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Je te l’avais dit Elio… Fallait pas y aller !

Il y a un mois,  je m’étais permis de te l’écrire, il ne fallait pas y aller ELIO !

Et tu y as été…

On a été heureux pour toi, fiers pour nous, Francophones et Socialistes.

On avait tous admiré ton courage, ton intelligence, ta finesse et détermination.

Il fallait essayer de s’en sortir et tu l’as fait.

Tu as donné du temps à notre pays.  Mais combien de temps ?

Il saute aux yeux de tous que ce gouvernement est celui de la carpe et du lapin ou plutôt celui du boa et du poulet.

Je crains,tu ne m’en voudras pas, que tu ne tiennes le rôle tragique de la volaille!

Comment gouverner avec des gens qui ne voient l’avenir qu’en termes de destruction du tissu social si difficilement sauvegardé depuis des décennies?

ELIO ! Bon sang…les pensions de survie !  Comment a-t-on pu imaginer s’attaquer à cela !

Crois-tu vraiment que c’était ce qu’il fallait réformer en priorité dans notre pays ?

Le VLD, et en particulier le cerveau de De Croo, Van Quickenborne, a décidé de nous piéger d’entrée de jeu.

Il faut payer tout de suite ton entrée au 16 Rue de la Loi.

Le prix, ce sera la rupture de la gauche avec sa base, ce sera pire qu’une faute, ce sera une perte de confiance et pour longtemps.

Si ces mesures passent, le fossé qui se creusera entre nous et la population sera devenu infranchissable car c’est un gouvernement dirigé par un Premier ministre de gauche qui aura détricoté notre système de pensions.

Fallait-il que ce soit toi qui fasse cela ?

Te connaissant, je sais que tu ne peux pas être  d’accord, je sais que ces mesures te révulsent.

Évidemment, certains autour de toi, étourdis de se trouver au 16 Rue de la Loi trouveront tous les arguments du monde pour te faire passer sous les fourches caudines de ceux qui prennent leurs ordres à la Fédération des Entreprises.

Oui ! Ils sont maintenant trop nombreux au PS ceux qui siègent dans des gouvernements sans discontinuer depuis 1988.  Jamais dans l’histoire, le PS n’a été depuis si longtemps au pouvoir.  Ceux-là ne peuvent plus se projeter ailleurs que sous les ors surannés de notre petit royaume.

Pourtant, l’opposition est l’occasion de nous retrouver dans ce que nous avons d’essentiel, de retrouver nos valeurs, de nous retrouver face a nous-mêmes comme André Cools nous le rappelait souvent.

Ce ne sont pas ceux qui ne se meuvent plus que sous les lambris de chêne qui peuvent encore comprendre la situation dans laquelle vit une immense partie de la population .

Ils ne peuvent plus percevoir l’horreur d’une paupérisation galopante.

Ce n’est pas en écoutant d’une oreille distraite ce qu’on leur dit aux permanences sociales qu’ils peuvent comprendre ce que c’est de vivre avec 900 euros, quand on doit payer un loyer de 700 euros!!

Or, ce sont ces gens là que nous représentons et pas quelques bobos des quartiers branchés.

J’ai été impressionné par le vocabulaire, le maintien, l’attitude, les regards du patron des patrons lors des débats télévisés.

Il y a chez lui une forme de refus du dialogue, en un mot une attitude qui tranche avec tout notre passé, avec toute notre pratique sociale et politique ou le dialogue et le compromis ont été l’axe central de notre démocratie.

Il est clair que ce sont des gens comme cela qui exigent le passage en force de la réforme des pensions.

Comme toujours en Belgique, avec 30 ans de retard, c’est le tatchérisme qui voit le jour.

À ce propos, il n’est pas inutile de rappeler que devenant ministre pour la première fois, Tatcher à fait supprimer le verre de lait qui était offert depuis la guerre dans les écoles aux enfants.

Significatif ! Non !

Crois-tu vraiment ELIO que tu dois devenir le greffier de cette politique là ?

Que répondrons nous à ceux qui affirment que ce gouvernement n’existe que pour tenter d’endiguer le flot indépendantiste flamand et donner une chance aux petits partis que sont devenus le VLD, Le CDnV et le SP de reprendre quelques couleurs ?

Tu ne peux pas n’avoir pas compris que pour ce faire, ces partis doivent faire plier le PS. Ils sont condamnés à faire la démonstration qu’ils sont assez forts pour nous imposer la destruction du tissus social.  Les Wallons et les Bruxellois te disent aujourd’hui qu’ils ne sont pas d’accord.

Tu ne peux pas donner raison a ceux qui disent que ce gouvernement est composés de 6 partis de droite dont l’un s’appelle le PS !

Dans les années 50, Sartre évoquant le parti socialiste parlait de ce  » grand cadavre à la renverse. « . Je ne vois pas notre avenir comme cela.

ELIO, ne leur donne pas raison.

Prends tes jambes à ton cou, ferme la porte du 16 et jette la clé, rejoins les travailleurs qui s’opposent à l’enfer social qu’on nous prépare.

Je sais que tu en meurs d’envie !

merry_hermanus@yahoo.com

Le coeur du système – Bientôt, tous pauvres !!!

Le matin, deux choses me sont absolument nécessaires : au moins deux cafés et des journaux.  Ce sont les béquilles  qui me permettent de commencer une journée dans les meilleures conditions, et ce sont ces petits plaisirs qui rendent l’aurore supportable.

Au milieu du fatras d’informations sur les pédophiles, les people, les curés et les accidents de chemin de fer, on trouve parfois un article qui touche à l’essentiel.

C’est le cas de celui publié par « Libération » le 16 septembre 2010, sous le titre « Le rôle des marchés n’ont pas été remis en cause »

Quatre économistes français se déclarant atterrés, ont lancé un appel pour dénoncer un système financier qui a conduite à la crise.

Voilà un article qui touche le « cœur du système », et qui démontre que la civilisation construite entre 1945 et 1985 va irrémédiablement à la faillite si on ne jugule pas le pouvoir financier, et ce, très vite et sans faiblesse.

Que constatent ces quatre économistes ?

  1. Malgré la crise de septembre 2008, « Personne n’a remis en cause le rôle primordial des marchés financiers dans l’économie ». Le G20 et le G8 ont jeté beaucoup de poudre aux yeux en lançant une lutte très médiatique contre les paradis fiscaux, mais se sont bien gardés de contrôler le vrai, le seul pouvoir, à savoir celui du monde de la Finance.
  2. « Personne n’a remis en cause la malhonnêteté  et l’irresponsabilité de certains acteurs de la Finance mal encadrés par les pouvoirs publics ». Je trouve qu’à ce niveau, les économistes sont trop tendres.  Le pouvoir de la Finance n’est pas « mal encadré par les pouvoirs publics », il ne l’est pas du tout ! J’ose renverser la problématique : Aujourd’hui, c’est clairement les pouvoirs publics qui sont contrôlés et soumis au pouvoir financier.
  3. « L’efficience des marchés financiers consiste à transposer aux produits financiers la doctrine (économique) habituelle des marches des biens ordinaires ». Il est clair que le poids des financiers sur l’Economie, la financiation de toute  une série de produits purement imaginaires ne reposant sur aucun bien matériel réel, a conduit la mise en place d’un système économique qui ne répond plus au prima absolu de la création de biens et de services, mais qui n’a comme objectif que la spéculation financière.  Comme l’expliquent très bien les économises signataires de l’appel, le marché financier fonctionne à l’inverse des marchés ordinaires, les spéculateurs se ruant sur les produits à la hausse. C’est l’inversion de la Loi de l’offre et de la demande, et la création de bulles spéculatives en cascade jusqu’à l’explosion finale.
  4. « Ce système a été voulu et organisé » par les Néolibéraux Thatcher et Reagan et imposé au monde dans la foulée de la faillite du système communiste ».
  5. « Les entreprises financent les actionnaires au lieu que ce soit le contraire ». Chacun sait que les Fonds de pensions et les spéculateurs de masse n’ont aucun projet industriel. Ils déplacent des masses monétaires considérables dans une logique pure de rendement. C’est ce rendement de l’actionnariat qui domine tout et qui conduit bien sûr à la mondialisation.
  6. « La pression sur les salaires qui est le corollaire de ce qu’on vient de développer ci-dessus conduit à une Economie de l’endettement des ménages». Aux Etats-Unis, l’endettement des ménages est colossal, ce qui a pour conséquence de juguler toute velléité de ruer dans les brancards.
  7. « L’explosion des dettes publiques… ne résulte nullement de dépenses sociales inconsidérées. Elle est la conséquence du sauvetage de la Finance mondiale par les Etats suite à la crise bancaire de septembre 2008 ». Les quatre économistes rappellent, et c’est essentiel, que le déficit moyen de la Zone Euro n’est que de 0,6 % du P.I.B en 2007, et qu’aujourd’hui, en 2010, il est de 7% !   Que s’est-il passé entre 2007 et 2010 ?  C’est très simple : les Etats ont dû apporter des paquets de milliards pour éviter la faillite des banques. Les Etats n’ont nullement augmenté les remboursements sociaux ; ils n’ont nullement augmenté les pensions ; ils n’ont nullement augmenté les salaires. Ils ont simplement « casqué » pour le monde financier.

Mais aujourd’hui, qui paye le prix ??? Précisément, les allocataires sociaux, et ceux qui vivent de leur travail. Le comble de tout, c’est que ceux qui ont créé cette crise mondiale, aujourd’hui, spéculent sur les dettes des Etats.

Il faut voir comme tremblent les hommes politiques lorsque les agences de notation (toutes américaines) modifient la cote de l’un ou l’autre des Etats du monde développé.

Posez-vous la question de savoir avec qui déjeunent les patrons de ces agences de notation ? Avec qui ils passent des week-ends et qui sont leurs amis ?

On impose à la Grèce une régression sociale digne des pires politiques du 19ème siècle.  La France et la Grande-Bretagne ont  pris le même chemin.

Une autre information confirme que les Politiques ne contrôlent plus rien, et que le monde développé est pris dans une spirale où seuls ceux qui payent sont les plus faibles.  Ainsi, en France, cette semaine, les ouvriers d’une Usine « CONTINENTAL » (Fabrique de pneus) ont accepté une diminution de salaire et l’abandon de jours de congé afin de sauvegarder leur emploi, tout en sachant que les ouvriers d’une usine du même Groupe, il y a quelques mois, avait fermé et s’était délocalisée.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est l’acquis des Trente Glorieuses.  C’est un système où cohabitent la liberté religieuse, la liberté politique, la liberté économique et une large protection sociale.

Le monde dans lequel nous sommes peut-être déjà est celui où les vrais décideurs n’apparaissent pas et où ils disposent de factotums que sont les Politiques, pauvres marionnettes tentant à toute force de faire croire qu’ils sont les décideurs.  Mais la vérité  c’est qu’Ils ne sortent pas de leur bac à sable !!!

Allez, une bonne nouvelle quand même : la presse nous apprend que le secteur du très grand luxe, en France, a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 ou de 40 % !!!

merry_hermanus@yahoo.com
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