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Visages de femmes… sans voile, ni burqa.

Deux visages de femmes me hantent depuis fort longtemps, non hantent ne correspond pas à ma réalité, je dirais plutôt que ces visages m’accompagnent… témoignages atroces du temps vécu !

Le premier… une toute jeune femme, les yeux baignés de larmes, tient dans son poing gauche le coin  d’un immense drapeau chilien, ce 25 Septembre 1973…quatorze jours après la mort d’Allende… quatorze jours qu’on assassine dans les rues de Santiago de Chili, quatorze jours que les villes du Chili se transforment en abattoirs, quatorze jours que les stades sont des prisons, quatorze jours que Pinochet, monstrueuse, vorace mouche assoiffée de sang humain portant lunettes solaires, a détruit la démocratie !  Comme le cri d’une démocratie qu’on massacre, l’immense poète Pablo Neruda, est mort douze jours après le coup d’état.  Protestation ultime !  Face à celui qui n’utilisait que les mots, le fasciste Pinochet n’a pas osé interdire l’enterrement de cette prodigieuse voix du peuple chilien, du peuple chilien libre !  La jeune femme qui serre de toutes ses forces le drapeau fait partie du cortège accompagnant le cercueil du poète.  Il leur en a fallu du courage à ceux qui marchent là !  Ils savent que les criminels les scrutent, n’attendent, goguenards, ricanant, qu’un signal pour les matraquer, les torturer, les fusiller… Ceux qui défilent là, ont tous des amis déjà arrêtés, disparus, engloutis, avalés dans la nuit, ombre noire enveloppant le Chili !
La caméra suit longuement le cortège, s’attarde sur les jeunes femmes qui soutiennent les quatre coins de l’immense drapeau du pays martyre… gros plan sur celle qui se tient à droite à l’avant de l’étendard… ses joues parcourues de larmes, elle crie… voix mécanique, monocorde « un peuple uni jamais ne sera vaincu »…ses yeux hurlent qu’elle sait qu’elle est déjà vaincue… que ce défilé est aussi celui de sa défaite… pas de colère, pas de haine… le vide du regard de l’agneau face au couteau du boucher !  Non ! Pinochet n’a pas pu interdire le cortège… mais il sait que chacun des participants est à sa merci, que leur courage est celui des désespérés, ceux pour qui la mort sera l’ultime, l’amère victoire !  Souvent, cette jeune fille apparaît à ma mémoire… Qu’est-elle devenue ?  A-t-elle pu, miraculeusement survivre, échapper aux assassins qui attendaient au bord des trottoirs ?   Oui ! C’est vrai, elle avait le visage des vaincus… mais de ceux qui vous crient que l’espoir ne disparaît jamais !  Que l’espoir existe « contre tout espoir. »  « Qu’un peuple uni jamais ne sera vaincu. »  Que jamais personne n’étouffera la soif de liberté dans le cœur des hommes… et ce jour-là, cette toute petite jeune femme était le visage de la  liberté… elle le sera à jamais !

Kaboul, fin 1988, les Russes organisent leur retrait d’Afghanistan.  Leur guerre fut un sanglant échec !  Les talibans sont aux portes de la capitale.  Une équipe de journaliste a pu se faufiler dans ce malheureux pays.  La télévision diffuse l’interview d’une femme d’une quarantaine d’années, elle est devant l’entrée d’un hôpital, appuyée sur le capot d’un gros camion soviétique.  Elle est nue tête, magnifiques, abondants cheveux que l’on devine noirs, elle porte un blouson militaire sur un pantalon foncé, grosses chaussures aux pieds.  Elle explique qu’elle est infirmière dans l’hôpital dont on aperçoit le couloir où entrent sans cesse des éclopés.  La victoire des talibans ne fait de doute pour personne, les Soviétiques auront disparu d’ici quelques semaines ou au plus quelques mois.  Le journaliste ose la question « qu’allez-vous devenir après le départ des troupes russes ? »  La jeune femme reste silencieuse un long moment, les silences à la télévision sont insupportables… faut que ça parle tout le temps, le silence c’est la rupture des conventions… inacceptables !  Le journaliste répète sa question, « qu’allez-vous devenir ? »  Elle répond qu’elle n’en sait rien… Le journaliste passe à autre chose !  Cherche une autre personne à interviewer… curieux rôle que celui de témoin des tragédies… qui veut nous les faire vivre en direct si possible… qui laisse derrière lui de futurs cadavres lui ayant fourni la matière d’une « excellente émission » !  Certains journalistes doivent vivre d’horribles cauchemars dans lesquels dansent les visages mutilés de la foule des victimes qu’ils ont interrogées.  Cette infirmière afghane réapparaît, elle aussi, souvent dans mon esprit… moi aussi je me pose la question, qu’est-elle devenue depuis vingt-huit ans ?  A-t-elle survécu au règne monstrueux des talibans, aux raids de l’aviation américaine, aux conflits des seigneurs de la guerre ?  A-t-elle été contrainte de se recouvrir d’une épouvantable burqa ?  A-t-elle payé de sa vie sa liberté de femme ?   Oui !  Quand j’entends évoquer l’Afghanistan c’est d’abord à cette femme, à son abondante chevelure, admirable de lucidité, de courage, que je pense !

Impossible de ne pas évoquer un autre groupe de femmes.  1921 ou 1922, une enthousiaste équipe de cinéastes soviétiques se rue sur l’une des contrées les plus reculées de l’immense empire… maintenant soviétique ; la guerre civile vient d’être, au prix de millions de morts, gagnée, le pouvoir communiste s’installe dans la joie, la volonté de créer un monde nouveau, une nouvelle société, des femmes et des hommes d’un nouveau type, d’une égalité totale… le monde va découvrir que l’on peut bâtir une société de Justice, de Fraternité étendue à tous, que la pauvreté va disparaître, que l’éducation irriguera le moindre centimètre carré de cet immense pays, ce sera la concrétisation de la formule de Lénine « la cuisinière et l’électrification. »  La patrie du socialisme scientifique est en train de naître.  Qui étaient ces cinéastes des temps héroïques, ces contemporains de John Reed, des « Dix jours qui ébranlèrent le monde » ?  Etaient-ce les frères Vassiliev, Eisenstein ou Guerassimov ?  Je n’en sais plus rien !  J’ai vu plusieurs fois le film réalisé au Kazakhstan, Turkménistan ou Tadjikistan… peu importe !  Ces fous de cinéma apportaient échevelés, riants, avec leurs bobines, leurs étranges petites boites à manivelle, le progrès, la liberté… Ambassadeurs exaltés, discourant sans cesse du paradis soviétique en construction.  Qu’ont-ils filmés ?  Un groupe de femmes, une petite vingtaine, portant la Burqa, englouties totalement dans cet affreux sac, visage disparu derrière l’effrayant grillage.  On les voit assemblées, hésitantes puis gagnées par la soif de liberté, de progrès, d’espoir d’un monde meilleur, elles virevoltent, soulèvent leur infâme vêtement, le passe au-dessus de la tête, émergent riantes, joyeuses de leur sépulcre, jettent les linges de leur soumission sur une charrette à bras, conduisent les dépouilles vers un grand feu, y jettent les linges de leur ignoble servitude… leurs chaines disparaissent en larges volutes de fumée… le socialisme a triomphé de la domination séculaire qui enfermait les femmes sous des monceaux de tissus… enfin elles deviennent des citoyennes… mieux encore des citoyennes soviétiques.  Rires, chansons, joies, danses, toutes exultent, visages en gros plan, yeux magnifiques maquillés, cheveux agités par le vent et les danses… oui la liberté et la joie respirent dans ces images !  Les cinéastes ont filmé le progrès en marche… ils peuvent l’âme sereine reprendre leur train blindé, rejoindre Moscou la rouge, développer les films, les projeter partout, montrer que la patrie soviétique libère aussi les femmes du pire des esclavages… celui des pères et des maris ! La dernière colonie de l’homme n’est-elle pas la femme !  On n’apprendra, censure communiste oblige, qu’une fois les équipes moscovites parties, les femmes apparues dans le film furent rassemblées… et brûlées vives !  La liberté n’avait fait que passer, ne s’était pas attardée dans ces contrées reculées de l’empire soviétique !  Qu’importe !  Le film existait, pendant des décennies il prouvera que le socialisme scientifique libère aussi les femmes.

Comment ne pas penser à ces deux visages, à ces femmes brûlées vives, alors qu’aujourd’hui il se trouve à la gauche du spectre politique des gens pour se faire les champions du port du voile, qui comme chacun le sait… «… serait une démarche volontaire et libre des femmes qui le portent… un choix, une démarche autonome » tout comme celles qui subitement ne peuvent se baigner qu’en burkini!  Je passe par compassion sur ceux qui, si un groupe d’électeurs suffisamment nombreux se mettait un os dans le nez, trouveraient ce geste « sexy » « culturel » « digne de respect », moisson électorale oblige…communautarisme avant tout… sinon plus d’électeur et pire que tout plus d’élu !  Je demande, je prie, je supplie les femmes et les hommes de gauche de comprendre, de réfléchir à ce que signifie ces signes de soumission des femmes, à ce que ces gestes remettent en cause… je leur demande de ne pas tourner le dos à nos valeurs, de songer à cette jeune Chilienne à ses larmes face au fascisme triomphant, à cette infirmière Afghane parfaitement lucide sur le sort qui l’attendait, à ces femmes brûlées vives en 1921 car elles avaient cru que l’heure de la délivrance était arrivée. Ce sont ces visages que vous trahissez, que vous méprisez en vous faisant les hérauts d’un islamo-gauchisme délirant et …suicidaire !  Suicidaire car le retour vers l’obscurantisme sera sans fin, sans limite, les interdits religieux s’ajoutant comme un ignoble mille-feuille, une exigence suivant l’autre !  Songez à ces visages plutôt qu’à vos résultats électoraux !  Songez à l’avenir plutôt qu’à un retour vers le pire des passés !  Posez- vous la question, croyez-vous que ce soit par hasard que Delacroix peignant « La liberté guidant le peuple » met en avant une femme le sein nu ?  Là où les femmes ne sont pas libres, il ne peut y avoir de liberté pour personne !

 

Non ! Monsieur Jack Lang la laïcité n’est pas le faux nez du racisme !

« Les munichois de 1938 furent les collabos de 1940. »   

Ce matin huit heures vingt, invité de Patrick Cohen au journal de France inter Jack Lang… son phrasé si particulier… on l’entend… forcément la radio… mais on voit quand même les curieux mouvements de sa bouche,  de ses lèvres découvrant… recouvrant une éblouissante denture, curieux mélange… componction épiscopale… préciosité germanopratine.  Vient l’inévitable question sur le burkini.  La réponse de Jack Lang me fait bondir, me choque.  Rejetant, condamnant les arrêtés municipaux interdisant le port des burkinis, ce qui est son droit le plus strict, il croit devoir ajouter : « pour certains la laïcité est une façon de cacher leur aversion pour la communauté maghrébine. »  Le malheureux ex-ministre de la culture de François Mitterrand vient, je suppose, j’ose espérer de bonne foi, de rejoindre les arguments de l’un des Imans de Nice qui estimait que les attentats en France étaient la conséquence de la laïcité qui « empêchait l’Islam de s’épanouir en France. »  Voilà donc qu’un ancien ministre de la République française se range aux arguments des pires obscurantismes… Je lui fais grâce de ne pas mettre en cause sa présidence de l’Institut du Monde Arabe, présidence qui lui a été confiée par François Hollande dont aujourd’hui il dit tant de mal !  Je ne souhaite pas me complaire dans la médiocre thématique des sinécures lui permettant de ne pas disparaître totalement du champ politique.  La réaction de Jack Lang sur la laïcité me semble, elle, fondamentale parce que emblématique de l’attitude de tous ceux qui à gauche sont en train de vouer les valeurs essentielles de la démocratie aux gémonies.

La laïcité n’est plus nécessaire à une certaine gauche. 

Ainsi la laïcité permettrait aux racistes de se camoufler, de se draper dans l’une de nos valeurs essentielles pour mieux bétonner leur ignoble racisme.  Quelle erreur, quel effet miroir !  Car en fait, ce sont ceux qui abandonnent nos valeurs qui camouflent leur lâcheté… leur besoin d’électeurs sous le couvert d’une soi-disant liberté de porter ou non des vêtements…  qui, de fait, identifient la personne qui les porte… qui donc la stigmatisent… curieuse perversité, étonnant rot de ceux, qui vomissant la laïcité, n’hésite plus à s’aligner sur les discours moyenâgeux qui, il y a quelques années, n’auraient suscité chez eux qu’un bref clignement des cils.  Car la réalité est toute autre !  Le vêtement nous dit toujours quelque chose sur celui ou celle qui le porte.  On a tous vu ces images des plages égyptiennes où dans les années cinquante des jeunes filles se baladaient en bikini, ou même ces rues de Kaboul dans les années soixante où une jeunesse désinvolte goûtait à pleines dents la vie qui s’ouvrait à elle, on a tous entendu le discours de Nasser rigolard expliquant devant le congrès de son parti qu’un barbu lui avait demandé que les femmes se voilent… le Raïs répondant sous les applaudissements et les rires… que ce barbu n’avait qu’à se voiler lui-même ! »  Que tout cela est loin !  Pourquoi les gens comme Lang font-ils semblant de ne pas voir que ce qui a changé c’est l’énorme pression sociale qui s’exerce sur celles qui refusent de se voiler, sur celles qui demain refuseront de porter le burkini…

Une efficace police des mœurs.

Oui ! Une police des mœurs exerce son insidieuse tyrannie dans la communauté musulmane de Belgique et d’ailleurs !  Oui ! Dans certains quartiers de Bruxelles, une femme ne peut se déplacer non voilée ou en jupe courte sans se faire ignoblement insultée… Un film témoin a d’ailleurs démontré ces faits dans l’un des quartiers ghettoïsés de Bruxelles. Ayant travaillé de 1999 à 2013 à Molenbeek, j’ai été directement témoin du rôle de cette police islamique des mœurs.  L’une de mes collaboratrices non voilée sortit un jour de l’entreprise se baladant en tenant sa collègue par le bras… après quelques instants, un homme lui tapa gentiment sur l’épaule, sans agressivité, sans la moindre violence, avec une voix douce, lui fit remarquer que cela ne se faisait pas de marcher en tenant une autre femme par le bras, la pudeur l’interdisait, le Coran prohibait ce genre de comportement.  Cette même collègue a une fille fréquentant un institut catholique à Molenbeek, elle non plus n’était pas voilée… au bout d’un an, elle adopta le hidjab de façon à éviter de se faire mal voir des petites filles modèles, ses condisciples, qui elles portaient le voile… La bourgmestre de Molenbeek vient de constater que de plus en plus de petites filles de cinq ou six ans portent le voile… Posez-vous la question pourquoi ?  Organisant, il y a déjà une dizaine d’année une fête populaire « poulets frites », je fus stupéfait de m’entendre réclamer qu’il serait nécessaire d’acheter des poulets occis selon le rituel religieux… je m’y refusai et observai que des musulmans étaient présents… les élections approchaient mais un bon nombre ne mangea pas !  Voilà la vérité de tous les jours dans nos rues, dans nos villes, voilà comment pour éviter… la vraie stigmatisation… de plus en plus de musulmanes sont contraintes de s’aligner sur les diktats les plus obscurantistes. Or, l’immense majorité des musulmans n’en ont nulle envie, pour l’immense majorité, l’Islam est une culture riche d’un immense patrimoine historique et scientifique avant d’être une religion !  Ce sont eux que trahissent des gens comme Jack Lang et tous ceux qui capitulent devant les exigences des extrémistes religieux.  Je n’hésite pas à écrire que ce lâche abandon, que cette veulerie à but électoral est un crime commis à l’égard des musulmans croyants ou non, oui, il en existe et beaucoup, qui n’ont qu’un désir, celui qu’on leur fiche la paix !

Le corps des femmes… le diable incarné !

Symptomatique symbole que ce débat tourne autour du corps des femmes !  Toutes les religions du livre semblent haïr, redouter, trembler devant ces corps que… presque, tous les hommes désirent tant… qui sont la vie elle-même.  Qu’il suffise de lire la plupart des pères de l’Eglise, de rappeler qu’il fallut débattre au XVème siècle lors d’un concile pour savoir si les femmes avaient ou non une âme !  Qu’il suffise de lire le raffinement de détails avec lesquels sont réglées les ablutions féminines après les règles dans la religion Israélite, exigences de bains rituels… de purifications… impureté supposée des femmes, qu’il suffise, c’est le pire… de relire les écrits de Luther, fondateur du protestantisme en 1517 ; ce qu’il dit des femmes est d’une ignominie à vomir… à se poser la question de savoir, si ce gros moine perturbé qui jetait son encrier sur les murs croyant y voir le diable, avait eu une mère… enfin les obscurantistes de l’Islam sont dans la même veine… la honte, la peur des femmes.  Mais pourquoi ?  Le sujet a été étudié par un historien français, Jean Delumeau qui a écrit « La peur en occident » et qui classe « La Femme » parmi les sources de peur !  Livre passionnant et éclairant que je conseille à tous !  De fait, les religions du livre craignent plus que tout les femmes parce que celle-ci sont l’incarnation des choses les plus belles de la vie, la procréation et l’amour alors que ces religions sont fondées sur le goût, sur l’espoir de la mort car c’est dans la mort que se réalisera la supposée, la tant promise vie éternelle.  Eh ! Bien oui… la laïcité, c’est aussi cette victoire sur la stigmatisation de la moitié de l’humanité, les femmes… qui ne sont ni les monstrueuses harpies de Luther, ni les tentatrices de l’Islam ou de l’Eglise catholique.  Admettre que des femmes doivent se couvrir pour être pieuses, soumises… peut être respectées, c’est accepter que celles-ci ne soient pas l’égal de l’homme !  Avec le burkini, avec le voile, voilà ce qui est en question.  La laïcité, c’est d’abord le droit d’exercer la religion de son choix, sans la moindre entrave mais ce ne fut et ce ne sera jamais le droit de l’imposer aux autres, de transformer une société de paix religieuse, la nôtre, en champ clos de luttes cléricales… pour cela l’Europe a déjà donné beaucoup de larmes et de sang !  Pas question de recommencer !  Si notre société apparaît impie, ignoble au sens propre du terme, il en existe… malheureusement beaucoup d’autres où la loi religieuse s’applique dans toute son horreur… libre à chacun de rejoindre ces cieux qu’ils pensent bénis !  Personne ne les retient !

Non Monsieur Jack Lang la laïcité, elle, n’a besoin d’aucun lifting.

Nombreux sont ceux maintenant à gauche de présenter la laïcité comme ringarde, dépassée, poussiéreuse, ces défenseurs ne seraient plus que des « laïcards » ou comme le laissait entendre ce matin Jack Lang des racistes !  Ben voyons, mais c’est bien sûr !  Il faut admettre les exigences religieuses qui jour après jour s’additionnent, se cumulent transformant notre société, limitant la liberté des femmes, ignorant les vertus de la démocratie si durement gagnées.  Pour ceux-là c’est Munich tous les jours dans l’espoir de se maintenir au pouvoir, de faire de vastes moissons électorales.  Ils jettent par-dessus bord ce qui a fait la chair et le sang de notre art de vivre… de notre civilisation !  Il y a quelques mois un malheureux « alimentaire » gravitant dans un cabinet ministériel, n’ayant jamais travaillé ailleurs que dans l’appareil du PS, exerçant donc la profession de socialiste, tentant de répondre à mes arguments de façon simpliste, l’égalité Homme/Femme pas la peine de la défendre, elle n’existe pas partout en Belgique, la laïcité, pas de sens de la défendre, elle est totalement dépassée.  Eh bien non !  Qu’il s’agisse de Jack Lang ou d’un minable grabataire d’un cabinet ministériel, c’est non !  Qu’ils sachent ceux-là qu’ils trouveront sur leur chemin, des femmes et des hommes pour qui les mots ont un sens, au-delà des échéances électorales, qui jamais ne transigeront sur nos libertés, sur les libertés !

 

Kaboul ou Jette ? Certains, à la commune de Jette, sont à l’Intelligence et à la Démocratie, ce que les prisons afghanes sont aux Droits de l’Homme

Lors du changement de Majorité, le nouveau Collège a décidé de me priver de tout secrétariat.

J’avais le plaisir de pouvoir collaborer avec une employée communale et avec une directrice d’école retraitée qui agissait de façon tout à fait bénévole.

Il est donc particulièrement étonnant que la décision du Collège de décembre 2009 ait interdit à cette dernière de pénétrer dans les locaux communaux.

La nouvelle Majorité avait manifestement des craintes quant à l’intérêt que je pourrais porter à certains dossiers.

J’ai donc saisi le Conseil d’Etat qui a rejeté ma demande dans la mesure où il a affirmé que mes collaboratrices auraient dû être « parties intervenantes ».

Soit !

Ma collaboratrice bénévole, directrice retraitée, qui collaborait avec moi depuis 1978, a été toute entière absorbée par un épouvantable drame personnel qu’elle vient de vivre. Mais ces dernières semaines, néanmoins, elle a estimé devoir tenter de retravailler à mes côtés.

Respectueuse de la décision du Conseil d’Etat, elle ne s’est évidemment pas rendue seule à la commune.  Elle n’y a pénétré qu’à mes côtés, et j’étais aussi à ses côtés dans mon bureau.

Eh bien ! Cela n’a pas l’air de plaire !

En effet, elle a reçu un curieux courrier anonyme contenant uniquement la décision du Collège lui interdisant de pénétrer à la commune.

Je passe bien sûr sur le caractère particulièrement outrageant et révoltant d’une pareille interdiction.

Il va de soi que ma collaboratrice n’a jamais fait l’objet, au cours de sa longue carrière d’institutrice et de directrice, d’aucune sanction de quelque nature que ce soit.

Plus récemment encore, alors qu’elle avait été accueillie de façon particulièrement chaleureuse par le personnel de l’accueil de la commune, l’une de ces personnes aurait chuchoté qu’en réalité, elle ne pouvait pas laisser entrer ma collaboratrice bien que celle-ci m’accompagne.

A ceux qui pensent comme cela, il conviendrait peut-être de rappeler que la Loi communale prévoit que la direction de la commune est assurée collégialement, ce qui veut dire par tous les membres du Collège, et que chaque échevin peut évidemment se rendre dans son bureau avec qui il lui convient. La loi communale ne mentionne aucune restriction en cette matière.

D’autres faits étonnant sont apparus.

Tout d’abord, les portes du couloir donnant accès à mon bureau sont maintenant verrouillées électroniquement, ce qui veut dire qu’il faut disposer d’un badge pour pouvoir entrer ne fût-ce que dans le couloir qui mène à mon bureau , donc, impossible de recevoir des gens, sauf à aller les chercher au rez-de-chaussée, à monter avec eux, à disposer d’un badge, et à leur ouvrir les portes.

Ensuite, les pictogrammes menant à ce couloir ont été modifiés et on retrouve maintenant, à l’entrée de mon bureau, l’intitulé «Amendes administratives » !

Enfin, on a installé trois personnes, par ailleurs fort sympathiques, dont deux Messieurs garde-chiourmes bien involontaires, de part et d’autre de la porte d’entrée de mon bureau !

Décidément, il règne à Jette une très curieuse atmosphère.

Déjà, le 13 mars 2008, le secrétaire communal avait adressé une note à un haut fonctionnaire lui disant « Je participerai bien volontiers aux réunions organisées dans le bureau de l’échevin.  Je rappelle que j’ai accès à tous les locaux de l’Administration ».

Faut-il préciser que le secrétaire communal n’était nullement invité à ces réunions, mais par cette note, il s’arrogeait le droit de pénétrer à tout moment dans mon bureau et de l’occuper !

Curieuse conception de la Loi communale !

J’avais évidemment immédiatement saisi la Tutelle qui a réagi de la façon suivante « Il est évident que le secrétaire communal, même s’il a accès effectivement à tous les locaux de l’Administration, ne peut s’imposer à une réunion organisée dans votre bureau et à laquelle il n’a pas été convié. Il s’agit, en effet, d’un local qui vous a été attribué afin d’exercer au mieux votre mission, et cet espace vous est donc réservé. Il s’agit simplement d’une règle de fair-play et de savoir vivre et non pas une règle de droit ».

Il est quand même effarant d’avoir dû saisir la Tutelle afin que soit rappelé ce qui apparaît pour tous comme une évidence, mais ceci est  terriblement significatif de l’atmosphère qui règne dans notre « bonne » commune de Jette.

De fait, savez-vous, chers lecteurs, qu’il serait fait aux fonctionnaires interdiction de me parler et de répondre à mes questions ?

Savez-vous, chers lecteurs, que lorsque j’ose poser une question sur un dossier, il y a obligation d’en informer immédiatement le Bourgmestre ou son Cabinet ?

Ont-ils donc tant de choses à cacher ???

Nous savons déjà que Claude Goujard, conseiller communal, s’est vu imposer la signature d’un document où il aurait pris l’engagement de ne pas me rencontrer, de ne pas me parler et de n’avoir aucun contact téléphonique avec moi !

On se demande bien sûr si on rêve, si on vit sous une dictature brejnévienne, si on est dans le château de Kafka ou si Ubu Roi a pris le pouvoir dans le Nord-ouest de Jette, ce que je crains  !!!

Il règne dans notre « bonne » commune de Jette une atmosphère de fin de règne où le roi et ses courtisans ont perdu tout sens de la réalité et où la Démocratie se réduit comme peau de chagrin où celui qui ne pense pas comme la petite camarilla encore aujourd’hui gouvernante est taxé de « pervers » ou « d’esprit démoniaque ».

Certains, à Jette ne sont-ils pas, à l’intelligence et à la Démocratie ce que les prisons afghanes sont aux Droits de l’Homme ?

P.S. Pour ceux qui le souhaitent, je tiens des photos à leur disposition.

merry_hermanus@yahoo.com
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