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Appel Solennel à Elio Di Rupo !

Antisémitisme au PS de la Région Bruxelloise ?

Il y a quelques mois, j’ai diffusé sur mon blog un article où j’évoquais les difficultés qu’il y avait à être Juif et membre du PS de certaines sections de notre région.  Cet article a provoqué quelques émois.  Plusieurs milliers de personnes l’ont lu et quelques centaines ont réagi.  La « Libre Belgique » y a fait écho, en me reprochant de ne pas avoir cité les noms des personnes que mon propos illustrait.  Pour moi, c’était une évidence, je n’allais pas moi-même pratiquer une stigmatisation que par ailleurs je démontrais pour, bien sûr, la condamner.  Par respect pour ce quotidien, que j’apprécie et lis depuis longtemps, j’ai téléphoné au rédacteur en chef en lui précisant que j’étais prêt à communiquer à son rédacteur le nom des personnes concernées par ce problème d’antisémitisme.  Les choses en sont restées là.  Hier, correspondant avec un ami sur la situation de différentes sections de l’agglomération, celui-ci écrit textuellement : « je prends mes distance de cette section en raison du niveau d’antisémitisme qui s’y développe.  De surcroît, j’en ai marre de me faire traiter de Belge de service et en sus de flamoutche. »

N’est-ce pas effrayant ?  N’est-ce pas la confirmation de ce que j’écrivais ?  Si j’en crois mon interlocuteur, il est non seulement choqué par l’antisémitisme mais également par un racisme ambiant anti-belge et anti-flamand.  Incroyable que de telles attitudes puissent exister au sein d’une formation politique, le PS, dont l’ADN politique, philosophique et moral est l’antiracisme.  Après les déclarations immondes du député Ikazban à propos d’un journaliste qui serait « une ordure sioniste », sur sa proximité proclamée avec le Hamas, organisation terroriste classée comme tel par l’ONU, après la caricature antisémite illustrant une conférence du PAC (organisme culturel émanant du PS) à Molenbeek, après les « sinuosités » de Kir, député bourgmestre de Saint-Josse, sur le génocide arménien et les Kurdes… cela fait beaucoup.  Oui !  On peut en être certain, ce ne sont donc pas là des attitudes isolées. Déjà début 2013, un président de section démissionnant de ses fonctions évoqua publiquement  l’antisémitisme qui régnait dans sa section du PS.

Ne nous leurrons pas, il y a toujours eu un antisémitisme de gauche… on en trouve la preuve dans certains textes socialistes du XIXème, où les Juifs sont immanquablement des banquiers, des usuriers sans foi ni loi,  saignant sans le moindre remord le peuple travailleur.  Ainsi, deux de mes amis ont été pendant des années fleurir au cimetière d’Ixelles la tombe d’un Communard exilé en Belgique après la semaine sanglante de mai 1871, jusqu’à ce que je leur cite les écrits antisémites du personnage.  Est-il nécessaire de mentionner l’antisémitisme stalinien et le complot des blouses blanches… mais peut-on, à ce niveau, parler de « gauche » ?

L’antisémitisme auquel sont confrontées certaines sections du PS bruxellois est pour beaucoup un antisémitisme « d’importation » lié au conflit Israélo-Palestinien, mais ce que différents militants observent, c’est une sorte d’envahissement de la logorrhée antisémite dépassant largement l’opposition à Israël.  Pour tout dire, ce qu’on entend devient proprement insupportable !  Inacceptable… une raison de plus de quitter un PS bruxellois qui semble avoir réussi son grand « remplacement de population ».  Curieuse situation qui donne raison aux pires analystes fascistes.  Il est évident qu’officiellement tout cela n’existe pas !  Personne n’entend !  Personne ne voit !  Circulez y a rien à voir !  Tout cela ce sont des bobards, des mensonges, de la bile de gens amers… qui n’en sont plus… qui osent encore écrire alors que la seule chose qu’ils devraient faire serait plonger dans un silence… éternel !  Pourtant l’histoire est là avec son cortège d’horreurs ; les choses commencent toujours par petites touches, comme un tableau pointilliste… au départ on ne perçoit pas l’idée d’ensemble… une touche de bleu, quelques larmes de verts, du rouge ici ou là, une nuance de jaune, quelques traits de violet… puis après des semaines, parfois des mois de travail, l’œuvre apparaît, immense dans son atrocité… Nous en sommes là !  « L’œuvre » risque d’apparaître, abjecte, ignoble, grimaçante, renouant avec le pire de ce que l’humanité a pu produire !

Je lance un appel solennel à Elio Di Rupo, dont je ne doute pas un instant de l’attachement aux valeurs fondamentales de la philosophie des lumières, il est urgent qu’il mette les choses au point, que les sections, toutes les sections de la fédération soient mises en garde contre cet antisémitisme qui n’est même plus rampant mais galopant !  Pourquoi ne pas imaginer que tout membre du PS au moment de son affiliation ou de sa désignation en vue de participer à une élection s’engage par écrit dans un document reprenant l’ensemble des valeurs de la gauche, en ce compris le rejet catégorique de tout racisme à commencer par l’antisémitisme. Cet engagement ensuite publié sur le site web du PS permettra à chacun de se faire une opinion.
Il faut se hâter, il est plus que temps !  

Dialogue entre deux (vieux) enfants perdus du PS Bruxellois.

« La peur, oh ! Combien plus graves que les causes de la colère sont ses conséquences. »

Marc Aurèle

« Qui vit d’espoir meurt en chantant. » Proverbe italien

« L’espoir ne commence qu’au-delà du courage et du malheur. » André Malraux

Octave Cremet, Simonne Albrecht tous deux sont militants du PS bruxellois depuis près de quarante cinq ans… ce ne sont plus des perdreaux de l’année !

Simonne : « Dis moi Octave, on va quand même avoir une sérieuse difficulté lors des prochaines élections. Tu crois qu’il sera encore possible de voter socialiste à Bruxelles ? »

Octave : « Gros, gros, très gros problème, c’est ce que ne cesse de me dire un grand nombre de personnes.  Au niveau local, c’est souvent le désert de Gobi ; il y a peu, une élue me disait que sa section se limite à une vingtaine de personnes, le poids des élus maghrébins y est écrasant, elle qui est originaire du Congo ne s’y sent plus à l’aise, seul le communautarisme le plus étroit domine, il n’est jamais question des problèmes locaux alors qu’on assiste à une hyper taxation et à des cataclysmes commerciaux en pagaille. »

Simonne : « Oui, sans doute, mais il faut sortir de la cour de l’école primaire, c’est vrai cependant, on me dit que la même chose se passe dans de nombreuses sections même dans celles où il y a des ministres en exercice ou des échevins. Le mal est partout identique… communautarisme… népotisme… absence de vrais débats auquel s’ajoute une chose plus subtile, moins voyante mais oh !  combien essentielle… déterminante, la disparition totale d’une forme de culture politique, jusqu’au vocabulaire qui s’est évanoui… les mots, les mots sont des actes, quand les mots n’y sont plus… il ne reste plus rien ! Il y a deux ans une militante de toujours claquait la porte de sa section où elle était affiliée depuis trente ans car elle ne supportait plus les insultes qu’elle y entendait… elle a d’ailleurs interpellé Di Rupo à ce propos lors d’un congrès. »

Octave : « Il y a des exceptions, certaines sections fonctionnent fort bien, démocratiquement, il est vrai qu’elles sont aujourd’hui minoritaires dans la fédération, peut-être fonctionnent-elles bien car elles se sont « libérées » des ukases de la fédération !  Elles font leur « popote » interne sans se soucier du reste. Elles sont aussi peut-être trop importantes pour « qu’on » ose intervenir. Le nombre de désaffiliations ou de non renouvellement des cotisations est énorme. En 1975, la fédération du PS comptait 25.000 membres, aujourd’hui, elle en revendique « officiellement » 3.000 mais ces chiffres sont manifestement gonflés.  Les employés de la fédération ayant pris leur retraite ne cachent plus leur amertume… ni la vérité des chiffres. Le militantisme, cette école du terrain et de l’action politique, a disparu. Le seul grand moment, le seul qui compte, est celui de l’élaboration des listes électorales. On y voit surgir des gens venus de nulle part… des inconnus qui sur base d’un vote strictement communautaire acquis dans les mosquées ou ailleurs…  même chez les Loups-gris turcs, promettent… et obtiennent un nombre remarquable de voix. Le vote multiple fait des miracles, un patronyme suffit… hop mille voix ! Dès lors, à quoi bon militer ! La liste des élus régionaux et souvent communaux donne une parfaite image de cette dérive. Pour les dirigeants fédéraux, aucun problème, c’est excellent, ils pourront se faire élire, faire élire leur fille, leur fils, leur beau-fils… la masse des électeurs ne partagent sans doute pas nos valeurs… quoi ?  Quelle importance ? Les bataillons sont là… Ils régneront sur des élus  qui, pour certains,  ne partagent pas les valeurs fondatrices du socialisme démocratique, qui contestent l’égalité Homme/Femme, qui sont persuadés que la laïcité est une religion, qui exigent que le religieux puisse s’exprimer dans l’espace publique, qu’une séparation des activités scolaires basées sur le sexe soit installée, que le voile trouve sa place dans les administrations publiques, certains flirtent avec le plus ignoble des antisémitismes, soutiennent que les attentats terroristes sont organisés par les « sionistes » pour salir l’Islam etc… tout cela n’a aucune importance… ils votent massivement socialiste alors à quoi bon se poser d’ennuyantes questions qui remuent de « vieilles idées. »  C’est la politique de la crème sur le lait… la crème grasse surnage quelle que soit la qualité du lait… tout va bien ! Les listes électorales, c’est maintenant… la cooptation au sommet, aux places garanties… les filiations dynastiques, en dessous c’est la bousculade, la ruée du vote exclusivement communautaire, le jackpot électoral, chacun pour soi…  choix démocratique, option programmatique… mais de quoi vous parlez ? La démocratie, c’est pas ici ! Allez voir ailleurs ! C’est précisément ce que font une masse des électeurs traditionnels du PS !  C’est d’autant plus idiot qu’un bon nombre de belges issus de l’immigration sont les premières victimes de cette course à l’échalote, ils ne demanderaient pas mieux que de mettre leurs capacités au service d’une volonté constructive, positive… ils comprennent vite de quoi il retourne et prennent de salutaires distances laissant la place au pire !  Ce sont ceux qui précisément ont voulu sortir du ghetto, du communautarisme où les enferme la « pseudo gauche » des « idiots utiles »  prête à tous les abandons, à toutes les lâchetés pourvu qu’il y ait un rendement électoral suffisant… Ce sont les premières et les vraies victimes du communautarisme.

Simonne : « Tu crois qu’ils en sont là ? Peut-être ! D’autres électeurs disparaissent… et en masse, la petite classe moyenne qui a toujours fait confiance au PS n’y trouve plus sa place. Prenons le monde enseignant, plus une voix à espérer de ce côté-là ! Il faut entendre ce qu’on dit dans le monde syndical enseignant… terrible. Regarde les petits indépendants ! C’est vrai, il n’y en a plus et ceux qui subsistent sont d’origine étrangère et votent au plus offrant ou n’en ont rien à faire… on les comprend ! Eux, ils doivent bosser dur tous les jours.  Enfin, il y a les intellectuels, impossible d’y rencontrer aujourd’hui beaucoup d’électeurs favorables au PS, alors que pendant longtemps ce fut à Bruxelles un extraordinaire vivier de talents politiques »

Octave : « Le PS croyait disposer d’un électorat captif constitué des belges d’origine immigrée… pour lequel c’est vrai, et ce fut pour moi une fierté, il a marqué le plus d’empathie, mais retournement des choses, c’est lui qui est aujourd’hui prisonnier de cet électorat auquel il n’a pas su transmettre nos valeurs. Les dirigeants le savent bien… il ne faut pas désespérer Molenbeek, comme en France on ne pouvait pas dans les années cinquante désespérer Billancourt, fief imprenable… mais aujourd’hui… disparu, du Parti communiste… Rien n’est éternel, ni l’amour, ni les bastions du parti communiste, ni les citadelles réputées imprenables… encore solides du PS Wallon et Bruxellois. C’est pourquoi, tout devient possible, c’est Onkelinx qui déclare que le député Ikazban est « quelqu’un de bien » alors qu’il s’est dit proche du Hamas (organisation classée terroriste par l’ONU), qu’il a traité un journaliste « d’ordure sioniste », qu’il s’est fait embarquer par la police parce qu’il manifestait contre le contrôle par les forces de l’ordre de la commune dont il était l’échevin en exercice, d’une femme entièrement voilée, qu’il s’est lui-même fait photographier ridiculement voilé pour protester contre l’application des termes les plus élémentaires de la laïcité. C’est la fédération bruxelloise du PS qui ne bouge que mollement alors que le député Bourgmestre Kir refuse de voter la reconnaissance du génocide arménien. Di Rupo dut mettre tout son poids dans la balance, lorsqu’il compare les Kurdes, qui luttent à nos côtés, aux assassins terroristes de Daech. Impossible de lui reprocher quoi que ce soit… il contrôle entre 14 et 17.000 voix à Bruxelles ! Récemment, ce fut une divine surprise de voir dans la « Libre Belgique » Onkelinx exprimer clairement et fermement que si Kir n’adoptait pas les positions du parti, « il n’avait plus sa place parmi nous. » Un bref moment de bonheur… je n’ai pas boudé mon plaisir. Di Rupo excédé a-t-il tapé du poing sur la table ? Mon petit doigt me dit que oui ! Mais les exemples sont nombreux. Dans certaines sections, une curieuse ambiance d’insultes et de pressions s’est développée. Ceux qui essayent de résister sont hués… du jamais vu en quarante cinq ans ! Situation insupportable pour de nombreux affiliés de longue date qui s’éloignent sur la pointe des pieds ou en mettant les points sur les i comme Renaud Denuit, ancien président d’une section, qui a publié une lettre ouverte à Elio Di Rupo… à laquelle il n’a jamais reçu de réponse ! Le fond du problème, me disait l’un des plus importants mandataires du PS bruxellois au sujet de l’affaire Kir, est qu’ en réalité le PS n’est plus dirigé ! »

Simonne : « Oui, on le voit, c’est une accumulation de fiefs, de PEFFE « Petites Entreprises à Finalité Électorale » dont toute vision politique a disparu. Le fonctionnement de « la petite entreprise » se juge exclusivement à son résultat électoral, pas à ses réalisations de terrain, pas à sa volonté de changer le « monde. » Elles pourraient tout aussi bien s’appeler autrement, ce sont de petites machines à capter des voix… on les met dans le tube et ça sort des élus… ce que font ou disent ces élus n’a plus d’importance. D’où le fait qu’au parlement bruxellois, aussi pléthorique qu’inutile, dans le groupe parlementaire si cinq ou six élus sont vraiment actifs, ou simplement concernés, c’est beaucoup. Rudi Vervoort a essayé courageusement d’y mettre un peu d’ordre, il a été vite refroidi ! Pas touche à nos places !  Pas touche à notre précieux Jackpot !  Ce qui faisait le corpus, la doxa du Socialisme, son idéologie, ses idéaux… tout cela a disparu, envolé, dissout… pire, il est des mots qui sont devenus des insultes, tel la laïcité… plus question d’en parler, dans certaines sections, pas question de tenter de parler de l’égalité Homme/Femme, d’évoquer les drames causés par l’antisémitisme… ce serait de la provocation de crypto-fasciste, de la sauce de « laïcard crasseux. »

Octave : « De fait, le microcosme bruxellois n’est que le « nano reflet » du déclin de la social-démocratie en Europe. Ce n’est plus qu’une poule sans tête qui tourne en rond, zigzague affolée dans la basse-cour alors que sa tête pourrit déjà sur le fumier… Voilà la vérité. Voilà la conséquence de ceux qui n’ont pas voulu voir les terrifiants pépins du réel qui maintenant leur obstruent la gorge, les étouffent, les tuent… nous tuent… ils céderont la place à l’extrême droite dont zélés « idiots utiles », ils ont fait le lit ! Ils se sont préoccupés de toutes les minorités… « électorales » sauf des citoyens de leur pays ! Ceux-là, pas importants, pas tendance… pas « in »… pas assez électeurs ! On connait la formule, « le peuple a mal voté, changeons de peuple, …», eh bien, ils l’on fait, ils ont réussi ce truc impossible, incroyable… changer de peuple ! »

Simonne : « C’est vrai que l’Union européenne me fait furieusement penser à la république de Weimar, même origine multilatérale, les peuples n’ont en rien participé a la mise en place du monstrueux traité de Versailles, même refus de voir la réalité politique et économique, même direction aveugle aux souffrances des populations, même trahison de la social démocratie, à quoi s’ajoute pour l’Union européenne l’incapacité d’avoir su mettre en place des procédés démocratiques transparents, le mépris pour les résultats électoraux… on l’a vu avec le traité de Lisbonne. Et pourtant, l’Europe, c’était la grande, la belle idée après le cataclysme de 1940-45. Il est vrai que pendant longtemps au PS, les mandats européens étaient un prix de consolation où on envoyait ceux dont on voulait se débarrasser. C’est très (trop) bien payé et on n’entendait plus parler d’eux. Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui, un député comme Tarabella fait un travail fantastique… mais il est trop tard, le monstre populiste va tout emporter… et nos rêves disparaîtront remplacés par le cauchemar nationaliste, identitaire. »

Octave : « Oui ! mais l’Europe a sombré dans l’ultra-libéralisme. Depuis la révolution française, l’homme c’est d’abord un ensemble de droits universels, l’égalité des droits pour tous. C’est une modification fondamentale, l’homme n’est plus un sujet… il devient Acteur de son destin. Mais comme l’explique Wendy Brown, professeur à Berkeley, le libéralisme ultra a fait de l’individu exclusivement un sujet du Marché, il est réduit dans sa globalité à n’être plus qu’un jouet de ces forces obscures qui le réduisent à n’être plus qu’un « sujet économique », il n’est plus question de droits, il n’est plus question de liberté, d’égalité, de fraternité… c’est la « main invisible du marché » qui décide du destin des hommes… c’est le retour d’Adam Smith (1723 – 1790 ) et de « l’atomicité et de la fluidité » du marché. Un bond en arrière de près de trois cent ans ! Pas mal non ! La crise de 2008 a été exemplaire, les banques étaient « trop grosses » pour couler, c’est l’argent public qui les a refinancées. Maintenant sur base de formule « bail in » si une nouvelle crise devait se profiler, ces sont les épargnants qui payeront, la banque pourra ponctionner leurs avoirs… si avoirs il y a !  C’est Goldman Sachs… maître du monde !»

Simonne : « L’aveuglement, et il faut bien le reconnaître, la lâcheté électorale de la social-démocratie a ouvert la voix au populisme. J’en reviens à la république de Weimar, au parfum des années trente qui flotte aujourd’hui en Europe. Qu’on en juge, la Pologne et la Hongrie sont dirigées par des partis dont le ressort démocratique n’est pas l’essentiel… pour parler pudiquement. L’Autriche a failli élire un président d’extrême droite, la France se demande si Marine Lepen sera présidente, la droite classique plébiscite le plus réactionnaire des candidats… le catholicisme intégriste fait son grand retour depuis Vichy, l’Italie risque de tomber dans les mains du pire des populismes imbéciles, en Allemagne, pour la première fois Merkel aura en face d’elle un parti d’extrême droite dont le principal ressort est le racisme anti-immigré, en Hollande, l’extrême droite progresse sans arrêt, idem en Finlande, au Danemark l’extrême droite a déjà participé au gouvernement, en Grande-Bretagne, c’est le Brexit des populistes réactionnaires qui, contre toute attente a gagné… et enfin aux USA, l’impensable, c’est Trump qui l’emporte. Il est clair qu’on assiste dans le monde occidental à une forme d’insurrection des peuples par le vote… de droite, de la droite populiste… Les digues cèdent les unes après les autres. On s’en rend compte tout est possible et tu le sais, si le pire n’est jamais certain, il n’est jamais décevant ! Quand je te disais que nous étions à Weimar en 1930 ! Un Weimar mondialisé… donc pire ! Ce n’est pas le bruit des bottes que l’on entend mais les vociférations de ceux qui en définitive rejettent la démocratie, rejettent les avancées sociétales, mariage pour tous, IVG, la sécurité sociale… notre civilisation est en danger ! Nous sommes tous en danger ! Magnifique illustration de la formule de Marx sur la répétition de l’histoire qui de la tragédie passe à la comédie… mais il est des comédies sinistres. »

Octave : « au moment des discussions sur la constitution européenne Moureaux avait demandé à Merry Hermanus de débattre avec une gentille députée européenne du texte de ce fumeux projet de constitution. La salle des quatre vents à Molenbeek était comble. Hermanus fut applaudi à tout rompre lorsqu’il conclut son intervention qui visait à rejeter ce texte. Moureaux intervint en soutenant les thèses défendues par Hermanus… qui bien sûr, logiquement l’interpella : « mais Philippe pourquoi alors vas-tu voter ce texte comme le PS l’a décidé. » Le bourgmestre de Molenbeek fit une réponse stupéfiante : « j’attends que les ouvriers chinois se révoltent. » Ah ! bon… je suppose qu’à cela Hermanus n’y avait pas songé ! Tout était dit et le PS belge vota cette constitution qui fut, heureusement rejetée ailleurs ! En fait, c’est beaucoup plus simple, les socialistes européens n’avaient pas compris que le socialisme était soluble dans l’Europe et que l’Europe est soluble dans le populisme ! L’Europe n’a jamais été sociale, les socialistes ont négligé pendant des décennies ce monstre froid, aveugle, inconnu des peuples, qui semble le priver des droits chèrement acquis, comment ne pas comprendre le repli identitaire, le populisme le plus primaire. On l’a bien vu, le malheureux Hollande allait renégocier les traités, il en fut incapable… son avion, lors de son premier voyage en Allemagne fut frappé par la foudre et dût faire demi-tour, c’est sans doute après ce coup de semonce envoyé par le ciel qu’il a renoncé à imposer ce pourquoi il avait été élu ! »

Simonne : « L’Europe, Trump, bon tout ça c’est bien beau… mais qu’est-ce qu’on fait ici et maintenant… on part, on va planter des choux, collectionner les timbres, chasser les Pokémons… s’occuper des petits-enfants, succomber à la tentation de Venise, faire du tourisme coopératif… faut quand même se donner bonne conscience. »

Octave : « j’ai toujours connu la fédération bruxelloise fonctionnant sur base d’une majorité et d’une opposition. Cette dualité a progressivement disparu sous la présidence fédérale de Moureaux, il a dominé la fédération en s’alliant à Anderlecht; le seul opposant possible était Picqué, mais par tempérament, celui-ci est incapable d’affronter les conflits, donc il suffisait de le « nourrir », c’était d’autant plus facile qu’avec son exceptionnel charisme, il était tout désigné pour présider le gouvernement bruxellois pendant quinze ans… où, mis à part des plans, rien n’a été réalisé pour sauver cette ville de la paupérisation galopante, de la ghettoïsation des écoles et des logements sociaux. Une étude récente a démontré qu’au cours des vingt-trois dernières années le chômage a augmenté de 43 % à Bruxelles ! Après un tel fiasco, la seule chose à faire pour Picqué est de se couvrir la tête de cendres… geste dont il connait fort bien le sens et le rite ! Mais non ! Il pantoufle comme président du Parlement, sans doute pour faire bénéficier les députés de son expérience… Voilà. Une fin de carrière sur le velours et surtout dorée sur tranche ! Heureusement Rudi Vervoort est l’exact contraire, sans bruit, sans plan, sans discours ronflants et blagueurs, grande spécialité de Picqué, il essaye de sauver ce qui peut l’être. A cela, il convient d’ajouter que la présence permanente du PS au pouvoir ouvre les appétits… des désirs d’avenir, de carrières et limite donc les velléités de s’opposer ! Il y a longtemps qu’il n’y a plus au PS de Bruxelles de rebelles, il y a pléthore d’ employés de bureau, des membres de cabinets et ceux qui veulent y parvenir, des bataillons de socialistes bureaucrates prêts à toutes les bassesses à toutes les soumissions, à toutes les veuleries… prêts, selon la fameuse formule, à payer pour se vendre ! »

Simonne : « Octave, quel pessimisme ! Quelle vision en noir et blanc ! Tu jettes l’enfant avec l’eau du bain ! Que fais-tu de l’extraordinaire réaction de Magnette qui bloque le traité de la CETA et tient tête seul à tout l’establishment européen… et bancaire. »

Octave : « Tu as raison, c’était… c’est… une lueur d’espoir comme on n’en avait pas connue depuis fort longtemps. J’ai à nouveau espéré ! Ce n’est déjà pas si mal, d’autant plus que je suis persuadé que Magnette aura, très bientôt, à s’opposer à nouveau. Tu as tort de croire que je suis d’un pessimisme aussi absolu car, après tout… malgré tout, le PS reste le seul Parti défendant les fondements de nos protections sociales que tant veulent aujourd’hui jeter par-dessus bord… les banques et les compagnies d’assurances attendent depuis si longtemps la fin du système de pension par répartition… là, y a un paquet de fric à se faire… les pauvres ! Mais j’y pense, si on essayait de réunir tous ceux qui font les mêmes constats que nous, ceux qui ne supportent plus le communautarisme imposé comme seule réponse au défi de l’immigration, comme formule magique électorale, ceux qui sont écœurés par le népotisme cyniquement organisé dans toute la fédération, ceux qui pensent que les sections doivent fonctionner sans insulte, sans antisémitisme rampant ou déclaré. En outre, il reste des individualités de grande qualité… il suffit de les libérer comme certaines sections ont su le faire. Mine de rien Simonne, je pense que cela fait pas mal de monde ! Allons… peut-être encore un espoir ! Tu le sais Simonne, l’espoir c’est ce qui meurt en dernier… alors pourquoi pas ! »

 

Roger Lallemand… et deux femmes oubliées par l’Histoire !

Roger Lallemand vient d’être inhumé, entouré des hommages mérités qu’offre le royaume à ses ministres d’Etat.  Il avait, en déposant, soutenant, bataillant avec sa collègue Herman-Michielsen, la proposition de loi concernant l’avortement, fait abdiquer pendant quatre jours le malheureux monarque amidonné dont la conscience refusait de signer et promulguer une loi votée par les représentants de la Nation… Soit ! Finalement peu importait, la fonction royale se retrouvait ainsi  réduite à ce qu’elle est !  Un organe d’enregistrement législatif.  Episode moitié comique, moitié symbolique de ce pays qui n’en est pas un, pour un roi qui ne voulait plus l’être pendant quatre jours… et après « business as usual », les seuls à se frotter les mains furent les professeurs, avocats, de droit constitutionnel… là,  il y aurait des pages à écrire, des passages sur les plateaux de télévision… des honoraires à engranger. Youppie !!!

Mon propos n’est pas là !  Je veux évoquer le souvenir de deux femmes, toutes deux membres de la section du PS d’Uccle, qui pendant près de vingt ans, jour après jour, comité de section après comité de section, assemblée générale du parti après assemblée générale, congrès après congrès, ont constamment, inlassablement, infatigablement, obstinément rappelé la nécessité de faire voter une loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse, votée en France dès 1974 !   Dieu sait si entre 1973, date de l’arrestation du docteur Peers et le vote de la loi, il y eut des gouvernements, des votes sur les programmes électoraux, des votes sur les participations gouvernementales.  A chaque fois, deux voix s’élevaient Monique Van Tichelen et Monique Rifflet !  Oui, voici les deux oubliées de l’Histoire !

Si la loi Lallemand – Herman-Michielsen a pu voir le jours ce fut d’abord grâce à ces deux femmes. A chaque congrès, elles exigeaient que le projet de loi en question figure dans le programme électoral, à chaque formation de gouvernement, elles hurlaient pour que la loi figure nommément dans le programme de la nouvelle équipe au pouvoir.  Pour tout dire, sans langue de bois, sans tourner autour du pot… cela embêtait tout le monde. Les membres du congrès tournaient la tête, parlaient à leur voisin, les plus cyniques… il n’en manque jamais, leur sifflaient qu’elles aillent se faire voir ailleurs… qu’elles n’allaient quand même pas nous empêcher de « monter » au gouvernement pour un « truc » pareil !

Je n’ai jamais aimé les congrès… les décisions sont en général prises antérieurement… rarement la sincérité y trouve son compte.  Les uns attendent de voir leurs espoirs de carrière se confirmer, les autres… les sans espoirs, dominés par l’amertume, sont contre tout et d’autres enfin dont j’étais… n’étaient là qu’en observateur de cette comédie humaine dont la première victime est la démocratie… mais j’adorais chahuter, me moquer des uns et des autres, observer les tics, les rapprochements intéressés, les sorties concertées, qui parle avec qui… théâtre vivant, jeu des sept erreurs, malgré tout passionnant, mais combien cruel pour celles qui comme les deux Monique Rifflet et Van Tichelen ne lâchaient pas leur objectif.

Leur volonté ne faiblit jamais, et au bon moment elle trouvèrent Roger Lallemand pour se battre et ouvrir la voie législative.  Moi, quand on évoque cet incroyable combat qu’il a fallu mener contre les capucinières du Palais Royal et les partis conservateurs, j’ai toujours pensé à ces deux « petites mains » de la politique, à ces deux obstinées, dont tout le monde se foutait qui ne plièrent jamais sous les quolibets, l’indifférence… et même parfois les menaces de ceux toujours pressés d’aller à la soupe d’une juteuse… pour eux… participation gouvernementale.

Je n’ai jamais été proche de ces deux fortes femmes, l’une, Rifflet, allure de bourgeoise, maîtresse d’école hautaine, oubliant toujours de sourire, l’autre, Van Tichelen, démarche de gendarme, s’approchait de vous comme si elle allait vous entraîner sur un terrain de lutte gréco-romaine, le sourire tout aussi rare que sa comparse.  Étonnant d’ailleurs, comme il semble que la section du PS d’Uccle attire un genre bien particulier de femmes car depuis, on  y a connu bien pire que Monique Van Tichelen et Monique Rifflet.  En outre, on se demande bien pourquoi, les femmes engagées en politique devraient plus sourire que les hommes, être plus agréables que leurs collègues masculins. Louise Michel pouvait se montrer très désagréable, elle avait raison, Rosa Luxembourg tint vertement bon face aux thèses dictatoriales de Lénine, Théroigne de Méricourt paya de sa santé mentale la façon dont elle apostrophait les « stars » de la révolution, et la lumineuse Madame Roland paya de sa vie le mépris que lui inspirait ce cureton de Robespierre… Alors oui !  Les deux Monique d’Uccle ont eu parfaitement le droit de dire leur fait à tous ceux qui dans les congrès du PS, trouvaient que ce « truc » de l’interruption de grossesse ne méritait pas d’aller… ou de rester dans l’opposition.  Je pense qu’au moment où la mémoire de Roger Lallemand entre dans l’Histoire, où sa vie fait place à un exceptionnel destin, une petite place,  une toute petite place devait être faite à ces deux femmes qui rappelèrent pendant des décennies combien ce combat pour l’interruption volontaire était essentiel pour la liberté des femmes !

Le Symbole et le Piège

Une précision personnelle d’abord.  Celui qui rédige ces lignes est athée, non pas un de ces athées d’ostentation ou de circonstance mais quelqu’un qui a pu juger lors de moments où l’essentiel était en jeu que sa conviction restait forte, qu’aucune velléité de recours à des valeurs de transcendance n’affaiblissait sa lucidité.  Que l’on ne s’y méprenne pas ! Mon athéisme ne m’empêche pas d’éprouver une vraie émotion lorsque je découvre dans un appartement une petite croix ; le désir de croyance en un au-delà m’a toujours semblé être une réponse à l’inéluctable mort, néant que l’esprit de l’homme se refuse d’admettre… on peut le comprendre.

Le Symbole.

Le drame qui s’est déroulé hier dans la banlieue de Rouen est extraordinairement symbolique.  L’égorgement d’un prêtre au pied de son autel, au cours de la messe matinale, dans une église où ne se trouvent que cinq fidèles, voilà qui nous ébranle, qui touche en nous des fibres lointaines mais tellement présentes de  notre civilisation judéo-chrétienne.  L’assassinat du prêtre, pas de n’importe quel prêtre, un homme de quatre-vingt-six ans, au visage émacié, tête de moineau déplumée émergeant d’une chasuble dont sans doute le poids lui est lourd à porter.  Non !   Ils n’ont pas assassiné un jeune curé à poitrail de rugbyman, à cou de taureau ; c’est à un inoffensif vieillard qu’ils se sont attaqués, qu’ils ont égorgé pendant la messe, au pied de son autel, sacrifice quasi biblique !  La symbolique est immense, lourde, elle touche à l’essentiel, elle parle à nos cœurs de croyants… ou d’athées !  Parmi le monceau d’images dont  les télévisions nous abreuvent, il en est une qui donne un sens tout particulier à ce meurtre.  Cette commune a un maire communiste, cet homme s’est exprimé… entre ses sanglots, il n’a pu articuler que deux phrases… un maire communiste qui ne retient plus ses larmes face à l’ignoble assassinat du prêtre de sa commune.  Y-a-t-il un spectre plus large de la société française, du maire communiste… au curé !  Quel symbole de notre société… de notre civilisation.  Oui !  Voilà bien la preuve que ce n’est pas seulement ce vieux curé que les monstres ont égorgé mais c’est aussi notre civilisation !  Peut-on imaginer crime plus rituel ?  La victime, le lieu, le mode d’assassinat, le moment !  Tous les ingrédients de la symbolique sont présents, nous parlent, nous renvoient à l’histoire, aux pires moments des guerres de religions.  Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que certaines régions d’Allemagne ont vu leur population réduite de moitié lors de la Guerre de Trente Ans, pour ne pas évoquer les horreurs du 24 Août 1572 lors de la Saint Barthélemy… n’en doutons pas, voilà où nous renvoient les monstres se réclamant de l’Islam radical.  Je ne peux pas ne pas évoquer non plus l’assassinat systématique des communautés chrétiennes du Moyen Orient qui jour après jour subissent des persécutions sous prétexte qu’elles seraient les derniers représentants des croisés honnis alors que ces ignares ne savent pas qu’elles sont les derniers témoins des âges du Christ !  Nous devons le reconnaître ces meurtres des chrétiens d’orient n’ont guère ému en Occident, c’était loin, cela ne nous touchait pas directement… comme toujours la lâcheté, notre lâcheté se paye, nous la payons, nous la payerons encore longtemps !

Le Piège.

En France, les chiffres varient selon les sources, mais on évoque généralement que cinq millions de musulmans vivent sur le territoire national, sur soixante- six millions d’habitants, à Bruxelles quarante pourcent de la population serait musulmane, les démographes affirment que dans dix ou quinze ans la ville sera à majorité musulmane.  De fait, les islamistes appliquent à front renversé la stratégie du FLN en 1958, au moment où il a lancé sa campagne de bombes dans Alger notamment au Milk Bar et sur la corniche d’Alger, tuant un maximum de jeunes gens dans les lieux où ceux-ci se rassemblaient, l’objectif proclamé était « créer un fleuve de sang entre la communauté musulmane et les Pieds noirs de façon à rendre toute cohabitation impossible ».  Il y avait à l’époque en Algérie un million de Français et neuf millions et demi d’Algériens.  On connaît la suite !  Il fallut choisir entre le cercueil et la valise.  C’est exactement le même but que recherchent les islamistes et leurs thuriféraires.  Convaincre un maximum de musulmans que les pays d’Europe qui les ont accueillis ne sont que des terres où l’Islam est pourchassé, discriminé, insulté, jour après jour !  La preuve par « Charlie Hebdo ».   En un mot, des pays où le vivre ensemble est impossible ! Des pays où l’Islam n’a pas sa place comme religion, parmi les autres.  C’est ce même fleuve de sang qu’ils tentent d’alimenter crime après crime.  On entend, surtout en France, de plus en plus souvent des propositions visant à créer des camps de rétention, quelle pudeur pour appeler ce qui ne seraient que des camps de concentrations, voir à arrêter « préventivement » toute personne suspectée de radicalisation !  Voilà le piège, basculer dans de telles pratiques conduirait immanquablement à l’isolement des communautés musulmanes d’Europe, à les couper des communautés nationales… à faire ce que les Islamistes veulent… de crimes en meurtres, certains n’hésiteraient plus à s’en prendre au hasard à des musulmans.  Pour reprendre l’analogie de la guerre d’Algérie, les desperados de l’OAS ordonnaient de tuer un jour tous les facteurs algériens, le lendemain, tous les bouchers, le surlendemain tous les épiciers… ce fut une suite de meurtres ignobles, sans le moindre sens !  Sinon de terroriser la population musulmane.  Non !  Nous ne devons abdiquer aucune de nos libertés, nous devons rester, envers et contre tout, des états de droit.  L’arsenal judiciaire existe, il doit être appliqué avec la plus extrême rigueur, sans la moindre faiblesse.  Mais abdiquer nos libertés serait faire le jeu des terroristes… Ne tombons pas dans ce piège.

Comment s’en sortir.

La première des clés est entre les mains des musulmans.  Il faut qu’ils s’expriment avec force, sans ambiguïté, sans atermoiement, sans la moindre nuance pour condamner ces crimes atroces qui, qu’ils le veuillent ou non, que cela les choque ou non, sont commis au nom de LEUR religion !

Ensuite, il faut détruire de la façon la plus urgente les théories du complot qui font florès au sein de la communauté musulmane.  Une fois ce sont les Illuminati, une autre les Francs-maçons, une troisième les Américains, ou encore… mais c’est bien sûr le Mossad ou les Israéliens… ceux-là ils sont partout… c’est  bien connu depuis les années 40, ceux-là ils sont responsables de tout !  Leurs doigts crochus, si parfaitement dessinés récemment sur une affiche du PAC de Molenbeek Saint-Jean, enserrent le globe terrestre !  Cher lecteur, vous croyez que j’exagère…détrompez-vous, ce genre de théorie est extrêmement fréquente parmi les musulmans Belges ou Français !  C’est ce genre de justification qui est mise en avant pour expliquer l’inexplicable que ne peuvent comprendre ni admettre en toute bonne foi une masse de nos compatriotes de religion musulmane.  Dès lors, pourquoi ne pas trouver un refuge confortable de l’esprit grâce à l’une des multiples théories du complot.  Les média, les politiques ont l’impérieux devoir de combattre partout ce genre d’ineptie.  Il est vrai que cela n’est pas simple quand on voit Philippe Moureaux, l’ancien bourgmestre de Molenbeek, vice-président du PS s’afficher au premier rang en compagnie de sa malheureuse fille lors d’une conférence de Tarek Ramadan, dont les ambiguïtés sont connues de longue date, et que pire encore, à quelques mètres de celui qui fut longtemps professeur de critique historique, se vend « Le protocole des sages de Sion » faux antisémite qui nourrit les pires horreurs.  Apparemment, cela ne l’a en rien gêné !  En Septembre, il descendra encore d’un cran le toboggan du déshonneur en s’affichant comme conférencier aux côtés de ce même Tarek Ramadan, vous savez celui-là même qui au cours d’un débat avec Sarkozy se refusait à condamner la lapidation des femmes adultères, tout juste acceptait-il un moratoire !  Le brave cœur !
Ce soir-là, j’ai aimé Sarkozy…c’est dire !

L’autre clé est aux mains des politiques.  Il est impératif, urgent de mettre fin aux votes multiples (faculté de voter pour plusieurs candidats sur une même liste),
de les limiter à trois au maximum.  Tout le monde sait à Bruxelles que le vote multiple conduit à des campagnes électorales exclusivement communautaires, au prix de concessions dramatiques sur nos valeurs essentielles. C’est cette aberration qui a conduit le parlement bruxellois à être ce qu’il est, où la représentation est totalement déséquilibrée.  Pour le PS bruxellois, c’est vital s’il veut encore représenter l’ensemble de la population de notre région.  Il faut cesser de tergiverser sur la laïcité, sur l’extension du hallal, sur le voile, sur les horaires distincts dans les piscines.  De petits reculs, en petites lâchetés, c’est notre civilisation qu’on trahit !  Le résultat, nous venons tous de le voir en Belgique, en France, en Allemagne.  Je le crie aux responsables politiques en charge de notre avenir… écoutez ce qui monte dans la population, n’ayez plus comme seule ligne d’horizon votre réélection.  L’horreur n’est pas à nos portes, elle est dans nos maisons, elle est sur nos boulevards, elle est dans nos métros, elle est dans nos aéroports… elle est dans nos églises.  Si vous ne réagissez pas l’Histoire retiendra vos noms à côté de ceux qui ont trahi leurs devoirs essentiels !  L’infamie dans l’Histoire pour une réélection, le choix devrait être facile.

Et puis, il y a l’essentiel !  L’avenir !  Notre avenir, celui de nos enfants. L’enseignement communal !  Tout le monde le sait, dans certains quartiers les enseignants sont confrontés à d’inextricables difficultés ayant face à eux des enfants dont les parents ne parlent pas Français, qui ne regardent pas la TV en Français, qui sont dans des classes surpeuplées et dont les démographes, qu’apparemment personne ne lit, nous annoncent que ce sera encore bien pire dans les années qui viennent… Est-il faux de dire qu’aujourd’hui dans nos écoles, où il est impossible de transmettre nos valeurs… on fabrique non seulement des chômeurs mais aussi des enfants perdus qui pourraient se laisser tenter par les pires des solutions !  Ce n’est que grâce à un enseignement de nos valeurs et à des formations débouchant sur de vrais emplois que des solutions pourront être dégagées à long terme.  N’êtes-vous pas impressionnés par le fait que la plupart de ces terroristes entrent dans l’horreur en sortant du banditisme petit ou grand ? L’une de mes amies, directrice d’école retraitée, a l’un de ses anciens élèves dans une de nos prisons !  Toute cette problématique dépasse de loin Bruxelles, la Belgique, il n’en reste pas moins que le monde entier a compris et a écrit que Molenbeek a été le laboratoire du terrorisme européen.

Ne serait-ce pas un horizon magnifique pour le PS bruxellois et Wallon de construire avec tous les belges un autre rêve… de prendre les mesures pour sortir de la spirale de la discrimination conduisant dans certains cas vers le terrorisme et la haine de nos valeurs.  Mener la guerre contre la terreur ce n’est pas seulement mettre des soldats, des policiers sur nos trottoirs mais aussi et d’abord de modifier les mécanismes électoraux pervers,  de ne plus transiger sur nos valeurs, de prendre enfin sérieusement en main l’éducation des enfants de ces familles qui, c’est un fait avéré, seront à Bruxelles majoritaires dans dix ou quinze ans.

Lettre Ouverte à Brahim Datoussaid qui a quitté le PS pour le parti « ISLAM ».

Brahim, cela fait maintenant de longues années que nous nous connaissons. Il doit y avoir quinze ou vingt ans, tu as quitté une première fois le PS suite à l’une de mes remarques, un peu rude je l’avoue, sur le poids de certaines religions dans la vie publique. Tu as rejoint le SP, puis tu as, selon certaines rumeurs été voir ailleurs si l’herbe était plus verte.

Enfin, tu es revenu au bercail socialiste, tu as joué un rôle considérable par ta capacité de mobilisation d’une foule de gens dont, je t’avoue, nous nous sommes toujours demandés où tu allais les pêcher ? Il n’en reste pas moins que ton travail fut considérable. Distribuer un tract en 45’ dans toutes les boîtes aux lettres d’une commune de cinquante mille habitants fut une sorte de record. Nous l’avons réussi grâce à toi, et pas qu’une fois !

Cette activité débordante m’a conduit à éprouver le sentiment d’avoir une dette à ton égard, sentiment partagé par Mireille, mon épouse, tu sais celle à qui tu as dit récemment, en riant, que tes « nouveaux » amis ne l’obligeraient pas à porter la Burqa ! C’est à cause de ton travail exceptionnel lors des communales que nous t’avons soutenu, rien de plus, rien de moins !

La façon dont le PS de Jette, ou plutôt les rares débris qui en reste, s’est conduit à ton égard,  a été sans conteste odieuse; qu’un mandataire manifestement lourdement aviné te suggère d’aller voter au Maroc plutôt qu’à Bruxelles, que tu doives appeler la police pour pouvoir participer à un vote interne, fut absolument scandaleux. Pour ma part depuis Octobre 2012, je me garde bien de formuler quelque remarque que ce soit sur le pitoyable naufrage de la section du PS de Jette. C’est la responsabilité des autorités de la fédération.
Mais ton passage au parti « Islam » est à mes yeux beaucoup plus qu’un simple changement de choix politique, ceux-ci sont de plus en plus nombreux; faire son « marché » pour tenter d’être élu démontre une absence totale de conviction politique, malheureusement de plus en plus répandue parmi ceux pour qui une élection n’est que l’ascenseur social, une sorte de Jackpot, dénué de toute charge idéologique. Mais je le répète, choisir le parti « Islam » c’est bien autre chose !

D’abord, cela implique que malgré ta présence dans nos rangs et dans ceux du SP, tu n’as à aucun moment épousé nos valeurs. Nous en assumons une responsabilité. Nous n’avons pas été capables de te faire adopter notre foi en la démocratie, dans le progrès … dans l’avenir, notre profond attachement à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, notre conviction que l’égalité homme/femme est un principe fondamental inviolable et enfin que religion et politique sont des choses qui doivent rester totalement séparées. Ton passage dans un parti qui publiquement réclamait en 2012 l’application de la Sharia en Belgique démontre que nous avons, malgré ta longue présence dans des partis de gauche, totalement échoué à te faire comprendre et partager les principes fondamentaux que je viens d’énumérer.

Tu as donc rejoint des dévots de l’ordre électoral pour qui les paroles de l’Internationale devraient être modifiées et devenir les suivantes : « C’est la lutte finale, la foi musulmane sera le genre humain».  Tu espères peut-être faire évoluer tes nouveaux amis politiques, tu sembles ignorer qu’à la fin ce sont toujours les plus durs qui imposent leur foi aux plus modérés ! Regarde les jeunes filles qui se voilent pour ne pas se faire insulter ou critiquer … je peux te citer quelques exemples emblématiques !
Il y a plus grave, beaucoup plus grave.

En rejoignant cette formation, tu fais un tort considérable à la communauté musulmane de Bruxelles. Ton nouveau parti, aux yeux de nombreuses personnes, démontre que cette communauté ne s’intégrera jamais, qu’elle n’en a nullement la volonté et pour reprendre les termes mêmes des candidats de ton parti, veut créer un Kalifat en Belgique et en Europe. Tu n’as donc nullement songé à ces milliers de musulmans qui vivent et pratiquent leur foi, dans le respect des institutions démocratiques de notre pays, qui, luttant contre la discrimination, le racisme, ont travaillé dur pour s’imposer, trouver leur voie, étudier et occuper leur juste place dans notre société.

Non ! Tu ne trahis pas le Parti socialiste, quelle importance, l’histoire nous prouve qu’il s’est toujours très bien trahi lui-même ! Non ! C’est bien pire, tu trahis tous ceux qui partagent ta foi musulmane et qui, eux, veulent vivre avec nous, comme nous, tout en pratiquant leur foi dans la sphère privé, comme le font les Juifs, les catholiques, les protestants, les bouddhistes … Oui Brahim, ce sont eux que tu rejettes dans un ghetto, mot lourd de sens, ce sont eux que tu blesses, ce sont eux que tu empêches de progresser, pire que tu fais régresser.
Ce que prône ton nouveau parti, n’est même pas le multiculturalisme qui est déjà une forme d’apartheid, ce serait déjà énorme, mais bien plus grave, un basculement pur et simple vers un état islamique dont personne ne veut ni l’immense majorité des musulmans vivant en Belgique ni bien sûr tous les autres habitants de notre pays.

Quel mauvais service tu rends à ta communauté ! Tu la replonges dans la gangue dont une majorité, malgré le racisme et la discrimination, avait réussi à s’extraire. En outre, je me pose une question … tes nouveaux amis qui vivent en Belgique, peut-être y sont nés, comment acceptent-ils d’habiter dans un pays qu’ils méprisent, sans se mépriser eux-mêmes ? Pourtant, il ne manque pas de pays où leurs vœux les plus chers sont rencontrés où la sharia s’applique tous les jours, où les femmes sont lapidées, où les homosexuels sont assassinés ! Pourquoi n’y vont- ils pas ? Je suis persuadé que l’actuel ministre de l’intérieur, tel qu’on connait ses opinions, insisterait pour prendre en charge leurs frais de voyage de retour.

Vois-tu Brahim, nous avons déjà débattu de ces questions et tu savais fort bien que Mireille et moi sommes :
– Partisans d’une laïcité respectueuse de la foi de chacun
– Partisans d’une séparation totale de la religion et de la politique
– Partisans d’une totale égalité Femme/Homme, exigeante et intégrale
– Partisans d’une totale liberté d’expression
– Partisans du respect de l’orientation sexuelle de chacune et chacun
– Opposés aux horaires différents selon le sexe dans les piscines
– Opposés à ce que toutes les nourritures servies dans les écoles publiques répondent aux exigences religieuses
– Opposés au port du voile dans les services publics
– Opposés à tous les « petits accommodements » qui de fait conduisent à un basculement de notre civilisation, un retour à des principes d’un autre temps !

Tous les éléments cités ci-dessus faisaient consensus général dans le PS d’il y a quinze ou vingt ans, et ceux qui aujourd’hui, les lisent la bouche en cul de poule, hésitant, fébriles, calculant l’impact électoral de leur respect, estimant qu’ici ou là des aménagements sont possibles, ne sont motivés, crois-moi, que par des raisons exclusivement électorales ! Ceux là, pour être élus ou pour faire élire leur rejeton dynastique, trouveraient que se mettre un os dans le nez, serait acceptable pour un agent d’un service public, si une telle pratique était exigée par une quelconque religion, religion pratiquée bien sûr par un nombre suffisamment important d’électeurs …Voilà la clé, l’unique clé !

Eh Bien vois-tu ! Nous sommes quelques-uns à la refuser, nous estimons que les valeurs que nous défendons ne se découpent pas en rondelles de saucisson. On ne transige pas avec la liberté d’être et de penser.

Voilà ! J’espère qu’ainsi les choses seront claires pour toi en ce qui nous concerne … et que jamais, en aucune occasion tu ne feras référence à nous qui, comme tu as pu le lire sommes totalement, fermement, irrévocablement opposés à ta nouvelle orientation politique … mais je me pose une question, est-ce bien une nouvelle orientation ? A toi d’y répondre … avec ta conscience !

Qui veut la peau d’Yvan Mayeur… et Pourquoi ?

Pourquoi, après beaucoup d’hésitation, ai –je envie de parler de Mayeur ?

L’étonnant déferlement de haine subi par Mayeur m’avait étonné par sa virulence, souvent par sa stupidité, toujours par ses contre vérités.  Mais après tout, c’est le lot de tout personnage public, il faut savoir l’assumer, avoir le cuir épais…et puis un clou chasse l’autre, les média se fatiguent… même du pire.  Mais dernièrement me promenant au bois, je rencontrai un ami qui nous avait aidés pendant la dernière campagne électorale.  On échangea quelques mots sur la campagne anti-Mayeur quand soudain, il me dit « Mayeur paie son caractère tranchant… vous savez ce que c’est vous aussi. »  Ah ! Bon !  Donc, un politique ne doit pas trancher !  Ne doit pas décider !

Et puis, le comble,  il y a une quinzaine de jours un article du « Soir » où en italique, on pouvait lire les témoignages de quelques personnes présentées comme des mandataires socialistes mais qui à l’une ou l’autre exception ( Moureaux, hilarant en père noble donneur de leçon de modération ! Grand numéro comique ! ) témoignaient anonymement…Oui, ces courageux « amis » donnaient au journaliste leur avis sur Mayeur mais avaient refusé d’être cités nommément !  C’était une fois de plus au PS de Bruxelles l’application intégrale de l’article 22 des statuts qui stipulent « chacun se démerde comme il peut. »

J’ai donc décidé de m’exprimer, comme toujours à mes risques et périls, laissant l’anonymat à ceux qui, sous l’occupation, auraient fait une belle carrière et seraient passés entre les gouttes, n’est-ce pas là l’essentiel…pour ce type de personnage !

Un étudiant passionné.

Pendant une petite dizaine d’années, étant agrégé de l’enseignement supérieur, j’ai eu le privilège de donner deux cours à l’école qui aujourd’hui porte le prétentieux nom de Haute école libre de Bruxelles Ilya Prigogine.  A l’époque où j’y enseignais, elle s’appelait beaucoup  plus modestement Ecole Ouvrière Supérieure ( EOS ).   Yvan Mayeur fut l’un de mes élèves, passionné de politique, militant aux Jeunes socialistes, son père était Conseiller Communal à Saint – Gilles.  Tout en lui annonçait l’engagement politique futur.  Toujours souriant, très actif pendant les cours.  Ce fut l’un de ces élèves qu’on n’oublie pas. A cet époque, il fut victime d’un assez sérieux accident de mobylette…mâchoire fracturée, rafistolée bizarrement par les médecins au moyen d’élastiques lui soutenant le bas du visage…étonnante vision.  Cela faisait rigoler tout le monde, même lui, malgré d’importantes douleurs.  Pas besoin de préciser qu’il fut excellent aux examens dans la mesure où mes cours portaient sur la politique.  Depuis cette époque, je ne le perdais plus de vue, sans jamais cependant être l’un de ses très proches, c’est encore le cas aujourd’hui.

Le CPAS de Bruxelles, le réseau IRIS, les premiers « ennemis. »

Élu de Bruxelles, il devint président du CPAS. Un mandat qui me touche dans la mesure où mon grand-père, élu communiste dans l’après guerre, fut mandataire, de ce que l’on appelait à l’époque l’Assistance publique.  On chargea en outre Mayeur de prendre la tête du réseau Iris pour y mettre de l’ordre.  Tâche difficile entre toutes car cette problématique, que l’on avait laissé pourrir pendant des dizaines d’années, impliquait l’université, les hôpitaux, privés et publics, et surtout un certain nombre de mandarins bien décidés à conserver leurs privilèges.  Mayeur eut beaucoup de difficultés mais il parvint à rationaliser ce secteur essentiel pour la politique de santé à Bruxelles.  A l’époque, j’étais assez souvent en contact avec Marc Van Campenhoudt, directeur de la clinique Sainte-Elisabeth et fer de lance du réseau des hôpitaux privés. L’adversaire numéro un de Mayeur.  Bien que très opposés en termes politiques, au plan personnel nous avions une excellente relation, ce n’était pas un cul béni, comme il y en a tant à gauche, osant prendre des positions parfois iconoclastes pour ses amis politiques. De plus j’admirais ses qualités de gestionnaire, la façon dont il avait modernisé les établissements qu’il gérait.  Bref, on s’entendait fort bien.  Mais au travers de ce qu’il m’expliquait des réactions des médecins des réseaux libres et publics, je percevais combien l’action, nécessaire, d’Yvan Mayeur, gênait, combien le nombre de ses adversaires était grand…et donc combien il se faisait « d’ennemis »  bien décidés à ne jamais l’épargner.  De plus, Mayeur gérait avec autorité le CPAS de Bruxelles et tenta même, quelle audace de fédérer les CPAS des 19 communes, au grand dam de certains présidents qui se trouvaient parfaitement à l’aise au sein d’institutions qui bien que confrontées à d’énormes problèmes étaient pour certaines gérées dans l’esprit des années vingt…pour les plus efficaces.  D’où un nouveau groupe bien fourni d’adversaires

La section du PS de Bruxelles Ville. 

Cette section, son fonctionnement, son dynamisme tranchent avec la plupart des autres.  Il faut savoir que la fédération n’y a pratiquement plus rien à dire depuis l’éviction de de Donnea du mayorat.  Les Bruxellois prirent cette décision en s’opposant à la fédération et en particulier à Moureaux.  Ils avaient par contre le feu vert de Di Rupo. Mais depuis 2000, cette section fait pratiquement cavalier seul, sans que cette rupture apparaisse par trop brutale, chacun mettant de l’eau dans son vin, préservant les apparences.  Il n’en reste pas moins que la cuisine se fait à l’intérieur, les grandes décisions sont prises sans interventions fédérales…au grand déplaisir de Moureaux qui pendant des années ne se privait pas de me dire tout le mal qu’il pensait de la politique menée par la ville.  De plus, cette section fonctionne contrairement à tant d’autres devenues fantomatiques, des agendas existent, les élections internes se pratiquent normalement, les instances dirigeantes ont su mettre au point une vraie diversité qui malheureusement ne se voit pas au niveau des élus du fait de l’effet mécanique pervers du système scandaleux des votes multiples. Il n’empêche qu’existe là un vivier de mandataires d’avenir, c’est assez rare au PS Bruxellois que pour être souligné. Une section qui fonctionne, un groupe de dirigeants et d’élus soudés, évidemment voilà de quoi faire des jaloux…du genre de ceux qui témoignent… anonymement dans la presse.

Mayeur vice-président de la fédération ?  Non jamais !

Il y a une petite vingtaine d’année, il avait été question en bureau politique de désigner Yvan Mayeur en qualité de vice-président de la fédération.  L’accord avait été unanime.  Picqué n’avait pas bronché.  On voulait une image jeune, dynamique.  Vers une heure du matin Picqué téléphona à Moureaux pour lui dire que cela n’était pas possible, il ne pouvait accepter que Mayeur accède à cette fonction, que cela lui ferait de l’ombre qu’il ne « sentait » pas Mayeur (sic).  Il en fut donc ainsi !  Pas question de confier une telle fonction à un type qui a du tempérament et ne se couche pas dès qu’on lui demande d’écraser.  Non !  Bien préférable sont les multiples muets du sérail, ils sont gentils, supportent tout, jamais de vague, surtout jamais une idée…important ça, ne pas avoir d’idée.  J’en ai connus de ces ectoplasmes, certains ont fait de longue, de fructueuse carrière ; je songe à l’un d’entre eux, éphémère journaliste ; il fut le souffre douleur attitré de Moureaux pendant de nombreuses années ; celui-ci avait un malin plaisir de le rudoyer, à l’humilier en public ; la victime ne disait rien, ne cillait pas, à peine une légère rougeur colorait son front sans atteindre les joues, ses yeux se faisaient un peu plus vagues….pas plus, il fut député et bourgmestre pendant de nombreuses années et aujourd’hui cultive avec délectation sa science œnologique…sa commune est dans un état catastrophique…mais ça c’est un détail de l’histoire ; voilà le genre de mandataire à qui l’on peut confier n’importe quelle fonction….on est certain qu’il n’y aura aucun problème.  Je songe à cette formule de Churchill à propos d’Attlee, « une voiture vide s’arrête Attlee en descend ».  Il y a pléthore de voitures vides à Bruxelles !

Encore un crime, Mayeur défend la laïcité.

Dans une fédération où pour certains le mot laïcité est devenu imprononçable, ou pire une insulte, Mayeur ajoute à ses défauts celui de défendre celle-ci, de ne pas transiger, de ne pas tricher, et pire encore sa section le suit dans cette voie sans concession.  « C’est vraiment un type insupportable…il va nous faire perdre des voix » voilà ce qu’on entend à son propos dans la fédération.  Evidemment, depuis que la concentration des assassins islamistes à Molenbeek est mondialement connue, un certain nombre de  ceux qui le traitaient de laïcard sont bien embêtés, les suivistes ne savent plus sur quel pied danser, ils attendent de quel côté la tartine à confiture va tomber.  Bien sûr, ils sont nombreux ceux qui à la Bourse vont pleurer…que d’un œil, verser des larmes de crocodiles pour arroser les fleurs déposées là, espérant faire croître leur stock de voix aux prochaines élections.  Pour la laïcité, on verra plus tard.  Et puis comme le disent tant de nos électeurs, la laïcité n’était-elle pas une « religion » comme les autres !  Surtout ne pas leur expliquer que ce n’est pas vrai, on pourrait les perdre.

Un bourgmestre non élu ! Vraiment ! Un mot sur la loi communale.

Combien de fois ai-je lu et entendu que Mayeur n’avait jamais été élu, et donc qu’il n’avait aucune légitimité à exercer le mandat de bourgmestre.  Ceux qui ont écrit ou dit cela n’ont fait que démontrer leur mauvaise fois, leur stupidité ou leur ignorance.  Le lecteur choisira !  A Bruxelles, jamais aucun, j’insiste aucun bourgmestre n’a été élu.  La loi prévoit que le candidat bourgmestre est présenté sur une liste signé par les conseillers communaux qui constitueront la prochaine majorité.  C’est alors, sur base de cette présentation que l’autorité de tutelle nomme le bourgmestre, ce fut longtemps le Roi, en l’occurrence le ministre de l’intérieur, c’est maintenant l’autorité de tutelle. Donc le prédécesseur de Mayeur ne fut pas plus élu que lui.  J’ai vraiment été étonné que la presse ne donne pas cette précision essentielle…sans doute a-t-on estimé que cela n’était pas utile, mieux valait faire croire que Mayeur était un vil usurpateur…et puis quand on essaye d’accabler un mandataire faut-il dire toute la vérité ?  Apparemment ceux qui veulent le scalp de Mayeur estimaient que la vérité n’avait pas droit de cité dans cette affaire.

Curieux quand même, surtout après l’épisode burlesque survenu à Ganshoren où lors des dernières élections communales, le candidat bourgmestre présenté par un groupe majoritaire de conseillers communaux, une fois en possession de cette liste de présentation signée en bonne et due forme, constitua une autre majorité…énorme non !  Eh ! Bien ! Nul ne songea à faire le parallèle avec ce que certains affirmaient sur Mayeur.  Le bourgmestre de Ganshoren a clairement trahi ceux qui lui ont fait d’abord confiance en le présentant à la fonction de Bourgmestre.  Il n’a pas plus été élu que Mayeur ou n’importe quel autre bourgmestre…et pire, il gère avec d’autres que ceux qui l’ont en premier présenté en qualité de bourgmestre.  Qui Mayeur a-t- il trahi ? Tout le microcosme politique de la ville savait bien avant les élections qu’il serait le futur bourgmestre.

Ce n’est plus trahir un secret que de préciser que l’accord entre le précédent bourgmestre et Mayeur sur la succession à la fonction de bourgmestre de Bruxelles existait depuis bien avant les dernières élections communales.  Cependant le bourgmestre sortant n’avait pas souhaité que la date de son départ soit mentionnée dans cet accord.  Voilà la seule raison pour laquelle le remplacement n’a eu lieu qu’après les élections.  Pour le reste, je ne m’appesantirai pas sur les raisons de ce trop long délai, ayant horreur de l’odeur nauséabonde qui sourd de la cuisine où l’on mitonne et répartit les mandats rémunérateurs avec voitures de fonction.

Le crime suprême, le retour des libéraux au collège, l’éviction du CDH.

Depuis 2004, j’ai toujours plaidé à la fédération et dans différents contacts pour que le MR revienne au pouvoir à la Région et à la ville de Bruxelles.  J’ai conservé des liens étroits avec des mandataires libéraux bruxellois et ai tenté à différentes reprises que des rapprochements s’opèrent, en vain !  La volonté d’écarter les libéraux était d’autant plus ridicule que la région dans la situation tragique où elle se trouve depuis longtemps requiert le concours de tous.  Mais non !  certains dont Moureaux en tête estimaient qu’il convenait de gérer partout « bloc contre bloc » comme disait Staline en 1933, (on a les références qu’on peut ) ce qui permit à Hitler d’arriver au pouvoir en Allemagne.  Ceux qui avaient le malheur d’évoquer un retour des libéraux étaient considérés comme des traîtres de classe par ces marxistes en peau de lapin qui de fait ne savent pas ce qu’est le monde des travailleurs, nés dans le sérail, ils en sont les gardiens et croient faire de la grande politique quand ils ne sont au mieux que des Machiavel d’arrondissement électoral.  Amusant d’ailleurs de constater que leur opposition à la présence des libéraux au régional ne les empêchaient nullement de gérer leur commune avec ces horribles « ennemis du monde du travail » . Quelle blague !

2012, le PS de Bruxelles fait le choix du retour des libéraux.  Cette transition parfaitement démocratique est imputée à Mayeur seul !  Alors que c’est le choix très largement partagé de la section, mais bon !  Là n’est pas l’essentiel, le point important c’est Milquet !   Comment ont-ils osé ?  Mettre une femme politique de ce calibre dans l’opposition, elle qui fut si judicieusement remplacée au collège, étant ministre, par des personnages si pittoresques !  Là est, sans conteste le crime rédhibitoire, irrémissible qu’il fallait faire payer à Mayeur.

Il est démontré que le poids politique du CDH à Bruxelles est pour le moins léger, mais dans la mesure où le PS voulait gouverner sans le MR, cette toute petite formation était indispensable.  On en eut la preuve à la Communauté française où pour pitonner le CDH dans la majorité on confia à Mme Milquet une somme considérable de compétences. Le CDH ayant été pendant des dizaines d’années le parasite du CVP, puis telle une tique sautant sur un autre animal, elle devint celui du PS.  Cette permanence au pouvoir lui permit de nommer des masses de fonctionnaires, de magistrats en particulier….important ça ! d’avoir de très nombreux relais dans la presse, de pouvoir actionner nombre de lobbys.  Avec l’exclusion du CDH Mayeur emplissait d’un coup sa hotte « d’ennemis ».  Là, c’était le gros paquet.  Dans les dîners en ville, chez les gens qui « comptent », c’est tout juste s’il ne devenait pas le bolchevik de la célèbre affiche le couteau sanglant entre les dents, la tête couverte d’un casque à la Boudieny !   Mieux, on s’en prenait à celle qui depuis des années faisait au CPAS un excellent travail, elle aussi devenait illégitime, scandaleuse…son crime elle allait succéder à Mayeur.  Pourtant, ni elle, ni Mayeur n’avait engagé des gens dans leur cabinet dont on aurait pu supposer… comme les gens sont méchants, qu’ils auraient pu agir en vue de soutenir leur campagne électorale !  Mais le crime était commis, le CDH quittait le collège de Bruxelles.  Mayeur devra payer !  Il payera personne n’en doute.

La Police.

A peine en fonction, premiers incidents…et par n’importe lesquels avec la police.  Au cours d’une manifestation ayant dégénéré le bourgmestre aurait donné des ordres contradictoires, il aurait manqué à ses devoirs.  Immédiatement, le CDH fait fonctionner ses relais, la caisse de résonnance médiatique fonctionne à la perfection.  Mayeur a tous les torts !  Aucun doute !

Pour qui se prend-il ce type qui se revendique de gauche ?  donner des ordres à la police ?  On aura tout vu !

Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que dès son entrée en fonction, comme il l’avait dit en campagne électorale, Mayeur a demandé au corps de police de lutter de manière très déterminée contre les dealers.  Mais il a fait pire, il a demandé que soient installées des caméras dans les commissariats.  Que voilà une idée saugrenue, que dire scandaleuse, inacceptable.  Que cette mesure soit appliquée dans différents pays limitrophes n’émeut personne.  Pas de ça chez nous !  Ah !  Mais alors, ce n’est quand même pas le bourgmestre qui va décider !  Je m’excuse de vous demander pardon comme dirai l’agent 22, mais c’est la loi qui prévoit que ce sont les bourgmestre et le conseil de police qui décident !  Il faut croire qu’on l’avait oublié.

J’ai bien connu un bourgmestre dans une autre commune, solennel… pompeux imbécile, il se reconnaîtra…j’espère,  qui entretenait des relations idylliques avec ses commissaires.  Il avait une technique bien rodé…et une foi à toute épreuve !  Sa technique était simple, une ou deux fois par semaine, il invitait à déjeûner les principaux commissaires de sa zone.  On se mettait à table vers midi trente, on la quittait vers seize heures, repus…et on le devine parfaitement avinés, titubant mais pas de problème tous les convives disposaient de voitures et de chauffeurs.  Lui, aucun restaurateur ne lui aurait refusé l’entrée, on l’adorait, en sortant il faisait la bise à la patronne, lui caressait le bas du dos…et plus si affinités !  On l’adorait !  Ce bourgmestre là ne fut jamais contesté par son corps de police, il n’eut jamais la moindre difficulté…comme on dit, « il était aimé de ses hommes. »  Bien voyons, on le serait à moins.  Pour son malheur, ce n’est pas le genre de Mayeur.  Il faut donc qu’il le paye…Pour qui se prend-il !  La police voilà bien un secteur trop important pour le laisser aux mains douteuses d’un quelconque politique…et de gauche en plus !  Non mais !

Ainsi, le moindre incident policier tourne en mise en cause de Mayeur.  Le président de la ligue des droits de l’homme se fait arrêter administrativement par un commissaire… c’était le même semble-t-il qui agissait au moment de la manifestation qui avait mal tourné, un hasard certainement, mais c’est Mayeur qui est responsable. Il aurait donné des instructions contradictoires.  Tout juste si ce n’est pas lui qui avait arrêté l’avocat en balade à la bourse !

Une bande de fascistes débarque sur les grands boulevards pour « casser du bougnoule », c’est encore Mayeur qui est responsable alors que le bourgmestre de la commune où s’étaient rassemblés ces casseurs, conscient de leurs intentions,  leur avait permis d’embarquer dans le train, n’était nullement critiqué.  Amusant non !

Le piétonnier !  Là on va l’avoir, le liquider, exiger sa démission.

D’abord, je crois qu’il n’est pas inutile de préciser que la gestion d’une commune est, en vertu de la loi communale, exécutée par un collège qui lui est élu par les conseillers communaux.  Donc, le piétonnier a été décidé par le collège parfaitement unanime.  Il est vrai que l’on n’a pas beaucoup entendu certains échevins lorsque le tsunami de boue a commencé à tout emporter.  Cela c’est une des grandes lois du genre.  Il est vrai que le bourgmestre comme tête de file de la majorité se doit d’être le premier à assumer les actes du collège. Ce n’est pas vrai partout, j’ai pu constater dans un collège que le bourgmestre avait une étonnante habilité à ne rien assumer et à mentir en permanence quand l’une ou l’autre décision du collège faisait quelques vagues.   Il faut bien le constater, le personnel politique bruxellois est ce qu’il est ! Il est fort bien nourri mais pas courageux… trop à perdre !   Assumer, c’est pas courant, cela ne rapporte que des ennuis… alors si on peut s’en passer, on évite.

Il était question de ce piétonnier depuis près de vingt ans, il y eut de nombreuses concertations, discussions, l’échevine de la mobilité Me Else Ampe, fut chargée du plan de circulation…Mais élue flamande personne ne l’a connait !  amusant de savoir que c’est elle qui avait choisi le restaurant d’où Mayeur fut éjecté… la restauratrice ne savait évidemment pas qui elle était.  Comique non !  J’ai d’ailleurs envie de dire à cette restauratrice dont je comprends les difficultés, que la caisse enregistreuse que lui impose le ministre des finances lui sera bien plus dommageable que le piétonnier…nul doute à ce sujet.

Il faut le reconnaître, la réalisation de ce piétonnier ne pouvait pas tomber dans des circonstances plus catastrophiques, près d’une semaine de couvre feu imposé par le gouvernement fédéral, la catastrophe des tunnels puis le pire les attentats.  Après cela, la catastrophe était inévitable, prévisible.  Que le piétonnier doit être aménagé, redessiné, je n’en doute pas mais ce qui m’a stupéfait, ce fut la personnalisation des critiques adressées au seul Mayeur !  Il était le seul coupable, l’unique mouton noir, celui dont il fallait à tout prix se débarrasser.  On vit fleurir d’étranges affiches, insultantes, on fit courir la rumeur que les employés communaux étaient chargés de menacer les commerçants qui les placardaient !  Bien voyons !  Pourtant jusqu’ici même les pires critiques de Mayeur n’avaient affirmé qu’il était stupide !

Non ! Il fallait qu’il expie son crime, il avait décidé, il avait agi…car c’est bien là le fond du problème, le drame de Mayeur…c’est qu’il décide le bougre !  Voilà sa faute !   Le naïf coupable, il ne pense pas qu’à sa réélection, il croit qu’il peut améliorer les choses, il a une vision de l’avenir de sa ville…voyez vous ça une vision et quoi encore !

Récemment, j’entendais Cohn-Bendit affirmer que la plupart des politiques n’ont comme objectif que leur réélection, le reste ne compte pas.  Fort bien observé.  Ils sont l’immense majorité à n’avoir que cet objectif en tête, j’en ai connu un, bourgmestre de son état, qui en collège disait « il faut arrêter de faire de la gestion, il faut faire de politique… il faut être réélu ».  C’est ainsi qu’on se trouve dans une ville région, où en ce joli mois de mai 2016, plus de 800 enfants bruxellois n’ont pas d’école, où des enfants sont parqués dans des containers, où des enfants sortent des cités ghettos pour aller dans une école ghetto, où il y a six zones de police, où pendant 20 ans les tunnels n’ont pas été entretenus, où la commission d’enquête à ce propos est présidée par le principal responsable et conclut en suggérant « tous coupables donc personne coupable » etc.

Pierre Mauroy, maire de Lille, avait l’habitude de terminer ses journées en se posant la question « Est-ce qu’aujourd’hui on a amélioré le sort des gens ? »
Ce ne serait pas mal que des élus bruxellois se posent cette simple et tellement évidente question.

Avec le piétonnier, Mayeur a sans conteste fait le plein de son stock « d’ennemis. »

Quel type de mandataires voulons nous ?

En prenant quelques distances, il apparait que les critiques faites à Mayeur en disent beaucoup plus sur nous électeurs bruxellois que sur Mayeur.  En effet, quel type de mandataire voulons nous ?  Celui qui ne fait pas de vague, celui qui gère le présent et pense à sa réélection ou celui qui décide et essaye d’innover, de réaliser, en un mot d’agir.  La réponse est évidente, c’est l’apathie, le scepticisme morbide jusqu’au pire des cynismes, voilà ce qui plait !  La passivité des bruxellois devant l’effondrement de leur ville-région m’effare ; pas de réaction face à la problématique des tunnels, pourtant emblématique de la non-gestion, ghettoïsation des logements sociaux et des écoles, imbécilité profonde du décret scolaire…quelques articles, rien de plus.  Je comprends mieux comment les dictatures peuvent perdurer !  La réalité, tout le monde le sait, c’est que la machine à gaz institutionnelle ne fonctionne plus.  Mais on ne fait rien car elle nourrit trop bien ceux qui la peuplent. Et un honnête homme comme Rudi Vervoort tente chaque jour après l’autre de gouverner l’ingouvernable, obligé de naviguer entre les élucubrations des uns et les blocages des autres.  Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a un grand mérite !

Quant au PS, j’ai déjà évoqué l’article 22.  Guy Cudell qui fut lui aussi un novateur m’avait expliqué que chaque fois qu’il tentait de mettre en œuvre une idée nouvelle, le parti lui faisait, discrètement, savoir que si cela tournait mal, il se retrouverait seul !  Donc, à ce niveau rien de neuf.  Pour la plupart, le parti n’est plus qu’une petite entreprise dont le résultat bilantaire se compte en terme de voix, rien à voir avec des idées.  Seule chance de rénovation pour nous, se retrouver partout dans l’opposition.  Perdre la mauvaise graisse de ceux qui ne voient en nous qu’un ascenseur social, sans le moins du monde partager nos valeurs, voir disparaître ceux qui ne voient qu’un plan de carrière comme ligne d’horizon !  Y a du boulot !

Un proverbe Italien dit à peu près ceci « beaucoup d’ennemis, beaucoup de valeurs. »  Voilà qui s’applique bien à Yvan Mayeur, la liste est longue de ceux qu’il a secoués, qu’il continue, qu’il soit , avec ses défauts et ses qualités, quelqu’un qui essaye de secouer le cocotiers et tente de sauver cette ville.

Excuses !

Désolé, je ne suis pas de ceux capables de m’exprimer en 140 caractères.  N’en déplaise à un journaliste de la presse parlée qui avait souligné à propos de l’un de mes articles « qu’il n’était pas arrivé au bout », chaque fois que je l’ai rencontré, j’ai eu le sentiment qu’il n’était pas non plus arrivé au bout de sa toilette matinale !  J’avoue n’avoir jamais eu le courage de lui dire !

Est-il encore possible d’être Juif et membre de certaines sections du PS dans la région de Bruxelles ?

« Il faut savoir nager en eau trouble mais ni point pêcher » . Montaigne.

« En politique, il n’est guère de crime que collectif. »  François Mauriac

« On ne peut pas dissocier la morale de la politique, sinon c’est la violence, la barbarie. »  Albert Camus

Quelle étrange, quelle indécente question !  Effarant qu’on puisse se la poser à notre époque alors que les horreurs indicibles provoquées par l’antisémitisme sont parfaitement connues !

Et pourtant !

D’abord une précision personnelle, pas inutile en l’occurrence.  Je ne suis pas Juif.  Mais j’ai pu observer qu’en général ceux qui faisaient courir le bruit de mon appartenance à cette communauté ne me voulaient pas du bien.  Ainsi, lors de la campagne électorale communale de 1981, un prêtre, très impliqué dans un parti politique, diffusant un journal local, fit courir le bruit que l’un de mes colistiers et moi étions des Juifs Hongrois !  Ne me demandez pas pourquoi Juif Hongrois, je ne l’ai jamais su !  Mais bon !  Un fantasme sans doute, ce curé n’en manquait pas, j’en ai quelques preuves, lorsque je le surpris dans le parc du château de La Hulpe en train de lutiner une conseillère communale bien-pensante, parfaite chaisière…éternelle jupe bleue, chemisier blanc, serre-tête en permanence, me voyant, elle se cacha derrière un arbre.  C’était idiot, j’étais heureux de voir que ce curé avait une bonne et saine sexualité… tout pour me réjouir !

Ensuite, je veux insister sur le fait qu’il ne faut pas généraliser.  Ce qui est malheureusement vrai dans certaines sections, ne l’est évidemment pas dans d’autres !

Maintenant les faits.

Lorsque je dirigeais les Centres d’Entreprises de Molenbeek, j’avais été impressionné par la réaction brutale de l’une de mes collaboratrices.  L’un des jeunes entrepreneurs ne pouvant plus payer son loyer, elle m’affirma, « cela ne m’étonne pas de ce Juif ! », je ne sais pas si ce type était Juif, je n’y avais jamais pensé mais, ce qui me choqua, fut le ton employé et l’incroyable mépris quasi physique que ma collaboratrice montra à cette occasion.  Elle n’était cependant pas membre du PS.  Mais aujourd’hui, je fais le lien entre cet antisémitisme dans quelques quartiers de Bruxelles et le climat qui s’est installé dans certaines sections du parti… et là ça se corse !

Premier exemple.

A Molenbeek, j’avais été chargé de gérer une société à vocation sociale.  Différents mandataires, socialistes et autres faisaient partie du conseil d’administration.  L’un d’entre eux était Juif.  Moi, je le savais.  Mais son nom à consonance Séfarade ne permettait pas à d’autres de la cibler.  Je fus stupéfait de voir qu’au cours d’une des réunions, ce mandataire a caché qu’il était Juif.  Et que pendant toute la période où il exerça ses mandats, il fit en telle sorte de camoufler sa judéité !  J’en déduisis que celle-ci, connue dans la section de Molenbeek en l’occurrence, aurait pu lui causer un certain tort !

Deuxième exemple.

Dans une section du Nord-Ouest de Bruxelles, le président élu à la tête de celle-ci fut, un mauvais jour, confronté à un curieux déballage.  Un membre de la section faisant courir le bruit que la femme de cet éphémère président était Juive, et « qu’il fallait donc se méfier de ce président »,  celui-ci crut devoir publiquement, lors d’une réunion de la section, affirmer que cette référence à sa femme était faite pour lui nuire !  Il n’avait pas tort.   Ah ! bon, donc d’après ce gentil membre, le fait d’avoir épousé une Juive lui porte préjudice au sein d’une section du PS !  Curieuse réaction… qui me fait penser au classement imposé par les lois de Nuremberg de 1935 où ceux qui avaient épousé des Juifs ou des Juives étaient considérés comme des « Mischling. »  En un mot comme en cent, si vous étiez marié à un Juif ou une Juive, vous n’étiez plus un citoyen comme un autre… N’est-ce pas là une atroce résurgence du plus ignoble des passés !

Troisième exemple.

Un malheureux garçon devient président d’une section du PS, celle-ci est à la dérive, les militants ont déserté en masse, il reste tout au plus une bonne vingtaine de membres.  Dans cette section farcie de médiocrité et de rancœur, une élection a lieu !  Quelqu’un est élu !  Même si les votants peuvent facilement tenir dans une cabine téléphonique !  Mais il y a un hic !  Son père serait Juif !  Aie !  Aie !  Aie !  Surtout ne pas le dire !  Cacher autant que possible, ce qui semble bien apparaître en certains lieux comme une humiliante tare !  Eh ! Oui ! Cela se passe comme cela dans certaines sections de la fédération bruxelloise du PS.  Ce parti qui depuis sa création s’est battu pour faire régner la philosophie des lumières.  Quand les lumières risquent de faire perdre des voix… pas de problème on les éteint !

Quatrième exemple.

Dans une importante section d’une commune tout aussi importante, un candidat s’est présenté aux élections.  Lui, peu de doute,  son nom le qualifie immédiatement, difficile de cacher sa filiation !  Pendant la campagne électorale, il sera obligé d’aller « s’expliquer », son origine aurait posé problème ; pas dans la section, il figurait en excellente position sur la liste… Mais il posait manifestement de très sérieux problèmes aux électeurs potentiels de cette liste, qui d’ailleurs a perdu pour la deuxième fois les élections !  J’apprends d’ailleurs aujourd’hui, sur le site internet de la RTBF que ce même élu, est amené à « s’expliquer » à nouveau à propos de certaines déclarations qu’il aurait faites à la presse étrangère, celles-ci n’étant pas copie conforme avec le politiquement correct que l’on peut attendre dans cette fédération de l’un de ses élus !

Cinquième exemple.

Il y a quatre ans, la composante culturelle de la section PS de Molenbeek avait organisé une conférence, l’annonce de celle-ci était faite par affiche.  Cette affiche était l’exacte copie des caricatures nazies du Juif !  Digne de l’exposition qui pendant la guerre a été organisée à Paris et à Bruxelles sur le thème « sachez reconnaître un Juif ».  Sur l’affiche, un Juif, nez crochu, mains pourvues d’ongles démesurément longs et crochus, longue barbe, tresses traditionnelles et kippa, tenant un globe terrestre entre ses mains ignobles.  Oui !  Oui ! Il a été possible de produire et de diffuser une telle affiche dans l’organe culturel du PS de Molenbeek !  Effroyable !  Mais c’est l’horrible, l’ignoble vérité !  Ne croyez vous pas que cela explique certains des derniers événements !
Ah ! j’oubliais… pas d’amalgame !

Sixième exemple.

Un mandataire municipal de Molenbeek et parlementaire régional, n’a-t-il pas traité un journaliste «  d’ordure sioniste » ? Le même n’a-t-il pas affirmé qu’il se sentait proche du Hamas dont il faut peut-être rappeler que cet organisme figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’ONU !  Ces déclarations ne lui ont causé aucun tort !  Il a été publiquement qualifié de « type bien » par la présidente de notre fédération.  Ce même parlementaire se fera d’ailleurs embarqué par la police car il participait avec véhémence à une manifestation devant le commissariat de sa commune où avait été amenée une femme entièrement voilée qui avait refusé le contrôle de police !  Étonnant pour quelqu’un qui à l’époque faisait partie de la majorité communale et donc assumait l’autorité sur les forces de police !  Éclairant non !

Septième exemple.

Celui-ci se passe non pas au PS mais au SP.  L’un des mandataires de cette formation politique qui se proclame de gauche participait à Anvers il y a quelques années à une manifestation dont l’un des slogans hurlés à pleine voix étaient « les juifs dans le gaz ! »    Sympathique hein !  Pas la moindre réaction des autorités politiques de sa formation politique où ce faiseur de voix, l’un des rares, dépasse grâce à une campagne électorale exclusivement communautariste, sa tête de liste !   Pas la moindre réaction au parlement Bruxellois !  Tout le monde s’en fout !   C’est le triomphe de l’islamo-gauchisme jusqu’à ses ultimes ignominies.

Vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup !

L’un doit « s’expliquer » pendant une campagne électorale parce qu’il est Juif, il doit « s’expliquer » sur ses déclarations à la presse sur la situation à Bruxelles alors qu’il n’a fait que décrire une terrible réalité, l’autre qui se dit proche du Hamas et traite un journaliste « d’ordure sioniste » est qualifié par la direction du parti de « type bien » !  Inquiétant non !

Comment s’étonner de l’attitude de ceux qui n’ont pas voulu manifester dimanche aux côtés de tels personnages.  Car n’en doutons pas, ceux-ci ne manquent pas de larmes de crocodile quand il s’agit de pleurer les victimes des attentats.  Le stock de larmes est plein… y en aura pour tout le monde… cela n’empêchera aucun de ces socialistes ayant troqué le rouge pour le brun d’aller demain solliciter des voix dans les mosquées où règnent l’antisémitisme et l’obscurantisme moyenâgeux le plus rétrograde.

Voyage en Israël et en Palestine.

Hier, j’ai regardé le reportage sur cette très belle initiative de Simone Susskind, parlementaire PS bruxelloise, qui a amené une quarantaine de jeunes de toutes origines en Israël et en Palestine.  Je fus très impressionné par la déclaration d’une jeune étudiante.  Au sortir du mémorial de Yad Vashem, le journaliste lui demande ses impressions sur ce qu’elle a vu.  Réponse de la jeune fille : « je suis très impressionnée, mais j’ai peur qu’en rentrant quand je vais dire ce que j’ai vu, on va me dire que j’ai été manipulée » !  Oui !  On en est là, la pression antisémite est à ce point forte que la réalité sera transfigurée en manipulation.

Responsabilités.

Qu’elle est lourde notre responsabilité !  Nous n’avons pas été capables de transmettre nos valeurs, nous avons choisi l’immédiateté des succès électoraux à un travail en profondeur.  Nous n’avons pas voulu voir ce qui se profilait, nous avons été témoins muets, concourant par des réglementations fondées sur de bons sentiments, complices de la ghettoïsation de nos écoles, de nos foyers sociaux, de nos quartiers !  Voilà la réalité que d’aucuns se refusent de voir car elle dérange leurs plans de carrière.  Et ce malgré le fait que l’horreur au sens propre du terme leur éclate à la figure.

Quelle trahison avons-nous commise à l’égard de ces milliers d’immigrés qui courageusement se sont intégrés, font des carrières exceptionnelles, ont sauté tous les obstacles mis par le racisme et la discrimination… et nous leur préférons le dernier des obscurantistes pourvu qu’il rapporte des voix !

J’attends plus !  J’attends mieux de mon vieux grand parti !  Je ne perds pas courage car je vois autour de moi, de plus en plus de membres et non des moindres, certains exerçant parfois de très importantes fonctions admettre que les terrifiants pépins du réel doivent être pris en compte.

Putain.. Il respire encore !

Un petit mot … pour une chose de peu d’importance.  Il y a deux mois, l’un des anciens présidents de ma section rencontrait le secrétaire fédéral de notre parti qui y tient le rôle envié de muet du sérail.  Mon nom fit irruption dans la conversation.  Mon ami, lui précisant que depuis octobre 2012, je n’exerçais plus aucune fonction, que je n’avais plus assisté à la moindre réunion comme je l’avais annoncé après la réception où j’avais annoncé mon retrait de la vie politique locale ;  le secrétaire fédéral eut alors cette curieuse réaction : « oui ! mais il écrit encore ! »  Je me permets de signaler à notre très soumis secrétaire fédéral que pour moi le temps qui passe, c’est le temps qui reste et qu’il ne se préoccupe pas trop… je finirai bien par mourir !

Dieudonné Président… Pourquoi pas !

Il y a déjà fort longtemps, ma section du PS a voulu me nommer « Président d’Honneur » dans nos statuts locaux.  Je ne sais pas si c’est toujours le cas.  J’avoue que cela m’a toujours semblé ridicule.  Sauf que maintenant, il me semble envisageable que Dieudonné me remplace dans cet immense honneur !

Hermanus, A M