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Un génocidaire belge, Léopold II ?

« Nul ne peut barrer la route de la Vérité. »  Alexandre Soljenitsyne.

Le meilleur et le pire.

Il y a quelques jours, réagissant à je ne sais plus quelle information, je me risquai à poster un commentaire mettant en cause les agissements de Léopold II au Congo.  Quatre internautes me prirent à partie m’accusant, qui de répandre des fariboles pêchées à Kinshasa, qui de prendre pour argent comptant la propagande anglo-saxonne de l’époque.  Un cinquième intervenant courageusement dissimulé sous le nom d’un prestigieux cinéaste espagnol eut tout de suite recours à la pire des vulgarités et à l’insulte poujadiste…un classique !

Chacun le sait les réseaux sociaux sont comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.  Au côté de la merveille technologique qui consiste à unir les gens, gicle le vomi des impuissants essayant de palier la médiocrité de leur vie par l’insulte anonyme sur Facebook…médiocre consolation de ratés!  Je proposai néanmoins à mes contempteurs de leur fournir une bibliographie afin qu’ils se forgent leur jugement, aucun ne me communiqua une adresse électronique, l’un d’entre eux me précisa que même si je lui fournissais un tombereau d’information, il n’en croirait pas un mot !

« Le mythe est un mensonge de la mémoire. »  Richard Dindo  

Incorrigible optimiste, toujours accroché au principe de perfectibilité des hommes,  je me résous à rédiger cet article et à communiquer quand même sur ce sujet qui me passionne depuis toujours.

J’ai commencé ma scolarité primaire en 1950; lorsque nous achetions un cahier, celui-ci nous était fourni avec un buvard sur lequel était dessiné, étonnant camaïeu,  un personnage portant un large casque colonial se prolongeant sur la nuque, l’allure protectrice, dominant un noir en pagne arborant une lance et un bouclier de peau.  L’histoire de la colonisation n’était alors qu’une suite d’images saint-sulpiciennes, le bon et valeureux roi Léopold luttant avec acharnement contre l’esclavagisme apportant la sécurité, la santé, l’éducation… en un mot la civilisation.  Douze ans plus tard, à l’ULB le professeur Stengers, pour qui j’ai le plus grand respect, m’enseigna l’histoire du Congo.  Nous étions loin du buvard de l’école primaire… cependant les critiques concernant les méthodes utilisées par les représentants de Léopold II étaient balayées d’un revers de la main, dans la mesure où notre professeur considérait que ce n’était que l’expression de la jalousie des anglo-saxons.  Thèse qui sera d’ailleurs évoquée par l’un des intervenants sur internet… preuve qu’il n’est pas facile à la vérité de remplacer le mensonge !   Au départ du cours de Jean Stengers, j’ai poursuivi mes recherches et lu quantités d’ouvrages sur la colonisation du Congo par Léopold II et ensuite par la Belgique.  Au fil des ans, les faits prirent une autre dimension, une autre histoire se dégageant de la gangue amidonnée par la légende civilisatrice et… très catholique, la vérité apparaissait avec son effroyable cortège d’horreurs.  On avait menti à des générations de belges !  Là est aussi l’insupportable scandale.

« Léopold II fut un patriote au-dessus de tout soupçon… Mais quelques fussent ses bonnes intentions,  jamais il ne comprit que la fin ne justifie pas les moyens. »  Barbara Emerson

Léopold II, alors même qu’il n’avait pas encore accédé au trône, évoquait souvent sa volonté colonisatrice.  Il a envisagé de nombreuses hypothèses, qu’il s’agisse de l’achat de la Crète, des îles Féroé, d’une parcelle en Chine, des nouvelles Hébrides, des îles Fidji, de territoires en Argentine.  A noter que la classe politique belge a toujours été opposée à l’aventure coloniale.  Ainsi Frère Orban, leader libéral n’hésitait pas à proclamer à la chambre : « nous n’avons pas besoin de colonie, nous avons la France »  faisant référence implicitement au nombre de travailleurs belges qui y travaillaient.

Après la découverte, au mitant du XIXème siècle,  par Speke et Burton de l’immense lac qu’ils baptisèrent Victoria, les milieux scientifiques européens s’enthousiasmèrent pour l’exploration de l’Afrique centrale qui restait pour une large part, une tache blanche sur les Atlas.  La réussite de l’extraordinaire opération de recherche du pasteur Livingstone par Stanley fut un coup de tonnerre médiatique, d’autant plus que l’expédition avait été financée par Gordon, patron de presse américain.  L’Afrique centrale devenait une proie pour les explorateurs…et les colonisateurs.  Léopold II engagea Stanley, finança une nouvelle expédition dont le but, il fut atteint, visait à relier Zanzibar à l’océan Atlantique, traversant ainsi de part en part tout le continent africain.  Parallèlement, Léopold II organisait au Palais Royal de Bruxelles une réunion à caractère pseudo-scientifique dont le but était d’asseoir sa légitimité en qualité de spécialiste de l’Afrique centrale.  Cette conférence fut un coûteux échec mais qui se révéla prometteur lorsque les grandes puissances organisèrent la conférence de Berlin fin 1884 début 1885 afin de répartir leur influence en Afrique centrale où l’Angleterre, la France et l’Allemagne se disputaient de vastes domaines.  Ce fut la grande réussite de Léopold II.  Il se vit attribuer un immense territoire, septante-huit fois plus vaste que le médiocre royaume où il n’était qu’un souverain constitutionnel.  Le gouvernement belge, toujours opposé à l’aventure coloniale, étonné mais passif, accepta que le roi devint le chef de l’Etat Indépendant du Congo !  Léopold II mit sur pied une administration dont le siège était rue de Bréderode à l’arrière de son palais, le bâtiment existe toujours, curieux chalet suisse collé à la résidence royale ; il  recruta, en majorité des officiers et sous-officiers libéraux qui n’ayant aucune chance de carrière en Belgique du fait des gouvernements homogènes catholiques, tentaient la chance en Afrique.

« La vérité, l’âpre vérité ! » Danton

Qu’espérait Léopold II ?  D’abord faire du profit grâce au commerce de l’ivoire qui au début de la colonisation était la grande source de revenu.  La lutte contre l’esclavagisme ne fut jamais qu’un pâle mensonge tout juste bon à faire frémir le bon peuple grâce à la presse à sensation.  Très vite, les affaires périclitent, l’ivoire n’est plus rentable, boules de billard, touches de pianos et prothèses dentaires ne constituent pas un marché suffisant, le roi est au bord de la faillite.  Il sollicite un prêt auprès du gouvernement belge, qui, en traînant les pieds, lui accorde.  Ce prêt le roi ne le remboursera jamais !  Quelques années plus tard ; tout change grâce à l’explosion des besoins de caoutchouc.  Or, au Congo, pour le malheur de son peuple, le caoutchouc pousse naturellement en abondance.  C’est à ce moment que commence les atrocités liées au travail forcé. Il ne peut donc y avoir aucun doute que ce soient la cupidité, la rapacité du roi en quête de fortune qui conduisirent aux horreurs que les peuples du Congo allaient subir.   A cette époque, en Afrique centrale, peu de témoins… néanmoins quelques missionnaires anglo-saxons, suédois s’alarment des pratiques féroces des agents du roi Léopold II.  Des représentants du gouvernement anglais Morel et Casement établissent des rapports à l’intention de leur gouvernement.  Les américains envoient une mission d’étude.  A Paris, l’hebdomadaire « l’Assiette au Beurre »,  le « Charlie hebdo » de l’époque caricaturent Léopold II devant des paniers de mains coupées.  De fait, les soldats de la Force publique, pour une cartouche tirée devait présenter à leur officier deux mains coupés… prodigieux sens de l’économie !  L’origine des conflits était toujours le travail forcé et les quantités toujours plus importantes de caoutchouc qu’il fallait récolter.  Les populations indigènes n’ayant aucune conscience de la notion de travail, il est évident que seule la force la plus brutale pouvait obtenir des résultats. On ne compte plus les villages brûlés, les populations prises en otage, les massacres à la mitrailleuse des indigènes révoltés.  Aujourd’hui tous ces faits sont dûment documentés et répertoriés, pour s’en convaincre, il suffit de lire les protocoles d’importation d’armes et de munitions transitant par Anvers pour aboutir au Congo.

« Quand la légende devient la vérité, imprimez la légende. » ( ? )

Le roi amassa une fortune colossale. Ses avoirs étaient estimés au début de son règne à cinq millions de franc or, lorsqu’il vendit le Congo à la Belgique en 1908, les chercheurs estiment que sa fortune s’élevait à 14 milliards alors même qu’il en avait dépensés 8 pour différents projets urbanistiques et autres en Belgique.  Ainsi, il devint l’un des hommes les plus riches du monde.  Il ne fait cependant pas de doute, que la vente du Congo à la Belgique fait suite à l’énorme campagne de presse dénonçant l’incroyable brutalité des agents du roi en vue de récolter le caoutchouc.  Dans la mesure où il n’avait pas remboursé le premier prêt obtenu de l’état belge, il est permis d’affirmer que Léopold II a donc vendu deux fois le Congo à notre pays.   Léopold II fit détruire systématiquement les archives de l’Etat indépendant du Congo et camoufla sa fortune notamment grâce à une fondation créée en Allemagne, ce ne fut que quatorze ans après sa mort qu’on parvint à voir clair dans ses avoirs.

« La vérité vous rendra libre. » L’Évangile

Le titre de cet article se termine par un point d’interrogation.  La question est donc posée, les horreurs dont les employés de l’Etat indépendant du Congo se sont rendus coupables font-elles de lui, principal bénéficiaire, un génocidaire ?  D’abord, j’insiste sur le fait qu’il est des mots dont l’usage doit être parcimonieux car à force de les utiliser pour tout on leur soustrait leur valeur, leur force.  Le mot génocide n’a été créé qu’en 1944 pour qualifier le massacre industriellement planifié des Juifs par les nazis.  Dès lors, je pense que le terme de génocide ne peut être employé que pour définir : 1. Le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915.  2. Le massacre des Juifs par les nazis.   3. Le massacre des communistes en Indonésie au moment du coup d’état de Suharto.  4.  Le massacre de la population cambodgienne par les Khmers rouges.  5.  Le massacre des Tutsis en 1994 au Rwanda.  Je veux quand même préciser que l’empire Allemand avait commencé en massacrant systématiquement la tribu des Hereros et celle de Namas tout au début du siècle !  Intéressant de savoir que le coupable, le général Von Trotha avait comme adjoint un officier du nom de Goering, père de celui qui fut le « dauphin » d’Hitler.

J’estime donc au regard de la définition du génocide que Léopold II fut responsable de crimes de masse mais pas d’un génocide d’un point de vue purement sémantique… ceci dit, cela ne change rien pour les victimes qui selon les chercheurs se chiffrent autour de dix millions entre 1885 et 1909 !

Voilà donc ce qui pour moi est le secret le mieux gardé, le grand mensonge de l’histoire de Belgique.  Et c’est ce mensonge qui doit blesser tous les démocrates, tous ceux qui veulent que l’histoire soit avant tout la recherche de la vérité.  Mais attention, il n’y a chez moi pas l’ombre d’une quelconque volonté de repentance ou d’expression d’un pardon rétrospectif.  Non !  Seule la vérité compte !  Et je ne vois pas en quoi, le belge moyen aurait une responsabilité dans ces abjections.  Bien entendu, je conçois qu’il n’est pas toujours facile de voir s’envoler les confortables écailles qui masquent à nos yeux les vérités atroces de l’histoire, surtout quand elle est la nôtre… le mensonge est souvent tellement plus beau que la vérité.

Je laisse la conclusion à Primo Levi quand il écrit : « Les monstres existent mais ils sont trop peu nombreux pour être dangereux… plus dangereux sont les fonctionnaires prêts à croire et à agir sans poser de question. »

 

Bibliographie :

« Léopold II, le royaume et l’Empire. »  Barbara Emerson.  Document Duculot.  1980
« Les fantômes du roi Léopold. »  Adam Hochschild.  Belfond.  1998n
« Crime in Congo » Arthur Conan Doyle.  1902
« Congo »  Eric Vuillard.  Actes Sud.  2012
« Stanley, dark genius of African exploration » Pimlico. 2004
« Zoo humains.»  Nicolas Bancel.  2002
« Congo une histoire. »  Davide Reybroek.  Actes sud.  2012
« Le bureau des reptiles. »  Marcel-Sylvain Godefroid
« The King incorporated. »  Londres.  1953
« Au cœur des ténèbres »  Joseph Conrad.  1899
« Le rêve du Celte. »  Gallimard.  2011
« Aux avants postes du progrès. »  Joseph Conrad. 1899

Enfin, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, les ouvrages de Barbara Emerson et de Adam Hochschild reprennent une très abondante bibliographie.

La démocratie est mal partie

François Mauriac écrivit dans son célèbre « bloc-notes » : « en politiques tout va toujours mal » ;  en le paraphrasant, je dirai qu’en démocratie tout va toujours mal… le problème c’est qu’on ne le comprend pas !  En fait, quoi de plus normal dans un système démocratique que de contester les politiques menées, les uns sont pour, les autres sont contre et ceux qui restent sont contre tout ce qui est pour !  A mes yeux, rien de plus sain, rien de plus normal que ces contestations même si souvent la mauvaise foi est l’ingrédient majeur de l’étrange mayonnaise politique.

Mais sait-on de quoi on parle quand on évoque la démocratie ?  Je ne ferai pas injure aux lecteurs en rappelant la formule de ce bon vieux Winston, bien plus représentative de la démocratie est sa glorieuse défaite aux élections de 1945 où il est, lui le dernier des lions, remplacé par Clément Attlee, dont le féroce Churchill disait « une voiture vide s’arrête devant le 10 Downing street, Attlee en descend. »  Plus de deux millénaires plus tôt Périclès affirmait lui aussi qu’Athènes était une démocratie, il n’oubliait « que » les femmes consignées dans le gynécée dont elles ne sortiront qu’en 1948, et les esclaves qui n’étaient que des « choses qui parlent.  Il y a donc un monde entre la démocratie formelle et la démocratie réelle telle qu’elle existe aujourd’hui.  La démocratie en tant que système politique ne peut se réduire aux droits électoraux et au fonctionnement du parlementarisme.  Il s’agit d’un ensemble beaucoup plus vaste, de pouvoirs et surtout de contre pouvoirs, d’acteurs sociaux, de groupes d’opinions, ces éléments étant liés par des valeurs communes, là est l’essentiel.

Après la deuxième guerre mondiale, c’est ce système qui a été mis en place en Europe occidentale, constituant enfin une démocratie, certes imparfaite, mais permettant aux citoyens de disposer de droits et de protections jamais obtenues jusqu’alors.  Liberté politique, liberté religieuse, liberté d’entreprendre, protection sociale étendue, accès à l’enseignement pour tous… la liste est longue !  Or, depuis une trentaine d’années ce système est en grand danger.
Nos démocraties sont prises en étau, elles sont phagocytées par la mondialisation, la désindustrialisation, la financiarisation de l’économie, le chômage de masse d’une part et d’autre part remises en cause par ceux, qui ayant abandonné l’espoir d’un quelconque messianisme politique,  exige le retour à une religion moyenâgeuse.  Je pense avec l’historienne Mona Ozouf que notre civilisation a perdu deux notions constitutives de ses valeurs, deux axes sans lesquelles notre système ne peut subsister, à savoir l’Avenir et le Progrès.  Il est vrai qu’après Auschwitz, il fut difficile d’envisager ces concepts essentiels comme le faisaient naïvement les positivistes du XIXème siècle.  Quand Victor Hugo écrivait « quand on ouvre une école, on ferme une prison » il ne pouvait imaginer que le peuple dont l’humanité entière encensait les philosophes allait mettre en œuvre la solution finale.  A cette première perte de confiance dans l’avenir s’est ajouté un discours eschatologique constitué de peur millénariste, de méfiance à l’égard du progrès, de doute sur le rôle de l’homme sur notre planète…le tout débouchant vers un très fructueux  business de la peur.  Un éphémère candidat écolo à la présidence de la république française proposa benoîtement de taxer les familles qui avait un  deuxième enfant, jamais on avait été plus clair quand à la méfiance envers l’avenir, envers l’homme.  Quant au sympathique René Dumont, lui aussi candidat à la présidentielle en 1974, il buvait un verre d’eau à la télévision, expliquant que ce geste si simple ne pourrait plus être fait dans vingt ans !  Curieux qu’on ne rappelle jamais cette fausse prévision apocalyptique.  Normal, elle n’est pas politiquement correcte, ne cadre pas avec la « bien-pensanse » !

En 1991, le rêve communiste, qui depuis des lustres n’était plus qu’un atroce cauchemar, s’effondrait victime de ses mensonges, de son incapacité de donner un avenir aux peuples qui lui étaient, pour leur plus grand malheur, soumis.  Certains, n’hésitant pas à écrire que l’humanité était arrivé à la fin de l’histoire, prédiction aussi étonnante que stupide.  Nous rentrions dans une autre histoire, voilà tout !  Nous allions être condamné à vivre dans le monde où nous vivons comme l’écrit si justement François Furet dans son mémorable  « Passé d’une illusion. »  Pourtant beaucoup de ceux qui alors avaient perdu leurs certitudes, conservaient au creux de leur cœur de stimulantes illusions… Ne faut-il pas mieux en avoir plutôt que de sombrer dans l’absolue, stérile, désespérance !

Confrontés à la déconfiture économique, à une courbe du chômage toujours ascendante, 1973 nonante-quatre mille chômeurs complets pour plus de cinq cent mille aujourd’hui, certains sont tentés de quitter les rives rassurantes des démocraties pour tenter… autre chose.  Philippe Moureaux, ministre d’état, cador du PS  bruxellois et fédéral, lançant un groupe de réflexion n’hésite pas à se référer à Alain Badiou, philosophe de quatre vingt ans, dernier thuriféraire de Mao remettant en cause la démocratie telle que nous la connaissons.  Inquiétant et symptomatique des errances d’une certaine gauche ; je ne peux m’empêcher de penser à propos du promoteur de ce groupe de réflexion à la phrase d’Arthur Koestler qui me semble particulièrement appropriée quand il dit : «  le désir de faire de la politique est habituellement le signe d’une sorte de désordre de la personnalité et ce sont ceux qui ambitionnent le plus ardemment le pouvoir qui devraient en être le plus soigneusement à l’écart. »

A l’autre bout du spectre a surgi un adversaire, de loin plus redoutable, que les pathétiques enfants perdus du gauchisme, « maladie infantile du communisme » écrivait ce « grand démocrate » Lénine.  Je veux parler du populisme, au pouvoir en Hongrie, en Pologne, aux portes du pouvoir en Autriche, en France, présent dans le discours du candidat Trump et pire encore dans ceux de Nigel Farage et Boris Johnson qui lors de la campagne du Brexit n’hésitera pas à proclamer qu’en votant pour le retrait de la Grande-Bretagne de l’UE « les Anglaises auraient de plus gros seins et leur mari pourrait s’acheter une plus grosse BMW. »
Énorme mais vrai !  Oserai-je supposer que c’est à Eton ou à Oxford qu’une argumentation de cette qualité lui a été inculquée ?  Le populisme, nouvelle formulation de ce vieux poujadisme, qui permit à Le Pen de se voir le plus jeune élu de la République dans les années cinquante, a donc refait, avec succès, sa réapparition.  Le populisme, c’est votre chauffeur de taxi qui vous engueule à propos de tout et de rien, satisfait de rien, qui trouve que tout va mal, que le temps est mauvais, que le prix des tomates est trop élevé, que le les voiries sont mal entretenues, que les clients ne laissent pas de pourboire, tout et n’importe quoi !   Récriminations sur tout !  On reconnaît le vocabulaire de Trump ou de Beppe Grillo dont le parti dirige depuis quelques semaines deux grandes villes italiennes.  De fait, comme l’écrivit récemment un politologue de l’ULB  « nos vielles démocraties craquent de partout. »  Le pacte rousseauiste est ignorée par les uns, remis en question par les autres.  Ici ou là, on évoque un parlement qui serait très au sort ou dont certains membres le seraient. On connait déjà depuis longtemps les ASBL dont les membres sans aucune légitimités démocratiques électives qui se sont institués « pouvoir de contrôle de la démocratie » mais dont personne ne juge de la composition, seule chose importante pour elles c’est d’obtenir des subsides permettant de faire vivre l’institution ainsi créé et, avec l’argent du contribuable, sans la moindre base légale, contester à tout va les projets ou les réalisations, des autorités publiques dûment élues.

Je ne peux m’empêcher de me souvenir que l’un des grands rêves du Roi Baudouin Ier était de mettre sur pied un gouvernement de techniciens, ou de « douze hommes en colère »  libéré du « boulet » parlementaire.  Il ne manqua pas de suriner ce projet à ses visiteurs pendant quinze ans, certains l’écoutant d’une oreille intéressée, frappés sans doute du syndrome  « De Man » qui en 1940, président du POB ( ancêtre du PS ), se lança dans la mise sur pied d’un régime fort, bien dans l’esprit du temps, tel que le souhaitait Léopold III… On sait comment l’entreprise se solda !  Le trône branla, la République pointa timidement le bout de son nez.  On entend aussi parler de la suppression de ce qu’on appelle pudiquement les corps intermédiaires, qui bloqueraient les réformes empêchant notre société d’évoluer vers plus de compétitivité !  Bien voyons !  Mais c’est bien sûr !  Supprimons les syndicats, les organismes sociaux,  replongeons avec délice (pas pour tous) dans un Etat du XIXème siècle, où l’accumulation primitives des richesses se pratique sans entraves, revenons à la politique du « renard libre dans le poulailler libre »   Réapparaît avec la vague populiste l’idée du référendum, le peuple le vrai, celui que Degrelle appelait « le pays réel » aurait ainsi voix au chapitre, il pourrait s’exprimer. Étonnant oubli de l’histoire, le référendum a toujours été une forme de plébiscite ; c’est le premier choix des dictatures, l’illusion, jeté en épais brouillard aux yeux des citoyens pour leur faire croire qu’ils décident… enfin !  Rien de plus faux !  Le référendum, c’est l’émotion avant la raison, c’est l’exacerbation d’un présent mal compris, c’est un cri de puissance qui masque une réelle impuissance, qui précède la captation du pouvoir par celui qui aura posé la question.  Ainsi, si le sujet n’était pas aussi dramatique, on éclaterait de rire à la lecture de la question qui sera posé en Octobre aux Hongrois sur l’immigration… impossible de répondre négativement à ce que souhaite Orban.  Le récent référendum sur le Brexit démontre bien quelles ambiguïtés recèlent cette pratique, de fait contraire à la démocratie.  On objectera, on le fait toujours, l’exemple Suisse.  Un leurre de plus, la Suisse compte vingt-six cantons dont certains ne sont habités que par quelques milliers d’habitants… et puis souvenons-nous que dans certains de ces sympathiques, fleuris  et si propres cantons, les femmes, par référendum se sont vus refusées le droit de vote jusqu’il y a peu !  Dans le dernier des cantons, les femmes attendrons 1990 pour pouvoir voter !

N’en doutons pas, les mêmes causes produisent les mêmes effets, le chômage de masse, la perte de confiance dans l’avenir, la décrédibilisation du personnel politique, c’est Weimar 1933, cela pourrait être partout en Europe dans les années qui viennent.  A cette toile de fond peu réjouissante, c’est ajoutée depuis une vingtaine d’année la mise en cause directe, brutale, sanglante des valeurs de notre civilisation.  Le monde Arabe, ayant perdu l’espoir communiste, ayant subi les dictatures nationalistes peintes aux couleurs d’un socialisme baassiste monstrueux, se lance à corps perdu dans une immersion religieuse moyenâgeuse.  Mettant en cause globalement les valeurs de l’occident, ils ont déclaré une guerre à tout ce qui ne se soumet pas à leur vision du monde.   Ceux qui pendant des années ont nié ce phénomène, ont nié le remplacement de la population de certains quartiers de villes européennes, ont nié le choc de civilisation qu’Huntington avait déjà conceptualisé dans les années nonante, ceux-là on refusé de voir le réel, ce que Prévert appelle «  les terrifiants pépins du réel. »  Il est vrai qu’on perçoit moins bien le remplacement de la population à Woluwe-Saint-Pierre ou à Lasnes.  Il en est cependant qui, marqué par une culpabilité post coloniale, alliée à une haine de soi, sont près à se soumettre et de compromissions en compromissions liquident une à une nos valeurs fondamentales… La laïcité, à quoi bon en parler, elle n’existe pas vraiment en Belgique, elle ne figure pas dans la constitution, l’égalité Homme/femme… à quoi bon la mettre en avant alors même que des disparités économiques existent encore… le voile dans les services publics… mais pourquoi pas, chacun doit pouvoir exprimer librement sa foi.  Fil après fil, c’est la trame des valeurs, de nos valeurs acquises après des siècles de lutte contre l’obscurantisme, qui se déchire.  Cela avec le consentement complice de ceux qui ne voient apparemment aucun inconvénient à faire d’un élu un Vice–Président du Parlement Bruxellois alors que cet élu participait à Anvers à une manifestation dont l’un des slogans était « les juifs dans le gaz »… vous avez dit Valeurs !  Voilà un exemple qui mieux qu’un long discours permet de comprendre pourquoi notre civilisation a perdu confiance en elle-même, en ses valeurs, voilà pourquoi le discours culpabilisant est aujourd’hui dominant.

La pire des choses, c’est la démocratie veule, celle de Munich qui trahi les démocraties, celle qui laisse crever la République espagnole de 1936… On sait le prix qu’il a fallut payer pour réparer ces dramatiques erreurs.  L’histoire le démontre tragiquement, la démocratie molle est le chewing-gum de la dictature, elle la mâche, semble y prendre goût, mais le sucre ayant disparu, elle le crache au mieux dans le caniveau… ou elle le colle sous un pupitre du Parlement bruxellois.  Nous ne disposons pas de trente-six solutions.  La seule qui vaille trouve son fondement dans la foi intransigeante en nos valeurs, dans la défense absolue des droits de l’homme et du citoyen, dans le refus catégoriques de toutes révisions de ses droits, dans le respect de la laïcité.  Notre démocratie doit être défendue parce qu’elle seule nous offre des n’existant pas ailleurs… que certains parmi nous, par bassesses électoralistes, sont prêts à brader.   Rappelons nous que dans les années trente, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, les pays scandinaves ont résisté à la vague fasciste.  Il s’agit aujourd’hui de résister comme Londres l’a fait sous les bombes allemandes, recourir à la résilience, sans rien céder de nos libertés, sans rien admettre de ceux qui veulent transformer notre société… Et surtout, surtout, car là est notre futur, grâce à un enseignement revalorisé tant au plan de ses moyens budgétaires, qu’au niveau de la rémunérations des maîtres, permettre aux enfants d’aujourd’hui, citoyens de demain, de jeter sur le monde un regard instruit !  Ce sont ces regards instruits qui constitueront le rempart de la démocratie, le rempart de nos valeurs.

Hermanus, Auguste Merry
Article paru dans le trimestriel de la Fédération des Amis de la Morale Laïque, mars 2016.

Les responsables de l’incident de l’ULB : La laïcité agressive !

Mais oui, mais c’est bien sûr !!!  Elémentaire mon cher Watson !!!

Les vrais responsables de l’incident de l’UBL, c’est la laïcité agressive.

Ce matin, dans le « Soir », Olivier Mouton donne la parole à six « personnalités » qui, d’après Mouton, « tentent de bâtir des ponts entre l’Islam et la société belge… ».

Sans remettre en cause, cela va de soi, les immenses qualités intellectuelles de ces six  « personnalités », il faut d’abord constater, dans le titre de l’article lui-même, que ces « personnalités » semblent ne pas regretter l’incident mais bien les conséquences de celui-ci !!!

C’est une nuance qui n’aura pas échappé à nombre de lecteurs.

Donnant la parole à ces fameuses « personnalités », deux de celles-ci, loin de mettre en cause le sinistre personnage qui a saboté la conférence de Mme Fourest, estiment que la responsabilité doit se trouver ailleurs.  C’est ce qu’ils appellent « le rouleau compresseur de la laïcité agressive » !

Enorme non ?

Où a-t-on vu un rouleau compresseur de la laïcité agressive ?

Qu’est-ce qui se cache derrière ce vocable de « laïcité agressive » ?

C’est évidemment le faux nez trouvé pour justifier l’injustifiable.

Les mêmes « personnalités » ajoutent « Mais les Intégristes, où sont-ils ?  Chichah est athée ! ».

Curieux que ces « personnalités » ne se posent pas la question de savoir pourquoi cet athée, lorsque Hervé Hasquin lui donne la parole, s’enveloppe la tête d’un foulard et, comme seul argument, hurle pendant une dizaine de minutes « Burqa bla bla » !!!
La laïcité agressive ! Voilà bien un oxymore, et voilà bien une expression qui ne recouvre malheureusement aucune réalité.

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Sabotage à l’ULB : des extrémistes contre… par prochoix

Si la laïcité avait été un tout petit peu agressive, on n’en serait pas au niveau où on en est aujourd’hui.

Est-ce qu’à l’ULB, au cours de cette soirée, on avait organisé un apéritif saucisson vin rouge ?  Il s’agissait d’une conférence donnée par une journaliste française bien connue.

Si ce simple fait-là est considéré comme un acte de laïcité agressive, cela me fait penser à la fable du Loup et de l’Agneau.

A moins que, … se cache derrière le vocable laïcité agressive autre chose qui n’est en réalité qu’une attaque contre la franc-maçonnerie ?

Cela serait évidemment extrêmement intéressant et donnerait à ce débat une toute autre ampleur.

Les six « personnalités » mettent-elles en réalité en cause le rôle de la franc maçonnerie à l’ULB ?

Voient-elles, derrière l’organisation de cette « dangereuse conférence », une initiative occulte, pernicieuse et inquiétante de la franc-maçonnerie universelle ?

Alors là, on quitterait le champs de la laïcité agressive pour retrouver les affabulations de la presse fasciste d’avant-guerre, ou les diarrhées verbales d’un Céline…. La boucle serait bouclée et les choses seraient enfin claires.

On aurait ainsi à nouveau un fétide mélange d’antisémitisme et de rejet des valeurs des lumières !

Tout serait dit !

Moi, le reproche que, précisément, je fais à la laïcité, c’est sa mollesse et son incapacité à défendre les valeurs pour lesquelles il a fallu se battre pendant des siècles.

Bien au contraire, la laïcité est aujourd’hui à ce point faible, à ce point permissive, que, tout doucement, mais de façon certaine, elle permet à l’obscurantisme de gens comme Chichah, et malheureusement à beaucoup d’autres, d’imposer leur voix et leur vision du monde à nos sociétés occidentales, tétanisées et incapables de réagir avec la vigueur qui s’impose.

Ces six « personnalités » que le journaliste Mouton met en valeur dans le « Soir » ne construisent pas un pont entre l’Islam et la société belge, mais creusent, avec complicité ou stupidité… à chacun de choisir,  un gouffre dans lequel nos libertés et nos valeurs seront bientôt enterrées.

merry_hermanus@yahoo.com


Juive, riche et moche comme un rat : Le slogan de la « Burqa Pride »?

Voilà la façon dont se serait adressé le pitoyable personnage qui, avant-hier, a empêché la journaliste Fourest de s’exprimer à l’ULB.

D’après le « Soir », il aurait ajouté « Ce n’est pas de moi, mais les rats ne se sont pas plaints » !

Et de conclure « J’assume l’insulte ».

Je  crois qu’après cela tout est dit !

On nous apprend que cet individu est chercheur à l’ULB et se dit athée.

On nous dit aussi qu’il est diplômé de Solvay.

On peut donc supposer qu’il a une certaine culture.

Il ne peut donc pas ignorer le film de propagande nazie diffusé pendant la Guerre où les Juifs sont comparés à des rats et où on voit ceux-ci, grouillants, immondes, en train d’avaler le contenu de sacs de blé éventrés (quel symbole !).

On les voit sortant des égouts, se rendant partout, détruisant tout.

Il ne peut pas ignorer que le chimiste allemand qui mit au point le « Zyklone B » avait, au départ, pour but … de détruire les rats !

Il  ne peut pas ignorer qu’en définitive, l’utilisation de ce gaz fit six millions de morts (hommes, femmes et enfants que les organisateurs du plus grand massacre de l’humanité comparaient… à des rats).

A moins, bien sûr, que comme quelques autres, il considère que ce crime majeur n’a pas eu lieu. Qu’il s’agit d’une invention du Lobby juif mondial.

A moins, bien sûr, qu’il ne prenne pour vrai le « Protocole des Sages de Sion », création de l’Okhrana, Police secrète tsariste, qui lança ce faux à la fin du 19ème siècle pour justifier les Pogroms.

Au-delà de ces évidences, on reste stupéfaits devant ce que devient l’ULB.

On reste muets face à la faiblesse de ceux qui devraient être les gardiens du Temple du Libre examen.

Ceux-là avaient minimisé la démission du Professeur Brotchi.

Certains de ces libres exaministes disent encore : « Il faut comprendre ces réactions ».

Eh bien, Non ! Non ! Non et Non ! Mille fois Non !  Cette faiblesse n’est en réalité que de la lâcheté.

« Il n’y a pas de liberté  pour les ennemis de la liberté » tonnait déjà Jean-Paul Sartre.

Ce qui se passe au Mrax, ce qui se passe à l’ULB est significatif de la dégénérescence de notre Démocratie qui ne se défend pas face à ses ennemis.

Nous vivons tous les jours de petits « Munich » où la lâcheté l’emporte sur le courage.

Tous les jours, la Démocratie et les Droits de l’Homme sont bafoués.

Tous les jours, l’obscurantisme fait des progrès et transforme petit à petit la société dans laquelle nous vivons.

Une Démocratie qui ne se défend pas, c’est une Démocratie qui meurt.

A cela, l’initiative, qui tombe à pic, de la Ministre Fadila Laanan qui veut créer une plateforme antiraciste est excellente.

C’est ce genre d’initiative qu’il faut à tout prix défendre car le Droit à la Liberté d’expression ne se découpe pas en rondelles.

La défense des Droits de l’Homme  ne permet aucune exception.

Le sinistre individu qui est à la base de ce scandale n’a rien à voir et ne peut rien avoir en commun ni avec l’ULB du Libre examen ni avec l’Islam qui doit se pratiquer dans un pays démocratique comme la Belgique.

Mme Fourest a raison, si un tel incident s’était passé en France, il y aurait 10% de plus pour Marine Le Pen !

Mais portons le regard vers la Hongrie qui est un petit pays comme la Belgique et où l’Extrême-Droite est au pouvoir.

On nous annonce déjà « qu’il sera difficile de sanctionner » la sombre canaille qui a organisé toute cette affaire  car « les réseaux sociaux se mobilisent en sa faveur ».

Nous sommes donc là face à un test particulièrement intéressant qui démontrera si, oui ou non, l’ULB mérite encore l’appellation « d’Université Libre » !!!

merry_hermanus@yahoo.com


Racisme à l’ULB : Démission du Professeur Brotchi !

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris, hier, par la presse, que le Professeur Brotchi avait décidé de quitter le Conseil de la Fondation de l’ULB pour protester contre la passivité des autorités universitaires face à la multiplication des incidents antisémites à l’ULB.

Dans son courrier, le Professeur Brotchi met ainsi en évidence la venue sur le campus de Dieudonné dont les déclarations antisémites sont légion, et de la simulation, par des artistes de rues, d’un point de contrôle israélien.

Le Professeur Brotchi cite aussi ce qui s’est passé au Cercle Solvay, et qui était proprement scandaleux puisqu’on y raillait le génocide !

Il est effarant de constater que c’est à l’ULB, à savoir le lieu même du libre examen, de la défense de la Liberté, et de la défense des Droits de l’Homme, que ce genre d’incident se produit.

Faut-il rappeler que Dieudonné, qui, donc, a été invité sur le campus, a organisé, à Paris, dans son Théâtre, une manifestation à laquelle il a invité le négationniste Faurisson qui, à cette occasion, s’est vu remettre un prix par un individu déguisé en détenu d’Auschwitz !!!

Vous voyez tout de suite le bon goût…et les allusions.

Il ne fait pas de doute  que nombreux sont ceux qui, grâce à l’anti-israélisme,     sont ravis de revêtir les habits de l’antisémitisme que leurs pères ou leurs grands-pères avaient mis au placard en 1944.

Qu’on soit opposé à la politique du Gouvernement d’extrême-droite dirigé par Netanyahou est évidemment plus que légitime.

Qu’on soit opposé à l’installation de colonies israéliennes dans les territoires occupés est aussi plus que légitime.

Qu’on condamne une politique que même le Gouvernement américain condamne n’est évidemment en rien critiquable.

Mais qu’au travers de ces critiques, parfaitement justifiées, de la politique israélienne, on en revienne, à l’ULB (le comble du comble !) au bon vieil antisémitisme, cela c’est évidemment une horreur, mais une horreur qui en dit long sur l’état d’esprit d’un certain nombre de nos concitoyens qui ont très rapidement basculé de l’anti-israélisme à l’antisémitisme le plus primaire.

Qui, aujourd’hui, peut encore ignorer jusqu’où cet antisémitisme a amené l’Europe entre 1933 et 1945 ?

Qui, aujourd’hui, après avoir vu ou entendu parler du film de Lanzman Shoah, peut encore ignorer les horreurs absolues où a conduit l’antisémitisme ?

J’ai eu le privilège d’inaugurer, dans les années 80, le bloc belge à Auschwitz.  A cette occasion, j’ai visité les lieux de la monstruosité humaine, guidé par Paul Halter, qui y avait été enfermé de 1943 à janvier 1945.

Il n’existe pas de mots pour décrire ce qui s’est passé dans ce lieu, et, malheureusement, dans beaucoup d’autres en Europe.

J’ai fait une seconde visite à Auschwitz quelques années plus tard, mais j’ai été totalement incapable de la refaire. J’ai attendu sur le parking le groupe de jeunes gens que j’accompagnais !

Qu’on soit obligés, soixante-six ans plus tard, de rappeler ces élémentsdémontre une forme de faillite morale de notre société occidentale !

Non ! Dans ce genre de domaine, on ne fait pas flèche de tout bois !  Il est des choses qui étaient inacceptables et qui le resteront jusqu’à la nuit des temps car elles touchent à l’essence même de l’individu, à savoir le simple respect de l’autre, le simple respect pour la dignité et la vie de l’autre !

Je mets en garde ceux qui, aujourd’hui, se vautrent dans l’antisémitisme.  Demain, ils en verront d’autres se vautrer dans l’anti-arabisme et, pourquoi pas, après-demain, se vautrer dans les plus ignobles propos racistes contre les Flamands ou contre les Wallons !!!

Le racisme n’a pas de limite !

Il faut le combattre à la racine.

Les Juifs aujourd’hui !

Les Arabes demain !

Après, les Wallons, les Flamands, et combien d’autres ?

La démission du Professeur Brotchi doit résonner comme un signal d’alarme afin que l’ULB redevienne ce qu’elle était dans les années 30, c’est-à-dire un foyer d’opposition à toutes les dictatures.

J’ai honte pour l’ULB !

J’ai honte pour nous !

Merry Hermanus
merry_hermanus@yahoo.com

Le Bras impitoyable de la « Justice » jettoise a encore frappé !

Il était une fois un petit bonhomme qui a eu la mauvaise idée de faire pipi sur une porte de garage !

Son geste sacrilège a été constaté et, en mars 2004, le courroux de l’Administration jettoise, mesurant l’immense gravité du crime, lui a infligé une amende de 150 euros !!!

Ce crime, puisque c’est bien d’un crime qu’il s’agit, est repris nommément dans notre glorieux Règlement de Police.

Dans un premier temps, le délinquant n’a pas voulu payer.

Prête à tous les sacrifices, la commune de Jette a donc chargé un avocat qui, lui-même, a chargé un huissier de récupérer les montants dus.  J’aurais voulu vous communiquer les honoraires de l’avocat et ceux de l’huissier, mais, apparemment, on ne les retrouve pas dans le dossier.

Finalement, trois ans plus tard, l’horrible délinquant s’est soumis… La « Justice » jettoise a encore été la plus forte !!!

Le « pisseur fou » a accepté de payer 15 euros par mois à partir du 1erdécembre 2006, soit trois ans plus tard.

Bizarrement, alors que l’amende administrative était de 150 euros, l’avocat de la glorieuse commune de Jette nous a signalé qu’il avait récupéré un montant de 490,60 euros !!!

Je suis persuadé, chers lecteurs, que, tel Sherlock Holmes, vous aimeriez savoir par quel mystère une amende administrative de 150 euros conduit, six ans plus tard,  à une récupération d’un montant presque trois fois plus élevé.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là.  Des sommes seraient encore dues mais, drame fatal, le criminel est décédé !!!

Une question cornélienne se pose : Comment va-t-on récupérer les 12,86 euros qui sont encore dus pour des frais d’huissier ?

Le délinquant étant mort, il fallait envisager de se rabattre sur ses héritiers. C’est alors qu’on constate que, non seulement le délinquant principal est mort, mais ses enfants ont été radiés de la commune de Jette depuis 2000 !!!

Conclusion, on clôture le dossier et on informe l’avocat qu’on s’arrête là.

Dans certaines communes flamandes, lorsqu’on y pénètre, on franchit un panneau sur lequel il est  indiqué : « Une Commune où les Flamands sont chez eux ». Pourquoi ne pas proposer d’installer, à l’entrée des principales voies de pénétration de notre bonne commune un panneau ainsi nommé « : Jette, une commune où chaque pisseur sera sanctionné ! ».

Un cas d’école vraiment !

A tel point passionnant que j’en ai parlé à un professeur de Droit administratif de l’ULB qui l’évoquera dans ses cours et qui établira un calcul aussi précis que possible du coût réel de toute cette opération.

Je ne manquerai pas de vous le communiquer.

Mais quel contraste entre ce pauvre incontinent qu’on poursuit pendant sept ans, et certains contribuables jettois … bien connus des services, qui payent leur loyer en nature (cas ultra exceptionnel), et qui ne sont pas taxés depuis dix ans !

Allez, le plateau de la balance de la Justice jettoise penche horriblement du côté de certains. Pour d’autres, une main salvatrice est là pour leur épargner le pire.

Quand je vous disais que Jette est une commune où règne le Père Ubu !!!

merry_hermanus@yahoo.com