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De l’operette A l’horreur d’Auschwitz.

 

Benoit DUTEURTRE « La mort de Fernand Ochsé » Fayard 2018 ( Livre électronique )
J’aime beaucoup cet auteur dont j’ai lu avec le plus grand intérêt « Les ballets roses ». Ici, il réussit à établir un contraste entre la frivolité du monde de l’opérette, des fêtes, de la légèreté de l’avant-guerre et l’effroyable brutalité de la mort de ceux qui avaient baigné dans cette ambiance, Ochsé est de ceux-là. Fils d’une famille juive assez fortunée, homosexuel, il se fait connaître dans le milieu de l’opérette pour ses mises en scène, ses costumes et quelques compositions. Il organise aussi des fêtes somptueuses auxquelles participent les nantis de l’époque. Il fréquente assidument Raynaldo Hahn, amant de Proust, roi de l’opérette des années d’avant-guerre ; il collabore avec lui sur un nombre important de spectacles. Ochsé a une personnalité fragile, il est vraisemblablement hypocondriaque, craint les microbes, les rhumes et autres maladies communes. Il épouse la femme de son frère décédé, mariage blanc de toute évidence. Mais ce couple ira uni jusqu’au bout de l’enfer d’Auschwitz. Car l’horreur est là. D’abord la fuite en zone libre, puis les cachettes diverses pour finalement être arrêtés par hasard dans une clinique de Nice, puis Drancy suivi de l’abominable transport vers la mort. L’auteur met aussi en évidence le fait qu’après la guerre, l’opérette était morte comme Fernand Ochsé, le genre avait vieilli. Quelques sursauts avec Lopez et Luis Mariano puis plus rien. En lisant cet ouvrage, il m’est arrivé une chose étrange. L’auteur cite et évoque nombres de spectacles, d’opérettes, énumère les chansons de l’époque. Tout en lisant, je me suis aperçu que la mélodie me venait naturellement à l’esprit. Ces chansons fort anciennes, pièces maîtresses de telle ou telle opérette m’étaient connues, j’étais capable d’en fredonner l’air. Est-ce ma mère qui avait beaucoup aimé l’opéra et l’opérette qui m’en avait parlé, ou m’en avait fait écouter des extraits passant en radio, radio qui tenait dans mon enfance une place considérable. Le fait de reconnaître ces chansons, d’être capable d’en fredonner la mélodie a créé une sorte de proximité avec ce monde disparu, englouti par l’horreur nazie et l’indifférente modernité. 10 Avril 2018

Allocution à l’occasion de la réédition et de la traduction en néerlandais de la biographie de Paul Halter.

« L’ombre est toujours accusatrice où dorment des morts fabuleux. »

                                                                                         Louis Aragon

Je souhaite tout d’abord remercier et féliciter la Fondation Auschwitz pour avoir voulu marquer le cinquième anniversaire du décès de Paul Halter par la réédition et la traduction en néerlandais de la biographie que j’ai eu le privilège d’écrire avec lui.

Le récit de cette vie mouvementée, brisée par les horreurs du nazisme ne fut pas chose aisée car, ceux qui l’ont côtoyé le savent, cet homme avait une grande pudeur, jamais il n’étalait ses sentiments, ses pensées profondes.  En ce sens, si ce livre retrace le parcours extraordinaire de ce résistant exemplaire, il est un échec dans la mesure où il ne permet pas de dégager sa vérité intime, les émotions ressenties par celui qui, à vingt ans, a été confronté à l’indicible, à un inimaginable enfer dont Aragon écrivait déjà en Septembre 1943 « Auschwitz ! Auschwitz !  Ô syllabes sanglantes !  Ici l’on vit, ici l’on meurt à petit feu.  On appelle cela l’extermination lente.  Une part de nos cœurs y périt peu à peu…»
Les poètes ont toujours raison, à Auschwitz ce sont  des peuples qu’on assassinait mais c’est une civilisation qui y est morte.  Il survécut à ce lieu « où l’épouvante bat la mort à tous les coups. »

Au cours de cette année de travail, une seule fois, je vis se dévoiler, par hasard, un pan de la réalité de l’horreur concentrationnaire.  Alors que nous travaillions, on sonna à la porte.  C’était Vidal Sephia, professeur de Ladino à la Sorbonne, qui, de passage à Bruxelles, rendait visite à celui qui avait été son compagnon à Auschwitz.  Il se passa une chose extraordinaire.  J’eus l’impression que le temps s’était arrêté.  Les deux ex-déportés se sont mis à converser oubliant tout ce qui les entourait.  Sephia fut ce qu’on appelait dans le jargon des camps « un muselman » c’est-à-dire l’un de ceux qui, au bout du rouleau, ont tout perdu, abandonné toute dignité, spectres dont seule la minute de la mort est la dernière espérance, l’ultime délivrance.  Paul rappela à son visiteur que celui-ci ramassa, pour l’engloutir aussitôt, une pelure de pomme de terre boueuse sur laquelle Paul Halter avait marché.

Le langage de ces deux survivants avait subitement abandonné les formules courtoises de la bienséance, Paul évoquant le fait qu’il déclarait à qui voulait l’entendre « vous allez tous crever mais moi je vais m’en sortir. »  L’image d’Épinal de la solidarité volait en éclat.  Face à l’inimaginable, ce fut le plus souvent le chacun pour soi.  Ce qui n’empêcha pas des actes de soutien, d’abnégation bien réels.  Mais au cours de cette conversation Paul Halter ne laissa que peu de place au doute sur l’égoïsme sacré dont ceux qui ont survécu ont dû faire preuve… peut-être ce furent là des choses que jamais ils ne se pardonnèrent, supportant cela leur vie durant, dernière ignominie dont les nazis les accablèrent.

biographie de Paul Halter

Paul Halter, Numéro 151 610, « D’un Camp à l’Autre »

Comme Paul, jusqu’à la fin de sa vie, ne se pardonna pas d’avoir obtenu pour ses parents de vrais-faux papiers qu’un zélé fonctionnaire ixellois établissait mais en gardant une liste des documents, ce qui permit aux Allemands d’arrêter sans difficulté les porteurs de ces cartes d’identité.
Comme il ne pardonnera pas aux déportés communistes qui eux, avaient su  s’organiser dans le camps, de ne protéger que les leurs.

La vie et la mort des détenus dépendant du poste de travail qui leur était attribué.  Paul se débrouilla seul… il ne l’oubliera pas !  Son engagement  militant très jeune dans le mouvement socialiste l’avait doté d’une conscience politique, que beaucoup lui enviaient, j’entendis d’ailleurs Vidal Sephia déclarer que c’est ce qui fit la différence entre Paul Halter et une masse d’autres déportés.

S’étant libéré d’Auschwitz, rapatrié par l’armée russe en Belgique, il refusa les offres de mandats qu’on lui fit, se rappelant la lâcheté dont certains grands noms du monde politique belge avaient fait preuve lors de l’occupation.  Il avait compris que les apparences ne comptent pas, que seuls valent les actes, le courage de s’opposer.  Il en avait trop vus qui n’étaient que des âmes de lapin dans une peau de tambour.

Par contre, il s’engagea dans l’aide au FLN, toujours l’action,  en lutte pour l’indépendance de l’Algérie.  Il transporta des armes et différents matériels mais renonça à ce combat lorsqu’après une réunion clandestine avec des responsables de la wylahia 4 dans sa maison de la chaussée de Gand, il prit conscience des facteurs religieux qui animaient une frange importante du FLN.

Paul était de ceux qui ont voulu croire en « la mémoire des larmes » et ce fut son magnifique combat contre l’oubli, la mise sur pied de la Fondation Auschwitz dont le travail est exceptionnel.  Il fut le premier à organiser des voyages d’études à Auschwitz, lieu sinistre entre tous.  Il fut attaqué par des figures de proue de la communauté juive qui trouvaient scandaleux que certains de ces voyages se déroulent lors des fêtes de Pâques.  Aujourd’hui, ceux qui hier le critiquaient effectuent les mêmes visites au camp d’Auschwitz.

Le combat plus que jamais actuel doit continuer.

                                                                  « Ce n’est plus le temps de se taire
                                                            Quand le ciel change ou va changer »

Louis Aragon

Comme je l’ai dit, à l’occasion de mon intervention d’hommage à Paul Halter à l’hôtel de ville de Bruxelles, commémorer ne doit pas être embaumer.  Certaines commémorations me font penser à un arbre mort qui tenterait de retenir ses feuilles.  Non !  Etre fidèle à Paul Halter, c’est ne pas accepter ce qui, sous nos yeux, est en train d’engloutir tout ce pourquoi il s’est battu tout au long de son existence.   L’antisémitisme a pignon sur rue dans certains pays d’Europe.
En Hongrie, en Pologne, en Tchéquie des groupement antisémites manifestent ouvertement.  Le gouvernement polonais a promulgué une étrange loi mémorielle niant un aspect essentiel du génocide des Juifs.
En Autriche, l’extrême droite est au pouvoir.
En Allemagne près de cent députés d’extrême droite siègent, pour la première fois depuis 1945, au Bundestag dont certains se réclament d’Adolf Hitler.
En France, le front national a obtenu près de 40 % des voix à la récente élection présidentielle. Il y a quelques semaines en Italie, l’extrême droite a remporté d’importants succès.  Voilà pour le triste panorama.

Qui osera encore nier que l’antisémitisme est bel et bien de retour et en force.

Que cet antisémitisme soit, pour employer un vocable à la monde, de souche, ou qu’il soit d’importation, cela reste la même ignominie.  Lorsque en 2012, Mohammed Mehra tire une balle dans la tête de trois enfants de moins de 10 ans en les traînant par les cheveux et en se filmant fièrement, geste digne du génocide par balle qu’on ne pensait plus jamais revoir. Il tue des enfants Juifs, parce que Juifs.  Quand l’assassin du musée Juif de Bruxelles entre et tue, c’est pour tuer des Juifs, parce que Juifs.  Quand l’assassin de l’Hyper Casher demande avant de tuer « t’es Juif toi ? » tire et tue quatre fois, ceux qu’ils tuent sont des Juifs, ils meurent assassinés parce que Juifs.

Je ne prends que fort rarement le taxi à Bruxelles, deux fois, je suis tombé sur des chauffeurs qui m’expliquaient en vociférant que c’étaient les Juifs, le Mossad, les Illumati et les Francs-Maçons qui étaient à la base de tous les attentats, que ce n’était que de la propagande sioniste.  L’un des deux me tint ce que je n’ose appeler ce raisonnement vingt-quatre heures avant les attentats de Bruxelles.

Rappelez-vous la « charmante » caricature du PAC de Molenbeek, c’était deux ans avant la découverte du fait que la commune où résidait Paul Halter était une pépinière de terroristes ; il s’agissait d’annoncer une conférence « culturelle », c’était un copier-coller des affiches nazies montrant le Juif au long nez busqué,  doigts crochus, kippa sur le haut d’un crâne sale à moitié dégarni, papillotes voletantes autour d’un visage émacié, parsemé de verrues, enserrant un globe terrestre.  Le député-échevin Ikazban traitant un journaliste de « crapule sioniste » et dans la foulée se déclarait proche du Hamas, organisation classée terroriste par l’ONU.  Ce même député signant, avec quelques autres dont Catherine Moureaux, une pétition pour obtenir la libération d’un personnage qui se révélera être l’un des organisateurs des attentats de Paris et de Bruxelles.

En Octobre 2017, j’eus une altercation lors d’une promenade au bois du Laerbeek avec un type qui téléphonant bruyamment éructait « …ce type il faut s’en méfier c’est un demi-Juif ».  Voilà où nous en sommes.
Et il y a, malheureusement tant et tant d’exemples.

Comme en 2014, nous sommes à la veille d’élections, les listes électorales se concoctent dans les arrières cuisines des partis.  C’est la course aux voix, c’est l’instant des petits accommodements qui font les grandes lâchetés.  Après les dernières élections, j’avais été invité à déjeuner par un Bourgmestre fraîchement élu qui m’expliqua doctement et fermement que tout devait être communautaire, d’après lui, ceux qui ne faisaient pas de communautarisme n’avaient rien compris.  Comme je le fis avec Moureaux en 2004, après son interdiction de mettre dans notre programme le refus du voile, l’égalité Homme/femme, l’interdiction des horaires de piscine réservés aux seules femmes, je rompis tout contact personnel avec ce personnage.  Ces gens-là  n’ont pas compris que le communautarisme est la cause du racisme et non sa solution !  Pire encore, si c’est possible, se trouvera à nouveau sur les listes électorales à Bruxelles ce député bruxellois qui a participé à une manifestation à Anvers dont l’un des slogans était « Hamas ! tous les Juifs dans le gaz. »  Oui, Mesdames Messieurs, il est donc possible à Bruxelles, au cœur de l’Europe, 74 ans après la libération d’Auschwitz que quelqu’un ayant participé à une manifestation où cet ignoble slogan était hurlé, soit élu député régional et figure à nouveau sur les listes électorales.  Je ne puis pas affirmer que ce député criait ces ignominies, mais le Journal « Joods Actueel » d’Anvers a publié un article sur cette manifestation où seule la photo de ce député apparaît, on le voit hurlant !  Ça c’est sûr !  L’article et les photos existent et ce député n’a pas attaqué le journal en diffamation.

Faut-il encore rappeler que lors des dernières élections communales à Schaerbeek, il y avait un candidat juif sur une liste, il fut quasiment contraint de faire la tournée des associations et de certaines écoles pour se justifier !  Oui !  On en est là !  A Bruxelles, 74 ans après la destruction de l’immonde usine de mort d’Auschwitz.

Vous aurez compris que, pour moi, l’écriture, avec Paul Halter, de cette biographie n’était pas un point final mais un passage de relais.  Il nous a transmis la lourde tâche d’être d’un parti… d’un seul parti… celui de la vie à jamais contre le parti de la mort !

Commémorons, certes, mais là où nous sommes, avec les armes, les moyens qui sont les nôtres, battons-nous contre cet ennemi de l’Humanité… l’antisémitisme.

Hermanus A M, 23 Mars 2018.  Fondation Auschwitz.
Revoir le témoignage de Paul Halter

Quand la RTBF réouvre la bouche de fer de Venise.

« …la presse est trop souvent un miroir faussé, où les évènements et les hommes nous apparaissent déformés, grandis, rapetissés, suivant le cas. »  Marguerite Yourcenar

 « …on peut et doit tout écrire – sauf des dénonciations. »  Anton Tchekhov

« Un homme qui trouve naturel de dénoncer des hommes ne peut avoir notre conception de l’humain. »  Jean-Paul Sartre

Mardi 12 Décembre 2017, dix-neuf heures cinquante, apparaît sur l’écran de mon étrange lucarne, branchée  RTBF,  un jeune, vibrionnant journaliste, nerveux, limite de la transe… normal,  il connaît ses quelques minutes de notoriété dont parlait Andy Warhol… la notoriété cette fausse monnaie de l’intelligence… et puis il doit y avoir papa et maman qui regardent, applaudissent le fiston… peut-être une petite larme au coin de l’œil… il passe dans le poste !

Pensez donc !  Il est question d’une ASBL montoise subventionnée, dirigée par les Lafosse père et fils, respectivement ancien bourgmestre de Mons et actuel échevin de la cité du Doudou.  Ils sont accusés d’avoir utilisé cette institution pour mener leurs petits… et grands tripotages politiques.  Suit un carnaval express, apparaît une conseillère communale écolo, habillée comme un personnage de la « Petite maison dans la prairie » teintes d’automne, ne lui manque que le serre-tête, signe de ralliement des manifestantes contre le mariage gay… elle dit que c’est pas bien… qu’il faut la transparence… propos pour concours de Miss France… et l’eau ça mouille… et la guerre c’est mal.

Vient ensuite Mr. Bouchez ah ! Mr Bouchez !  Kennedy ou… Lecanuet de Mons-Borinage, dents blanches, haleine fraîche, propre sur lui, étrange caricature de lui-même dont on se demande combien de temps il lui faut  le matin pour se décoiffer aussi artistiquement ; curieux comme ce jeune homme ressemble déjà à sa future marionnette… promesse d’une grande carrière assurément, sauf si par un mauvais jour son marionnettiste le trahit.

Intervient alors l’inévitable tentative de faire parler les présumés coupables…hypocrite fausse naïveté du journaliste qui leur téléphone, leur a-t-il précisé qu’ils étaient enregistrés ?… oui… non, après tout, le téléspectateur s’en fiche,
il entend les borborygmes du père Lafosse s’emportant tout de suite, menaçant, éructant, évoquant la calomnie puis devient inaudible… il n’a rien compris…
il était inaudible quoi qu’il dise !  Après, trois témoignages anonymes, seules les mains des accusatrices sont filmées, les voix légèrement, maladroitement modifiées, vient enfin le clou du vaudeville,  excellent crescendo… montage impeccable… progression de l’intrigue, du grand art… de patronage ; on passe un enregistrement de la voix du fils Lafosse où celui-ci explique… sans doute devant des gens de toute confiance… que l’ASBL sert le Parti, qu’elle est politisée etc…
et le journaliste de préciser que l’enregistrement date d’il y a un an.
Voilà donc, la reine des preuves comme disent les professeurs de droit, l’aveu… l’implacable aveu, Lafosse père et fils sont à poil… et c’est pas beau à voir… même la carte du parti ne peut plus, cache sexe dérisoire, ridicule, obsolète, cacher leurs turpitudes, dont plus personne après l’émission ne pourra dire que celles-ci sont « supposées » !

Voilà,  Missa ite est, la messe est dite, les catéchumènes peuvent parcourir les champs, les bois, les villes pour répandre la bonne parole; la justice n’a qu’à se baisser, ramasser les morceaux, assembler les témoignages et hop là…condamner… de l’impeccable, du sur mesure… un vrai travail d’auxiliaire de justice.

Ceux qui suivent mon blog et que je remercie chaleureusement de me lire, savent que ma réaction n’a rien à voir avec le fait qu’il s’agit ici d’une « affaire » socialiste.  Ils savent que je ne ménage pas mes critiques à l’égard des mortifères dérives du PS, d’ailleurs certains muets du sérail ne cachent pas que je devrais me taire définitivement… ceux-là sont impatients, qu’ils se rassurent cela finira bien par arriver !

Ma réaction eût été la même s’il se fut agi de De Decker, majestueux papillon englué dans le caramel Kazakh ou de Milquet, parangon des vertus citoyennes, entourée de la petite dizaine de collaborateurs dont un juge d’instruction a conclu qu’ils étaient engagés uniquement pour aider la ministre de l’Intérieur dans sa campagne électorale !  Non !  La question essentielle n’est pas là, des vaudevilles, la RTBF nous en a déjà servis et des meilleurs, non !

Ce qui m’a effaré, c’est ce qui a suivi la fin de la séquence.  Le gentil présentateur, vous savez celui qui ponctue ses annonces en baissant ses chastes paupières, suivi d’un sourire à peine esquissé, tête penchée en avant vers la caméra, l’air d’un moine repu, ce beau-fils idéal annonça que si vous aussi vous aviez, vous aussi téléspectateurs lambda, des cas de ce type à dénoncer, il vous suffisait d’écrire ou de téléphoner à « Scan », nom de l’émission, autrement dit la bouche de fer télévisuelle.  N’ayant pas pris de note, je ne peux jurer qu’il a utilisé le verbe dénoncer mais l’idée est bien celle-là.  Pas de doute…

C’est cela qui me paraît  gravissime, l’encouragement à dénoncer.

Dans la Venise des doges, il y avait sur certaines places, à des coins de rue, de grosses plaques de fer, un lion y apparaissait rugissant, gueule ouverte, menaçant ; c’est dans l’ouverture au centre de cette redoutable bouche que les « bons citoyens » pouvaient glisser leurs billets, anonymement bien sûr, pour dénoncer leurs semblables… et surtout ceux qui les gênaient.

Et bien ! voilà ce qu’est à mes yeux cette émission et l’appel qui a suivi, la réouverture télévisuelle de la bouche de fer vénitienne.  Après « balance ton porc », c’est balance à la RTBF ton voisin… qui doit bien trafiquer quelque chose, il a une plus belle voiture, c’est « balance ton chômeur » il triche ce salaud, part en vacances,  c’est « balance ton médecin » certainement un fraudeur etc.  Vous ferez de l’audience… garanti !

Dans l’Allemagne nazie, il y eut un film sur un jeune hitlerjugend assassiné par de méchants communistes qu’il avait dénoncés. De même dans la Russie soviétique, un jeune Komsomol soit disant tué par son père, contre-révolutionnaire, devint un héros avec statues, livres et tout le reste afin d’inciter les enfants à dénoncer leurs parents trop tièdes à l’égard du paradis soviétique.  Les nazis eux payaient les dénonciateurs, autant pour un résistant, autant pour un Juif, il existait un tarif de l’ignominie, de la veulerie.  On le sait, l’occupation fut un temps béni pour ceux qui voulaient dénoncer un voisin, un mari gênant, une femme volage… les services de la Gestapo étaient submergés, eux-mêmes écœurés. Déjà, chez nous, les services fiscaux acceptent et retiennent les dénonciations.

La séquence de la RTBF s’inscrit donc dans un mouvement qui va en s’accélérant, celui de la perte de nos libertés, de nos valeurs, nous entrons dans une société de délations et de surveillances ; la vague terroriste que nous subissons n’a rien fait pour arranger les choses.  Chacun surveillera son prochain comme dans l’Allemagne communiste, la sinistre RDA, ou pour une population de dix-sept millions d’habitants, il y avait des centaines de milliers d’indicateurs bénévoles ou non !

Question : la RTBF envisagera-t-elle de rémunérer les “annonceurs” d’affaires les plus puantes… il y aura-t-il un p’tit bonus si l’affaire débouche sur des condamnations pénales… avec gradation de la rémunération en fonction de l’ampleur de la sanction… allez il y aurait du beurre à se faire !
Des nouvelles carrières en perspective !

Faites confiance à votre voisin… la jalousie aux dents jaunes aura toujours quelque chose à dénoncer !  Merci la RTBF !

GANSHOREN, ce matin 13 Octobre 2017 à 11h15

72 ANS ET 9 MOIS APRÈS LA LIBÉRATION D’AUSCHWITZ…
RENCONTRE AVEC UN NAZI ORDINAIRE.

Comme tous les matins, mon épouse et moi, garons notre véhicule afin d’entamer notre promenade journalière dans le petit Bois du Laerbeek.
Au moment où nous débarquons du véhicule, un grand bonhomme, bien charpenté, visage rose, cheveux blond roux, chemise brune (forcément), pantalon vert, godasses à grosse semelle, allure militaire, la bonne quarantaine, débouche de la rue au bois, il téléphone à très haute voix; je l’entends dire “il faut absolument se méfier de ce Michel, c’est un demi-juif, socialo-marxiste…”

Je ne peux m’empêcher de réagir, je lui demande « qu’est-ce que vous leur reprochez aux Juifs ». Le type me répond, tout en continuant à descendre vers le passage à niveau : « tous des voleurs, tous des socialos marxistes ».

Je réagis à nouveau :  « j’espère qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui pensent comme vous ! » Il gicle : « on est de plus en plus nombreux… et on vous liquidera tous. » Il continue toujours à marcher rapidement vers le passage à niveau dont la sonnerie retentit et les barrières se baissent. Je réplique : « je pensais que ce genre de discours n’existait plus depuis 1945… vous êtes un nazi ! »

Je lui hurle au moins une dizaines fois cette insulte suprême, à mes yeux, nazi… nazi… nazi. L’idée (mauvaise) me traverse l’esprit d’aller lui donner quelques solides coups avec le parapluie que j’ai en main. Il presse le pas et passe entre les barrières du passage à niveau, il continue à hurler  « Juifs… socialos marxistes, voleurs, arnaqueurs ! » Le train passe, aspire nos voix dans un souffle bruyant. Le type disparaît… non le train ne l’a pas happé !
Pour échapper à mon parapluie, il a pris un solide risque…

Voilà comment cela se passe, à Bruxelles, en Belgique… 72 ans et 9 mois après la libération d’Auschwitz !

Appel Solennel à Elio Di Rupo !

Antisémitisme au PS de la Région Bruxelloise ?

Il y a quelques mois, j’ai diffusé sur mon blog un article où j’évoquais les difficultés qu’il y avait à être Juif et membre du PS de certaines sections de notre région.  Cet article a provoqué quelques émois.  Plusieurs milliers de personnes l’ont lu et quelques centaines ont réagi.  La « Libre Belgique » y a fait écho, en me reprochant de ne pas avoir cité les noms des personnes que mon propos illustrait.  Pour moi, c’était une évidence, je n’allais pas moi-même pratiquer une stigmatisation que par ailleurs je démontrais pour, bien sûr, la condamner.  Par respect pour ce quotidien, que j’apprécie et lis depuis longtemps, j’ai téléphoné au rédacteur en chef en lui précisant que j’étais prêt à communiquer à son rédacteur le nom des personnes concernées par ce problème d’antisémitisme.  Les choses en sont restées là.  Hier, correspondant avec un ami sur la situation de différentes sections de l’agglomération, celui-ci écrit textuellement : « je prends mes distance de cette section en raison du niveau d’antisémitisme qui s’y développe.  De surcroît, j’en ai marre de me faire traiter de Belge de service et en sus de flamoutche. »

N’est-ce pas effrayant ?  N’est-ce pas la confirmation de ce que j’écrivais ?  Si j’en crois mon interlocuteur, il est non seulement choqué par l’antisémitisme mais également par un racisme ambiant anti-belge et anti-flamand.  Incroyable que de telles attitudes puissent exister au sein d’une formation politique, le PS, dont l’ADN politique, philosophique et moral est l’antiracisme.  Après les déclarations immondes du député Ikazban à propos d’un journaliste qui serait « une ordure sioniste », sur sa proximité proclamée avec le Hamas, organisation terroriste classée comme tel par l’ONU, après la caricature antisémite illustrant une conférence du PAC (organisme culturel émanant du PS) à Molenbeek, après les « sinuosités » de Kir, député bourgmestre de Saint-Josse, sur le génocide arménien et les Kurdes… cela fait beaucoup.  Oui !  On peut en être certain, ce ne sont donc pas là des attitudes isolées. Déjà début 2013, un président de section démissionnant de ses fonctions évoqua publiquement  l’antisémitisme qui régnait dans sa section du PS.

Ne nous leurrons pas, il y a toujours eu un antisémitisme de gauche… on en trouve la preuve dans certains textes socialistes du XIXème, où les Juifs sont immanquablement des banquiers, des usuriers sans foi ni loi,  saignant sans le moindre remord le peuple travailleur.  Ainsi, deux de mes amis ont été pendant des années fleurir au cimetière d’Ixelles la tombe d’un Communard exilé en Belgique après la semaine sanglante de mai 1871, jusqu’à ce que je leur cite les écrits antisémites du personnage.  Est-il nécessaire de mentionner l’antisémitisme stalinien et le complot des blouses blanches… mais peut-on, à ce niveau, parler de « gauche » ?

L’antisémitisme auquel sont confrontées certaines sections du PS bruxellois est pour beaucoup un antisémitisme « d’importation » lié au conflit Israélo-Palestinien, mais ce que différents militants observent, c’est une sorte d’envahissement de la logorrhée antisémite dépassant largement l’opposition à Israël.  Pour tout dire, ce qu’on entend devient proprement insupportable !  Inacceptable… une raison de plus de quitter un PS bruxellois qui semble avoir réussi son grand « remplacement de population ».  Curieuse situation qui donne raison aux pires analystes fascistes.  Il est évident qu’officiellement tout cela n’existe pas !  Personne n’entend !  Personne ne voit !  Circulez y a rien à voir !  Tout cela ce sont des bobards, des mensonges, de la bile de gens amers… qui n’en sont plus… qui osent encore écrire alors que la seule chose qu’ils devraient faire serait plonger dans un silence… éternel !  Pourtant l’histoire est là avec son cortège d’horreurs ; les choses commencent toujours par petites touches, comme un tableau pointilliste… au départ on ne perçoit pas l’idée d’ensemble… une touche de bleu, quelques larmes de verts, du rouge ici ou là, une nuance de jaune, quelques traits de violet… puis après des semaines, parfois des mois de travail, l’œuvre apparaît, immense dans son atrocité… Nous en sommes là !  « L’œuvre » risque d’apparaître, abjecte, ignoble, grimaçante, renouant avec le pire de ce que l’humanité a pu produire !

Je lance un appel solennel à Elio Di Rupo, dont je ne doute pas un instant de l’attachement aux valeurs fondamentales de la philosophie des lumières, il est urgent qu’il mette les choses au point, que les sections, toutes les sections de la fédération soient mises en garde contre cet antisémitisme qui n’est même plus rampant mais galopant !  Pourquoi ne pas imaginer que tout membre du PS au moment de son affiliation ou de sa désignation en vue de participer à une élection s’engage par écrit dans un document reprenant l’ensemble des valeurs de la gauche, en ce compris le rejet catégorique de tout racisme à commencer par l’antisémitisme. Cet engagement ensuite publié sur le site web du PS permettra à chacun de se faire une opinion.
Il faut se hâter, il est plus que temps !  

Est-il encore possible d’être Juif et membre de certaines sections du PS dans la région de Bruxelles ?

« Il faut savoir nager en eau trouble mais ni point pêcher » . Montaigne.

« En politique, il n’est guère de crime que collectif. »  François Mauriac

« On ne peut pas dissocier la morale de la politique, sinon c’est la violence, la barbarie. »  Albert Camus

Quelle étrange, quelle indécente question !  Effarant qu’on puisse se la poser à notre époque alors que les horreurs indicibles provoquées par l’antisémitisme sont parfaitement connues !

Et pourtant !

D’abord une précision personnelle, pas inutile en l’occurrence.  Je ne suis pas Juif.  Mais j’ai pu observer qu’en général ceux qui faisaient courir le bruit de mon appartenance à cette communauté ne me voulaient pas du bien.  Ainsi, lors de la campagne électorale communale de 1981, un prêtre, très impliqué dans un parti politique, diffusant un journal local, fit courir le bruit que l’un de mes colistiers et moi étions des Juifs Hongrois !  Ne me demandez pas pourquoi Juif Hongrois, je ne l’ai jamais su !  Mais bon !  Un fantasme sans doute, ce curé n’en manquait pas, j’en ai quelques preuves, lorsque je le surpris dans le parc du château de La Hulpe en train de lutiner une conseillère communale bien-pensante, parfaite chaisière…éternelle jupe bleue, chemisier blanc, serre-tête en permanence, me voyant, elle se cacha derrière un arbre.  C’était idiot, j’étais heureux de voir que ce curé avait une bonne et saine sexualité… tout pour me réjouir !

Ensuite, je veux insister sur le fait qu’il ne faut pas généraliser.  Ce qui est malheureusement vrai dans certaines sections, ne l’est évidemment pas dans d’autres !

Maintenant les faits.

Lorsque je dirigeais les Centres d’Entreprises de Molenbeek, j’avais été impressionné par la réaction brutale de l’une de mes collaboratrices.  L’un des jeunes entrepreneurs ne pouvant plus payer son loyer, elle m’affirma, « cela ne m’étonne pas de ce Juif ! », je ne sais pas si ce type était Juif, je n’y avais jamais pensé mais, ce qui me choqua, fut le ton employé et l’incroyable mépris quasi physique que ma collaboratrice montra à cette occasion.  Elle n’était cependant pas membre du PS.  Mais aujourd’hui, je fais le lien entre cet antisémitisme dans quelques quartiers de Bruxelles et le climat qui s’est installé dans certaines sections du parti… et là ça se corse !

Premier exemple.

A Molenbeek, j’avais été chargé de gérer une société à vocation sociale.  Différents mandataires, socialistes et autres faisaient partie du conseil d’administration.  L’un d’entre eux était Juif.  Moi, je le savais.  Mais son nom à consonance Séfarade ne permettait pas à d’autres de la cibler.  Je fus stupéfait de voir qu’au cours d’une des réunions, ce mandataire a caché qu’il était Juif.  Et que pendant toute la période où il exerça ses mandats, il fit en telle sorte de camoufler sa judéité !  J’en déduisis que celle-ci, connue dans la section de Molenbeek en l’occurrence, aurait pu lui causer un certain tort !

Deuxième exemple.

Dans une section du Nord-Ouest de Bruxelles, le président élu à la tête de celle-ci fut, un mauvais jour, confronté à un curieux déballage.  Un membre de la section faisant courir le bruit que la femme de cet éphémère président était Juive, et « qu’il fallait donc se méfier de ce président »,  celui-ci crut devoir publiquement, lors d’une réunion de la section, affirmer que cette référence à sa femme était faite pour lui nuire !  Il n’avait pas tort.   Ah ! bon, donc d’après ce gentil membre, le fait d’avoir épousé une Juive lui porte préjudice au sein d’une section du PS !  Curieuse réaction… qui me fait penser au classement imposé par les lois de Nuremberg de 1935 où ceux qui avaient épousé des Juifs ou des Juives étaient considérés comme des « Mischling. »  En un mot comme en cent, si vous étiez marié à un Juif ou une Juive, vous n’étiez plus un citoyen comme un autre… N’est-ce pas là une atroce résurgence du plus ignoble des passés !

Troisième exemple.

Un malheureux garçon devient président d’une section du PS, celle-ci est à la dérive, les militants ont déserté en masse, il reste tout au plus une bonne vingtaine de membres.  Dans cette section farcie de médiocrité et de rancœur, une élection a lieu !  Quelqu’un est élu !  Même si les votants peuvent facilement tenir dans une cabine téléphonique !  Mais il y a un hic !  Son père serait Juif !  Aie !  Aie !  Aie !  Surtout ne pas le dire !  Cacher autant que possible, ce qui semble bien apparaître en certains lieux comme une humiliante tare !  Eh ! Oui ! Cela se passe comme cela dans certaines sections de la fédération bruxelloise du PS.  Ce parti qui depuis sa création s’est battu pour faire régner la philosophie des lumières.  Quand les lumières risquent de faire perdre des voix… pas de problème on les éteint !

Quatrième exemple.

Dans une importante section d’une commune tout aussi importante, un candidat s’est présenté aux élections.  Lui, peu de doute,  son nom le qualifie immédiatement, difficile de cacher sa filiation !  Pendant la campagne électorale, il sera obligé d’aller « s’expliquer », son origine aurait posé problème ; pas dans la section, il figurait en excellente position sur la liste… Mais il posait manifestement de très sérieux problèmes aux électeurs potentiels de cette liste, qui d’ailleurs a perdu pour la deuxième fois les élections !  J’apprends d’ailleurs aujourd’hui, sur le site internet de la RTBF que ce même élu, est amené à « s’expliquer » à nouveau à propos de certaines déclarations qu’il aurait faites à la presse étrangère, celles-ci n’étant pas copie conforme avec le politiquement correct que l’on peut attendre dans cette fédération de l’un de ses élus !

Cinquième exemple.

Il y a quatre ans, la composante culturelle de la section PS de Molenbeek avait organisé une conférence, l’annonce de celle-ci était faite par affiche.  Cette affiche était l’exacte copie des caricatures nazies du Juif !  Digne de l’exposition qui pendant la guerre a été organisée à Paris et à Bruxelles sur le thème « sachez reconnaître un Juif ».  Sur l’affiche, un Juif, nez crochu, mains pourvues d’ongles démesurément longs et crochus, longue barbe, tresses traditionnelles et kippa, tenant un globe terrestre entre ses mains ignobles.  Oui !  Oui ! Il a été possible de produire et de diffuser une telle affiche dans l’organe culturel du PS de Molenbeek !  Effroyable !  Mais c’est l’horrible, l’ignoble vérité !  Ne croyez vous pas que cela explique certains des derniers événements !
Ah ! j’oubliais… pas d’amalgame !

Sixième exemple.

Un mandataire municipal de Molenbeek et parlementaire régional, n’a-t-il pas traité un journaliste «  d’ordure sioniste » ? Le même n’a-t-il pas affirmé qu’il se sentait proche du Hamas dont il faut peut-être rappeler que cet organisme figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’ONU !  Ces déclarations ne lui ont causé aucun tort !  Il a été publiquement qualifié de « type bien » par la présidente de notre fédération.  Ce même parlementaire se fera d’ailleurs embarqué par la police car il participait avec véhémence à une manifestation devant le commissariat de sa commune où avait été amenée une femme entièrement voilée qui avait refusé le contrôle de police !  Étonnant pour quelqu’un qui à l’époque faisait partie de la majorité communale et donc assumait l’autorité sur les forces de police !  Éclairant non !

Septième exemple.

Celui-ci se passe non pas au PS mais au SP.  L’un des mandataires de cette formation politique qui se proclame de gauche participait à Anvers il y a quelques années à une manifestation dont l’un des slogans hurlés à pleine voix étaient « les juifs dans le gaz ! »    Sympathique hein !  Pas la moindre réaction des autorités politiques de sa formation politique où ce faiseur de voix, l’un des rares, dépasse grâce à une campagne électorale exclusivement communautariste, sa tête de liste !   Pas la moindre réaction au parlement Bruxellois !  Tout le monde s’en fout !   C’est le triomphe de l’islamo-gauchisme jusqu’à ses ultimes ignominies.

Vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup !

L’un doit « s’expliquer » pendant une campagne électorale parce qu’il est Juif, il doit « s’expliquer » sur ses déclarations à la presse sur la situation à Bruxelles alors qu’il n’a fait que décrire une terrible réalité, l’autre qui se dit proche du Hamas et traite un journaliste « d’ordure sioniste » est qualifié par la direction du parti de « type bien » !  Inquiétant non !

Comment s’étonner de l’attitude de ceux qui n’ont pas voulu manifester dimanche aux côtés de tels personnages.  Car n’en doutons pas, ceux-ci ne manquent pas de larmes de crocodile quand il s’agit de pleurer les victimes des attentats.  Le stock de larmes est plein… y en aura pour tout le monde… cela n’empêchera aucun de ces socialistes ayant troqué le rouge pour le brun d’aller demain solliciter des voix dans les mosquées où règnent l’antisémitisme et l’obscurantisme moyenâgeux le plus rétrograde.

Voyage en Israël et en Palestine.

Hier, j’ai regardé le reportage sur cette très belle initiative de Simone Susskind, parlementaire PS bruxelloise, qui a amené une quarantaine de jeunes de toutes origines en Israël et en Palestine.  Je fus très impressionné par la déclaration d’une jeune étudiante.  Au sortir du mémorial de Yad Vashem, le journaliste lui demande ses impressions sur ce qu’elle a vu.  Réponse de la jeune fille : « je suis très impressionnée, mais j’ai peur qu’en rentrant quand je vais dire ce que j’ai vu, on va me dire que j’ai été manipulée » !  Oui !  On en est là, la pression antisémite est à ce point forte que la réalité sera transfigurée en manipulation.

Responsabilités.

Qu’elle est lourde notre responsabilité !  Nous n’avons pas été capables de transmettre nos valeurs, nous avons choisi l’immédiateté des succès électoraux à un travail en profondeur.  Nous n’avons pas voulu voir ce qui se profilait, nous avons été témoins muets, concourant par des réglementations fondées sur de bons sentiments, complices de la ghettoïsation de nos écoles, de nos foyers sociaux, de nos quartiers !  Voilà la réalité que d’aucuns se refusent de voir car elle dérange leurs plans de carrière.  Et ce malgré le fait que l’horreur au sens propre du terme leur éclate à la figure.

Quelle trahison avons-nous commise à l’égard de ces milliers d’immigrés qui courageusement se sont intégrés, font des carrières exceptionnelles, ont sauté tous les obstacles mis par le racisme et la discrimination… et nous leur préférons le dernier des obscurantistes pourvu qu’il rapporte des voix !

J’attends plus !  J’attends mieux de mon vieux grand parti !  Je ne perds pas courage car je vois autour de moi, de plus en plus de membres et non des moindres, certains exerçant parfois de très importantes fonctions admettre que les terrifiants pépins du réel doivent être pris en compte.

Putain.. Il respire encore !

Un petit mot … pour une chose de peu d’importance.  Il y a deux mois, l’un des anciens présidents de ma section rencontrait le secrétaire fédéral de notre parti qui y tient le rôle envié de muet du sérail.  Mon nom fit irruption dans la conversation.  Mon ami, lui précisant que depuis octobre 2012, je n’exerçais plus aucune fonction, que je n’avais plus assisté à la moindre réunion comme je l’avais annoncé après la réception où j’avais annoncé mon retrait de la vie politique locale ;  le secrétaire fédéral eut alors cette curieuse réaction : « oui ! mais il écrit encore ! »  Je me permets de signaler à notre très soumis secrétaire fédéral que pour moi le temps qui passe, c’est le temps qui reste et qu’il ne se préoccupe pas trop… je finirai bien par mourir !

Dieudonné Président… Pourquoi pas !

Il y a déjà fort longtemps, ma section du PS a voulu me nommer « Président d’Honneur » dans nos statuts locaux.  Je ne sais pas si c’est toujours le cas.  J’avoue que cela m’a toujours semblé ridicule.  Sauf que maintenant, il me semble envisageable que Dieudonné me remplace dans cet immense honneur !

Hermanus, A M

Décès de Paul Halter : Disparition d’un témoin !

Je ne peux mieux faire, suite à la perte cruelle que subissent tous les amoureux de la Liberté et de la défense des Droits de l’Homme, au moment où Paul Halter vient de mourir, que de permettre à mes lecteurs de prendre connaissance de  Préface du livre,  » Paul Halter, numéro 151.610 : D’un camp à l’autre  » que Paul Halter et moi-même avions écrit en 2003.

L’essentiel y est dit :
Sa Volonté de poursuivre son travail de mémoire, sa Volonté de s’impliquer dans la Défense des Libertés, sa Volonté de survivre à l’indicible.

Sa devise était : Honneur, Devoir et Équité !

 merry_hermanus@yahoo.com