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Un après-midi ordinaire en Wallonie. La langue, un bien inappréciable !

Le superbe Musée de la Photographie de Charleroi organisant une exposition sur les photos de la Commune de Paris, j’ai souhaité y aller en compagnie de l’aînée de mes petites-filles, passionnée de photographie.

Arrivé à Charleroi vers 13 heures, je m’arrêtai dans un petit bistrot italien des plus sympathiques et des plus populaires.

Au moment où je m’installais, j’y rencontrais un visage connu. Première bonne surprise.

J’observais les autres tables et je percevais une extraordinaire sympathie.  Les autres convives étaient détendus et souriants. C’était, pour la plupart, des ouvriers prenant rapidement leur repas de midi.

Mais ce qui m’impressionnait le plus, c’est combien je me sentais proche de ces gens.

Arrivé au Musée de la Photographie, parmi les autres visiteurs, je rencontrais, là également, un autre visage connu, un ancien fonctionnaire de la Communauté française.  J’entamais alors la conversation avec lui et la  caissière.

Ce qui était marquant, c’est à quel point je percevais une sorte de bien-être à me trouver au sein de cette Wallonie dont, à Bruxelles, nous sommes à la fois si proches et si éloignés.

J’ai toujours eu ce sentiment, même lorsque, devant me rendre à Liège pour des auditions judiciaires (et ce n’était pas forcément des moments agréables), j’étais ému de constater le sourire des gens et la sympathie qui émanait  de leur regard.

Oui, pour moi, il ne fait pas de doute qu’il y a, en Wallonie, une atmosphère de convivialité qu’on ne met pas suffisamment en évidence.

Je me pose souvent aujourd’hui la question de savoir quelle peut être, pour un Bruxellois francophone, la notion de Patrie.

Je parcours chaque jour trois journaux belges, je lis aussi attentivement la presse française, et je ne rate que très rarement le journal télévisé de France2.  La politique française m’a toujours passionné.

Quelle est donc la patrie d’un Belge ?  C’est là une question beaucoup plus importante que l’on ne pense.  Il ne suffit pas d’être citoyen européen.

J’en déduis que ma vraie patrie, la seule qui compte et qui se trouve dans mes tripes, c’est ma langue !  Cette magnifique langue française qui structure, en bien ou en mal, chacun jugera, ma pensée et l’expression souvent très maladroite de celle-ci.

Comment ne pas percevoir que cette langue est en danger à Bruxelles, mais aussi dans le monde, face à la colonisation économique et linguistique de l’américain.

Il peut paraître ridicule de se trouver des racines dans Montaigne, Voltaire ou Hugo.  Et pourtant ! N’est-ce pas là notre seule et vraie patrie ? Celle de l’humanisme, des lumières et du combat pour la justice, la démocratie et l’égalité sociale !

La langue, formidable lien entre les Wallons et l’immense majorité des Bruxelloise qu’est le français, n’est pas suffisamment mise en avant.

C’est pourquoi je crois que la Fédération Wallonie/Bruxelles, récemment mise sur pied, ne doit pas seulement être un changement d’appellation, mais doit aller beaucoup plus loin pour resserrer ce lien fondamental qui plonge ses racines dans notre langue maternelle.

Y a-t-il de plus beau nom, d’expression plus profonde, plus chargée de sens et d’émotion que la langue maternelle ?

merry_hermanus@yahoo.com


Corne d’abondance et Misère absolue !

Oyez Oyez Braves Gens !
Battez Tambours, Sonnez Trompettes, Résonnez Musettes !

La bonne nouvelle est confirmée : Le vendredi 17 décembre à 19 heures, le Bourgmestre Doyen déclenchera un canon géant pour inonder les « milliers » d’enfants réunis sur la Place du Miroir de massepains, guimauves et peluches.

C’est la politique des strass et des paillettes qui vise à camoufler l’indigence absolue de la politique sociale.

D’un côté, on gaspille des dizaines de milliers d’euros en fêtes diverses et variées, de l’autre, on réduit au minimum les moyens d’action du CPAS, et on refuse toute politique sociale.

C’est la politique des « Jeux », mais sans pain !

En attendant, une cinquantaine de « sans papiers » crèvent de misère à cinq cents mètres de la Place du Miroir.

Hervé Doyen nous a écrit pour dire qu’il était allé sur place, qu’il y avait été trois ou quatre fois, et que, jeudi de la semaine dernière, il y était encore.

Curieux !!! Car après mon appel au secours, de nombreux Jettois se sont mobilisés et, depuis vendredi, ne cessent d’aller sur place pour apporter nourriture, vivres, moyens de chauffage et d’éclairage, etc.

Les réfugiés installés dans ce trou à rat ont bien affirmé avoir vu le Bourgmestre, mais une seule fois !!!

Il leur aurait déclaré que la photographie était son hobby et leur a demandé à pouvoir les photographier !!!

Ces gens étaient horrifiés par une telle désinvolture et un tel mépris.

Certains nous ont affirmés s’être sentis comme des animaux dans un zoo !!!

Certains d’entre nous n’ont pas hésité à dire que c’était le comble de l’ignominie.

C’était un « safari photos » au milieu de la plus extrême misère.

D’autres ont déclaré qu’Hervé Doyen se préparait pour sa future participation au parcours d’artiste où il pourrait présenter des photos tellement pittoresques de personnes sur des grabats dont nous savons aujourd’hui qu’elles souffrent de morsures de rats !

Oui, à Jette, en 2010, une telle chose est possible.

J’ai eu la joie, cette semaine, de croiser Hervé Doyen dans les locaux communaux. Curieuse, cette façon de regarder toujours ses chaussures lorsqu’il me rencontre.

Je suppose que cela doit être une habitude prise dans les milieux scolaires qu’il a fréquentés et où on ne regarde pas les gens droit dans les yeux !

Deux pensées me sont venues lors de cette rencontre.

La première, j’ai trouvé à Hervé Doyen un air de maître-nageur vexé. Mais de quoi a-t-il honte, lui, le photographe des plus misérables ?

Ensuite, j’ai pensé à cette comparaison que faisait Victor Hugo entre Napoléon Ier et Napoléon III. Bien entendu, cette comparaison est outrancière, mais je trouve que la phrase qu’il prononce est très opportune si on compare Jean-Louis Thys à Hervé Doyen. En effet, il dit « Le champignon vénéneux pousse au pied du Chêne, mais il ne sera JAMAIS le Chêne » !!! Vous aurez bien sûr compris qui était le Chêne et qui est le champignon vénéneux.

L’image me semble parfaitement coller à la réalité jettoise d’aujourd’hui.

merry_hermanus@yahoo.com
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