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Profession Socialiste ou … des conséquences de l’Esprit de Parti.

« La politique, c’est l’art de neutraliser les passions et de les transformer en intérêts. »  Albert Hirschman

Il y a quelques mois j’ai visionné un documentaire sur la disparition annoncée du PS français, le titre « Profession socialiste » annonçait la thèse de ce film, à savoir que le PS français générait en son sein des vocations de politiques, fonctionnaires du parti, collaborateurs parlementaires de toutes sortes mais en fait des femmes et des hommes coupés des réalités de terrain, des spécialistes de l’appareil n’ayant aucune connaissance de la réalité vécue par les citoyens.

En Belgique, la situation n’est pas totalement comparable, mais sur certains points, elle recoupe parfaitement ce «  mal français ».  Ainsi, il y a deux ans, un attaché de cabinet réagissait à l’un de mes blogs où je fustigeais la mise en place systématique à Bruxelles de dynasties politiques.  Je pris quelques renseignements sur ce  jeune homme, je m’aperçus qu’après quelques tentatives universitaires avortées, il avait travaillé au groupe parlementaire du PS à la chambre puis était passé dans différents cabinets ministériels… oui !
Dans son cas, « socialiste » était bien sa profession… et ce cas est loin d’être isolé !

Voir les hommes tomber !

« Tout commence en mystique et tout finit en politique. »
Charles Péguy

J’ai une chance énorme, il n’y a jamais eu en moi la moindre haine, ni la moindre envie !  Cela tient sans doute à mon éducation, à notre histoire familiale, aux valeurs transmises par mes merveilleux parents, nul ne peut mesurer les conséquences sur le long terme du bonheur d’une enfance heureuse… elle irradie toute une vie… et quelle vie !  Ce n’est pas pour rien que Georges Simenon a écrit « il ne connaît pas son bonheur celui qui n’a rien à reprocher à sa mère. »

J’en ai connu des malheureux envieux de tout, haïssant tout ce qui ne leur ressemblait pas… un classique dans le monde politique ou dans celui des hauts fonctionnaires avides de promotions… de voitures et de chauffeurs, Nirvana absolu !  C’est aussi pourquoi je ne me réjouis jamais de voir quelqu’un affronter le malheur, glisser sur le toboggan du déshonneur, se débattre dans d’inextricables difficultés judiciaires, que celui-ci me soit proche ou éloigné, qu’il soit politiquement en accord avec moi ou que ce soit un adversaire.  Le malheur des autres m’attriste.  Contrairement à la splendide formule de Jules Renard pour qui il ne suffisait pas d’être heureux… encore fallait-il que les autres fussent malheureux !

Dans le cas d’Yvan Mayeur, cette peine est d’autant plus douloureuse que je connais l’homme depuis fort longtemps !  Mais les malheurs de Mme Milquet ou de Mr De Decker ne me réjouissent pas plus !  La justice, si tant est qu’elle existe, passera, fera le tri !  Le plus utile à mon petit niveau est d’essayer de comprendre… oui, toujours essayer de comprendre !  D’analyser comment le PS en est arrivé à ce point… les systèmes expliquent les hommes et non le contraire !

La fin de la Sociale démocratie… la fin d’un système.

« Ni réalisme pur ni moralisme absolu. »
Raymond Aron

Le péché originel du socialisme démocratique est le décalage permanent entre les actes et le discours.  Oui !  Il faut l’avouer nous vivons sur un mensonge permanent… On explique qu’on va renverser la table mais depuis près d’un siècle, on ne fait que changer les couverts de place, varier les convives, modifier les parts de chacun, améliorer les plats, la teneur en graisse ou en sucre… mais renverser la table !  Jamais !

Seuls les socialistes allemands ont rejeté dès 1959 au congrès de Bad Godesberg les oripeaux élimés, sanglants du marxisme « scientifique » qui régnait à la frontière de l’Est, se libérant ainsi d’une phraséologie qui aujourd’hui encore empoisonne les partis socialistes de l’Europe du Sud.

En 1920, la minorité de la SFIO refusait, au congrès de Tours, de rejoindre la IIIème internationale, de se soumettre aux vingt et une conditions fixées par Lénine pour adhérer à  l’internationale communiste; il y en avait une vingt deuxième, secrète, qui visait l’appartenance à la franc-maçonnerie, que le leader bolchevik considérait comme incompatible avec le communisme tel qu’il le concevait !  Un communiste bulgare, Dimitrov qui fut le premier patron du Komintern, considérait alors que les socialistes étaient des bossus qui ne se redresseraient jamais !

Aujourd’hui, ce décalage entre les faits, les actes et le discours est devenu insupportable tant il confine à l’hypocrisie pure et simple.   J’ai toujours éprouvé une sorte de honte, un malaise quasi physique lorsqu’à la fin des congrès du PS on chantait l’internationale, certains le poing levé… véritable imposture dans la mesure où le chœur était composé de gens pour qui le terme même de révolution était une incongruité… pour ne pas évoquer la pratique !

Pendant quelques années, j’avais à mes côtés dans les congrès un jeune carriériste qui lorsqu’il ânonnait l’internationale se balançait curieusement d’avant en arrière, dans un rythme proche de l’hospitalisme, je me suis souvent demandé si ce n’était pas là l’expression d’une incontrôlable manifestation schizophrénique.  Ce devait être le cas, car quelques années plus tard, ce valeureux chanteur, ce socialiste pur et dur tentait de mettre au point dans l’ombre propice d’une compagnie d’assurance la pension par capitalisation qu’il essayât de faire adopter au moment où le PS privatisait la CGER !

Pour moi l’internationale est et restera le chant des vaincus de la Commune…
qui ne le connaissaient pas !  Avec Charles Péguy, je pense que « le socialisme est d’abord une affaire de vaincus. » Qu’il est et reste une volonté « d’affranchir la conscience en la libérant des servitudes économiques » comme l’explique Riquier.  Mais voir certains, ou certaines, chanter la bouche en cœur, le poing levé, l’Internationale est une parfaite infamie longtemps cachée qui aujourd’hui apparaît en plein jour… comme une saloperie de secret de famille enfin dévoilée par un notaire gêné aux yeux d’héritiers ébahis.
Voilà l’une des choses qu’on ne nous pardonnera plus !

La pieuvre communautaire.

« Les faits ont l’inconvénient d’être. »
Georges Clémenceau

A ce péché originel d’autres s’y sont ajoutés.  Ainsi, on a vu au cours de ces trente dernières années le PS, fer de lance de la laïcité, de l’école publique, se soumettre petit à petit à des exigences religieuses étouffantes, anxiogènes, destructrices de nos valeurs, envahissant tout au nom d’un communautarisme qui de fait n’est qu’un retour vers l’obscurantisme.  Pendant plus d’un siècle les socialistes ont accusé les partis se réclamant du christianisme d’aller chercher des voix dans les églises, de demander aux curés d’indiquer à leurs ouailles comment « bien voter. »

Et aujourd’hui, nombre d’élus socialistes vont dans les mosquées quémander la bonne parole d’un iman arabophone, totalement étranger à notre culture, à nos valeurs… et dans certains cas, malheureusement, bien décidé à les combattre…
à les détruire !  Cette honte absolue se pratique sans la moindre vergogne pour les plus méprisables raisons électorales… des voix… des voix à tout prix… pour quoi ?  Pour qui… mais pour faire élire ma fille, mon fils, sa copine, mon beau-fils ou ma belle-fille… c’est à pleurer… ou à hurler de rage.

Pour les mêmes raisons le PS accepte dans ses rangs des gens qui se revendiquent publiquement d’une identité de pensée avec le Hamas, que la charte de cette organisation précise que son but est de détruire Israël, que cette organisation soit classée par l’ONU sur la liste des organisations terroristes…
peu importe !  Il ne faut pas faire éternuer Molenbeek… Bruxelles toute entière pourrait s’enrhumer et… le PS être réduit à son électorat de base… drame absolu car cet électorat a disparu, envolé cet électorat-là était attaché aux valeurs fondatrices du PS !

On accepte dans nos rangs des gens dont on ne sait plus si ils sont des élus représentant des électeurs belges ou s’ils ne sont pas les représentants d’une inquiétante puissance étrangère… pas de problème, ces gens font des voix…
ils ont donc leur place… ils sont élus… ils exercent des mandats…

Question : Au profit de qui ?  Comment les dirigeants du PS bruxellois n’ont-ils pas encore compris ce que chacun sait, ce que chacun voit parfaitement !
Cela non plus on ne nous le pardonnera plus !   Et on aura raison !

La systématisation de la parthénogénèse.

 « Corée du Nord ou Bruxelles… une dynastie reste une dynastie. »

Je viens d’évoquer les filles et fils de… Cela a existé de tout temps, qu’on se souvienne des Janson… Spaak… Nothomb… Dehousse et tant d’autres.  Lors des dernières élections ce fut la ruée des familles sur les listes électorales… on aurait dit une affluence de clients en période de solde.  La presse identifia huit filles de… ou fils de… mais en fait ils n’étaient pas moins de dix car il fallait y ajouter les petits copains ou copines, les enfants du premier lit portant un autre nom etc… l’épouvante !  Certains n’ayant même pas terminé leur cursus universitaire se voyaient en charge de mandat considérable. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nous ne sommes pas loin à Bruxelles de Pyongyang… en tout cas les règles de succession sont les mêmes !

Je fus effaré d’entendre Moureaux me dire que seule sa fille Catherine serait susceptible de lui succéder !  Hallucinant !  Lors des dernières élections ces fils, filles, beaux-fils ou belles-filles furent élus grâce au socle électoral maghrébin qu’un chercheur de la KUL qualifie durement de bétail électoral.
Cette expression me choque mais l’image a le mérite de la clarté.
Conséquence… exode… disparition des militants… exit le débat démocratique.  Les listes électorales étant composées par un comité des « sages »… à qui il suffira de dire « merci papa »… « merci belle-maman » un sympathique dîner de famille suffira à composer la liste des élus !

Les sections du parti socialiste.

« Le corps est dans le monde social mais le social est dans le corps. »
Pierre Bourdieu

Ce ne sont plus que les faibles lumières d’étoiles mortes.  Depuis longtemps, celles-ci ont cessé d’être des pépinières de militants.  Alors qu’André Cools au congrès de 1978 voulait que les sections fussent ouvertes à tous… aujourd’hui elles sont fermées, squelettiques, à l’une ou l’autre exception, elles ont cessé de fonctionner… elles ont cessé d’exister en tant que telle, en tant que pépinière de militants, en tant centre de débats démocratiques. !

En tout cas partout les… ex-socialistes sont plus nombreux, de loin plus nombreux que ceux que l’on déclare encore affiliés… sur papier… et qui depuis longtemps ne le sont plus, immense cohorte de ceux qui ont voté avec leurs pieds. Dans une commune de cinquante mille habitants… 12 électeurs « socialistes » votent pour un président qui est élu grâce à huit voix !
Et tout est à l’avenant !

Hyper institutionnalisation.

« L’intelligence est le seul outil qui permet à l’homme de mesurer l’étendue de son malheur. »
Pierre Desproges

A Bruxelles, impossible aux citoyens d’adhérer ou même de comprendre l’immense machine à gaz institutionnelle, création d’un artiste fou,
bric-à-brac digne de la maison du facteur Cheval !  Multiplicité des mandats…quatre-vingt-neuf députés pour un million cent mille habitants… en Wallonie septante-cinq pour trois million et en Flandre, toujours cent-vingt-quatre pour plus de six millions d’habitants.

Ajoutez à cela les communes, les CPAS, les Organismes Publics, les mille et un bidules… tous générateurs de mandats… donc de fric.  Là, est la vérité de ce que nous subissons ! Là est la source des scandales qui aujourd’hui font surface tels des Titanic que l’on croyait engloutis.

Comment s’étonner dans ces conditions que nous soyons dotés de ministre de carnavals tout juste aptes à faire de l’animation un jour d’inauguration de supermarché !  La région de Bruxelles me fait penser à Byzance en 1453, des dirigeants ridicules débattant du sexe des anges, huit mille défenseurs sur les créneaux face à des centaines de milliers de Turcs… à la différence qu’à Bruxelles les Turcs, pas tous antipathiques, sont déjà à l’intérieur !

Les scandales… l’absence de contrôle… le partage politique permanent.

« Je fais confiance mais je vérifie toujours. »
Ronald Reagan lors d’un entretien avec Gorbatchev
Voilà le décor où éclatent les scandales, cadre lui-même générateur de scandales… scandale institutionnel en soi !  Je l’ai déjà écrit, les scandales sont un signe de bonne santé de nos institutions… en dictature pas de scandale.
Pour ceux qui en doute, qu’ils demandent aux journalistes turcs s’il est possible d’évoquer dans la presse l’une ou l’autre turpitude des hommes au pouvoir !

A Bruxelles, j’ai plus que la conviction, j’ai la certitude que des situations telles que celle du Samusocial existent dans bien d’autres institutions… bien entendu l’opinion avec raison s’est émue d’autant plus qu’il s’agit dans le cas du Samusocial de l’argent destiné aux plus pauvres.  Mais j’affirme, je maintiens que tous ceux qui ont travaillé ou travaillent encore dans les institutions bruxelloises sont témoins de dérives du même type… ou pire.  Pourquoi ?  Parce qu’il n’y a plus de réel contrôle et que tout le monde dépend de tout le monde, chacun tient l’autre par la barbichette.  Un proverbe espagnol dit que quand un grand arbre tombe chacun se fait bûcheron… autrement dit chacun veut sa part de fagots.

L’opinion publique ignore cette mécanique mortifère qui à Bruxelles exige que si le patron d’une administration est francophone son adjoint sera flamand selon la sacro-sainte croix de Saint André mais attention… ce n’est qu’un début…
si ce patron est étiqueté socialiste, il sera flanqué pour chaque rôle linguistique d’un adjoint doté d’un autre dossard… vous voyez la cascade et bien sûr tous sont dotés de traitements considérables qu’aujourd’hui on semble découvrir.
Mais le pire est que cet adjoint linguistique ou « politique », toujours surpayé, n’a parfois qu’un rapport très éloigné avec la fonction qu’il devrait exercer…
et dans la mesure où s’agissant de créatures politiquement protégées… elles sont intouchables.

J’ai vécu le cas, dans un organisme public de première importance, d’un vice-président catalogué CVP qui était manifestement devenu fou, on pouvait, certains jours, le voir au coin d’une rue très fréquentée du haut de la ville, proche de son bureau, tenir seul des discours incohérents !  Son attitude dans le fonctionnement de l’institution était tout aussi « particulière »… que croyez-vous qu’il advint ?  Le président de l’institution tenta de s’en séparer mais halte-là mon gaillard… le CVP défend ses ouailles… le dingue parti mais avec une somme rondelette (à l’époque plus de dix millions de Francs belges)…et… il poursuivit ailleurs sa carrière de haut fonctionnaire.

Voilà un exemple, il y en a des dizaines et des dizaines… tous générés par le mille feuilles institutionnel bruxellois ainsi que par la volonté de chaque parti au pouvoir… au moins cinq mandats chaque fois… de nommer des gens car de fait… nommer voilà le vrai, l’unique pouvoir qui en vaut la peine. Mais ce sont là des scandales dont jamais on ne parlera, le contribuable casque voilà tout !

Les fantômes de cabinet.

« Les grandes catastrophes s’annoncent à petits pas. »
Éric Vuillard 

En 1973, j’étais conseiller au cabinet du premier ministre Leburton.
Un personnage qui fera par la suite une prestigieuse carrière politique y était aussi… en théorie car en pratique il était au siège du parti.
Quand se constituaient les cabinets, le PS comme tous les partis, exigeait que soit mis à sa disposition un quota de membres du cabinet qui en réalité œuvreraient pour le parti sans avoir le moindre rapport avec le ministre qui les avait nommés.

Certains ministres rechignaient, protestaient mais ils étaient rares… et surtout leur protestation portait sur le fait qu’on leur enlevait de précieux collaborateurs.  Gérard Deprez, dénoncé par un ancien ministre PSC, fut inculpé pour ce type de pratique.  Mais heureusement pour lui, il ne fut jamais jugé.
Ce qui semble être reproché par la justice à Mme Milquet s’apparente à ce type de procédé.  Lorsque Gérard Deprez fut inculpé, la peur s’installa dans certains cabinets socialistes, je me souviens qu’une ministre donna comme consigne aux fantômes de cabinet, à qui maintenant on avait réservé des bureaux… qu’ils n’occupaient pas… de laisser traîner une veste à un porte-manteau et d’abandonner… un trognon de pomme… un reste de sandwich sur le bureau…marrant non !

Lutgen considère que le PS est au pouvoir depuis trop longtemps !

 Un tel niveau d’hypocrisie…c’est de la franchise. »
Michel Audiard

De 1973 jusqu’en 1995,  j’ai participé dans les majorités ou l’opposition aux commissions chargées de négocier les nominations, tâche délicate, ingrate mais passionnante dans la mesure où elle permet de voir apparaître certaines vérités solidement cachées… J’en ai même vu qui étaient prêts à payer pour se vendre et au moins deux qui ont prostitué leur compagne pour approcher celui qui pourrait asseoir leur carrière… La vérité des hommes n’est pas toujours belle à voir !  Je suis donc particulièrement bien placé pour savoir avec quel brio, quel maestria, quelle science le PSC a « occupé l’Etat », a placé ses « pions » partout où il lui était permis de la faire.

Je fus fortement impressionné lorsque je vis mon homologue PSC, magistrat de son état, déployer un immense tableau où se dessinait la carrière de ceux que le PSC avait nommés et souhaitait promouvoir jusqu’au sommet… des hommes sûrs sans aucun doute ! Cette formation a depuis la libération progressivement perdu ses électeurs surtout après la conversion du parti libéral qui abandonnant ses options laïques s’ouvrit largement à de nouveaux électeurs attachés aux valeurs chrétiennes.

Le déclin du PSC fut lent mais constant, il devint donc le parasite du CVP, entrant dans les gouvernements dans les fourgons du tonitruant parti frère flamand.  Puis après la régionalisation, les choses devenant plus difficiles, le PS dominant en Wallonie, la tique PSC s’arracha d’un CVP affaibli, exsangue, sauta sur le PS, y planta ses crocs de sangsue, s’y accrocha contre vents et marées, tint bon même pendant les cinq cents jours de crise et ainsi pu se « nourrir » sur le PS.

Aujourd’hui, la multiplicité des scandales empêcherait le CDH de poursuivre sa collaboration avec le PS… curieux car des scandales il y en avait déjà eus beaucoup lorsque la crise des cinq cent jours démontra « l’inébranlable » fidélité du CDH à l’égard du PS, je songe notamment à la saga carolorégienne.  J’ai toujours été fasciné par le langage corporel, le jeu des yeux… fixes, fuyants… mobiles… les mouvements de la tête, des épaules (voyez Sarkozy) les mains, les gestes des bras, les poings serrés ou les mains molles que l’on devine poisseuses, les pieds animés de la danse de Saint Gui, les jambes croisées ou non… les corps nous parlent autant que les voix… et eux ne mentent pas !

Je fus donc particulièrement attentif à la gestuelle de Benoit Lutgen annonçant son coup de poker.  J’observai une étonnante immobilité des traits du visage, une fixité du regard, une rapidité du langage, la façon remarquable dont les mots s’égrenaient, le corps ne parlait pas, une autorité  surjouée, dénotait une sorte d’inquiétude, de crainte, l’ombre d’une peur embuait tout le discours, les mots s’additionnaient vifs, découpés un à un, alourdis par un ton plus sourd pour ceux qui devaient marquer l’auditeur. La pauvreté de l’argumentation était-elle liée à la misère chaotique d’un parcours universitaire par trop fragmenté ?  Croyait-il que ce qu’il affirmait était la vérité parce qu’il le pensait ?

Ce président de parti cultive manifestement une forme de ruralité de la pensée, bétonnant son discours d’une sorte de franchise paysanne bourrue, brut de décoffrage donc…supposé sincère, honnête,  ne se rendant pas compte qu’il confond ainsi le discours politique avec l’ouverture de la foire agricole de Libramont !  Ce machiavel bucolique n’est cependant pas pire que la triste multitude des stratèges suburbains peuplant le cheptel politique bruxellois.

L’esprit de parti ou qui a le vrai pouvoir ?

« Les échelles vermoulues ne mènent à aucun paradis. »
Arthur Koestler

Souvent lorsque je discutais avec des amis libéraux ceux-ci me précisaient combien ils enviaient la discipline régnant au PS,  se plaignant sans cesse de l’individualisme des mandataires libéraux et de l’impossibilité de faire régner l’ordre et la discipline.  Or, c’est précisément cette organisation pyramidale qui a tué le PS.  Qui détient le vrai pouvoir ?

Non !   Ce n’est pas Di Rupo, loin de là, il ne dispose de fait que d’un pouvoir tout relatif… celui de nommer les ministres.  C’était, j’insiste, c’était un vrai pouvoir, cela ne l’est plus. La régionalisation a changé la donne.  Il a toujours fallu calibrer, peser à la balance de pharmacien la représentation des fédérations au sein des gouvernements, gérer la lutte incessante de la fédération liégeoise contre les fédérations hennuyères, régler les conflits entre les fédérations du Hainaut, contenter les uns sans mécontenter les autres !
Spitaels était un orfèvre… jusqu’à se nommer lui-même à l’Elysette !

En conséquence, ce pouvoir considérable jusque dans les années septante de nommer les ministres s’est effrité, morcelé… Di Rupo me fait songer aujourd’hui à Gulliver se réveillant ligoté par d’innombrables fils noués par les revendicatifs lilliputiens des fédérations. Voilà les vrais patrons, les présidents de fédérations régnant sans partage sur un peuple d’attachés de cabinet et autres obligés…
là s’exerce la rigoureuse discipline de ceux qui comptent et des autres…

J’ai toujours été étonné de cette volonté de caporalisme dans le PS, c’est souvent un socialisme qui tient de la sacristie et de la caserne.  Je songe souvent à Edmond Picard, juriste, créateur des Pandectes, et qui fut sénateur socialiste.  Evoquer Picard est délicat car il fut aussi l’un des théoriciens de l’antisémitisme, raison pour laquelle l’avocat Graindorge brisa, avec raison, son buste au palais de Justice.  Néanmoins, il m’intéresse car il quitta le POB de façon à la fois originale et superbement intelligente.

Etant invité à faire une conférence à la maison du peuple de Bruxelles, il monta à la tribune et se mit à réciter la fable de La fontaine « Le loup et le chien ».
On connait le thème, le chien gras bien nourri méprise le loup hâve, côtes saillantes, pelage terne, couvert de cicatrices… quand, répondant au chien, le loup remarque une trace sur le cou du chien… et celui-ci est bien obligé d’avouer que c’est la trace du collier.  Ayant terminé la récitation de la fable, Edmond Picard, sans un mot de plus, descendit de la tribune, traversa la superbe salle Horta et quitta pour toujours le POB !

Voilà un exemple qui me paraît admirable.  J’ai quelques difficultés à exprimer, tant ce fut intense, l’immense sentiment de liberté je ressentis lorsque je décidai après une ultime dispute sur la laïcité avec Moureaux  de ne plus m’investir au sein de la fédération qui n’était plus qu’une chambre d’enregistrement des désirs du « Chef ».  J’éprouvai alors une extraordinaire impression de légèreté…
je quittai définitivement mes semelles de plombs, libéré du joug,  je m’enivrai du vent frais et revigorant de la liberté… j’avais quitté l’esprit de parti… j’allais pouvoir penser librement… agir de même… mieux vaut tard que jamais !

Y a-t-il une ou des alternatives à la sociale démocratie ?

« Cette moitié optimiste de l’humanité qu’on appelle la gauche parce qu’elle croit au progrès social. »   Arthur Koestler

La sociale démocratie ne s’effondre pas seulement en Belgique francophone mais dans toute l’Europe.   La cause fondamentale ne réside pas dans l’éclatement des scandales divers et multiples, la preuve en est le SPA flamand qui est devenu un tout petit parti dont les pudeurs de père la vertu me font rire !   On voit éclore ici et là différentes formations contestataires que ce soit Podemos en Espagne, les Insoumis en France ou encore Cinque Stelle en Italie.  Là où ces formations arrivent au pouvoir on constate de curieuses orientations, ainsi Cinque Stelle gèrant la ville de Rome, il n’a pas fallu six mois  pour qu’éclatent différents scandales et surtout l’incompétence des élus de ce parti, la gestion des villes de Madrid et Barcelone par des élues de Podémos semble aussi poser quelques solides problèmes.

Et en Belgique, s’ébroue le PTB, formation se référant au Maoïsme  (le fait-elle encore ?) qui se veut l’alternative de gauche à un PS KO debout.  Concernant le PTB, j’adore la formule diffusée par Michel Gheude sur les réseaux sociaux, « voter PTB c’est comme quitter le catholicisme pour rejoindre l’église de scientologie »… magnifique d’intelligence et de concision !

En France, il y a Mélenchon, là c’est du solide… des références culturelles, du bagout et du dégoût en pagaille.  Lui, il se prend pour Victor Hugo, Bolivar, Jaurès, le tout passé au mixer de Chavez, Castro et quelques autres.  Il croit faire revivre la Commune de Paris mais il ne fait que déverser des mots, des flots de mots, encore des mots prononcés avec une permanente mauvaise humeur d’atrabiliaire… pas de doute pour moi Mélenchon souffre du foie !  Mais qu’y a-t-il mises à part des formules de batteurs d’estrades, où sont les axes permettant de venir en aide réellement à cette France qui ploie sous le chômage ?

J’en veux  beaucoup à Mélenchon car il vend de l’illusion, il trompe des millions de gens qui sincèrement pensent pouvoir « changer la vie » alors qu’en fait, son action fera le jeu de la droite car à cause de lui, qui s’estime le seul dans la vérité, aucune union de la gauche ne sera possible… et sans cette union aucune chance d’arriver au pouvoir… sauf bien sûr si grâce à l’Union bolivarienne… !  Je rigole bien sûr ! Non ! Ce marchand de rêve ne conduira qu’au cauchemar, le joueur de flûte guidera sa horde d’électeurs sympathiques, confiants mais naïfs au désastre, à la désillusion ou… au vote Front National ! On peut citer Jaurès et comprendre que la mondialisation cela existe, on peut citer Victor Hugo et comprendre les interconnexions des sociétés du XXIème siècle, qu’on le veuille ou non, nous dépendons tous les uns des autres… et ce à l’échelle mondiale…l’effet papillon est maintenant permanent, total.

Alors quoi !  Le désespoir ?

« L’essence de la politique, c’est l’espoir. »  Arthur Koestler

Bien sûr que non !  L’histoire ne s’arrête jamais !  Et le désir de liberté et d’égalité ne disparaîtra jamais du cœur des hommes.  A notre tout petit niveau du PS belge, il est indispensable que le PS aille dans l’opposition et vite… c’est cette culture du pouvoir qui nous a plombés car elle est antinomique de ce qu’est un parti socialiste digne de ce nom.  Il convient d’en finir avec cette lente décomposition de l’Etat belge.  Je l’ai déjà écrit, la Belgique n’a jamais été une Nation mais elle fut un état… aujourd’hui elle ne l’est plus !  Quelle institution fonctionne encore normalement ?

On peut douter de tout quand publiquement sur l’antenne de la chaîne de télévision publique le Président de la Cour de Cassation affirme que l’Etat, l’Etat belge est un état voyou ! La Justice est au cœur de l’Etat de droit, elle est chargée d’en assurer jour après jour la légitimité… et son plus haut représentant estime que l’Etat est un Etat voyou.  Une telle déclaration aurait dû provoquer un séisme ou une révocation… quelques articles… quelques tribunes… puis on est passé à autre chose.  Non !

Il faut en finir et négocier une fois pour toute une ultime réforme de l’état.  Cette réforme devrait impliquer une solide simplification des institutions bruxelloises qui telles qu’elles sont ne génèrent que des mandats et de gigantesques dépenses publiques.  Les communes bruxelloises doivent être totalement repensées car aujourd’hui c’est en permanence l’absence de tout contrôle réel et la prime à la mauvaise gestion.  C’est dans ce contexte que le PS doit se reconstruire, se faire l’instrument d’un volontarisme institutionnel courageux, qu’il doit avoir l’audace de supprimer cette foule de mandats inutiles et surpayés… ce n’est qu’à ce prix qu’il a une petite… une toute petite chance de se régénérer.

Pour conclure, pour ne pas laisser le monopole des citations de Victor Hugo à Mélenchon,  je dirai, concernant le PS bruxellois, « l’homme est par terre mais l’idée est debout ! »

La démocratie est mal partie

François Mauriac écrivit dans son célèbre « bloc-notes » : « en politiques tout va toujours mal » ;  en le paraphrasant, je dirai qu’en démocratie tout va toujours mal… le problème c’est qu’on ne le comprend pas !  En fait, quoi de plus normal dans un système démocratique que de contester les politiques menées, les uns sont pour, les autres sont contre et ceux qui restent sont contre tout ce qui est pour !  A mes yeux, rien de plus sain, rien de plus normal que ces contestations même si souvent la mauvaise foi est l’ingrédient majeur de l’étrange mayonnaise politique.

Mais sait-on de quoi on parle quand on évoque la démocratie ?  Je ne ferai pas injure aux lecteurs en rappelant la formule de ce bon vieux Winston, bien plus représentative de la démocratie est sa glorieuse défaite aux élections de 1945 où il est, lui le dernier des lions, remplacé par Clément Attlee, dont le féroce Churchill disait « une voiture vide s’arrête devant le 10 Downing street, Attlee en descend. »  Plus de deux millénaires plus tôt Périclès affirmait lui aussi qu’Athènes était une démocratie, il n’oubliait « que » les femmes consignées dans le gynécée dont elles ne sortiront qu’en 1948, et les esclaves qui n’étaient que des « choses qui parlent.  Il y a donc un monde entre la démocratie formelle et la démocratie réelle telle qu’elle existe aujourd’hui.  La démocratie en tant que système politique ne peut se réduire aux droits électoraux et au fonctionnement du parlementarisme.  Il s’agit d’un ensemble beaucoup plus vaste, de pouvoirs et surtout de contre pouvoirs, d’acteurs sociaux, de groupes d’opinions, ces éléments étant liés par des valeurs communes, là est l’essentiel.

Après la deuxième guerre mondiale, c’est ce système qui a été mis en place en Europe occidentale, constituant enfin une démocratie, certes imparfaite, mais permettant aux citoyens de disposer de droits et de protections jamais obtenues jusqu’alors.  Liberté politique, liberté religieuse, liberté d’entreprendre, protection sociale étendue, accès à l’enseignement pour tous… la liste est longue !  Or, depuis une trentaine d’années ce système est en grand danger.
Nos démocraties sont prises en étau, elles sont phagocytées par la mondialisation, la désindustrialisation, la financiarisation de l’économie, le chômage de masse d’une part et d’autre part remises en cause par ceux, qui ayant abandonné l’espoir d’un quelconque messianisme politique,  exige le retour à une religion moyenâgeuse.  Je pense avec l’historienne Mona Ozouf que notre civilisation a perdu deux notions constitutives de ses valeurs, deux axes sans lesquelles notre système ne peut subsister, à savoir l’Avenir et le Progrès.  Il est vrai qu’après Auschwitz, il fut difficile d’envisager ces concepts essentiels comme le faisaient naïvement les positivistes du XIXème siècle.  Quand Victor Hugo écrivait « quand on ouvre une école, on ferme une prison » il ne pouvait imaginer que le peuple dont l’humanité entière encensait les philosophes allait mettre en œuvre la solution finale.  A cette première perte de confiance dans l’avenir s’est ajouté un discours eschatologique constitué de peur millénariste, de méfiance à l’égard du progrès, de doute sur le rôle de l’homme sur notre planète…le tout débouchant vers un très fructueux  business de la peur.  Un éphémère candidat écolo à la présidence de la république française proposa benoîtement de taxer les familles qui avait un  deuxième enfant, jamais on avait été plus clair quand à la méfiance envers l’avenir, envers l’homme.  Quant au sympathique René Dumont, lui aussi candidat à la présidentielle en 1974, il buvait un verre d’eau à la télévision, expliquant que ce geste si simple ne pourrait plus être fait dans vingt ans !  Curieux qu’on ne rappelle jamais cette fausse prévision apocalyptique.  Normal, elle n’est pas politiquement correcte, ne cadre pas avec la « bien-pensanse » !

En 1991, le rêve communiste, qui depuis des lustres n’était plus qu’un atroce cauchemar, s’effondrait victime de ses mensonges, de son incapacité de donner un avenir aux peuples qui lui étaient, pour leur plus grand malheur, soumis.  Certains, n’hésitant pas à écrire que l’humanité était arrivé à la fin de l’histoire, prédiction aussi étonnante que stupide.  Nous rentrions dans une autre histoire, voilà tout !  Nous allions être condamné à vivre dans le monde où nous vivons comme l’écrit si justement François Furet dans son mémorable  « Passé d’une illusion. »  Pourtant beaucoup de ceux qui alors avaient perdu leurs certitudes, conservaient au creux de leur cœur de stimulantes illusions… Ne faut-il pas mieux en avoir plutôt que de sombrer dans l’absolue, stérile, désespérance !

Confrontés à la déconfiture économique, à une courbe du chômage toujours ascendante, 1973 nonante-quatre mille chômeurs complets pour plus de cinq cent mille aujourd’hui, certains sont tentés de quitter les rives rassurantes des démocraties pour tenter… autre chose.  Philippe Moureaux, ministre d’état, cador du PS  bruxellois et fédéral, lançant un groupe de réflexion n’hésite pas à se référer à Alain Badiou, philosophe de quatre vingt ans, dernier thuriféraire de Mao remettant en cause la démocratie telle que nous la connaissons.  Inquiétant et symptomatique des errances d’une certaine gauche ; je ne peux m’empêcher de penser à propos du promoteur de ce groupe de réflexion à la phrase d’Arthur Koestler qui me semble particulièrement appropriée quand il dit : «  le désir de faire de la politique est habituellement le signe d’une sorte de désordre de la personnalité et ce sont ceux qui ambitionnent le plus ardemment le pouvoir qui devraient en être le plus soigneusement à l’écart. »

A l’autre bout du spectre a surgi un adversaire, de loin plus redoutable, que les pathétiques enfants perdus du gauchisme, « maladie infantile du communisme » écrivait ce « grand démocrate » Lénine.  Je veux parler du populisme, au pouvoir en Hongrie, en Pologne, aux portes du pouvoir en Autriche, en France, présent dans le discours du candidat Trump et pire encore dans ceux de Nigel Farage et Boris Johnson qui lors de la campagne du Brexit n’hésitera pas à proclamer qu’en votant pour le retrait de la Grande-Bretagne de l’UE « les Anglaises auraient de plus gros seins et leur mari pourrait s’acheter une plus grosse BMW. »
Énorme mais vrai !  Oserai-je supposer que c’est à Eton ou à Oxford qu’une argumentation de cette qualité lui a été inculquée ?  Le populisme, nouvelle formulation de ce vieux poujadisme, qui permit à Le Pen de se voir le plus jeune élu de la République dans les années cinquante, a donc refait, avec succès, sa réapparition.  Le populisme, c’est votre chauffeur de taxi qui vous engueule à propos de tout et de rien, satisfait de rien, qui trouve que tout va mal, que le temps est mauvais, que le prix des tomates est trop élevé, que le les voiries sont mal entretenues, que les clients ne laissent pas de pourboire, tout et n’importe quoi !   Récriminations sur tout !  On reconnaît le vocabulaire de Trump ou de Beppe Grillo dont le parti dirige depuis quelques semaines deux grandes villes italiennes.  De fait, comme l’écrivit récemment un politologue de l’ULB  « nos vielles démocraties craquent de partout. »  Le pacte rousseauiste est ignorée par les uns, remis en question par les autres.  Ici ou là, on évoque un parlement qui serait très au sort ou dont certains membres le seraient. On connait déjà depuis longtemps les ASBL dont les membres sans aucune légitimités démocratiques électives qui se sont institués « pouvoir de contrôle de la démocratie » mais dont personne ne juge de la composition, seule chose importante pour elles c’est d’obtenir des subsides permettant de faire vivre l’institution ainsi créé et, avec l’argent du contribuable, sans la moindre base légale, contester à tout va les projets ou les réalisations, des autorités publiques dûment élues.

Je ne peux m’empêcher de me souvenir que l’un des grands rêves du Roi Baudouin Ier était de mettre sur pied un gouvernement de techniciens, ou de « douze hommes en colère »  libéré du « boulet » parlementaire.  Il ne manqua pas de suriner ce projet à ses visiteurs pendant quinze ans, certains l’écoutant d’une oreille intéressée, frappés sans doute du syndrome  « De Man » qui en 1940, président du POB ( ancêtre du PS ), se lança dans la mise sur pied d’un régime fort, bien dans l’esprit du temps, tel que le souhaitait Léopold III… On sait comment l’entreprise se solda !  Le trône branla, la République pointa timidement le bout de son nez.  On entend aussi parler de la suppression de ce qu’on appelle pudiquement les corps intermédiaires, qui bloqueraient les réformes empêchant notre société d’évoluer vers plus de compétitivité !  Bien voyons !  Mais c’est bien sûr !  Supprimons les syndicats, les organismes sociaux,  replongeons avec délice (pas pour tous) dans un Etat du XIXème siècle, où l’accumulation primitives des richesses se pratique sans entraves, revenons à la politique du « renard libre dans le poulailler libre »   Réapparaît avec la vague populiste l’idée du référendum, le peuple le vrai, celui que Degrelle appelait « le pays réel » aurait ainsi voix au chapitre, il pourrait s’exprimer. Étonnant oubli de l’histoire, le référendum a toujours été une forme de plébiscite ; c’est le premier choix des dictatures, l’illusion, jeté en épais brouillard aux yeux des citoyens pour leur faire croire qu’ils décident… enfin !  Rien de plus faux !  Le référendum, c’est l’émotion avant la raison, c’est l’exacerbation d’un présent mal compris, c’est un cri de puissance qui masque une réelle impuissance, qui précède la captation du pouvoir par celui qui aura posé la question.  Ainsi, si le sujet n’était pas aussi dramatique, on éclaterait de rire à la lecture de la question qui sera posé en Octobre aux Hongrois sur l’immigration… impossible de répondre négativement à ce que souhaite Orban.  Le récent référendum sur le Brexit démontre bien quelles ambiguïtés recèlent cette pratique, de fait contraire à la démocratie.  On objectera, on le fait toujours, l’exemple Suisse.  Un leurre de plus, la Suisse compte vingt-six cantons dont certains ne sont habités que par quelques milliers d’habitants… et puis souvenons-nous que dans certains de ces sympathiques, fleuris  et si propres cantons, les femmes, par référendum se sont vus refusées le droit de vote jusqu’il y a peu !  Dans le dernier des cantons, les femmes attendrons 1990 pour pouvoir voter !

N’en doutons pas, les mêmes causes produisent les mêmes effets, le chômage de masse, la perte de confiance dans l’avenir, la décrédibilisation du personnel politique, c’est Weimar 1933, cela pourrait être partout en Europe dans les années qui viennent.  A cette toile de fond peu réjouissante, c’est ajoutée depuis une vingtaine d’année la mise en cause directe, brutale, sanglante des valeurs de notre civilisation.  Le monde Arabe, ayant perdu l’espoir communiste, ayant subi les dictatures nationalistes peintes aux couleurs d’un socialisme baassiste monstrueux, se lance à corps perdu dans une immersion religieuse moyenâgeuse.  Mettant en cause globalement les valeurs de l’occident, ils ont déclaré une guerre à tout ce qui ne se soumet pas à leur vision du monde.   Ceux qui pendant des années ont nié ce phénomène, ont nié le remplacement de la population de certains quartiers de villes européennes, ont nié le choc de civilisation qu’Huntington avait déjà conceptualisé dans les années nonante, ceux-là on refusé de voir le réel, ce que Prévert appelle «  les terrifiants pépins du réel. »  Il est vrai qu’on perçoit moins bien le remplacement de la population à Woluwe-Saint-Pierre ou à Lasnes.  Il en est cependant qui, marqué par une culpabilité post coloniale, alliée à une haine de soi, sont près à se soumettre et de compromissions en compromissions liquident une à une nos valeurs fondamentales… La laïcité, à quoi bon en parler, elle n’existe pas vraiment en Belgique, elle ne figure pas dans la constitution, l’égalité Homme/femme… à quoi bon la mettre en avant alors même que des disparités économiques existent encore… le voile dans les services publics… mais pourquoi pas, chacun doit pouvoir exprimer librement sa foi.  Fil après fil, c’est la trame des valeurs, de nos valeurs acquises après des siècles de lutte contre l’obscurantisme, qui se déchire.  Cela avec le consentement complice de ceux qui ne voient apparemment aucun inconvénient à faire d’un élu un Vice–Président du Parlement Bruxellois alors que cet élu participait à Anvers à une manifestation dont l’un des slogans était « les juifs dans le gaz »… vous avez dit Valeurs !  Voilà un exemple qui mieux qu’un long discours permet de comprendre pourquoi notre civilisation a perdu confiance en elle-même, en ses valeurs, voilà pourquoi le discours culpabilisant est aujourd’hui dominant.

La pire des choses, c’est la démocratie veule, celle de Munich qui trahi les démocraties, celle qui laisse crever la République espagnole de 1936… On sait le prix qu’il a fallut payer pour réparer ces dramatiques erreurs.  L’histoire le démontre tragiquement, la démocratie molle est le chewing-gum de la dictature, elle la mâche, semble y prendre goût, mais le sucre ayant disparu, elle le crache au mieux dans le caniveau… ou elle le colle sous un pupitre du Parlement bruxellois.  Nous ne disposons pas de trente-six solutions.  La seule qui vaille trouve son fondement dans la foi intransigeante en nos valeurs, dans la défense absolue des droits de l’homme et du citoyen, dans le refus catégoriques de toutes révisions de ses droits, dans le respect de la laïcité.  Notre démocratie doit être défendue parce qu’elle seule nous offre des n’existant pas ailleurs… que certains parmi nous, par bassesses électoralistes, sont prêts à brader.   Rappelons nous que dans les années trente, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, les pays scandinaves ont résisté à la vague fasciste.  Il s’agit aujourd’hui de résister comme Londres l’a fait sous les bombes allemandes, recourir à la résilience, sans rien céder de nos libertés, sans rien admettre de ceux qui veulent transformer notre société… Et surtout, surtout, car là est notre futur, grâce à un enseignement revalorisé tant au plan de ses moyens budgétaires, qu’au niveau de la rémunérations des maîtres, permettre aux enfants d’aujourd’hui, citoyens de demain, de jeter sur le monde un regard instruit !  Ce sont ces regards instruits qui constitueront le rempart de la démocratie, le rempart de nos valeurs.

Hermanus, Auguste Merry
Article paru dans le trimestriel de la Fédération des Amis de la Morale Laïque, mars 2016.

Le Symbole et le Piège

Une précision personnelle d’abord.  Celui qui rédige ces lignes est athée, non pas un de ces athées d’ostentation ou de circonstance mais quelqu’un qui a pu juger lors de moments où l’essentiel était en jeu que sa conviction restait forte, qu’aucune velléité de recours à des valeurs de transcendance n’affaiblissait sa lucidité.  Que l’on ne s’y méprenne pas ! Mon athéisme ne m’empêche pas d’éprouver une vraie émotion lorsque je découvre dans un appartement une petite croix ; le désir de croyance en un au-delà m’a toujours semblé être une réponse à l’inéluctable mort, néant que l’esprit de l’homme se refuse d’admettre… on peut le comprendre.

Le Symbole.

Le drame qui s’est déroulé hier dans la banlieue de Rouen est extraordinairement symbolique.  L’égorgement d’un prêtre au pied de son autel, au cours de la messe matinale, dans une église où ne se trouvent que cinq fidèles, voilà qui nous ébranle, qui touche en nous des fibres lointaines mais tellement présentes de  notre civilisation judéo-chrétienne.  L’assassinat du prêtre, pas de n’importe quel prêtre, un homme de quatre-vingt-six ans, au visage émacié, tête de moineau déplumée émergeant d’une chasuble dont sans doute le poids lui est lourd à porter.  Non !   Ils n’ont pas assassiné un jeune curé à poitrail de rugbyman, à cou de taureau ; c’est à un inoffensif vieillard qu’ils se sont attaqués, qu’ils ont égorgé pendant la messe, au pied de son autel, sacrifice quasi biblique !  La symbolique est immense, lourde, elle touche à l’essentiel, elle parle à nos cœurs de croyants… ou d’athées !  Parmi le monceau d’images dont  les télévisions nous abreuvent, il en est une qui donne un sens tout particulier à ce meurtre.  Cette commune a un maire communiste, cet homme s’est exprimé… entre ses sanglots, il n’a pu articuler que deux phrases… un maire communiste qui ne retient plus ses larmes face à l’ignoble assassinat du prêtre de sa commune.  Y-a-t-il un spectre plus large de la société française, du maire communiste… au curé !  Quel symbole de notre société… de notre civilisation.  Oui !  Voilà bien la preuve que ce n’est pas seulement ce vieux curé que les monstres ont égorgé mais c’est aussi notre civilisation !  Peut-on imaginer crime plus rituel ?  La victime, le lieu, le mode d’assassinat, le moment !  Tous les ingrédients de la symbolique sont présents, nous parlent, nous renvoient à l’histoire, aux pires moments des guerres de religions.  Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que certaines régions d’Allemagne ont vu leur population réduite de moitié lors de la Guerre de Trente Ans, pour ne pas évoquer les horreurs du 24 Août 1572 lors de la Saint Barthélemy… n’en doutons pas, voilà où nous renvoient les monstres se réclamant de l’Islam radical.  Je ne peux pas ne pas évoquer non plus l’assassinat systématique des communautés chrétiennes du Moyen Orient qui jour après jour subissent des persécutions sous prétexte qu’elles seraient les derniers représentants des croisés honnis alors que ces ignares ne savent pas qu’elles sont les derniers témoins des âges du Christ !  Nous devons le reconnaître ces meurtres des chrétiens d’orient n’ont guère ému en Occident, c’était loin, cela ne nous touchait pas directement… comme toujours la lâcheté, notre lâcheté se paye, nous la payons, nous la payerons encore longtemps !

Le Piège.

En France, les chiffres varient selon les sources, mais on évoque généralement que cinq millions de musulmans vivent sur le territoire national, sur soixante- six millions d’habitants, à Bruxelles quarante pourcent de la population serait musulmane, les démographes affirment que dans dix ou quinze ans la ville sera à majorité musulmane.  De fait, les islamistes appliquent à front renversé la stratégie du FLN en 1958, au moment où il a lancé sa campagne de bombes dans Alger notamment au Milk Bar et sur la corniche d’Alger, tuant un maximum de jeunes gens dans les lieux où ceux-ci se rassemblaient, l’objectif proclamé était « créer un fleuve de sang entre la communauté musulmane et les Pieds noirs de façon à rendre toute cohabitation impossible ».  Il y avait à l’époque en Algérie un million de Français et neuf millions et demi d’Algériens.  On connaît la suite !  Il fallut choisir entre le cercueil et la valise.  C’est exactement le même but que recherchent les islamistes et leurs thuriféraires.  Convaincre un maximum de musulmans que les pays d’Europe qui les ont accueillis ne sont que des terres où l’Islam est pourchassé, discriminé, insulté, jour après jour !  La preuve par « Charlie Hebdo ».   En un mot, des pays où le vivre ensemble est impossible ! Des pays où l’Islam n’a pas sa place comme religion, parmi les autres.  C’est ce même fleuve de sang qu’ils tentent d’alimenter crime après crime.  On entend, surtout en France, de plus en plus souvent des propositions visant à créer des camps de rétention, quelle pudeur pour appeler ce qui ne seraient que des camps de concentrations, voir à arrêter « préventivement » toute personne suspectée de radicalisation !  Voilà le piège, basculer dans de telles pratiques conduirait immanquablement à l’isolement des communautés musulmanes d’Europe, à les couper des communautés nationales… à faire ce que les Islamistes veulent… de crimes en meurtres, certains n’hésiteraient plus à s’en prendre au hasard à des musulmans.  Pour reprendre l’analogie de la guerre d’Algérie, les desperados de l’OAS ordonnaient de tuer un jour tous les facteurs algériens, le lendemain, tous les bouchers, le surlendemain tous les épiciers… ce fut une suite de meurtres ignobles, sans le moindre sens !  Sinon de terroriser la population musulmane.  Non !  Nous ne devons abdiquer aucune de nos libertés, nous devons rester, envers et contre tout, des états de droit.  L’arsenal judiciaire existe, il doit être appliqué avec la plus extrême rigueur, sans la moindre faiblesse.  Mais abdiquer nos libertés serait faire le jeu des terroristes… Ne tombons pas dans ce piège.

Comment s’en sortir.

La première des clés est entre les mains des musulmans.  Il faut qu’ils s’expriment avec force, sans ambiguïté, sans atermoiement, sans la moindre nuance pour condamner ces crimes atroces qui, qu’ils le veuillent ou non, que cela les choque ou non, sont commis au nom de LEUR religion !

Ensuite, il faut détruire de la façon la plus urgente les théories du complot qui font florès au sein de la communauté musulmane.  Une fois ce sont les Illuminati, une autre les Francs-maçons, une troisième les Américains, ou encore… mais c’est bien sûr le Mossad ou les Israéliens… ceux-là ils sont partout… c’est  bien connu depuis les années 40, ceux-là ils sont responsables de tout !  Leurs doigts crochus, si parfaitement dessinés récemment sur une affiche du PAC de Molenbeek Saint-Jean, enserrent le globe terrestre !  Cher lecteur, vous croyez que j’exagère…détrompez-vous, ce genre de théorie est extrêmement fréquente parmi les musulmans Belges ou Français !  C’est ce genre de justification qui est mise en avant pour expliquer l’inexplicable que ne peuvent comprendre ni admettre en toute bonne foi une masse de nos compatriotes de religion musulmane.  Dès lors, pourquoi ne pas trouver un refuge confortable de l’esprit grâce à l’une des multiples théories du complot.  Les média, les politiques ont l’impérieux devoir de combattre partout ce genre d’ineptie.  Il est vrai que cela n’est pas simple quand on voit Philippe Moureaux, l’ancien bourgmestre de Molenbeek, vice-président du PS s’afficher au premier rang en compagnie de sa malheureuse fille lors d’une conférence de Tarek Ramadan, dont les ambiguïtés sont connues de longue date, et que pire encore, à quelques mètres de celui qui fut longtemps professeur de critique historique, se vend « Le protocole des sages de Sion » faux antisémite qui nourrit les pires horreurs.  Apparemment, cela ne l’a en rien gêné !  En Septembre, il descendra encore d’un cran le toboggan du déshonneur en s’affichant comme conférencier aux côtés de ce même Tarek Ramadan, vous savez celui-là même qui au cours d’un débat avec Sarkozy se refusait à condamner la lapidation des femmes adultères, tout juste acceptait-il un moratoire !  Le brave cœur !
Ce soir-là, j’ai aimé Sarkozy…c’est dire !

L’autre clé est aux mains des politiques.  Il est impératif, urgent de mettre fin aux votes multiples (faculté de voter pour plusieurs candidats sur une même liste),
de les limiter à trois au maximum.  Tout le monde sait à Bruxelles que le vote multiple conduit à des campagnes électorales exclusivement communautaires, au prix de concessions dramatiques sur nos valeurs essentielles. C’est cette aberration qui a conduit le parlement bruxellois à être ce qu’il est, où la représentation est totalement déséquilibrée.  Pour le PS bruxellois, c’est vital s’il veut encore représenter l’ensemble de la population de notre région.  Il faut cesser de tergiverser sur la laïcité, sur l’extension du hallal, sur le voile, sur les horaires distincts dans les piscines.  De petits reculs, en petites lâchetés, c’est notre civilisation qu’on trahit !  Le résultat, nous venons tous de le voir en Belgique, en France, en Allemagne.  Je le crie aux responsables politiques en charge de notre avenir… écoutez ce qui monte dans la population, n’ayez plus comme seule ligne d’horizon votre réélection.  L’horreur n’est pas à nos portes, elle est dans nos maisons, elle est sur nos boulevards, elle est dans nos métros, elle est dans nos aéroports… elle est dans nos églises.  Si vous ne réagissez pas l’Histoire retiendra vos noms à côté de ceux qui ont trahi leurs devoirs essentiels !  L’infamie dans l’Histoire pour une réélection, le choix devrait être facile.

Et puis, il y a l’essentiel !  L’avenir !  Notre avenir, celui de nos enfants. L’enseignement communal !  Tout le monde le sait, dans certains quartiers les enseignants sont confrontés à d’inextricables difficultés ayant face à eux des enfants dont les parents ne parlent pas Français, qui ne regardent pas la TV en Français, qui sont dans des classes surpeuplées et dont les démographes, qu’apparemment personne ne lit, nous annoncent que ce sera encore bien pire dans les années qui viennent… Est-il faux de dire qu’aujourd’hui dans nos écoles, où il est impossible de transmettre nos valeurs… on fabrique non seulement des chômeurs mais aussi des enfants perdus qui pourraient se laisser tenter par les pires des solutions !  Ce n’est que grâce à un enseignement de nos valeurs et à des formations débouchant sur de vrais emplois que des solutions pourront être dégagées à long terme.  N’êtes-vous pas impressionnés par le fait que la plupart de ces terroristes entrent dans l’horreur en sortant du banditisme petit ou grand ? L’une de mes amies, directrice d’école retraitée, a l’un de ses anciens élèves dans une de nos prisons !  Toute cette problématique dépasse de loin Bruxelles, la Belgique, il n’en reste pas moins que le monde entier a compris et a écrit que Molenbeek a été le laboratoire du terrorisme européen.

Ne serait-ce pas un horizon magnifique pour le PS bruxellois et Wallon de construire avec tous les belges un autre rêve… de prendre les mesures pour sortir de la spirale de la discrimination conduisant dans certains cas vers le terrorisme et la haine de nos valeurs.  Mener la guerre contre la terreur ce n’est pas seulement mettre des soldats, des policiers sur nos trottoirs mais aussi et d’abord de modifier les mécanismes électoraux pervers,  de ne plus transiger sur nos valeurs, de prendre enfin sérieusement en main l’éducation des enfants de ces familles qui, c’est un fait avéré, seront à Bruxelles majoritaires dans dix ou quinze ans.

4ème position du Palmarès des Meilleures Ventes de Livres !

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1ère semaine en 4ème position du Palmarès des Meilleures Ventes de Livres, catégories Essais-Documents, du journal Le VIF !
Merci à tous !

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26 SEPTEMBRE 2013 : Exposé devant la presse à l’occasion de la sortie du livre « L’ami encombrant ».

Fin du livre
Je me dois d’abord de vous donner une explication sur le changement intervenu dans mon physique.

Le dernier chapitre de mon livre s’appelle « Nécrologie ».  Je l’ai terminé en janvier 2013, et, en mai, on me découvrait un lymphome, d’où mon visage actuel de Pierrot lunaire.

Je voudrais saisir cette occasion pour vous dire combien la qualité des soins, le professionnalisme et la gentillesse des médecins et du personnel infirmier de l’Hôpital Erasme m’émerveillent.

Je suis tout aussi ébahi de la qualité de l’organisation, en particulier du service de chimiothérapie ambulatoire.

Je saisis combien est vraie la parole de Dostoïevski qui souligne qu’on juge une société, notamment, à travers ses hôpitaux.

C’est aussi pour moi l’occasion de mesurer combien la sécurité sociale est un atout considérable et précieux qu’il convient à tout prix de défendre.

Bonheur familial

A 65 ans, j’ai souhaité, d’abord, écrire un livre à destination de mes enfants et de mes petits-enfants.  Un livre, bien sûr, à compte d’auteur qui ne peut intéresser que mes proches. Son titre « Du bonheur de la certitude d’être aimé ».  Simenon a écrit : « Un homme qui n’a rien à reprocher à ses parents ne connaît pas son bonheur ». Avec cela, tout est dit !

Grâce à cela, j’ai toujours été un homme profondément heureux… et je le suis encore.

C’est peut-être ce bonheur que me donne ma femme, mes enfants et mes petits-enfants que d’autres, moins heureux, m’envient.

Mon milieu

Mon père était un artisan chemisier particulièrement prospère, et l’objectif familial a été, pendant longtemps, que je reprenne ses affaires.

A l’Université, certains professeurs comme Marc Somerhausen, Henri Jane, Arthur Doucy, Stengers ou Barthier m’ont invité à m’embarquer dans la fonction publique.

Image idyllique de la Fonction Publique

Ne connaissant personne, je me suis forgé de l’Administration une image idyllique, et ce fût le premier choc lorsque j’ai rencontré l’Administration telle qu’elle était, après ma réussite de l’examen du SPR.

La politique a toujours fait partie de moi… ou bien c’est moi qui ai toujours fait partie de la politique.

Famille communiste

Mon arrière-grand-père est l’un des fondateurs de la section bruxelloise du P.O.B., en 1886, dans son café de la rue  de l’Economie, au cœur des Marolles.

Mon grand-père saute le pas et devient communiste en 1939.

Je vis donc dans une bulle où il y a les bons, c’est-à-dire nous, communistes et, bien entendu, l’URSS, et les mauvais, tous les autres !!!

Je ne connais donc personne dans le monde politique.

Ce sera le deuxième choc lorsque j’en découvre la réalité.

Je sors de ma bulle et le monde politique m’apparaît tel qu’il est : complexe, multiple, fascinant, mais aussi bien au-delà des stéréotypes enfantins que le « croyant » que j’étais s’était forgé.

Mon livre lu par un Français

J’ai fait lire mon livre par un ami français qui ne connaît évidemment personne dans le monde politique belge.

Il m’a dit que c’était, d’une part, un testament et, d’autre part, une galerie de monstres !

Pour ce qui est du testament, j’espère qu’il se trompe.

Pour ce qui est de la galerie de monstres, je suis certain qu’il se trompe.

Il n’y a, dans ma démarche, aucune amertume, aucun regret, aucune haine qui ne sont, comme je ne sais plus qui l’a écrit, que « des invités funestes au banquet de la mémoire ».

Car, et c’est pour moi l’essentiel, j’éprouve, même pour ceux qui ont été odieux, lâches, ignobles, une très grande tendresse.

Peut-être parce que, tous, tels qu’ils sont, appartiennent à un passé que j’ai profondément aimé.

Politiquement incorrect

Je veux, maintenant, être totalement « politiquement incorrect », et dire que, contrairement à ce que pense une Gauche  bêlante dont le plus grand art est de nier la réalité, toutes les civilisations ne se valent pas.

De 1945 à 1989, nous avons construit, à travers heurts et malheurs, une société de Liberté politique, Liberté religieuse, Liberté économique,  et, enfin, de protection sociale.

Notre civilisation est fondée sur un socle imprescriptible de respect des Droits de l’Homme.

Je pense que cette période a été un moment unique dans l’histoire de l’Humanité.

Or, aujourd’hui, ce socle de valeurs est clairement en danger, menacé par ce que Marx appelait « L’égoïsme glacé de la Finance ».

Les partis socialistes, et la Sociale Démocratie en général, se trouvent donc devant un défi extraordinaire, à savoir maintenir, et, si possible, accroître, ces Libertés et cette Protection sociale si chèrement acquises.

Optimisme

Ce qui me rend optimiste aujourd’hui, c’est qu’il y a, au cœur du PS, des personnalités d’une très grande richesse, certaines dont je cite le nom dans mon livre, et beaucoup d’autres dont le très brillant sénateur Laouej, Fadila Laanan, courageuse femme emblématique qui devrait être la figure de proue des femmes socialistes bruxelloises, Rudy Vervoort dont le sens des réalités et le pragmatisme tranchent avec certaines gestions verbeuses et inefficaces.

Mais aussi Philippe Close, Yvan Mayeur et tant, tant, tant d’autres.

C’est pourquoi je reste, sur le long terme, confiant, et je persiste et signe mon profond attachement au Socialisme qui est l’un des remparts essentiels de toutes nos Libertés si chèrement acquises.

Merry HERMANUS

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L'Ami Encombrant, par Merry Hermanus

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On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

Tout le monde connaît ce sympathique adage et, comme chacun le sait, les adages sont l’expression de la sagesse populaire, cette intelligence  née de l’observation des actions des hommes depuis des temps immémoriaux.

A Jette, Doyen-Pinocchio ne fait pas exception !

En effet, le Comité de quartier de la rue Vanderborght organise, ce 26 mai, une « Fête des Enfants ».

Aucun rapport avec la politique !  Aucun rapport avec les élections communales ! Ben voyons !

Ces sympathiques riverains souhaitent juste fêter, entre eux, le retour du Printemps, offrir un repas convivial, et, aux enfants, la possibilité de participer à des jeux.

Magnifique ! Splendide ! Bien dans l’air du temps !

Seuls des esprits pervers pourraient penser que ce Comité de quartier est lié à Doyen-Pinocchio qui…, un pur hasard, habite rue Vanderborght !!!

Cette petite sauterie, sans aucun rapport avec les élections communales, coûte à la commune, selon l’analyse qu’elle a faite, 1.648,96 €. Une paille quand on sait que … c’est le contribuable qui paye, et c’est sans doute pour cela qu’on a augmenté de 10% l’impôt cadastral, et que l’impôt sur les personnes physiques dont on avait promis, juré qu’il serait diminué… ne l’a pas été !!!

Mais il y a mieux, et là, évidemment, c’est beaucoup plus clair.

Le groupe « Animation LBJ », autrement dit, la formation politique du Bourgmestre, soit Doyen-Pinocchio himself, le faux nez du Cdh jettois,  organise un barbecue le 10 juin prochain.

Là aussi, la commune prend en charge des prêts de tentes et le transport de celles-ci.  Tout cela se monte à 811,64 € pour le contribuable jettois… selon bien sûr l’analyse des services communaux.

Tous les Jettois, et notamment les habitants du Foyer Jettois, ont reçu une cordiale invitation dans leur boîte aux lettres… mais il leur fait payer 8€.
Décidément, quand il s’agit de l’argent du Cdh, la générosité disparaît malgré le généreux soutien financier de la commune de Jette.

Est-il normal qu’un parti politique, à la veille des élections, et qui d’ailleurs envoie un toutes-boites strictement politique, obtienne gratuitement de la commune du matériel et le transport de celui-ci ?

Cette question bien sûr doit être considérée par Doyen-Pinocchio comme odieuse venant d’esprits pervers.

De ceux qui, par exemple, estiment qu’en Démocratie, une Majorité et l’Opposition doivent être traités sur le même plan.

De ceux qui estiment que chaque contribuable doit payer ses taxes.

De ceux qui estiment que l’égalité des citoyens devant l’impôt est essentielle en Démocratie.

Mais enfin, soyons bons Princes.  Si le barbecue du Cdh, car en fait, c’est là le véritable nom de Liste du Bourgmestre, attire autant de monde que la choucroute, il y aura pas mal d’opportunités pour ceux qui souhaiteraient se partager les restes de ce repas.

merry_hermanus@yahoo.com

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