Archives de Tag: Yvan MAYEUR

Yvan Mayeur, Samusocial… des tonnes de mensonges… de larges, d’épaisses couches d’hypocrisie.


« 
Généralement les individus qui ont excité mon dégoût en ce monde étaient des gens florissant de bonne renommée. »
Léon Bloy

 

Mayeur dans la lessiveuse, elle tourne, elle tourne, elle n’est pas prête à passer en mode essorage !  Il est extraordinaire d’entendre la classe politique s’exprimer sur la tempête du moment.  C’est un festival à celui qui sera le plus transparent…tous fantassins exemplaires de la guerre contre les ponctions d’argent public.

Les uns utilisant moultes circonvolutions ne comprenant même pas que leurs déclarations suintent la peur de voir apparaître une législation plus sérieusement restrictive et contraignante en matière de mandats.  Ceux-là, naïfs boy-scouts, en politique pour «  servir » mais « toujours prêts » à se servir, ayant fait carrière de beau-fils idéal, font semblant de ne pas comprendre ce qu’il se passe !

C’est le festival des Saints innocents lors des débats en TV ou radio, ce  sont de pures moments de music-hall pour ceux qui connaissent les règles du sérail ; quelle riche idée d’avoir invité Madame Milquet, inculpée pour avoir engagé à son cabinet des collaborateurs qui auraient été chargés de sa campagne électorale (le conditionnel s’impose au regard du respect du principe de la présomption d’innocence, Mme Milquet n’ayant pas encore été jugée…
le sera-t-elle un jour ? des exemples antérieurs permettent d’en douter )…
au moins y avait-il sur le plateau quelqu’un qui savait de quoi il retourne quant au bon usage des emplois publics.

J’ai fait, à une autre époque il est vrai, partie de ce système, j’en ai été l’instrument et l’objet mais la situation, telle qu’elle existe maintenant ne peut que révulser.  Cela exige une mise à plat et des actions urgentes.

Pourquoi ce genre de scandale à Bruxelles.

« Le défaut de tous les parvenus, c’est de trop estimer la classe à laquelle ils sont arrivés. »
Stendhal

Dès qu’une affaire éclate, c’est le déferlement poujadiste… inévitable, il y a toujours des tricoteuses pour crier à mort sous les montants sanguinolents des guillotines… aujourd’hui médiatiques… les rasoirs sont encore et à jamais impatients de tondre les « coupables »… aucun mal à les imaginer les tondues de cet épouvantable scandale… crâne mal dégrossi, larges plaques de cheveux épars, baladés sur la plate-forme d’un camion, nues jusqu’à la ceinture, le front garni d’une grossière inscription PS au goudron, la même sur la poitrine, leurs seins ballottant à chaque chaos de la route… à chaque gifle assénée par les chevaliers blancs hurlant de rire, découvrant ainsi les dents jaunes de la jalousie et des vies ratées… soudain… divine surprise… vengées, enfin triomphants, animés d’une légitime, d’une juste et sainte colère… faut qu’elles payent !
Le camion passera rue Haute devant le CPAS… le peuple pourra jeter des fruits, des légumes pourris, cracher sa haine de ceux que hier encore, il flattait !

Un grand classique de l’histoire… spectacle dont certains, j’en suis certain, rêve !
C’est dans de tels moments « d’émotion publique » qu’on se réjouit de vivre dans un état de droit.  Et pourtant, pourquoi les politiques ne reconnaissent-ils pas une fois pour toutes que c’est comme cela que fonctionne le système, c’est sur ce genre de prébendes qu’il est centré, qu’il est basé, qu’il fonctionne, qu’il se perpétue.

Aujourd’hui, on liquide Mayeur, fort bien, mais demain à qui le tour ? Non, Yvan Mayeur n’est pas un cas isolé, un individu que les circonstances ont fait disjoncter, non !  Yvan Mayeur est le produit du système politique bruxellois.

Bruxelles, Ville-région hyper institutionnalisée est un énorme mille feuilles d’une invraisemblable complexité.  Les élèves en droit public sont à plaindre !

Chacune des tranches de l’énorme gâteau… tiens… tiens  comme c’est curieux, le mot gâteau est judicieux,… génère des mandats et encore des mandats.  C’est ce que les communes et la région produisent de mieux !  Chaque fonction petite ou grande donne un fruit juteux ou moins juteux… mais il y a toujours quelque chose à presser, à en tirer.  Au pléthorique et inutile parlement bruxellois, il y a le Président, des vice-Présidents, des Présidents de commission, des chefs de groupes etc.  Et puis rebelote avec la COCOF, avec la COCON, avec la COCOM… chaque Président, vice-Présidents, chef de groupe et tutti quanti… tous perçoivent un petit quelque chose de plus alors même qu’ils sont parlementaires.  Il y a quatre-vingt-neuf députés, huit ministres, il faut donc partager, répartir, tous veulent une part, doivent être servis… sinon pas de majorité, chacun se tient par la barbichette.
Répartition façon puzzle !

Toutes ces fonctions impliquent des sous en plus, soit vraiment beaucoup soit une petite pincée… on ne rigole pas avec le fric !  Rien pour rien. On se paye sur la bête.  Dans « Le Soir » le président du parlement nous expliquait doctement comment il allait imposer le non-cumul, tiens donc… ce même non-cumul qui devait entrer en vigueur en 2022, pourquoi pas à la saint Glin-glin.  Mais il ne dit pas un mot des « petits » à-côtés de sa prestigieuse fonction, il n’évoque pas l’énorme, j’insiste l’énorme chèque, qu’il recevra au moment où il quittera ses fonctions. Il ne cite pas les avantages honteux qui lui seront octroyés après son départ du perchoir en matière de personnel et autres.  Un tel niveau d’hypocrisie, c’est de la franchise… du très grand art !

Bien sûr, tout cela est absolument légal.  Mais en l’occurrence qu’est-ce que cela veut dire « légal ». En fait, ce sont des cadeaux que les parlementaires se sont fait à eux-mêmes, ces jolis cadeaux que tous les présidents avant Picqué ont aussi perçus, résultent de textes votés par les parlementaires, faisant donc partie de la réglementation applicable aux parlementaires bruxellois… et ainsi chacun selon ses fonctions et qualités s’abreuvera en toute légalité à cette inépuisable, généreuse corne d’abondance dont le citoyen ne sait rien… mais qu’il paye… et que Picqué n’évoque pas dans son interview…

Pourquoi le ferait-il ?   Ah ! Oui mais j’y pense jusqu’ici le cumul lui aussi était légal !  Ah ! Mais bon sang n’a-t-on pas récemment évoqué concernant Mayeur et le Samusocial, l’aspect MORAL.  Alors là… c’est bien connu, l’emmerdant avec la morale c’est que c’est toujours la morale des autres, ce n’est pas moi qui le dit c’est Léo ferré !

Pourquoi donc le Parlement bruxellois ne publierait-il pas le tableau des montants attribués à toutes les fonctions internes, n’indiquerait-il pas les avantages de toutes natures, j’insiste de toutes natures, attribués à tous ceux qui en son sein exercent différentes fonctions ou portent différents titres.  Bien sûr, ces textes existent, ce qu’il faut c’est leur donner une vraie publicité… vous en connaissez beaucoup vous des gens qui lisent au petit déjeuner, entre le café et les tartines, le Moniteur belge tous les jours… essayez pour voir comme c’est facile et lisible !

Et les communes.

« On ne leur demande pas d’autre talent que de plumer la poule sans la faire crier. »
Stendhal

Comment cela se passe-t-il dans les communes ?  Là, c’est génial, après chaque élection on assiste à une étonnante, surréaliste foire aux bénéfices ecclésiastiques.  En général, il y a ceux qui savent et ceux qui ignorent tout, autrement dit ceux qui se nourriront du pactole et ceux qui occuperont l’emploi si fréquent de cocu municipal.

Quand un parti politique détient depuis longtemps le pouvoir, l’un de ses séides se spécialise, il connait la liste des mandats attribués au conseillers communaux, il sait comment ils sont répartis et surtout… surtout… il en connait la rétribution… là est l’essentiel.

Donc, tout l’art consiste à rouler son partenaire et à conserver pour le parti majoritaire les mandats les plus rémunérateurs, à répartir les autres, les mandats gratuits ou ceux qui ne rapportent que des clopinettes.  Ainsi, si dans une institution vous êtes nommés Président ou vice-Président, génial, c’est le Jackpot, si vous êtes dans le bureau c’est encore bien, si vous êtes au conseil d’administration, il y a encore un petit intérêt mais si vous êtes à l’assemblée générale, il ne vous restera que vos yeux pour pleurer.  Et c’est toujours ce même schéma.

Les mandats les plus courus sont ceux concernant les sociétés d’énergie…
ça on ne les lâche jamais et en général, ils sont dévolus au bourgmestre qui dispose déjà de la rémunération la plus élevée de la commune, jusqu’à preuve du contraire les bourgmestres bruxellois ne sont pas des infra-salariés.

Je pourrais donner une série d’exemples concrets, citer les institutions mais je ne veux pas ici stigmatiser, je veux mettre en évidence qu’au-delà du cas d’Yvan Mayeur, qui est particulièrement horrible, s’il est avéré, car il s’agit de l’extrême pauvreté,  c’est le fonctionnement de nos institutions qui est en cause…

la situation dans laquelle se trouve Mayeur n’en est que le produit… des cas comme le sien sont, j’en suis intimement convaincu, légions, car les contrôles ont disparu !  Et ce n’est certes pas la désignation des commissaires chargés par la Région d’enquêter sur le Samusocial qui me fera changer d’avis, s’agissant notamment de l’un d’entre eux, c’est à hurler de rire ! Ou de pleurer à chaudes larmes.

Les contrôles, la tutelle sur les communes.

« Il y a des politiciens, qui si leurs électeurs étaient cannibales, leur promettraient des missionnaires à dîner. »
Henry Mencken 

En principe les communes bruxelloises comme toutes le communes du pays sont soumises à une tutelle et ce… accrochez-vous bien depuis… 1836 !  C’est dans ce service du ministère de l’Intérieur que j’ai commencé ma carrière, j’y exerçais la tutelle sur cinq communes bruxelloises.  La mise en place de la région a tout bouleversé.  En principe, la tutelle existe toujours, d’excellents fonctionnaires bruxellois exercent avec compétence cette fonction… problème… leurs avis comptent pour du beurre.

Cela tient à la composition du parlement régional, on y trouve en majorité, des conseillers communaux, des administrateurs de CPAS, des échevins et des bourgmestres.  Or, c’est en définitive ce Parlement qui devrait exercer via l’exécutif cette tutelle, ce contrôle final.

Vous aurez compris que ce contrôle a disparu, tout se négocie, tout s’équilibre opposition et majorité.  C’est en permanence « passe-moi le beurre, je te passe le sel. »  L’Exécutif comportant huit ministres de cinq partis différents, parfois jusqu’à six, impossible d’agir avec autorité sur la moindre commune.

La nouvelle répartition du fonds des communes en a été la parfaite démonstration, l’augmentation des dotations a en fait été une prime à la mauvaise gestion, l’une des communes recevant près de 100% en plus de sa dotation précédente.  Mais tous peuvent dormir tranquilles… personnes ne s’intéressent aux chiffres et surtout en tire des conclusions sur la gestion des communes.

Le pire est que maintenant la plupart des communes sont, du fait des aides complémentaires accordées, soumises à un plan d’accompagnement… des comités se réunissent où le fonctionnaire régional qui a fait sérieusement le boulot est cornaqué par un membre du cabinet qui, perinde ac cadaver, est là pour appliquer un arrangement politique concocté dans un couloir ou un coin sombre du Parlement régional !

Donc, pas de doute, il n’y a plus de contrôle sur la gestion, c’est le train fou dans le brouillard… tant qu’on peut percevoir l’impôt, qu’on peut saigner les rares bruxellois encore contribuables… allons-y ! C’est sans doute aussi la raison qui a conduit à la faramineuse augmentation des mandats communaux lors de la législature 2000-2006.  Ceux-ci ont connu une croissance à ce point importante qu’elle conduit certains élus, n’ayant pas d’autres carrières ou une carrière qu’ils jugent, souvent à raison, médiocre à ne plus pouvoir « se passer » de leurs mandats !

Contrôle sur les mandats communaux.

« Le désir de faire de la politique est habituellement le signe d’une sorte de désordre de la personnalité et ce sont ceux qui ambitionnent le plus ardemment le pouvoir qui devraient en être tenu soigneusement à l’écart. »
Arthur Koestler

Simple… aucun. Tout est matière à mandats. Conseils de Police… on touche comme au conseil communal ! Donc, c’est un petit plus… une petite gratification.  Pourquoi pas affirment ceux qui soutiennent que si n on ne paye pas, les élus ne viendront pas siéger.  Je passe en vitesse sur les frais de représentations et les remboursements de frais de GSM… curieux imbroglio avec ou… sans déclaration fiscale. Non ! En réalité, les usines municipales à mandats, en l’absence de tout contrôle réel se sont affolées, tout devient possible !

Bruxelles ville n’est pas une exception… ce n’est que le symptôme de l’épidémie.  Car, s’il est dangereux de s’aventurer sur la notion de moralité des mandats, il me semble autorisé d’évoquer leur utilité !  J’ai siégé pendant deux mois au conseil d’administration d’une importante société d’énergie; j’ai tout de suite compris que je n’aurais rien à y dire, rien à y faire sinon à toucher un « sympathique, un confortable » jeton de présence !  J’ai cédé mon mandat à un colistier qui siégea six ans… sans dire un mot !

On m’objectera que tout est contrôlé car il y a… bien sûr des contrôleurs aux comptes (mandat souvent gratuit)  de fait dans la plupart des cas, ces contrôleurs ne sont pas en situation de contrôler quoi que ce soit… j’ai vécu personnellement un cas… un seul où le « contrôleur » à qui on affirmait qu’il « n’avait qu’à signer » a refusé d’obtempérer. Il y a par commune des centaines de mandats, à Anderlecht par exemple cent-quatre-vingts huit… qui les contrôle ?

Cela devrait être les conseils communaux… les points qui y sont consacrés lors des conseils sont, croyez-moi, purement formels… une litanie vite récitée sans soulever le moindre intérêt, quant à l’examen de leur utilité pour la commune… vous pouvez toujours rêver !

Un cadastre et un audit des mandats communaux.

« Les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir et les rebuffades que le mérité résigné reçoit d’hommes indignes. »
Shakespeare

En principe ce cadastre devait être fourni depuis 2006 ! L’a-t-il été ?
Je pense qu’il existe pour certaines communes dont au moins une en a fait de la publicité en informant les citoyens des rémunérations qui y sont attachées.
Mais où est le contrôle réel… simple, il n’existe pas ! Ni sur les rémunérations,
ni surtout sur l’intérêt pour la commune d’occuper ce mandat. D’ailleurs dans certaines d’entre elles, le véritable gestionnaire, fait vite comprendre aux mandataires communaux que ce qu’on rémunère… c’est leur silence… ce sont des muets du sérail parfois, des eunuques politiques, on l’a vu récemment en Wallonie, fort bien payés.

J’y songe, qui contrôle réellement les comptes des fabriques d’églises ou de cathédrales, gestion dont sont chargés les marguilliers, nom magnifique fleurant bon l’ancien régime, qui contrôle la façon dont y sont exécutés et suivis les appels d’offres…

Comment les moyens générés par les ASBL constitués dans les paroisses au départ des locaux des églises ou des cathédrales sont-ils utilisés, au profit de qui ! Evidemment, je me garde de toute affirmation, j’évoque seulement un contrôle réel ! Voilà un magnifique champ d’études et d’investigations…
mais, je sais… je rêve… j’évoque… j’illusionne… je fantasme !  Voyons ! Voyons !  Les fabriques d’église !  

Cela peut-il se perpétuer ?  Evidemment, tout le milieu politique bruxellois espère et soutient que oui… qu’il ne faut surtout rien changer, on ne fauche pas l’herbe  où l’on engraisse les veaux.  Ceux-là feraient bien de méditer ce qui s’est passé dans les pays de l’Est au moment de la chute du communisme, étonnamment l’une des choses que l’on reprochait aux apparatchiks, c’est qu’ils se baladaient à l’arrière de voitures dont les vitres étaient garnies de rideaux de manière à cacher la présence de l’occupant… ajoutant qu’en Allemagne de l’Est, les chefs du parti disposaient de voitures et chauffeurs mais le citoyen lambda devait attendre douze ans pour obtenir une Trabant !

Peut-être faudra-t-il sortir de force nos élus « des eaux glacées des intérêts égoïstes » pour paraphraser Karl Marx !  Un barbu dont ils n’ont que vaguement entendu parler.

Une solution, une seule… immédiate… casser le système.

« La première impression fait beaucoup avec les imbéciles, et il faut toujours traiter un ministre comme un imbécile, il n’a pas le temps de penser. »
Stendhal

D’abord, imposer le principe d’un seul mandat rémunéré pour les membres du collège communal… c’est déjà bien trop cher payé !
Ensuite, exiger le cadastre de tous les mandats communaux en ce compris les montants exacts… et complets, avantages en nature compris.  Exiger que la région charge des fonctionnaires régionaux dotés de vrais pouvoirs d’établir un audit complet de ces mandats commune par commune et d’analyser le rôle réel dévolu aux mandataires siégeant dans ces instances.  Sont-ils payés pour se taire ou pour contrôler, agir, stimuler.

Les résultats de ces audits devant impérativement être rendus public avant les élections communales d’Octobre 2018.

Permanence au pouvoir… arrogance du pouvoir.

« Le goût du pouvoir et de dominer autrui ne serait-il que le signe d’une absence d’estime de soi. »
Jean-Paul Kauffmann

Il est indispensable de limiter le nombre de mandats successifs à deux au maximum. En effet, la présence parfois pendant des décennies d’un bourgmestre à la direction d’un exécutif communal entraîne inévitablement des dérives monarchiques, différents abus… tout est permis, là où il n’y a pas de vrai contrôle, les mauvaises habitudes s’installent, les nominations « étonnantes » se multiplient, des examens d’admission sont organisés dans des conditions carnavalesques etc…

Deux classes de citoyens se constituent, les copains du bourgmestre pour qui tout est permis… et les autres citoyens transparents taillables et corvéables à merci… vous êtes un cafetier, vous êtes dans la bonne catégorie,  pas de problème votre terrasse s’étendra de façon exponentielle, vous êtes légumier, vous êtes dans la mauvaise catégorie, votre étalage sera mesurée une fois par mois par un dévoué agent communal qui verbalisera le moindre dépassement…

Dérisoire direz-vous et pourtant, ce sont ces petites injustices-là qui ruinent la démocratie… et il y en a des centaines tous les jours !  Un agent chargé de verbaliser les véhicules en stationnement illégal n’avait-il pas, dans une commune de la région,  reçu un petit carnet où figuraient les plaques d’immatriculation des véhicules des membres d’un collège afin que ceux-ci évitent toute sanction ? Ce serait énorme… parierez-vous sur le fait qu’il s’agit d’une légende urbaine ? Imagineriez-vous que le fonctionnaire en question en ait gardé la trace ?

Ces bourgmestres « permanents » éprouvent le sentiment que la commune leur appartient, que la chose publique est devenue leur propriété personnelle.  Ainsi à quelques jours des élections communales de 2012, Moureaux déclarait lors d’une petite réunion « je déteste ces périodes électorales où je dois me vendre, être gentil avec tout le monde, tendre la main, remercier… c’est MOI que tous ces gens devraient remercier car j’accepte de m’occuper d’eux. »  On connaît la suite.

Mais il n’est pas le seul, loin de là… un autre bourgmestre déclarait il y a quelques années devant le conseil communal : « ceux qui ne m’aiment pas, n’aiment pas notre commune ! »  Il ne se rendait même pas compte de l’énormité qu’il prononçait, il est vrai que dans son cas, ses limites intellectuelles sont particulièrement étroites.  Mais qui a dit que pour exercer un mandat il faut disposer d’une intelligence minimale ?  Personne !

Bien souvent ces gens-là sont sur un piédestal vide et ils le savent… ce qui les rend encore plus féroces pour s’y maintenir et ne pas retomber dans une relative médiocrité sociale et professionnelle… les mandats… ils n’ont bien souvent que ça pour exister ! Ceux-là sont frappés par ce que j’appelle le syndrome du coq… vous savez… le coq qui tous les matins chante sur le fumier et croit que c’est lui qui fait lever le soleil.

D’où la nécessaire limitation à deux mandats électifs quel que soit le niveau de pouvoir, législatif ou communal,
la professionnalisation doit être bannie !   

Notre région,  nos communes, énormes machines à produire des mandats doivent  être d’urgence profondément réformées.  Rudi Vervoort l’avait pressenti lorsqu’il a envisagé fort timidement de réduire le nombre d’élus au parlement régional et le nombre d’échevins… « on » lui a vite fait comprendre qu’il n’en était pas question.

Il faut une nuit du 4 Août, immédiate définitive sinon, tôt ou tard se lèveront ceux pour qui la démocratie n’est qu’un mot creux.  Réformer nos institutions communales et législatives est devenu une urgence démocratique.

Bruxelles est une région encerclée, assiégée, volontairement appauvrie, asphyxiée, engluée par des institutions aussi absurdes qu’inefficaces, aussi coûteuses qu’inutiles .  Ce ne peut plus être cette classe politique pléthorique, ce parlement inutile, cet exécutif impuissant, cette multitude de communes, ces CPAS, ce nombre gigantesque d’institutions, qui en l’état peuvent apporter des solutions.  Il reste très peu de temps, il est moins cinq… déjà j’entends les couteaux qu’on aiguise…

Qui veut la peau d’Yvan Mayeur… et Pourquoi ?

Pourquoi, après beaucoup d’hésitation, ai –je envie de parler de Mayeur ?

L’étonnant déferlement de haine subi par Mayeur m’avait étonné par sa virulence, souvent par sa stupidité, toujours par ses contre vérités.  Mais après tout, c’est le lot de tout personnage public, il faut savoir l’assumer, avoir le cuir épais…et puis un clou chasse l’autre, les média se fatiguent… même du pire.  Mais dernièrement me promenant au bois, je rencontrai un ami qui nous avait aidés pendant la dernière campagne électorale.  On échangea quelques mots sur la campagne anti-Mayeur quand soudain, il me dit « Mayeur paie son caractère tranchant… vous savez ce que c’est vous aussi. »  Ah ! Bon !  Donc, un politique ne doit pas trancher !  Ne doit pas décider !

Et puis, le comble,  il y a une quinzaine de jours un article du « Soir » où en italique, on pouvait lire les témoignages de quelques personnes présentées comme des mandataires socialistes mais qui à l’une ou l’autre exception ( Moureaux, hilarant en père noble donneur de leçon de modération ! Grand numéro comique ! ) témoignaient anonymement…Oui, ces courageux « amis » donnaient au journaliste leur avis sur Mayeur mais avaient refusé d’être cités nommément !  C’était une fois de plus au PS de Bruxelles l’application intégrale de l’article 22 des statuts qui stipulent « chacun se démerde comme il peut. »

J’ai donc décidé de m’exprimer, comme toujours à mes risques et périls, laissant l’anonymat à ceux qui, sous l’occupation, auraient fait une belle carrière et seraient passés entre les gouttes, n’est-ce pas là l’essentiel…pour ce type de personnage !

Un étudiant passionné.

Pendant une petite dizaine d’années, étant agrégé de l’enseignement supérieur, j’ai eu le privilège de donner deux cours à l’école qui aujourd’hui porte le prétentieux nom de Haute école libre de Bruxelles Ilya Prigogine.  A l’époque où j’y enseignais, elle s’appelait beaucoup  plus modestement Ecole Ouvrière Supérieure ( EOS ).   Yvan Mayeur fut l’un de mes élèves, passionné de politique, militant aux Jeunes socialistes, son père était Conseiller Communal à Saint – Gilles.  Tout en lui annonçait l’engagement politique futur.  Toujours souriant, très actif pendant les cours.  Ce fut l’un de ces élèves qu’on n’oublie pas. A cet époque, il fut victime d’un assez sérieux accident de mobylette…mâchoire fracturée, rafistolée bizarrement par les médecins au moyen d’élastiques lui soutenant le bas du visage…étonnante vision.  Cela faisait rigoler tout le monde, même lui, malgré d’importantes douleurs.  Pas besoin de préciser qu’il fut excellent aux examens dans la mesure où mes cours portaient sur la politique.  Depuis cette époque, je ne le perdais plus de vue, sans jamais cependant être l’un de ses très proches, c’est encore le cas aujourd’hui.

Le CPAS de Bruxelles, le réseau IRIS, les premiers « ennemis. »

Élu de Bruxelles, il devint président du CPAS. Un mandat qui me touche dans la mesure où mon grand-père, élu communiste dans l’après guerre, fut mandataire, de ce que l’on appelait à l’époque l’Assistance publique.  On chargea en outre Mayeur de prendre la tête du réseau Iris pour y mettre de l’ordre.  Tâche difficile entre toutes car cette problématique, que l’on avait laissé pourrir pendant des dizaines d’années, impliquait l’université, les hôpitaux, privés et publics, et surtout un certain nombre de mandarins bien décidés à conserver leurs privilèges.  Mayeur eut beaucoup de difficultés mais il parvint à rationaliser ce secteur essentiel pour la politique de santé à Bruxelles.  A l’époque, j’étais assez souvent en contact avec Marc Van Campenhoudt, directeur de la clinique Sainte-Elisabeth et fer de lance du réseau des hôpitaux privés. L’adversaire numéro un de Mayeur.  Bien que très opposés en termes politiques, au plan personnel nous avions une excellente relation, ce n’était pas un cul béni, comme il y en a tant à gauche, osant prendre des positions parfois iconoclastes pour ses amis politiques. De plus j’admirais ses qualités de gestionnaire, la façon dont il avait modernisé les établissements qu’il gérait.  Bref, on s’entendait fort bien.  Mais au travers de ce qu’il m’expliquait des réactions des médecins des réseaux libres et publics, je percevais combien l’action, nécessaire, d’Yvan Mayeur, gênait, combien le nombre de ses adversaires était grand…et donc combien il se faisait « d’ennemis »  bien décidés à ne jamais l’épargner.  De plus, Mayeur gérait avec autorité le CPAS de Bruxelles et tenta même, quelle audace de fédérer les CPAS des 19 communes, au grand dam de certains présidents qui se trouvaient parfaitement à l’aise au sein d’institutions qui bien que confrontées à d’énormes problèmes étaient pour certaines gérées dans l’esprit des années vingt…pour les plus efficaces.  D’où un nouveau groupe bien fourni d’adversaires

La section du PS de Bruxelles Ville. 

Cette section, son fonctionnement, son dynamisme tranchent avec la plupart des autres.  Il faut savoir que la fédération n’y a pratiquement plus rien à dire depuis l’éviction de de Donnea du mayorat.  Les Bruxellois prirent cette décision en s’opposant à la fédération et en particulier à Moureaux.  Ils avaient par contre le feu vert de Di Rupo. Mais depuis 2000, cette section fait pratiquement cavalier seul, sans que cette rupture apparaisse par trop brutale, chacun mettant de l’eau dans son vin, préservant les apparences.  Il n’en reste pas moins que la cuisine se fait à l’intérieur, les grandes décisions sont prises sans interventions fédérales…au grand déplaisir de Moureaux qui pendant des années ne se privait pas de me dire tout le mal qu’il pensait de la politique menée par la ville.  De plus, cette section fonctionne contrairement à tant d’autres devenues fantomatiques, des agendas existent, les élections internes se pratiquent normalement, les instances dirigeantes ont su mettre au point une vraie diversité qui malheureusement ne se voit pas au niveau des élus du fait de l’effet mécanique pervers du système scandaleux des votes multiples. Il n’empêche qu’existe là un vivier de mandataires d’avenir, c’est assez rare au PS Bruxellois que pour être souligné. Une section qui fonctionne, un groupe de dirigeants et d’élus soudés, évidemment voilà de quoi faire des jaloux…du genre de ceux qui témoignent… anonymement dans la presse.

Mayeur vice-président de la fédération ?  Non jamais !

Il y a une petite vingtaine d’année, il avait été question en bureau politique de désigner Yvan Mayeur en qualité de vice-président de la fédération.  L’accord avait été unanime.  Picqué n’avait pas bronché.  On voulait une image jeune, dynamique.  Vers une heure du matin Picqué téléphona à Moureaux pour lui dire que cela n’était pas possible, il ne pouvait accepter que Mayeur accède à cette fonction, que cela lui ferait de l’ombre qu’il ne « sentait » pas Mayeur (sic).  Il en fut donc ainsi !  Pas question de confier une telle fonction à un type qui a du tempérament et ne se couche pas dès qu’on lui demande d’écraser.  Non !  Bien préférable sont les multiples muets du sérail, ils sont gentils, supportent tout, jamais de vague, surtout jamais une idée…important ça, ne pas avoir d’idée.  J’en ai connus de ces ectoplasmes, certains ont fait de longue, de fructueuse carrière ; je songe à l’un d’entre eux, éphémère journaliste ; il fut le souffre douleur attitré de Moureaux pendant de nombreuses années ; celui-ci avait un malin plaisir de le rudoyer, à l’humilier en public ; la victime ne disait rien, ne cillait pas, à peine une légère rougeur colorait son front sans atteindre les joues, ses yeux se faisaient un peu plus vagues….pas plus, il fut député et bourgmestre pendant de nombreuses années et aujourd’hui cultive avec délectation sa science œnologique…sa commune est dans un état catastrophique…mais ça c’est un détail de l’histoire ; voilà le genre de mandataire à qui l’on peut confier n’importe quelle fonction….on est certain qu’il n’y aura aucun problème.  Je songe à cette formule de Churchill à propos d’Attlee, « une voiture vide s’arrête Attlee en descend ».  Il y a pléthore de voitures vides à Bruxelles !

Encore un crime, Mayeur défend la laïcité.

Dans une fédération où pour certains le mot laïcité est devenu imprononçable, ou pire une insulte, Mayeur ajoute à ses défauts celui de défendre celle-ci, de ne pas transiger, de ne pas tricher, et pire encore sa section le suit dans cette voie sans concession.  « C’est vraiment un type insupportable…il va nous faire perdre des voix » voilà ce qu’on entend à son propos dans la fédération.  Evidemment, depuis que la concentration des assassins islamistes à Molenbeek est mondialement connue, un certain nombre de  ceux qui le traitaient de laïcard sont bien embêtés, les suivistes ne savent plus sur quel pied danser, ils attendent de quel côté la tartine à confiture va tomber.  Bien sûr, ils sont nombreux ceux qui à la Bourse vont pleurer…que d’un œil, verser des larmes de crocodiles pour arroser les fleurs déposées là, espérant faire croître leur stock de voix aux prochaines élections.  Pour la laïcité, on verra plus tard.  Et puis comme le disent tant de nos électeurs, la laïcité n’était-elle pas une « religion » comme les autres !  Surtout ne pas leur expliquer que ce n’est pas vrai, on pourrait les perdre.

Un bourgmestre non élu ! Vraiment ! Un mot sur la loi communale.

Combien de fois ai-je lu et entendu que Mayeur n’avait jamais été élu, et donc qu’il n’avait aucune légitimité à exercer le mandat de bourgmestre.  Ceux qui ont écrit ou dit cela n’ont fait que démontrer leur mauvaise fois, leur stupidité ou leur ignorance.  Le lecteur choisira !  A Bruxelles, jamais aucun, j’insiste aucun bourgmestre n’a été élu.  La loi prévoit que le candidat bourgmestre est présenté sur une liste signé par les conseillers communaux qui constitueront la prochaine majorité.  C’est alors, sur base de cette présentation que l’autorité de tutelle nomme le bourgmestre, ce fut longtemps le Roi, en l’occurrence le ministre de l’intérieur, c’est maintenant l’autorité de tutelle. Donc le prédécesseur de Mayeur ne fut pas plus élu que lui.  J’ai vraiment été étonné que la presse ne donne pas cette précision essentielle…sans doute a-t-on estimé que cela n’était pas utile, mieux valait faire croire que Mayeur était un vil usurpateur…et puis quand on essaye d’accabler un mandataire faut-il dire toute la vérité ?  Apparemment ceux qui veulent le scalp de Mayeur estimaient que la vérité n’avait pas droit de cité dans cette affaire.

Curieux quand même, surtout après l’épisode burlesque survenu à Ganshoren où lors des dernières élections communales, le candidat bourgmestre présenté par un groupe majoritaire de conseillers communaux, une fois en possession de cette liste de présentation signée en bonne et due forme, constitua une autre majorité…énorme non !  Eh ! Bien ! Nul ne songea à faire le parallèle avec ce que certains affirmaient sur Mayeur.  Le bourgmestre de Ganshoren a clairement trahi ceux qui lui ont fait d’abord confiance en le présentant à la fonction de Bourgmestre.  Il n’a pas plus été élu que Mayeur ou n’importe quel autre bourgmestre…et pire, il gère avec d’autres que ceux qui l’ont en premier présenté en qualité de bourgmestre.  Qui Mayeur a-t- il trahi ? Tout le microcosme politique de la ville savait bien avant les élections qu’il serait le futur bourgmestre.

Ce n’est plus trahir un secret que de préciser que l’accord entre le précédent bourgmestre et Mayeur sur la succession à la fonction de bourgmestre de Bruxelles existait depuis bien avant les dernières élections communales.  Cependant le bourgmestre sortant n’avait pas souhaité que la date de son départ soit mentionnée dans cet accord.  Voilà la seule raison pour laquelle le remplacement n’a eu lieu qu’après les élections.  Pour le reste, je ne m’appesantirai pas sur les raisons de ce trop long délai, ayant horreur de l’odeur nauséabonde qui sourd de la cuisine où l’on mitonne et répartit les mandats rémunérateurs avec voitures de fonction.

Le crime suprême, le retour des libéraux au collège, l’éviction du CDH.

Depuis 2004, j’ai toujours plaidé à la fédération et dans différents contacts pour que le MR revienne au pouvoir à la Région et à la ville de Bruxelles.  J’ai conservé des liens étroits avec des mandataires libéraux bruxellois et ai tenté à différentes reprises que des rapprochements s’opèrent, en vain !  La volonté d’écarter les libéraux était d’autant plus ridicule que la région dans la situation tragique où elle se trouve depuis longtemps requiert le concours de tous.  Mais non !  certains dont Moureaux en tête estimaient qu’il convenait de gérer partout « bloc contre bloc » comme disait Staline en 1933, (on a les références qu’on peut ) ce qui permit à Hitler d’arriver au pouvoir en Allemagne.  Ceux qui avaient le malheur d’évoquer un retour des libéraux étaient considérés comme des traîtres de classe par ces marxistes en peau de lapin qui de fait ne savent pas ce qu’est le monde des travailleurs, nés dans le sérail, ils en sont les gardiens et croient faire de la grande politique quand ils ne sont au mieux que des Machiavel d’arrondissement électoral.  Amusant d’ailleurs de constater que leur opposition à la présence des libéraux au régional ne les empêchaient nullement de gérer leur commune avec ces horribles « ennemis du monde du travail » . Quelle blague !

2012, le PS de Bruxelles fait le choix du retour des libéraux.  Cette transition parfaitement démocratique est imputée à Mayeur seul !  Alors que c’est le choix très largement partagé de la section, mais bon !  Là n’est pas l’essentiel, le point important c’est Milquet !   Comment ont-ils osé ?  Mettre une femme politique de ce calibre dans l’opposition, elle qui fut si judicieusement remplacée au collège, étant ministre, par des personnages si pittoresques !  Là est, sans conteste le crime rédhibitoire, irrémissible qu’il fallait faire payer à Mayeur.

Il est démontré que le poids politique du CDH à Bruxelles est pour le moins léger, mais dans la mesure où le PS voulait gouverner sans le MR, cette toute petite formation était indispensable.  On en eut la preuve à la Communauté française où pour pitonner le CDH dans la majorité on confia à Mme Milquet une somme considérable de compétences. Le CDH ayant été pendant des dizaines d’années le parasite du CVP, puis telle une tique sautant sur un autre animal, elle devint celui du PS.  Cette permanence au pouvoir lui permit de nommer des masses de fonctionnaires, de magistrats en particulier….important ça ! d’avoir de très nombreux relais dans la presse, de pouvoir actionner nombre de lobbys.  Avec l’exclusion du CDH Mayeur emplissait d’un coup sa hotte « d’ennemis ».  Là, c’était le gros paquet.  Dans les dîners en ville, chez les gens qui « comptent », c’est tout juste s’il ne devenait pas le bolchevik de la célèbre affiche le couteau sanglant entre les dents, la tête couverte d’un casque à la Boudieny !   Mieux, on s’en prenait à celle qui depuis des années faisait au CPAS un excellent travail, elle aussi devenait illégitime, scandaleuse…son crime elle allait succéder à Mayeur.  Pourtant, ni elle, ni Mayeur n’avait engagé des gens dans leur cabinet dont on aurait pu supposer… comme les gens sont méchants, qu’ils auraient pu agir en vue de soutenir leur campagne électorale !  Mais le crime était commis, le CDH quittait le collège de Bruxelles.  Mayeur devra payer !  Il payera personne n’en doute.

La Police.

A peine en fonction, premiers incidents…et par n’importe lesquels avec la police.  Au cours d’une manifestation ayant dégénéré le bourgmestre aurait donné des ordres contradictoires, il aurait manqué à ses devoirs.  Immédiatement, le CDH fait fonctionner ses relais, la caisse de résonnance médiatique fonctionne à la perfection.  Mayeur a tous les torts !  Aucun doute !

Pour qui se prend-il ce type qui se revendique de gauche ?  donner des ordres à la police ?  On aura tout vu !

Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que dès son entrée en fonction, comme il l’avait dit en campagne électorale, Mayeur a demandé au corps de police de lutter de manière très déterminée contre les dealers.  Mais il a fait pire, il a demandé que soient installées des caméras dans les commissariats.  Que voilà une idée saugrenue, que dire scandaleuse, inacceptable.  Que cette mesure soit appliquée dans différents pays limitrophes n’émeut personne.  Pas de ça chez nous !  Ah !  Mais alors, ce n’est quand même pas le bourgmestre qui va décider !  Je m’excuse de vous demander pardon comme dirai l’agent 22, mais c’est la loi qui prévoit que ce sont les bourgmestre et le conseil de police qui décident !  Il faut croire qu’on l’avait oublié.

J’ai bien connu un bourgmestre dans une autre commune, solennel… pompeux imbécile, il se reconnaîtra…j’espère,  qui entretenait des relations idylliques avec ses commissaires.  Il avait une technique bien rodé…et une foi à toute épreuve !  Sa technique était simple, une ou deux fois par semaine, il invitait à déjeûner les principaux commissaires de sa zone.  On se mettait à table vers midi trente, on la quittait vers seize heures, repus…et on le devine parfaitement avinés, titubant mais pas de problème tous les convives disposaient de voitures et de chauffeurs.  Lui, aucun restaurateur ne lui aurait refusé l’entrée, on l’adorait, en sortant il faisait la bise à la patronne, lui caressait le bas du dos…et plus si affinités !  On l’adorait !  Ce bourgmestre là ne fut jamais contesté par son corps de police, il n’eut jamais la moindre difficulté…comme on dit, « il était aimé de ses hommes. »  Bien voyons, on le serait à moins.  Pour son malheur, ce n’est pas le genre de Mayeur.  Il faut donc qu’il le paye…Pour qui se prend-il !  La police voilà bien un secteur trop important pour le laisser aux mains douteuses d’un quelconque politique…et de gauche en plus !  Non mais !

Ainsi, le moindre incident policier tourne en mise en cause de Mayeur.  Le président de la ligue des droits de l’homme se fait arrêter administrativement par un commissaire… c’était le même semble-t-il qui agissait au moment de la manifestation qui avait mal tourné, un hasard certainement, mais c’est Mayeur qui est responsable. Il aurait donné des instructions contradictoires.  Tout juste si ce n’est pas lui qui avait arrêté l’avocat en balade à la bourse !

Une bande de fascistes débarque sur les grands boulevards pour « casser du bougnoule », c’est encore Mayeur qui est responsable alors que le bourgmestre de la commune où s’étaient rassemblés ces casseurs, conscient de leurs intentions,  leur avait permis d’embarquer dans le train, n’était nullement critiqué.  Amusant non !

Le piétonnier !  Là on va l’avoir, le liquider, exiger sa démission.

D’abord, je crois qu’il n’est pas inutile de préciser que la gestion d’une commune est, en vertu de la loi communale, exécutée par un collège qui lui est élu par les conseillers communaux.  Donc, le piétonnier a été décidé par le collège parfaitement unanime.  Il est vrai que l’on n’a pas beaucoup entendu certains échevins lorsque le tsunami de boue a commencé à tout emporter.  Cela c’est une des grandes lois du genre.  Il est vrai que le bourgmestre comme tête de file de la majorité se doit d’être le premier à assumer les actes du collège. Ce n’est pas vrai partout, j’ai pu constater dans un collège que le bourgmestre avait une étonnante habilité à ne rien assumer et à mentir en permanence quand l’une ou l’autre décision du collège faisait quelques vagues.   Il faut bien le constater, le personnel politique bruxellois est ce qu’il est ! Il est fort bien nourri mais pas courageux… trop à perdre !   Assumer, c’est pas courant, cela ne rapporte que des ennuis… alors si on peut s’en passer, on évite.

Il était question de ce piétonnier depuis près de vingt ans, il y eut de nombreuses concertations, discussions, l’échevine de la mobilité Me Else Ampe, fut chargée du plan de circulation…Mais élue flamande personne ne l’a connait !  amusant de savoir que c’est elle qui avait choisi le restaurant d’où Mayeur fut éjecté… la restauratrice ne savait évidemment pas qui elle était.  Comique non !  J’ai d’ailleurs envie de dire à cette restauratrice dont je comprends les difficultés, que la caisse enregistreuse que lui impose le ministre des finances lui sera bien plus dommageable que le piétonnier…nul doute à ce sujet.

Il faut le reconnaître, la réalisation de ce piétonnier ne pouvait pas tomber dans des circonstances plus catastrophiques, près d’une semaine de couvre feu imposé par le gouvernement fédéral, la catastrophe des tunnels puis le pire les attentats.  Après cela, la catastrophe était inévitable, prévisible.  Que le piétonnier doit être aménagé, redessiné, je n’en doute pas mais ce qui m’a stupéfait, ce fut la personnalisation des critiques adressées au seul Mayeur !  Il était le seul coupable, l’unique mouton noir, celui dont il fallait à tout prix se débarrasser.  On vit fleurir d’étranges affiches, insultantes, on fit courir la rumeur que les employés communaux étaient chargés de menacer les commerçants qui les placardaient !  Bien voyons !  Pourtant jusqu’ici même les pires critiques de Mayeur n’avaient affirmé qu’il était stupide !

Non ! Il fallait qu’il expie son crime, il avait décidé, il avait agi…car c’est bien là le fond du problème, le drame de Mayeur…c’est qu’il décide le bougre !  Voilà sa faute !   Le naïf coupable, il ne pense pas qu’à sa réélection, il croit qu’il peut améliorer les choses, il a une vision de l’avenir de sa ville…voyez vous ça une vision et quoi encore !

Récemment, j’entendais Cohn-Bendit affirmer que la plupart des politiques n’ont comme objectif que leur réélection, le reste ne compte pas.  Fort bien observé.  Ils sont l’immense majorité à n’avoir que cet objectif en tête, j’en ai connu un, bourgmestre de son état, qui en collège disait « il faut arrêter de faire de la gestion, il faut faire de politique… il faut être réélu ».  C’est ainsi qu’on se trouve dans une ville région, où en ce joli mois de mai 2016, plus de 800 enfants bruxellois n’ont pas d’école, où des enfants sont parqués dans des containers, où des enfants sortent des cités ghettos pour aller dans une école ghetto, où il y a six zones de police, où pendant 20 ans les tunnels n’ont pas été entretenus, où la commission d’enquête à ce propos est présidée par le principal responsable et conclut en suggérant « tous coupables donc personne coupable » etc.

Pierre Mauroy, maire de Lille, avait l’habitude de terminer ses journées en se posant la question « Est-ce qu’aujourd’hui on a amélioré le sort des gens ? »
Ce ne serait pas mal que des élus bruxellois se posent cette simple et tellement évidente question.

Avec le piétonnier, Mayeur a sans conteste fait le plein de son stock « d’ennemis. »

Quel type de mandataires voulons nous ?

En prenant quelques distances, il apparait que les critiques faites à Mayeur en disent beaucoup plus sur nous électeurs bruxellois que sur Mayeur.  En effet, quel type de mandataire voulons nous ?  Celui qui ne fait pas de vague, celui qui gère le présent et pense à sa réélection ou celui qui décide et essaye d’innover, de réaliser, en un mot d’agir.  La réponse est évidente, c’est l’apathie, le scepticisme morbide jusqu’au pire des cynismes, voilà ce qui plait !  La passivité des bruxellois devant l’effondrement de leur ville-région m’effare ; pas de réaction face à la problématique des tunnels, pourtant emblématique de la non-gestion, ghettoïsation des logements sociaux et des écoles, imbécilité profonde du décret scolaire…quelques articles, rien de plus.  Je comprends mieux comment les dictatures peuvent perdurer !  La réalité, tout le monde le sait, c’est que la machine à gaz institutionnelle ne fonctionne plus.  Mais on ne fait rien car elle nourrit trop bien ceux qui la peuplent. Et un honnête homme comme Rudi Vervoort tente chaque jour après l’autre de gouverner l’ingouvernable, obligé de naviguer entre les élucubrations des uns et les blocages des autres.  Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a un grand mérite !

Quant au PS, j’ai déjà évoqué l’article 22.  Guy Cudell qui fut lui aussi un novateur m’avait expliqué que chaque fois qu’il tentait de mettre en œuvre une idée nouvelle, le parti lui faisait, discrètement, savoir que si cela tournait mal, il se retrouverait seul !  Donc, à ce niveau rien de neuf.  Pour la plupart, le parti n’est plus qu’une petite entreprise dont le résultat bilantaire se compte en terme de voix, rien à voir avec des idées.  Seule chance de rénovation pour nous, se retrouver partout dans l’opposition.  Perdre la mauvaise graisse de ceux qui ne voient en nous qu’un ascenseur social, sans le moins du monde partager nos valeurs, voir disparaître ceux qui ne voient qu’un plan de carrière comme ligne d’horizon !  Y a du boulot !

Un proverbe Italien dit à peu près ceci « beaucoup d’ennemis, beaucoup de valeurs. »  Voilà qui s’applique bien à Yvan Mayeur, la liste est longue de ceux qu’il a secoués, qu’il continue, qu’il soit , avec ses défauts et ses qualités, quelqu’un qui essaye de secouer le cocotiers et tente de sauver cette ville.

Excuses !

Désolé, je ne suis pas de ceux capables de m’exprimer en 140 caractères.  N’en déplaise à un journaliste de la presse parlée qui avait souligné à propos de l’un de mes articles « qu’il n’était pas arrivé au bout », chaque fois que je l’ai rencontré, j’ai eu le sentiment qu’il n’était pas non plus arrivé au bout de sa toilette matinale !  J’avoue n’avoir jamais eu le courage de lui dire !

Fédération bruxelloise du PS, article 22 : Chacun se démerde comme il peut !

Depuis une quinzaine de jours, on assiste à un acharnement extraordinaire contre deux membres du PS, et non des moindres.

D’abord, Emir KIR, qui a le « défaut », aux yeux de certains, d’exercer ses compétences de Bourgmestre, et d’assumer les responsabilités que lui confère la Loi.

Depuis des semaines et des semaines, il essaye, en vain, d’obtenir des responsables régionaux du Logement une solution pour les occupants de l’Eglise du Gesù.  Malheureusement, sans résultat !

Face à ses responsabilités, il décide l’expulsion.

Patatras, c’est l’Hallali ! 

C’est un monstre ! 

« On » a vu des enfants menottés !

Mais, curieusement, sur les 200 personnes présentes, une centaine disparaît !

Le fait que ce lieu était devenu un nid de prostitution, un commerce de drogue, qu’il y avait danger d’incendies, tout cela ne compte pas aux yeux de certains.

Un objectif unique : Faire la peau à Emir KIR !

Et comme si cela n’était pas suffisant, sur les réseaux sociaux, on le traite de « négationniste » !!!

Parce que, bien entendu, pour tous ces gens, il ne fut pas un ministre belge et il n’est pas un Bourgmestre belge. Il est d’abord et avant tout « un Turc » et donc, il doit assumer les horreurs du génocide commis par les Turcs en 1915.

Mais peut-être est-il utile de rappeler que le Gouvernement turc, qui lança le génocide, était dirigé par ceux qu’on appelait les « Jeunes Turcs » qui appartenaient à un Mouvement laïc « Union et Progrès ».

Rappel gênant pour certains.

Donc, démolir Emir KIR est une absolue nécessité, même s’il faut refuser de le considérer comme un homme politique belge, ce qui, quand même, est le comble de la part de ces belles âmes bêlantes, de ceux qui se veulent à Gauche et font flèche de tout bois pour démolir d’abord et avant tout les socialistes.

On ne peut que lire avec écœurement les stupidités et insultes qu’on trouve sur les réseaux sociaux.  Mais lorsqu’on va voir qui sont ces gens, on s’aperçoit qu’une majorité d’entre eux appartiennent au PTB, mais bien sûr, ils ne le disent pas.

La deuxième victime expiatoire est Yvan MAYEUR.

On me rapporte que certains journalistes ont la bave aux lèvres à son sujet tant ils sont motivés… (par qui,), pour tenter de lui trouver des « casseroles ».

Son crime : avoir mis le Cdh et Les Ecolos dans l’Opposition à la Ville de Bruxelles.

Impardonnable pour Mme Milquet !

Impardonnable pour les bobos écolos qui, comme c’est le cas dans ma commune, veillent à ce que les arbres soient plantés à une distance telle que les insectes puissent se déplacer de l’un à l’autre, mais qui ne mettent pas un euro pour la politique de l’Emploi.

Ces gens-là adorent les petits oiseaux, les insectes,… mais les chômeurs, ça, c’est une toute autre histoire !

Yvan MAYEUR a fort bien remis les pendules à l’heure dans une importante interview au journal « Le Soir ».

Mais mon interrogation principale n’est pas la !

Ce qui m’intéresse, c’est le silence des agneaux qui règne à la Fédération bruxelloise du PS !

KIR et MAYEUR sont attaqués de façon totalement injuste et scandaleuse, mais officiellement, les responsables de la F    édération bruxelloise du PS se taisent.

Je n’ai pas vu d’interview où ils étaient fermement défendus.

C’est l’application pathétique de l’article 22 : Chacun se démerde comme il peut !

On t’attaque mon petit ami ? Et bien, … défends-toi !

Pour le reste, on verra comment ça tourne.

Quelle profonde erreur ce manque de solidarité officielle.

Cela dénote aussi la fin d’une histoire et le fait que c’est chacun pour soi, que ce qui compte, c’est l’éternel sourire médiatique, c’est l’image lisse qu’on offre de soi sans comprendre que toute personne publique est à la merci des trois « L » :

       Je te Lèche

       Je te Lâche

       Je te Lynche

A qui le tour ???

merry_hermanus@yahoo.com