sont immanquablement des banquiers, des usuriers sans foi ni loi,  saignant sans le moindre remord le peuple travailleur.  Ainsi, deux de mes amis ont été pendant des années fleurir au cimetière d’Ixelles la tombe d’un Communard exilé en Belgique après la semaine sanglante de mai 1871, jusqu’à ce que je leur cite les écrits antisémites du personnage.  Est-il nécessaire de mentionner l’antisémitisme stalinien et le complot des blouses blanches… mais peut-on, à ce niveau, parler de « gauche » ?

L’antisémitisme auquel sont confrontées certaines sections du PS bruxellois est pour beaucoup un antisémitisme « d’importation » lié au conflit Israélo-Palestinien, mais ce que différents militants observent, c’est une sorte d’envahissement de la logorrhée antisémite dépassant largement l’opposition à Israël.  Pour tout dire, ce qu’on entend devient proprement insupportable !  Inacceptable… une raison de plus de quitter un PS bruxellois qui semble avoir réussi son grand « remplacement de population ».  Curieuse situation qui donne raison aux pires analystes fascistes.  Il est évident qu’officiellement tout cela n’existe pas !  Personne n’entend !  Personne ne voit !  Circulez y a rien à voir !  Tout cela ce sont des bobards, des mensonges, de la bile de gens amers… qui n’en sont plus… qui osent encore écrire alors que la seule chose qu’ils devraient faire serait plonger dans un silence… éternel !  Pourtant l’histoire est là avec son cortège d’horreurs ; les choses commencent toujours par petites touches, comme un tableau pointilliste… au départ on ne perçoit pas l’idée d’ensemble… une touche de bleu, quelques larmes de verts, du rouge ici ou là, une nuance de jaune, quelques traits de violet… puis après des semaines, parfois des mois de travail, l’œuvre apparaît, immense dans son atrocité… Nous en sommes là !  « L’œuvre » risque d’apparaître, abjecte, ignoble, grimaçante, renouant avec le pire de ce que l’humanité a pu produire !

Je lance un appel solennel à Elio Di Rupo, dont je ne doute pas un instant de l’attachement aux valeurs fondamentales de la philosophie des lumières, il est urgent qu’il mette les choses au point, que les sections, toutes les sections de la fédération soient mises en garde contre cet antisémitisme qui n’est même plus rampant mais galopant !  Pourquoi ne pas imaginer que tout membre du PS au moment de son affiliation ou de sa désignation en vue de participer à une élection s’engage par écrit dans un document reprenant l’ensemble des valeurs de la gauche, en ce compris le rejet catégorique de tout racisme à commencer par l’antisémitisme. Cet engagement ensuite publié sur le site web du PS permettra à chacun de se faire une opinion.
Il faut se hâter, il est plus que temps !  

Dialogue entre deux (vieux) enfants perdus du PS Bruxellois.

« La peur, oh ! Combien plus graves que les causes de la colère sont ses conséquences. »

Marc Aurèle

« Qui vit d’espoir meurt en chantant. » Proverbe italien

« L’espoir ne commence qu’au-delà du courage et du malheur. » André Malraux

Octave Cremet, Simonne Albrecht tous deux sont militants du PS bruxellois depuis près de quarante cinq ans… ce ne sont plus des perdreaux de l’année !

Simonne : « Dis moi Octave, on va quand même avoir une sérieuse difficulté lors des prochaines élections. Tu crois qu’il sera encore possible de voter socialiste à Bruxelles ? »

Octave : « Gros, gros, très gros problème, c’est ce que ne cesse de me dire un grand nombre de personnes.  Au niveau local, c’est souvent le désert de Gobi ; il y a peu, une élue me disait que sa section se limite à une vingtaine de personnes, le poids des élus maghrébins y est écrasant, elle qui est originaire du Congo ne s’y sent plus à l’aise, seul le communautarisme le plus étroit domine, il n’est jamais question des problèmes locaux alors qu’on assiste à une hyper taxation et à des cataclysmes commerciaux en pagaille. »

Simonne : « Oui, sans doute, mais il faut sortir de la cour de l’école primaire, c’est vrai cependant, on me dit que la même chose se passe dans de nombreuses sections même dans celles où il y a des ministres en exercice ou des échevins. Le mal est partout identique… communautarisme… népotisme… absence de vrais débats auquel s’ajoute une chose plus subtile, moins voyante mais oh !  combien essentielle… déterminante, la disparition totale d’une forme de culture politique, jusqu’au vocabulaire qui s’est évanoui… les mots, les mots sont des actes, quand les mots n’y sont plus… il ne reste plus rien ! Il y a deux ans une militante de toujours claquait la porte de sa section où elle était affiliée depuis trente ans car elle ne supportait plus les insultes qu’elle y entendait… elle a d’ailleurs interpellé Di Rupo à ce propos lors d’un congrès. »

Octave : « Il y a des exceptions, certaines sections fonctionnent fort bien, démocratiquement, il est vrai qu’elles sont aujourd’hui minoritaires dans la fédération, peut-être fonctionnent-elles bien car elles se sont « libérées » des ukases de la fédération !  Elles font leur « popote » interne sans se soucier du reste. Elles sont aussi peut-être trop importantes pour « qu’on » ose intervenir. Le nombre de désaffiliations ou de non renouvellement des cotisations est énorme. En 1975, la fédération du PS comptait 25.000 membres, aujourd’hui, elle en revendique « officiellement » 3.000 mais ces chiffres sont manifestement gonflés.  Les employés de la fédération ayant pris leur retraite ne cachent plus leur amertume… ni la vérité des chiffres. Le militantisme, cette école du terrain et de l’action politique, a disparu. Le seul grand moment, le seul qui compte, est celui de l’élaboration des listes électorales. On y voit surgir des gens venus de nulle part… des inconnus qui sur base d’un vote strictement communautaire acquis dans les mosquées ou ailleurs…  même chez les Loups-gris turcs, promettent… et obtiennent un nombre remarquable de voix. Le vote multiple fait des miracles, un patronyme suffit… hop mille voix ! Dès lors, à quoi bon militer ! La liste des élus régionaux et souvent communaux donne une parfaite image de cette dérive. Pour les dirigeants fédéraux, aucun problème, c’est excellent, ils pourront se faire élire, faire élire leur fille, leur fils, leur beau-fils… la masse des électeurs ne partagent sans doute pas nos valeurs… quoi ?  Quelle importance ? Les bataillons sont là… Ils régneront sur des élus  qui, pour certains,  ne partagent pas les valeurs fondatrices du socialisme démocratique, qui contestent l’égalité Homme/Femme, qui sont persuadés que la laïcité est une religion, qui exigent que le religieux puisse s’exprimer dans l’espace publique, qu’une séparation des activités scolaires basées sur le sexe soit installée, que le voile trouve sa place dans les administrations publiques, certains flirtent avec le plus ignoble des antisémitismes, soutiennent que les attentats terroristes sont organisés par les « sionistes » pour salir l’Islam etc… tout cela n’a aucune importance… ils votent massivement socialiste alors à quoi bon se poser d’ennuyantes questions qui remuent de « vieilles idées. »  C’est la politique de la crème sur le lait… la crème grasse surnage quelle que soit la qualité du lait… tout va bien ! Les listes électorales, c’est maintenant… la cooptation au sommet, aux places garanties… les filiations dynastiques, en dessous c’est la bousculade, la ruée du vote exclusivement communautaire, le jackpot électoral, chacun pour soi…  choix démocratique, option programmatique… mais de quoi vous parlez ? La démocratie, c’est pas ici ! Allez voir ailleurs ! C’est précisément ce que font une masse des électeurs traditionnels du PS !  C’est d’autant plus idiot qu’un bon nombre de belges issus de l’immigration sont les premières victimes de cette course à l’échalote, ils ne demanderaient pas mieux que de mettre leurs capacités au service d’une volonté constructive, positive… ils comprennent vite de quoi il retourne et prennent de salutaires distances laissant la place au pire !  Ce sont ceux qui précisément ont voulu sortir du ghetto, du communautarisme où les enferme la « pseudo gauche » des « idiots utiles »  prête à tous les abandons, à toutes les lâchetés pourvu qu’il y ait un rendement électoral suffisant… Ce sont les premières et les vraies victimes du communautarisme.

Simonne : « Tu crois qu’ils en sont là ? Peut-être ! D’autres électeurs disparaissent… et en masse, la petite classe moyenne qui a toujours fait confiance au PS n’y trouve plus sa place. Prenons le monde enseignant, plus une voix à espérer de ce côté-là ! Il faut entendre ce qu’on dit dans le monde syndical enseignant… terrible. Regarde les petits indépendants ! C’est vrai, il n’y en a plus et ceux qui subsistent sont d’origine étrangère et votent au plus offrant ou n’en ont rien à faire… on les comprend ! Eux, ils doivent bosser dur tous les jours.  Enfin, il y a les intellectuels, impossible d’y rencontrer aujourd’hui beaucoup d’électeurs favorables au PS, alors que pendant longtemps ce fut à Bruxelles un extraordinaire vivier de talents politiques »

Octave : « Le PS croyait disposer d’un électorat captif constitué des belges d’origine immigrée… pour lequel c’est vrai, et ce fut pour moi une fierté, il a marqué le plus d’empathie, mais retournement des choses, c’est lui qui est aujourd’hui prisonnier de cet électorat auquel il n’a pas su transmettre nos valeurs. Les dirigeants le savent bien… il ne faut pas désespérer Molenbeek, comme en France on ne pouvait pas dans les années cinquante désespérer Billancourt, fief imprenable… mais aujourd’hui… disparu, du Parti communiste… Rien n’est éternel, ni l’amour, ni les bastions du parti communiste, ni les citadelles réputées imprenables… encore solides du PS Wallon et Bruxellois. C’est pourquoi, tout devient possible, c’est Onkelinx qui déclare que le député Ikazban est « quelqu’un de bien » alors qu’il s’est dit proche du Hamas (organisation classée terroriste par l’ONU), qu’il a traité un journaliste « d’ordure sioniste », qu’il s’est fait embarquer par la police parce qu’il manifestait contre le contrôle par les forces de l’ordre de la commune dont il était l’échevin en exercice, d’une femme entièrement voilée, qu’il s’est lui-même fait photographier ridiculement voilé pour protester contre l’application des termes les plus élémentaires de la laïcité. C’est la fédération bruxelloise du PS qui ne bouge que mollement alors que le député Bourgmestre Kir refuse de voter la reconnaissance du génocide arménien. Di Rupo dut mettre tout son poids dans la balance, lorsqu’il compare les Kurdes, qui luttent à nos côtés, aux assassins terroristes de Daech. Impossible de lui reprocher quoi que ce soit… il contrôle entre 14 et 17.000 voix à Bruxelles ! Récemment, ce fut une divine surprise de voir dans la « Libre Belgique » Onkelinx exprimer clairement et fermement que si Kir n’adoptait pas les positions du parti, « il n’avait plus sa place parmi nous. » Un bref moment de bonheur… je n’ai pas boudé mon plaisir. Di Rupo excédé a-t-il tapé du poing sur la table ? Mon petit doigt me dit que oui ! Mais les exemples sont nombreux. Dans certaines sections, une curieuse ambiance d’insultes et de pressions s’est développée. Ceux qui essayent de résister sont hués… du jamais vu en quarante cinq ans ! Situation insupportable pour de nombreux affiliés de longue date qui s’éloignent sur la pointe des pieds ou en mettant les points sur les i comme Renaud Denuit, ancien président d’une section, qui a publié une lettre ouverte à Elio Di Rupo… à laquelle il n’a jamais reçu de réponse ! Le fond du problème, me disait l’un des plus importants mandataires du PS bruxellois au sujet de l’affaire Kir, est qu’ en réalité le PS n’est plus dirigé ! »

Simonne : « Oui, on le voit, c’est une accumulation de fiefs, de PEFFE « Petites Entreprises à Finalité Électorale » dont toute vision politique a disparu. Le fonctionnement de « la petite entreprise » se juge exclusivement à son résultat électoral, pas à ses réalisations de terrain, pas à sa volonté de changer le « monde. » Elles pourraient tout aussi bien s’appeler autrement, ce sont de petites machines à capter des voix… on les met dans le tube et ça sort des élus… ce que font ou disent ces élus n’a plus d’importance. D’où le fait qu’au parlement bruxellois, aussi pléthorique qu’inutile, dans le groupe parlementaire si cinq ou six élus sont vraiment actifs, ou simplement concernés, c’est beaucoup. Rudi Vervoort a essayé courageusement d’y mettre un peu d’ordre, il a été vite refroidi ! Pas touche à nos places !  Pas touche à notre précieux Jackpot !  Ce qui faisait le corpus, la doxa du Socialisme, son idéologie, ses idéaux… tout cela a disparu, envolé, dissout… pire, il est des mots qui sont devenus des insultes, tel la laïcité… plus question d’en parler, dans certaines sections, pas question de tenter de parler de l’égalité Homme/Femme, d’évoquer les drames causés par l’antisémitisme… ce serait de la provocation de crypto-fasciste, de la sauce de « laïcard crasseux. »

Octave : « De fait, le microcosme bruxellois n’est que le « nano reflet » du déclin de la social-démocratie en Europe. Ce n’est plus qu’une poule sans tête qui tourne en rond, zigzague affolée dans la basse-cour alors que sa tête pourrit déjà sur le fumier… Voilà la vérité. Voilà la conséquence de ceux qui n’ont pas voulu voir les terrifiants pépins du réel qui maintenant leur obstruent la gorge, les étouffent, les tuent… nous tuent… ils céderont la place à l’extrême droite dont zélés « idiots utiles », ils ont fait le lit ! Ils se sont préoccupés de toutes les minorités… « électorales » sauf des citoyens de leur pays ! Ceux-là, pas importants, pas tendance… pas « in »… pas assez électeurs ! On connait la formule, « le peuple a mal voté, changeons de peuple, …», eh bien, ils l’on fait, ils ont réussi ce truc impossible, incroyable… changer de peuple ! »

Simonne : « C’est vrai que l’Union européenne me fait furieusement penser à la république de Weimar, même origine multilatérale, les peuples n’ont en rien participé a la mise en place du monstrueux traité de Versailles, même refus de voir la réalité politique et économique, même direction aveugle aux souffrances des populations, même trahison de la social démocratie, à quoi s’ajoute pour l’Union européenne l’incapacité d’avoir su mettre en place des procédés démocratiques transparents, le mépris pour les résultats électoraux… on l’a vu avec le traité de Lisbonne. Et pourtant, l’Europe, c’était la grande, la belle idée après le cataclysme de 1940-45. Il est vrai que pendant longtemps au PS, les mandats européens étaient un prix de consolation où on envoyait ceux dont on voulait se débarrasser. C’est très (trop) bien payé et on n’entendait plus parler d’eux. Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui, un député comme Tarabella fait un travail fantastique… mais il est trop tard, le monstre populiste va tout emporter… et nos rêves disparaîtront remplacés par le cauchemar nationaliste, identitaire. »

Octave : « Oui ! mais l’Europe a sombré dans l’ultra-libéralisme. Depuis la révolution française, l’homme c’est d’abord un ensemble de droits universels, l’égalité des droits pour tous. C’est une modification fondamentale, l’homme n’est plus un sujet… il devient Acteur de son destin. Mais comme l’explique Wendy Brown, professeur à Berkeley, le libéralisme ultra a fait de l’individu exclusivement un sujet du Marché, il est réduit dans sa globalité à n’être plus qu’un jouet de ces forces obscures qui le réduisent à n’être plus qu’un « sujet économique », il n’est plus question de droits, il n’est plus question de liberté, d’égalité, de fraternité… c’est la « main invisible du marché » qui décide du destin des hommes… c’est le retour d’Adam Smith (1723 – 1790 ) et de « l’atomicité et de la fluidité » du marché. Un bond en arrière de près de trois cent ans ! Pas mal non ! La crise de 2008 a été exemplaire, les banques étaient « trop grosses » pour couler, c’est l’argent public qui les a refinancées. Maintenant sur base de formule « bail in » si une nouvelle crise devait se profiler, ces sont les épargnants qui payeront, la banque pourra ponctionner leurs avoirs… si avoirs il y a !  C’est Goldman Sachs… maître du monde !»

Simonne : « L’aveuglement, et il faut bien le reconnaître, la lâcheté électorale de la social-démocratie a ouvert la voix au populisme. J’en reviens à la république de Weimar, au parfum des années trente qui flotte aujourd’hui en Europe. Qu’on en juge, la Pologne et la Hongrie sont dirigées par des partis dont le ressort démocratique n’est pas l’essentiel… pour parler pudiquement. L’Autriche a failli élire un président d’extrême droite, la France se demande si Marine Lepen sera présidente, la droite classique plébiscite le plus réactionnaire des candidats… le catholicisme intégriste fait son grand retour depuis Vichy, l’Italie risque de tomber dans les mains du pire des populismes imbéciles, en Allemagne, pour la première fois Merkel aura en face d’elle un parti d’extrême droite dont le principal ressort est le racisme anti-immigré, en Hollande, l’extrême droite progresse sans arrêt, idem en Finlande, au Danemark l’extrême droite a déjà participé au gouvernement, en Grande-Bretagne, c’est le Brexit des populistes réactionnaires qui, contre toute attente a gagné… et enfin aux USA, l’impensable, c’est Trump qui l’emporte. Il est clair qu’on assiste dans le monde occidental à une forme d’insurrection des peuples par le vote… de droite, de la droite populiste… Les digues cèdent les unes après les autres. On s’en rend compte tout est possible et tu le sais, si le pire n’est jamais certain, il n’est jamais décevant ! Quand je te disais que nous étions à Weimar en 1930 ! Un Weimar mondialisé… donc pire ! Ce n’est pas le bruit des bottes que l’on entend mais les vociférations de ceux qui en définitive rejettent la démocratie, rejettent les avancées sociétales, mariage pour tous, IVG, la sécurité sociale… notre civilisation est en danger ! Nous sommes tous en danger ! Magnifique illustration de la formule de Marx sur la répétition de l’histoire qui de la tragédie passe à la comédie… mais il est des comédies sinistres. »

Octave : « au moment des discussions sur la constitution européenne Moureaux avait demandé à Merry Hermanus de débattre avec une gentille députée européenne du texte de ce fumeux projet de constitution. La salle des quatre vents à Molenbeek était comble. Hermanus fut applaudi à tout rompre lorsqu’il conclut son intervention qui visait à rejeter ce texte. Moureaux intervint en soutenant les thèses défendues par Hermanus… qui bien sûr, logiquement l’interpella : « mais Philippe pourquoi alors vas-tu voter ce texte comme le PS l’a décidé. » Le bourgmestre de Molenbeek fit une réponse stupéfiante : « j’attends que les ouvriers chinois se révoltent. » Ah ! bon… je suppose qu’à cela Hermanus n’y avait pas songé ! Tout était dit et le PS belge vota cette constitution qui fut, heureusement rejetée ailleurs ! En fait, c’est beaucoup plus simple, les socialistes européens n’avaient pas compris que le socialisme était soluble dans l’Europe et que l’Europe est soluble dans le populisme ! L’Europe n’a jamais été sociale, les socialistes ont négligé pendant des décennies ce monstre froid, aveugle, inconnu des peuples, qui semble le priver des droits chèrement acquis, comment ne pas comprendre le repli identitaire, le populisme le plus primaire. On l’a bien vu, le malheureux Hollande allait renégocier les traités, il en fut incapable… son avion, lors de son premier voyage en Allemagne fut frappé par la foudre et dût faire demi-tour, c’est sans doute après ce coup de semonce envoyé par le ciel qu’il a renoncé à imposer ce pourquoi il avait été élu ! »

Simonne : « L’Europe, Trump, bon tout ça c’est bien beau… mais qu’est-ce qu’on fait ici et maintenant… on part, on va planter des choux, collectionner les timbres, chasser les Pokémons… s’occuper des petits-enfants, succomber à la tentation de Venise, faire du tourisme coopératif… faut quand même se donner bonne conscience. »

Octave : « j’ai toujours connu la fédération bruxelloise fonctionnant sur base d’une majorité et d’une opposition. Cette dualité a progressivement disparu sous la présidence fédérale de Moureaux, il a dominé la fédération en s’alliant à Anderlecht; le seul opposant possible était Picqué, mais par tempérament, celui-ci est incapable d’affronter les conflits, donc il suffisait de le « nourrir », c’était d’autant plus facile qu’avec son exceptionnel charisme, il était tout désigné pour présider le gouvernement bruxellois pendant quinze ans… où, mis à part des plans, rien n’a été réalisé pour sauver cette ville de la paupérisation galopante, de la ghettoïsation des écoles et des logements sociaux. Une étude récente a démontré qu’au cours des vingt-trois dernières années le chômage a augmenté de 43 % à Bruxelles ! Après un tel fiasco, la seule chose à faire pour Picqué est de se couvrir la tête de cendres… geste dont il connait fort bien le sens et le rite ! Mais non ! Il pantoufle comme président du Parlement, sans doute pour faire bénéficier les députés de son expérience… Voilà. Une fin de carrière sur le velours et surtout dorée sur tranche ! Heureusement Rudi Vervoort est l’exact contraire, sans bruit, sans plan, sans discours ronflants et blagueurs, grande spécialité de Picqué, il essaye de sauver ce qui peut l’être. A cela, il convient d’ajouter que la présence permanente du PS au pouvoir ouvre les appétits… des désirs d’avenir, de carrières et limite donc les velléités de s’opposer ! Il y a longtemps qu’il n’y a plus au PS de Bruxelles de rebelles, il y a pléthore d’ employés de bureau, des membres de cabinets et ceux qui veulent y parvenir, des bataillons de socialistes bureaucrates prêts à toutes les bassesses à toutes les soumissions, à toutes les veuleries… prêts, selon la fameuse formule, à payer pour se vendre ! »

Simonne : « Octave, quel pessimisme ! Quelle vision en noir et blanc ! Tu jettes l’enfant avec l’eau du bain ! Que fais-tu de l’extraordinaire réaction de Magnette qui bloque le traité de la CETA et tient tête seul à tout l’establishment européen… et bancaire. »

Octave : « Tu as raison, c’était… c’est… une lueur d’espoir comme on n’en avait pas connue depuis fort longtemps. J’ai à nouveau espéré ! Ce n’est déjà pas si mal, d’autant plus que je suis persuadé que Magnette aura, très bientôt, à s’opposer à nouveau. Tu as tort de croire que je suis d’un pessimisme aussi absolu car, après tout… malgré tout, le PS reste le seul Parti défendant les fondements de nos protections sociales que tant veulent aujourd’hui jeter par-dessus bord… les banques et les compagnies d’assurances attendent depuis si longtemps la fin du système de pension par répartition… là, y a un paquet de fric à se faire… les pauvres ! Mais j’y pense, si on essayait de réunir tous ceux qui font les mêmes constats que nous, ceux qui ne supportent plus le communautarisme imposé comme seule réponse au défi de l’immigration, comme formule magique électorale, ceux qui sont écœurés par le népotisme cyniquement organisé dans toute la fédération, ceux qui pensent que les sections doivent fonctionner sans insulte, sans antisémitisme rampant ou déclaré. En outre, il reste des individualités de grande qualité… il suffit de les libérer comme certaines sections ont su le faire. Mine de rien Simonne, je pense que cela fait pas mal de monde ! Allons… peut-être encore un espoir ! Tu le sais Simonne, l’espoir c’est ce qui meurt en dernier… alors pourquoi pas ! »