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De l’utilité des scandales en démocratie ou « Vive les scandales ! »

Depuis quelques mois, la presse qui était très mobilisée par les dossiers du Kazakhagte, mêlant politiques, policiers, justice, magistrats, est passée à autre chose, le dossiers des intercommunales Publifin, leur infinie générosité à l’égard d’un quarteron d’élus de tous bords, bénéficiant d’un pactole qu’ils fussent présents ou non lors des réunions.  Cela permet sur les réseaux sociaux de voir réapparaître le vieux, le sempiternel slogan du « tous pourris ».  Certains même se risquant à évoquer un changement de régime… bien sûr… un régime fort, l’un de ces régimes où les scandales n’existent pas !  Pourtant, un tout petit peu de mémoire permet une autre vision, d’apporter quelques nuances… seulement un peu de mémoire… un soupçon de connaissance historique… oh deux fois rien…voyez plutôt.

Dans l’Italie de Mussolini, après l’assassinat du socialiste Matteotti, plus un seul scandale, la presse aux ordres se tait, elle obéit… tout est uniforme, on assassine en silence !  Tout est parfait sous les ordres du caricatural du Duce ! Les films d’actualité de la « Luce » nous montrent Mussolini à moto, coupant les foins, le torse moulé dans un débardeur, à cheval… mais pas de scandale jamais !

Dans l’Allemagne nazie, il n’y a qu’un ennemi, qu’un scandale l’autre… le Juif, là est le grand scandale, sa seule existence est une horreur,  il ne peut y en avoir d’autre… tout y est parfait, les trains arrivent à l’heure, les postiers sont polis, les policiers sévères, les trottoirs impeccables. Les films de la « Wochenschau » strictement contrôlés par Goebbels ne diffusent que des images de merveilleuses jeunes filles blondes, de solides gaillards la mâchoire contractée, culottes de cuir, le regard vers l’horizon… et aussi sans doute… vers la frontière polonaise. L’écrivain britannique Philip Kerr dans sa « Trilogie berlinoise » explique fort bien comment des affaires criminelles où étaient impliqués les pontes du régime passaient à la trappe.

En Union soviétique et dans les pays satellites, aucun scandale ; la presse ne mentionnait même pas, cela lui était interdit, les faits divers.  Ainsi le monstre de Rostov put pendant des années massacrer des jeunes gens, comme l’explique fort bien Tom Rob Smith dans son roman « Enfant 44 ».  Les seuls scandales des dictatures communistes sont ceux voulus, organisés, construits par le pouvoir, celui des supposés « ingénieurs saboteurs », celui des espions de toutes sortes, des médecins juifs du « complot des blouses blanches », plus récemment dans la Pologne communiste, la liquidation du patron de la TV devenu indocile où une perquisition permit, évidemment, de trouver à son domicile des milliers de cassettes pornographiques… toujours efficace d’ajouter des affaires de sexe pour démolir un type.  Le brave peuple, dont on suppose, bien à tort, qu’il ne connait rien au sexe, ne pourra qu’être heurté !  Comme on le sait aujourd’hui, en URSS, même le bulletin météo faisait l’objet d’une analyse, d’un contrôle politique !

A CUBA.

Pas de scandale, sauf lorsque Castro veut se débarrasser du général Ochoa, devenu encombrant… tiens lui aussi… car il était informé des transactions de l’île paradisiaque avec quelques grands narco trafiquants. Le général sera fusillé et on n’en parlera plus.  Plus un palmier ne frémira sous les tropiques… tout sera parfait, calme et volupté, sous Castro et sa famille.

COREE DU NORD.

Pays au fonctionnement impeccable.  Oh ! de temps en temps, le méchant voisin de Corée du Sud fait état de l’une ou l’autre exécution ou d’une famine qui tue des dizaines de milliers de gens… mais c’est sans doute là les fruits vénéneux de la propagande impérialisto-sioniste !

Scandale et démocratie… tant qu’on en veut… n’en jeter plus !  Rien de nouveau sous le soleil !

L’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette n’a éclaté que parce que des libelles édités à Londres ou à Amsterdam dénonçaient cette sombre manipulation.  Libelles que d’ailleurs la cour de France essayait de racheter avant leur diffusion… exactement comme le fait une élue de la région parisienne qui achète la totalité des exemplaires du « Canard Enchaîné » lorsque ce trop curieux volatile s’intéresse à ses turpitudes

La IIIème République grandit de scandale en scandale.

Sous le Président Grévy, il y eut l’affaire Pranzini, assassin guillotiné dont le président Grévy avait fait tanner la peau du dos pour en faire un sous-main.  Le gendre de ce même Grévy, Wilson vendait les légions d’honneur.  Grévy démissionnera. Il y eut aussi le mystérieux assassinat du peintre Steinheil et de sa mère… la femme du peintre, qui sera surnommée la Pompe funèbre,  étant elle épargnée, c’était l’ex maîtresse du président Felix Faure qui selon le mot de Clémenceau avait voulu être César et était mort «Pompée»… histoire connue, les assassins ne seront jamais identifiés.  Plus tard, ce fut la célébrissime affaire de Panama, réunissant ceux que l’on appelait les « chéquards ».  Barrès, célébrissime écrivain nationaliste ultra conservateur écrira « Leur figure » dressant l’inventaire de tous ceux qui avaient bénéficié des largesses de la compagnie du canal de Panama.  Puis ce fut en 1913, l’affaire Caillaux/ Calmette.  Calmette, patron du figaro attaque Caillaux, ministre ayant instauré l’impôt sur les revenus, la femme de Caillaux assassine Calmette !  Elle sera acquittée !

Dans l’entre deux guerre, les scandales se succèdent à vive allure.  D’abord la banquière Marthe Hanau, escroc de haut vol,  mais surtout l’affaire Stavisky qui secoue tout ce qui compte en politique dans la troisième république, que ce soit la police avec l’ignoble Bonny que l’on retrouvera au service de la Gestapo ou le Conseiller Prince qui finira « suicidé » sur les voies d’un chemin de fer.  Quand à Stavisky, retrouvé dans un chalet des Alpes, il sera lui aussi opportunément « suicidé » de deux balles tirées par derrière comme l’écrira le « Canard Enchainé. »  La république vacillera, les fascistes essaieront de la renverser le 6 février 1934 mais échoueront.  Le « Tous pourris » n’avait pas suffi.  La démocratie s’était maintenue à travers tout !

En Belgique.

Sous Léopold II, un gigantesque scandale financier secoue tout l’establishment catholique, c’est l’affaire Langrand-Dumonceau. C’est tout un réseau de banques et d’assurances qui fait faillite et ruine des milliers de rentiers.

L’entre deux guerres voit le scandale de la « Flotte rouge » où se trouvent mêlés Anseele et un ensemble de socialistes flamands liés à ce réseau de coopératives.  C’est aussi la fameuse « cagnotte » de Van Zeeland qui ministre, mais fonctionnaire de la Banque nationale, impose à toute la fonction publique de sévères restrictions de salaires mais crée une cagnotte à la Banque nationale pour s’exonérer de cette diminution de ses rémunérations.  Malgré le slogan du « Tous pourris » lancé par Degrelle et son fameux coup de balai, en Belgique aussi la démocratie tiendra le coup et survivra !  En 1939, il ne restait à Degrelle que deux députés sur 21 élus !

Après guerre.

La France fut secouée en permanence par une série de scandales.  D’abord l’affaire des fuites où des ministres dont Mitterrand sont accusés, à tort, de donner des informations militaires à l’ennemi.  Avant cela, il y eut l’affaire des piastres, vaste escroquerie sur les taux de change. Puis l’affaire du faux attentat de l’observatoire dont on sait aujourd’hui que ce fut un piège tendu à Mitterrand organisé par Alexandre Melnik du cabinet de Michel Debré, premier ministre.  Plus comique l’affaire des ballets roses où est mouillé Letroquer, Président socialiste de l’Assemblée nationale qui avait eu le tort de s’opposer au retour de de Gaulle.  L’affaire Ben Barka où de vrais flics enlèvent cet opposant marocain membre de la Tricontinentale pour le compte des services secrets marocains…qui l’assassineront.  Le mystérieux assassinat du ministre de Broglie, négociateur des accords d’Evian.  Le « suicide » du ministre du travail Robert Boulin dont on vient de rouvrir le dossier, suicide dans dix centimètres d’eau, le nez cassé et diverses ecchymoses… bizarre, bizarre et plus qu’étrange ! La célébrissime affaire Markovic, garde du corps d’Alain Delon, où on a essayé d’impliquer Madame Pompidou.  Les extraordinaires « » où un escroc italien de génie avec l’aide du Comte de Villegas de Jette a réussi a faire dépenser des milliards à Giscard d’Estaing pour une simple photocopieuse.  Tout le monde se souvient de Giscard et des diamants de Bokassa qui firent le succès de Thierry Le Luron et la mort politique de celui qui se voulait l’homme le plus intelligent de France.

Sous Mitterrand se fut un festival, à commencer par l’affaire URBA qui visait à financer le PS sur base d’appels d’offres truqués.  Le dossier Pechiney qui conduisit le chef de cabinet de Bérégovoy en prison. Il y eut aussi le terrifiant sang contaminé.  Le prêt de ce même Bérégovoy que lui fit Patrice Pelat, ami de résistance de Mitterrand mais homme d’affaire trouble qui fit une opportune crise cardiaque avant de devoir répondre à la justice.  Quant à Bérégovoy, il se suicida !  Le dossier Elf avec Dumas, Devier-Joncour, Loïc Lefloc Prigent, énorme machine a financer les partis politiques au départ de potentats africains.  Comment ne pas évoquer Mazarine qui fut pendant quasi quatorze ans logée aux frais de l’état.

Avec Chirac, c’est l’explosion, un jet continu de scandales, la cassette Méry, les emplois fictifs de la mairie de Paris, pour lesquels Juppé sera condamné, les faux électeurs de Tiberi, l’emploi fictif de sa femme, les appels d’offres truqués des lycées des hauts de Seine, la fuite sous les tropiques de Schuller qui en savait trop, la construction des prisons manipulée par Bédier, l’immobilier avec Longuet et Léotard.

Sous Sarkozy, impossible, ça se bouscule trop : Mme Bettencourt, financement de campagne par Kadafi, Bygmalion, corruption supposée de magistrat, les multiples affaires reprochées aux étonnants époux Balkany et tant d’autres.  Impossible de les citer toutes.

Sous Hollande, affaire du compte Suisse de Cahuzac, les mensonges devant l’Assemblée nationale.  Démission d’un secrétaire d’état aux anciens combattants ayant confondu ses affaires commerciales et ses mandats.  Démission du secrétaire d’état à la coopération qui depuis quatre ans faisait… un blocage psychologique et ne payait pas ses impôts.

Et beaucoup d’autres… dont peut-être le plus blanc que blanc, propre sur lui François Fillon !

Et en Belgique.

L’assassinat de Julien Lahaut dont on ne connaîtra l’auteur que des décennies plus tard mais jamais le ou les commanditaires.  Le supposé milliard de Mobutu qui aurait été versé à Leburton mais dont jamais personne n’a vu le premier centime.   Le procès de ce même ex premier ministre Leburton et de son homologue chrétien  Hallet concernant les financements octroyés par les mutuelles qu’ils dirigeaient. Seul Leburton sera condamné !   Les étonnants crédits parallèles visant la construction du port de Zeebrugge.  Le dossier du financement du PRL, dossier du centre Paul Hymans, jamais jugé !  La démission du bourgmestre d’Uccle Jacques Van Offelen soupçonné de corruption.  Les affaires INUSOP et Agusta Dassault concernant le financement des campagnes électorales du PS.  L’affaire des KS, liée  à la reconversion des mines du Limbourg où étaient impliqués différents ministres ou députés CVP.
Comment ne pas évoquer les tueries dites du Brabant Wallon, entre 28 et 31 morts… selon les comptages… dont on n’a jamais arrêté les coupables.  Était-ce des gendarmes dévoyés ?  Y-a-t-il eu une tentative de déstabilisation politique afin d’empêcher la mise en place du fédéralisme ?  Saura-t-on un jour la vérité ?Plus terrible, l’affaire Julie et Melissa où apparaît dans toute son horreur les insuffisances, pour rester prudent, de la gendarmerie et de la justice.  Puis ce fut l’assassinat d’André Cools dont, comme pour Lahaut, on ne connut jamais le ou les commanditaires… et pourtant ils existent, j’en suis convaincu !  L’affaire des hormones avec l’assassinat d’un vétérinaire qui tentait de faire appliquer la réglementation suivie par l’affaire de la Dioxine qui fit chuter Dehaene et amena Ecolo au pouvoir !  Les dégâts du fameux escroc Van Rossem qui fut élu député et qui était, j’en ai été témoin, parfaitement introduit dans la « bonne société flamande »,   Il y eut aussi l’escroquerie Lernout et Hauspie qui ruina des milliers d’épargnants flamands mais qui avait l’aval du monde politique de Flandres, en particulier du CVP,  que la « la Libre Belgique » qualifia de plus grand escroquerie du siècle ! Comment ne pas évoquer le scandale de la Société générale qui ébranla le gouvernement jusqu’à la démission du premier Ministre et l’implication du sommet de la hiérarchie judiciaire.  La décennie consacrée aux dossiers du PS de Charleroi qui se transforma en chasse à l’homme dont Van Cauwenberghe fut le gibier…qui finalement ridiculisa le chasseur.

Pour la Grande Bretagne et USA  

Je me contenterai de rappeler le dossier Profumo, ministre de la défense qui partageait sa maîtresse Christine Keeler avec l’attaché naval de l’ambassade soviétique.  Le « suicide » de Maxwell, magnat de médias, qui avait volé le fonds de pension de ses ouvriers et employés. 

Le dossier de Cohn, l’adjoint de Mac Carthy qui voulait que son petit ami échappe au service militaire, cette affaire mit fin à la période de chasse aux sorcières des années cinquante. L’assassinat de Kennedy qui reste toujours mystérieux. La liaison du jeune et fringant président avec une maîtresse qu’il partageait avec Gianacana, l’un des patrons de la mafia. Bien sûr, le célébrissime Watergate où de fil en aiguille la justice remonta jusqu’à Nixon qui démissionna avant d’être révoqué.  Sous Reagan, l’Irangate où le colonel de Marines Oliver North commerçait avec l’Iran sous embargo pour financer les contras du Nicaragua.  Reagan s’en sortit grâce au sacrifice de North qui assuma tout.  Sous Clinton, il y eut une multitude de dossiers financiers mais surtout l’affaire Moniqua Lewinski au cours de laquelle le procureur spécial Star dépensa un milliard de dollars pour tenter d’avoir la tête, à défaut d’autre chose, de Clinton !  La gigantesque affaire de Subprimes, dont les agences de notations et les banquiers ne répondront jamais…sauf dans la minuscule Islande.

En Israël.

Un premier ministre Ehud Olmert est en prison, il n’est pas rare que des ministres démissionnent et soient condamnés dans des dossiers financiers ou des affaires de mœurs, tel Weizman fils du premier président d’Israël.  En ce moment la justice examine différentes relations du premier ministre.  

Qu’est-ce que cela signifie au plan du fonctionnement des démocraties ?

D’abord, je constate qu’il y a des pays où jamais aucun scandale n’éclate.  L’Arabie saoudite par exemple, la Syrie de Bachar, la Tunisie de Ben Ali, la Lybie de Kadafi, la Grèce des généraux, le Chili de Pinochet, l’Argentine de Videla… en un mot comme pour le nazisme, le communisme, là où il n’y a pas de démocratie, il n’y a pas de scandale.  Le scandale est inhérent à la démocratie comme les accidents de la route le sont à la circulation routière.  J’ose dire qu’il est, les chrétiens apprécieront, consubstantiel, c’est-à-dire, inséparable de la démocratie.  Le scandale est le verso de la démocratie… il est inévitable qu’une pièce ait deux faces !

Le « tous pourris » est non seulement faux mais dangereux car il fait le lit des régimes autoritaires où tout est caché, il conduit au mensonge généralisé d’une dictature qui lave plus blanc que blanc.  On le voit fort bien en Russie où si un journaliste a encore des velléités de vérités qui pourrait chatouiller les puissants, il est assassiné.  Dans les dictatures la formule de Léo Ferré est toujours d’application :  « la vérité c’est pas ici ! »

Napoléon ne s’y était pas trompé, sous la révolution était né une multitude de journaux, il les supprima pour n’en laisser subsister que quelques uns, qu’il contrôlait parfaitement !  Emile de Girardin inventant vers 1830 la presse à bon marché transforma la masse populaire en opinion publique… l’information, aussi imparfaite fût-elle,  remplaçait les rumeurs invérifiables, un contrôle pouvait s’initier, il ne fera que grandir.

Ce n’est donc pas un hasard si Trump s’en prend si violemment à la presse qu’il veut à toute force décrédibiliser.  Il sait que c’est de cette presse que pourrait venir ses plus sérieux ennuis donc elle ment… et il invente cette étonnante notion des faits alternatifs.  Il veut casser le thermomètre !  Les scandales sont effectivement le thermomètre de la démocratie.  Ils y jouent un rôle fondamental de correcteur, au départ de ceux-ci la démocratie évolue, se corrige, s’amende, progresse mais progresse dans la liberté… le mensonge ne permet aucun progrès !  Le mensonge, c’est Orwell et le meilleur des mondes, c’est « la ferme des animaux » et finalement le basculement comme l’explique Koestler dans « Le zéro et l’infini. »  D’où l’absolue nécessité de conserver une presse libre ou les journalistes ne sont pas pour leur plus grand nombre, comme en Belgique des infra salariés, où un élégant clignement d’yeux d’un présentateur de TV ne remplacera jamais une analyse de fond d’un dossier !  En ce sens oui !  Une démocratie est en danger si sa presse se réduit à une peau de chagrin et que ses journalistes sont privés de l’élémentaire liberté offerte par un statut social respectable.

Le véritable scandale est celui qui n’éclate jamais !

Celui qui reste bien caché, que l’on occulte avec attention, là est le scandale !  N’êtes vous pas étonné du nombre de commissions parlementaires mises en place mais dont on sait peu de chose et… le citoyen lambda ne sait rien !  Ainsi la commission sur les attentats de Bruxelles et Zaventem !  Voilà pourtant une situation extraordinaire !  Mais où sont les articles de presse sur le suivi de cette commission qui est censée se poursuivre ?  Une seule commission parlementaire eut un grand retentissement, ce fut celle consacrée à l’horreur de l’affaire Julie et Mélissa.  Pourquoi ?  Parce qu’elle était filmée.  Aux USA, elles le sont toutes depuis les années cinquante.  Ici, on a crié au populisme, au poujadisme !  Pourquoi parce que les citoyens qui suivaient les débats jusqu’au milieu de la nuit découvraient en direct le fonctionnement des institutions, de la Justice, de la Police, de la gendarmerie dont ce sera d’ailleurs le chant du cygne… elle disparaîtra !  C’était scandaleux oui !  Et alors ! C’est grâce à cela qu’on peut amender nos institutions, les faire progresser vers plus de transparence, vers plus de respect pour les citoyens.  La démocratie n’en est pas une si elle ne respecte pas la célèbre formule anglaise des « Checks and balances », c’est-à-dire des pouvoirs et de leur contrôle !  Toutes nos commissions parlementaires devraient être filmées et diffusées, là est le prix d’une démocratie vivante où les élus n’ont pas peur de leurs électeurs !  Parce qu’en vérité c’est de cela qu’il s’agit quand certains hurlent, craignent le populisme !

Alors oui !  Je n’hésite pas à dire, vive les scandales, leur dénonciation est le seul marqueur de la démocratie !  Ne l’oublions jamais !  Ils ne sont pas le signe d’une quelconque déliquescence de nos institutions, bien au contraire, ils sont la preuve de leur vitalité et de leur force.  N’ayons pas peur des scandales !  N’ayons pas peur de ce qu’ils disent de nous !  Les hommes sont perfectibles, les institutions aussi !

En Hongrie, l’Extrême-Droite veut des listes de Juifs !!!

Faut-il dire que c’est avec une certaine stupeur que j’ai lu les déclarations d’un membre de l’Extrême-Droite hongroise réclamant qu’en Hongrie, on établisse une liste des Juifs !!!

J’ai déjà évoqué le fait, il y a quelques jours, que le scénario à la hongroise, c’est-à-dire la présence de l’Extrême-Droite dans le Gouvernement, à mes yeux, se profile pour la France de demain tant l’Extrême-Droite a un boulevard devant elle.

Revenons néanmoins en Hongrie. 

N’est-il pas temps de rappeler qu’après avoir eu une attitude particulièrement molle à l’égard de l’antisémitisme, l’Amiral Horty, dirigeant la Hongrie entre 1940 et 1944, s’est vu, sur la fin de la guerre, contraint par les Allemands et l’Extrême-Droite hongroise (Les Croix fléchées), de s’inscrire dans la « Solution finale ».

Ainsi, en quelques jours, 450.000 Juifs Hongrois ont été raflés, conduits à Auschwitz, et parqués dans une sorte d’enclos.  Après quelque temps, ils ont été, en une quinzaine de jours, assassinés !!!

Pour bien comprendre ce que fut cette époque en Hongrie, je vous invite à lire le livre du Prix Nobel de Littérature Imre Kertész « Etre sans destin ».  Tout y est décrit.  La façon dont la gendarmerie hongroise a raflé les Juifs, comme d’ailleurs la Police française, sans l’aide d’aucun soldat allemand, a raflé les Juifs en France les 16 et 17 juillet 1943, lors d’une opération poétiquement appelée « Vent printanier « .

Nous sommes ici dans l’ignominie la plus pure.

Qu’on ose donc, en 2013, dans une Hongrie qui se veut démocratique, réclamer une liste des Juifs est absolument effarant.

Mais n’est-il pas vrai aussi qu’on assiste à la libération de la parole raciste ?

Il y a maintenant près de trente ans, Mitterrand avait pris dans son Gouvernement le maire d’une petite commune bretonne qui était originaire d’Afrique centrale.  Il était donc… Noir !!!

Quand on voit aujourd’hui la vague raciste qui accueille la présence d’une ministre congolaise dans le Gouvernement italien, ou qu’on voit la Ministre Christiane Taubira, en France, ouvertement insultée, à qui on présente des bananes, et qu’on voit un curé d’une Eglise de Paris (dissidente de l’Eglise catholique romaine) mener une manifestation avec pour slogan : « Y a bon Banania, Ya pas bon Taubira », c’est absolument épouvantable.

Il est étonnant de faire le parallèle entre la façon dont le politiquement correct s’applique aux publicités qui pourraient choquer certaines féministes, qui s’appellent elles-mêmes « Chiennes de garde », et la façon dont la parole antisémite et raciste explose partout sans qu’il n’y ait trop de réactions.

Je suis véritablement stupéfié que les Organismes de la Gauche bien-pensante, si prompts à déposer plainte contre Manuel Vals quant à sa déclaration contre les Roms, ne déposent pas plainte contre ce curé.

Y aurait-il des indignations à sens unique ?

Qu’on se rappelle que la parole précède les actes.

Y aura-t-il, demain, une liste des Juifs à Budapest ?

Comme l’humour est souvent la dernière défense de celui qui n’en a plus aucune, je terminerai en rappelant cette excellente blague juive «  Un gars dit à un autre « Tu sais, j’ai appris que, demain, on emprisonnerait tous les Juifs et tous les coiffeurs ». L’autre « Mais pourquoi les coiffeurs ? ».

Tout est dit !

merry_hermanus@yahoo.com

6 MAI 2012 : UN WEEK-END HISTORIQUE !

Victoire de François Hollande, ce 6 mai 2012

Victoire de François Hollande, ce 6 mai 2012

–        10 MAI 1981 –

19 heures 50

Face à mon récepteur TV, je trépigne.

A l’écran, Elkabbach dont les attaches à droite sont connues de tous.

J’ai suivi la campagne de Mitterrand avec passion : L’espoir, le souffle puissant de l’Histoire, les références au grand combat de gauche, tout y était !

20 heures

Après un décompte, une calvitie apparaît : Giscard ? Mitterrand ?

Le doute encore permis pendant une fraction de seconde.

20 heures 01

D’une voix sépulcrale, Elkabbach annonce «  François Mitterrand est élu Président de la République » !!!

Je hurle de joie !  Je saute sur mon fauteuil !  On a gagné !

On avait perdu en 1965, on avait perdu en 1974 à 300.000 voix près.

J’hésite, vais-je me rendre en catastrophe à Paris ? Finalement, non.  Je suis les débats et m’amuse des mines atterrées des leaders de la droite.

–        5 MAI 2012-

Je ne vais pas rater ça !!!

Arrivée à Paris à 12 heures 30.

19 heures 45

Cinéma avec « Margin Call ». Magnifique film sur l’argent fou de Wall Street.

–        DIMANCHE 6 MAI 2012 –

13 heures

A pied du Quartier latin où je loge vers le bistrot de la rue Surcouf dans le 7ème Arrondissement  où j’ai mes habitudes.

13 heures 20

Je passe devant le bureau de votes de l’école des Sciences politiques.  Une dame cherche l’endroit. Handicapée, elle se déplace mal.  Elle est essoufflée et elle demande son chemin.  Je la guide jusqu’au bureau de votes.

Pour qui va-t-elle voter ?  Ai-je aidé la droite ?  Ai-je aidé la gauche ?

Dans Paris, une curieuse atmosphère règne… lourde d’attentes, lourde d’espoirs.

13 heures 45

« Petit Tonneau », bistrot minuscule que je fréquente depuis trente ans.  Le patron dit qu’il va voter vers  17 heures.  Je n’ose lui demander pour qui !

15 heures 40

Retour à pied à l’hôtel.  Seule information, les chiffres de participation.

18 heures

Je n’y tiens plus. Mireille et moi, on fonce rue de Solferino.  Une demi-heure de marche.  Au fur et  à mesure de l’approche, la foule se fait plus dense.

Des  parents avec enfants.

Des drapeaux.

Des roses.

Des pancartes.

Une masse de jeunes.  L’âge moyen ne doit pas dépasser 22, 23 ans.  Tous ont l’air joyeux, confiant.

18 heures 20

La RTBF et le « Soir » donnent Hollande gagnant !!!

18 heures 40

Coin du Boulevard Saint-Germain, rue de Solferino.  Impossible d’aller plus loin !

On est au coude à coude, encaqués, serrés.

Impossible d’apercevoir l’écran géant.

La foule hurle « Sarkozy, c’est la fin ! Hollande, Président ! » !!!

Immense majorité de très jeunes gens.  Certains sont montés sur les panneaux de signalisation, sur les réverbères, sur les feux rouges.

18 heures 45

Mouvement de foule

Les tables et les chaises du café du coin sont brisées.  On ne comprend pas ce qui se passe.

La foule nous presse.

Une femme, la petite cinquantaine, derrière moi me dit « J’ai passé l’après-midi à l’église.  J’ai prié pour Hollande.  Je suis de Nancy et je ne voulais pas rater cela » !!!

Elle sourit, mais je la sens encore inquiète malgré les informations que je lui donne de la RTBF et du « Soir ».

18 heures 5O

La foule bouge par larges paquets comme une mer qui s’agite.

Des gens hurlent.

Un jeune Beur me demande l’heure. Je lui réponds « 19 h 50 à ma Rolex » !!! Tout le monde se marre.

19 heures 55

Frémissements !

Audrey Pulvar est au balcon d’un immeuble. Elle salue la foule.  Une future deuxième première Dame ? … Seule fausse note.

19 heures 59

Tout le monde hurle !

9,..8,..7,..6 ,..5,..4,..3,..2……,1 !!!!!!!!

20 heures

Cri immense !!!

Rugissements de bonheur !!!

Des gens fous de joie !!!

Ceux qui sont accrochés aux lampadaires et ont grimpé sur les feux rouges hurlent, drapés dans les trois couleurs, ouvrant des bouches comme je n’en ai jamais vues !!!

20 heures 20

Un gigantesque flot humain reflue en masse vers le Boulevard Saint-Germain.

20 heures 30

Mireille et moi sommes emportés. Devant l’immeuble de la Communauté française, un camion de la RTBF.

On embrasse Karine Lalieux et Jean-Paul Baras.

20 heures 50

Un petit septuagénaire, cheveux blancs à la Groucho Marx, m’apostrophe « S’il faut attendre 24 ans pour une victoire de la gauche, où serais-je dans 24 ans ? ».

Je rétorque que je pense exactement la même chose que lui.

Et le pire, c’est que c’est vrai !

Je radiographie cette foule : des jeunes, partout des jeunes, de 18 à 25 ans.

Tous joyeux. Sans hargne. Sans agressivité.

Une joie bon enfant où domine l’espoir.

J’embrasse un militant socialiste tout de rouge vêtu.  La casquette et le gilet ornés de petits cœurs rouges clignotants.

Aujourd’hui, tout le monde s’aime !

21 heures 15

La foule nous transporte sur le pont de la Concorde.

Des voitures passent à gauche, klaxonnent.  Des passagers se penchent au dehors, les bras levés, les doigts marquant le « V » de la victoire.

C’est la revanche des humiliés.

Rue de Rivoli, nous occupons pratiquement toute la rue.

Des voitures de pompiers et des voitures de police klaxonnent, et tous hurlent leur joie avec nous.

Je songe à l’atmosphère de la Libération !  A ce qu’ont dû être les journées des 25 et 26 mai 1944 !!!  

Décidément, toujours en mai !

Le nombre de jeunes filles m’étonne.  Elles me paraissent être la majorité.  Elles crient, agitent des drapeaux, des roses.

21 heures 20

A la hauteur de l’Hôtel de Ville, un écran géant.  Juppé et sa tête de croquemort, plus amidonné que jamais.

On longe le Quartier des Marais.

Des groupes font irruption, venant des rues perpendiculaires.

De vibrantes Marseillaises éclatent.  La Marseillaise chantée par la foule dans un tel moment, ça me touche !

C’est le réveil du peuple de gauche.

Mireille et moi apercevons le Génie de la Bastille.

La Colonne est envahie de grappes humaines.

C’est une nouvelle prise de la Bastille !!!

21 heures 40

A 500 mètres de la Colonne, impossible d’avancer !

Partout, des chants, des cris.

J’entends parler du Bonheur et de la dignité retrouvée.

Je dis à Mireille « C’est fou comme tout le monde à l’air content ».  Un type plus âgé m’apostrophe : « On a des raisons de l’être » !!!

On entend la voix de Hollande. Retransmission du discours de Tulle.  Un homme simple et digne.

Une passante m’accoste « Vous êtes Belges ? »  « Oui » !!! « Moi aussi ! »

Elle me sert vigoureusement la main et disparaît dans la foule.

Une multitude de petits commerçants se sont installés : Vente de boudin, de vin, de champagne.  Ils n’ont pas perdu le Nord  !!!

22 heures 30

On renonce !  On rentre au Quartier latin à pied.

22 heures 40

Sur l’Ile Saint-Louis, deux Américains me demandent où est la Bastille !!!

Quoi ???

Eux aussi ???

Une clocharde, centenaire, surchargée d’une multitude de loques, affalée à la vitrine d’un épicier, boit au goulot une… bouteille de champagne « Veuve Clicquot » !!!

Nom de Dieu !!! Hollande élu, et déjà les pauvres sont riches !!!

23 heures 15

Quartier latin, l’Hôtel de  Ville, la télé, les débats.

Pour la droite,  comme toujours bien entendu, notre victoire est « immorale » (Guaino). Décidément, ce type est complètement fêlé.

– LUNDI 7 MAI 2012 –

01 heure 50

On éteint la télévision.

Je plonge dans l’histoire de Marco Polo.

Demain, retour à Bruxelles.

J’éteins la lumière, heureux d’avoir vécu  cette journée et d’avoir échappé quelques heures à l’atmosphère méphitique et médiocre qu’impose Doyen-Pinocchio aux habitants de notre commune.

04 heures

Une aube nouvelle se lève sur Paris, sur la France et sur l’Europe.

Ces milliers de jeunes que nous avons croisés sont sans nul doute les ferments d’une Europe du Bonheur des peuples dans la solidarité retrouvée.

Ah !  L’espoir est à nouveau là !

L’espoir, un sentiment neuf en Europe.

merry_hermanus@yahoo.com

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Les Démocrates Chrétiens basculent partout à droite !

Prenant connaissance, hier, de l’interview dans le « Soir » du Président du PS de Schaerbeek, je me suis rendu compte, que ce soit à Jette, à Schaerbeekà Berchem-Ste-Agathe ou à Ganshoren, que partout, les Démocrates Chrétiens ont fait le choix du basculement à droite.

C’est fou ce qu’ils aiment les socialistes… mais dans l’opposition !

A Schaerbeek, le conglomérat antisocialiste va jusqu’à parler de « cordon sanitaire » !

Le Président du PS de Schaerbeek déclare, à propos du CDH « …Après avoir critiqué depuis dix-huit ans tout ce que fait la Majorité, le CDH est là pour les postes éventuels. Il n’a pas l’once d’un programme. Je n’ai pas d’autre explication ».

A Jette, on le sait, Doyen-Pinocchio n’a pas hésité à constituer, avant les élections, une coalition de sept formations politiques pour tenter de mettre le PS dans l’opposition, c’est-à-dire une coalition préélectorale de tous les partis sauf le Vlaams Blok avec qui, cependant, Doyen n’a pas hésité à flirter « à l’insu de son plein gré » en s’inscrivant sur un site animé par une suppléante Vlaams Blok du Conseil communal de Jette.

A Ganshoren, c’est notamment le CDH qui quitte la coalition de la Bourgmestre socialiste.

A Schaerbeek, alors qu’en 2006, un accord avait été signé avec Laurette Onkelinx et le représentant du CDH, celui-ci, cette fois, mange sa parole et signe avec Ecolo, le FDF, et quelques résidus du MR.

Il est vrai que François Mitterrand écrivait, il y a déjà longtemps, qu’avec la Démocratie chrétienne, on avait la droite… et l’hypocrisie en plus !

Pourtant, ils nous ont aimés les Démocrates Chrétiens, nous, socialistes, quand on pouvait évidemment leur servir de marchepieds pour accéder à l’une ou l’autre fonction, que ce soit à Schaerbeek ou ailleurs.

Ou bien ils nous adorent si nous sommes prêts à nous contenter de jouer le rôle de supplétif politique, c’est-à-dire de Harkis, leur permettant, comme à Jette, de gérer comme s’ils avaient une majorité absolue CDH, alors qu’ils en sont extrêmement loin et qu’il leur faut rassembler pas moins de sept formations politiques pour tenter de mettre le PS dans l’opposition.

Il est amusant de se rappeler qu’au début des années 2000, ces bons Démocrates Chrétiens étaient prêts à passer au PS et qu’Hervé Doyen-Pinocchio fut même reçu deux fois par Philippe Moureaux tant il voulait rejoindre nos rangs.

Finalement, on n’a pas voulu de lui !!! Et on a drôlement bien fait !

En réalité, le dernier quarteron des Démocrates Chrétiens de Bruxelles ne sont-ils pas les ultimes bourgeons vénéneux de l’arbre mort de la Démocratie chrétienne ?

merry_hermanus@yahoo.com

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