Présidence de la fédération bruxelloise du PS. Des questions sans réponses !

Des questions sans réponse.                               

 

Les candidats à la présidence de la fédération bruxelloise du PS font campagne…coups de téléphones, séances d’informations, débats.  Excellent tout cela, on n’y était plus habitué depuis le règne tout puissant…et occulte des « Comités des sages » où les décisions importantes étaient prises, où les candidats étaient bien ou mal placés selon leur proximité avec tel ou telle majesté au pouvoir.

Et pourtant, jamais je n’entends répondre à certaines questions essentielles.

A Ahmed Laaouej, il conviendrait de lui demander qui était ce « ON » auquel il faisait allusion dans la « DH », à quelques jours des élections quand il y affirmait : « On a empêché que l’abattage rituel soit interdit à Bruxelles comme il l’est en Flandres et en Wallonie. »  Ce « on » a beaucoup d’importance car jamais une instance statutaire du PS bruxellois n’a pris de position pour s’opposer à l’interdiction de l’égorgement rituel.

Ahmed Laaouej devrait donc pouvoir expliquer quelle est l’instance où siègent ces « ON » si puissants qu’ils ont pu s’opposer à une mesure visant le bien-être animal adoptée en Flandres…et par le PS en Wallonie.  Y a-t-il au sein du PS bruxellois un groupe des « ON » ?   Essentiel de le savoir avant de voter car si le « ON » est aussi occulte que le « Comité des sages » cela ne vaut pas la peine de voter.

A Ahmed Laaouej et à Rachid Madrane il faudrait poser certaines questions particulièrement opportunes.

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu PS qui se déclare proche du Hamas ?  On sait que l’ONU a classé cette organisation parmi les organisations terroristes.

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu du PS qui refuse de reconnaître le génocide arménien ?

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu qui, bien qu’échevin de la commune en cause, manifeste et est arrêté par la police de la zone car il refuse que celle-ci contrôle, comme le prévoit le règlement communal, une femme entièrement voilée ?

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un bourgmestre PS qui exige que soit organisé un meeting électoral en faveur d’un chef d’état étranger, dont les violations des droits de l’homme sont multiples et récurrentes ?

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu condamné par la justice pour avoir nié la réalité du génocide arménien ?

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu PS dont la justice démontre au cours d’une procédure qu’il a menti concernant ses études ?  Pour rappel une secrétaire d’Etat SP avait dû démissionner pour les mêmes raisons.

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu qui traite un journaliste d’ordure sioniste ?

Quelle serait leur attitude à l’égard des organisateurs, membres du PS, qui organisent une conférence débat en l’annonçant au moyen d’une affiche, copie conforme des affiches antisémites nazies ?

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un bourgmestre étiqueté PS qui au cours de la récente campagne électorale a comparé publiquement les procédures de la justice belge, en matière de lutte contre le terrorisme, à celles du IIIè Reich nazi ?

Quelle serait leur attitude envers des membres du PS qui au cours de réunion publique refusent de reconnaître l’égalité Homme/Femme ?

Quelle serait leur attitude à l’égard de membres du PS qui au cours de réunions publiques dénoncent l’avortement comme un crime et promettent à leurs électeurs de revenir sur la loi l’autorisant en Belgique ?

Quelle serait leur attitude à l’égard d’un élu qui fait le signe de ralliement des frères musulmans et qui diffuse cette image sur les réseaux sociaux ?  A noter que l’article premier de la Charte des frères musulmans prévoit la disparition de l’Etat d’Israël.

Quelle serait leur attitude à l’égard des associations religieuses qui occupent des heures de piscine afin que celle-ci soit exclusivement réservée aux femmes ?

Quelle est leur attitude à l’égard du vote préférentiel multiple qui favorise le communautarisme et bloque toute diversité possible au sein des élus PS ?

Au moment où j’écris ces lignes, aucun des deux candidats n’a signé l’Appel de Liège pour une laïcité universelle établi ce samedi visant à modifier la constitution pour y inclure le principe fondamental de la laïcité.

Document déjà signé par Elio di Rupo, Onkelinx et nombre d’autres mandataires PS. 

On recherche un(e) président(e) au PS

                                                           ON RECHERCHE

                    Le PS de la région bruxelloise recherche un(e) président(e).

 

                                                              « Le langage politique a pour but de faire paraître                                                                     vrai le mensonge et le meurtre légitime. »

                                                                                                                    George Orwell

« …ceux qui émergent à la faveur d’époque trouble…les avocats sans cause, les médecins sans consultation, les écrivains sans lecteur, les marchands sans client et la troupe des naïfs qui aspirent au rôle d’hommes d’Etat… » Lucien de la Hodde

Le ou la candidate devra répondre aux conditions mentionnées par les statuts pour occuper cette fonction.  (A noter que cette précision est nécessaire dans la mesure où depuis une vingtaine d’année des candidats à différentes élections ne répondent pas aux conditions prescrites) 

Rémunération. 

Aucune « Stock Options » n’est prévue, ceci évitera toute difficulté au moment de la démission du président, ainsi pas de conflit d’initié prévu.  Valorisation boursière nulle, valorisation électorale souhaitable.

En principe l’activité est bénévole dans la mesure où elle s’accorde à un mandat électif, bourgmestre, député, sénateur, député régional.

Elle comprend de façon statutaire et automatique, sans demande préalable, la fonction de vice-président(e) du parti socialiste fédéral.  On peut cependant envisager quelques notes de frais, à discuter.

Avantages divers.

S’il n’y pas de rémunération directe, de nombreux avantages sont liés à la fonction.  Elle permet d’acquérir un très grand nombre d’amis…intéressés.  Il faut prévoir de multiples invitations à des dîners en ville, fort utiles pour savoir ce que pensent les uns et les autres de vous.  Des cadeaux de fin d’année sont envisageables ainsi que quelques invitations dans d’idylliques lieux de vacances.  Autres avantages :

Le ou la présidente pourra aussi :

-Préparer les listes électorales.  Les votes démocratiques en cette matière ayant disparu depuis longtemps, cela permet, autre avantage non négligeable, de placer les nombreux fils et filles de… à des places éligibles, de faire sauter quelques gêneurs, de placer un ou une candidate disposant d’une botte secrète…très utile ça les bottes secrètes…elles ne le restent cependant jamais longtemps.  Pour parler comme le père Hugo : « l’homme (ou en l’occurrence la femme) politique, c’est comme un champignon, ça pousse en une nuit ».  Énorme avantage que de pouvoir placer ainsi ses proches qui pourront préparer l’avenir.  Mais attention des trahisons ne sont jamais à exclure, et on le sait, elles viennent toujours de là où on ne les attend pas.  Combien de parents soumis, de collaborateurs serviles ne se sont pas subitement transformés en Iago quand le rapport de force s’inverse.  Le ou la candidat(e) devra y être particulièrement vigilant et se rappeler en permanence la sublime formule de Shakespeare lorsqu’il écrit qu’il y a des poignards dans les sourires.

-Placer et désigner les membres des cabinets ministériels, bras de levier considérable pour lutter contre le chômage et farcir les congrès de sujets malléables à souhait.

-Le ou la candidate pourra désigner les mandataires du PS dans l’imposante listes des mandats à pourvoir, depuis ceux de gestionnaire du crématoire d’Uccle jusqu’à VIVAQUA en passant par les autres fournisseurs d’énergies agissant sur le territoire de la région.  Il ou elle veillera à ce que les mandats les plus rémunérateurs soient destinés à des gens sûrs, à des gestionnaires compétents et… dévoués à sa personne.  On peut prévoir l’immense liste d’amis que ces désignations produiront, autres avantages de la fonction.

A éviter à tous prix les candidats à ces fonctions qui ont l’intention d’être présents aux réunions, de lire les dossiers, d’examiner les budgets, de poser d’inutiles questions.  L’idéal est de confier ces fonctions à ceux qui ne sont pas capables de lire un budget.  Il n’y aura pas de difficulté, ils sont nombreux.

-Le plus important, l’avantage ultime, la désignation des ministres bruxellois à la région, à la communauté française, aux très rémunératrices présidences d’assemblées qui loin d’être un lot de consolation sont un véritable pont d’or…, fort peu nombreux sont ceux qui connaissent les chiffres et les multiples privilèges attachées à ces fonctions.  Important donc de veiller à ce que ces chiffres restent discrets.

Ainsi, il devra maîtriser l’art subtile d’envelopper le vide, sans lequel il ne peut y avoir de vrai politique.

La désignation des ministres est la fonction la plus importante car elle fonde l’autorité du ou de la présidente.  Faiseur de rois, roitelets, ministricules peut-être, mais quand même.  On ne contredit pas ceux qui disposent de ce pouvoir.  Le seul vrai pouvoir est celui de nommer !

-Le ou la président(e) participera à de nombreuses ruptures de jeûne.  Essentiel pour préserver l’électorat communautaire.  Il ou elle pourra néanmoins s’abstenir d’être présent aux repas de Pâques, pourra s’absenter aux différents Te deum.  Sa présence n’est pas plus requise au congrès ou assemblées générales locales des Amis de la morale laïque.  A éviter à tous prix les manifestations où il est question des génocides arméniens et juifs, il y aurait un risque de ne pas être compris.  Ou alors, si vraiment le ou la présidente ne peut y échapper, faire très vite, dans la foulée, une vigoureuse déclaration anti-israélienne et marquer un indéfectible soutien à la cause palestinienne.  

Description de la fonction.

Il sera demandé à la présidente ou au président de :

Rompre avec l’ère Moureaux de la haine de soi, de la culpabilité sociale et civilisationnelle.

De faire respecter par tous les membres les principes et valeurs fondamentales qui ont fondé le PS, à savoir le respect de la laïcité, l’égalité homme/femme, la mixité dans tous les aspects de la vie culturelle et sportive, le respect des habitudes alimentaires issues des cultures des communautés vivant à Bruxelles, en ce compris celle des Bruxellois non-issus de l’immigration, le rejet de tous les racismes, en ce compris l’antisémitisme.

Faire passer devant le Comité de vigilance prévu dans les statuts tout membre ayant violé ces principes, et ce dès le premier manquement.  Faire de même avec les membres qui profèrent des insultes antisémites, s’affirment proches d’un groupe terroriste, font le signe de ralliement d’organisations classées par l’ONU dans la liste des groupes terroristes, manifestent en faveur du port du voile,  qui défendent des thèses négationnistes visant le génocide arménien, le génocide des Juifs ou encore celui des Tutsis, ceux qui organisent des meetings communautaires visant à faire élire un dictateur étranger, ceux qui comparent la Justice belge à la justice nazie, assimilant ainsi la nécessaire lutte contre le terrorisme aux rafles des Juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Il ou Elle devra faire voter une loi qui, comme en Flandre et en Wallonie, interdit l’égorgement Halal.  Mettant ainsi fin à une atroce barbarie trop longtemps tolérée.

Il ou Elle devra favoriser la mise en œuvre de toutes les politiques visant à intégrer les populations émigrées tout en respectant les cultures d’origines de ces populations.  De même il ou elle devra lutter pour la disparition des ghettos urbains.

Elle ou Il devra bénéficier d’une parfaite santé mentale et physique, être dépourvue(e) de toute paranoïa ou névroses diverses.  Il ou elle devra se soumettre à un examen et à différents tests visant à assurer la fédération de ses capacités mentales à assumer la fonction.

Attention, il devra aussi accepter le passage au détecteur de mensonge, test très important, un échec étant rédhibitoire.  La fédération met en ce moment au point différentes batteries de tests visant à évaluer la capacité des candidats à tenir leurs promesses, à éviter toute politique clanique ou népotique.  Ces tests étant très difficiles à réaliser, il est possible qu’il faille surseoir de quelques dizaines d’années l’élection d’un ou d’une présidente répondant à ces critères permettant un choix judicieux.

En attendant l’intérim sera exercé par L. Onkelinx qui a une parfaite habitude des départs reportés, la date ultime étant 2100, moment où les experts du GIEC nous prédisent la disparation de la Flandre sous les eaux de la mer du Nord, ce qui modifiera la donne politique et devrait permettre d’envisager le problème communautaire de façon tout à fait différente.

Je faisais un rêve…retour vers le cauchemar. 

Ah ! zut alors… mais qu’est-ce que je fais, je roupillais sur mon clavier d’ordinateur en rédigeant la description de fonction, trop de marche à pied nuit à la santé, on s’endort partout, et on rêve…lecteur tu connais la formule de Hamlet : « mourir, rêver, là est l’ennui ».  Pas gai de me réveiller dans le PS tel qu’il est devenu.  Pénible retour vers un inquiétant futur !

Ils sont nombreux ceux qui ont cessé de rêver et à avoir voté avec leurs pieds. 25.000 membres en 1974, moins de 3.000 aujourd’hui et encore, je crois bien que c’est bien moins que cela car la bonne habitude des membres fantômes se pratiquent toujours.  Il s’agit pour la section de payer sur sa cassette la cotisation de membres réels ou non de façon à gonfler son effectif et accroître son poids au Congrès.  Ainsi pendant plus de vingt ans la fédération a été dominée par les sections de Molenbeek et d’Anderlecht…Il suffisait de « nourrir Saint-Gilles » pour qu’elle se taise…quelques os à ronger et tout le monde était content.   A deux Anderlecht et Molenbeek représentaient plus de membres que toutes les autres sections réunies.  Je serais curieux de connaître les chiffres aujourd’hui !  Elles faisaient donc la loi.  Ce n’est plus vrai aujourd’hui.  La section de Bruxelles ville a conquis de haute lutte une véritable autonomie qui l’a mise à l’abri de bien des turpitudes, raison pour laquelle cette section, la seule, défend encore une vision de la laïcité conforme à nos valeurs fondatrices.  D’autres sections ont quasi disparu, d’autres encore sont parmi les « alignés », c’est-à-dire que leurs leaders sont de près ou de loin liés aux cabinets ministériels, canaris dans leurs cages…ils ne risquent plus de chanter, même faux, leur espace de liberté étant dès lors plus que réduit, autrement dit, ils ont les doigts sur la couture du pantalon…un canari avec un pantalon, une espèce rare…faut bien manger !

Ultime réflexion désespérée.

La gauche n’est plus la gauche si elle abandonne la laïcité, les valeurs fondamentales des Lumières, l’égalité absolue homme/femme ; elle n’est plus alors qu’un groupement d’intérêts dont le but unique est l’accès à des fonctions de pouvoir dépourvues de toute âme, de tout projet.  Un mot d’ordre, un seul : être dans la place.  Pour y faire quoi ?  On verra plus tard !

Cette gauche là, ne peut plus être celle pour laquelle tant et tant ont combattu pendant des siècles avec comme premier adversaire le cléricalisme, aujourd’hui, cette gauche, là se couche devant un autre cléricalisme…Or tous se valent, Juifs Musulmans Chrétiens Bouddhistes, dans leur négation des libertés, dont la première fondatrice, essentielle, la liberté de penser.

Car oui !  Je veux le crier haut et fort, toutes les civilisations ne se valent pas, comme veulent nous faire croire les benêts qui ont mal lu Claude Lévi-Strauss.  Une civilisation où l’on ne respecte pas l’égalité homme/femme, où on excise des petites filles, où la liberté religieuse est interdite, ne peut s’exporter sur base de je ne sais quelle scandaleuse soi-disant équivalence.  Une civilisation où seul le profit compte, où la sécurité sociale n’existe pas, où le monde de la finance élit son candidat, paye son élection et fait les lois à son profit, n’est pas digne de porter le nom de civilisation.

J’affirme que la civilisation européenne dans laquelle j’ai eu l’immense chance de naître est exceptionnelle dans l’histoire du monde car précisément, elle offre la démocratie, la Justice, la liberté de pensée, la liberté religieuse, la liberté d’entreprendre, elle est solidaire grâce à cette chose unique remarquable mais que plus personne ne remarque : la sécurité sociale ; ce trésor convoité de toute part.

Nous sommes très nombreux à être orphelin de cette gauche là.  Et ces orphelins ont cruellement manqué au PS lors des récentes élections communales, régionales et législatives.  Le communautarisme à outrance que nous connaissons aujourd’hui est mortifère pour la gauche, il implique l’abandon des valeurs.  Le grand choix est là : communautarisme ou Valeurs.  Y a-t-il un ou une candidate pour oser ce combat…pourtant vital ?  Qu’il se lève, ose parler, ose s’oppose aux communautarismes de toutes sortes, qu’il unisse au lieu de diviser.  Le combat sera rude mais ce sera le dernier… après c’est le vide, la dispersion « façon puzzle », le néant le gouffre du pire !

 

 

Triomphe du vote patronymique.

ELECTIONS EN RÉGION BRUXELLOISE, TRIOMPHE DU VOTE PATRONYMIQUE DANS LE BAC A   SABLE !

 

 Le vote multiple, arme fatale du communautarisme.

 

« Et ce qu’on doit absolument éviter, c’est que la                                                                               campagne interne tourne autour des questions                                                                               communautaristes qui ont pourri la période                                                                                     électorale.                                                                                                                                                 Mais par contre il est indispensable que le                                                                                          nouveau ou la nouvelle président(e) définisse                                                                                    une ligne claire du PS bruxellois sur cette                                                                                          thématique la sa première tâche. »                                                                                                                                    

Rudi Vervoort

Ministre-Président de l’Exécutif bruxellois

« Le Soir » jeudi 5 septembre 2019

 

Pourquoi ?  Ou la tentation de l’entomologiste.

 

Aïe, ouille, un crachat, des menaces, des insultes, peut-être des coups.

J’en suis sûr, voilà ce qui m’attend pour oser aborder le délicat problème du vote patronymique au sein du PS bruxellois.  Evoquer la clé secrète de l’ascenseur social…interdit ça…pas touche à un système bien huilé à haut rendement électoral.    Pourquoi ?  Simplement car il s’agit du marqueur le plus clair du communautarisme triomphant élection après élection au sein de mon parti.  C’est élection après élection le basculement des valeurs dans une sorte de gloubiboulga caramélique, filandreux, glauque où chacun est sensé s’y retrouver…mais dont l’obscurité favorise toujours l’abandon de l’essentiel…la disparition de ce que nous étions, de nos valeurs.

 

La seule vérité évidente pour tout observateur objectif est que les fondements, le socle des valeurs universelles sur lesquelles repose l’existence même du socialisme ont, au fil des élections, fondus, non pas sous l’effet du réchauffement climatique mais sous l’effet de la lâcheté de dirigeants qui ont préféré la certitude d’un résultat électoral positif fût-ce au prix d’un honteux racolage dans les mosquées ou autres lieux du même acabit…et d‘abandons multiples et variés.   Mais cette régression de la pensée n’a jamais fait l’objet d’une décision formelle, d’un congrès comme lorsque les sociaux démocrates allemands ont abandonné le marxisme au congrès de Bad Godesberg en 1959.  Non, chez nous les choses furent feutrées, hypocrites, de coups de canif en coups de hache, jamais sanctionnés, le communautarisme est passé du stade embryonnaire au triomphe total.  La domination est aujourd’hui complète, assumée, revendiquée.   On ne touche pas à Kir car il contrôle entre 17.000 et 20.000 voix.  On accepte qu’un élu socialiste fasse le signe de ralliement des frères musulmans car ses voix sont précieuses.  Voilà la triste réalité du socialisme bruxellois…la laïcité, l’égalité Homme/Femme, l’interdiction de l’horreur de l’égorgement rituel…ça pas question de les revendiquer…à la trappe !  Mais le fait de n’avoir jamais pris de décision formelle permet à certains ou certaines dans de grandes occasions, celles où l’émotion l’emporte, de faire de grandes déclarations, la larme (de crocodile) à l’œil, déclarant leur amour pour la laïcité, nos inaltérables valeurs fondatrices, l’égalité homme/femme etc…avec des accents, une fermeté digne des défenseurs des accords de Munich !  Cette inversion des valeurs est devenue une évidence quand le Parti n’a pas osé sanctionner Kir et son négationnisme, son mensonge « académique », ses déclarations comparant la Justice belge aux pratiques nazies ; pas plus qu’il n’a su prendre les mesures qui s’imposaient suite aux multiples et répétés dérapages de Ikazban, élu de Molenbeek et à nouveau parlementaire régional du PS Bruxelles, dont la présidente affirmait à la télévision qu’il « est un type bien ».  Ah ! ça fait plaisir ce genre de reculade, sans oublier que c’est un fameux signal à tous ceux qui pensent comme ce genre de personnage et qui se trouvent ainsi confortés…La présidente de la fédération accordant le permis…alors y a plus à se gêner.  Ainsi pourquoi ne pas organiser un débat sur le sionisme avec comme affiche une copie conforme des affiches antisémites nazies ?  Oui !  Une telle ignominie s’est produite au PS de Molenbeek.  Et le pire était à venir à Zaventem et à la station de métro du Maelbeek ; le monde entier effaré allait connaître le nom de cette commune bruxelloise dirigée depuis vingt ans par le PS.  Voilà les conséquences directes et indirectes du naufrage de nos valeurs.  Bien sûr aucune responsabilité directe mais une lourde responsabilité morale. Quant à la laïcité, c’est une vieille lune dont il ne s’agit plus de parler…dont on n’est plus autorisé à évoquer les principes surtout en période d’élections.  J’y reviendrai.

 

Aucun doute donc, je les entends déjà me traiter de raciste, certains même iront jusqu’à…fasciste, pas grave, ils ne savent pas ce dont il s’agit.  Plus intéressant, on me servira de l’islamophobe…et là, je rigole un bon coup.  En effet, à l’université d’été du parti de la France Insoumise, la parole fut donnée à un philosophe proche de la formation de l’ineffable Jean-Luc Mélenchon…le gars qui croit que sa personne est sacrée car la République c’est lui !  Le philosophe Henri Pena-Ruiz a jeté un fameux pavé dans la marre en se déclarant islamophobe, aggravant son cas en soutenant que l’on pouvait être Insoumis et islamophobe.  Ce tenant de la laïcité faisait une différence entre la religion, l’islam, et les musulmans, soutenant qu’on pouvait fort bien être un Insoumis de la république et rejeter l’islam comme d’ailleurs toutes les religions.  Enfer et damnation, désolation dans les lieux saints, le tonnerre se mit à gronder, d’étranges éclairs envahirent l’université d’été.  Les pauvres Insoumis ne savaient plus où ils étaient.  Brouhaha, cris, scandales.  Plainte des Indigènes de la république.  Le philosophe avait peut-être été sensible au fait qu’il était parmi les Insoumis et que Musulman, au plan étymologique veut précisément dire « celui qui se soumet ».  Ah ! les mots, quel plaisir de retrouver le sens exact des choses.  Cela évite toujours bien des problèmes.   Pour ma part, je ne me perçois ni islamophobe, ni catholicophobe, ni judéophobe, ni bouddhistophobe dans la mesure où je comprends…et parfois…j’envie le désir et le besoin de transcendance.  Mais je crois que le vivre ensemble n’est possible que grâce à une laïcité exigeante et respectueuse.

 

A dénoncer une fois de plus notre naufrage collectif, je le répète, je n’ai à gagner que des insultes, des coups…y compris certains coups bas, des ragots répandus une fois de plus à mon sujet dans certains dîners en ville.  Bien que je l’avoue, j’y éprouve une certaine vanité car je crois avoir toujours été à la hauteur de la haine qui inspirait et inspire toujours mes adversaires…nourris de l’éternel, du puissant, de l’inépuisable mensonge.

Alors pourquoi ?  Je me demande bien pourquoi, je ne sombre pas dans la douce tentation de l’entomologiste…vous savez celui qui regarde les mouches s’agiter de l’autre côté de la fenêtre.  Oui !  Je me demande bien pourquoi malgré l’âge qui décompte les jours, les multiples plaisirs qu’il m’est encore permis de m’offrir, je prends malgré tout le temps de réagir à l’effroyable dérive de la sociale démocratie.  Il faut croire que je n’ai pas encore perdu cette capacité de m’indigner à laquelle faisait référence le nonagénaire Stéphane Hessel dans un opuscule qui connut un phénoménal succès auquel, la lucidité et mon sens de l’humour m’interdisent d’espérer.   Peut-être ai-je aussi la prétention de m’inspirer du Rabbin Hillel qui écrivait : “Si ce n’est pas moi qui ?  Si ce n’est pas maintenant, quand ? »  Alors, haut les cœurs, sabre au clair, allons-y !

Les élections communales.

« On nous annonçait 14%, on est à 24%.  Parce qu’on a un carré d’as en main :…on revendique Bruxelles comme une ville jeune, multiculturelle, tolérante. » 

Onkelinx

Présidente de la fédération bruxelloise du PS

Le Soir, 22 octobre 2018

 

D’abord un petit décodage que nécessite la déclaration d’Onkelinx reprise ci-dessus.  Quand elle dit multiculturelle, elle veut dire multi ethnique ; quand elle dit tolérante, elle donne un signal qui signifie que le PS ne se soucie plus de la laïcité, de l’égalité Femme/Homme, de l’égorgement rituel, des piscines réservées par sexe, de l’interdiction du voile etc.  Et croyez-moi ceux à qui le message est destiné l’ont parfaitement compris.  Les autres, « les petits blancs » toujours fidèles aux idéaux fondateurs du socialisme, plus de problème, ils ont disparu des radars, ils ne comptent plus, ni électoralement, ni démographiquement…évaporés…disparus, envolés, morts ou installés ailleurs qu’à Bruxelles.  Les plus fortunés ont voté avec leurs pieds et ont quitté la région, les autres savent qu’ils ne seront plus entendus au PS de la région…et subissent en silence, rasent les murs de certains quartiers, passent au plus vite, le regard inquiet…Mais chut !  Ce sont des choses à ne pas dire.

Je songe par exemple à un petit couple d’une septantaine d’années, le mari fut employé à la STIB et son épouse nettoyeuse dans une école communale.  A force de privation, ils ont acheté, au début des années septante, une petite maison ouvrière rue des Ateliers à Molenbeek.   Comment croyez-vous qu’ils aient apprécié la transformation de leur lieu de vie ?   Est-il monstrueux de penser à ces deux vieux qui là vivent leurs derniers jours ?  Comment ont-ils vécu les émeutes de début 1990 ?  Comment vivent-ils la présence de certains personnages vendant des produits dont ils ne connaissent même pas le nom ?  Que ressentent-ils en constatant la transformation du marché hebdomadaire ?   Eh bien !  Eux personne ne s’en soucie, personne ne songe à leurs problèmes…il est vrai qu’à Lasne le ressenti n’est pas du tout le même !  Ah !  Oui, j’allais l’oublier les deux vieux avaient toujours voté socialiste.

 

Les résultats.

 

Onkelinx a raison, alors que la presse et les sondages annonçaient une catastrophe pour les bastions du PS, ceux-ci pour la plupart soutinrent mieux le choc prévu…mais choc il y eut bien.

A Anderlecht – 6,73%, à Forest – 6,46%, à Jette -8,79% (à noter que la fédération a une responsabilité majeure dans ce naufrage, alors même qu’en 2012 cette section faisait la plus forte croissance de la région avec +5%.  Cette fois, Jette détient le triste record de la plus forte perte)

Au total le PS enregistre une perte de 4,07% en moyenne sur les 19 communes, en additionnant cependant les listes PS avec les listes présentées comme liste du bourgmestre quand celui-ci appartient au PS.

Au total le PS a perdu 17 élus, il passe de 193 élus à 166.

Cependant, personne n’attendait la punition infligée par les électeurs au MR, sanctionné pour sa participation au gouvernement fédéral avec la NVA, il perd bien plus que le PS.  Il ne perd pas moins de 29 élus communaux sur toute la région.

Le dossier du Samusocial et autre Publifin auront finalement pesé moins lourd que le mariage du MR avec la NVA.

 

Donc, c’est vrai Onkelinx a raison, le PS a tenu le coup.  Il est donc intéressant de comprendre pourquoi et d‘analyser qui sont ses élus.

J’ai toujours mis l’accent sur l’importance en politique de deux facteurs essentiels, la géographie et la démographie.  Il est clair qu‘ici c’est le facteur démographique qui a été déterminant.

Le PS dispose donc 166 élus municipaux, parmi ceux-ci 108 appartiennent selon leur patronyme à l’une ou l’autre des grandes familles de l’immigration, arabo-berbère ou turque.  Il n’y a donc aucun doute que c’est ce groupe humain qui a sauvé le PS d’une débâcle totale.  Le patronyme des élus ne permet aucun doute.  Les candidats issus directement ou indirectement de l’immigration représentent 66% des élus communaux du PS…et il n’est pas faux de supposer que de nombreux autres, faisant partie des 34% restants, ont été élus uniquement grâce à leurs suffrages.  Voilà une réalité politique qui fait hurler quand on l’évoque mais qui n’est que la stricte vérité issue de l’une des constituantes essentielles de Bruxelles, sa démographie.   Karl Marx écrivit que les faits étaient plus forts qu’un Lord maire…certains ont beaucoup de difficulté à accepter les terrifiants pépins de la réalité…et si vous osez l’évoquer vous êtes un islamophobe, un raciste, un fasciste.  La chanson est connue.

Ces élus, cette population issue de l’immigration, ont sauvé le PS, ils constituent, personne de bonne foi ne peut en douter, le vrai « carré d’as » dont parlait Onkelinx dans Le Soir.  Il faut donc en tirer des conclusions…et comprendre ce que cela signifie pour l’avenir de la région.

Cela permet de comprendre les réactions de la députée bruxelloise qui a quitté temporairement le PS car s’estimant inéluctablement ministre et surtout, car cela pèsera sur la désignation du ou de la future présidence, les manœuvres officielles et occultes d’Ahmed Laaouej, député fédéral bruxellois et chef de groupe du PS à la chambre…candidat à la fonction de président de la fédération Bruxelles (Voir article de L’Echo).  Cela me paraît logique dans la mesure où Laaouej représente d’abord les électeurs sans lesquels le PS bruxellois ne serait pas mieux loti que le CDH…Le moment est venu pour les sauveurs de présenter la facture.  Aïe, certains ne s’y attendaient pas !

 

Les élections régionales et fédérales

« La politique est l’art d’empêcher les gens de s’occuper de ce qui les regarde. »

                                                                                                                     Paul Valéry                                                                      Une nouvelle fois, les sondages, la presse annonçaient une Bérézina socialiste, en particulier à Bruxelles…et une nouvelle fois, les pertes furent considérables, le résultat le plus mauvais depuis l’après-guerre mais l’essentiel était sauvegardé.  Le PS bruxellois restait, de très peu, le premier parti de la région, talonné à deux sièges près par le parti Écolo.  Il s’en était fallu de peu !  Mais d’où venait le sauvetage, quelles étaient les voix salvatrices. Une analyse détaillée s’impose.

 

Les candidats du PS ont recueilli en voix de préférences 202.771 voix.  Ce chiffre implique l’addition de l’ensemble des voix de préférences pour chacun des 72 candidats présentés.

140.423 voix de préférences échurent à des candidats dont le patronyme permettait de les identifier comme provenant des populations émigrées.

58.348 voix se répartissant sur les autres candidats.

Soit un rapport de 71,29 % pour 28,71 %.

Le rapport de 1 pour 3 est évidemment énorme et mérite quelques explications sur le système du vote multiple.

 

Il y a quelques mois un ami avait eu la magnifique idée de réunir autour d’une excellente table une petite dizaine de personnes appartenant plus ou moins à la même génération que la mienne, c’est-à-dire que nous n’étions pas des perdreaux de l’année.  La conversation courut sur notre système politique et les élections.  Mon épouse et moi fûmes stupéfaits de constater qu’aucun des autres sympathiques convives n’avait la moindre idée de ce qu’était le vote multiple et ses conséquences.  Il nous fallut expliquer que chaque électeur pouvait voter pour autant de candidats qu’il le souhaitait sur la même liste.  Et que c’est donc le total des voix obtenues par le candidat qui détermine sa place parmi les élus.  Ainsi, un candidat placé 64 -ème « sautera » au-dessus de tous ses colistiers ayant obtenu moins de voix de préférence que lui.  Cela veut dire que l’ordre des élus n’est pas fixé par leur place sur la liste telle que le parti la présente mais par le nombre de voix de préférence obtenues.

 

Le Stemblock.

« La liberté, c’est de pouvoir défendre ce que condamne dans un monde que j’approuve.  C’est pouvoir donné raison à l’adversaire. »  Albert Camus

Voilà une technique utilisée depuis longtemps par le SP lorsque cette formation devenue plus que squelettique présente des candidats sur les listes PS, n’ayant plus la force de présenter une liste exclusivement SP.  Instruction est donnée aux électeurs du SP de voter, non pas pour le candidat qui a leur faveur mais pour tous les candidats SP.  S’il y en a trois, l’électeur vote pour les trois, s’il y en a cinq, il vote pour les cinq.

Un petit exemple permettra de mieux comprendre.

Admettons que vous ayez une liste avec 6 candidats, A, B, C, D, E, F.

La liste a obtenu un total de voix lui permettant d’avoir 3 élus.

Les voix se répartissent ainsi :

A : 50 voix

B : 50 voix

C : 50 voix

Ces trois premiers candidats ayant donné pour instruction à leurs électeurs de voter non pas pour le seul candidat qui a leur préférence mais d’office pour les trois candidats, chacun de ceux-ci recueillent donc 50 voix.

Les trois autres n’ont donné aucune instruction, leurs voix se répartissent ainsi :

D : 20 voix

E : 10 voix

F : 20 voix

La conséquence est simple, ce sont les trois candidats A, B, C qui ayant obtenu le plus de voix de préférence sur la liste qui seront élus.  CQFD

Ainsi s’installe un plafond de verre infranchissable pour le candidat qui, ne faisant pas partie d’un groupe de candidats pour qui le vote bloqué est recommandé, est donc dans l’incapacité d’être élu.  Sauf bien sûr les tous premiers de la liste qui bénéficient de la répartition des voix données en tête de liste (case de tête), appelée communément le pot, pot qui au fil du temps devient de moins en moins approvisionné au profit des votes de préférence à chaque élection plus nombreux.

La vérité est que ce qui importe dans le choix, c’est le patronyme et rien d’autre, ni conviction, ni projet ; uniquement l’appartenance à une communauté, un objectif unique obtenir un maximum de sièges issus de cette même communauté…conséquence : un enfermement, une isolation empêchant toute intégration…On ne sort pas de sa communauté comme l’ouvrier communiste refusait de sortir du monde ouvrier qui était le sien…il aurait eu l’impression de trahir sa classe sociale, le parallèle n’est pas difficile à établir.

La réalité est que ce vote multiple est profondément antidémocratique, car l’utilisation de cette formule modifie l’équilibre entre les candidats, les uns bénéficiant du vote multiple via le marqueur patronymique, les autres se trouvant réduit à se voir dépasser par des élus, souvent inconnus de tous…mais issus du communautarisme avec toutes les conséquences sociétales que cela implique.

Cette technique, parfaitement légale, que le SP pratiquait au stade artisanal, est passée au stade industriel avec le vote patronymique.

Ainsi dans chaque section du PS, au moment des élections, on voit apparaître des candidats sortis de nulle part, inconnus au bataillon, dans certains cas n’ayant jamais été membre du PS, faire des résultats exceptionnels.  Personne ne les connait au plan politique mais leur nom suffit, quelques contacts communautaires et hop…l’affaire est dans le sac.  Nul besoin de militer, nul besoin de s’impliquer politiquement…et pire nul besoin de partager les idéaux et les valeurs du PS. Il suffit d’arriver au bon moment…à la minute de désarroi où les responsables se demandent où dégoter des candidats qui « font » des voix et en avant la musique…emballez, c’est pesé…affaire conclue, un député de plus.  Bien sûr, parfois on s’aperçoit, un peu tard, que l’un ou l’autre de ces météorites appartient à l’extrême droite turque ou qu’il a un passé « curieux » !  Ce sont des choses qui se produisent et bien d’autres encore…des plus étonnantes

Ah il est loin le temps où pour être candidat sur une liste socialiste, il fallait être membre depuis trois ans, être affilié à la mutuelle socialiste, être coopérateur et avoir ses enfants scolarisés dans l’enseignement public…il est vrai que ce dernier point est difficile à exiger quand les enfants, de celui qui a été un désastreux Ministre-Président pendant quinze ans, fréquentent le très select collège Saint-Michel.

Pas de méprise.

Lorsque j’ai été élu député en 1995 et suis devenu chef de groupe après Robert Hotyat, j’observais Mohamed Daïf présider l’une des assemblées législatives, j’éprouvais un sentiment de fierté parce que c’était ma formation politique qui avait permis l’élection de cet homme qui avait subi la répression policière du régime d’Hassan II, qui avait fait le choix de l’émigration et qui, en toute connaissance de cause avait rejoint, nos rangs.  A cette époque, pourtant pas si lointaine, il n’était pas question d’aller glaner des voix dans les mosquées, de faire campagne pour imposer le voile, pour exiger la poursuite de la pratique abjecte de l’égorgement rituel, d’obtenir l’interdiction des piscines mixtes etc.  Nous vivions une sorte de rêve républicain où les émigrés, tout en conservant pieusement leurs racines, intégreraient à notre société lui apportant un sang neuf, des idées nouvelles, définiraient de nouveaux horizons, de nouveaux projets que nous bâtirions en commun.

C’est la raison pour laquelle pendant des années, j’ai défendu Emir Kir, qui me paraissait le parfait symbole de cette intégration.  Je reconnais, le rouge au front, que je me suis trompé.  Comme j’ai été stupéfait de lire à quelques jours des élections l’article de la « DH » où Laaouej déclarait que « grâce à nous l’abattage rituel n’est pas interdit à Bruxelles. »  Je le croyais aux antipodes de cette barbarie moyenâgeuse commune aux musulmans et aux Juifs ultra religieux.  Seuls Madrane et Laanan ont toujours résisté, n’ont jamais basculé dans le chaudron nauséabond du communautariste.  Je suis désolé de leur faire peut-être un tort considérable en écrivant cela.

J’ai déjà exprimé toute mon admiration pour le courage qu’il a fallu aux émigrés pour quitter leur pays, leurs racines.  Qu’il s’agisse des Polonais des années vingt, des Italiens fuyant Mussolini, des Espagnols fuyant Franco, des Italiens choisissant la mine plutôt que le soleil de leur merveilleux pays dans les années cinquante, des marocains à la même époque poussés par une atroce misère.  Tous ont connu des conditions de travail terribles, tous ont été, et sont encore, victimes d’un racisme imbécile et d’une discrimination à l’emploi et tous ont leur juste place dans le pays qu’ils ont choisi et où leurs enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants sont nés.  Mais où est-il écrit que les arabo-berbères ont vocation à rester au sein de ghettos urbains et électoraux ?   Combien de fois n’ai-je pas entendu des maghrébins me préciser que la première chose à faire est de quitter les lieux de cette sorte, combien de fois n’ai-je pas entendu ces mêmes amis Maghrébins me dirent qu’ils refusaient de voter pour les listes socialistes car il y avait trop de Maghrébins sur celles-ci.

Comment au PS bruxellois n’a-t-on pas encore compris que ceux qui ont besoin d’une identité collective, celle que donne le ghetto et le communautarisme, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas réussi à se forger une identité individuelle, ils ont été obligés de se fondre dans une identité globalisante, totalitaire…d’où la logique des dérives radicales.  Or, la ghettoïsation, le communautarisme, en centrant, en pitonnant l’individu dans une collectivité, seule réceptacle d’une identité commune, bloque tout développement vers ce qui est l’essence même de l’identité à partir de laquelle doit se construire chaque individu et qui seul conduit à la liberté.  

Pendant quelques années le PS crut pouvoir disposer à sa guise d’un volant d’électeurs captifs, masse de manœuvre et vivier où l’on pourrait puiser des voix et les personnalités les plus intéressantes.  Aujourd’hui les facteurs se sont inversés.  Les chiffres le prouvent, c’est le PS qui est prisonnier de cet électorat dont certains n’ont aucune intention de s’intégrer mais tentent d’obtenir une profonde modification de la société dans laquelle ils vivent notamment en remettant en question les principes élémentaires de la laïcité.

Le syndrome forestois.

Il y a une bonne vingtaine d’années, lors d’une élection communale, le PS avait remporté la majorité.  Magda De Galan devait devenir bourgmestre…à quelques jours des échéances patatras deux élus de sa liste lui faisaient faux bond et passaient à l’opposition qui dès lors devenait la majorité.  Ces deux élus appartenaient à l’immigration.  Déçu de la modestie des mandats obtenus, ils avaient simplement changé de boutique où la cheffe de l’opposition leur fit une offre d’un meilleur rendement.  Ce fut un rude choc.  Forest a toujours été une commune difficile, les sauts de carpe des uns et des autres étaient courants.  Mais nous ne nous attendions nullement à cette catastrophe.  J’en discutais avec Moureaux, Président fédéral, afin de tenter de dégager une solution.  Je fus stupéfait d’entendre qu’il condamnait De Galan, qu’il estimait qu’elle n’avait pas suffisamment bien traité les déserteurs.

Ce jour-là je compris que nous étions prisonniers de nos nouveaux électeurs.  Ils leur suffiraient de tirer sur le bout de la ficelle et toute la pelote suivrait.  La résistance sur nos valeurs était subitement devenue inutile.  La pente était amorcée, douce d’abord, brutale aujourd’hui.

Maintenant, on fait très attention, vraiment très attention.

Mais voilà que très récemment un incident survint, d’abord feutré, assez obscur…on comprendra plus tard.

De quoi s’agit-il ?

La député Nadia El Yousfi annonça qu’elle quittait le PS et siègerait en qualité d’indépendante.  D’abord elle n’expliqua pas les raisons.  On apprit plus tard qu’elle remettait en cause la désignation d’une autre personne non élue au sein de l’Exécutif mais disposant sans doute d’une botte secrète lui permettant d’obtenir le très convoité strapontin, estimant que cette fonction ministérielle lui revenait…J’ai quelques petites idées sur la nature de la botte…bon passons !

Une explication est nécessaire.

Dans les statuts du parti, il est précisé que c’est le président, et lui seul, qui désigne souverainement les ministres.  C’est évidemment un gigantesque moyen de pression…et la clé d’or pour obtenir l’ordre et la discipline au sein du parti.  La régionalisation a eu pour conséquence que de fait à Bruxelles, c’est au président de la fédération que revient ce privilège.  La députée rentrant dans les rangs, Laaouej et Chahid ayant joué les bons offices, ne se priva pas de mettre en cause Onkelinx.  Elle précisa : « J’ai obtenu des garanties sur le fonctionnement de la fédération bruxelloise du parti. »  J’aurais été ravi de savoir avec précision quelles étaient ces garanties !

Elle critiqua : « l’opacité entourant la confection des listes et la désignation des ministres, ainsi que l’absence de débat sur les thèmes communautaires. »  Voilà qui est passionnant.  Elle n’a apparemment pas compris que le PS, sur ce thème est à poil, et que ne pas en parler permet de faire croire qu’il maintient ses principes alors qu’il les a largués depuis longtemps.  La députée concluait en souhaitant que le changement de présidence sera l’occasion « d’un exercice de démocratie collective ». Il n’est pas interdit de rêver…pas encore.

On n’a donc pas été étonné d’apprendre que Laaouej aurait tenté une opération visant à se substituer à Onkelinx pour désigner une autre ministre et que, ayant apparemment échoué, il serait candidat à la présidence fédérale… Ainsi, c’est lui qui nommera les ministres…pourquoi pas.

Interminables adieux.

« La liberté consiste à ne pas mentir.  Là où le mensonge prolifère,                                               la tyrannie s’annonce ou se perpétue. »  Albert Camus                                                            

Il y a deux ans, au plus fort de la crise du Samusocial, Onkelinx larmoyante, présidente du PS bruxellois, apparaissait sur les écrans annonçant son retrait de la vie politique.  Deux ans plus tard, ayant joué un rôle dans la confection des listes communales, des listes régionales et fédérales, ayant négocié la constitution du nouvel exécutif, la voici encore au côté de Di Rupo pour négocier la constitution d’un très incertain gouvernement fédéral, ce rôle étant lié au fait qu’étant présidente du PS bruxellois elle est de droit vice-présidente du parti.  Je crois que seuls Charles Trenet ou Aznavour ont fait des adieux aussi longs.  Il est vrai qu’entre le music-hall et la politique, certains ne font pas vraiment la différence.  Le petit cénacle que dénonce la députée El Yousfi était solidement arrimé aux mandats qui leur ont été généreusement confiés, l‘avenir de ces heureux élus étant pour un temps garanti, la fédération pourra enfin se choisir un nouveau ou une nouvelle présidente.

Le communautarisme fin ou extension tous azimuts.  Une solution simple et efficace.

Il y a une façon fort simple pour mettre fin, d’un coup, d’un seul coup de baguette magique à ces dérives communautaro-législatives.  Il suffit d’interdire le vote multiple au-delà de trois voix.  On pourrait donc voter pour trois candidats de la même liste mais pas plus.  Le vote bloqué ou stemblock disparaîtrait instantanément.  Plus moyen de sauter les autres candidats de la liste, plus moyen de jouer l’OVNI électoral.  Plus question d’entretenir la confusion sur les thèmes communautaristes ou même comme je l’ai entendu de mes oreilles, religieux.  Tel candidat sur une liste PS disant clairement et à haute et intelligible voix à ses électeurs potentiels : « ne voter pas pour celle-là, ce n’est pas une musulmane, ne votez que pour des candidats musulmans », et ce de façon systématique…pendant toute la campagne, malgré les remarques très fermes qui lui étaient faites.

Cette réforme simple et efficace changerait totalement l’atmosphère des élections à Bruxelles.  Mais évidemment, elle se heurtera directement à ceux, et ils sont aujourd’hui les plus nombreux qui vivent, qui sont élus grâce à ces votes de préférence multiples.  Or, c’est là l’unique solution pour briser ce communautarisme délétère qui fait disparaître tout ce qui fit la spécificité du PS.

Un concurrent encore plus communautariste !  Le parti écolo.

Au cours de cette dernière élection régionale, le PS a fait une bien désagréable découverte.  Le Parti écolo s’est en effet révélé plus communautariste que lui.  Depuis longtemps, il existait d’étranges attitudes.  Ainsi à Molenbeek, sous la précédente législature, l’échevine Turin, parti écolo, forçait l’interruption du conseil communal pour participer à une rupture du jeûne et réapparaissait une demi-heure plus tard, royale, permettant que le conseil reprenne ses travaux.  Les autres membres du conseil ayant sagement attendu assis sur leur banc qu‘elle veuille bien reprendre sa place.  Donc, au sein du parti écolo, on n’avait pas de leçon de communautarisme à recevoir du PS.

Mais en fin de cette dernière campagne est apparu un tract établissant un comparatif de la porosité des partis aux exigences communautaires, œuvre parait-il d’une ancienne présidente de ce parti écolo.  Le comparatif portait sur le voile, l’égorgement rituel et autres exigences religieuses.  Une parfaite ignominie, condamnée mollement par la présidente Zakia Khattabi qui pourtant se devrait de défendre le libre-examen et la laïcité dont elle se glorifie en d’autres lieux !

Un gros os pour le PS…ou enfin le retour aux valeurs fondatrices.

Voilà donc qu’à Bruxelles le PS voit arriver un concurrent là où on ne l’attendait pas…sur le communautaire.  Toujours difficile pour une petite entreprise de perdre son monopole, d’autant plus que c’est cette communautarisation des campagnes qui, comme on l‘a vu ci-dessus, a sauvé le PS d‘une débâcle complète tant aux communales qu’aux régionales.  Le concurrent écolo offrira-t-il dans l’avenir l’entrée dans un ascenseur social plus rapide, moins compliqué d’accès ?   Offrira-t-il un refuge à ceux qui s’estimant mal nourris au PS, iront ailleurs vers une mangeoire mieux fournie ?  Le PS aujourd’hui ne dispose que de deux petits sièges d’avance sur le parti écolo, avance réduite à un pendant les quelques semaines où Mme El Yousfi avait quitté le parti…On le voit l’enjeu est lourd, très lourd.  Tous l’ont bien compris…à genoux et vite…sinon…

Voilà vraiment un os de taille pour ceux qui au PS réfléchissent à l’avenir d’un électorat qui d’élections en élections s’avère de plus en plus volatil, ou pire encore, de plus en plus exigeant.

Peut-on espérer que confronté à la concurrence écolo en matière de communautarisme le PS prenne conscience de l’intérêt de la solution que je propose à savoir réduire les votes de préférence à trois.

Les conséquences du communautarisme ou la ghettoïsation.

Communautarisme et ghetto vont de pairs.  En effet, le contrôle électoral est infiniment plus facile au sein de populations fragilisées et rassemblées dans des ghettos supposés leur faire croire à l’inéluctabilité d’un destin fait de misère, de racisme et de rejets.  C’est la pire des conséquences car elle implique une séparation entre les populations qui devraient se fondre dans l’ensemble régional.  Or, le communautarisme veut surtout éviter cette intégration car il vit et prospère sur l’illusion de pouvoir transposer au cœur de l’Europe l’existence dans toutes ses composantes que ces populations connaissaient dans leur pays d’origine.  J’irai jusqu’à dire que c’est là une politique criminelle car elle enracine une illusion qui bloque tout avenir harmonieux.

Mais il faut bien constater que tout est fait pour que l’on ne connaisse pas exactement de qui se constitue la région bruxelloise.  Les statistiques nous disent que nous sommes un peu plus d’1 million 100, soit 400.000 étrangers et 700.000 belges mais il est interdit de savoir combien parmi ces 700.000 belges disposent de la double nationalité.  Ce serait un crime contre les droits de l’homme, contre l’égalité des belges.  Personnellement, je ne vois nullement ce qu’il y a de dommageable à savoir quel est le nombre de nos concitoyens qui disposent de ce privilège.  Deux de mes petites filles étant dans le cas.  Je ne vois nullement où est le drame.  Mais, comme dans le procès du capitaine Dreyfus, la question ne sera pas posée.

Il est intéressant de noter que Mahinur Özdemir, qui avait été virée du CDH car elle refusait de retirer son voile au parlement bruxellois, est citée par la presse turque en qualité de future ambassadrice de Turquie à Alger…cela devrait faire réfléchir, non !

On se souviendra aussi des délirantes déclarations d’amour et de soumission au roi Mohamed VI proférées par le député SPA Fouad Aïdar au retour de l’un de ses voyages au Maroc.  On peut en rire…je le comprends mais il conviendrait quand même de se poser quelques judicieuses questions sur ce délicat sujet.

J’ai toujours pensé que quand une autorité quelconque ne répond pas à une question, l’absence de réponse est…la réponse la plus claire.  Pas de doute qu’en fait, « on » ne souhaite pas que l’on sache de qui se compose exactement la population bruxelloise.  Pour moi, c’est grave.  Car sans connaissance statistique précise, il est impossible de définir des politiques efficaces répondant à des besoins réels.  Ainsi, pour avoir ignoré, il y a une vingtaine d’année, ce que le journaliste François Robert avait précisé dans « Le Soir », à savoir que Bruxelles avait la natalité de la ville d’Alger…aucune politique de bâtiments scolaires n’a été mise en place, conséquence, vous avez aujourd’hui des écoles vétustes, surpeuplées ou bien des enfants regroupés dans des containers où il y a 2 ou 3 sanitaires pour 200 enfants.  Il en va de même dans tous les secteurs !  Quand on ne connait pas sa population, on ne peut pas mettre en œuvre des politiques adaptées.

Je n’ai donc pas été étonné d’apprendre dans la presse de ce 12 septembre que Bruxelles compte la population moyenne la plus jeune de Belgique…tragique de constater que les politiques n’en dégagent aucune conséquence.

Pourquoi le bac à sable ?

Tout le monde a constaté à quelle vitesse a été mis sur pied l’exécutif bruxellois alors que les autres gouvernements régionaux sont toujours dans les limbes.  C’est fort simple.  En fait, ce qui se passe à Bruxelles n’a plus le moindre poids politique dans le reste du pays.  J’évoquai cette question avec un important éditorialiste flamand qui me faisait remarquer la médiocrité des ministres flamands désignés par leur parti dans l’exécutif bruxellois.  Je n’ai pas osé m’exprimer sur la qualité des ministres francophones.  Il ne fait plus de doute pour personne en Flandre qu’on s’achemine à grands pas vers la solution prônée par la NVA, à savoir que Bruxelles fera l’objet d’une cogestion par la Flandre et la Wallonie…alors ce qui se passe en politique à Bruxelles…en réalité au Nord et au Sud tout le monde s’en fiche, même si Onkelinx joue le rôle de potiche à côté de Di Rupo, cela ne trompe plus personne.  Voilà le drame vers lequel on s’achemine pas à pas…mais croyez moi on finira par y courir.

Un débat sur le communautarisme au PS ?

On l’a vu Rudi Vervoort, la député El Yousfi souhaitent ce débat.  Je doute qu’il ait lieu dans la mesure où la clarification des positions en matière de laïcité, de voile, d’égorgement rituel, d’égalité hommes/femmes etc. conduirait à rendre publique et officielle la rupture du PS avec ses valeurs fondamentales.

Je crois au contraire que ces dernières élections communales et régionales ont fait franchir au PS un saut du qualitatif vers le quantitatif.  Certaines ambitions, jusqu’ici prudemment contenues, vont se faire jour.  Une génération nouvelle va sans doute émerger.  Il est temps pour les sauveurs de montrer qu’ils sont largement majoritaires et que sans eux il n’y a plus de PS. Les rapports de force ont pris une telle dimension, le PS est à ce point dépendant d’éléments n’ayant plus qu’un rapport lointain avec ce qui faisait sa spécificité qu’un retour à nos valeurs de base me semble pour le moins très incertain.  Il faudrait un vrai courage à certains pour oser enrayer cette course à l’abîme.

Un PS sans projet collectif, sans utopie concrète, sans projet futur, voilà la réalité.  Or, si un parti n’a plus ni projet ni idéologie, il n’y a plus rien qu’une petite entreprise à faire des voix…de moins en moins et des sièges de moins en moins.

Il ne me paraît pas inutile de rappeler ici les résultats d’un sondage en Allemagne qui concluait que 64 % des personnes interrogées ne savaient pas quelles sont les valeurs du SPD.  Quels résultats croyez-vous donnerait un tel sondage à Bruxelles à propos du PS ?  Ce serait effrayant.

Force est de constater que le PS bruxellois n’est plus que l’épave d’un vieil et grand idéal.  Il a muté, changé de genre…très tendance cela aujourd’hui…il est devenu une petite entreprise, sans idées, sans principe, sans âme, animé par le dur désir de durer, durer au profit des familles régnantes qui ont comme seul objectif de se perpétuer et de se reproduire.  On y croise même des antisémites !  Des gens se revendiquant proches du Hamas, faisant le signe de ralliement des frères musulmans dont l’article 1 de la charte prévoit la destruction de l’état d’Israël…Difficile dans ces conditions, après n’avoir pas réagi à ces horreurs…de vouloir définir des positions claires en matière ce communautarisme.

Mais attention, l’idéal socialiste n’est la propriété de personne.  Ceux qui aujourd’hui le gouvernent n’en sont nullement propriétaires, ils ne règnent que sur le transitoire.  Je connais deux ou trois mandataires socialistes capables de rassembler des forces nouvelles, de retrouver les valeurs, qui ont la capacité, le charisme de faire face, de dire que le roi est nu, de se lever, de refuser l’éparpillement d’une gauche déboussolée, dénaturée par le communautarisme.  Je ne les cite pas car ce serait les torpiller.  Mais je sais qu’ils existent.  Qu’ils se lèvent, prennent la tête d’un combat pour la laïcité, le respect et la liberté des femmes, contre l’égorgement rituel, pour le respect de la neutralité religieuse.  Ceux-là verront revenir à eux des bruxellois dont on ne percevait plus l’existence…ceux-là espèrent, attendent « l’espoir c’est ce qui meurt en dernier ».  Ne le laissez pas mourir car avec lui disparaîtrait à Bruxelles une grande et belle Idée !   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EN IMMERSION

          EN IMMERSION, UNE SERIE POLICIERE PRODUITE PAR LA Vlaamse Radio en Televisie,

                                                                        ou

                                           Du cunnilingus en service commandé,

                                                                         ou

                                           Servitudes et grandeurs des flics infiltrés.

 

Les séries qui aujourd’hui inondent nos écrans, ne font que perpétuer la grande époque des feuilletons du XIXe siècle.  Alexandre Dumas, Eugène Sue et tant d’autres ont tenu leurs milliers de lecteurs en haleine, scénaristes habiles, sachant interrompre l’aventure au bon moment pour maintenir la tension et le désir ardent de tout sacrifier pour connaître la suite.

Le futur roi d’Angleterre, Édouard VII faisait attendre la malle venant de Calais pour qu’un serviteur puisse prendre les journaux français, les lui apporter immédiatement, afin qu’il puisse lire l‘épisode quotidien du feuilleton qui le fascinait.  Afin de ne pas perdre une minute, le prince de Galles interdisait que l’on repasse son journal au fer chaud, ce qui était indispensable afin que son altesse n’ait pas entre les mains une feuille froissée, habitude sacrée dans la meilleure société victorienne…jugez du royal sacrifice…et de l’impatience.   J’ai déjà eu l’occasion le préciser combien les séries américaines nous apprennent un nombre considérable de choses sur la façon dont ce pays fonctionne qu’il s’agisse de House of cards, The Good Wife, The good fight ou encore de Orange is the new Black, j’ai donc été particulièrement intéressé de suivre sur « Canal + France » une série policière réalisé par la VRT appelée en Immersion.

Allais-je comprendre comment fonctionne la Flandre, son système judiciaire, ses habitudes et procédures politiques ?  Je n’ai pas été déçu !

 

Avertissement.

 

Qu’on ne s’y méprenne pas, il n‘est nullement dans mon intention de me moquer stupidement d’une réalisation au simple motif qu’elle a été conçue par nos compatriotes du Nord.  J’ai le plus grand respect pour la vie culturelle et artistique flamande dont, en particulier, j’envie la littérature si brillante, qu’on songe à Tom Lanoye, Reybroek et son admirable « Kongo », ou encore « Trouble » de Jeroen Olyslager, j’ajoute que je suis un grand admirateur de Jef Geeraerts, dont j’ai voulu traduire en français “Le procureur” mais aussi bien sûr du géant Hugo Claus et même des poèmes bien plus anciens de Paul Van Ostaijen… Je n’évoque pas les admirables musiciens, il y en a tant. Donc, chez moi pas le moindre mépris de ce type.

 

Les personnages.

 

La production ne veut pas nous tromper, elle avertit le spectateur que l’histoire est basée sur des faits réels mais qui ont été adaptés…Sans doute est-ce là que le bât blesse.

 

D’abord les deux flics en immersion, bien entendu un homme et une femme.  Le type a des problèmes, le visage fatigué, de volumineuses, lourdes poches sous les yeux, au bout, sans doute, d’une quarantaine épuisante, collier de barbe mal pelé ici ou là, relations matrimoniales bancales…curieux quand même que les flics semblent toujours être mal dans leur peau…peut-être envient-ils secrètement les truands qu’ils sont chargés de coffrer, la sourde jalousie cela vous mine votre homme.  Bref un pauvre type ce flic.

Sa collègue, une grande bringue, visage assez masculin, difficile à classer ; d’ailleurs on sait fort peu de choses d’elle, les scénaristes n’ont pas eu le temps de creuser.

Les grands flics, les chefs… deux types entre deux âges… Quelconques… Oui quelconque, c’est le mot juste.  Stupeur l’un d’eux ressemble à Vande Lanotte, l’actuel informateur royal et ancien bourgmestre d’Ostende ; sympa, je l’ai bien connu, sait-il ce que la VRT lui a fait ?  Car bien entendu la hiérarchie policière n’est pas d’accord, l’un veut poursuivre l’infiltration, l’autre veut l’abandonner.  Le sosie de Vande Lanotte, trop permissif perd la partie.  Il est remplacé par un petit binoclard, prototype du fonctionnaire subalterne, agressif, bête et méchant, sa phrase type : « Vous ferez comme je dis ! »  Un ectoplasme de la pire espèce, qui, cela va de soi, aura tort sur toute la ligne.

Dans l’aventure nos flics flamands reçoivent l’aide de la police française.  Alors là, on atteint des sommets.  Ce flic franchouillard est tout petit, quarante kilos tout mouillé, cheveux teints en blanc, bouclés comme une brebis ou plat…La scripte girl n’a pas toujours été suffisamment attentive.  Ce gars est grotesque.  Il est censé avoir été à la légion étrangère avec notre flic infiltré donc dans chaque scène où il apparaît il chante à tue-tête : « Tiens voilà du boudin, pour les Suisses, les Alsaciens et les Lorrains, pour les belges il n’y en a plus car ce sont des tires au cul ! »  Cela étant censé appuyer la crédibilité de notre malheureux flic belge qui regarde, l’œil éteint, regard de porcelaine, son homologue français chanter.  Il le fait même dans un restaurant bondé de Saint-Malo, les autres clients ne lèvent même pas la tête, continuent à manger… Je suppose que le réalisateur a dû oublier de leur dire que même en France, un type qui chante « Voilà du boudin » dans un restaurant bondé cela se remarque.  Evidemment, ce flic français, c’est pas Maigret, c’est pas non plus San Antonio, il rate tout ce qu’il est censé faire mais cela n’est rien, on lui dit de recommencer… On est compréhensif dans la police belge.

Et pour finir dans le camp de l’Ordre et de la Justice, la Procureure.  Alors là, je pense que la production a des problèmes avec la Justice, ou avec l’un ou l’autre procureur car cette pauvre femme est d’une laideur… à faire peur.  Elle a la tête d’Ulle Gryte chevauchant son balai.  Une tronche pas possible, mal maquillée ou pas maquillée du tout… perpétuellement la tête du magistrat qui vient d’apprendre que la promotion qu’il attendait depuis longtemps lui passe sous le nez… Je connais bien cet air là.  Quand cette actrice s’est vue elle a dû être furieuse, je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas intenté un procès au réalisateur.  C’est vraiment pas gentil d’enlaidir ainsi une actrice.

Au cours de leur mission, pleine de hauts et de bas, le trafiquant a des doutes, de sérieux doutes.  Seule solution pour maintenir le contact séduire sa compagne…C’est la femme flic qui s’en charge.  L’insatisfaction sexuelle de la femme du truand se voit comme le nez au milieu de la figure…pas compliqué de lui faire comprendre qu’il existe d’autres méthodes d’épanouissement.  Ainsi, dans l’une des scènes, la pauvre idiote qui partage la vie du méchant bandit est assisse au bord d’une table, la femme flic, a les deux mains appuyées sur ses cuisses, elle glisse entre ses jambes tout en lui relevant la jupe jusqu’à la taille.  La caméra suit la tête qui disparaît, puis se fixe sur le visage extatique de celle qui, la bouche largement ouverte, poussant de petits cris sourds, découvre enfin le plaisir.  La chose accomplie, elle lui dira « je n’ai jamais connu un tel choc, une force aussi intense ».  Ouf, les flics ont rétabli le contact, ils ont « pénétré » leur cible.  L’infiltration peut se poursuivre.  En voyant cette scène, j’ai songé que lorsque j’étais chef de cabinet des PTT, l’une des fonctions des plus passionnantes que j’ai pu exercer, les postiers « jouissaient »…je ne le fais pas exprès…de trente et une primes professionnelles.  Cela allait de la prime de lampe de poche, nécessaire pour éclairer les adresses en hiver, à la prime de pneus de vélo pour les gars de la campagne, pour finir par la prime d’assiduité pour ceux qui venaient tous les jours au boulot.  L’imagination des syndicats était, à cette époque bénie du service public, débordante.  Eh ! bien en visionnant ce cunnilingus policier, je me suis demandé si les flics…en immersion… bénéficiaient d’une prime de cunnilingus, si c’était prévu par le statut de la Fonction publique.  Dur…dur quand faut y penser !

D’ailleurs, tout à la fin du feuilleton, les deux policiers s’expliquent, ils ont évidemment…je me demande pourquoi j’écris évidemment…une fois, une seule fois couché ensemble, le flic masculin s’en excuse : « Je suis désolé…je ne sais pas ce qui m’a pris » Réponse : « c’est pas grave ce n’était rien ! » ( Voilà qui a dû rassurer le flic sur la qualité de ses prouesses).  Puis plus loin, le flic poursuit… « mais tu ne sais pas tout ce que j’ai dû faire dans cette affaire »   Réponse de celle qui a opéré ce cunnilingus d’infiltration : « et moi donc, tu ne sais pas ce que j’ai dû faire ».  Un dialogue d’anthologie non ?

Le policier retournera, les bras chargés de cadeaux, chez sa femme qui l’avait viré, bienveillante pénélope, elle reprendra avec un bon sourire son Ulysse policier.  Ouf ! l’image de la famille est sauf !  Le film a-t-il obtenu la cote catholique ?  L’autorisation de l’archevêché de Malines Bruxelles ?

 

Les bandits, et là cela se corse…désolé pour mes amis corses.  On nous dit que le chef était le plus grand fournisseur d’ecstasy d’Europe.  Bon pourquoi pas.  Mais alors quel curieux choix d’acteur.  Le réalisateur a-t-il voulu trouver quelqu’un ressemblant au véritable trafiquant.  Pourtant, il aurait dû songer que faire rire est la pire des choses pour habiter le rôle d’un dangereux trafiquant.  Imaginez, un grand et gros type, une bouille toute ronde, quelques cheveux noirs plaqués sur le crâne, affublé d’un léger strabisme convergeant de l’œil gauche qu’il tient plissé la plupart du temps.  Il ressemble à un très grand acteur français qui connu son heure de gloire dans les années soixante et septante, Jacques Charon.  Il fut sociétaire de la comédie française mais connut le succès dans des rôles de majordomes coincés, pince-sans-rire, usant de son strabisme pour faire rire le public.  Il y réussissait magnifiquement.  On put aussi le voir à la télévision dans de nombreuses parodies avec Jacques Chazot.  Bref, notre gangster de la VRT m’a constamment fait penser à Charon.  Je reconnais bien volontiers que nous ne dûmes pas être nombreux à faire cette comparaison, très datée et dont on ne peut goûter le sel que si on a une sacrée bouteille, autrement dit un âge certain.  Je suis cependant convaincu qu’il a fait rire plus d’un spectateur de Canal +.  Le plus drôle est la façon dont il est constamment habillé, le plus souvent en jogging ou en short d’où émergent des cuisses maigrelettes, les pieds coincés dans des tongs…avec des chaussettes.  Dans la scène finale, un mariage, il y assiste recouvert d’une veste en faux mouton retourné qui couvre un Tshirt ras du coup.   Une fois de plus, je suppose que c’est dans cet accoutrement que ce trafiquant a été arrêté…le réalisateur ayant oublié que le spectacle est fait pour provoquer le rêve, la réalité, la sordide réalité ne convient qu’au documentaire.

Il a une compagne, que le scénario a prévue totalement idiote, le genre de bonne femme qui ne fait rien, si ce n’est se maquiller les ongles des pieds, promener son minuscule roquet qui fait ses besoins partout…ce film c’est du sanglant, du dur… du brutal… On ne vous épargne rien pas même la vision des crottes du chien dans le chalet du gangster.  Elle pose des questions idiotes, fait l’amour en regardant le plafond en attendant que cela se passe.  Il est vrai que le poids de son buveur de bière de truand interdit la position du missionnaire…la chose n’allait pas de soi…risque d’asphyxie ou de luxation de la colonne vertébrale lors d’une violente levrette claquée…choix douloureux…qui ne conduit pas aux grandes passions.   Lorsque je commandais le peloton de la Police militaire de Namur, je déjeunais tous les midis au mess où je rencontrais le médecin légiste en charge des autopsies pour le parquet.  C’était un grand type blond, encore jeune, impeccable sous tous rapports, propre sur lui, pas une tache, pas la moindre originalité vestimentaire, rien, lisse comme une patinoire.   Personnage de la famille Adams en blond.  Il se dégageait de cet inquiétant personnage une froideur effrayante.  Il me raconta, au cours de l’un de ces déjeuners, le cas d’une malheureuse femme qu’il dut autopsier, elle avait péri au cours d’un coït brutal, étouffé sous le poids de son gigantesque mari.  Il m’exposait les faits tout en découpant son steak, piquant le morceau de viande saignante du bout de sa fourchette, le plaçant fort délicatement sur sa langue, et commençant alors à le mastiquer élégamment…un gars vraiment flippant.  Ce jour là, je compris que l’amour n’était pas un sport sans risque…et commençais à surveiller mon poids.

Le chef du gang a un adjoint, dévouement canin, petite taille, des yeux mauvais, constamment menaçant, une cicatrise lui barrant la joue droite de l’oreille à la mâchoire…un vrai méchant je vous disais.  C’est, pour parler comme dans la Mafia, le consiglieri.  Le patron ne fait rien sans lui.  Ce qui ne l’empêche pas de l’engueuler, de le gifler de lui foutre de sérieuses roustes.  Car le chef parle rarement sur un ton normal, soit il gueule, soit il est ivre et hurle, soit il susurre deux trois mots style comploteur de cour de récréation…un dur, un balafré…un personnage des derniers films d’Audiard, sauf qu’ici le comique est totalement involontaire… Oui, c’est bien cela le cœur de cette œuvre… Un comique totalement involontaire, il est vrai que moi j’ai beaucoup ri.

Le patron a un neveu…con comme un balai…et encore un vieux balai, les nouveaux sont perfectionnés… interactifs.  Portant éternellement des joggings et un bonnet de laine en forme de poire.  Comme il est con, il est aussi méchant, très méchant… Il veut même emballer la femme flic, et lourdement… La production décidera de le tuer dans le troisième épisode, il était vraiment mais alors là, vraiment trop con.  Pas grave, on l’enterrera à la va-vite dans un coin perdu du Limbourg avec un chinois trop bavard… Le patron avait fait un doublé.

Il y a encore parmi les méchants, le garde du corps, grand type maigre à petite moustache style Eroll Flynn.  Il ne parle jamais, quelques mots, un visage totalement inexpressif…habillé lui aussi en jogging, lui aussi sur le crâne un bonnet de laine en forme de poire.  A mon avis, la production avait eu des prix…Un gars du coin avait des stocks à écouler…seule explication qui se tienne.

J’ai oublié de dire que le flic infiltré pour se détendre fait du vélo… tenue complète de cycliste, noire avec bandes blanches, moulante…si vous voyez ce que je veux dire… très très moulante, casque sur la tête, notre flic n’a pas du tout… mais alors pas du tout la tête d’un héros…Il marche avec difficulté sur ses chaussures cyclistes dotées de clips, les jambes arquées comme s’il avait fait trop de cheval.  Pénible à voir…on souffre pour lui.  Toute la question est de savoir si ce ridicule permanent est voulu ou non… Peut-être est-ce une œuvre comique à l’humour de laquelle je n’ai pas été sensible !

 

Les lieux de l’action.

La quasi-totalité de la série se déroule dans un camping du Limbourg.  Les trafiquants et les flics y résident dans des chalets voisins.  Le chef des bandits loge dans un très grand chalet, une fort belle demeure, meublée comme un palais saoudien ou le ranch de Pablo Escobar, des dorures moulées baroco rococo partout, des tables de verre, de larges fauteuils blancs dont on a conservé les housses de plastique… Je suppose une obligation de la production qui devait, après le tournage, rendre le mobilier.  Bien sûr, il n’est pas exclu que dans la réalité le chef du gang se soit planqué dans un camping et que les flics infiltrés s’y soient installés mais encore une fois un peu d’imagination aurait été nécessaire car tous les protagonistes font irrésistiblement songer aux personnages du merveilleux film de Ettore Scola Affreux, sales, brutes et méchants, d’autant plus que, Nino Manfredi, le chef de l’horrible tribu, était lui aussi, comme notre trafiquent d’ectasy, frappé d’un strabisme convergeant !  Ici, je doute que le réalisateur ait fait le rapprochement.

Dans le but d’impressionner leur acheteur de drogue les flics demandent qu’on leur loue un yacht sur la côte d’azur…Le flic en chef qui ressemble à un huissier de ministère, toutes mes excuses aux huissiers, leur loue un rafiot à Saint-Malo…Vous voyez la différence ?   Le grand chef estimant que « la côte d’azur ou Saint-Malo c’est toujours la mer »… véridique, il l’exprime comme ça.  Je vous le jure, le dialogue est ce cette nature…brute de décoffrage, la réalité dans son impudique nudité… du Zola !

 

Un peu de droit pénal.

Toute l’opération vise à engager le truand en jogging à acheter un énorme lot de pilules, soit à provoquer le délit.  Dans mes vagues souvenirs, la Justice en Belgique n’est pas autorisée comme aux USA de provoquer un délit ou un crime.  Mais bon, au regard de tout le film, cela n’a guère d’importance…J’écris cela au cas où cette série conduirait à des vocations.

 

Dialogues.

 

Le gros morceau, le très gros morceau.  Mais j’y mets tout de suite un bémol.  Cette série passant sur Canal+ a été post synchronisée et donc traduite en français.  En conséquence, les remarques ci-dessous ne valent pas pour le texte original en néerlandais que je n’ai pas entendu.

Je pense que les traducteurs ont été très mal payés ou pas payés du tout.  Le vocabulaire des héros de cette histoire ne dépasse pas les trois cents mots.  Pour vous donner un ordre de grandeur Shakespeare en utilise dans ses œuvres un total de vingt-huit mille…aucune chance que les dialoguistes concurrencent le grand Will !

A un moment de l’action, la femme flic infiltrée demande à son collègue : « Par où tu es rentré ? »  Réponse : « Par la porte ».  Je vous jure cher lecteur que c’est vrai !  J’ai éclaté de rire devant mon écran.  Tout le monde connait le film de Carné et Prévert Les enfants du Paradis.  Au début du film, Pierre Brasseur qui incarne le grand acteur Frédéric Lemaître dans une fort mauvaise pièce de théâtre, L’Auberge des Adrets, à la fin du spectacle, il s’avance seul sur l’avant scène, écarte largement les bras, la poitrine bombée, le haut de forme rejeté sur l’arrière du crâne, splendide, pointe du doigt une loge où se trouvent les auteurs de la pièce, et déclame d’une voix de stentor :  « les auteurs de ce crime les voilà »  Le public éclate de rire et applaudit l’acteur.

Le drame c’est qu’à la télévision les auteurs ne sont jamais ni applaudis ni hués…mais le réalisateur et les scénaristes de ce crime rigolo… Oui, on les connait

 

Conclusion en forme de diagnostic.

 

Le réalisateur a pu prendre connaissance des procès-verbaux judiciaires de cette affaire.  Formidable opportunité.  Il les a confiés à un scénariste, en lui disant : « fais des dialogues ».  Mais il a très mal payé son scénariste ou peut-être lui a-t-il fait des promesses non tenues.

Conclusion : Scénariste c’est un métier et pas n’importe lequel.  Qu’on se rappelle le film de Carné scénarisé par Prévert ou encore L’hôtel du Nord et la gueule d’atmosphère d’Arletty, scénarisé par Jeanson, pour ne pas évoquer la multitude de films scénarisés par Audiard.  Oui Scénariste, c’est un métier un merveilleux métier…qu’il s’agit… de ne pas mettre entre toutes les mains !

 

 

 

 

 

 

 

 

UN LIVRE INDISPENSABLE.

COMMENT RUINER UNE BELGIQUE PROSPÈRE EN 70 ANS. PAR. JACQUES BRAIBANT ED. JOURDAN

ON A DÉJÀ BEAUCOUP PARLÉ DE LA MISÈRE DE L’ÉDITION BELGE FRANCOPHONE.  AINSI DE TRÈS NOMBREUX LIVRES DE QUALITÉ NE BÉNÉFICIENT PAS DE LA PUBLICITÉ QU’ILS SERAIENT EN DROIT DE MÉRITER…ET PASSENT INAPERÇUS.  LE LECTORAT EST PEU NOMBREUX ET L’ENSEIGNEMENT NE FAIT VRAIMENT RIEN POUR L’ÉLARGIR.  J’OBSERVE AVEC STUPEUR ET EFFROI LE TITRE DES LIVRES QUE MES PETITS-ENFANTS SONT CONTRAINTS DE LIRE – LE PLUS SOUVENT DES OUVRAGES RÉDIGÉS EN ANGLAIS…PARFOIS MÊME EN SUÉDOIS…ALLEZ SAVOIR POURQUOI ?  LA LITTÉRATURE FRANÇAISE PEUT S’ENORGUEILLIR DE 15 PRIX NOBEL, DONT UN BELGE, MAIS ON DONNE EN LECTURES IMPOSÉES DES LIVRES ÉCRITS DANS UNE LANGUE ÉTRANGÈRE !

C’EST DONC PAR HASARD, QUE RENCONTRANT L’ÉDITEUR JOURDAN, JE VIS CET OUVRAGE DONT LE TITRE ACCROCHA MON REGARD – UN TITRE EN FORME DE PROGRAMME ANNONÇANT LA COULEUR.  JE CONNAISSAIS LE NOM DE L’AUTEUR POUR AVOIR VU SA SIGNATURE MAIS NE L’AVAIS JAMAIS RENCONTRÉ.

JE COMMENÇAIS LA LECTURE ET DÈS LES PREMIÈRES PAGES, JE FUS ACCROCHÉ.  C’EST LE VASTE ET TRISTE PANORAMA DE CE QUE FUT LA POLITIQUE BELGE  DEPUIS L’APRÈS-GUERRE.  IL NOUS FAUT RECONNAÎTRE AVEC LUI, QUE CE FUT UNE ÉTONNANTE ACCUMULATION D’ÉCHECS EN TOUT GENRES, DE RETARDS, D’ATERMOIEMENTS RIDICULES, DISPENDIEUX, QUI ONT CONDUIT NOTRE PAYS DANS L’ÉTAT, LE TRISTE ÉTAT, OÙ IL SE TROUVE ACTUELLEMENT.

IL EST ACCABLANT DE SUIVRE SANS DISCONTINUER, DEPUIS LA FIN DE LA GUERRE JUSQU’AUJOURD’HUI CE QUE L’AUTEUR APPELLE UNE DESCENTE AUX ENFERS.  AU DÉPART DE LA JUDICIEUSE OPÉRATION GUTT, CE NE FUT ENSUITE QUE RATAGES EN TOUS GENRES.

IL EST PASSIONNANT DE SUIVRE L’AUTEUR QUI ANALYSE DANS UNE ÉCRITURE CLAIRE ET FLUIDE MAIS DE FAÇON QUASI CHIRURGICALE LES DIFFÉRENTES PHASES  ET LES DIFFÉRENTS DOMAINES DE NOTRE DÉCRÉPITUDE, LA DISPARITION PROGRAMMÉE D’UN ÉTAT QUI FLOTTE ENCORE…MAIS TOUT JUSTE…PRENANT L’EAU DE TOUTES PARTS, ALORS QUE LES NAUFRAGEURS DE LA CÔTE, LA BAVE AUX LÈVRES, L’INSULTE À LA BOUCHE, S’IMPATIENTENT DANS L’ATTENTE DU DÉSASTRE FINAL.

QUELQUES DOMAINES EXPLORÉS PAR L’AUTEUR :

LA JUSTICE, OÙ LE PLUS HAUT MAGISTRAT TRAITE L’ETAT QU’IL EST CENSÉ SERVIR D’ETAT « VOYOU »

 L’AFFAIRE DE LA GÉNÉRALE, QUI ENTRAÎNE LA DÉMISSION DU SOMMET DE LA MAGISTRATURE…ET D’UN PREMIER MINISTRE QUI CONFOND (VOLONTAIREMENT ?) LA MARSEILLAISE AVEC LA BRABANÇONNE.  L’EFFONDREMENT PHYSIQUE DES BÂTIMENTS DE LA JUSTICE EST PEU DE CHOSE AU REGARD DE L’EFFONDREMENT DU SYSTÈME JUDICIAIRE LUI-MÊME TEL QUE LE DÉNONCENT  DE NOMBREUX MAGISTRATS, QUI AU JOUR LE JOUR CLAMENT LEUR IMPUISSANCE FACE AUX GRANDS POUVOIRS FINANCIERS

-LE CONGO ET LA FAÇON EFFROYABLE DONT S’EST DÉROULÉE LA DÉCOLONISATION, SUITES ININTERROMPUES DE DÉCISIONS RIDICULES, STUPIDES, D’ARROGANCES, DE LÂCHETÉS DONT LA CONSÉQUENCE EST UNE GUERRE CIVILE CONTINUELLE DANS CE MALHEUREUX PAYS.

-LE BOURBIER  LINGUISTIQUE DONT ON EST LOIN D’ÊTRE SORTI ET QUI ENGLOUTIT DEPUIS DES DÉCENNIES DES SOMMES GIGANTESQUES D’ARGENT ET D’EFFORTS…INUTILES.

LA SABENA, PRESTIGIEUSE COMPAGNIE BELGE, S’EFFONDRE DANS UN VAUDEVILLE GROTESQUE OÙ LES CRÉATEURS DU TOBLERONE JOUENT LE RÔLE DE FOSSOYEUR, SANS QUE L’ÉTAT BELGE NE LÈVE LE PETIT DOIGT.

LA DISPARITION DE LA GÉNÉRALE, DEPUIS LES PRALINES DE DE BENEDETTI JUSQU’AU FORTISGATE OÙ LE GOUVERNEMENT, LE SOMMET DE LA JUSTICE ET LA GÉNÉRALE SOMBRENT DE CONCERT…DANS LE RIDICULE.

AINSI, LES FAITS ET LES DOSSIERS SE SUIVENT DANS CE LIVRE SANS DISCONTINUER.

DEPUIS 1945, IL N’Y A PAS EU UN GRAND DOSSIER QUI NE RÉVÉLAT UN EFFONDREMENT DE L’ETAT.  J’INVITE LE LECTEUR À FAIRE LE TEST, QU’IL REPRENNE LES ÉVÈNEMENTS RÉCENTS OU ANCIENS, ET IL CONSTATERA QUE PLUS RIEN NE FONCTIONNE NORMALEMENT DANS CE PAYS.  NE SOMMES-NOUS PAS LE SEUL PAYS AU MONDE QUI AIT CHASSÉ UNE UNIVERSITÉ POUR DES RAISONS LINGUISTIQUES ET…DONT ON A DIVISÉ LA BIBLIOTHÈQUE CINQ FOIS CENTENAIRE…SELON LES LIVRES RÉPERTORIÉS EN NOMBRES PAIRS OU IMPAIRS.  LES ALLEMANDS EN 14 AVAIENT BRÛLÉ LOUVAIN…ON L’A RECONSTRUITE ET ON FAIT MIEUX…EN DIVISANT L’UNE DES PLUS PRESTIGIEUSES BIBLIOTHÈQUES AU MONDE !

IL Y A QUELQUES TEMPS, UN MINISTRE ET NON DES MOINDRES, DÎNAIT CHEZ MOI EN PRÉSENCE DE DEUX JOURNALISTES.  LE MINISTRE N’A PAS CACHÉ SES SENTIMENTS À PROPOS DE L’EFFONDREMENT DE LA QUALITÉ INTELLECTUELLE DES ÉLUS, DE LA FONCTION PUBLIQUE, EN PARTICULIER MUNICIPALE.  UN TEL LIVRE POURRAIT Y PALLIER…S’IL ÉTAIT LU !

UNE BONNE DÉCISION SERAIT D’OFFRIR CET OUVRAGE AUX PARLEMENTAIRES FRAÎCHEMENT ÉLUS.  JE N’AI MALHEUREUSEMENT AUCUN DOUTE SUR LE FAIT QUE FORT PEU D’ENTR’EUX CONNAISSENT L’HISTOIRE DE LA BELGIQUE ET DES PRINCIPAUX ÉLÉMENTS D’UN PASSÉ ENCORE RÉCENT.

IL SERAIT TOUT AUSSI JUDICIEUX QUE LES RÉTHORICIENS ÉTUDIENT CE LIVRE, DE FAÇON À LEUR ÉVITER, QUAND ILS AURONT “REMPLACÉ LEURS AÎNÉS DANS LA CARRIÈRE”, QU’ ILS NE FASSENT LES MÊMES ERREURS.  ILS SAURONT CE QUE SONT NOS INSTITUTIONS, ILS COMPRENDRONT QUE NOTRE PAYS N’EST PLUS QU’UN MILLE-FEUILLES INDIGESTE D’ÉLUS, DE MANDATS DIVERS ET VARIÉS…ALORS QU’EN RÉALITÉ PLUS PERSONNE NE GOUVERNE !

RARES SONT LES OUVRAGES QUI FONT UNE TELLE SYNTHÈSE, RARES SONT LES MIROIRS QUI VOUS PERMETTENT DE VOIR AU-DELÀ D’EUX-MÊMES !

 

 

 

Cher Ahmed Laaouej, l’indignation sélective est une forme d’hypocrise.

                            Lettre ouverte à Ahmed Laaouej.

Cher Bourgmestre de Koekelberg,

Cher Député,

Cher chef de de groupe du PS à la chambre,

« L’hypocrisie est le dernier degré du vice » Honoré de Balzac

La presse a abondamment relayé tes propos concernant la progression du nombre de propos racistes depuis la victoire électorale du Vlaamse Belang. Ton indignation est parfaitement justifiée, il n’y a pas de doute que la croissance de l’extrême droite nourrit ces déclarations ignobles, elles doivent être sanctionnées par la loi comme il le convient en démocratie.

                           « Il est inépuisable le vocabulaire de l’hypocrisie et de l’injustice. » Benjamin Constant

Mais l’indignation, la saine colère dont tu fais preuve ne peut être à sens unique. En effet, tu vas siéger à la chambre avec Emir Kir qui fait partie du groupe que tu présides. Or, ce même personnage a pris des positions scandaleuses à l’égard du génocide arménien, il a été condamné en justice à ce propos. Je t’invite à lire les attendus, ils sont parfaitement clairs. De plus, à l’occasion de ce procès on a découvert qu’il avait menti sur ses études. Il n’est pas licencié en Sciences politiques de l’ULB, où il a interrompu son cursus. Dois-je te rappeler qu’une secrétaire d’état SP de Malines a été contrainte de démissionner immédiatement à la suite du même type de mensonge. Pendant la campagne électorale qui vient de se terminer, il a comparé la Belgique au troisième Reich nazi, faisant allusion à des perquisitions dans la communauté turque concernant des supposés projets terroristes. Il a publié un tract exclusivement en turc alors même que je me rappelle que le président di Rupo nous demandait encore il y a quelques années de ne pas faire de communautarisme lors des élections. Franchement, Ahmed pourquoi ne t’indignes-tu pas à propos de ce personnage qui a rompu toute cohérence avec les valeurs fondatrices du PS ? Est-ce parce qu’il « contrôle » 17 ou 18 mille voix de la communauté turque ? A mes yeux cela ne fait aucun doute !

                                     « Reste à savoir où cesse le vrai visage et où commence la grimace. » Gérard Guéguan

Toi aussi, tu m’as stupéfié à la fin de cette campagne à propos de l’égorgement rituel (je préfère ce terme à l’abattage, car on discerne bien mieux ce dont on veut parler.) Nous avions déjeuné ensemble fin octobre 2012 dans un sympathique restaurant italien de l’avenue Sermon à Jette. Le PS jettois venait de réaliser un bon de +5%, soit le meilleur score régional. Il ne faisait aucun doute à mes yeux qu’avec un leader efficace et rassembleur, le prochain bourgmestre de cette commune serait socialiste…en l’occurrence toi. Tu as refusé de tenter le coup, je le comprends fort bien. Mais à cette occasion nous avions évoqué les propos et les agissements d’un inquiétant élu SP qui prenait des positions communautaristes et avait été en tête d’une marche de soutien au Sahara marocain. Tu m’avais dit : « chaque fois que ce type agit comme cela, il nous fait faire un bon de dix ans en arrière. » Tu avais parfaitement raison. Je te croyais donc adversaire de tout communautarisme, je me disais que ce n’est pas toi qui irais chercher ses voix dans les mosquées. Mais voilà qu’à la fin de cette campagne, tu fais une déclaration que j’ai lue dans la « DH » où tu proclames que « NOUS » avons été capables à Bruxelles de bloquer l’interdiction de l’abattage rituel qui a été interdit en Flandres et en Wallonie. Je me suis posé la question de qui est ce « NOUS » ? Cela ne peut pas être officiellement le PS bruxellois puisque je n’ai jamais lu qu’il avait officiellement pris parti pour l’égorgement rituel. Donc, ce « NOUS » ne peut-être que l’expression d’une communauté. Donc, tu te positionnais en représentant non du PS mais de la communauté que tu crois représenter. Serais-tu donc devenu d’abord et avant tout l’élu de cette communauté et non plus de toute la population de Bruxelles ? Serais-tu devenu l’élu des seuls partisans de l’égorgement rituel…si c’est le cas, il faut le dire. Quoi qu’il en soit, j’en fus ébahi. Je suppose qu’angoissé par les sondages, tu as estimé nécessaire de tirer toi aussi sur cette corde…qui conduit au pire.

« Dites ce que vous voulez, ma fausseté l’emporte sur votre droiture. » William Shakespeare

C’est pourquoi en t’entendant t’indigner contre le racisme antimusulman, j’ai été pris d’un doute…tu sais ce doute qu’on peut avoir à propos de la foi…si de temps en temps la sainte vierge n’apparaît pas…il y a comme un doute qui s’installe, selon Audiard. Et bien, j’ai moi aussi un doute à propos de ton indignation car je ne me rappelle pas une interview de toi, ou un article de presse, où tu prenais publiquement et personnellement position à propos :

Du massacre permanent des chrétiens en Orient

A propos des attentats islamiques de Paris, de Bruxelles, de Nice, de Liège

A propos de l’attentat antisémite de Bruxelles

A propos de l’explosion des actes et propos antisémites en Europe et en particulier en Belgique

A propos de l’égorgement d’un vieux curé dans une église de campagne

A propos de la décapitation d’un flic français et de son épouse

Je pourrais poursuivre cette liste malheureusement fort longue, vraiment beaucoup trop longue…et pire dont on sait qu’elle n’est pas close.

Or, je n’ai pas le moindre doute que comme moi, tu condamnes ces actes ignobles …mais sauf erreur de ma part, tu ne le dis pas haut et fort afin que tous t’entendent…jusque sur les tapis des mosquées de Bruxelles. Je ne dirai pas la même chose de tous les élus de la liste PS, mais de toi je n’ai aucun doute sur ta répugnance à l’égard de tels actes…et ce n’est pas toi qui te ferais photographier faisant le signe de ralliement des frères musulmans ! Mais pourquoi sur ces sujets autrement plus graves qu’une insulte raciste, ne t’ai-je pas entendu ?   Si tu as pris des positions personnelles claires, fait le savoir haut et fort, ton indignation à propos du racisme n’en aura que plus de poids. Je les mettrai en valeur au maximum…et avec la plus grande joie, ce serait un merveilleux signe d’espoir. Je crains malheureusement que comme il y a cinquante ans, il ne fallait pas désespérer Billancourt où régnait en maître la CGT et le PCF, aujourd’hui à Bruxelles plus personne n’osera désespérer, et même légèrement déplaire aux maîtres des mosquées.

                                                 « L’art si utile de l’hypocrisie. » Stendhal

Si l’indignation est à sens unique, elle n’est qu’une des variantes de l’hypocrisie, que flatterie à l’égard d’une communauté qui mérite mieux que l’enfermement dans un ghetto électoral…qui pire conduit à maintenir l’enfermement social.

Cher Ahmed, tu es un ancien contrôleur des contributions, tu connais la vérité des chiffres et des faits. Tu sais donc comme Aristote que « La véritable justice est de traiter inégalement les choses inégales » Mais aussi que la souffrance humaine est la même partout et que contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, les valeurs universelles existent et que les civilisations qui ne respectent pas ces droits universels n’ont rien de civilisées !

 

 

 

 

Les vieux soldats, un 6 juin 1944 et Conan Doyle.

                         

                             Les vieux soldats, un 6 juin 44, Conan Doyle 

                                                          « Quelle connerie la guerre ! » Jacques Prévert

 Regardant un bref extrait de la cérémonie du 5 juin en Angleterre, je vis apparaître sur l’immense podium aux couleurs criardes une soixantaine de vétérans. Ils étaient là, courbés, tordus, cacochymes, vieux sarments de vignes, formes bizarres, corps et visages torturés par les ans, torse couvert de médailles, béret sur la tête…les survivants ! En les regardant, je sentis monter en moi une émotion qui me noua la gorge, ces miraculés étaient des spectres, la mort, déesse fantasque, ironique et joueuse, les avait épargnés pour qu’ils soient là septante cinq ans plus tard face à des chefs d’états ne réprimant même pas leur bâillement dont beaucoup devaient se moquer éperdument de ces hommes…et de ceux qui pour l’éternité étaient restés sur ces plages, roulés dans les vagues devenues rouges, linceul de leurs vingt ans.

Les cérémonies commémoratives oscillent toujours entre le pathétique ridicule du porte drapeau dont le ventre dénonce les naufrages infligés par le temps et l’émotion sincère. Ce sont les yeux de Lino Ventura qui à la fin « D’un Taxi pour Tobrouk » est sur les champs Elysées, regardant passer le défilé de chars, ne se découvre pas, tant il est ému songeant à la mort de ses camarades et se voit interpeller par un crétin qui l’invective car il ne retire pas son pauvre béret devant un drapeau qui passe ! Ces deux personnages illustrent parfaitement les sentiments que j’ai toujours éprouvés au cours de ce genre de manifestation où le grotesque côtoie toujours l’émotion, la frontière est mince, le rire gagne souvent sur les pleurs.

Le 10 mai 1990, j’étais vers midi dans l’appartement de mes parents, lorsque le journaliste de service annonça que cela faisait cinquante ans que la guerre avait débuté. Mon père, hémiplégique, à la suite d’une thrombose, regardait à la fenêtre les arbres de l’avenue s’agiter sous les rafales d’un vent de printemps un peu trop violent. Subitement, j’entendis un gros sanglot émerger de sa gorge. Ses épaules furent secouées de spasmes, ses yeux emplis de larmes. Sur le coup, je ne compris pas cette brutale émotion, je ne fis pas le rapport entre l’annonce à la radio et les sanglots de mon père. On ne pleure pas vite dans la famille. Je ne vis pleurer mes parents qu’à de très rares occasions, tout au plus deux ou trois fois dans une vie. Une sorte de dignité, de retenue nous a toujours empêchés d’exprimer un chagrin pourtant bien réel. Mon père ne prononça qu’une courte phrase : « il y a eu tant de morts ». Il avait fait la guerre dans le régiment des chasseurs ardennais, participé à tous les combats pour finir par être fait prisonnier pendant la bataille de Vinkt le 27 mai, la Belgique capitula le 28. Pour lui ce fut d’abord une journée d’humiliations à genoux face aux mitrailleuses allemandes puis en colonne vers le port fluvial hollandais de Williamshaven au Pays-Bas, l’embarquement sur des péniches, dont l’une sauta sur une mine, route vers l’Allemagne et finalement l’enfermement au stalag 11B d’Alten Grabau près de Magdebourg.

Il détesta très vite les associations d’anciens combattants, les conflits picrocholins pour les places et fonctions, tout cela lui semblait médiocre, ridicule, obscène, dérisoire comparé aux souffrances endurées, à la réalité des malheurs de la guerre. Petit garçon, j’assistai avec lui à l’inauguration du monument des chasseurs ardennais à Martelange le 11 mai 1952. La route nationale 4 n’avait pas encore été aménagée, des milliers de personnes étaient sur les bords de la Sûre, ce coin d’Ardenne conservait encore une sauvagerie aujourd’hui disparue, partout trainaient des traces de la terrible bataille où les nazis avaient jeté leurs dernières forces. Au moment le plus fort de la cérémonie, on entendit des tirs de mitrailleuses, l’air s’emplit de l’horrible tactac tactac, en même temps des parachutistes étaient largués à quelques centaines de mètres du public. Peu avant les gens parlaient, buvaient, certains pique-niquaient, les gens étaient joyeux. Au moment où les tirs commencèrent ce fut un silence total, lourd, inquiétant, plus un bruit, seul l’effrayant moulin de mort faisait entendre son horrible musique. Autour de moi, j’observais les hommes qui étaient assemblés avec mes parents…tous pleuraient en silence, de grosses larmes coulaient sur ces visages mâles, sans un bruit, les larmes dévalaient en grosses gouttes les joues, les mentons, pas un ne songeait à prendre un mouchoir pour s’essuyer, ils étaient tous ensemble, unis dans une même émotion qui les renvoyait dans un passé vieux d’à peine douze ans. Le petit garçon que j’étais ne comprenait rien, stupéfait de voir tous ces hommes, ces pères, sans peur, protecteurs, courageux, aimants, forts, rassurants dont même l’odeur est un refuge pour les angoisses de l’enfance, pleurer sans un mot. A quoi pensaient-ils ? A leur peur ! A leur famille ! A leur destin !   Non ! Je crois que le soldat face à la mort qui fauche celui qui est à ses côtés ne pense pas ! Seule compte l’instinct de survie, la force vitale qui anime les cœurs de vingt ans…ce magnifique, cet irremplaçable désir de vivre.

Sherlock Holmes fait beaucoup de tort à Conan Doyle. Il se trouve réduit à ces romans policiers, certains excellents mais il est un auteur beaucoup plus prolifique et bien plus passionnant. J’eus la chance vers l’âge de huit ans de fréquenter la bibliothèque « Des heures joyeuses » située à l’arrière de l’ancienne maison communale de Laeken. Une femme magnifique présidait à sa destinée. Elle me conseilla de lire les livres que Conan Doyle a consacrés aux aventures du brigadier Gérard, soldat du premier Empire. Ainsi, grâce à cette merveilleuse bibliothécaire, je fis la découverte des nombreux livres que Conan Doyle a consacrés à la période napoléonienne. Ce fut, et c’est toujours un régal car j’en relis de temps en temps l’un ou l’autre. Dans sa série « Les contes du camp », il a écrit une courte nouvelle « Le traînard de 1815 ». C’est un jeune couple qui vers les années 1840, en cherchant une maison, rencontre un vieux soldat qui était présent à Waterloo. Il vit dans un galetas, sous les tuiles, dans une misère extrême. Il n’est nourri que par la charité des uns et des autres. Il est malade, au bout du rouleau. Le jeune couple essaye de l’aider, lui apporte de l’aide. Un jour, il monte dans son grenier, le découvre couché sur un matelas immonde, il ne bouge plus, la jeune femme effleure sa joue hirsute, rugueuse, sale. Il ouvre un œil, les regarde, se lève à grand peine, place ses bras comme s’il empoignait un fusil, baïonnette au canon, prêt à charger, crie « la garde va manquer de poudre » fait quelques pas, regard figé, dur, effrayant, fixé sur un ennemi invisible puis s’écroule mort. Dans les ultimes minutes de sa vie, le vieux soldat était à nouveau dans les plaines boueuses de Waterloo le 18 juin 1815 !

Derrière les décors de carton-pâte des commémorations, au-delà des flonflons des musiques militaires, la réalité est celle du vieux soldat de Conan Doyle. Ceux qui ont vécu cette minute inouïe, ce moment où au combat en une fraction de seconde vos vingt ans vont vous être arrachés, ceux-là ne quittent jamais ce moment où tout fut remis en question. La vie passe, on se marie, on a des enfants, les joies et les peines se succèdent mais la vérité profonde des hommes, qui ont connu cette expérience atroce, reste à jamais arrêté dans ce moment…dont en général ils ne parlent jamais car ils savent que nul ne peut comprendre.   Très jeune, je pensais que le courage était une vertu marquée politiquement, les bons, c’est-à-dire nous, étions par essence courageux, les autres ne pouvaient être que lâches. Aujourd’hui, j’ai appris que le courage, n’a ni morale, ni couleur politique, il existe c’est tout. Ce n’est pas une vertu, c’est une réaction face aux évènements, face à l’agression subie…face aux devoirs imposés.   Les hommes au combat sont-ils courageux ? Je crois qu’ils essayent d’abord de survivre.   De toutes les guerres de l’humanité, celle de 40 devait être faite car ajoutant au crime qu’est toute guerre, les nazis y avaient ajouté l’indicible du génocide…mais quand cessera-t-on enfin de tuer son prochain et que cesseront les cérémonies commémoratives où apparaissent de vieux soldats dont certains ont honte d’être celui qui a survécu…et se demandent pourquoi !