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Lettre à mes amis Français !

Chers Amis,

En cette veille d’élection présidentielle, nous pensons à vous et enrageons de ne pas pouvoir voter.

Vous avez l’occasion de redonner à la France, que nous aimons et admirons, une direction , une autorité dignes de ce nom.

Pour nous autres, étrangers, si peu, mais les hasards, malheureux,  de l’Histoire nous ont fait tels, la France n’est pas un pays comme les autres.

Depuis la révolution française , et même avant, du fait des Lumières, la France a une vocation universelle, ce qui se passe chez vous a une portée mondiale  ! Non pas au sens de l’importance politique ou économique, mais au sens bien plus essentiel de la  morale.  Je pense que beaucoup de Français ne s’en rendent pas compte.

Ce n’est pas être excessif que de m’être personnellement senti  humilié par l’atroce vulgarité de Sarkozy.  Il a illustré pendant cinq ans ce qu’il y a de pire dans notre société.  Le mensonge, le mépris des autres, le trucage permanent, l’égoïsme sans borne..  Je n’emploie pas le mot de  parvenu car on est toujours le parvenu de quelqu’un.  Le duc Decase n’est-il pas un parvenu pour Chateaubriand ?

Et pourtant, la montre qu’il retire avant de serrer la main de ses propres militants, « un cadeau de Carla » avouera-t-il !  Ce goût de l’argent pour l’argent, « si je ne suis plus président, je ferai du fric » quel nouvel aveu !  Les promesses non tenues, le bouclier fiscal ! On comprend mieux après l’affaire Bettencourt.  La France qui souffre et se lève tôt , non ! ce n’est pas la sienne.

L’horreur des mensonges aux ouvriers de Lorraine qu’il vient voir juste après son mariage avec Bruni et à qui il ose dire « il y a de meilleur endroit pour un voyage de noce »…Le pire, il promet de les sauver!!! aujourd’hui l’usine est fermée, la sidérurgie française est à l’agonie.  Les caisses sont vides, des milliards ont été donnés à Tapie dans d’étranges conditions !  Sa course folle derrière les thèmes les plus nauséabonds du Front National confine à l’ignominie pure et simple. Le discours de Grenoble est digne des pires heures de Vichy !  Le discours de Dakar, du mépris le plus total à l’égard de l’Afrique qui nous a tant apporté et qui n’a certes pas besoin des leçons de Sarkozy !

Ce quinquennat aura été marqué, pour le pire, par deux hommes, Sarkozy et Berlusconi qui se ressemblent au plan de la vulgarité et du cynisme le plus abjecte.

Non, la France, ce n’est pas cela.  La France,  c’est Michelet qui fait surgir le peuple dans l’Histoire, c’est ce jeune homme qui en 1939 visite Waterloo, recueille un peu de terre qu’il met dans un sachet qu’il portera sur lui quand il sera fusillé par les Allemands, c’est le serment du jeu de paume, ce sont les Droits de l’Homme, c’est l’irruption du désir de bonheur « cette idée neuve en Europe »,  c’est Valmy ou ,contre l’Europe des tyrans, c’est un peuple en guenilles qui chasse l’envahisseur,; la France, c’est l’appel du 18 Juin, c’est les FTP, c’est Jean Moulin, c’est Brossolette, ce sont les partisans du MOI, ce sont les jeunes résistants du procès de la maison de la chimie, ce sont ces Françaises qui partent en chantant la Marseillaise vers la chambre à gaz,  c’est Pasteur, c’est Curie, c’est Victor Hugo, c’est Voltaire, c’est l’Abbé Pierre de l’hiver 1954, , c’est Camus, car comme lui, pour la France, et contre Sartre,  j’aurai préféré ma mère à la Justice !  La liste est infinie.

Non, la France que nous aimons ne peut être celle des égoïsmes au pouvoir, la France sans son âme n’est plus la France, elle perd ce qui lui est essentiel, son universalisme à nul autre pareil.

Chers amis, sous le soleil du Médoc, nous adorons vous retrouver, nos soirées ensemble sont de merveilleux souvenirs,  par votre suffrage, redonnez à la France sa dignité, faites que lors de notre prochaine rencontre,  la France sera redevenue elle-même !  Vous en avez enfin la possibilités après cinq longues années de chaos et d’humiliations.  Lorsque nous vous reverrons, ce sera toujours la même douceur cuivrée des rayons de soleil plongeant dans l’océan lorsque le jour fuit pour mieux renaître le lendemain dans toute sa vigueur,  mais ce sera une autre France…celle de sa dignité retrouvée.

En espérant vous revoir très bientôt.

Un après-midi ordinaire en Wallonie. La langue, un bien inappréciable !

Le superbe Musée de la Photographie de Charleroi organisant une exposition sur les photos de la Commune de Paris, j’ai souhaité y aller en compagnie de l’aînée de mes petites-filles, passionnée de photographie.

Arrivé à Charleroi vers 13 heures, je m’arrêtai dans un petit bistrot italien des plus sympathiques et des plus populaires.

Au moment où je m’installais, j’y rencontrais un visage connu. Première bonne surprise.

J’observais les autres tables et je percevais une extraordinaire sympathie.  Les autres convives étaient détendus et souriants. C’était, pour la plupart, des ouvriers prenant rapidement leur repas de midi.

Mais ce qui m’impressionnait le plus, c’est combien je me sentais proche de ces gens.

Arrivé au Musée de la Photographie, parmi les autres visiteurs, je rencontrais, là également, un autre visage connu, un ancien fonctionnaire de la Communauté française.  J’entamais alors la conversation avec lui et la  caissière.

Ce qui était marquant, c’est à quel point je percevais une sorte de bien-être à me trouver au sein de cette Wallonie dont, à Bruxelles, nous sommes à la fois si proches et si éloignés.

J’ai toujours eu ce sentiment, même lorsque, devant me rendre à Liège pour des auditions judiciaires (et ce n’était pas forcément des moments agréables), j’étais ému de constater le sourire des gens et la sympathie qui émanait  de leur regard.

Oui, pour moi, il ne fait pas de doute qu’il y a, en Wallonie, une atmosphère de convivialité qu’on ne met pas suffisamment en évidence.

Je me pose souvent aujourd’hui la question de savoir quelle peut être, pour un Bruxellois francophone, la notion de Patrie.

Je parcours chaque jour trois journaux belges, je lis aussi attentivement la presse française, et je ne rate que très rarement le journal télévisé de France2.  La politique française m’a toujours passionné.

Quelle est donc la patrie d’un Belge ?  C’est là une question beaucoup plus importante que l’on ne pense.  Il ne suffit pas d’être citoyen européen.

J’en déduis que ma vraie patrie, la seule qui compte et qui se trouve dans mes tripes, c’est ma langue !  Cette magnifique langue française qui structure, en bien ou en mal, chacun jugera, ma pensée et l’expression souvent très maladroite de celle-ci.

Comment ne pas percevoir que cette langue est en danger à Bruxelles, mais aussi dans le monde, face à la colonisation économique et linguistique de l’américain.

Il peut paraître ridicule de se trouver des racines dans Montaigne, Voltaire ou Hugo.  Et pourtant ! N’est-ce pas là notre seule et vraie patrie ? Celle de l’humanisme, des lumières et du combat pour la justice, la démocratie et l’égalité sociale !

La langue, formidable lien entre les Wallons et l’immense majorité des Bruxelloise qu’est le français, n’est pas suffisamment mise en avant.

C’est pourquoi je crois que la Fédération Wallonie/Bruxelles, récemment mise sur pied, ne doit pas seulement être un changement d’appellation, mais doit aller beaucoup plus loin pour resserrer ce lien fondamental qui plonge ses racines dans notre langue maternelle.

Y a-t-il de plus beau nom, d’expression plus profonde, plus chargée de sens et d’émotion que la langue maternelle ?

merry_hermanus@yahoo.com