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La preuve par … les tunnels !

« Le Suffrage Universel, c’est la lumière en plein jour.
En lui toute force est 
obligée de s’exprimer,
toute conscience 
de se livrer. »
Jean Jaurès.                               
                   

Un étonnant succès.

Il y a quelques mois j’avais envoyé une lettre ouverte à Elio Di Rupo portant sur la dramatique paupérisation sociale, économique et politique de la région bruxelloise.  Cette lettre dont la presse flamande a abondamment parlé a été un véritable phénomène, elle a été visionnée par plus de 16.000 personnes en une semaine !   Jamais, le blog que je tiens, épisodiquement depuis 2009 n’avait connu un tel succès.  On peut donc supposer que ce que j’exposais devait répondre à une certaine attente.  J’en reviens aux échos dans la presse, du côté francophone, seuls la DH et le Vif l’express en ont fait état… Il m’est revenu que certains, en haut lieu, estimaient qu’il valait mieux ne pas évoquer cette analyse sans concession du chaos bruxellois.  Or, c’est bien de cela qu’il s’agit.  Je démontrais que rien ne pouvait fonctionner à Bruxelles et que le mille-feuille institutionnel s’ajoutant à l’invraisemblable machine à gaz politique ne pouvait conduire qu’au désastre.  Nous en avons maintenant une singulière démonstration.  Aujourd’hui, la preuve est faite… la preuve par les tunnels.

D’abord un peu de (mauvaise) cuisine électorale.

Comme je l’avais souligné à Bruxelles les principes du suffrage universel sont violés.

En effet, le collège électoral où sont cantonnés les candidats flamands répond à des normes différentes de celles imposées aux Bruxellois francophones, logique imparable dans la mesure où 14 sièges sont automatiquement réservés à un corps électoral considérablement réduit par rapport à celui des 75 sièges francophones.

De qui Mr. Smet ministre de la mobilité est-il l’élu ?  De qui est-il le ministre ?

J’évoque sa situation dans la mesure où il a en charge la mobilité, mais comme on le verra son cas ne diffère pas des autres néerlandophones élus à Bruxelles.

Il m’a donc paru intéressant de reprendre certains chiffres de la dernière élection régionale

Constatons d’abord que le collège électoral flamand correspond à 9,1 % de celui des francophones.  Dans le groupe Nl., Mr Smet réalise 5,05 % des voix.  Ce qui n’est déjà pas exceptionnel sur 53.379 électeurs.  Mais il y a mieux… Une fois nommé ministre, il devient l’élu de tous les bruxellois, quel que soit le collège électoral auquel il appartient, or le nombre d’électeurs total était en 2014 de 637.689, donc Mr. Smet est ministre de la mobilité à Bruxelles en représentant 0,42 %  des voix !  En effet, par un tour de passe-passe institutionnel, les élus du collège flamand devenant ministres, le sont, non pas pour les matières limitées à leur communauté mais pour tout Bruxelles !

Pour ne pas faire de jaloux, je note que la charmante Mme Grouwels ne représente que 0,34% des voix et l’étonnant Mr De Lille 0,32%.
Tous deux furent, avec de tels scores, ministres bruxellois.

Je n’évoque pas les résultats des 14 élus flamands dont certains sont députés avec quelques centaines, voire quelques dizaines de voix !  Pour être simple, il suffit de dire que ces gens nous gouvernent mais nous ne les avons pas élus!!!
Des révolutions ont eu lieu pour moins que cela !

 Y a – t – il un autre état démocratique où un tel mécanisme si insolemment injuste peut exister ?

Comment dans ces conditions accorder la moindre légitimité à de tels élus, à de tels ministres.  Nous sommes en pleine dérision.  Or, sans légitimité pas de démocratie.  Il est aussi permis de se poser des questions sur les rapports que de tels « ministres » entretiennent avec leurs compétences, quelle vision ont-ils d’une population dont ils ne sont les élus qu’à raison de 0,42 % !  Ont-ils de quelconques devoirs envers un électorat qui ne les a pas élus ?  Ont-ils des devoirs envers cette population à laquelle ils sont électoralement étrangers ?

On n’ose imaginer une situation semblable en Flandre ou en Wallonie.  Jamais cela n’aurait été accepté.  Si cela ne soulève aucune objection à Bruxelles, c’est que nous ne sommes pas une région, nous disposons d’aucune identité.  La classe politique bruxelloise ne réagit pas car elle vit, fort bien, de cette situation, pourquoi en changer… Jusqu’au moment où les faits viennent, selon l’expression consacrée, leur mordre la nuque !  Avec les tunnels, nous touchons la preuve de l’incapacité de ce mille-feuille, non seulement de répondre aux besoins de la population mais bien plus essentiellement d’assurer sa sécurité… et cette chose toute simple la liberté de circuler !

Les tunnels ou la piscine ?  En somme nager ou circuler à Bruxelles !

Comment s’étonner dans de telles conditions que Mr. Smet trouvait judicieux de consacrer 27 millions d’euros pour l’érection d’une piscine sur le canal.  Pas d’argent pour l’entretien des tunnels mais une somme énorme pour un « caprice » de bobo en mal d’originalité ou nostalgique de la piscine De Ligny qui, installée à Paris sur la Seine, fut un haut lieu de la drague.  Contrairement à ce que j’ai lu ici ou là, ce ne fut pas un projet en l’air comme il y en a tant !

Non !  Après un moment d’ahurissement, un accord était obtenu, je puis assurer que même Moureaux s’était rallié à ce projet qu’il estimait « sympathique pour sa population qui l’été pourrait ainsi nager en plein air. » Je suppose sur base d’horaires séparés pour les hommes et les femmes !!! Attention, ne pas déplaire aux si sympathiques barbus ! Il me l’a dit personnellement.  J’en suis resté comme deux ronds de flan !  Nous n’avons évité cette scandaleuse bêtise que parce que Mr Smet a été remplacé par Mr De Lille qui avait d’autres priorités… cyclistes celles-là.

Mais ce qu’il faut retenir, c’est que le gouvernement bruxellois, de par le blocage dont est susceptible chacun de ses 8 membres, est soumis à toutes les élucubrations… De toute façon, c’est toujours les contribuables qui payent.  Pourquoi se gêner ?  Ainsi au cours de la même législature où Mr. Smet songeait à sa piscine, Mme Huytebroeck faisait installer dans les parcs bruxellois des WC finlandais coûtant plus de 17.000 euros pièce… oui, oui vous avez bien lu, 17.000 euros pièce !  Après leur installation, il a fallu les démonter et les réinstaller car ils polluaient la nappe phréatique supérieure… étonnant non !

Mais comment refuser à l’Ecolo Huytebroeck son petit caprice ministériel car elle aussi, si on n’acceptait pas de lui céder pouvait bloquer l’exécutif bruxellois pendant des semaines ou des mois, alors un moment de honte étant vite passé, elle a eu ses coûteux jouets.  Les promeneurs bruxellois qui usent des précieux édicules en connaissent-ils le prix ?  Ils ne devraient s’y soulager qu’avec le profond respect que l’on montre à ces cathédrales de la stupidité !

Pourquoi les tunnels n’ont pas été entretenus ?

Non ! Il ne s’agit pas du manque de moyens budgétaires… Il y a une raison fort simple, simpliste mais que curieusement personne ne mentionne… Réparer les tunnels NE RAPPORTE  AUCUNE VOIX !  IMPACT ÉLECTORAL  ZERO !

Voilà la raison, la vraie, l’unique, la seule. Une piscine sur le canal, oui, ça c’est original, porteur, la presse va en parler, des pistes cyclables ou des garages pour vélos, super très bien, c’est tendance, des WC finlandais, magnifiques, exotiques… mais les tunnels franchement qui en parlera ?  Quelle visibilité médiatique, quel impact électoral…,invendable politiquement, alors… on a attendu des jours meilleurs !   Jusqu’à ce que les plaques de béton en aient marre et décident de se détacher.

D’inquiétants tunnels.

Les hasards de la vie m’avaient conduit à rencontrer le DG des travaux publics qui fut chargé de construire certains d’entre eux.  Il ne m’avait pas caché ses inquiétudes en cas d’incidents majeurs.  Jusqu’ici les blocs de béton qui se sont détachés n’ont blessé personne mais comme chacun le sait… le pire n’est jamais certain mais n’est jamais décevant !

A l’époque où elle était gouverneur de Bruxelles, Mme Paulus de Châtelet avait à de nombreuses reprises attiré l’attention de Picqué sur certains dangers liés aux tunnels, non seulement elle n’avait pas été écoutée mais en outre, elle était considérée comme une empêcheuse de danser en rond, alors qu’elle ne faisait que son métier avec sérieux et compétence.  Mais cela ne rentrait pas dans les schémas-directeurs de la gestion de Picqué !   Curieux d’ailleurs que ces notes n’aient pas fait surface et que personne jusqu’ici ne les ait mentionnées… peut-être qu’elles aussi ont été mangées par les providentielles souris papivores !

Le festival de cynisme, d’irresponsabilité, de mensonges.

Lorsque l’état des tunnels ne pouvait plus être dissimulé, qu’il n’était plus possible de se cacher derrière son petit doigt, les Bruxellois ont pu assister à un invraisemblable spectacle.  C’était à qui ferait preuve du plus de cynisme, d’une effarante irresponsabilité.

À tout seigneur, tout honneur, d’abord Picqué, le roi du macadam, l’expert, le champion incontesté toute catégorie, docteur honoris causa de toutes les universités en matière de cynisme.  Sa première réaction fut :  » c’est la faute de l’administration qui ne nous a pas informés. »  Il ne faut pas avoir lu Somerhausen ou Cambier pour savoir que l’administration est une force de proposition et d’exécution, la décision appartient aux politiques et à eux seuls, se défausser sur l’administration c’est de la lâcheté, d’autant plus qu’on découvrira au fur et à mesure que des notes existaient, nonobstant celles du Gouverneur que Picqué connaissait fort bien.

Il a dirigé la région pendant plus de 15 ans mais il n’est responsable de rien…
A ce niveau, l’hypocrisie est une forme de franchise.  En ce sens, Picqué est d’ailleurs un personnage fascinant qui mériterait une thèse de doctorat.
Son cynisme distancié, rigolard est une forme de grand art.  En effet, en privé, pendant ces 15 ans où il présidait l’exécutif bruxellois, il ne se cachait nullement pour dire qu’il ne croyait pas en cette région, qu’il était impossible que cela fonctionne,  allant si loin dans son mépris qu’il mettait souvent très mal à l’aise ses interlocuteurs comme par exemple le ministre Cerexhe qui supportait très mal d’entendre Picqué soutenir que c’était au collège Saint Michel qu’on lui  avait appris cette étonnante distance à prendre avec la vérité.

Je l’imagine, Charles Picqué recevant son énorme chèque de fin de fonction lorsqu’il quittera le plantureux fromage de la présidence du parlement bruxellois, je le vois se retournant vers nous, les « socialistes grabataires, ultimes et incertains rameaux d’une espèce bientôt disparue », abandonnant pour une fois son effroyable cynisme distancié, revenu de tout, ricanant de grossièretés, rigolard, avec un large clin d’œil, il nous lancera :  » je vous ai bien eus… Jamais je n’ai été des vôtres ! « .  Enfin, à l’ultime instant, les poches bien garnies, il dira La Vérité.

Et pourtant, j’éprouve pour cet homme une forme de tendresse triste, tant est perceptible chez lui l’ inguérissable blessure de l’enfance, l’irrépressible, le frénétique besoin d’être aimé caractérisant les gens angoissés par le peu d’estime qu’ils ont d’eux-mêmes, honteux d’avoir triché pendant toute une vie.  On ne collectionne pas innocemment les châteaux forts en carton pâtes ! Les gens sans illusion sur la nature humaine, y compris sur eux, ont tant besoin d’être protégés… !

Quant à Moureaux, les tunnels furent un électrochoc, subitement il perdit la mémoire.  Alors que rien ne se faisait à Bruxelles sans son souverain et vociférant arbitrage, il lançait un tweet laissant entendre qu’il n’y était pour rien !  Trou de mémoire brutal, le noir absolu, non ! Jamais il n’avait supervisé la répartition des fonds de Beliris, non jamais, il n’avait exigé que tout passe par Molenbeek, du moindre centime aux millions européens les plus juteux !  Effrayant alors que Picqué et Onkelinckx n’étaient au mieux que de maugréants mais soumis factotum, ne pouvant lever le petit doigt sans que Moureaux se demandât si ce doigt n’était pas un poing tendu vers Molenbeek.

Si Picqué c’est le cynisme, Moureaux c’est la lâcheté.  En fait, Philippe Moureaux c’est le type qui voit le monde depuis un wagon de première classe, mais une première classe qu’il aurait refusé de prendre pour faire un bras d’honneur à son milieu, et ainsi, croit-il, mieux le trahir, sans se rendre compte que son cerveau ne conçoit le monde qu’avec les lunettes que sa caste lui a mise sur le nez, ne se rendant  jamais compte de la différence entre ses fantasmes égalitaires et les « effroyables pépins du réel. »

Pour lui, le monde est une construction au départ des stéréotypes construits par un bourgeois qui a découvert le marxisme grâce aux leçons de l’un de ses domestiques.  Si la réalité ne correspond pas, il suffit de changer de réalité !  Avoir été  collectionneur de cactus est plus explicite qu’un long discours sur les ressorts profonds d’une telle  personnalité !

Je n’évoque pas ici les réactions de Mr. Smet, de Mme Grouwels tant celles-ci me semblent en-dessous de tout,  c’est le niveau zéro… et encore en été, car en hiver, c’est en-dessous de zéro !

La commission de la honte ou comment démontrer aux électeurs qu’on s’en fiche totalement d’eux !

Énorme, stupéfiant, c’est Picqué qui préside la commission parlementaire chargé de faire la lumière sur le dossier des tunnels.

C’est comme si l’on avait chargé Grouchy de présider la commission chargée de déterminer les causes de la défaite de Waterloo.

C’est comme si l’on avait chargé Gamelin, chef d’état-major Général français, de présider la commission sur les causes de la défaite de la France en Juin 40.

C’est comme si l’on avait demandé à l’ingénieur chargé de la sécurité de la centrale de Tchernobyl de présider la commission sur les causes de l’explosion de la centrale.

C’est comme si l’on avait demandé à l’ingénieur Japonais qui avait conçu le mur de protection de la centrale de FUKUSHIMA de présider la commission chargée de déterminer les causes de la catastrophe… Il y a des moments où le rire s’efface.  Et pourtant non !  Au parlement Bruxellois, ils ont osé.  Picqué s’est imposé, la majorité a laissé faire.  Gigantesque plaisanterie, dérision totale de la démocratie et du simple bon sens.  De quoi enlever sa dernière illusion à l’homme sans illusion !

Une fin de régime ?

Dans ce bourbier, l’actuel Ministre-Président, Rudi Vervoort essaye avec une efficacité, une humilité et une obstination, tranchant avec les pratiques verbeuses de son prédécesseur, de sauver ce qui peut l’être.  La question est de savoir jusqu’à quand cela pourra tenir ?  En tout état de cause, plus très longtemps… jusqu’au prochain accident grave causé par les négligences ministérielles ?
Il faut avoir entendu l’effarement des autorités judiciaires et policières françaises découvrant récemment  l’existence de nos six zones de polices pour comprendre le décalage qu’il peut y avoir au niveau du fonctionnement normal des institutions et la situation à Bruxelles et pourquoi ne pas le dire en Belgique !  Car, en effet, qui peut douter que la situation bruxelloise est emblématique de la situation belge.  Une Justice dans un état lamentable où un magistrat met publiquement en cause, à juste titre, les projets d’un ministre de la justice, où les fonctionnaires de justice sont écrasés par le nombre de dossiers, où la justice est considérée comme une loterie, où les délais rendent la notion même de justice plus qu’aléatoire !  Un pays où l’on doit interrompre une exposition car il pleut sur des toiles du XVIIème siècle, un pays où les salles des musées sont constellées de seaux pour récolter l’eau de pluie… etc.  La Belgique, de toute son histoire, n’a jamais été une nation, aujourd’hui elle n’est plus un pays !

Ce long, ce très lent divorce des belges conduit à une grangénisation de toutes les institutions.  Le courage serait de tirer un trait définitif et de remettre une bonne fois pour  toute la problématique institutionnelle à plat… mais le mot « courage »  est semble-t-il inconnu dans le vocabulaire… politique. En attendant, à Bruxelles, l’enseignement produit chaque année de futurs chômeurs … et les tunnels s’écroulent… la mobilité n’est qu’un énorme infarctus automobile… mais Picqué préside la commission sur les tunnels… tout va bien… de la même façon que le type qui tombe du vingtième étage se dit, arrivé à la hauteur du troisième étage, que tout va toujours bien… jusqu’au terrible choc final !
Allez encore un petit effort et on y est !!!

Auguste Merry Hermanus

Et si la crise institutionnelle était une chance pour Bruxelles?

Un bilan catastrophique

Rares sont ceux qui lisent les statistiques, qu’il s’agisse du baromètre social, de l’analyse de l’évolution des CPAS, ou des excellentes statistiques d’Actiris.

Et pourtant, la réalité de la situation de Bruxelles se trouve dans ces chiffres.

A quoi assiste-t-on depuis une petite dizaine d’années ?

– à une véritable explosion de la misère ;
– à une explosion de la natalité ;
– à une dégradation de l’environnement urbain ;
– à une mobilité de plus en plus catastrophique, coincée entre les élucubrations Ecolo et l’incapacité pour le Gouvernement régional de faire appliquer une série de mesures constamment bloquées par le Gouvernement fédéral (Bruxelles est la dernière capitale où des camions de tout tonnage peuvent circuler sur n’importe quelle voirie et à n’importe quelle heure…avec les conséquences qu’on devine) ;
– à un sous-financement structurel dramatique ;
– à 60% des emplois occupés par des navetteurs non contribuables à Bruxelles ;
– à la plus forte progression du chômage en Belgique ;
– à 33 % de chômeurs parmi les jeunes de 18 à 25 ans ;
– à un chômage de 23% pour les adultes (Bruxelles est pourtant la Région où se créent le plus d’emplois, mais ceux-ci ne bénéficient nullement aux Bruxellois. Rappelons qu’en 1973, Bruxelles générait 17% du P.I.B. belge, et qu’aujourd’hui, on en est à 7% ) !

Qui gouverne ?

Un gouvernement composé de 8 ministres : 3 représentants néerlandophones, 5 représentants de 3 partis francophones.

89 députés ! 19 Bourgmestres, 19 Collèges, 19 conseillers communaux, 19 Présidents de CPAS, 38 Sociétés de Logements… 40.000 demandes en instance !!!

Tout cela pour une ville de 1.100.000 habitants !

Parmi ces 89 députés, les deux-tiers sont Bourgmestres, Echevins ou conseillers communaux, ou siègent dans leur CPAS municipal.

Cela conduit à ce qu’il n’y ait aucune Tutelle sérieuse sur les communes, chacun se tenant par la barbichette.

Des parlementaires siègent, ayant obtenu 0,06% des voix des électeurs bruxellois !!!

L’un d’entre eux, dans ma commune, n’a même obtenu que 0,16 % dans son propre canton !

Sa personne m’importe peu, mais c’est le système qui permet ce genre d’aberration qu’il faut prendre en compte.

A Jette, sur 35 conseillers communaux, il y a 7 députés régionaux : un Francophone et six Néerlandophones.

Sur le total : un seul élu direct !

Sur les sept élus néerlandophones du Conseil communal de Jette, six sont parlementaires !

Un système qui permet de telles absurdités ne peut être considéré comme légitime, et ce d’autant plus que le sacro-saint principe « Un homme, une voix » est, de fait, violé !

Il a été abandonné pour sauver la communauté française de la faillite.

D’aucuns envisagent-ils encore de brader quel principe sacré de la Démocratie pour sauver Bruxelles de la faillite ?

Comment ne pas se rendre compte qu’il y a une terrible déconnexion entre ce type d’Institution et la population qui, au jour le jour, voit sa ville se dégrader… et périr !

Il est permis de se poser les questions suivantes :

– Quels sont les Bruxellois qui connaissent les compétences du Parlement et du Gouvernement bruxellois ?

– Quels sont les Bruxellois qui connaissent le nom des Ministres qui les dirigent ?

On discuterait, dans ces Instances (Parlement et Gouvernement bruxellois) du sexe des anges que ce serait la même chose…, avec les mêmes conséquences qu’à Constantinople en 1452 !

Le système mis en place par MM. Moureaux et Dehaene en 1988 ne pouvait fonctionner que sur base d’une véritable loyauté régionale et fédérale où chacun reconnaîtrait la légitimité de l’autre.

Or, nous savons que ce n’est pas le cas, et ce depuis longtemps.

Il suffit de se rappeler les déclarations de Mme Grouwels qui, elle au moins, a le mérite de la franchise…, c’est assez rare pour être souligné.

Le courage de reconnaître la réalité

La réalité, c’est :

– que le Gouvernement bruxellois tel qu’il existe est impuissant à régler les vrais problèmes de la Ville et de ses habitants ;

– que le Parlement bruxellois n’a, de fait, ni l’ancrage démocratique ni la légitimité démocratique du fait d’une pléthore d’élus dont certains le sont avec un nombre de voix ridiculement dérisoire.

Or, il ne faut pas avoir lu Tocqueville pour comprendre que lorsqu’une Institution politique fonctionne sans véritable ancrage populaire, elle est perçue comme inutile, et, au minimum, impuissante.

En un mot comme en cent, la machine gaz institutionnelle ne fonctionne plus !

Comme les Shadocks, certains pompent, pompent, pompent toujours, font semblant de pomper, et pompent … dans le vide.

N’est-il pas temps de reconnaître publiquement que la gestion de certaines communes pose un énorme problème ?

Que des montants gigantesques sont engloutis en pure perte ?

Comment croire que les fonctionnaires régionaux, bras armés du Gouvernement régional, qui ont vu leur cadre linguistique cassé trois fois, et ont été de ce fait privés, depuis douze ans, de toute promotion, sont encore motivés, et ont, ne fût-ce qu’un semblant de foi dans l’avenir de la Région ???

Le constat !

La crise institutionnelle mettant en cause l’existence même de la Belgique dure maintenant depuis 2007.

Ne devrait-elle pas conduire les leaders bruxellois à avoir le courage de mettre tout à plat, et à reconsidérer la totalité du système institutionnel bruxellois ?

Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, sont saisis d’angoisse face à la situation de Bruxelles.

Certains investisseurs internationaux qui auraient dû participer à des projets majeurs pour l’évolution de la Région ont fait savoir à leurs interlocuteurs bruxellois qu’ils suspendaient toute intervention avant que la clarté se fasse au niveau institutionnel. Une catastrophe !!!

Est-ce un hasard si j’ai constaté que neuf hauts fonctionnaires sur dix, de ma génération, lors de leur admission à la pension, ont quitté notre Région ?

Est-ce un hasard si les classes moyennes continuent à quitter Bruxelles pour la périphérie ?

Est-ce un hasard si la masse imposable continue à diminuer, limitant drastiquement les moyens des communes et de la Région ?

Tout cela, chacun le voit au jour le jour, mais peu osent aborder cette problématique à haute voix car ils savent qu’ils mettraient en danger le petit millier de personnes constituant la classe politique bruxelloise.

Les plus hauts responsables de Bruxelles, en privé, tiennent exactement le même langage que moi, et mieux encore car eux, ils sont mieux informés. Mais en public, c’est la langue de bois !

Le statut de Bruxelles pose question, depuis 1937, date à laquelle le Gouvernement a désigné le Baron Holvoet en qualité de Commissaire royal pour y réfléchir.

L’occupant allemand tranchant la question en instaurant le « Gross Brüssel », ce qui, pour les décennies qui ont suivi, a plombé toute chance réelle d’une rationalisation de la gestion bruxelloise.

Certains Bourgmestres, j’en suis témoin, font des efforts héroïques afin de maintenir leur commune à flot, et tenter d’apporter à leurs concitoyens l’environnement urbain et social auquel ils ont droit. Mais ils savent, de par leurs efforts eux-mêmes, que les limites sont atteintes.

La crise, une chance !

N’est-il pas temps de couper le nœud gordien ?

Oui ! Une part importante, si pas majoritaire, de la Flandre, refuse l’existence de Bruxelles !

Oui ! Tout ce qui se dit en Flandre sur la gestion de Bruxelles n’est pas totalement faux !

Oui ! Les Bruxellois sont des citoyens à part entière et ont, comme tous en Démocratie, le droit de se déterminer librement sur leur avenir.

Oui ! Telle que Bruxelles existe aujourd’hui, il n’est plus possible, dans ce schéma, d’assurer les besoins de la population, son avenir et son développement.

Qui aura le courage d’affirmer tout cela à haute voix ?

Qui aura le courage d’assumer un changement institutionnel profond et radical à Bruxelles ?

Celui-là se trouvera peut-être dans ce que de Gaulle appelait « le splendide isolement de la vérité ».

Mais il sera, je n’en doute pas un seul instant, le vrai défenseur de Bruxelles, de son avenir et de son développement.

Sans ces changements, Bruxelles, en tant que telle, disparaîtra !

merry_hermanus@yahoo.com
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Pour Hervé Doyen, y a-t-il des Bruxellois de seconde Zone ???

COMMUNIQUE DE PRESSE

Pour Hervé Doyen, y a-t-il des Bruxellois de seconde Zone ???

Les Elus et le Comité du PS de Jette, ayant pris connaissance de l’interview d’Hervé Doyen, Bourgmestre de Jette, dans « Le Soir » de ce 22 juin 2010 :

marquent leur profonde indignation quant à la façon dont Hervé Doyen qualifie les électeurs des candidats du PS de Jette aux dernières élections législatives.

Il est manifeste qu’Hervé Doyen tente par là de justifier son cinglant échec.  Il balaye du revers de la main le fait que Mme Hamrani a fait près de trois fois plus de voix que lui, et que M. Errazi en a fait le double ! Il affirme de façon honteuse « Ce sont des voix clairement communautaires ».

Les Elus et le Comité du PS de Jette posent à Hervé Doyen les questions suivantes :

  • Y a-t-il, à Bruxelles, des électeurs de première et de seconde catégorie ? Les premiers dont les voix, aux yeux d’Hervé Doyen ont valeur démocratique, et les seconds qui ne disposeraient que « d’un vote communautaire ».
  • Monsieur Hervé Doyen a-t-il l’intention de proposer qu’on en revienne au vote plural,  qui, de 1894 à 1918, donnait à certains électeurs trois voix, et à d’autres, les pauvres, une voix ? Sans doute M. Doyen veut-il transposer ce système où, un jour, les voix d’un Belge de souche compteront double ou triple que les voix de ceux ayant acquis la nationalité belge plus récemment.

Les Elus et le Comité du PS de Jette sont profondément choqués par le racisme rampant qui sous-tend  l’affirmation d’Hervé Doyen qui, déjà, il y a quelques années, dans les colonnes du « Soir » avait critiqué les choix de la Présidente Milquet lors de la composition des listes électorales.

Il est vrai qu’Hervé Doyen se heurte constamment à un obstacle pour lui infranchissable, à savoir, être capable de se faire élire directement, ce qu’il n’a jamais réussi à faire ni à la Région ni au Fédéral.  Il ne siège à la Région que grâce à la suppléance qui lui a été offerte par la Présidente Milquet.

Mme Milquet, Présidente Cdh, sera donc ravie d’apprendre que l’un de ses deux seuls Bourgmestres Bruxellois Cdh est, comme le dit élégamment Hervé Doyen « entré dans la campagne à reculons » !  Elle trouvera peut être là l’une des explications du score historiquement bas du Cdh à Bruxelles.

Les Elus et le Comité du PS de Jette expriment leur indignation quant au fait qu’Hervé Doyen, pour la seconde fois, publiquement, fait preuve de ce qu’il faut bien appeler une forme de racisme à l’égard d’une part importante de la population bruxelloise.

Enfin, il convient de souligner que si le raisonnement d’Hervé Doyen était exact, il aurait dû rassembler sur son nom un nombre de voix considérable de ceux qu’il considère comme n’exprimant pas un vote communautaire.  Or, Hervé Doyen perd les 2/3 de ses voix par rapport aux Communales de 2006, et perd 30% de ses voix par rapport aux dernières Législatives.

Pour conclure, les Elus et le Comité du PS de Jette veulent savoir si, oui ou non, à Bruxelles, il existe des électeurs de première catégorie et de seconde catégorie ? Et si, oui ou non, quand on élabore les listes électorales, il faut tenir compte des citoyens que, manifestement, Hervé Doyen considère comme de seconde zone ?  Ou bien si, à Bruxelles, on continue à appliquer le principe démocratique pour lequel des milliers de personnes ont mené pendant plus de cent ans un terrible combat, à savoir : un homme (une femme) = une voix.

Pour les Elus et le Comité du PS de Jette

Cyrille SEGERS                                                              Merry HERMANUS
Président                                                                        Premier Echevin Sans Attributions

merry_hermanus@yahoo.com
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